Bonjour, bonsoir et bienvenue ! Merci encore à pimiericky, shinobu24, TheHoshiLiveOnMoon, Courtney Ackles, Castiel-SPN156-Dean, barjy02, yakusokuyumi, et ZephireBleue pour vos commentaires ! Et de continuer à me suivre pour je ne sais combien de chapitres. Celui-ci est plus court. J'espère que vous m'excuserez. C'est pas facile tous les jours. Certains doivent savoir de quoi je parle !

Bonne lecture et laissez un commentaire !


Les vies entremêlées 10

Sam pleurait toutes les larmes de son corps dans les bras réconfortants de Gabriel. Il voulait oublier la dispute qu'ils avaient eu. C'était une réaction totalement disproportionnée, une crise qui n'aurait pas du exister. Son corps de géant, à moitié allongé sur le canapé, accompagné par l'homme qu'il aimait. Sam aurait du avoir confiance en lui. En cet homme qui avait conquis son cœur. La position était désagréable et lui tirait dans le bas du dos. Mais il resta ainsi, prostrée, quémandant l'accès à un moment de bonheur.

Il attrapa Gabriel par ses vêtements, pour ne pas le lâcher, pour l'obliger à être à ses côtés, pour se prouver qu'il était là pour lui, pour eux et pour personne d'autres. Puis, il avait commencé à aventurer ses mains dans son dos dont il avait déjà fait tant de fois le tour, s'arrêtant de temps en temps pour être sûr que personne n'en profiterait pour le lui reprendre. Sam n'était pas de nature égoïste. Mais, dans ces conditions, ça n'en était pas. Pas à l'état pur, en tout cas. Sa possessivité était emprunte de désespoir. De peur du vide. De peur de se perdre à nouveau.

La peur de vivre seul à nouveau, son frère dans son ombre pour vérifier ses moindres faits et gestes.

Et Sam continuait de pleurer, tremblant dans ces petits bras qui le réconfortaient, lui passaient une main dans les cheveux, lui murmurait à l'oreille des mots doux qui accentuaient pour la plupart ses pleurs.

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Dean s'était éclipsé quand Sam avait fondu en pleurs. Il était sorti voir son Impala, brosser la carrosserie. Le ciel était clair, même si la nuit était d'un noir d'encre. Les étoiles brillaient, les lumières de la ville ne perturbant pas leur éclat.

Le jeune homme s'assit sur le capot de son bébé, la tête levée vers le ciel. Il faisait un peu frais, il fallait l'avouer. Mais il se servit du plaid qu'il gardait précieusement dans le coffre. Ainsi, sur le capot noir et lisse, Dean se laissa bercer par le chatoiement des étoiles. Il reconnut la Grande Ours, évidement, la première qu'il avait appris à reconnaître. La première qu'il avait appris à Sam à reconnaître.

Il n'en connaissait pas beaucoup. L'archer. Le cygne. Le scorpion. Cependant, rien que ça, c'était bien. Et il se dit que, peut-être, sa mère faisait partie de l'une d'elle, de ces constellations qu'il connaissait depuis presque toujours. Peut-être qu'elle les regardait en ce moment-même, son regard porté par des années-lumière de vide. Leur mère veillait sur eux. Elle veillait sur Sam, à l'intérieur, qui avait enfin retrouvé un peu d'espoir.

Cette nuit, Dean espérait qu'elle prenait soin aussi de Castiel, à l'autre bout du pays. Loin de lui.

Il n'y a plus qu'un pas à faire.

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Gabriel avait réussi à rassurer Sam. Oui, il était là pour lui. Non, il ne le quitterait plus. Ils allaient surmonter ça ensemble. Un peu de force, Sam avait avalé quelques bouchés du gâteau « spécial Gabriel » et un grand verre d'eau pour faire passer le tout.

Après un moment paresseux, dans les bras l'un de l'autre sur le canapé, Le jeune homme obtint enfin de Sam l'accord pour qu'ils puissent monter tous les deux à l'étage et utiliser un bon lit.

Les larmes séchaient encore sur son visage. Gabriel aussi en avaient au coin des yeux. Mais elles n'avaient pas débordée. Sam avait le droit de pleurer. La machination de Ruby lui était entièrement destinée. Lui n'avait eu le droit qu'à un chapitre de l'histoire. Sam avait eu tout le reste, les peurs, les doutes, les colères, les interrogations... Gabriel avait eu droit à une piqûre de rappel de son passé. Et il ne se plaignait pas en voyant dans quel état était maintenant Sam.

Les marches de l'escalier grinçaient sous leur poids à tous les deux. L'odeur du café et du chocolat s'estompait et était remplacée par un peu de poussière et une douce chaleur qui s'était installée tout au long de la journée. Le papier peint à fleur rendait son dernier souffle, presque en lambeaux, vieillissant au rythme de cette maison. Même les portes des différentes pièces avait vécu des choses, d'abord vierge avant qu'une couche de peinture ne les recouvre pour 2 d'entre elles. Et puis, le projet d'apporter un peu de couleur avait été abandonné à la moitié de la troisième au niveau de la poignée. Cela fit sourire Gabriel quand il remarqua ce détail. C'était comme si un enfant n'avait pas été assez grand pour terminer son travail.

Sam lui montra la porte de sa chambre à lui et Dean. Il était totalement recroquevillé sur lui-même, portant le poids de son corps. Gabriel le tenait contre lui, compliquant leur démarche mais il n'aurait pas voulu le lâcher. Ses deux mains sur ses bras pour le tenir proche de lui, sentaient sous elles la tension dans les muscles de son amant.

Ils franchirent le pas, se dirigeant directement vers le lit. Et Sam se sentit un peu perdu. Il ne savait pas ce qu'il devait faire. Ça avait été facile de suivre Gabe jusque là. Mais que devait-il faire maintenant ? Parler ? Recommencer à pleurer ? Et tout se chamboulait encore dans son esprit. Cela faisait déjà des heures que Brady lui avait avoué être le meurtrier de Jessica sous la direction de Ruby. Il avait passé la plupart du temps à dormir, anesthésié par les coups qu'il avait porté sur son ancien ami.

La seule fois où il s'était réveillé, Dean avait été là pour essayer de lui faire oublier ce moment. Son aîné n'avait pas quitté son chevet, si on pouvait appeler ça un chevet. Il était allé jusqu'à lui caresser les cheveux, comme quand il était petit et qu'il avait fait un cauchemar ou qu'il avait juste peur ou était inquiet.

Cette fois, Gabriel se trouvait à ses côtés, prévenant avec lui, guettant les moindres signes avant coureur de rechute. Avec ses gestes tendres, même si ils ne s'étaient retrouvés que depuis quelques minutes, Sam se sentait un peu gauche de ne pas réussir à reprendre la parole, à dire correctement ce qu'il ressentait.

A dépendre tout simplement de lui sans pouvoir faire quoi que ce soit pour lui.

Gabriel sentit sa détresse à sa soudaine crispation. Ses jambes s'étaient faites plus lourdes en arrivant au pied du lit. Ses yeux scrutaient la pièce à la recherche d'une réponse à ses tourments.

-On va s'allonger, d'accord ? proposa Gabriel.

Sam se sentit soulagé et acquiesça sans bruit, la gorge sèche.

Quand Sam voulu s'allonger, se cacher sous la couverture pour y disparaître et se dire que tout ça n'était qu'un rêve, un cauchemar, sans aucun doute, Gabriel le retint pour lui enlever les chaussures, déboutonner sa chemise et déboutonner son pantalon. Mais pas plus. Le but n'était pas non plus de se déshabiller complètement et de retrouver une complicité dans le plus simple appareil.

Gabriel en fit de même avec ses propres vêtements, de quoi être bien plus confortable dans le lit.

Finalement, ils s'allongèrent tous les deux, Sam dans les bras de Gabriel, replié contre son torse, écoutant sa respiration calme et posée.

Gabriel le tenait tout contre son cœur. Ses cheveux sentaient le shampoing bon marché mais ça n'enlevait rien à leur douceur. Il passa ses doigts entre les mèches, savourant la texture qui faisait remonter un tas de souvenirs. Sous le coup de l'émotion, il lui embrassa le front avant de coller son nez contre son crâne.

-On parlera plus tard, d'accord ?

Il lui embrassa une nouvelle fois le visage.

-D'accord, répondit Sam, la voix lui brûlant la gorge.

Ils restèrent ainsi, dans les bras l'un de l'autre, dans ce lit trop petit pour eux mais qui était largement suffisant. Sam s'endormit le premier, réchauffé par le corps de son aimé, bercé par la main qui passait de façon irrégulière sur sa tête.

Il fit un rêve cette nuit-là. Un petit sourie aux lèvres, il rêva d'eux, dans une maison de campagne, Jessica lui faisait un signe d'au revoir depuis le perron de cette maison. Lui, à une centaine de mètres, marchait à reculons, ne voyant qu'elle. Cependant, un corps dans son dos stoppa sa marche. Il se retourna et ce fut Gabriel qui lui cueillit les lèvres. Et ils marchèrent tous les deux, main dans la main, la maison derrière eux.

Gabriel le rejoignit rapidement dans le pays des songes. Mais lui rêva plutôt de chocolat, de tonnes de chocolat. Et d'un Sam dans une baignoire de chocolat.

Il restait un homme après tout. Avec ses forces et ses faiblesses.

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Derrière le volant, il regarda une dernière fois le bout de papier plié en quatre. Dans son rétroviseur, Brady boudait, tête basse, même si il savait qu'il avait foiré sa mission. Mais il détestait se sentir comme un gosse qu'on force à s'asseoir à l'arrière. Son collègue ne lui avait pas adressé la parole une seule fois. Et quand Brady avait essayé d'engager la conversation, s'excusant de s'être fait avoir comme un bleu, l'intéressé ne lui avait donné qu'un coup d'œil en coin avant de passer une vitesse.

Il avait garé la voiture devant le motel indiqué sur le papier. Maintenant, il devait aller chercher son deuxième colis pour son patron. L'individu soupira avant de se pencher sur le siège passager pour prendre son attirail qu'il avait préparé dès qu'ils étaient entrés dans la ville.

-Elle se fera pas avoir par un truc aussi minable, dit Brady, croisant les bras sur sa poitrine. C'est vieux comme le monde. Laisse-moi y aller. J'aurai aucun mal à la ramener dans la voiture. Elle me mange dans la main, j'te dis.

Finalement, le chauffeur lui adressa un regard qui en disait long sur son agacement. Et il soupira une nouvelle fois.

-Le patron m'a autorisé à te couper la langue si jamais tu recommençais à trop parler.

Volontairement, il laissa apercevoir la lame d'un canif accroché à son poignet. Discret mais rapide, il pouvait le dégainer tout moment. Et c'était presque sûr qu'il n'hésiterais pas à l'utiliser sur lui, même si pour ça, il devrait tacher le cuir de sa voiture de service.

Brady leva les mains en signe de soumission, pas encore prêt à perdre un bout de son anatomie pour rien. Il laissa son collègue terminer sa préparation avant de sortir du véhicule. Le motel formait une sorte de L avec ses 14 chambres. Les premières proches de la route et de l'accueil. Les dernières profitant d'un espace vert derrière eux.

Il ne s'en préoccupa pas. Si quelqu'un devait le voir en sortant, il l'ignorerait et passerait inaperçu, comme d'habitude. Il savait faire. Il avait de l'expérience. Il n'était pas l'homme à tout faire pour rien.

Lassemment, déjà fatigué ne serait-ce que de marcher jusqu'ici. Après un appel de Crowley lui-même, il avait été obligé de faire un détour, décalant tout le programme de sa propre mission en cours. Mais bon, quelques jours de plus avant d'aller conclure un contrat, ce n'était pas cher payé si il ramenait Rebecca Thomas avec lui.

Peut-être même qu'une promotion pointerait le bout de son nez et lui permettrait de passer tout son temps derrière son bureau. Il ne demandait que ça de toute façon. Agent de terrain, ce n'était pas son truc, même si on avait découvert ce talent chez lui. Ça lui passait totalement au-dessus de la tête. Il se contentait de faire son boulot bien et sans bavure, laissant les conduites risquées ou héroïques pour d'autres. Il avait vu où ça avait mené celui qui se dandinait sur sa banquette arrière.

Il s'arrêta enfin devant la porte du motel comme indiquée sur le papier. Il toqua quatre fois.

-C'est pour le ménage, dit-il.

-Revenez demain, lui répondit une voix féminine à l'intérieur.

-Pas possible. Faut que je termine mon service ce soir. Je reviendrais que dans trois jours sinon.

Petit silence.

-Ça prendra deux minutes. Le temps de changer les serviettes et je file.

Ruby arrêta de ranger les affaires de sa fille un peu partout dans la chambre. La petite prenait son bain avec Zacharie dans la pièce d'à côté. Pou leur dernière nuit ici, il pourrait s'offrir de luxe de serviettes propres.

Sans se douter de qui que ce soit, même pas de l'heure tardive, elle ouvrit la porte, ne se doutant pas de qui l'attendait à l'extérieur.

-Quoi ?

Ce fut tout c qu'elle eut le temps de dire avant de recevoir dans le creux du ventre une décharge électrique. La jeune femme resta tétanisée quelques secondes, secouée, les yeux plongés dans ceux de l'homme en noir sans vraiment le voir.

Quand la décharge cessa de faire effet, elle s'écroula au sol tandis qu'il rangeait le taser gentiment offert par l'un de ses derniers clients qui n'avait pas voulu honorer sa part du contrat.

Il faisait déjà nuit et les néons du motel fonctionnait une fois sur deux. Personne ne ferait attention à eux. Ils ne les distingueraient même pas dans l'ombre de la bâtisse.

L'individu commença à traîner le corps hors de la chambre pour pouvoir le porter plus facilement. Mais il s'arrêta quand la porte de la salle de bain à l'intérieur s'ouvrit sur un homme bedonnant qu'il reconnaissait pour l'avoir croisé une ou deux fois au bureau.

-Je ne suis venu que pour elle, le rassura-t-il.

Zacharie hocha la tête, blême, avant de venir fermer la porte une fois Ruby dans les bras de l'agent de Crowley.

Tout aussi lentement qu'à l'aller, il fit le chemin inverse en direction de la voiture. A travers la vitre arrière, il distinguait plutôt bien le visage de Brady plus que surpris de le voir revenir victorieux.

D'un geste, il laissa la jeune femme aux bons soins de son collègue avant de reprendre sa place derrière le volant. Il mit le contact et ils reprirent la route, direction le quartier général.

Il mériterait bien une journée de congé, quand même, pour avoir passé une nuit blanche à cause d'eux.

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Le jour se levait enfin.

Des gouttelettes ornaient les brindilles et les pétales de fleurs le long de la route qui menait à la casse auto de Bobby. Les ombre s'étiraient en un bal entre les carcasses de voitures, animant ce cimetière de voitures chaque matin. Le ciel était clair comme l'avait été la nuit. La lune et le soleil cohabitait pour un temps dans le royaume céleste. La lumière scintillait sur les carreaux de la vieille maison qui hébergeait quatre pensionnaires dont un à temps plein. Ce dernier était déjà réveillé. Le levé du soleil s'était reflété dans son café. Un autre dormait de tout son saoul sur le canapé tout juste assez grand pour qu'il y glisse ses jambes. La main dans le vide, il ne faudra pas longtemps avant qu'il ne se réveille à son tour.

Les deux derniers, les grands retardataires pour ce matin, ne se lèveraient que vers les coups de neuf heures au plus tôt. Bercés par la chaleur l'un de l'autre, rien ne les pousserait à sortir du lit avant qu'ils ne l'ait décidé.

Sam était toujours dans les bras de son amant et Gabriel respirait toujours ses cheveux. En fait, ils n'avaient pas beaucoup bougé dans leur sommeil.

Ils étaient bien comme ça, confortable, en sécurité, à l'abri.

La journée avait débuté son cours. Sam bougea un peu ses jambes repliées. Par réflexe, Gabriel remonta la couverture qui était descendue dans le mouvement.

Il fut aussi le premier à sortir de son sommeil. Il ne fut pas déçu en voyant le visage lisse de Sam à quelques centimètres du sien. Il ne put s'empêcher de l'embrasser sur le front comme la veille.

Ce ne fut qu'à ce moment-là qu'il prit pleinement conscience des mains de son amant et des bandes qui les recouvraient. Elles étaient flagrantes pourtant mais elles étaient passées au second plan. Même si il les avait remarqué, les yeux de Sam était plus important que tout.

Le bandages s'était un peu défait durant la nuit, laissant bailler un morceau au niveau de la paume près du pouce. Délicatement, Gabriel défit le reste pour observer ce qu'il avait voulu cacher. Un peu de rouge restait sous ses ongles.

Ce n'était pas son sang.

Mais il ne savait pas d'où il venait.

Chaque chose en son temps.

Maintenant, ils n'avaient plus besoin de se presser, d'agir dans l'urgence. Ils avaient toute la vie devant eux et tant de choses à se dire.

Le jeune homme posa un baiser sur chacun des doigts de Sam. Il y avait un léger goût de savon mais celui du sang, une sensation amère et d'acier, ne s'y trouvait pas.

Après plusieurs baisers, survolant sa peau tiède, Sam papillonna avant de se coller davantage contre Gabriel, soupirant de bien-être.

-Bonjour, lui dit Gabriel avant de venir chatouiller ses lèvres des siennes.

-Bonjour, répondit Sam.

Le silence resta un moment entre eux, les consciences s'éveillant au fur et à mesure.

Rien ne les poussait à parler tout de suite dès le levé. Mais ils savaient que le moment n'allait pas tarder. Alors Gabriel prit la parole le premier, sentant un courage naître dans son ventre. Il le saisit avant qu'il ne disparaisse comme tant d'autres avant lui.

-Naomie était ma femme. La première qui m'a donné de l'amour.

-Gabe...

-On s'est rencontré dans un parc sur un banc. J'ai engagé la conversation. Elle a rit. On a décidé de se revoir. On vivait heureux. Je ne plaisait pas à ses parents mais elle a tout fait pour me suivre, abandonnant son travail parce qu'il lui prenait trop de temps.

Il avala sa salive. Si il s'arrêtait là, il ne pourrait plus jamais en parler. Pourtant, c'était primordial si il voulait garder Sam pour lui. Une gorge serrée par l'émotion n'était rien pour le sourire de Sam. Il était vivant lui. Elle, elle n'avait plus que des souvenirs fanés à lui offrir.

-On s'est marié sur un coup de tête. Aucun de nous ne voulait voir mille personnes qui trépignaient que ça se termine, qui avaient mal aux pieds à cause de talons de dix centimètres et qui n'attendaient que de passer à table.

Un mince sourire s'afficha sur ses lèvres à la pensées des discussions qu'ils avaient eu à ce sujet.

-En cinq minutes, on était marié. Mais il a fallu quatre ans pour mettre fin au conte de fée. Quand elle est allée voir le médecin pour un check-up, il a trouvé une maladie grave qui sommeillait depuis un moment déjà. Un truc qui allait la tuer après l'avoir fait souffrir pendant des semaines. Je voulais qu'elle se fasse hospitaliser pour ralentir a maladie. Avec un peu de chance, elle serait repartie aussi vite qu'elle était venue. Mais Naomie ne voulait pas. Elle ne voulait pas gaspiller le peu de temps qui lui restait toute seule. Alors elle s'est battue. Mais les nuits ont commencé à se faire plus courtes pour elle. D'abord, c'était des courbatures. Je la massais un peu et c'était réglé. Ça s'est amplifié. Elle ne dormait presque plus. Elle passait de plus en plus de temps sous la douche pour calmer tout juste la douleur. Son médecin lui a donné des somnifères. Le jour où... Le jour où elle est morte, c'est elle qui m'a dit de prendre un peu de temps pour moi. Elle a appelé Zacharie pour que je passe chez lui.

Devant les yeux intrigués de Sam, il dut préciser.

-Inias à l'époque. Oui c'est lui. Il a changé de physique. Et quand je suis rentré, elle s'était suicidé avec les somnifères. Voilà. Après, je suis allé vivre chez Inias. C'était le seul qui me supportait. Et je ne pouvait pas rester seul là-bas.

Gabriel fixa un point au loin, sur le bois qui composait le mur.

-Mais un malheur n'arrive jamais seul. J'étais un fantôme quand je suis arrivé chez lui. Il a réussi à me redonner vie peu à peu. Mais, je sais pas comment, de plus en plus, il s'est rapproché de moi. Il était jeune, n'avait jamais eu de relation. Et me voir vulnérable comme ça, ça lui a fait un choc et il a développé un truc pour moi. De là à dire qu'il m'aimait vraiment, j'en sais rien. Mais j'ai décidé de partir loin de tout ça. Je n'étais pas prêt. Penser à elle me bouffait encore. Et un jour, j'ai rencontré Castiel qui m'a accueilli. La suite tu la connais. J'ai emménagé, fait les quatre cent coups. Et je t'ai rencontré.

Il l'embrassa du bout des lèvres avant de cacher son visage dans son cou. La minuscule dose de courage s'était évaporée. Il avait réussi à tout dire. C'était le principal. Maintenaient, il se sentait vidé, à bout de force. Mais Sam en avait à revendre. Les rôles s'inversèrent. Le plus grand prit le plus petit dans ses bras et lui embrassa les cheveux un millier de fois. Il le serra tout contre lui, lui rendant son geste au centuple.

Gabriel ne versa pas une larme. Toute cette histoire était du passé et il avait fait son deuil depuis longtemps. Il regrettait un peu d'avoir du tout déballer à Sam mais il se doutait que c'était plutôt la peur de se rappeler tout ça qui le faisait douter.

Quelqu'un frappa à la porte sans l'ouvrir, rompant le charme du moment.

-Si vous êtes levés, le petit-déj' est prêt et compté par sur moi ou le vieux pour vous le monter au lit.

-Crétin, fit Bobby depuis la cuisine.

-C'est bien, t'es pas encore sourd. Mais fais gaffe, ça va vite arriver.

Dean redescendit les escaliers sous les menaces de Bobby de lui faire endurer mille et une souffrances.

-Bon, on y va ? demanda Gabriel.

-Ok.

Sam s'étira de tout son long, poussant sans s'en rendre compte le plus petite vers le bord du lit. Il se raccrocha à son corps pour éviter la chute, ce qui fit rire Sam et fit bouder Gabriel.

Une fois les jambes réveillées, ils se levèrent enfin.

-Reboutonne ton pantalon. Dean pourrait croire des choses sinon, signala Gabe en désignant la fermeture éclair baissée.

Sam s'exécuta. Mais pas l'autre, une grimace sur le visage.

-Ben quoi ? Ça lui apprendra à venir nous réveiller.

-On était déjà réveillé.

-Mais quand même. Il avait pas !

Avant qu'il n'ait pu atteindre la poignée de la porte, Sam le récupéra au passage pour l'embrasser amoureusement, comme ils le faisaient quasiment tous les matins. Une bulle de chaleur explosa dans son cœur et son cerveau se mit à bouillir.

-Je t'aime.

-Moi aussi.

Gabriel passa ses mains dans son cou et prolongea le baiser. Il n'y aurait rien de plus. Pas encore. C'était doux avec une pointe de sauvagerie. Rien de tel pour commencer la journée. Les grandes paluches de Sam sur son ventre le massaient à travers le tissus pour le redécouvrir.

Et puis il lui agrippa son pantalon.

Rompant le baiser, Gabriel jeta les yeux sur le bas de son anatomie où on voyait très bien son sous vêtement. Sam se mit à fermer la fermeture éclair et à clipser le bouton.

-Tu risquerais de donner une crise cardiaque à Bobby, habillé comme ça.

Gabriel rougit fortement mais ne dit rien.

Il l'aimait son Sammy. Tout autant que Sam aimait son Gabe.

C'était une relation sûre, avec des bases qui jouaient les équilibristes. Mais ça allait s'arranger. Ils avaient fait le premier pas. Les suivants seraient bien plus faciles à faire à deux.