akghfbgknnd plus de 100 reviews, je suis dans un état second si vous saviez ! ^^ Comme toujours, un grand merci à vous sans qui je ne suis rien : PllandOncer, Raphi5930, , swan33 ( tu as posté le 100ème commentaire ! :D ), ZoZen , Artemis972 , evilhayleyregal , Slopopina, alays 59 , OoO-RED-OoO , DroDroV & bienvenue à toi Katia125 :)

Loulouche la longueur des tes commentaires ne me gène absolument pas ! Il y a du vrai ... et du faux dans ce que tu penses deviner, mais tu le découvriras bien assez tôt ;) & oui, les caméras à reconnaissance faciale existent ( dans les films d'espionnage que je regarde en tout cas ) Je sais pas, je me sentais d'en caler une xD

J'écris de plus en plus sur mon téléphone ( plage oblige ) et du coup je suis forcée de me relire à cause de l'auto-correcteur, mais s'il reste des fautes, mea culpa ...

Bonne lecture ;)

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Chapitre 10

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Quand elle l'avait vue pour la première fois entrer dans cette banque comme si elle en était la propriétaire, elle n'aurait pas dit non à l'idée de devenir le jouet d'une femme telle que Regina Mills. Et pour être honnête, aujourd'hui, si elle avait envie de se rebeller contre le titre qu'elle s'était vue donné, rien dans ce en quoi consistait le rôle ne lui déplaisait.

Pour l'instant.

Evidemment, elle se doutait qu'elle aurait à faire un peu plus que s'agenouiller docilement devant elle pour la faire jour, les mains ligotées dans son dos. Et quelque part, elle se demandait même si le fait qu'elle soit au courant qu'Emma savait qu'elle était dotée de magie, n'ouvrirait pas la porte à d'innombrables possibilités dans les confins du lit queen size où elle avait été jetée.

La jeune femme étouffa un cri quand trois doigts la pénétrèrent avec brutalité, son corps se cambrant dans l'espoir certainement de pouvoir échapper à l'emprise qu'elle avait sur l'une de ses jambes retenue par une main dont les ongles la marquaient sans retenue.

- Moins de bruit, gronda la brune.

- Quoi, vous êtes même pas capable d'insonoriser une pièce avec vos super pouv...

Elle fut incapable de prononcer le reste de la phrase, perdant instantanément l'usage de ses cordes vocales, des bandes de soie s'emparant de ses poignets pour les attacher au lit. Elle vit dans le regard brûlant qui s'était levé vers elle la même surprise que celle qui devait être présente dans ses yeux.

Elle venait de réussir à utiliser un sort sur elle.

La surprise fut immédiatement remplacée par un sourire éclatant qui aurait rendu la blonde muette si elle ne l'était pas déjà. Mais l'instant d'après les lèvres pulpeuses s'attachèrent à son clitoris, ne le lâchant que lorsqu'elle fut désarçonnée par l'un des nombreux coups de hanches qu'elle donna dans l'espoir de se libérer de l'emprise de la femme qui refusait de la laisser aller malgré les nombreux orgasmes qu'elle venait déjà de lui donner.

- Stop, supplia-t-elle surprise néanmoins d'avoir retrouvé sa voix.

Son corps n'était pas capable d'en supporter un de plus. Son sang fourmillait déjà à la surface de chaque centimètre carré de sa peau et elle était certaine qu'elle était à deux doigts de prendre feu si la sorcière essayait de lui donner encore le moindre plaisir.

- Je ne vous ai pas autorisée à parler Miss Swan, prévint-elle en se détachant pourtant d'elle.

- Regina, j'ai à peine la force de respirer ...

Les liens qui enserraient ses poignets tombèrent le long de ses bras en une caresse qui la fit frissonner, consciente que le moindre contact lui paraissait à présent une épreuve de plus. Elle se força à ne pas gémir à la sensation du corps de Regina se dépliant pour remonter enserrer ses hanches de ses cuisses halées, la différence avec sa peau pale encore plus flagrante semblait-il dans la pénombre.

- Et bien taisez-vous et observez Em-ma.

Son prénom sorti de la bouche de la déesse avait toujours le don de la pousser dans ses derniers retranchements, mais elle manqua s'évanouir en entendant sa voix s'y briser lorsque des doigts finirent la course qu'ils avaient entrepris le long de son corps pour s'enfoncer en elle. Cette fois il était hors de question qu'elle détache son regard de la scène qui se déroulait au dessus d'elle. Elle ne tint pas même une minute, serrant les dents à l'effort qu'il lui fallut faire pour se redresser, et l'amener au plus près de la brune en une position assise.

Son mouvement n'altéra pas ceux de son amante qui n'émit aucune objection lorsqu'elle l'entoura d'un bras, l'autre occupé à la maintenir en équilibre. Ses lèvres vagabondèrent du creux de son épaule à un sein qu'elle réussit à atteindre en tirant sur ses cheveux courts pour la faire se cambrer. Mais le gémissement qu'elle obtint couplé au vas et viens qu'elle sentait la brune faire entre ses propres jambes la fit perdre tout contrôle.

Ignorant la douleur des muscles de son ventre elle reprit l'usage de son bras droit dont la main trouva immédiatement l'épaule de Regina avant de descendre le long de son corps et entre elles rejoindre celle de la brune. La jeune femme croisa son regard brillant de plaisir lorsqu'elle enserra brièvement le poignet fin de ses doigts, immobilisant momentanément son mouvement avant de faire glisser deux doigts sur sa peau détrempée et jusqu'en elle.

- Emma ...

Elle n'avait jamais trouvé son prénom aussi beau à entendre.

- Oui ? trouva-t-elle la force de répondre encore innocemment.

Elle ne lui laissa pas l'occasion de trouver quelque chose à dire, prenant le contrôle de sa main du reste de ses doigts pour commencer un rythme plus lent que celui initial mais définitivement plus puissant. Ses lèvres se posèrent sur le menton du Maire avant de remonter le long de sa mâchoire qu'elle sentit trembler presque avec joie avant de s'attacher au lobe de son oreille.

La jeune femme sourit en sentant les parois se resserrer autour de ses doigts, un frisson parcourant le corps de Regina qu'elle ressentit jusqu'à l'intérieur d'elle, criant malgré elle lorsque des ongles griffèrent un chemin de ses hanches à sa nuque pour l'attirer à elle. Leur baiser étouffa le cri qui sembla déchirer la sorcière dont les dents vinrent à nouveau briser la fine peau de sa lèvre, la suçant jusqu'à ce qu'Emma cesse tout mouvement.

- Hey ! Faut arrêter avec ça ! Vous avez aussi un côté vampire ou quoi ?

La remarque lui valut un rire rauque qui fut vite étouffé dans le creux de son cou et elle fronça les sourcils en remarquant le sourire idiot qui s'était dessiné sur son visage.

- Peut-être, finit-elle par répondre avant de s'extraire visiblement à regret de leur étreinte.

- Est-ce que je dois m'inquiéter d'être changé en vampire moi aussi pour que vous puissiez jouer avec moi le restant de votre vie ?

- Non Miss Swan, ça fait bien longtemps que la seule personne qui le méritait ne fait plus partie de ce monde ...

Quelque chose se brisa en elle, immédiatement envahie par un sentiment de culpabilité et s'en voulant d'avoir une fois de plus trouvé les mauvais mots. Elle ne trouva rien à répondre, refroidie par la confession de la brune et le rappel que malgré tout ce qu'elle semblait ressentir pour elle depuis les quelques semaines qu'elle la connaissait, Regina Mills ne partagerait jamais rien de plus qu'un lit avec elle.

Silencieusement elle se contenta de se lever pour rejoindre la salle de bain attenante dont elle se rappelait de sa précédente visite. Elle était en train de se laver les mains quand elle sursauta en croisant le regard du Maire dans le miroir.

- Que faites-vous ?

- Je me lave les mains.

- Vous comptez partir ? sembla-t-elle clarifier.

- Je suis désolée, mes services sont-ils encore requis ?

Une lueur d'incompréhension passa dans les yeux d'ébènes avant d'être remplacée par une colère à laquelle elle commençait à être habituée.

- Vos services sont requis en permanence Miss Swan. C'est ce qui arrive quand on devient l'esclave de quelqu'un.

- L'esclave ? Je croyais qu'on avait parlé de jouet.

La brune se rapprocha d'elle et elle ne put s'empêcher de dévorer sa silhouette du regard, constatant une fois de plus que malgré leurs précédentes activités, la femme avait conservé une apparence parfaite, son maquillage à peine altéré. Elle fut gagnée par l'envie terrible de se retourner pour mettre du désordre dans son impeccabilité et se promit d'y arriver. Sous peu.

- Il n'y a pas de "on" Miss Swan. Je décide.

- Bien. Qu'est-ce qui vous ferait plaisir Majesté ?

Elle sut au regard agacé qu'elle croisa dans le miroir que son acceptation de la situation ne convenait pas à son amante. Visiblement elle aurait voulu la forcer à quelque chose et elle dut retenir un sourire en se rendant compte qu'elle allait pouvoir jouer avec ça.

- Faites moi couler un bain, l'entendit-elle ordonner en sortant de la pièce.

La chasseuse de prime obéit sans rechigner, se demandant seulement si elle aurait le privilège d'être invitée à l'y rejoindre et leva les yeux à sa propre obéissance. En effet, un esclave n'aurait pas mieux fait.

- Est-ce que je peux vous poser des questions ? osa-t-elle tout de même demander une demie heure plus tard depuis le lavabo sur lequel elle s'était perchée pour observer la brune s'immerger dans l'eau brûlante qui avait embué tous les miroirs de la pièce.

- Des questions ?

- Oui ...

Regina ne lui répondit pas et elle prit son silence pour de la résignation, profitant pour commencer un interrogatoire qui risquait certainement de la faire marcher sur un fil épais comme une lame de rasoir.

- Ce qu'on a fait ensemble à Boston, entama-t-elle. Qu'est-ce ...

- Dans ma suite, Boston ou le parking de mon hôtel ? fut-elle immédiatement coupée.

- Dans cette librairie étrange. Vous avez récupéré un livre ...

Elle s'était attendue à une nouvelle intervention de sa part mais elle avait apparemment décidé de la laisser parler cette fois.

- Qu'est-ce que c'était ?

- Un grimoire, sembla-t-elle avouer après quelques secondes de réflexion.

- Vous avez besoin d'un sort ?

- En quoi est-ce que ça vous regarde Miss Swan ?

- Je pensais que vous étiez omnipotente. Je veux dire ... Que vous pouviez f...

- Je sais ce que veut dire omnipotente Miss Swan. Certaines choses s'apprennent. Je ne peux pas maîtriser ce que je ne connais pas.

- Ok.

Un nouveau silence s'éternisa durant lequel elle observa les traits de la mère d'Henry se relaxer, souriant lorsqu'ils se tendirent en un froncement de sourcils quand elle reprit la parole.

- C'est qui Zohra ?

- Un moyen de pression. Il faudra demander à Mal.

- Maléfique ?

Sa question ne trouva pas de réponse, certainement jugée trop évidente pour se donner la peine de la formuler à voix haute.

- Vous comptez l'aider comment ? reprit-elle.

- Vous comptez me poser combien de questions ?

- Euh ... J'en ai beaucoup.

La brune ne lui répondit pas et elle fut momentanément réduite au silence lorsque sa longue silhouette se déplia hors du bain, un sourcil agacé lui rappelant qu'elle devait lui tendre une serviette dans laquelle s'enrouler.

- Dites moi quelque chose que je ne sais pas sur vous, l'entendit-elle demander lorsqu'elle se dirigea vers la chambre.

- Euh ...

Elle ne s'était pas attendue à recevoir le moindre intérêt de la part de la sorcière et des dizaines de possibilités lui passèrent par l'esprit.

- Je suis allergique au pamplemousse, répondit-elle avec un sourire pour éviter de lui dire quelque chose du genre " Je suis l'élue " ou " Je suis en train de tomber amoureuse de vous ".

- Ce n'est pas comme ça que je vous tuerais.

- C'est du futur ou du conditionnel ?

- A vous de me le dire.

- Est-ce q...

- Chut.

Une main s'était levée dans les airs et elle émit un petit bruit de gorge pour vérifier qu'elle avait toujours bien l'usage de sa voix.

- Il est tard, je compte dormir, votre petit interrogatoire devra attendre.

- Vous me congédiez ?

- Pas du tout, j'aurai certainement besoin de vos services demain matin avant mon rendez-vous avec Monsieur Spencer.

- Mais je n'ai pas le droit de dormir avec vous ? crut-elle deviner.

- Vous préférez dormir au pied du lit ?

Elle faillit répliquer, la mâchoire légèrement entrouverte sur le coup de la surprise, mais quelque chose dans l'expression de la brune la fit fondre, quelque chose qui ressemblait fort à de la moquerie, mais en rien à celle qu'elle lui servait habituellement. Elle aurait presque pu discerner de l'affection avant que l'éclat ne soit remplacé par un faux désintérêt.

Le fait qu'elle plaisantait ne lui sauta aux yeux qu'après coup, lorsqu'elle finit par briser leur échange de regards.

- J'ai déjà testé tous les coins, je préfère le côté gauche.

Elle eut le droit à un haussement de sourcil et se mordit la joue pour avoir laissé échappé un détail qui ne manquerait pas d'énerver la brune. Elle l'observa monter dans le lit qu'elle avait remis en ordre d'un geste de la main et fut étonnée d'y être invitée d'un léger mouvement de tête.

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La jeune femme fut réveillée par une lumière atroce, manquant gronder à haute voix avant de réaliser qu'elle tenait encore étroitement serré contre elle le corps de Regina Mills que le soleil matinal ne semblait pas déranger pour le moins du monde.

A moins qu'elle ait été mordue par un vampire sans s'en rendre compte.

Elle n'avait pas bu la veille et pourtant elle avait l'impression d'être encore embrumée par de l'alcool, des muscles dont elle ne se rappelait même plus de l'existence la tiraillant alors même qu'elle ne les utilisait pas.

" J'aurais certainement besoin de vos services demain matin " se rappela-t-elle avoir entendu dire la brune la veille.

Elle n'aurait pas dit non, à condition que les services soient les mêmes que ceux auxquels elle avait attendus hier soir, mais elle savait que se plier à la moindre volonté de la brune ne la mènerait à rien. Et si la dernière fois qu'elle s'était réveillée dans ce lit, l'odeur qu'elle y avait trouvée l'avait totalement chamboulée, elle se laissa tout de même tenter une nouvelle fois, enfouissant avec précaution son visage dans les cheveux de soie qui ne retombaient même pas à hauteur de ses épaules.

Le sourire aux lèvres elle se dégagea avec lenteur de l'étreinte dans laquelle Regina avait bien voulu se laisser emprisonner durant la nuit, retrouvant avec un étonnement ravi un ensemble de vêtement qui lui était visiblement destiné puisque de sa propre garde robe, plié avec perfection sur un des fauteuils victorien qui ornaient la chambre.

Il était un peu moins de six heures quand elle rejoignit son lit pour finir sa nuit, se réveillant deux heures plus tard avec l'impression d'avoir dormi quelques secondes mais avec la ferme intention de commencer sa journée par un vrai repas.

Pas plus tôt eut-elle passé le seuil de la porte du restaurant qu'elle croisa le regard de Ruby. Les jeunes femmes restèrent figées durant quelques secondes, attirant l'attention de certains clients. Ce fut la brune qui sortit la première de sa torpeur pour poser le plateau qu'elle avait dans les mains et avancer jusqu'à l'autre.

- Je suis désolée.

- C'est moi qui le suis. J'aurais du te le dire plus tôt ..

Elle hésita une fraction de seconde avant de la prendre brièvement dans ses bras, peu prône aux effusions de joies et aux réels contacts humains. Mais elle supposait qu'avoir vidé le chargeur de son Beretta sur quelqu'un changeait les règles qu'elles s'était fixées.

- On se voit ce soir ? Sur le toit ?

- Euh ... Oui.

Son hésitation lui valut un froncement de sourcils auquel elle répondit par un simple sourire, sachant qu'elle comprendrait parfaitement qu'elle comptait lui expliquer ce soir. Si elle n'était pas réquisitionnée par le Maire.

Mais pour l'instant elle comptait bien utiliser le temps dont elle disposait durant son rendez-vous avec un certain Monsieur Spencer qu'elle se rappelait être le directeur de l'hôpital pour faire un détour par un lieu dont on lui avait trop parlé pour qu'elle ne soit pas curieuse de le visiter.

- Qu'est-ce qu'il te faut ?

- Un café. Un grand café à emporter.

Il fut immédiatement fait et elle fut heureuse d'avoir des gants pour ne pas s'y brûler la paume des mains.

- Tu es de matin ? demanda Ruby avec l'air de savoir que ce n'était pas prévu au programme.

- Non, c'est perso.

Cette réponse provoqua un sourire en coin et elle chassa les idées que la serveuse devait se faire d'un signe de la tête avant de sortir de l'établissement. Puisqu'elle n'avait pas pu faire ses habituels joggings ces derniers temps, elle décida de laisser la voiture devant et de se rendre à pieds jusqu'à sa destination.

Et le chemin fut plus long que prévu, entrecoupé de brèves conversation avec des gens qui semblaient la connaitre sans qu'elle ne les ai jamais aperçus. Une odeur de brûlé la fit néanmoins accélérer le pas et elle se demanda si il était possible qu'un départ de feu ait eu lieu sans qu'elle en ait été informée. La veille elle n'avait pas été très présente au poste, mais quand même, c'était le genre de situation dans lesquelles Graham aurait du la contacter.

Ses suspicions se confirmèrent lorsqu'elle arriva devant l'immense portail du cimetière où l'odeur acre était encore plus forte. Guidée par son odorat elle n'eut pas à chercher bien longtemps ce qu'elle était venue trouver.

Le tombeau qui devait déjà d'ordinaire se distinguer de tous les autres édifices par son imposante stature en marbre était entouré d'un large périmètre de cendres noires. Comme s'il en avait émané un feu ardent seulement maîtrisé avant qu'il n'atteigne d'autres tombes. La jeune femme eut une grimace en constatant que chaque pas qu'elle faisait vers lui semblait s'imprégner dans la couche de suie au sol et elle se demanda brièvement comment aucun autre pas n'était visible.

- Famille Mills, lut-elle à voix haute les lettres ornementées où s'entrelaçaient les branches d'un immense pommier sculpté à même le bois massif de la porte.

Un pas de plus vers elle suffit à ce que le battant s'ouvre, révélant une crypte dans laquelle elle n'était plus très sure de vouloir rentrer. Inspirant une dernière fois l'air frais avant de s'engouffrer dans la pièce où la température tomba encore de quelques degrés.

Elle ne prêta pas attention aux noms gravés sur les plaques de bronze sur les deux murs qui l'entouraient, se dirigeant directement vers la tombe posée sur un socle au centre de l'édifice. L'énorme bloc de pierre lissée avait été sculpté avec tant de précision qu'elle se demanda même si Regina n'avait pas utilisé sa magie pour créer un cercueil.

- Henry Mills.

Elle eut un sourire en réalisant que Regina avait probablement donné le nom de son père à l'enfant qu'elle avait adopté, ses doigts parcoururent la surface glacée jusqu'à tomber sur une phrase gravée d'une calligraphie parfaite " Espoir, je t'ai reconnu au bruit que tu fis en partant ". La température sembla tomber de quelques degrés encore quand elle réalisa que c'était certainement le Maire qui avait tenu à ce que soit gravés ces mots. La conversation qu'elle avait eu la veille avec Hope revenant envahir ses pensées jusqu'à ce que la réalisation s'installe.

Elle n'avait pas eu tort.

Le jour où elle avait lancé la malédiction, Regina avait bel et bien sacrifié son espoir. Elle avait non seulement arraché les ailes de la fée qui l'incarnait, mais sacrifié son père pour leur permettre à tous de prendre un nouveau départ dans cette autre réalité. Elle était loin de connaître l'ensemble du tableau, mais visiblement l'homme avait du jouer un rôle important dans sa vie, peut-être avait-il même représenté l'espoir pour l'enfant qu'elle avait du être, confrontée à la dureté d'une mère telle qu'on lui avait décrite la Reine des Cœurs. Sa noirceur avait cependant du les éloigner et quand elle avait eu besoin de lui pour jeter la malédiction, elle n'avait pas hésité une seconde.

Oui ... Elle voyait très bien la scène telle que Hope la lui avait partiellement décrite. Elle ne put s'empêcher d'être soulagée que la femme n'ait pas eu à sacrifier le jeune Henry. Elle n'osait pas imaginer ce qu'elle serait devenue si la Méchante Reine avait perdue le seul rayon de soleil qu'elle semblait avoir dans sa vie.

La jeune femme fit plusieurs fois le tour de la pierre tombale, sachant pertinemment que si la pièce dans laquelle elle se trouvait avait quelque chose d'impressionnant, elle ne pouvait pas être tout ce que contenait l'édifice et son intuition de chasseuse de prime lui criait de trouver une seconde entrée. Probablement sous le cercueil d'Henry Mills.

Elle essaya en vain de le pousser d'un côté puis de l'autre, de le faire pivoter et même de l'ouvrir. Sans succès. Elle se demanda brièvement si elle avait besoin d'une formule magique, hésitant à en essayer quelques unes à haute voix avant de renoncer.

Exaspérée elle fit demi tour, descendant du piédestal sur lequel avait été hissée la stèle. Son téléphone portable se mit à sonner et l'espace d'un instant elle fut heureuse d'être seule dans la pièce, personne là pour la voir sursauter et trébucher misérablement sur la marche qu'elle venait de descendre.

- Quoi ? répondit-elle à la limite de l'exaspération.

- Euh ... Emma ? C'est Graham.

- Ouais, c'est marqué.

- Oui ... Euh ... Je voulais savoir si tu pouvais être de garde ce soir ?

- Non, fut-elle honnête.

Elle aurait du accepter, après tout Graham s'était toujours montré adorable avec elle mais elle avait déjà promis à Ruby sa soirée sans savoir si Regina n'allait pas elle même la réquisitionner.

- Bon ... Ok. Pas grave.

Elle aurait presque pu voir son air de chien battu et la façon dont sa voix s'était brisée à la fin de ses quelques mots la fit lever les yeux au ciel.

- Ok. Ok, c'est bon, finit-elle par accepter toujours pas terre en essayant de tirer sur un pan de son blouson qui s'était apparemment coincé dans un coin de la marche sur laquelle elle avait trébuché.

- Merci !

Elle ne retint pas son sourire à la parfaite honnêteté qui émanait de sa réponse.

- De rien Gra ...

La jeune femme n'eut pas le temps de finir sa phrase, ses poumons se vidant en un cri de surprise lorsque le sol se déroba sous ses fesses, la faisant tomber à la renverse et dans des escaliers en colimaçons sous une pluie de jurons.

- Emma ? entendit-elle la voix du Shérif dans le téléphone qui était resté sur une marche à quelques mètres au dessus d'elle.

- Tout va bien, choisit-elle de mentir en criant un peu pour couvrir la distance. Tu peux raccrocher, je te rappellerai dans l'aprem.

- Ok Emma. A toute à l'heure.

- A toute.

Elle attendit d'avoir entendu le bruit annonçant la fin de la conversation pour tenter de se relever.

- Oh putain.

Pourquoi fallait-il toujours que ça lui arrive à elle ? Serrant les dents elle se hissa jusqu'à son téléphone pour activer la fonction lampe, poussant un nouveau petit cri en découvrant l'immense statue à côté de laquelle elle avait atterrit. Ça aurait pu être pire se rassura-t-elle. Elle aurait très bien pu se faire tomber la tonne de marbre sur la colonne vertébrale et attendre plusieurs jours que Regina ne retrouve sa dépouille déformée par une grimace de douleur.

Elle secoua la tête en retenant un petit cri que le mouvement sembla vouloir provoquer et se perdit dans la contemplation de l'oeuvre d'art pour chasser ses idées noires. La représentation était encore plus impressionnante que le tableau qui trônait dans son salon. Une statue en marbre beige de presque trois mètres de hauteur semblait fixer quelque chose dans l'obscurité de la pièce.

- Waw, laissa-t-elle échapper en caressant du bout des doigts le drapé de la robe longue qui avait été reproduit à la perfection dans la pierre.

Elle n'avait pas pu être faite d'une main d'homme, c'était pas possible d'être aussi doué et pourtant elle voyait mal la sorcière créer une statue à son effigie. Elle avait certainement un côté narcissique, mais de là à en venir à de telles extrémités, elle n'était pas persuadée de pouvoir l'imaginer. Et l'idée que quelqu'un d'autre, un autre sorcier ou pire, une autre sorcière ait pu offrir une telle statue à Regina la dérangeait profondément.

Elle détacha avec difficulté son regard de l'effigie de la Reine pour orienter son flash vers le reste de la pièce, découvrant un sous sol d'une centaine de mètres carrés aux murs d'un blancs cassé qui s'obscurcissait progressivement à mesure que l'entrelacs de branches peintes s'épaississait jusqu'à ce devenir un noir opaque.

Silhouettes immobiles, une dizaine de mannequin à taille humaine semblait servir de garde-robes. Et quelles robes ! Elle n'avait aucun mal à imaginer la femme les porter, mais en aurait certainement eu à rester impassible devant un tel spectacle.

Elle ne s'attarda pas longtemps sur les robes, sautant d'une statue d'un immense cheval à un autre cadre qui la fit frissonner. Un couple avec leur jeune fille. Regina à n'en pas douter. Parce que si les yeux avaient indéniablement perdus leur innocence et la profonde joie de vivre qu'on pouvait y observer, les traits étaient toujours aussi purs. Elle pouffa une nouvelle fois en repensant à celui qui avait bien put adapter l'histoire de blanche neige et la méchante Reine dans leur réalité. Mary Margaret ne faisait définitivement pas le poids ...

Mais c'était un autre visage qui accrocha son intérêt. Celui de la femme. Dans la trentaine, le port d'une Reine et les mêmes yeux que sa fille. La couleur uniquement songea-t-elle. Car même si aujourd'hui ils avaient perdu une grande partie de leur joie et pouvaient faire plier l'échine de n'importe qui, les yeux de Regina Mills n'auraient jamais pu déverser une froideur aussi complète que celle de cette femme. Le vide absolu comparé à l'enfant et l'homme qui partageait le cadre avec elle.

Et surtout ...

Si le visage était un peu moins marqué par l'âge que celui qui l'avait terrorisée dans le magasin de Gold, il n'y avait pas l'ombre d'un doute sur leur identité.

- Cora, se rappela-t-elle à voix haute.

La mère de Regina, celle à cause de qui les sorciers avaient du se réunir pour lancer la malédiction. Gold en conservait donc une réplique parfaite dans sa boutique. Et une petite voix lui criait que ce n'était pas seulement une réplique.

Grimaçant toujours en partie à cause de la douleur dans son dos et parce que l'idée d'avoir été confrontée au cadavre de la mère de Regina la dérangeait profondément, elle s'éloigna en direction de la partie la plus sombre de la pièce où une grande table était envahie de divers flacons dont elle ne testerait pas le contenu.

Sur une étagère elle entendit un panier bouger à son approche et prit le soin de faire taire sa curiosité, évitant la zone d'un arc de cercle au sol pour se retrouver face à un reposoir sur lequel était ouvert un livre qu'elle reconnut tout de suite.

- Ah-ah !

Cette fois elle ne résista pas à la curiosité de s'approcher pour contempler les pages entières d'écritures qu'elle ne parvint pas à déchiffrer, se contentant d'admirer le dessin d'un immense dragon levé sur ses pattes arrières pour montrer de puissantes ailes sur la page où le grimoire était resté ouvert. Il n'avait pas l'air aussi puissant que Maléfique, mais Emma n'aurait pas aimé se retrouver face à lui.

Elle se demandait comment la sorcière faisait pour supporter la solitude à laquelle elle était confrontée et si ce n'était pas une bonne idée de concentrer ses efforts sur le fait de la libérer de sa propre malédiction en premier. Même si la tâche s'avérait encore plus ardue que les autres si on prenait en compte le fait que Regina n'y était toujours pas parvenue malgré ses nombreuses tentatives à en croire ce qu'elle avait entendu.

Fascinée, elle retraça les contours de la bête d'un doigt, le retirant vivement lorsqu'elle remarqua son ombre croitre sur la page granuleuse. Elle poussa un cri étranglé de plus lorsqu'elle comprit que la tâche qui se répandait sur la feuille n'était pas une ombre mais du sang. Qui coulait du doigt qu'elle tenait encore suspendu au dessus d'elle.

- Merde.

La chasseuse de prime fit plusieurs pas supplémentaire en arrière, ignorant le bruit sourd de ce qu'elle percuta en même temps que le mur pour porter son doigt à la bouche dans l'espoir d'arrêter le sang. Elle manqua s'étouffer avec ce qui entra en contact avec sa langue, recrachant immédiatement le contenu de sa bouche sur le sol de marbre. Tant pis pour le sanctuaire de Regina.

Et pour couronner le tout ce qu'elle avait d'abord redouter semblait sur le point de se réaliser, comprit-elle avec effroi en voyant les pages du livre se déformer. Quelque chose allait sortir de là et la tuer.

- Oh putain !

Une patte griffue venait de transpercer la surface de papier et elle ne réfléchit pas avant de se précipiter sur le livre pour le refermer d'un coup sec sur la chose qui essayait visiblement de s'échapper d'elle ne savait quelle dimension. La lutte dura quelques secondes avant qu'elle ne soit éjectée, repoussée par une force qu'elle commençait à attribuer à de la magie, allant à nouveau percuter le mur. Elle se rappela la secousse qu'elle avait entendu la veille chez Gold et trouva la force de rire à l'idée que Regina ait pu être confrontée à la même situation. Elle en doutait.

Dans sa main gauche son téléphone vibra et elle rit de bon coeur cette fois en lisant le message que l'intéressée venait de lui envoyer.

" Tous les dégâts seront imputés sur votre salaire Miss Swan "

" Je dois aussi faire le ménage ? " répondit-elle un sourire encore aux lèvres.

" En tenue. Ce soir. "

" Je travaille ce soir. " tapa-t-elle en essayant de se relever.

" Pour moi. "

Quelque chose se retourna dans son estomac et elle essaya d'ignorer la sensation qu'elle ne voulait pas reconnaître. Comment de simples mots pouvaient-ils la rendre aussi heureuse ? Depuis quand s'était-elle transformée en animal de compagnie heureux se satisfaire son maître ? Dans son exaspération elle trouva la force nécessaire à se relever pour observer les dégâts qu'elle avait en effet causés avant de remonter les escaliers en colimaçons avec la lenteur de quelqu'un qui avait le dos bloqué.

Au moins son doigt avait cessé de saigner.

Elle n'avait peut être pas trouvé le bonheur dans le tombeau ni exploré autant qu'elle l'aurait voulu, mais l'expérience d'aujourd'hui lui avait suffit. Elle y retournerait certainement une autre fois, mais pour l'instant il fallait regagner le commissariat, à pieds, et faire semblant d'aller bien jusqu'à ce qu'elle puisse s'étendre dans un lit ou aller voir cette fée qui avait fait des miracles la dernière fois qu'elle s'était étalée dans la douche de l'hôtel.

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Elle n'était pas sûre d'y être autorisée, mais elle avait tout de même invité Ruby, Belle et Aurore à la rejoindre au commissariat pour lui tenir compagnie pendant sa garde de nuit. Les boîtes de pizza l'auraient empêchée d'atteindre le téléphone s'il avait sonné et quiconque aurait contrôlé son niveau d'alcoolémie après les nombreux verres de vins et la bière aurait froncé les sourcils.

Mais pour l'instant, cigarette à la bouche, dos calé dans son fauteuil en simili cuir et jambes relevées sur l'unité centrale de son ordinateur, elle se souciait peu de ce que quiconque aurait pu dire. Après tout, il n'y avait que Regina au dessus d'elle et quelque chose en elle aurait bien aimé se faire remonter les bretelles pour les écarts qu'elle était en train de faire. Elle n'avait pas répondu au seul appel qu'elle lui avait passé dans la soirée et avait bien du mal à imaginer à quoi ressemblerait leur prochaine entrevue.

- Et alors là il me propose d'aller dans la forêt, entendit-elle Ruby raconter. Et vous savez ce qu'il avait fait ? Un pique-nique !

Elle sourit vaguement à l'enthousiasme qui émanait de la jeune femme que les deux autres écoutaient avec attention. Elle l'avait interrogée un peu plus tôt dans la soirée, s'était à nouveau excusée lorsqu'elle avait appris que le loup qu'elle était ne reconnaissait pas toujours les gens qu'elle côtoyait au quotidien. Elle lui avait expliqué comment il y avait bien longtemps de cela, bien longtemps avant même que Regina retrouve ne retrouve son humanité en adoptant Henry, elle avait placé sous sa protection les êtres de son espèce quand d'autres leaders les pourchassaient pour leur vertus.

Et des années avant que Snow ne se rapproche de la sorcière, Ruby et la plupart de ses congénères lui avaient déjà accordé leur loyauté. Quelque chose qui ne se reprenait pas. Jamais. Alors évidemment le loup avait failli l'attaquer quand il avait senti l'odeur d'une inconnue dans la ville et si près du seul et unique héritier de la Reine. Aujourd'hui elle était la seule survivante de son espèce et si elle n'éprouvait plus le même plaisir à changer de peau régulièrement, elle ne pouvait y résister à chaque soir de pleine lune, tous les habitants de Storybrook respectant d'un seul et même tacite accord sa liberté en restant sagement cloîtré chez eux.

Le téléphone sonna et elle manqua tomber de sa chaise, ignorant les éclats de rire des filles.

- Commissariat, répondit-elle rapidement en attrapant le combiné au dernier moment.

- Il y a des vandales à l'hôpital.

- Des vandales ?

Elle fronça les sourcils. Elle avait vraiment cru qu'elle était parvenue à régler le problème des Lost et pour être honnête elle ne se sentait pas forcément de conduire jusqu'au complexe pour vérifier les dires de l'homme qui était en train de l'appeler.

- Il y a de la fumée dans une aile.

La phrase rajoutée à l'instant la fit se redresser et elle dut avoir l'air suffisamment sérieuse pour que les autres se taisent immédiatement.

- Vous êtes sur place ? Si vous le pouvez aller donner un coup de main, je suis là dans cinq minutes.

- Merci Shérif, je ne voulais pas vous dér...

- C'est bon, coupa-t-elle.

- Qu'est-ce qu'il se passe ? l'interrogea Belle en premier.

- Il y a un feu à l'hôpital.

- On t'accompagne.

Elle ne prit pas la peine de répondre, se contentant de s'emparer des clefs de la voiture de service qui était garée devant le commissariat, attendant à peine que tout le monde y soit monté pour appuyer sur l'accélérateur.

Devant l'hôpital, la situation semblait plus critique que ce qu'on lui avait décrite à en croire l'agitation avec laquelle docteur Whale courrait d'un patient à l'autre.

- Vous les avez évacués ?

- Oui, quasiment tous.

- Quasiment ?

- Il y a une aile qui n'a pas été touchée.

Son regard balaya le complexe. Les flammes avaient cessé de ravager le bâtiment, mais une épaisse fumée s'échappait par endroits. L'air devait y être irrespirable, imagina-t-elle. Elle n'avait jamais cru que voir le médecin lui procurerait un tel soulagement, mais elle devait bien avouer qu'il avait certainement du faire face à la situation avec brio.

- Et David ? entendit-elle Ruby demander non loin d'elle.

Quelque chose se serra dans son estomac à l'idée qu'elle ait pu oublier une seconde l'homme plongé dans le coma. Elle n'était pas sûre de ce qui arriverait à la malédiction si jamais il mourrait. Pas sûre de pouvoir un jour la briser.

- Où est David ? insista-t-elle immédiatement.

- Qui ça ?

- David Blanchard ! L'homme dans le coma !

- Toujours dans le coma, j'imagine, répondit le médecin effaçant instantanément la moindre pensée positive qu'elle avait pu avoir à son égard.

Elle ne prit même pas le temps de l'insulter, ignorant les appels de Ruby et Belle quand elle se découvrit de son brièvement de son blouson en cuir pour enlever le pull qu'elle portait en dessous. Elle n'avait pas confiance en la matière qui le composait et préféra se dévêtir du débardeur qu'elle portait en dessous pour le porter devant sa bouche lorsqu'elle s'engouffra dans l'établissement en refermant à la va vite son blouson.

Armée de la lampe de poche qu'elle avait tirée de sa ceinture, la chasseuse de prime dut faire un effort pour se souvenir du chemin qu'elle avait fait il y avait peu pour rejoindre la chambre de l'intéressée. En temps normal elle n'aurait pas eu de mal à le faire, mais l'exercice s'avérait un peu plus difficile en état d'ébriété, les poumons privés d'oxygène après avoir été emplis de produits certainement illicites que Ruby lui avait fait mettre dans des cigarettes à rouler. Si qui que ce soit mourrait, elle prendrait la peine maximale ne serait-ce que pour avoir manqué à ses devoirs.

Sans parler de la punition que lui infligerait certainement Regina.

Elle toussait déjà malgré le tee-shirt qu'elle avait roulé en boule devant sa bouche lorsqu'elle atteignit finalement la chambre du Prince et sentit son cœur cogner sa cage thoracique quand elle remarqua l'électrocardiogramme plat de l'homme toujours allongé dans son lit.

Si elle sortait vivante d'ici elle allait tuer Whale.

Nouant rapidement le débardeur autour de son visage pour disposer de ses deux mains, elle cala la lampe de poche dans la boucle de sa ceinture avant de s'emparer de la première poignée en fer qu'elle vit pour dégager le lit de la chambre.

- Non c'est pas vrai, laissa-t-elle échapper lorsqu'il refusa catégoriquement de bouger.

Elle n'aurait certainement pas du parler, réalisa-t-elle lorsqu'elle avala sa prochaine bouffée d'air qui provoqua une nouvelle toux. Elle allait sortir d'ici avec les poumons d'un fumeur ...

N'écoutant que son instinct, elle débrancha tous les fils qu'elle avait autrefois observé de longs moments en se demandant si leur absence tuerait l'homme et dégagea d'un coup violent les draps du lit pour les réunir en une seule poignée et tirer de toutes ses forces dessus pour faire tomber le malade à terre. Dans sa chute le corps sans vie l'entraîna par terre, explosant leur seule source de lumière et elle ne retint pas son cri de rage.

À bout de souffle elle s'autorisa à avaler une nouvelle bouffée d'air vicié, la vue d'une flamme qui courrait par terre la faisant immédiatement paniquer et recommencer à respirer trop fort. La blonde balaya du regard tout ce qui était à sa portée dans la pièce, tombant à plusieurs reprises sur des appareils dont le logo " inflammable " luisait légèrement dans la lueur du feu qui avait recommencé à brûler.

- Bordel de merde David, j'essaie de vous sauver, mettez-y du votre ! s'écria-t-elle inutilement en le repoussant de toutes ses forces pour se relever.

Si elle avait cru ce matin qu'elle allait être cassée, ses efforts à répétitions étaient en train de lui faire douter qu'elle puisse un jour récupérer un dos en bon état.

Quelqu'un toussa à côté d'elle et elle paniqua à l'idée que quelqu'un d'autre puisse être bloqué avec elle, sursautant quand une main se referma sur son bras.

- Qu... Je...

Elle resta effarée quelques secondes en découvrant pour la première fois le regard clair, certainement bleu qui la dévisageait avec l'air perdu de quelqu'un qui ne sait pas où il est.

- Suivez-moi, trouva-t-elle uniquement à dire.

La chasseuse de prime se releva avec hâte, tendant sa main à l'homme qui n'avait toujours pas l'air d'avoir compris ce qui se passait mais finit par accepter de se relever. Evidemment, quand on avait pas marché depuis vingt-huit ans, le retour à la réalité était dur et la malédiction si elle l'avait apparemment empêché de vieillir, n'avait en rien préservé ses muscles qui manquaient se dérober à chaque pas qu'il tentait de faire.

Ce fut elle qui le porta presque jusqu'à la sortie qu'elle repéra aux gyrophares d'un camion de pompiers. À l'air libre elle se libéra avant tout du tissu qui obstruait sa bouche, inspirant pour la première fois depuis de trop longues minutes quelque chose qui ressemblait plus à de oxygène qu'à de la fumée.

- David ?!

Elle crut reconnaître la voix de Belle, mais son regard avait déjà rencontré celui d'ébène de la femme qui s'était inhabituellement habillée d'un jean noir et d'une simple chemise blanche. Elle ne fit pas attention au reste, remarquant à peine lorsque le poids qui reposait contre elle depuis qu'elle l'avait relevé de la chambre d'hôpital se déroba, sentant le choc se répercuter à quelques centimètres de ses pieds avant que sa vision ne soit envahie par une fumée violette.

- Regina ? demanda-t-elle en la remarquant soudain très près d'elle.

- Taisez-vous.

Elle sentit une main ouvrir son blouson pour se refermer autour de sa gorge, l'envahissant d'une étrange sensation.

- David Blanchard, parvint-elle à articuler d'une voix qui ne lui ressemblait pas.

La brune ne lui répondit pas, les yeux baissés sur le chemin qu'elle traçait d'une main brûlante de sa gorge jusqu'à sa poitrine.

- Votre magie. C'est votre magie que je sens ?

- Oui.

- Vous arrivez à me lancer un sort ? s'étonna-t-elle.

- Est-ce qu'il faut aussi que je vous rende muette comme la dernière fois ?

Elle ne répondit pas, tentant d'échapper à l'emprise de la femme pour vérifier l'état de l'homme qu'elle avait semble-t-il sauvé.

- Comment va David ? insista-t-elle.

- J'ai l'air de me préoccuper de lui Miss Swan ?

- Non, répondit-elle honnêtement en sentant un poids s'évaporer de ses poumons.

- Parce que ce n'est pas le cas, confirma la sorcière.

Son regard se détacha enfin de la tâche qu'elle était jusque là en train d'accomplir et la blonde vit passer du mécontentement dans les iris mangés par les pupilles dilatées par l'obscurité.

- Vous aviez bu.

- Oui, confirma-t-elle sachant qu'il était inutile de mentir.

- Et vous êtes droguée.

- Mais j'ai sauvé David Blanchard, rappela-t-elle.

- Et bien ne tentez jamais de me sauver, l'entendit-elle souffler plus pour elle même que pour qui que ce soit d'autre.

La remarque la fit froncer les sourcils mais elle parvint à se retourner pour assister au spectacle du corps inerte de David que deux hommes étaient en train de remonter sur un lit médicalisé.

- Qu'est-ce ... Il est ...

- Dans le coma, l'informa immédiatement Ruby arrivée à ses côtés.

- Je ... Il était debout quand on est sortis hein, j'ai pas rêvé ?

- Non, je l'ai vu moi aussi, confirma-t-elle avec un sourire en coin.

Elle sentit la main du Maire qui était restée dans son dos y faire pression pour qu'elle se retourne vers elle et un instant elle eut peur d'être démasquée.

- Rentrez chez vous, vous avez suffisamment joué les héros, Graham et moi nous occupons du reste.

- Non, c'est b...

- C'est un ordre.

Elle l'observa quelques secondes en silence, son visage éclairé par l'étrange lumière qui éclairait les lieux, ses yeux irrémédiablement attirés par la cicatrice qui creusait sa lèvre supérieure.

- J'ai envie de vous, s'entendit-elle dire.

Sa respiration fut à nouveau coupée quand la brune fit un pas de plus vers elle, visiblement insensible au monde qui les entourait et ceux qui pouvaient certainement les voir.

- Et moi de vous punir. Chaque chose en son temps Miss Swan. Pour l'instant je vous ai ordonné de rentrer chez vous.

- Oui Majesté ...

Cette fois le surnom provoqua un sourire en coin, la sorcière lui jetant un dernier regard perçant avant de s'éloigner vers des voitures

.

..

.

Le lendemain matin il n'y avait personne dans son lit pour la faire sourire lorsqu'elle fut réveillée par l'alarme de son téléphone. Elle avait bien essayé de convaincre Regina de passer la nuit avec elle, mais si elle avait d'abord cru détecter une once d'intérêt dans ses yeux lorsqu'elle s'était occupée d'elle à la sortie de l'hôpital, sa façade de Maire était bien vite retombée en place, effaçant toute chaleur de son visage pour faire place au masque de la politicienne qui donnait des ordres d'une main de fer.

Résignée et sans avoir pu échanger un mot de plus avec elle, elle avait raccompagné Belle et Aurore, arrêtant Ruby chez Mary Margaret qui avait certainement passé la fin de sa nuit auprès de David dans les tentes dressées pour l'occasion dans le jardin du complexe hospitalier. Elle savait déjà qu'elle allait devoir enquêter sur l'affaire pendant toute la journée, c'était certainement le genre d'événement qui justifiaient l'existence même de son poste et il y avait peu de chances qu'ils se multiplient. Elle commencerait par chercher auprès du directeur et elle interrogerait sans nulle doute le Maire à propos de l'entretien qu'ils avaient eu le matin même.

La seule chose qui la réjouissait était le message qu'elle avait reçu la veille de la part du garagiste qui l'informait qu'elle allait pouvoir récupérer sa vieille voiture jaune.

La jeune femme eut son premier véritable sourire de la journée en entendant le ronronnement familier de la coccinelle lorsqu'elle eut tourné la clef dans le tableau de bord. Evidemment la petite voiture n'avait pas l'armada de gadgets électroniques que tous les autres modèles qu'elle avait choisi d'avoir pour son travail, mais la petite voiture lui rappelait toujours avec émotion ses débuts en tant que voleuse.

- C'est parfait, laissa-t-elle échapper devant le garagiste qui l'observait toujours avec un sourire en coin.

Elle avait beau eu apprécier l'alfa de Graham, rien ne vaudrait jamais sa vieille Wolksagen. Comme une enfant elle agita sa main en guise d'au revoir et s'élança au quart de tour dans la ville. Au restaurant, elle fut servie par Granny qui la prévint que Ruby était partie livrer un petit déjeuner à la librairie et elle fronça les sourcils, étonnée à l'idée que la serveuse ait quitté le confort du restaurant pour apporter un repas.

- Belle est malade ?

- Non trop occupée pour sortir, fut la seule réponse qu'elle obtint.

Elle s'empara du sachet en papier qui lui était tendu avec un gobelet de café en fronçant les sourcils. Dans son métier il lui avait souvent dit que sa curiosité la perdrait. Si elle la poussait souvent à faire des découvertes que d'autres lui enviaient, elle devait bien avouer que son trait de caractère l'avait plus d'une fois conduite dans des situations plus que dangereuse.

Ce qui était à nouveau le cas, pensa-t-elle lorsqu'elle se précipita derrière une série d'étagère de la bibliothèque dans laquelle elle était rentrée.

Assise en tailleur sur le bureau qu'elle occupait habituellement, Belle observait avec un intérêt calme un immense loup noir faire face à Regina Mills.

- Je n'y arrive pas.

- Concentrez-vous Regina.

- Belle cessez de me me donner des ordres.

- Je ne ...

Elle fut interrompue par le grondement de la créature qui perdait visiblement patience et tenta un nouveau coup d'œil en direction de la drôle d'assemblée. Son regard croisa deux spots jaunes qui arrêtèrent momentanément son cœur de battre et elle se demanda brièvement si Regina la sauverait à nouveau quand la bête lui sauterait dessus.

Écoutant certainement son intuition de chasseuse de prime, la jeune femme sortit du coin où elle s'était tapie, levant les deux bras dans l'espoir que le loup comprenne qu'elle ne lui voulait aucun mal. La dernière chose qu'elle vit avant qu'elle ne ferme les yeux d'effroi fut le bond qu'il amorça dans sa direction.

- Emma ! entendit-elle juste avant d'être précipitée à terre par la masse de poil et de muscles qui venait d'atterrir sur elle.

Son cri ne fut pas celui qu'elle avait imaginé, redoutant la douleur qui serait certainement venu en cas de morsure. Non. Ce fut de la surprise et certainement un peu de dégoût qui la fit rouvrir les yeux en criant lorsqu'une langue d'une vingtaine de centimètres laboura son visage.

- Oh mon dieu !

Le rire de Belle raisonna dans toute la pièce et elle fut étonnée de ne pas entendre de remontrance de la part de la sorcière qui semblait de mauvaise humeur quelques secondes auparavant.

- Arrête ! Ruby arrête, c'est dégueulasse.

- Elle ne vous comprend pas, vint enfin la voix basse qui ne manqua pas redresser sa colonne vertébrale.

Apparemment elle eut aussi un effet sur la bête qui s'arrêta presque aussitôt, retournant à sa place pour la laisser à terre, essayant en vain de se débarrasser de ce qui mouillait son visage.

- Emma tu avais besoin de quelque chose ? demanda la bibliothécaire.

- Euh ... Non. J'étais curieuse, avoua-t-elle.

- C'est un vilain défaut Miss Swan, prévint Regina qui avait apparemment abandonné toute tentative de réussir ce qu'elle était en train de faire lorsqu'elle s'était infiltrée dans le bâtiment.

- Qu'est-ce que vous étiez en train de faire ? osa-t-elle demander.

- Regina essaye de se ...

- Stop, coupa l'intéressée en lançant un regard noir à Belle.

- Oh ! Je suis désolée, sembla-t-elle réaliser.

Emma les observa quelques secondes communiquer en silence avant que la Reine ne s'avance vers le loup qui était toujours posté à moins d'un mètre d'elle pour passer une main dans le pelage de sa tête. Ce ne fut qu'à ce moment qu'elle aperçut le collier qu'elle portait, un cercle d'argent ouvragé enroulé autour de son cou, certainement l'objet dont elle lui avait parlé la veille au commissariat. La créature émit un petit son avant de retourner auprès de la bibliothécaire qui lui tendit une grande cape rouge dont elle fut rapidement recouverte.

Elle ne vit pas l'intégralité de la transformation, parvenant à peine à distinguer les pattes velues rétrécir et changer de couleur pour devenir de longs bras à la peau claire.

- Ruby ? interrogea-t-elle quand elle ne parvint plus à distinguer la silhouette imposante de la créature.

- Oui.

La voix était rauque, comme si elle ne l'avait pas utilisée depuis des lustres ou qu'elle devait apprendre à s'en servir et l'espace d'un instant elle essaya en vain d'imaginer la sensation que l'on pouvait éprouver. Mais Ruby lui avait soutenu que c'était loin d'être agréable ...

- Tout va bien ? s'assura-t-elle.

- Tout ira bien.

Elle allait s'approcher quand elle fut scotchée sur place par un regard impérieux de la mère d'Henry qui choisit ce moment pour sortir de son immobilité et avancer vers elle.

- Venez, l'entendit-elle ordonner quand elle la dépassa.

La chasseuse de prime leva les yeux au ciel, adressant un sourire d'excuse à ses deux amies avant de suivre la direction que la brune venait de prendre vers la sortie.

- Qu'est-ce qu'il y a ? demanda-t-elle en avalant une bouchée de son déjeuner.

- Je n'apprécie pas votre attitude.

- Oui, ça semble récurent non ? se moqua-t-elle.

Regina s'immobilisa en plein milieu du trottoir et elle se demanda si elle allait avoir droit à une crise en plein public.

- Pardon ?

- Je vous pardonne.

Elle regretta sa réponse automatique à l'instant même où elle sortit de sa bouche, la sorcière anéantissant la distance qui les séparait pour la prendre par le col de son blouson.

- Emma, il y a certaines règles qui vont devoir être clairement définies ...

- Hey !

Quelque chose se brisa en elle lorsqu'elle entendit la voix intervenir, sans doute essayer d'interrompre ce qui se passait sous ses yeux et elle lut l'incompréhension dans les yeux de la brune. Parce que qu'importe ce qui avait déjà pu arriver entre elles, Emma n'avait jamais essayé de se dégager de son emprise avec autant de violence.

- Qu'est-ce qu'il se passe ? entendit-elle la sorcière demander par dessus les battements de son cœur qui venaient d'envahir ses tympans.

- Il faut que je parte, parvint-elle à répondre.

- Emma ?!

Le ton était interrogateur, peu sûr de lui et il finit par attirer suffisamment l'attention du Maire pour qu'elle détache son regard inquisiteur de sa proie. La blonde garda les yeux fixés sur son profil parfait, refusant de tourner la tête, de réaliser que ce qu'elle craignait n'était pas une hallucination. Les sourcils bruns se froncèrent.

- Et qui êtes vous ? l'entendit-elle demander sur le ton de la Reine qu'elle avait probablement été autrefois.

L'autre sembla ignorer sa question et elle le vit avancer dans sa périphérie, l'examinant certainement de plus prêt.

- Emma !

Comment avait-il fait pour la retrouver ? Storybrook n'était sur aucune carte ... Quelles chances y avait-il pour qu'il se soit égaré dans les environs et la croise en pleine rue ?

- Non ... laissa-t-elle échapper à voix basse, consciente que son ton frôlait la supplique.

Sa réponse ne parvint certainement pas aux oreilles de l'intéressé mais fut largement entendue par la brune dont quelque chose émana en vagues. De la magie certainement et de la jalousie à en juger par la phrase qu'elle prononça la seconde d'après sur le ton de quelqu'un qui exige des réponses.

- Vous vous connaissez ?

L'espace d'un instant la blonde fut submergée par l'aura de la sorcière dans laquelle elle aurait facilement put se complaire. Protégée. Elle se sentait protégée. Il y avait quelque chose d'extrêmement rassurant à se sentir près d'une femme qui semblait pouvoir anéantir la moindre menace, le moindre obstacle d'un claquement de doigts sans se soucier des conséquences.

Et la réalisation qu'elle avait déjà ressentit ça la fit frissonner. Elle s'était promis il y avait longtemps de ne jamais plus se noyer dans cette sensation. Le vertige qui s'empara d'elle manqua la faire tituber, la main de la brune se resserrant autour de son blouson et elle n'expliqua pas l'élan de soulagement qui manqua la pousser à l'embrasser en pleine rue lorsqu'elle croisa le regard d'ébène teinté d'inquiétude.

- Il faut que je parte, répéta-t-elle.

- Non.

- Emma, est-ce que ...

- Non !

Cette fois elle avait crié, se dégageant de l'emprise que la mère d'Henry avait encore sur elle. La scène lui rappela étrangement sa fuite dans le parking sous terrain de l'hôtel de Boston. Elle s'enfuyait déjà vers sa voiture. Sauf que cette fois Regina n'était pas trop accaparée par quelqu'un d'autre pour la rater. Elle sentit avant de la voir la magie se déchaîner et se retourna à temps pour voir des lianes épineuses jaillir du sol goudronné pour visiblement tenter de l'attraper avant d'heurter un mur invisible à quelques millimètres d'elle.

Elle sourit en réalisant que la magie de la sorcière ne l'avait que momentanément atteint l'autre nuit lorsqu'elle était parvenue à la faire taire attachée aux barreaux de son lit.

- Miss Swan ...

Il y avait un avertissement à ne pas prendre à la légère dans le ton de la brune, mais elle ne pouvait pas l'écouter, sortant les clefs de sa voiture d'une poche de son jean. À quelques mètres de là elle lut la surprise dans les yeux de l'homme qu'elle n'aurait jamais voulu recroiser et se maudit pour la première fois d'avoir tenu à garder la Coccinelle.

Par réflexe elle manqua faire un bond de côté pour éviter les branches qui avaient repris leur course avant de réaliser qu'elles ne la visaient plus.

- Non !

Elle avait l'habitude de sentir la rage s'emparer d'elle, la panique l'étouffer et envahir l'air comme une brume difficile à respirer et l'impression fut la même lorsque la vague d'énergie sembla la traverser, fissurant le goudron de la rue avant d'aller se fracasser en un choc invisible contre les ronces qui s'effritèrent avant d'avoir atteint leur cible.

Emma ne prit pas le temps de réfléchir, ignorant la lueur qui brillait dans les yeux de la brune, refusant catégoriquement de reconnaître la présence de celui qui tentait visiblement de communiquer avec elle. Son désir de fuir éclipsait l'existence du moindre obstacle et sa respiration ne reprit que lorsqu'elle se fut suffisamment éloignée de la scène, pied au plancher.

- Putain ...

Elle dut s'arrêter sur le bas de côté une cinquantaine de kilomètres plus loin, réalisant qu'elle était sortie de Storybrook depuis bien longtemps quand elle remarqua le panneau au pied duquel elle venait de vider son estomac de ce qu'elle avait à peine eut le temps d'avaler depuis qu'elle s'était levée.

Son café était froid depuis longtemps et elle dut s'arrêter sur une aire d'autoroute pour se contenter de celui que lui servit un jeune homme qui lui laissa son numéro de téléphone sur un ticket de carte bleue qu'elle jeta avant même de remonter dans sa Wolkswagen.

Elle ne s'arrêta que lorsqu'elle eut atteint Boston, son estomac grondant par dessus le bruit de la radio qu'elle avait choisi d'écouter en chemin. La jeune femme gara en hâte sa citadine devant un restaurant où elle avait eu pour habitude il y avait peu encore de venir s'approvisionner avant de retourner à l'appartement.

- Bonjour Emma !

Elle sourit au serveur qui avait eu le temps d'apprendre son prénom et fut envahie par une vague de mélancolie étrange à l'idée que les habitudes qu'elle avait prises pendant des années à Boston et ailleurs avaient immédiatement été effacées, sans le moindre regret à l'instant même où elle avait posé un pied à Storybrook.

- Bonjour John, je peux avoir mon café ?

- Bien sûr.

- Et euh ... Un menu club house, s'il vous plaît.

- Avec quoi en dessert ?

- Euh, je regarde ...

- Pas de problème, vous étiez partie en vacances ?

- Pas exactement, répondit-elle en observant la ligne de muffin et tartes diverses.

Quelque chose se passa dans son dos, un changement soudain dans l'air qui fit se dresser tous les cheveux de sa nuque. La jeune femme allait relever la tête vers le serveur mais fut prise d'un vertige, portant ses deux mains à ses oreilles soudain sourdes. Elle se rattrapa de justesse au comptoir devant lequel elle était, croisant le regard vide du jeune homme qui semblait immobilisé en plein geste, un bras tendu vers elle pour lui donner un gobelet de café.

Et puis elle réalisa qu'elle n'était pas sourde.

Parce qu'elle entendait distinctement le bruit de talons qui claquaient sur le sol de l'établissement. Ils seraient sans doute passés inaperçus d'habitude, mais dans un environnement parfaitement figé et silencieux, ils raisonnaient dans toute la salle. Prenant son courage à deux mains, la blonde se retourna pour faire face à celle qui avançait au milieu des clients immobilisés comme si elle avait fait ça toute sa vie.

Il y avait quelque chose au fond des yeux d'ébènes, la lueur d'habitude violette plus sombre à présent et elle se demanda brièvement quelle était la réelle étendue de ses pouvoirs. Et puisque arrêter le temps d'une simple main qu'elle tenait levée au niveau de son épaule ne semblait pas lui demander plus d'effort que de déplacer un objet d'un bout à l'autre d'un pièce, comment était-elle censée briser une malédiction lancée par des êtres aussi puissants qu'elles ? Comment était-elle censée lui survivre ?

Le souffle coupé elle observa la sorcière s'approcher d'elle jusqu'à l'effleurer, arrachant des mains du serveur le café qui lui était initialement destiné.

- Miss Swan, grimaça-t-elle certainement au goût du café qui n'était pas à sa convenance.

- O...Oui ?

- Il me semble que nous n'avions pas fini notre conversation ...

Elle sursauta au bruit du gobelet reposé sur le comptoir, balayant la pièce du regard à la recherche d'une issue, d'une distraction ou de la moindre personne qui auraient pu lui venir en aide, mais aussi loin qu'elle pouvait voir au travers des immenses baies vitrées du restaurant, même la circulation s'était arrêtée.

.

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Oui, je sais, décidément mes fins de chapitre sont de pire en pire pour Emma xD