Chapitre 9

Cet espèce de petit con va me le payer. Je vais lui montrer que vivre avec moi pendant 1 ans n'est pas une partie de plaisir. La vie que lui mène son père et Lord Voldemort va lui paraître fade à côté de celle que je lui prépare. Il veut faire de ma vie un enfer ? Il n'a encore rien vu.

Je descendis les escaliers très vite tout en réfléchissant à ma vengeance. En arrivant en bas Hermione se jeta sur moi en parlant à une telle vitesse qu'il m'était presque impossible de comprendre le moindre mot :

- Qu'est ce qui s'est passé ? Malfoy est presque parti en courant. Et d'ailleurs pourquoi vous n'êtes pas redescendus ensemble ? Il y a un problème ? Vous habiterez quand même ensemble ?
Je lui plaquai une main sur la bouche pour qu'elle arrête de me bombarder de questions et cela marcha plutôt bien. Une fois qu'elle eut retrouvé son calme elle put poser les questions une par une et je pus enfin y répondre :

- Dumbledore n'a pas changé d'avis pour la cohabitation, mais c'est de la faute de cet enfoiré de Malfoy.
- Qu'est ce qu'il a encore fait ?
- Il m'a lancé un sortilège qui m'a empêché de parler et pour se venger de la gifle que je lui avais mise juste avant de rentrer dans le bureau, il a raconté qu'on s'entendait super bien et que c'était une telle joie d'habiter ensemble que j'étais trop émue pour parler, finis-je avec une voix de crécelle.
Hermione réfléchit un instant et déclara:

- Dumbledore n'est pas dupe, il a sûrement remarqué le manège de Malfoy, mais j'arrive pas à comprendre pourquoi il n'a rien fait.
- Qui sait? Il est peut-être ultra sadique, mais le fait est que Malfoy a cherché la guerre et il l'aura, je peux te l'assurer.

- Tu ferais mieux de faire attention avec lui. Tu t'engages dans un jeu dangereux.
- J'adore les jeux dangereux, dis-je en faisant volte-face vers la gargouille qui nous défiait du regard.
- Où est-ce que tu vas? M'interpella Hermione.
- Je dois toucher deux mots au sadique d'en haut à propos de mes fournitures et du programme que je vais devoir rattraper.
Ce fut la dernière phrase qu'entendit Hermione avant que je ne disparaisse derrière la gargouille. Je ne voulais pas qu'elle me pose plus de questions. En réalité, je me foutais pas mal de mes fournitures et du programme, je savais déjà tout ce qu'il y avait à savoir sur l'endroit où me procurer ma baguette, mes livres et même un animal, quant aux cours je verrai tout avec Malfoy. Non, ce qui m'importait était de savoir quand je pourrais revoir mes parents, qu'il soit adoptifs ou pas ils restaient ceux qui m'avaient élevé et me séparer d'eux aussi rapidement me faisait peur.
Bientôt j'arrivai devant une porte que je commençais à connaitre par cœur à force de me retrouver en face depuis hier. Devant une porte que je commençais à détester également.
A peine avais-je posé la main sur sa poignée qu'une voix grave me parvint de l'autre côté du bâtant :

- A Poudlard, comme ailleurs, on frappe avant d'entrer dans le bureau de quelqu'un.
Il commençait à devenir vraiment flippant celui-là.
- Je ne suis même pas encore rentrée, répondis-je agacée.
- Autant pour moi.
Dans sa voix je pouvais entendre l'amusement qu'il prenait à participer à notre petit échange. Malheureusement pour lui cet amusement n'était pas partagé. J'ôtais ma main de la poigné de porte et la dirigeai vers le heurtoir en forme de griffon, que je fis tomber trois fois sur la porte.
Elle s'ouvrit toute seule et laissa apparaître un vieil homme terrassé par 115 années d'existence et de mensonges. J'avançais jusqu'à me retrouver à moins d'un mètre du bureau. Ses yeux bleus perçant m'observaient. Je sentais qu'il fallait que je dise quelque chose, que je pose les questions dont les réponses me manquaient, mais je n'arrivais pas à m'y résoudre. Et pourtant il le fallait. Je pris une profonde inspiration et parlai d'une voix tremblante :

- Quand est-ce que je pourrais revoir mes parents?
Les joues du directeur s'affaissèrent et ses yeux se mirent à briller. Il se leva de son fauteuil et se dirigea vers une armoire, en apparence tout à fait normale, mais qui renfermait une coupe en pierre. Il me fit signe ensuite d'approcher. A chaque pas qui me rapprochait de la coupe, mon cœur faisait un bon dans ma poitrine. Arrivée à sa hauteur, je vis des ombres noires et argentés se mouvoir à la surface du liquide qu'elle contenait.

Je savais ce que c'était. Mais je ne comprenais pas pourquoi le directeur me le montrait jusqu'à ce qu'il parle :
- Je me doutais que tu allais poser cette question. Je pensais que tu le ferais plus tôt mais ça ne change rien.
Il garda le silence quelques secondes et reprit :
- J'ai été voir personnellement tes parents pour les mettre au courant du fait que tu étais une sorcière. Je voudrais que tu vois par toi même comment cela c'est passé.
Il sortit un flacon de sa cape, vida le contenu dans la pensine et m'invita à y plonger.

La descente fut longue et angoissante. Tout autour de moi des ombres s'agitaient, s'étiraient, se détachaient les unes des autres pour ne plus former que des formes familières à mes yeux. J'atterris brutalement sur le tapis blanc qui tapissait le sol du salon, chez mes parents. En me relevant je m'aperçus que des voix flottaient autour de moi. Elles n'avaient pas de provenance précise, mais après plusieurs secondes, elles se firent plus présentes. Les silhouettes de mes parents se dessinèrent sur le canapé en face de moi et en me retournant je vis celle de Dumbledore. Droit, fier, mais toujours aussi vieux.

- Je me présente, je suis Albus Perceval Wulfric Brian Dumbledore, directeur de l'école de sorcellerie Poudlard.

- C'est une blague ? Une école de sorcellerie ? Excusez-moi monsieur, mais nous n'avons pas le temps pour des plaisanteries aussi enfantines. Notre fille a disparu et nous sommes très inquiets, alors aillez la gentillesse de sortir de cette maison.
Mon père s'était levé et dirigé vers la porte d'entrée. J'avais envie de lui dire, de lui crier que j'étais là, juste à côté, mais je savais bien qu'il ne m'entendrait pas. Alors je suis restée là, à les regarder sans rien dire.
- Ce n'est pas une plaisanterie et tout ce que je dis concerne votre fille.
Mon père fit volte-face tandis que ma mère laissa échapper un léger couinement. Dumbledore venait de faire apparaître un service à thé sur la table basse, en face de lui.

- Comment avez-vous fait ça? Murmura ma mère.
- Comme je viens de vous le dire je suis le directeur d'une école de sorcellerie, il est donc logique que je sois moi-même un sorcier.
- Mais quel est le rapport avec notre fille? Demanda mon père.
Dumbledore soupira et reposa la tasse qu'il avait prise un peu plus tôt.
- Votre fille a été admise dans notre école cette nuit. Elle est une sorcière depuis sa naissance.
Un silence de mort s'installa dans la pièce. Mes parents se regardèrent et mon père brisa enfin la glace.
- Vous mentez. Ma fille n'est pas une sorcière, elle est normale. Ce n'est pas un monstre.
Des monstres? C'est comme ça que mon père voyait les sorciers? Ma gorge se serra et les

larmes perlèrent au coin de mes yeux.

- On s'en serait rendus compte si notre fille n'était pas comme les autres. C'est quand même nous qui l'avons élevés.

- Elle a été plongée dans le monde moldu dès sa naissance, alors les pouvoirs qu'elle pouvait manifester ont été étouffés. Ce qui fait que personne n'a jamais rien remarqué. Ses parents biologiques étaient eux aussi des sorciers.

Je retins ma respiration, espérant vainement que mes parents disent que j'étais leur vraie fille.
- Comment savez-vous que nous l'avons adoptée?
Mon cœur s'arrêta et une pierre tomba dans ma poitrine.
Alors tout ça était vrai. Je n'avais pas vraiment voulu y croire jusqu'ici mais maintenant j'avais la preuve sous les yeux.
- Je connaissais ses vrais parents.
- Alors, Raven est vraiment une... sorcière?
Ma mère venait enfin d'ouvrir la bouche, mais elle parlait comme si elle était dégoûtée de prononcer ces mots.
- Oui, elle en est vraiment une, répondit Dumbledore d'une voix calme.
- On peut la soigner? Demanda ma mère.
- Me soigner?! Mais c'est pas une maladie!
Je savais bien qu'ils ne pouvaient pas m'ente
ndre mais c'était une trop grosse connerie.

- Ce n'est pas une maladie, Mme Hale. C'est un don. Votre fille est une sorcière très puissante et elle va accomplir de grandes choses, mais je pense que ce dont elle a le plus besoin en ce moment c'est de ses parents. Je lui ai appris la vérité sur ses parents biologique, je lui ai dis comment ils sont morts, ce qu'ils étaient, mais pour supporter tout ça elle va avoir besoin de vous.
- Non.
Je me retournais vers mon père. "Non"? J'avais besoin d'eux et lui tout ce qu'il trouvait à dire c'était "Non"?

- Non, nous ne l'aiderons pas. Ce n'est plus notre fille, c'est un monstre. Elle trouvera des gens comme elle dans votre école bizarre, mais je ne veux plus qu'elle remette les pieds ici. A partir de maintenant elle sort de notre vie.
- Comment tu peux me faire ça?! Je suis ta fille, tu m'as élevée pendant 15 ans, tu peux pas faire une croix sur moi sous prétexte que je suis une sorcière!
Les larmes dévalaient mes joues et j'avais envie de crier tellement fort que ma gorge brûlait.
- TU PEUX PAS M'ABANDONNER! PAS MAINTENANT!
Je me précipitai sur mon père. Les coups que je lui donnais le traversèrent sans qu'il réagisse, sans que l'expression froide et dure de son visage ne change.

- C'est votre fille... Commença Dumbledore.

- Non, ça ne l'est plus.
Mon père se rapprocha de ma mère et reprit d'une voix aussi dure que ses traits :

- Elle n'est plus rien. Nous voulons qu'elle sorte de notre vie, pouvez-vous faire ça ?

- NOOONNN!
- Oui je peux, mais êtes vous sûrs de votre décision?
- Absolument certain. Déclara ma mère.
-
MENTEUR! VOUS M'AVIEZ JURE DE JAMAIS ME LAISSER TOMBER!
L'air me manquait quand Dumbledore brandit sa baguette pour effacer une partie de ma vie à jamais.
- Oubliettes.

Tout ce qui suggérait ma présence dans cette maison étaient en train de disparaître. Les dessins que je faisais quand j'étais petite, les photos où j'apparaissais. Absolument tout.

Le souvenir s'arrêtait là. Quand je sortis la tête de la pensine mon visage dégoulinait de larmes. Je fis plusieurs pas en arrière et dans un souffle déclarai :

- Ils ont préféré m'oublier plutôt que m'aider.

Ma vision était floue, je ne distinguais plus aucune forme, mais je pus tout de même atteindre la porte du bureau que je refermais dans un mouvement brusque avant de dévaler les escaliers de pierre. Je parcourus une bonne partie du château en courant, jusqu'à me retrouver en face du tableau de l'appartement des préfets, qui serait ma nouvelle maison à présent. Il y avait des chances que Malfoy s'y trouve et si c'était le cas je ne voulais surtout pas qu'il me revoit pleurer. Il m'avait déjà surprise dans la tour d'astronomie, il n'était pas question que ça recommence. Je séchais mes larmes et prononçai le mot de passe. J'eus du mal à me hisser à travers l'ouverture, j'avais des vertiges et mes jambes refusaient de coopérer. Des voix se faisaient entendre dans la pièce et il me fallut un moment avant de voir qu'il s'agissait de celle d'Hermione et de Malfoy.

- Non, c'est parce que j'ai peur que ton sang me contamine...
- Malfoy.
Je n'étais pas d'humeur à supporter les insultes d'un blondinet arrogant et le fait qu'il insulte Hermione m'énerva au plus haut point.
- Si je t'entend encore une fois insulter Hermione je fais en sorte que tu bouffe tes yeux au petit-déjeuner de demain.

Il ricana et me répondit:
- Tu penses vraiment me faire peur, Hale?
Je marchais tant bien que mal jusqu'à ma chambre et une fois devant la porte je lui dis:
- Si c'est pas le cas pourquoi tu te caches à moitié derrière ta porte?

Les images dansaient devant mes yeux et je n'eus pas le temps d'entendre sa réponse que la pénombre m'enveloppait déjà.

Tout était noir. Je ne sentais plus mon corps et je ne voyais rien. Soudain, ce fut un tourbillon de lumière et je vis toute ma vie défiler devant mes yeux. Mes années maternelle, primaire, collège, tout ce que j'avais vécu jusqu'ici. Mais quelque chose était différent. Je me voyais, moi, dans ces différentes classes où j'avais toujours eu beaucoup d'amis et de connaissances, mais cette fois toutes ces personnes semblaient ne pas faire attention à moi. Elles semblaient tout simplement m'avoir... oubliées. Je pouvais hurler, frapper, mais personne ne me regardait. C'était le silence total autour de moi lorsqu'un bourdonnement, de plus en plus fort, se fit entendre. Ce bourdonnement se transforma en une voix douce et grave, agréable à entendre. Je ne voulais pas l'interrompre jusqu'à ce que je me rende compte qu'il s'agissait de celle de Malfoy :

- ...Tu m'en fais voir de toutes les couleurs depuis ce matin, alors pourquoi je suis là?
- Peut être que tu t'en veux de m'avoir fait un sale coup.
Parler me prenait pas mal d'énergie, mais ça en valait le coup, rien que pour voir sa réaction. Il avait ce qui ressemblait à une serviette dans la main droite, suspendue au-dessus de mon front et ses yeux s'étaient écarquillés sous la surprise. Il laissa tomber sa main sur ses genoux et me répondit :

- Moi ? M'en vouloir ? Je te rappelle que je suis un Malfoy. Les Malfoy ne regrettent rien.
- Je vais faire en sorte que ça change, ne t'inquiète surtout pas pour ça.
Je me redressai difficilement, m'assis au bord du lit et pris ma tête entre mes mains.
- Dans le monde sorcier vous avez pas un truc contre le mal de crane?
- Si, mais dans ce château je suis la seule à posséder des potions susceptibles de vous aider, alors rallongez-vous jeune fille.
Mme Pomfresh venait d'entrer dans la pièce en compagnie d'Hermione, qui avait vraiment l'air inquiète. Je lui obéis en râlant un peu. Je n'avais vraiment pas envie de dormir ou de me reposer. Elle ordonna à Malfoy et Hermione de sortir et s'approcha de moi en posant sa main sur mon front.
- Vous avez encore un peu de fièvre. Prenez ça et demain vous serez sur pied. Dit-elle en me tendant un flacon remplit d'un liquide violet.
Je le bus et reposai ma tête sur l'oreiller. A peine avait-elle touchée le duvet que le sommeil m'envahit.

Ce fut une nuit sans rêve, durant laquelle j'étais restée endormie. A mon réveil des draps épais m'enveloppaient et quelque chose de chaud me serrait la main. J'ouvris les yeux et le temps qu'ils s'habituent à la lumière quelque chose bougea à côté de moi.
Malfoy ?! Une tignasse blonde reposait à coté de ma hanche, sur le matelas. Il avait le bras tendu dans ma direction. Un bras musclé soit dit en passant. Mon regard glissa de son épaule jusqu'à l'extrémité de ses doigts refermés sur les miens.


Voilà un nouveau chapitre ! j'espère qu'il vous plaira ^^ je vais essayer de poster les prochains régulièrement mais je ne vous promet rien, même si j'ai écris jusqu'au chapitre 13. Mais pas de panique vous aurez les suivants, peut-être même plus tôt que prévu puisque à priori j'ai toute la nuit pour les poster, après tout va dépendre de ma dextérité avec l'informatique ( qui est proche de 0 sur l'échelle de Richter ), en tout cas je vous encourage à poster des reviews, pour me donner le courage de continuer cette fic ! Merci de votre lecture !