Bonjour à tous, j'espère que vous allez bien et que le soleil brille chez vous malgré le froid !

Désolé d'avoir encore mis si longtemps à poster, vous savez, café, ordinateur, grosse, grosse merde, tout ça. Et puis, y'a des moments j'ai très envie de traduire, et d'autre, j'ai très envie d'écrire et en ce moment, c'est plutôt la deuxième, et puis quand c'est la première, j'avoue que Merlin prend un peu le pas sur Harry Potter, donc voilà.

Mais je vais essayer un truc : rendez-vous dans un mois tout pile pour le prochain chapitre, d'accord ? Et en fonction de comment j'ai avancé d'ici là, on verra pour le suivant.

Sinon, Claire, amesis, nanira, TheBeatlesHP, Ag4400, Myriam, dada, Mlle Millie, Lady Rirly, dodie, Orlane Sayan, malilite, jyskutt, freeCandy, Rosa020, Abelforth Dumbledore, LauraNyra, Tama, plein de mercis à tous pour les reviews ! Vous êtes adorables comme à chaque fois et vous me réconciliez avec cette fic chaque fois qu'elle commence à m'agacer. plus jamais de fic à la première personne au passé simple, croyez-moi. Je ne compte plus le nombre de verbe en -a et -ais, j'ai dû corriger...

Quoi qu'il en soit,

Bonne Lecture !


Rappel, dans le dernier chapitre : James et Lily vont voir Star wars au ciné, ils rentrent Lily l'embrasse... et on ne sait pas ce qu'il se passe après.

Boyfriend

Pas de sexe, mec. Après, faut les embrasser et tout d'un coup, tu dois commencer à leur parler – Steve Martin

Chapitre 10 - Interruptions indésirables

« Oh, » haletai-je encore.

James souriait d'une oreille à l'autre, une expression si diabolique au visage que je sentis mes genoux trembler et mon cœur s'emballer dans ma poitrine.

« C'est tout ce que tu as à dire ? » me demanda-t-il crapuleusement d'une voix enrouée par nos baisers.

N'ayant aucune confiance en ma voix, je me contentai d'acquiescer. Quand mon visage était-il devenu si rouge ? Merlin, j'avais besoin de respirer. Bon, inspirer, expirer. Tu peux le faire, Lily.

« Voyons si je peux te faire dire quelque chose d'autre, » déclara-t-il d'une voix profonde en frôlant la base de mon cou avec ses lèvres. Il s'arrêta pour y suçoter un point sensible et je tremblai. Il rigola doucement et mes yeux papillonnèrent en se fermant alors que je sentais son corps vibrer contre le mien.

« De préférence mon nom, » continua-t-il en parcourant mon cou de ses lèvres avant de suivre la ligne de ma mâchoire et de venir taquiner ma bouche. Il attrapa ma lèvre inférieure entre les siennes et se mit à la sucer doucement.

Je sentis mes yeux commencer à rouler vers l'arrière.

« James, » soufflai-je.

« Hmm ? Qu'est-ce que tu marmonnes ? » me tortura-t-il.

Embarrassée par le volume de mes gémissements, j'arrachai mes lèvres des siennes.

« James, » répétai-je avec plus d'assurance.

Ses lèvres repartirent à l'attaque de mon cou et sa bouche dévora chaque parcelle de peau qu'elle put y trouver. Ça laisserait sans doute une marque.

« James, » essayai-je encore de dire, mais aucun son ne sortit.

Avec un rire guttural, il se dirigea vers mon oreille. Mon souffle se coupa complètement quand il donna un petit coup de dent sur mon lobe puis utilisa sa langue pour –

Mon corps sursauta et s'assit. J'enfonçai la tête dans mes mains et frottai mes yeux pour en effacer les dernières traces de sommeil. Je jetai un coup d'œil à mes habituelles couvertures jaunes et fronçai les sourcils. Mon visage était chaud et je savais que ce n'était pas à cause de la température de ma chambre. Je fermai mélancoliquement les yeux dans l'espoir de recréer les derniers moments de mon rêve. Il était tellement mieux que la réalité...

« Oh. »

James ouvrit la bouche pour dire quelque chose, mais la lumière du porche s'alluma. Je regardai la lampe et clignai des yeux de confusion. James semblait paralysé de stupéfaction également. La porte d'entrée s'ouvrit, révélant le visage anxieux de ma mère.

« Oh ! » s'exclama-t-elle avec soulagement. « Ce n'est que vous deux. J'ai entendu un bruit et j'ai cru que c'était un voleur ou quelque chose du genre. »

Je fixai ma mère et acquiesçai bêtement. Des voleurs ? Nous vivions dans un quartier résidentiel moldu. Le dernier crime reporté était le vol du chat d'un enfant trois ans plus tôt – il s'était avéré que ses parents l'avaient écrasé avec leur voiture.

« Pourquoi ne rentrez-vous pas à l'intérieur ? Il est affreusement tard. Où est ta sœur ? »

Je rentrai dans la maison.

« Tuney est encore avec Vernon, » répliquai-je d'une voix faible.

« Elle n'est pas revenue avec toi ? »

Je secouai la tête.

Elle soupira. « Ah, bien. C'est l'heure de vous mettre au lit tous les deux, » décida-t-elle en nous précipitant dans les escaliers.

Arrivée devant ma porte, elle se tourna vers James.

« James, chéri, je me demandais si je pouvais fouiller la chambre d'ami avant que tu ailles au lit. Je pense que j'y ai laissé une boîte avec des affaires scolaires dont j'ai besoin pour la rentrée. »

« Bien sûr, madame Evans. »

« Je pense que je vais les trier en attendant Pétunia. Peut-être avec une tasse de thé... » murmura-t-elle pour elle-même. « Allez Lily, au lit. »

J'acquiesçai et ouvrit la porte de ma chambre.

« Bonne nuit, maman. »

Mes doigts hésitèrent sur la poignée. Je lançai un regard par-dessus mon épaule, vers James. J'essayai de lui dire par le biais de mon regard que ce n'était pas ainsi que je voulais que la nuit finisse, que je voulais lui parler, que je souhaitais que ma mère n'ait pas choisi cette nuit d'entre toutes les nuits pour rôder dans l'allée. J'avais besoin qu'il comprenne que l'absence de notre discussion de minuit n'était pas de mon fait mais de celui de ma mère. Je voulais comprendre ce qui venait juste d'arriver entre nous. Cela signifiait-il ce que je croyais que ça signifiait ?

J'essayai de condenser cette pléthore d'émotions dans un coup d'œil, mais il continua à me fixer avec la même expression énigmatique qu'avant.

« Bonne nuit, James, » chuchotai-je doucement.

Argh, je n'arrivais toujours pas à croire que nous avions été interrompus par ma mère. N'aurait-elle pas pu sentir que j'étais au milieu du moment potentiellement le plus important de ma relation avec James ? Ou peut-être l'avait-elle senti et était intervenue avant que la vertu de l'un de nous ne soit en péril. Que nos vertus soient damnées ! J'avais finalement embrassé James pour de vrai, pour la première fois et je voulais recommencer !

Oh Merlin. Je voulais recommencer.

C'était une pensée étrange.

Quoique je l'appréciais assez, à vrai dire.

Et c'était encore plus étrange.

Impatiemment, je me ruai dans la salle de bain, brossai vigoureusement mes dents, domptai mes cheveux broussailleux à l'aide d'une brosse, rafraichis mon visage avec de l'eau froide et dévalai les escaliers vers la cuisine.

« Wow, Lily, je pense que tu viens d'exploser ton record, » dit ma mère en déposant la cuillère qu'elle lavait pour essuyer ses mains avec un essuie de vaisselle.

« Quoi ? » demandai-je.

« Je ne t'ai jamais vu debout aussi tôt depuis que tu as commencé ta puberté. Il n'est même pas encore 10 heures. »

Je roulai les yeux. « Ouais, 'man, ils ont prévu de donner une cérémonie en mon honneur sur Main Street, » grommelai-je d'un ton morne.

« Je m'attends au moins à un avis de tempête ou une alerte à la bombe dans notre futur proche, » commenta-t-elle en riant avant de se retourner vers la poêle sur le feu.

« Haha, vraiment marrant, maman. Tu deviens de plus en plus hilarante chaque jour. »

« Je trouve aussi, » dit-elle avec un sourire en ignorant mon sarcasme évident.

Je jetai furtivement un coup d'œil à l'horloge et observai l'aiguille des secondes avancer. « Tu as vu James ? Il est debout ? J'aimerais lui parler. »

« Pourquoi ? Il se passe quelque chose ? »

« Non, » répliquai-je un peu trop rapidement pour sembler innocente.

« Lily, » dit-elle doucement. « Tu sais que c'est toujours mieux de passer directement aux aveux. Tu mens affreusement mal. Ton visage finit toujours par te trahir. »

« Je suis une très bonne menteuse ! » me bornais-je à répondre.

« Qu'est-il arrivé à mon pull préféré le mois dernier ? »

Je sentis mon visage devenir rouge. « Hum... Pétunia a joué avec des allumettes sans surveillance ? »

Okay, j'y ai accidentellement mis le feu en essayant un nouvel enchantement.

Ma mère renifla. « J'en suis sûre. »

« Quelqu'un doit apprendre à cette adolescente les dangers de jouer avec le feu, » m'obstinais-je.

« Tu es si prévenante, ma fille. »

Je regardai l'horloge à nouveau. J'en avais assez qu'on se moque de moi et je ne savais toujours pas où était James.

« Maman, où est-il ? »

« Relax, Lily. James est allé chercher le journal pour moi. Il sera là dans quinze secondes. Je suis sûre que tes hormones pourront patienter jusque-là. » Elle versa une louche de flocons d'avoine dans un bol et me le tendit avec un verre de jus d'orange.

« Maman, » me plaignis-je d'une voix trainante en plissant le nez au souvenir de la mortifiante conversation que nous avions eu l'autre jour.

« Lily, » m'imita-t-elle avant de retourner à son avoine.

Mes yeux s'accrochèrent de nouveau à l'horloge. Il fallut vingt-trois secondes à James pour entrer dans la cuisine, son habituel pantalon de pyjama et tee-shirt blanc sur le dos.

Mon corps s'enflamma et se relaxa simultanément à sa vue. Je voulais courir vers lui, me jeter à son cou et lui expliquer l'imbroglio d'émotions qui m'étreignait. Cependant, avec un rapide coup d'œil à ma mère, je restai sur ma chaise. Heureusement, sous le prétexte de notre fausse relation, James déposa le journal sur la table et se dirigea vers moi.

« Hey, » le saluai-je avec un sourire timide.

Il sourit, ses yeux cherchant les miens. « Hey. »

Uniquement pour duper ma mère, il se pencha et posa ses lèvres sur mon front, si légèrement que je pus à peine le sentir. Après, il s'approcha de mon oreille.

« Il faut qu'on parle, » souffla-t-il avant de s'éloigner.

Je déglutis en l'examinant avec de grands yeux. Ces mots n'étaient jamais bons. Soudain, je détestai ces mots. Plus que ça, je me mis à détester la langue française. Pourquoi était-on censé faire des phrases, d'abord ? Et pourquoi devrait-on utiliser des prépositions ou des adverbes pour se faire comprendre ? Et puis, une phrase n'est pas censée se terminer par un verbe, de toute façon !

« Oh James ! Merci seigneur, tu es là, » interrompit ma mère. « Lily n'arrête pas de te réclamer. Je crois même que c'est pour toi qu'elle s'est levée aussi tôt. »

James arracha son regard du mien pour rigoler avec ma mère.

« Je n'oserais jamais m'en attribuer le mérite. Je ne suis pas assez vaniteux pour penser que je pourrais obliger Lily à faire quelque chose qu'elle ne veut pas. »

Je reniflai dans mon jus d'orange. L'incroyable nombre de râteaux que je lui avais mis se montait à 7632, à quelques près. Non, il n'avait jamais osé essayer de s'imposer à moi ! Quelle idée présomptueuse ! Il n'avait jamais tenté de forcer ma décision ! Non... C'était juste la manière de James de tester les lois statistiques. S'il me le demandait un million de fois, il était sûr d'atteindre le lac dans 87% des cas.

Bien sûr, ce pourcentage avait drastiquement diminué maintenant que je...

Je me désintéressai de la conversation ennuyeuse de James et ma mère et me mis à me répéter en boucle mon nouveau mantra.

Il faut qu'on parle. Il faut qu'on parle. Il faut qu'on parle. Il faut qu'on parle.

Merlin, si je ne disais pas quelque chose dans les secondes suivantes, la probabilité que ma tête explose était de 100%.

« Pamplemousse ! » m'exclamai-je.

Ma mère et James interrompirent leur innocente conversation pour me regarder comme si j'avais perdu la tête. Pour leur défense, c'était probablement le cas.

« Quoi, Lily ? » me demanda ma mère.

Mon visage rougit et je sondai désespérément mon esprit à la recherche de la synapse défectueuse qui m'avait fait dire ce mot. Pouvais-je mettre ça sur le dos de Pétunia ? Non, trop de logique détournée à prévoir. Je pourrais peut-être trouver quelque chose dans le passé de ma fausse relation avec James pour l'expliquer... Non, cela impliquerait un trop gros travail d'imagination et l'intervention de sujets trop bizarres. Il devrait y avoir une potion pour ce genre de situation ! Oh, Potions !

« Mon professeur de potions adore le pamplemousse, » lui dis-je.

James me regarda bizarrement. « Pourquoi es-tu en train de penser au professeur Slughorn ? »

Je haussai les épaules et prétendis-je que c'était juste moi étant aussi normale et lunatique que d'habitude. « Tu sais... hier... le ciné... popcorn... Slughorn..., » finis-je avec une logique qui m'était toute propre. (1)

Ma mère me regarda comme si ma tête avait soudain pris la proportion d'un grain de popcorn et retourna à son nouvel enfant favori – James. N'était-ce pas cruel que ma mère aime mon faux petit copain plus que moi ? Au moins, j'avais la priorité sur Pétunia. Enfin, même un popcorn l'aurait...

Vingt minutes avaient passé et j'en étais arrivé à craindre qu'ils s'embrassent contre l'évier. Maman était déjà amoureuse de lui et James semblait prêt à tout pour rentrer dans le moule du petit ami parfait, peut-être même à se soumettre aux fantasmes de ma mère quarantenaire en chaleur... Je touchai ma baguette, incertaine des sortilèges qui pourraient m'aider si ma mère sautait sur mon copain.

Il faut qu'on parle.

Riant comme larrons en foire, ils cessèrent enfin de discuter pour qu'il puisse aller prendre sa douche et s'habiller. Je soulevai ma tête de la table sur laquelle je m'étais silencieusement frappé le front les cinq dernières fois que ma mère avait posé sa main sur le bras de James. Je me levai prestement pour le suivre dans l'escalier.

« Oh, Lily ! » me rappela ma mère.

Bordel de Shmekaleen.

Je fis demi-tour et forçai un sourire sur ma bouche. « Oui, maman ? »

« Ça me ferait très plaisir que tu fasses la vaisselle, chérie. J'ai encore beaucoup de choses à faire avant le premier jour d'école. »

« Bien sûr maman, » répondis-je en grinçant des dents.

« Merci Lily, » dit-elle en disparaissant déjà vers l'étage.

Des choses à faire. Bien sûr. Du genre flirter avec mon petit ami, pensai-je amèrement en enfonçant le plat dans l'évier avec tant de force que je me retrouvai avec du savon sur le visage et le torse. Je baissai les yeux et remarquai que l'évier était encore rempli de la vaisselle de la veille. Magnifique !

J'entendis un gloussement en haut et dirigeai accidentellement le robinet vers moi, m'aspergeant le visage d'eau froide au passage. Merlin, pourquoi mon esprit avait-t-il besoin de me montrer les images les plus inappropriées, les plus perverses, les plus je-dois-vomir-mes-tripes de James et ma mère ?

Après avoir nettoyé et séché la dernière assiette, en me passant rapidement la liste des insultes que je connaissais en tête, je me précipitai à l'étage et m'écrasai presque contre James dans le corridor.

« Te voilà Lily, » dit-il d'une voix soulagée. « Écoute, je – » Il s'arrêta et baissa les yeux sur mes vêtements mouillés. Ah, c'était bon de savoir qu'il suffisait que je me présente à lui trempée et couverte de savon pour le rendre muet. « Lily, qu'est-ce qui s'est passé ? »

Je grognai. « Petit duel entre l'évier et moi. J'ai gagné, » lui répondis-je sans enthousiasme.

« On dirait plutôt qu'un Strangulot ou un truc se cachait dans le robinet, » se moqua-t-il en se retenant de s'esclaffer face à mon apparence.

Une substance verte non identifiable glissa sur mon nez et il se mit le poing en bouche pour maitriser son rire. Je lui envoyai un regard d'avertissement.

« Ou un truc… »

« Une sirène peut-être ? »

Je lui envoyai un regard rempli de colère.

Il dut comprendre à mon œillade meurtrière que ce n'était pas le meilleur moment pour avoir une conversation à cœur ouvert sur son était de faux petit ami essayant de voler ma mère à mon père pour s'enfuir avec elle à Hawaï. Sur ça... ou le fait que je l'ai embrassé. « Peut-être que tu devrais aller prendre une douche, » proposa-t-il précautionneusement.

J'acquiesçai, mes cheveux mouillés semblant lourds et vaseux sur mes épaules. James se déplaça pour me libérer le passage vers la salle de bains.

Je retirai le tee-shirt de James avec dégoût. Cette fois, il n'échapperait pas à la lessive si je voulais pouvoir le remettre ce soir. Mieux encore, je pris ma baguette que je glissais toujours dans mes sous-vêtements – contre ma hanche, bien sûr – et lançai un Récurvite sur le vêtement. Ensuite, je sautai dans la douche et me débarrassai de toutes les traces de mon combat avec la vaisselle que James semblait trouver si hilarantes qu'il était incapable de continuer une conversation avec moi.

J'éteignis l'eau et m'entourai d'une serviette avant de quitter la pièce avec le tee-shirt de James à la main. J'avais parcouru moins de trois mètres dans le couloir quand James ouvrit la porte de sa chambre et en sortit.

« Oh, » dis-je de surprise en manquant de lâcher ma serviette. Ç'aurait été... intéressant. J'essayai d'imaginer la réaction de James si cette situation se présentait. Mieux encore, si James était celui en serviette. Grrr, pourquoi l'anévrisme évident qui dérangeait mon cerveau n'avait-il pas encore explosé pour me sauver de cette panade ? Je resserrai la serviette autour de mon corps.

« Lily, » souffla James. J'entendis un grognement remonter de l'arrière de sa gorge. Ce qui n'aida pas vraiment mon esprit pervers à maintenir ma poigne sur la serviette. « Merlin, Lily, » soupira James en s'approchant. Il leva la main pour toucher mon épaule nue.

« James. »

Ses doigts s'abaissèrent soudainement à l'entente de son nom, comme s'il venait juste de réaliser ce qu'il s'apprêtait à faire. Il prit une grande respiration et se força à me regarder dans les yeux. « Je ne crois pas que ce soit le moment pour parler. »

Je le regardai, puis ma tenue, et mon visage devint rouge tomate. « Je vais me sécher pour ne pas être si mouillée – à cause de ma douche – je veux dire, m'habiller – pour ne plus être nue – euh, je vais juste aller dans ma chambre maintenant, » bredouillai-je.

James prit un pas de recul pour me laisser m'engouffrer dans ma chambre. Je refermai la porte derrière moi et posai ma tête sur celle-ci pour regagner mon calme. Je sentis une pression derrière moi et supposai-je que James s'était lui aussi appuyé contre la porte, de l'autre côté du battant.

Il faut qu'on parle.

Toute cette tension allait finir par me faire exploser. Morte de gêne, quelle manière de partir ! Je me demandai si Tuney pleurerait à mon enterrement...

Sur cette pensée morbide, j'enfilai un short rouge et un top noir. Je séchai mes cheveux à l'aide de ma baguette et me maquillai rapidement pour foncer mes cils en souhaitant une fois de plus avoir hérité d'une couleur de cheveux normale qui m'aurait donné des cils d'une couleur normale.

Je jetai un coup d'œil furtif dans le couloir avant de sortir, incertaine de ce que je ferais si James s'y trouvait encore. J'étais entièrement sèche et habillée maintenant, et espérons-le (quoique...) lui aussi. Vraiment, rien ne devrait nous retenir de descendre ensemble et de discuter calmement de ce baiser comme des êtres humains normaux, matures et raisonnables.

Oh Merlin, ce baiser.

Il avait été meilleur que n'importe lequel de ceux échangés pendant nos séances câlines aux quatre coins de la maison. Bien sûr, le fait que cette performance n'ait pas été réalisée devant un membre de ma famille était un grand plus, mais c'était également dû au fait que ce baiser n'était pas nécessaire. Au contraire de nos baisers précédents, il n'y avait aucune obligation dans celui-ci. Personne ne nous observait. C'était juste nous. Je l'avais fait parce que je l'avais voulu. Seulement, maintenant je n'étais plus sûre que c'était ce qu'il voulait également.

Il faut qu'on parle.

Si James était là, je pourrais juste retourner dans ma chambre et trouver quelque chose à faire à l'intérieur. Je parie que je pourrais organiser mes chaussettes par couleur. Toutes mes chaussettes si mignonnes devaient probablement se sentir désespérément seules depuis que je les avais abandonnées pour l'été, leur préférant pieds nus et sandales. Les chaussettes étaient affreusement jalouses, pour des vêtements.

Heureusement, James n'était nulle part en vue donc je n'eus pas besoin d'aller me cacher dans ma chambre – si ce n'était pour dissimuler mon comportement bizarre. Il fallait que je lui parle. Puis, même si ça se passait terriblement mal et que ma mère voulait que je me mette à l'appeler "papa Jim", je pourrais arrêter de paniquer à cause de tout le stress que cette future conversation me provoquait !

Je descendis et trouvai James en train de boire le lait directement à la brique dans la cuisine. Je roulai les yeux. Les garçons étaient dégoutants – hormonalement irrésistibles, oui, mais dégoûtants.

« Qu'est-ce que tu fais ? » demandai-je d'un ton scandalisé.

James redéposa la brique de lait d'un air embarrassé et se passa la main dans les cheveux. Passant en mode professeur McGonagall, je mis mes mains sur mes hanches pour prendre une pose autoritaire.

« Et bien ? » insistai-je en tentant d'empêcher que tout tourne à la blague.

James me sourit piteusement, comme un première année venant juste de mettre le feu au chaudron de son voisin, comme Sirius l'avait fait avec Hestia six ans plus tôt. James et Sirius avaient probablement pratiqué leur regard de pauvre petit chien battu dans le miroir ensemble.

« Il n'en restait qu'un fond, » expliqua-t-il d'une voix coupable.

M'amusant comme une folle, je me mis à sourire.

« Bien sûr, James. Tu sais, après que tu sois parti pour de bon, je pense que je vais aller dire à ma mère toutes les choses horribles que tu faisais quand elle n'était pas là. Ça l'aidera probablement à faire le deuil, » ajoutai-je en roulant exagérément des yeux.

« À propos de ça, » dit doucement James, « Lily, je pense – »

« Maman ! »

Je me retournai avec frustration. Je m'étais presque mentalement préparée à ce que James réduise un morceau la dernière parcelle d'esprit sain qu'il me restait. Mon peu d'amour-propre ne résisterait pas à une interruption de plus.

« MAMAN ! » appela encore la voix, plus fort.

Je plissai les yeux en reconnaissant le son : Pétunia. Bien sûr que c'était elle. Elle ruinait tout, tout le temps. C'était une grosse, énorme – d'accord, une fine et squelettique blonde aux cheveux parfaits – ruineuse de moments.

Je grognai. « Maman n'est pas là, Pétunia ! » lui criai-je.

Quelques claquements de talons plus tard, elle était dans la cuisine, avec nous. « Où est-elle partie ? »

« Bonjour à toi aussi, Tuney, » lui rappelai-je poliment avec un sourire forcé.

Tuney soupira. « Bonjour, sœur anormale, » concéda-t-elle.

Je croisai les bras sous la poitrine et pianotai des doigts impatiemment en attendant. « Tu n'oublies pas quelqu'un ? » roucoulai-je.

« Bonjour, petit ami tout aussi anormal de mon anormale de sœur. »

J'échangeai un sourire avec James. « Salut, Pétunia, » répliqua-t-il.

Elle l'ignora et se retourna vers moi. « Où est maman ? »

« Elle est allée à l'école pour préparer la rentrée, » lui dis-je. « Elle devrait rentrer vers trois, quatre heures, comme d'habitude. »

Pétunia lança un regard à l'horloge. Il était midi et demi. Elle grogna.

« Pourquoi dois-tu absolument parler à maman de toute façon ? » lui demandai-je curieusement.

Pétunia grimaça tout en pinçant les lèvres. « Rien qui te regarde. »

Je grinçai des dents alors que James souriait d'un air bon enfant. « Eh bien, je n'ai jamais eu de sœur avant, mais j'ai trois frères et tout ce qui les regarde me regarde. Garder un secret nécessite un serment inviolable ! » ajouta-t-il avec un rire, mais il se calma immédiatement en voyant le regard vide de Pétunia.

« Désolé, » murmura-t-il. « Humour de sorciers. »

« Ah, super, » marmonna Pétunia. Puis elle plissa ses yeux perçants vers lui. « Tu n'avais pas dit être enfant unique ? »

« Ben, on n'est pas liés par le sang, mais je les considère comme des membres de ma famille. »

Je souris à James d'un air moqueur. « Après que ses parents l'aient eu, ils n'avaient plus besoin d'avoir un autre enfant. Il était juste trop parfait, » l'ennuyai-je.

James me fit un clin d'œil.

« J'aimerais que plus de parents sachent s'arrêter après le meilleur, » marmonna amèrement Pétunia.

« Les nôtres savaient certainement ce qu'ils faisaient alors, pas vrai, Tuney ? » répondis-je d'une voix mielleuse.

Pétunia me fusilla du regard. « Puisque je suis déjà ici et qu'il faut que je parle à maman, je vais manger un bout. »

« Quel genre de salade ce midi ? » questionnai-je d'un ton acerbe.

Le repas fut difficile, au mieux. Avec James, j'essayai de sauver les apparences devant Pétunia, mais chaque regard en coin, chaque mot tendre, chaque contact innocent commençait à me peser. Il fallait que je fasse quelque chose à propos de ce baiser ! Combien de temps encore pouvais-je l'ignorer ? Je ne faisais que me repasser les évènements de la veille dans la tête, encore et encore. Merlin, maintenant, j'étais vraiment frustrée.

« Tu dois être si excitée quand Lily rentre pour les vacances, » dit James à Pétunia.

Elle termina la bouchée de sa salade César, non assaisonnée – je le savais ! – et lui répondit. « Ça demande un ajustement. »

« Mais sûrement un bon, » répondit James avec optimiste. « Je veux dire, les vacances, c'est fantastique et tout pendant quelques semaines, mais je pense qu'elles deviennent vite ennuyantes après un moment. T'as pas de boulot, pas d'entrainement, pas de devoirs pour te garder occupé, et tous tes amis sont éparpillés à travers le pays. Au moins, tu as Lily pour te tenir compagnie. »

Bien que Pétunia soit aussi plaisante qu'un examen de la prostate, je devais concéder que sa présence dans ma vie faisait passer mes vacances plus vite. Chaque jour, je découvrais de nouvelles façons de l'ennuyer. Et puis, je pouvais passer au moins trois heures à me plaindre d'elle à mes parents avant de tomber à court d'arguments. Je le savais parce que mon père avait chronométré une fois. On parlait souvent d'essayer de battre ce record.

Mais James n'avait personne. Je voulais dire, oui, il avait ses amis, mais ils avaient leur propre famille et leur propre vie pendant l'été. Et puis, ce n'était pas comme si James pouvait juste trainer avec ses parents. Ils étaient tout le temps partis, à rendre le monde meilleur pour les enfants d'autres familles. Et je pensais que mes étés étaient ennuyeux avec personne à qui parler…

« Tu peux la prendre, » grommela Pétunia.

Un sourire en coin apparut sur le visage de James et je jurerais avoir vu le visage de pierre de Pétunia se fissurer. Ce sourire pourrait faire perdre la tête à n'importe qui.

« Merci, » dit gracieusement James en me lançant un clin d'œil.

Je roulai les yeux. Génial, je venais d'être échangée contre un peu de tranquillité. C'était charmant de savoir que mon existence équivalait à un paquet de boules quies à 0,99₤.

« Mais je n'oserais pas te l'enlever. Elle est bien trop insupportable pour moi tout seul. »

Je voulus le frapper sur le torse, mais je me repris à temps. À la place, je lui tirai la langue.

« On n'a qu'à la partager, » décida brillamment James en passant bras derrière le dossier de ma chaise.

Je résistai au besoin de fondre en une flaque d'Essence de Lily, une nouvelle potion que je venais d'inventer. Apparemment, tout ce qui était nécessaire trois de mes cheveux, ajoutez-y le sourire en coin de James et voilà ! J'espérai juste que Pétunia ne me marche pas dessus avec les talons pointus de ses sandales.

À peu près une heure plus tard, Pétunia sembla décider qu'elle avait épuisé son stock d'insultes pour la journée, elle prit ses clés et se dirigea vers la porte. Apparemment, elle ne semblait pas se soucier que maman lui ait donné l'autorisation ou pas. Vernon l'attendait. Oh, quelle horreur !

J'étais plus qu'heureuse de lui montrer le chemin. James et moi pourrions finalement parler. Malheureusement, alors que je la poussais quasiment dehors, la porte s'ouvrit.

« Papa, qu'est-ce que tu fais là ? » m'exclamai-je en le voyant mallette à la main en train de gravir les marches qui donnaient sur la porte arrière de la maison, celle qui était la plus proche de l'allée.

Il s'esclaffa. « Je suis heureux de te voir aussi, Lily, » me salua-t-il.

« Oh, pardon papa ! Bonjour ! » me corrigeai-je en m'avançant pour le serrer dans mes bras.

Il rigola, me frotta le dos et m'embrassa le sommet de la tête. « Salut bébé. »

« Je pars, » annonça soudainement Pétunia.

« Et on peut savoir où tu vas ? » questionna papa.

« Chez Vernon. »

« Il y aura des garçons ? » interrogea-t-il de sa voix la plus imposante dont l'effet était ruiné par son début de rire.

Pétunia roula les yeux. « Vous vous ressemblez tellement, » marmonna-t-elle en secouant la main dans notre direction. « À plus ! »

Elle partit et mon père se tourna vers moi d'un air perplexe. « C'était supposé être insultant ? »

Je haussai les épaules.

« Eh bien, si ça l'était, » médita-t-il avec un ricanement, « ce n'était pas très efficace. »

Souriant, je me déplaçai sur le côté pour qu'il puisse rentrer et je le suivis dans la cuisine où James était toujours assis à table. Quand il nous vit, il se leva de sa chaise.

« Bonjour, Monsieur Evans ! » le salua-t-il joyeusement.

« Bonjour James, » répondit mon père en déposant sa mallette sur la table avant de s'asseoir. « Wouah, je souhaiterais vraiment pouvoir faire un peu de magie là tout de suite et faire apparaitre un verre d'eau devant moi. »

Je secouai la tête et me levai pour lui servir un verre. « Et voilà, papa, » dis-je en le lui tendant.

« Criquet ! » cria-t-il en regardant le verre dans ses mains. « Vise un peu ça, je peux faire de la magie ! »

On rigola tous les deux.

« Merci Lily, » me dit-il en me serrant brièvement contre lui.

Je regardai les places vides. Je pouvais soit m'asseoir à côté de mon père, soit à côté de James. Je décidai de prendre place entre les deux.

« Maintenant, papa, ne le prends pas mal parce que je suis super contente que tu sois là, mais pourquoi es-tu rentré si tôt ? »

Si tôt que tu as réduit à néant mes espoirs de parler à James de notre premier vrai baiser sous le proche hier soir ? Un baiser si bon que j'ai senti mes genoux commencer à trembler ? Un baiser qui faisait pâlir n'importe lequel de mes rêves de gamine ? Vraiment, papa, tu n'aurais pas pu rester dehors juste cinq minutes de plus ?

« Eh bien, » répondit-il d'un air fatigué après avoir bu une gorgée d'eau. « On a quelques problèmes au bureau. La compta a accidentellement oublié d'ajouter quelques zéros et maintenant, on a pas mal de choses à réparer. Foutus comptables, je ne les ai jamais aimés, » marmonna-t-il âprement.

« Mais ça n'aurait pas eu plus de sens de rester là-bas, alors ? » demanda curieusement James.

« Non, je suis complètement nul avec les chiffres. Quoiqu'à ce rythme, je serai bientôt meilleur que ces imbéciles qui travaillent pour nous. Enfin, jusqu'à ce qu'ils aient tout réglé, il n'y a rien que je puisse faire. On a dû arrêter toute la production et les nouveaux projets pour la journée. »

« Désolé, papa, » dis-je en lui tapotant le bras.

Il posa sa main sur la mienne. « Ça nous montre simplement qu'il ne faut jamais rien prendre pour acquis. Je n'arrive pas à croire qu'ils ne se soient rendu compte de rien avant. Enfin, j'ai pu rentrer plus tôt, » ajouta-t-il avec un sourire.

James et moi rigolâmes légèrement.

« Bon, maintenant que Pétunia est partie, où est l'autre adorable dame de cette maison ? »

« Maman est encore à l'école à tout préparer, » lui répondis-je.

« Ah, me voilà bien ! » dit-il. « J'arrive enfin à rentrer plus tôt et personne n'est à la maison ? »

« Excuse-moi ! » m'écriai-je.

James ricana. « M Evans, je ne pense pas que c'était très intelligent de dire ça. »

« Tu as raison, James. Un petit conseil pour ton futur, ne taquine jamais Lily. Elle en fait toujours tout un drame. »

« C'est un euphémisme, » ajouta James en échangeant un sourire complice avec mon père.

Je croisai les bras sous ma poitrine et m'enfonçai dans mon siège. Bande d'enfoirés. Il pouvait toujours espérer que l'embrasse à nouveau ! Pas, vous savez, que j'avais l'intention de le faire… Oh, bon sang ! J'en avais l'intention depuis que j'avais repris mon souffle hier soir.

Papa se leva et attrapa le téléphone. « Alors les enfants, vous voulez commander quelque chose à manger ? »

Je jetai un coup d'œil à l'horloge. « Papa, il n'est que trois heures et demie ! » lui dis-je.

« Je sais, » répondit-il en souriant toujours.

« C'est trop tôt pour souper, » lui appris-je.

Il joua avec le téléphone. « Mais j'ai toujours faim quand je rentre du boulot. Mon corps ne sait pas que ce n'est pas la bonne heure. Il a besoin de nourriture. »

« Papa. »

« Lily, » contra-t-il.

Je me mordis la lèvre d'incertitude.

« On en gardera pour ta mère. »

« Je sais pas… » dis-je.

« Allez, Lily, tu sais que tu en as envie, » me poussa James d'un ton espiègle en se léchant les lèvres.

Mes yeux suivirent le mouvement et je fus subjuguée. « D'accord, » soufflai-je finalement.

Mon père et James jubilèrent et se firent un tape-m'en-cinq viril. Je roulai les yeux. Ce n'était vraiment que des gamins. Tout de même, c'était sympa de voir mon père et faux petit copain créer des liens.

Attablés dans la cuisine, on jeta un coup d'œil au menu d'un restaurant pour choisir les meilleurs plats. James, ne connaissant que la nourriture sorcière, posa des tas et des tas de questions à sur l'inhabituelle nourriture moldue. Rien que de penser à tout le cholestérol et aux graisses insaturées, mon estomac grogna de faim – même s'il n'était que trois heures de l'après-midi.

James et mon père décidèrent d'aller chercher la nourriture. Mon boulot en tant que femme – sales machos – fut de mettre la table et de tenir le fort au cas où ma mère arriverait.

Je mis la table rapidement. Une fois seule, je parvins à penser avec suffisamment de raison pour mettre de l'ordre dans mes priorités. Le plus vite nous mangions, le plus vite on pouvait débarrasser. Après, ce ne serait qu'une question de temps avant que James et moi puissions nous éclipser et finalement discuter, ce qui, espérons-le, inclurait beaucoup et beaucoup de câlins.

Merlin, que m'arrivait-il ?

J'allai à la salle de bain pour m'asperger le visage. C'était toujours efficace contre ma frousse. L'eau était relaxante. Assez vite, j'entendis le son d'une porte qu'on ouvre et je me précipitai en bas pour aider les hommes de ma vie avec la nourriture.

Mon père sortit les entrées de leurs boites avec enthousiasme. Tout en riant de le voir excité comme un môme simplement à cause d'un repas, j'attrapai mon assiette et me servit un assortiment de nourriture à manger – poulet, pâtes aux crevettes, salade, purée et un peu de pain à l'ail. J'eus presque une pointe de côté en observant James et mon père choisir leur nourriture. C'était comme si chaque cuillérée était aussi importante qu'une décision du Magenmagot.

Je finis mon repas, qui était excellent, en peu de temps, mais mon père et James étaient encore en plein milieu. J'appréciai de les voir se rapprocher. C'était une bonne chose à voir après toute la phase "alors c'est toi le mec qui va dévirginiser ma fille". Maintenant, James était plus comme un fils. Je soupirai. Il faudrait qu'il écrive à mon père après la rupture pour le laisser tomber en douceur – ma mère aussi.

« Et j'étais là, sans carte ni pagaie ni rien pour me garder à flot et les rapides arrivaient, » dit théâtralement mon père en riant.

« Qu'avez-vous fait ? » questionna impatiemment James.

« J'ai sauté et nagé ! » s'exclama papa. « Et mes amis ont dû se précipiter hors de leurs canoés pour venir me chercher avant que je me fasse assommer par une vague. »

« Comment savaient-ils faire ça ? »

« Ils ne savaient pas ! On a fini par tomber dans une de ces chutes d'eau miniature. Je ne crois pas avoir jamais crié aussi fort de toute ma vie. Et quand tout a été fini, on s'est précipité à l'hôtel et on a appelé nos mères. »

Ils éclatèrent de rire et je souris admirativement face aux idiotes petites histoires d'université de mon père.

« C'est fantastique ! » glapit James. « Oh, si vous voulez entendre des histoires sur mes amis, M Evans, j'en ai des tonnes. Comme cette fois où mon meilleur ami Sirius et moi, on a accidentellement mis le feu à ce gars, Rusard – il travaille à Poudlard – et, enfin, on a mis le feu à son chat et – »

Il marqua une pause en entendant la porte grincer. On se regarda tous d'un air paniqué.

« Vite ! » murmura mon père. « Cachez les preuves ! » Il attrapa une boite et commença rapidement à manger ce qu'il y avait à l'intérieur avant d'aller jeter l'emballage.

« Lily, oui, bonne idée ! »

« Okay James, oui, mets ça là ! »

« Non ! Papa, on n'a pas le temps ! »

« Il va falloir le sacrifier ! »

« Non ! Non, pas le pain à l'ail ! »

James et moi suivîmes le mouvement aussi vite que possible. On était tous regroupés autour de la table à frénétiquement cacher les plats quand maman entra dans la cuisine.

Je redéposai le petit container de salade que je tenais et avalai le morceau de poulet qui était coincé dans ma gorge.

« On peut savoir ce que vous faites tous les trois ? » demanda dangereusement maman.

Mon père fit un effort pour avaler ce qu'il avait en bouche, mais il se mit à tousser. James le frappa dans le dos et il s'étouffa un peu avant d'ouvrir la bouche pour parler. « Hé, chérie. Comment s'est passée ta journée ? »

Ma mère jeta son sac sur la chaise. « Pas de 'chérie' avec moi, Henry. Qu'est-ce que vous complotez tous les trois et pourquoi avez-vous l'air aussi coupable ? »

Papa m'envoya un regard nerveux et je répondis d'un faible sourire d'encouragement. Il prit une grande inspiration et tendit une boite à moitié vide devant lui. « Faim ? » demanda-t-il.

« Henry, » grinça ma mère avec colère.

« Chérie ? » déglutit-il en pâlissant visiblement. « C'était leur idée ! » ajouta-t-il en nous pointant James et moi du doigt.

« Papa ! » m'écriai-je. « Vas-y, jette-nous devant le train ! »

« Désolé, Lily, » marmonna-t-il. « Mais si je dois couler, je vous entraîne avec moi. »

« Pourquoi ne pas vous asseoir, Mme Evans ? » proposa James d'une voix charmeuse en tirant une chaise pour elle.

« Oh, merci James, » exhala ma mère.

Foutu salaud parfait. Il savait toujours quoi dire.

Le dîner passa d'un simple repas de trente-quarante minutes à une affaire longue de deux heures. Quand allais-je finalement pouvoir parler à James, bordel ?

Il faut qu'on parle !

Finalement, après avoir souri poliment, parlé quand nécessaire, et frénétiquement déchiré ma serviette en papier en de tous petits morceaux, le repas prit fin. Merci Merlin ! J'allais enfin pouvoir avoir James pour moi toute seule !

« James, pourquoi n'irais-tu pas regarder un peu la télévision avec M Evans ? »

« Vous êtes sûre que vous n'avez pas besoin d'aide ? » demanda James.

« Non, c'est bon. Allez-vous amuser les garçons. »

Mon père et James s'en allèrent en sautillant joyeusement. Je les suivis.

« Non, pas toi, Lily. Tu restes ici pour m'aider à nettoyer. »

Je grognai. À ce rythme, je n'arriverais jamais à me retrouver en tête à tête avec James.

À contrecœur, je débarrassai la table. Puisqu'il n'y avait pas de plat ou de poêle devant être lavé, cela ne prit que trois minutes. Maman, cependant, ne semblait pas décidée à me laisser partir.

« Oh, Lily, » s'exclama-t-elle en me tapotant le bras. « J'ai regardé de vieux cartons et j'ai trouvé certaines de tes œuvres qui s'y trouvaient par erreur. Il y avait un dessin de nous quatre devant la maison. Des fleurs nous poussaient sur la tête, » se rappela-t-elle avec un reniflement. « Tu étais une petite fille si douée. »

« Merci maman, » répondis-je en retournant son geste maladroitement. Les gens émotifs me mettaient mal à l'aise. Je ne savais quoi dire aux fontaines. Et puis, pleurer était grossier. La morve était trop dégoûtante pour que je me montre compatissante.

« Je ne peux pas croire que c'est ta dernière année d'école. Bientôt, tu t'en iras trouver un travail, tu te marieras et auras des enfants et tu me quitteras pour toujours en me laissant avec ton père, » gémit-elle.

Pas si elle ne me laissait jamais parler à James !

« Et Pétunia alors ? » demandai-je.

« Oh, elle est trop impliquée avec Vernon pour encore se soucier de nous. C'est une adulte maintenant. Juste comme toi, » pleurnicha-t-elle.

Je me mordis la lèvre. « Oh, allez maman. Je suis encore là. Tout va bien. »

« Tu te souviens du jour où tu es née ? »

Je rigolai. « Honnêtement ? C'est un peu nébuleux dans ma tête. Je pense que j'étais trop occupée à venir au monde. »

Je souris en entendant ma blague la faire légèrement pouffer.

« Je ne l'oublierai jamais, » me dit-elle. « Tu étais un si beau bébé. Je me souviens t'avoir montrée à Pétunia et comme elle était contente de devenir une grande sœur. »

« Vraiment ? » demandai-je.

« Vraiment, » répondit ma mère en riant. « Elle ne voulait pas d'un autre enfant au début. Elle s'est mise en colère et a piqué une crise quand on lui a dit la première fois. Puis, elle pleurait à chaque fois qu'on commençait à parler des préparatifs pour le bébé. »

« Ça ressemble à Pétunia, » grommelai-je.

« Mais quand elle t'a vu, toute emmitouflée dans ta petite couverture rose endormie comme un ange, je ne pense avoir jamais vu ta sœur plus heureuse. Elle m'a dit que vous deux alliez devenir les meilleures sœurs de tout le monde entier. »

Les coins de ma bouche se soulevèrent.

Ma mère continua à me raconter des histoires de quand nous étions petites jusqu'à ce que Pétunia, elle-même, ne rentre dans la maison. Je courus vers elle et serrai son corps osseux dans mes bras de toutes mes forces.

Elle me regarda avec dédain et me repoussa. « C'était quoi ça ? »

« Je ne peux pas être simplement heureuse de te voir ? » demandai-je innocemment.

Elle me regarda suspicieusement. « Euh, et bien… » dit-elle, mal à l'aise.

« Oh, les filles, » s'émerveilla ma mère.

« D'accord, » dit Pétunia d'une voix tendue. « Je vais aller dans ma chambre et je ne serai pas de retour avant que ma vraie famille ne revienne. »

Je rigolai lourdement.

Ma mère décida que nous devions aller regarder la télévision avec les garçons, car nous commencions à ressembler à de vraies loques et avions besoin de testostérone. Je la suivis dans le salon et, à la place de regarder le programme, mes yeux restèrent sur James en permanence. À tout instant maintenant, nous pourrions être seuls et enfin parler. Après ce qui ressembla à des heures de sitcoms débiles et d'agaçantes publicités, mes parents nous souhaitèrent enfin bonne nuit et montèrent se coucher. Je jetai un coup d'œil à l'horloge. Ça n'avait pris que toute la journée pour arriver à être seuls. Fichue famille.

Dès qu'ils furent hors de vue, j'attrapai James par le bras pour le forcer à sortir en direction des balançoires.

« Il faut qu'on parle, » répétai-je ses mots de ce matin.

James hocha sombrement la tête. « Oui, il faut, » agréa-t-il.

« Bon… » commençai-je avec hésitation. Maintenant que nous étions en train de parler, je n'avais pas la moindre idée de quoi dire. Oh bon sang, pourquoi le côté pratique ne m'obsédait-il jamais, lui ?

« Lily, je suis vraiment désolé pour ce qu'il s'est passé hier soir, » s'exclama James abruptement. « Ce baiser n'aurait jamais dû arriver. »

Mon visage se décomposa. Comment était-ce possible ? J'avais finalement décidé que je l'appréciais et tout d'un coup, il décidait qu'il ne ressentait plus la même chose pour moi ? Sans rire ? J'étais quoi, moi, du lait tourné ?

Oh, Merlin. Venais-je de penser que j'appréciais James Potter ? Je lui jetai un coup d'œil en sentant mon visage s'assombrir d'embarras. Il semblait si adorable et contrit alors qu'il observait, par terre, une pierre avec laquelle il était en train de jouer du pied. Je l'appréciais.

J'appréciais James Potter !

Oh, la ferme. Vous ne feriez pas mieux à ma place !

« Je savais que tu voulais qu'on soit juste amis, mais j'ai agis comme un idiot et laissé mes hormones prendre le contrôle à nouveau. On dirait bien que je n'arrive pas à me contrôler avec toi, Lily. Je n'ai pas été un très bon ami. Je suis vraiment désolé. Si tu veux, je vais faire mon sac et on peut mettre en scène une grosse dispute demain, comme ça, je ne serai plus dans tes pieds et tu pourras profiter du reste de tes vacances. »

Je me mordis la lèvre.

« Tu – tu n'es pas obligé de partir, » bafouillai-je.

« Vraiment ? » demanda-t-il en me regardant avec un sourire plein d'espoir.

« Ouais, » soufflai-je.

Il me sourit chaleureusement. « Oh, Lily, je te promets que je te le revaudrai. Je vais travailler dix fois plus à devenir un ami digne de ce nom. »

Je soupirai lourdement. « James, nous ne sommes pas amis, » lui dis-je.

Son sourire vacilla. « Quoi ? »

« James, nous n'avons jamais été amis et nous ne serons jamais amis. On a essayé, mais on aurait dû savoir que c'était un effort complètement vain. »

Ses yeux cherchèrent les miens. « Ca veut dire que… »

Sa voix flancha.

Il leva la main pour remettre mes cheveux derrière mon oreille.

« Lily, je n'en peux plus de cette fausse relation. Ça me retourne complètement la tête. Je t'ai voulu pendant si longtemps et maintenant que je suis si près de toi, je crois que mon cerveau ne veut juste plus fonctionner correctement. Si on le fait, on le fait vraiment. Plus de guerre des nerfs, ni de tactiques de vengeance lubriques. Parce que hier soir, quand tu m'as embrassé – je ne suis plus sûr de rien. »

« James, » chuchotai-je.

« Tout ce que je sais, c'est que je veux que ce soit réel, » me dit-il doucement en posant tendrement sa main sur mon visage.

Je pris une grande respiration.

Il faut qu'on parle. Il faut qu'on parle. Il faut qu'on parle.

Parler était surfait.

« Oh, tant pis ! » marmonnai-je en réduisant l'espace entre nous pour l'embrasser sur les lèvres.

James gémit contre ma bouche et j'ouvris les lèvres pour accueillir sa langue implorante. Alors que j'autorisais mes mains à s'élever en direction de ses cheveux et mes yeux à se fermer, je me rendis compte à quel point nous étions vraiment seuls. Pas de mensonge, pas de famille et pas d'interruptions. C'était juste nous, deux participants volontaires.

Lentement, il se recula et posa son front contre le mien. Je levai les yeux et remarquai le plus beau des sourires sur son visage. Cela devint instantanément mon image préférée d'entre toutes.

« Pourquoi tu souris ? » l'ennuyai-je en m'éloignant un peu.

« Tu m'as embrassé, » répondit-il d'un ton léger, son pouce caressant mon visage.

Je savais qu'il comprenait. Ce baiser était ma soumission à mes sentiments pour lui. Brusquement timide, je baissai mes yeux sur mes doigts qui se tordaient contre ma jambe. « Ouais, et bien… » répondis-je.

Il releva mon menton entre son pouce et son index. « Et pourquoi ne pas essayer d'en faire une habitude ? »

Et puis il posa ses lèvres sur les miennes et il m'embrassa.

: "hier… le ciné… popcorn… Slughorn" était à la base "L'été est le temps de limaces" avec Slug=limace, d'où Slughorn.