*Arrive en courant*

Je suis en retaaaaaaard !

Désolé les copines.

M'enfin me voilà, avec un dialogue, un vrai *fière*.

J'espère que ça vous plaira !

Tony releva la tête du fatras de fils qui pendouillaient hors du bras de son armure. Il coupa la musique et le léger bruit se fit plus audible.

Toc-toc.

-Entre.

La porte s'ouvrit sur Steve. On aurait dit qu'il supportait tout le poids du monde tant ses épaules semblaient affaissées, les mains ballantes et un air misérable sur le visage. Il regardait cependant Tony dans les yeux, le menton droit. Cette attitude contrastée laissa présager au brun une conversation des plus pénibles. Car après la réaction plutôt inattendue du blond hier, la discussion semblait inévitable. Il soupira, les sourcils légèrement froncés.

-Tu me laisses prendre un café et après on parle autant que tu le voudras. Ça te va ?

Steve hocha la tête et regarda le brun préparer deux tasses, sans un mot. Il récupéra celle qui lui était tendue pour la poser immédiatement sur la table basse. Il ne tenait pas vraiment à réitérer sa gaucherie de la dernière fois. Il attendit que son ami boive une gorgée, nerveux. Tony avait l'air fatigué. Peut-être lui en voulait-il ? Allait-il vraiment l'écouter ? Sans s'énerver ?

Le blond était parfaitement conscient qu'ils n'avaient jamais su échanger sérieusement sans se disputer ou, pire, se décevoir l'un l'autre. Il commençait à connaître Tony, mais il était toujours incapable de savoir quels mots utiliser avec lui. Il allait pourtant bien falloir y arriver. Hors de question de laisser encore tous ces non-dits pourrir leur amitié.

-Je voulais te parler…

-Première nouvelle.

Tony grimaça aussitôt en voyant son ami se rembrunir. Commencer de cette manière n'allait sûrement pas aider le pauvre blondinet, qui semblait pourtant déterminer à discuter. Il soupira. Si c'était indispensable, l'ingénieur voulait bien faire un effort. Il n'avait pas vraiment envie de retomber dans leurs interminables prises de bec. Et la conversation promettait déjà bien assez d'être délicate sans avoir besoin de rajouter son cynisme habituel.

-Désolé, Stevie, réflexe. Je vais faire un effort, tu peux continuer.

Le blond souffla, se redressa en une posture militaire, décidé.

-Je voulais m'excuser.

Les yeux bruns s'ouvrirent tout grand, mais il ne pipa mot. Le soldat continua donc.

-C'est peut-être un peu tard pour le faire, mais on n'en a pas reparlé depuis… D'abord pour, enfin, tu sais… pour tes parents. Tu avais raison, j'aurai dû te le dire. J'ai eu peur de ta réaction. Je ne voulais pas non plus que tu en veuilles à…

-Bucky, le coupa Tony.

Il avait aussi posé sa tasse. Sa main s'était crispée sur le rebord de la table où était installée la cafetière. Sa mâchoire était serrée et, de ce que Steve pouvait voir, son souffle s'était accéléré. Sa voix sonnait cependant neutre et il ne fit pas mine d'écourter la conversation. Il écouta l'autre reprendre, les yeux braqués dans ceux bleus.

-Oui, Bucky. Tu as toutes les raisons du monde de nous en vouloir. Je ne comprends même pas comment tu as pu m'accueillir chez toi après tout ce qui s'est passé.

Le blond marqua une pause, espérant que son ami s'explique sur ce point. Le silence lui répondit. Il soupira, baissa un instant la tête puis releva le menton.

-Je voulais aussi te présenter mes excuses à propos des accords.

Là Tony réagit vivement.

-Tu n'as pas à t'excuser. J'ai aussi été borné.

Steve se tut un instant, surpris. C'était surréaliste. Tony aurait pu renchérir, l'enfoncer encore plus, et à place il le dédouanait. S'excusait presque. Cela ressemblait bien peu à l'homme toujours sûr de lui qu'il connaissait. Il se reprit pourtant assez vite. Si Tony était conciliant, il fallait en profiter.

-Mais tu as fait ce qui te semblait être juste.

-Toi aussi. Tu ne pouvais pas te rendre, contra le brun.

-Mais je n'aurais pas dû t'attaquer. Je vous ai mis en danger. Ton ami a été blessé.

Steve baissa les yeux, toujours aussi honteux, alors qu'il n'était même pas là quand l'accident s'était produit.

-Et j'ai essayé de tuer le tien.

-Sur le coup de la colère, rappela le blond.

Tony écarta le sujet d'un geste de la main comme s'il refusait l'argument et enchaîna :

-Tu avais raison à propos de Bucky. Même innocent, il aurait été interné à l'hôpital et le faux psy serait toujours en liberté.

-Bucky aurait mieux été là-bas que congelé au Wakanda. Ils auraient peut-être pu le guérir. Et l'autre n'aurait pas pu nous causer de problème si nous étions restés soudés.

La réplique coupa le sifflet au brun. Sûr que Steve avait raison sur ce point. Il était mieux placé que lui pour savoir ce qui était bon pour son ami. Il garda le silence un temps, détaillant le blond.

Il semblait sincère. Les yeux bleus maintenaient son regard, il avait redressé ses épaules. La bouche fermée en un pli résolu lui rappelait douloureusement leur dispute autour du traité. Seules les mains trahissaient sa nervosité : elles s'ouvraient et se fermaient convulsivement, comme prêtes à cogner. Tony pouvait cependant parier que le soldat aurait préféré se la couper lui-même plutôt que de le frapper à nouveau. Il ne fallait pas être un génie pour comprendre qu'il s'en voulait particulièrement, surtout avec toutes ses excuses. Et puis comment lui en vouloir quand il le regardait avec de tels…

-Tony ?

La voix un peu confuse de Steve le sortit de ses pensées. À voir les légères rougeurs sur les pommettes pales, il l'avait peut-être fixé un peu trop longtemps. L'ingénieur se reprit.

-Tu sais quoi, Steve, je vais te dire où est le problème. On a merdé tous les deux. J'ai merdé, tu as merdé, on a merdé, tout le monde a merdé.

-Bien résumé, ricana le blond, encore un peu gêné.

-Au moins nous en sommes conscient. Mais de ce que j'en vois, tu le vis aussi bien que moi, c'est-à-dire mal. Eh, ne me coupe pas ! Ça fait quoi, quatre mois que tu vis ici ? Eh bien en quatre mois j'ai largement eu le temps de voir, enfin d'entendre plutôt, que tu faisais des cauchemars. Régulièrement. Et ta réaction quand je t'ai dit que les autres voulaient bien revenir… Si ce n'est pas du mal-être, je ne sais pas ce que c'est. Et pourtant je suis calé en la matière.

Tony reprit sa respiration après sa tirade. Steve semblait estomaqué.

-Je ne pensais pas que ce serait si flagrant…, finit-il par avouer.

Le brun soupira et s'approcha de l'autre. Il s'arrêta à un pas de lui et répondit :

-Je sais reconnaître les symptômes quand je les vois, Steve… Je suis bien placé pour ça.

Il sourit, sans que Steve ne lui rende la pareille. Le blond était clairement ébranlé par sa confession à demi-mots.

-Oh Dieu, Tony, je suis désolé…

-Encore ? Mais de quoi ? questionna le brun, un sourcil levé.

-De tout ça ! répondit-il, en ouvrant les bras comme pour englober la totalité de la situation.

-Hey, ne te met pas dans cet état-là Steve ! Ça ne me change pas de l'habituel ! Et puis je suis coriace, ce ne sont pas quelques heures de sommeil en moins qui vont me tuer !

-Comment ça, habituel ? C'est censé me tranquilliser ?

Les yeux bleus scrutèrent Tony. Celui-ci s'effraya d'y voir autant d'inquiétude. Lui qui se voulait rassurant, c'était loupé ! Le blond semblait plus anxieux et coupable que jamais. Sa mine d'enfant perdu acheva de briser les dernières brides de calme du brun. Là, il allait commencer à paniquer. Il n'était clairement pas fait pour ce genre de situation, où il fallait être doux et compréhensif et absolument pas cynique. Très loin de ses habitudes donc. Il devait calmer toute suite la conversation avant qu'il ne dise un mot malheureux.

-Écoute, Stevie, je ne suis pas un expert en long discours larmoyants, et là on plonge droit dedans. Je vois bien que tu as envie de savoir, mais si tu pouvais m'épargner ça maintenant… Plus tard si tu veux. Au calme. Pas alors que tu sembles à deux doigts de pleurer. Tu ne vas pas pleurer n'est-ce pas ? Parce que je ne sais absolument pas gérer ça !

Devant la mine affolée, et sûrement aussi un peu surjouée, le blond ne put que sourire. Qui se transforma en des soubresauts un peu timides, puis plus francs en voyant la tête déconfite de son ami, avant de partir dans un grand éclat de rire, libérateur. Tony le regarda ébahi, avant de se laisser gagner par son hilarité incongrue. Leur fou rire se tarit de lui-même, les laissant détendus. Leur nervosité s'était envolée avec les non-dits.

L'ingénieur s'essuya le coin de l'œil, tremblant encore de joie, et peut-être de fatigue, un peu. Il releva le visage vers Steve, pour s'apercevoir que celui-ci le contemplait, un air soudainement trop sérieux plaqué sur son minois. On aurait presque dit qu'il… le couvait des yeux ? Il le dévisagea, circonspect, et le blond détourna la tête. Grillé. Enfin, ce n'était pas comme si Tony ne savait pas que l'autre passait la majeure partie de son temps à le bouffer des yeux. Pas comme si Tony aimait ça. Surtout pas comme s'il aurait aimé avoir un peu plus que des œillades tendres et chaudes et… désireuses ?

Le brun n'eut pas le temps de s'appesantir plus longuement sur la question. Steve, apparemment remis de sa gêne, posa une main sur son épaule, hésita, puis l'enlaça rapidement, juste le temps d'une accolade. Il le relâcha, un sourire radieux planté sur le visage.

-Merci Tony, je suis content que nous ayons parlé !

-Ouais, moi de même. J'adore ce genre de discussion.

Steve pouffa quand le brun lui donna un coup d'épaule, sans même l'ébranler, avant de s'éloigner comme s'ils n'avaient absolument pas remis à plat une grosse partie de problèmes entre eux. Oui, parler était une bonne chose.

Parler c'est bien, mais écrire c'est compliqué XD

En tout cas j'espère que ça vous a convaincu !

Sinon pour le chapitre suivant, arf, je suis dans mes révisions alors il faudra attendre, sorry.