Voilà le chapitre 10, avec la suite de la "quête intérieure" d'Arthur. J'aime bien cette expression, je trouve qu'elle correspond assez bien à ce qui se passe dans la tête de notre pas-tout-à-fait-encore-mais-pas-loin Haut Roi. J'espère que vous trouverez ce chapitre à la hauteur, je sais que Shima-chan paraissait plutôt emballée quand elle l'a corrigé (Mais non je ne cherche pas à vous influencer ! Quelle idée ! ^^'). Autant que vous vous y prépariez car c'est bientôt la fin. Encore deux chapitres, qui seront assez courts et j'aurais clôturer cette fic.

Après j'avais envisagé de lui écrire une suite, qui racontrait par des mini-épisodes le nouvel équilibre qui va se mettre en place. En même temps dans ma tête, même si le format est modeste, ça prend une ampleur tellement pharaonique que je doute d'avoir le temps de m'y atteler avant un moment. Si je ne me retrouve pas sous les ponts avant, si je ne perd pas l'inspiration entre temps, si les prod de la série ne m'appellent pas pour écrire les saisons suivantes...O.O (Non, là tu t'égares ma pauvre Viana. -')

Enfin bref, je vous souhaite une très bonne lecture. Et j'espère qu'on se retrouvera pour la fin. ^-^


Arthur chevauchait dans la forêt depuis moins d'une demi-heure. Il lui faudrait environ trois heures pour atteindre la Vallée des Rois Déchus. Ce qui le préoccupait le plus était comment trouver le mystérieux Antre de Cristal. Dans la vision du cristal noir, le lieu découvert par sa mère n'était pas clairement défini. De plus l'obscurité de la nuit ne lui avait pas permis d'observer plus attentivement l'environnement dans lequel elle se trouvait. Il était parti si précipitamment, sans même prendre la peine de demander plus de précision à Alator sur l'emplacement de la caverne, qu'il paraissait très bien connaître. Arthur n'avait pas trainé, craignant que chaque minute qu'il perdrait à préparer son départ l'éloignerait de sa décision, prise sur un coup de tête, ou de cœur, ou de sang… Il ne savait plus trop.

Perdu dans ses pensées, il ne remarqua pas immédiatement la silhouette encapuchonnée, accroupie dans les fourrés, qui semblait le suivre prudemment. Ce fut alors qu'un sifflement étrange, comparable au chant d'une flûte, monta à ses oreilles. Arthur baissa les yeux sur sa hanche gauche et réalisa que le son provenait de son fourreau. Intrigué, il tira la lame de son épée. Celle-ci lui semblait plus luisante qu'à l'accoutumée, ce qui n'était pas peu dire.

Il l'avait en sa possession depuis peu de temps et pourtant l'objet lui paraissait déjà être comme un prolongement de lui-même. Il n'aurait su très bien l'expliquer. Bien sûr, au cours de sa formation de guerrier et de chevalier, ses maîtres d'armes successifs lui avaient enseigné le respect de ses armes, et en particulier des épées : qu'un bon chevalier ne néglige jamais son matériel et qu'un combattant aguerri emploi son arme comme une extension de son propre corps. Mais depuis le jour où il avait tenu en main cette épée, quelque chose de particulier s'était tissé entre eux. Elle était toujours légère au bout de son poignet, suivant chacun de ses mouvements sans jamais lui faire ressentir la moindre gêne ou lourdeur, alors qu'elle frappait ses adversaires avec une force et une précision remarquables. Parfois, lorsqu'il sentait la crainte et l'incertitude l'envahir, il suffisait à Arthur de l'avoir en main pour se sentir immédiatement ragaillardi et combatif.

Il se remémora les circonstances dans lesquelles il l'avait acquise et une idée fit son chemin dans son esprit. Bien sûr, il n'avait jamais vraiment cru à ces contes de bonne femme que Merlin lui avait racontés en le conduisant près du rocher. Mais faute d'une meilleure explication, il s'en était contenté. Mais à la lumière des dernières révélations…

Il fut interrompu dans ses réflexions par un bruit de craquement et vit avec surprise une forme incertaine dévalée la pente qui longeait le sentier. La forme cessa sa course pile au milieu du chemin, lui barrant la route. Une fois stabilisée, Arthur réalisa qu'il s'agissait d'un homme. Ce dernier se releva rapidement et se retrouva face à face avec le cavalier. En voyant son visage, Arthur reconnu l'un des sorciers qui avaient combattu aux côtés de Jazor. Tout alla très vite : l'homme amorça un mouvement, mais fut jeté en arrière avant d'avoir pu aller au bout de son geste. Il se cogna contre le tronc d'un arbre et s'effondra dans les racines.

Arthur descendit immédiatement de cheval et s'avança vers lui, l'épée levée. L'homme se redressa, jeta un regard affolé vers Arthur et sur sa lame. Il murmura une incantation, mais – Arthur ne sut pas comment il eut ce réflexe – le Roi plaça la lame de son épée devant lui et le sortilège fit luire l'acier d'un éclair doré, mais ne le toucha pas. C'est alors qu'une silhouette apparut au côté d'Arthur et se jeta sur le sorcier. Le nouvel arrivant secoua vivement le sorcier, le ruant de coups et l'abreuvant d'injures :

– Une fois ne t'a pas suffit ! Mécréant ! Tu désires donc mourir !...

– Non, se lamenta l'autre. Par pitié, je ne voulais pas… Laissez-moi !

Malgré lui, Arthur eut pitié des lamentations de l'homme à terre.

– Il suffit, dit-il à l'autre. Relâchez-le.

L'autre homme obtempéra et se remit debout pour aller se placer à côté d'Arthur. C'était Méléagant.

– Un des hommes de Jazor, dit-il calmement avec une note de mépris dans la voix.

– Oui, je l'avais reconnu.

Loin de faire le fier, l'intéressé jetait des regards apeurés sur les deux hommes et sur l'épée qu'Arthur tenait toujours levée. On aurait dit un animal aux abois, plus pathétique que dangereux.

– Tuez-le, répliqua Méléagant.

– Non ! protesta l'autre. Je suis tombé… Je ne voulais pas vous attaquer. J'essayais juste de me cacher…

– Cette vermine ne mérite aucune clémence, cracha encore Méléagant. Tuez-le !

L'homme se mit à sangloter. Ce qui ne le rendait que plus pitoyable encore.

– Par pitié, laissez-moi partir !... Je ne voulais pas de mal… J'essayais juste de m'enfuir.

– Et tu ne voulais pas non plus de mal à Camelot, lorsque tu t'es battu aux côtés de Jazor, rugit cette fois Arthur.

– Je regrette, Sire, je regrette. Epargnez-moi, je vous en supplie. Je ne veux pas mourir…

Arthur demeura immobile. Tout sorcier qu'il était, cet homme était seul et désarmé, et il paraissait réellement effrayé.

– Tuez-le, Sire, murmura Méléagant à son oreille. Ou laissez-moi m'en charger…

Arthur observa l'homme avec plus d'attention. Il était bien en peine de lui donner un âge tant son visage était maigre et décharné, tout comme le reste de sa personne, ses vêtements étaient en lambeaux et sa peau noircie par la crasse. Ses larmes laissaient des traces plus claires sur ses joues. Un adversaire peu glorieux pour le royaume de Camelot.

Méléagant, face au silence du Roi, fit un pas dans sa direction, mais Arthur le stoppa net d'un mouvement du bras. Il s'avança vers le suppliant qui, le voyant marcher droit sur lui, l'épée levée, continuait de trembler et de murmurer comme une prière : je ne veux pas mourir, je ne veux pas mourir, je ne veux pas mourir…

Lorsqu'Arthur fut juste à quelques centimètres de lui, l'homme leva un regard désespéré vers lui, avant de fermer les yeux, résigné. Arthur abaissa son épée. Ne sentant pas venir le coup s'abattre, l'homme releva la tête et vit avec surprise la main tendue d'Arthur.

– Relève-toi, dit-il.

Hésitant un bref instant, l'homme saisit la main du Roi, qui l'aida à se remettre sur pied.

– Et maintenant, file.

Le sorcier fut tellement désarçonné par cet ordre qu'il en demeura coi pendant une seconde. Puis une lueur de reconnaissance illumina son regard, et il courut vers les fourrés sans demander son reste.

Une fois qu'il eut disparu, Arthur tourna les talons et retourna vers sa monture, croisant Méléagant, demeuré immobile.

– Il ne méritait pas autant de clémence.

– Il n'y avait aucune nécessité de le tuer.

– Je ne vous savais pas si… pacifiste.

– Il n'y a aucune gloire à frapper un homme à terre.

Méléagant haussa les épaules. Décidément, quelque chose en lui déplaisait fortement à Arthur.

– Je ne vous imaginais pas si prompt à tuer vos semblables.

– Je n'ai rien de commun avec cette vermine, répliqua le sorcier, méprisant. La Magie ne suffit pas à faire de nous des frères, pas plus qu'une couronne ne suffit à faire un roi.

Il y avait une sorte de raillerie dans ses paroles, mêlée à de la suffisance. Ils n'étaient pas ensemble depuis dix minutes qu'Arthur ne souhaitait déjà plus que de le voir disparaitre.

– Que faites-vous ici ?

– Alator vous a vu quitter Camelot précipitamment, persuadé de savoir dans quel but. Craignant que vous ne fassiez quelque mauvaise rencontre, il m'a chargé de vous escorter.

– Je me débrouille très bien tout seul…

– Vous ne pourrez trouver l'Antre de Cristal sans l'aide d'un magicien. Alator était autrefois l'un des gardiens du lieu, il m'a indiqué son emplacement.

– Pourquoi n'est-il pas venu lui-même dans ce cas ?

– Il avait fort à faire aux châteaux pour apaiser nos compagnons. Il est en quelque sorte notre guide. De fait, il ne peut se permettre d'abandonner les autres dès que le vent change de direction.

Un bon chef n'abandonne pas ses hommes dans la tourmente. C'était le genre d'attitude qu'on lui avait enseigné. Cela lui faisait drôle de constater qu'un mage pouvait avoir le même code d'honneur. Il se reprocha alors d'être parti si précipitamment de Camelot, en laissant ses proches. Tout cela pour aller chercher l'âme d'un sorcier ! Si son père savait cela, il se retournerait dans sa tombe. Ce n'était pas là un comportement digne d'un roi.

Il fut interrompu dans ses réflexions en surprenant le regard intense que Méléagant dardait sur son épée.

– C'est un bel objet, commenta celui-ci sobrement. Puis-je ?

Il tendit la main. Arthur hésita. Ce n'était pas qu'il craignait que l'autre en profite. Après tout, s'il avait vraiment voulu le tuer, il aurait pu le faire deux minutes plus tôt. Mais il éprouvait une certaine répugnance à laisser d'autres mains que les siennes se poser sur son épée. Mais après tout, cela ne formait pas un argument d'opposition acceptable. Alors de mauvaise grâce, il tendit la poignée à Méléagant.

Aussitôt, ce dernier parut émerveiller, comme s'il tenait entre ses doigts la plus belle des pierres précieuses.

– Magnifique… Qui vous l'a donnée ?

– Personne. Elle était plantée dans un rocher. On raconte qu'elle a appartenu au premier roi de Camelot.

Arthur se contentait de reprendre l'histoire que Merlin lui avait racontée.

– Oh, j'en doute fort ! répliqua Méléagant. Même si ses pouvoirs sont déjà immenses, elle ne doit pas avoir plus de cinq ans…

– Ses pouvoirs ?...

– C'est une épée magique, gainée dans le souffle d'un dragon. Sa magie est puissante. Un homme qui détient une telle arme pourrait aisément mettre le monde à ses pieds.

Arthur était de plus en plus méfiant. Méléagant semblait fasciner par l'épée et dardait sur elle un regard de convoitise qui lui déplaisait fortement. Le sorcier dut surprendre ses pensées car il se tourna vers lui et déclara promptement :

– Je n'en ferai rien, Sire. Excalibur vous a juré fidélité.

Excalibur ?

– C'est son nom.

– Vous donnez des noms aux épées… ?

– C'est elle qui m'a donné le sien.

– Mon épée vous a dit son nom… ?

Arthur ne savait plus s'il devait rire ou s'inquiéter. Méléagant devait s'être pris un violent coup sur la tête pour sortir de pareilles sornettes. Loin d'être déstabilisé par le regard narquois du Roi, le sorcier caressa doucement la lame de l'épée avant de la tenir droite, pointée vers le ciel et de murmurer une incantation. Alors un chant mélodieux envahit la forêt. Mais la nature de sa source demeurait indéterminée : ce n'était pas une voix humaine, ni celle d'un oiseau ou d'un quelconque animal connu. Mais elle était pure et claire comme du cristal. Et au cœur de ce chant, Arthur distingua une phrase :

Je suis Excalibur et Arthur est mon maître.

Méléagant prononça une nouvelle incantation et le chant s'arrêta net. Il tendit ensuite l'épée à Arthur, qui s'empressa de la saisir d'une main tremblante.

– Il suffit de savoir écouter, répliqua alors le sorcier d'un ton narquois.

Le jeune Roi regarda avec plus d'intérêt son épée. Excalibur… Ainsi donc, elle aussi était magique. Aux vues des circonstances dans lesquelles il l'avait acquise, cela ne devait pas être étonnant.

– On ferait mieux de se mettre en route, lança Méléagant. Sans quoi nous ne serons jamais arrivés avant la tombée de la nuit.

Et il commença à marcher devant, sans paraître se soucier de savoir si le Roi le suivait ou pas. Décidément, allié ou pas, les sentiments d'Arthur à l'égard de cet homme étaient de plus en plus mitigés. Il n'aimait ni son comportement, ni ses manières. Il lui paraissait blasé de tout, comme s'il avait trop vécu pour que quelque chose puisse encore le toucher ou l'attendrir. Il haïssait les sorciers qui avaient défié Mâab, méprisaient les mortels et semblait n'avoir qu'une opinion très moyenne de Camelot et de tout ce qui s'y rattachait. Cet homme offrait un contraste saisissant avec la jeune Gwyneth, avec Alator et même avec Merlin.

Ils marchèrent ensemble en silence pendant deux longues heures. Un silence d'autant plus pesant que, livré à ses propres pensées, Arthur ne pouvait s'empêcher de comparer cette quête aux expéditions qu'il avait entreprises avec Merlin. S'ils avaient été ensemble, toute la traversée n'aurait été que chamailleries, rires et babillages. Au lieu de cela, il devait se contenter de la compagnie de cet ours grognon et taciturne, aussi avenant qu'une porte de prison. Et encore, il avait connu des cachots plus accueillants que ce type.

A deux ou trois reprises, Arthur avait bien tenté de détendre l'atmosphère en questionnant Méléagant : sur sa vie, ses voyages – après tout, un homme qui avait parcouru la moitié des royaumes d'Albion pour trouver un cristal magique devait bien avoir quelque chose à raconter. Il n'essuya que des « qu'est-ce que ça peut bien vous faire ? ». Et encore, seulement quand l'interrogé voulait bien répondre. Seigneur, comme Merlin lui manquait !

Le jeune roi en venait à se demander ce qui avait bien pu pousser Méléagant à rejoindre Camelot.

– Vous savez, insista-t-il, faisant mine d'ignorer le soupire exaspéré de son compagnon, j'aimerais savoir… Qu'est-ce qui vous pousse à détester autant ceux qui se sont rebellés ? Non pas que je vous le reproche ! Mais de tous vos compagnons, vous êtes le plus véhément à leur égard…

– Je me permets ce jugement car j'ai moi-même failli basculer du côté obscur, répliqua Méléagant du ton sec. Cependant, j'ai tenu bon. Et chacun de mes compagnons en a fait autant. Démontrant que si la tâche est difficile, elle n'est pas irréalisable pour autant.

– Qu'est-ce qui vous a décidé à rejoindre Camelot ?

– Alator. Je l'ai rencontré alors que je quittais les Plaines du Nord. Il m'a parlé de sa rencontre avec Emrys et de son désir d'aider votre gardien à unifier Albion. Nous avions tous entendu parler des agissements de Jazor, mais c'est la découverte de la présence d'Emrys à Camelot qui nous a décidés à intervenir.

– Vous reveniez des Plaines du Nord à ce moment-là…

– Alator a pensé que ma découverte pourrait servir nos plans. Je voyais mal comment lui refuser. Puisque mes propres plans avaient connu une fin brutale…

– C'est-à-dire ?...

Méléagant jeta un regard narquois à Arthur.

– Vous ne pensiez tout de même pas que j'avais parcouru Albion toute entière, uniquement pour permettre à votre Majesté de mourir un peu moins idiot…

– Si le cristal ne m'était pas destiné, pour qui l'avez-vous pris ?

Les yeux du sorcier s'assombrirent et Arthur sentit un frisson le parcourir.

– Vous le destiniez à mon père. Pourquoi ? Qu'est-ce que vous y auriez gagné ?

– Une satisfaction personnelle de voir ce scélérat obligé de faire face aux conséquences de ses actes. Qu'il sache que s'il était parvenu à tromper son monde, d'autres n'ont pas été dupes. Hélas, cela m'a pris trop de temps. Et Azazel a été plus rapide que moi…

– Azazel ?

– L'Ange de la Mort, l'un des frères de Mâab. On dit que c'est lui qui fixe le jour et l'heure du décès de chacun. Il faut croire qu'Uther a fini par épuiser sa patience…

Arthur fut indigné par le ton narquois de son interlocuteur. Comme à chaque fois que l'on portait atteinte à la mémoire de son père.

– Pourtant ce n'est pas faute d'avoir essayé, gronda-t-il. D'autres avant vous ont tenté de l'éliminer.

– Oui, renifla Méléagant avec mépris. Des insectes. De pauvres imbéciles ignorant que les Dieux punissent toujours ceux qui les ont offensés en temps et en heure.

– Qu'insinuez-vous ?

Méléagant stoppa sa marche pour se planter face à Arthur. Et ce dernier pouvait voir dans son regard toute la haine et le mépris qu'il éprouvait pour l'ancien roi.

– Il va falloir vous y faire, Altesse. Vous n'entendrez jamais un seul de mes semblables prendre la défense de votre père. Pas même ceux qui vous ont aidé. Pas même Merlin. Uther a détruit nos vies. Ils croyaient que ses ennemis les plus redoutables étaient ceux qui demeuraient en vie, mais il se trompait. Non, car, voyez-vous mon prince, que l'on naisse paysan ou fils de roi, cela n'a que peu d'importance. Car au final, nous finissons tous au même endroit. Dans un monde où il n'y a plus ni maître ni valet, où un homme, tout grand qu'il fut, est obligé de faire face à ses crimes. Combien votre père a-t-il expédié d'âmes dans l'au-delà ? Combien croyez-vous qu'ils sont à l'y attendre ? Tous ces hommes, ces femmes et ces enfants, condamnés injustement, arrachés à leurs familles et leurs amis. Quel accueil lui ont-ils réservé à votre avis ?

Arthur fut paralysé. Il aurait voulu se jeter à la gorge de Méléagant, mettre ses doigts sur son cou et serrer jusqu'à ce que l'air ne puisse plus passer.

– Non, murmura le sorcier, je ne l'aurais pas tué. Ce que je voulais, c'était jeter au visage de cet imposteur ses mensonges et ses duperies. Montrer à la face de tout son peuple quel genre d'homme était ce roi, qui sacrifiait sa femme pour la pérennité de sa race, puis en rejetait toute la faute sur d'innocentes victimes…

– Vous ne valez pas mieux que les rebelles que vous condamnez, rugit Arthur. Eux, au moins, ont la franchise de leur haine. Vous, vous vous servez de votre foi pour justifier votre dégoût du monde et légitimer votre haine…

– Je haïssais votre père, oui ! A cause d'Uther Pendragon, j'ai perdu tout ce qui m'était cher en ce monde. Et quel que soit l'endroit où Mâab l'a expédié, j'espère bien qu'il y souffre mille tourments, et qu'il y passe chaque seconde à demander pardon et à implorer la clémence de ses bourreaux. C'est là tout ce que cette ordure mérite !

– Il se défendait contre des hommes qui voulaient détruire son Royaume !...

– Ca ne lui donnait pas le droit de tuer ma femme et mon fils!

Le temps sembla suspendre son envol. Devant une telle déclaration, Arthur n'avait plus rien à dire. Il se sentit seul et démuni. Certes, il savait que son père n'était pas un saint. Mais au-delà de tous ses crimes, au-delà des fautes paternelles, il y avait le fardeau de la couronne et l'amour filial qui plaidaient toujours dans son cœur la cause d'Uther.

Mais devant l'expression de désolation et de colère froide de Méléagant, le jeune roi ne put marmonner qu'un pathétique :

– Je suis désolé, je…

– A trop vouloir connaître la vérité, l'interrompit le sorcier, on finit par apprendre des choses qu'on aurait préféré ignorer.

Ils se remirent en marche. Plus une seule parole ne fut prononcée le reste du voyage.

Au bout d'une heure environ, ils arrivèrent enfin dans la Vallée des Rois Déchus. Méléagant guida Arthur au travers des gorges et des cavités, jusqu'à ce qu'ils parviennent à un sentier étroit, pris entre deux lignes rocheuses. Le sorcier s'arrêta à l'entrée.

– Ce que vous cherchez se trouve au bout de ce chemin. Si Mâab désire vous recevoir, elle enverra un guide pour vous conduire dans l'Antre de Crystal. Adieu, Sire.

– Attendez. Vous ne m'accompagnez pas ?

– Cette quête n'est pas la mienne. J'ai accompli ma part, c'est à vous de faire le reste. Je vous redis adieu, car je ne repars pas à Camelot.

– Où irez-vous, dans ce cas ?

– Où le vent voudra me porter. Ce ne sont pas vos affaires. Il faut vous y faire, jeune prince, tout roi que vous êtes à présent, vous ne pouvez tout savoir sur tout le monde. Apprenez à respecter les secrets des autres, cela vaudra mieux…

– C'est l'homme qui a divulgué le secret de ma naissance devant toute la cour qui me dit ça… !

Mais Méléagant avait disparu avant qu'il ne finisse sa phrase.

D'un pas décidé, Arthur s'engouffra dans la brèche. Il était allé trop loin pour reculer maintenant.

Au bout du sentier, il déboucha sur une sorte de salle circulaire, à ciel ouvert, entièrement prise entre les rochers aux parois lisses, et pas la moindre trace d'une faille ou d'une entrée vers l'intérieur d'une grotte. Arthur sentit la peur le gagner lentement. Et si on s'était joué de lui ? Et si Mâab ne voulait simplement pas rendre à Merlin sa liberté ? Méléagant l'avait-il conduit dans un cul-de-sac.

– Bonjour, Altesse.

Arthur se retourna brusquement vers l'entrée du sentier, pour faire face à un homme encapuchonné dans un manteau blanc. Celui-ci semblait s'être soudainement matérialisé devant lui. Il était persuadé de ne pas l'avoir entendu arriver, bien que tous ses sens de chasseur soient en éveil. Mais ce visage, ces sourcils blancs et broussailleux, ce regard doux et ce visage grave…

– Anhora !

L'homme sourit.

– Depuis notre dernière rencontre, j'avais hâte de vous revoir. J'avoue que je trépignais d'impatience de voir les changements qui allaient s'opérer en vous.

– Où voulez-vous en venir ?

– La dernière fois que je vous ai vu, vous étiez encore cet enfant gâté, qu'une éducation inadéquate avait rendu vaniteux et colérique. Hélas, vous étiez trop sous l'empire de votre père pour faire un bon pacificateur. Je peinais à retrouver les traits d'Ygerne en vous…

Cette phrase évoqua à Arthur un autre souvenir.

– Vous ! C'est vous qui avez guidé ma mère dans l'Antre de Cristal.

– En effet. Et je savais que le jour viendrait où je devrais à votre tour vous conduire auprès de la Reine des fantômes. Et vous y venez pour les mêmes raisons…

Arthur haussa un sourcil dubitatif. Lui, personne ne l'avait engrossé par magie. Du moins pour autant qu'il le sache…

– Vous aussi, poursuivit Anhora, un homme en qui vous aviez toute confiance, vous a trompé. Et vous êtes venu pour découvrir enfin toute la vérité sur ses secrets.

– Je ne suis pas venu me battre, mais pour comprendre…

– Tout comme Ygerne. Votre mère n'était pas venue pour réclamer vengeance, mais pour obtenir des réponses et être libre de choisir sa destinée.

– Et Mâab aurait ces réponses ?...

– Mâab a toutes les réponses, à condition de lui poser les bonnes questions.

Tout en parlant, le gardien des licornes s'avança vers Arthur, et du bout de son bâton de marche, lui désigna une brèche dans la paroi rocheuse, juste assez large pour le laisser passer. Le jeune homme aurait juré qu'elle ne se trouvait pas là quelques secondes auparavant.

– Si vous voulez me suivre, Arthur…

Et Anhora s'enfonça dans la brèche, suivi de près par le Roi. Ils marchèrent en silence à travers la galerie sinueuse. Jusqu'à ce que le sorcier s'arrête au beau milieu du chemin. S'écartant, il fit passer Arthur devant lui et lui désigna une grande ouverture dans le mur.

– Mâab va vous recevoir. Montrez-vous respectueux, faites preuve d'humilité, n'oubliez pas que vous parlez à une déesse. Vos grands airs de chevalier n'auront pas beaucoup d'effet sur Elle…

Et lorsqu'Arthur se retourna pour lui demander plus de précision, Anhora avait disparu. Le Roi soupira. C'était une manie chez eux. Comment voulez-vous faire confiance à des gens qui passent leur temps à apparaitre et disparaitre sans prévenir ? Prenant une grande inspiration, il pénétra dans la caverne. Elle était exactement telle qu'il l'avait vue dans le cristal noir : luminescente de cristaux purs éparpillés sur les stalagmites et les stalactites de la grotte. Un silence apaisant régnait sur l'endroit. On se serait cru à l'intérieur d'un temple.

Qui es-tu ? lança une voix grave et hautaine à travers la caverne. L'écho la renvoyait sur les parois, empêchant Arthur d'en localiser la source.

Qui es-tu ? insista la voix.

– Je suis Arthur Pendragon, roi de Camelot !

Je ne te connais pas. Qui es-tu ?

L'interrogé fut interloqué. Quelle était cette divinité qui lui assignait un gardien, le lui reprenait, le convoquait dans un endroit reculé et, une fois sur place, faisait mine de ne pas le connaître ?

– Je suis Arthur, répéta-t-il, fils d'Uther Pendragon, héritier du trône de Camelot !

Je ne te connais pas, répondit la voix.

– Je suis le souverain de Camelot ! s'énerva Arthur. Celui à qui vous avez donné Emrys ! Je suis venu demander…

Je ne te connais pas.

Arthur se sentit découragé.

Qui es-tu ? insista la voix.

Le jeune homme se rappela alors la mise en garde d'Anhora : « Faites preuve d'humilité... Vos grands airs de chevalier n'auront pas beaucoup d'effet sur Elle… »

– Je suis Arthur, répondit-il modestement. Simple mortel, fils d'une simple mortelle.

Un bruissement d'ailes lui fit lever la tête. Surgissant des ténèbres, la femme-oiseau vola jusqu'à lui et vint se percher sur une stalagmite, à quelque pas de lui. La créature était plus grande que dans son souvenir, elle paraissait remplir toute la salle et le dominait de toute sa hauteur. Son visage était aussi figé qu'un masque, sans expression. Ses yeux étaient noirs, sans iris, ni pupilles. On aurait pu croire que l'immensité du ciel se trouvait à l'intérieur. Pourtant, Arthur aurait juré qu'ils étaient braqués sur lui et cherchaient à voir au travers de son armure et de son corps.

– Pas de sphère luminescente cette fois ? dit-il pour tenter de retrouver une contenance.

J'évite de changer trop souvent d'apparence, répondit la voix de la créature, alors que ses lèvres n'avaient même pas bougé. J'ai remarqué que cela avait tendance à déstabiliser les mortels. Et puisque tu m'as vue sous cette forme, autant s'y tenir.

– C'est donc vous Mâab…

C'est l'un des nombreux noms qu'on me donne.

– Oui… On vous surnomme aussi la Reine des fantômes, la Mère de la Magie…

Tout cela c'est uniquement pour Albion. Mais j'en ai bien d'autres hors de ces frontières : Isis, Ishtar, Hécate… Mais nous ne sommes pas ici pour parler de moi.

– Non, souffla Arthur. En effet… Vous avez… quelque chose… qui m'appartient, je crois.

Qui t'appartient ? Vraiment ? Voilà une affirmation bien présomptueuse de la part d'un homme qui, il y a quelques jours encore, ignorait tout de la nature de ce « quelque chose ».

– Je veux dire… C'est pour moi que vous l'avez créé, non ?

Rectification : j'ai forgé Emrys afin qu'il puisse servir de source à ton protecteur. Mais s'il doit avoir un propriétaire, ce ne peut-être que Merlin lui-même…

Arthur n'était pas certain de saisir la subtilité du propos. D'ailleurs, pourquoi Mâab faisait-elle la distinction entre Emrys et Merlin, lorsque ses disciples usaient sans retenue du nom du premier pour désigner les deux.

Emrys était l'entité magique tirée de ma propre essence, un diamant brut qui, pour être serviable devait être façonné par l'âme d'un humain. Mais aujourd'hui, Emrys et son porteur ne font plus qu'une seule et même âme. Une âme qui fut prête à s'autodétruire pour te sauver Arthur.

– Je sais…

Et cette pensée fit gonfler le cœur d'Arthur.

– J'ai une question… En vérité j'en ai plusieurs. Mais je voudrais commencer par celle-ci.

Je t'écoute.

– Pourquoi Merlin ? Pourquoi avoir choisi le fils d'une paysanne lorsque vous auriez pu désigner l'élu parmi vos disciples ? Etait-ce parce qu'il était le fils de Balinor ?

Non. Balinor n'était… qu'une option. Lui ou un autre, ce n'était pas cela le plus important. Ma seule priorité était que Hunith soit la mère de l'Enfant.

– Pourquoi ?

Tu dois en avoir une vague idée. Parce qu'au-delà de son modeste état, Hunith est une femme bonne, humble et généreuse. Des qualités que je voulais que Merlin acquière au cours de sa croissance. Des vertus qui le rendraient digne d'être le précepteur d'un roi. En cela, je n'ai pas trop mal réussi.

– Vous semblez sûre de vous…

Il suffit de voir, Arthur. Fais donc un effort. Souviens-toi. Observe le chemin parcouru entre le moment où Merlin est entré dans ta vie et aujourd'hui. Du jeune prince arrogant et vaniteux, tu t'es rapproché en six ans du roi fort et sage auquel aspirent les légendes. Tu es bien plus proche aujourd'hui de ce modèle de souverain auquel tu aspirais, que tu ne le fus jamais en vingt années passé sous l'égide d'Uther.

Arthur se contraignit à regarder en arrière et à jeter un regard neuf sur le jeune homme, à peine sorti de l'adolescence, qu'il était à cette époque et de le comparer à l'homme et au souverain qu'il s'efforçait de devenir. Force était de constater qu'un changement c'était bien opéré entre ces deux individus. Et lorsqu'il tenta d'y trouver une raison, ce fut une voix intérieure qui lui répondit : « Je vous connais. Vous êtes un valeureux guerrier un jour, vous serez un grand roi… Mais apprenez à écouter aussi bien que vous combattez… Ne vous… conduisez pas... comme un crétin, retenez simplement cela.

« C'est votre destinée d'être le plus grand Roi que Camelot n'ait jamais eu. Votre victoire aujourd'hui restera dans les mémoires, dans les siècles avenirs et jusqu'à la fin des temps. Ayez confiance en vous, c'est tout.

« Si Uther croit qu'un roi malheureux affermit un royaume, il se trompe. Car vous êtes peut-être destiné à diriger Camelot, mais vous avez le choix. Et ce choix est le suivant : de quelle manière allez-vous le diriger ? »

Ses yeux le piquèrent, ce ne fut qu'en les ouvrant qu'il réalisa qu'il pleurait.

– Est-il trop tard ? demanda-t-il à haute voix. Pouvez-vous encore le libérer ou bien l'avez-vous… absorbé ?

Arthur Pendragon ! Tes questions sont d'une naïveté insolente, qui frise la vulgarité !

– Répondez simplement !

Demande-t-on à l'arbre de reprendre son fruit ? La vache qui vient de mettre bas, peut-elle reprendre le veau qu'elle a mis au monde ? La femme qui accouche de son enfant, peut-elle le replacer dans son sein ?

– Vous ne l'avez donc pas absorbé !...

Arthur laissa échapper un soupir de soulagement en s'entendant prononcer ces mots.

– Merlin est sauf… Son âme est intacte !

Tu vois Arthur ! Les bonnes réponses viennent toutes seules, lorsqu'on se donne la peine de réfléchir un peu !...

Bien que la voix d'outre-tombe s'exprima toujours d'un ton neutre, Arthur aurait juré sentir une pointe de sarcasme dans ces dernières paroles.

– Je commence à entrevoir d'où Merlin tient sa répartie insolente, se dit-il pour lui-même.

Ce qui ne devait pas empêcher Mâab de les entendre, car la grotte résonna brièvement d'un chant d'oiseau comparable à un rire.

Elle écarta l'une de ses grandes ailes noires, dévoilant un bras long et élégant, qui aurait pu être beau s'il n'était pas terminé par les griffes d'un aigle. Entre les doigts griffus, Arthur vit une grande pierre bleue briller de mille feux. Il en aurait presque pu être aveuglé. Mais sa chaleur irradiait jusqu'à lui et semblait vouloir le réconforter. Cependant, un détail le frappa :

– Il est plus grand que lorsque vous l'avez montré à ma mère…

En effet. J'avoue que je ne m'attendais pas à ce qu'il grandisse aussi vite.

– Grandisse…

J'avais l'espoir qu'il serait assez fort, lorsque je l'enverrais à Camelot. Et je dois dire qu'il a dépassé toutes mes espérances…

– Excusez-moi… Vous dites que vous l'avez envoyé à Camelot… ?

Le but n'était pas de le laisser prendre racine à Ealdor indéfiniment. Hunith avait peur pour lui, mais l'idée de l'expédier sous le nez d'Uther ne lui serait sûrement pas venue toute seule.

– Comment vous y êtes vous prise ? Vous n'êtes pas sensée influer sur la volonté des mortels…

Un simple murmure à l'oreille durant son sommeil… Ne néglige pas le pouvoir de la suggestion, Arthur. Tout l'art de glisser une pensée dans l'esprit d'un être, en lui faisant croire qu'elle vient de lui. Voilà un autre don que j'ai transmis à Merlin. Dans une moindre proportion, cela va de soi…

Arthur reporta son attention sur la pierre bleue, que Mâab lui tendait.

Veux-tu le toucher ?

Le jeune homme redressa la tête, interloqué. Ces paroles sonnaient bizarrement dans son esprit.

Tu verras bien si tu arrives à le reconnaître.

Instinctivement, le chevalier retira le gantelet qui lui protégeait la main droite et la tendit. Mâab glissa l'âme de Merlin à l'intérieur. Arthur aurait pu sursauter, s'il n'avait pas une pleine maîtrise de lui-même, craignant de faire tomber le précieux objet. Celui-ci était chaud au creux de sa paume, et palpitant comme le cœur d'un oisillon. Le jeune roi réalisa que son propre organe battait au même rythme. Il sentait la magie de Merlin ondoyer autour de lui, le frôler comme une caresse. Il aurait juré que ce dernier cherchait à lui parler sans y parvenir. Il sentait son inquiétude – pas tant pour lui-même que pour Arthur –, son désir d'apaisement et sa bonté sans nom.

C'était une sensation impossible à décrire. Jamais Arthur n'avait ressenti une telle chose. Et il doutait même qu'un autre être humain ait pu en connaître de semblable. C'était au-delà de l'amour ou du simple réconfort. C'était cet être sans défense, reposant au creux de sa main, et voulant à tout prix le voir aller mieux. C'était lui sans être lui. Comme une part de son propre être, qui aurait pris vie à ses côtés.

– Puisque son âme est intacte, poursuivit-il à voix haute, puisque son corps n'a pas été endommagé, alors… alors vous pouvez les réunir à nouveau. Vous pouvez le rendre à la vie, à ses amis, à sa famille, à… à Camelot !

Bien sûr que je le peux ! La question est : Toi, le veux-tu vraiment ?

– Comment cela ?

Jusqu'à présent, Arthur Pendragon, tu t'es contenté de marcher aveuglement dans les pas de ton père ignorant tes états d'âmes et devant composer avec tes propres principes. Si je te rends Merlin, je remets également son sort entre tes mains. Quoique tu décides de faire de lui, ce sera ta première décision pleine et entière en tant que souverain absolu de Camelot. De la décision que tu prendras – et cela quelle qu'elle soit – découleront toutes celles que tu prendras ensuite.

– « Ma décision », « quelle qu'elle soit » ! Vous redoutez que je ne vienne vous demander sa vie que pour l'éliminer ?

J'attire seulement ton attention sur un fait important, Arthur ! Il ne peut y avoir une règle pour Merlin et une autre pour ceux de sa race. Tout le Royaume connaît désormais la nature et l'identité véritable d'Emrys. Si tu choisis de l'épargner, tu foules au pied tout ce qu'Uther t'a inculqué sur la Magie. Si tu décides de l'exécuter, alors tu envoies un message fort à tes ennemis comme tes alliés : à savoir, que nul ne peut espérer ta clémence s'il pratique la Magie ! Pas même le plus dévoué et le plus fidèle de tes amis…

Quelque chose trembla dans le cœur d'Arthur, comme une chape de plomb posée depuis des années sur son âme, qui se serait brusquement mise à bouger.

– Ou je renie mon père, ou je renie mon meilleur ami.

Le Roi sentit à cet instant une larme glisser sur sa joue.

– C'est en somme le choix que vous me proposez !

Je peux aussi garder l'âme et le corps de Merlin séparés l'un de l'autre, jusqu'à ce que tu aies pris une décision. C'est à toi de me dire Arthur : le veux-tu vraiment ?

Aussi étrange que cela puisse paraître, il ne fallut au roi de Camelot pas plus d'une seconde pour se décider.

– Réunissez les !


– Merlin !

La voix déchirante de Gaius fit résonner les murs du laboratoire. Gwen et Gauvain se précipitèrent auprès du vieux médecin.

– Gaius, que se passe-t-il ?

– Le corps de Merlin… Il a disparu.


Va, Arthur. Il t'attend.


Pas tapez !

La suite arrive bientôt, pro-mi.

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