Salut à tous ! Déjà, bonne année et bonne santé, et tout plein de bonheur pour 2015 si je vous l'ai pas déjà souhaiter ailleurs !
Ensuite, je veux remercier tous ceux et celles qui ont commenté le chapitre précédent (je vais pas faire la liste ce soir, trop crevé pour ça, désolée).
Enfin, je tiens à vous signaler que fautes d'idées, je vais accélérer certainement les choses. Notamment ici, alors que nous avions quitté les Shirohige à leur première rencontre avec les Roger Kaizoku, ici, nous disons déjà au revoir à cette bande de fou... Je sais pas ce que donnera les prochains chapitres, donc, vous attendez pas à des updates avant un petit moment.
Vous êtes prévenue !
Sur ce, bonne lecture.
Frey resta perché sur la voile, ayant pitié de Marco qui se tenait aux côtés de leur paternel. Comment ne pas avoir pitié de lui quand il était face à deux D.
Garp et Roger.
Le pire était que Garp était totalement bourré, et raconterait des trucs presque impossibles à comprendre.
- Une idée de son problème ? demanda Rayleigh à Marco.
- Pas la moindre. Comprendre la langue des soulards n'était pas requis dans le poste, yoi, soupira Marco en se frottant le crâne. Oyaji, pourquoi on a jeté l'ancre sur cette île ?
Marco essayait à tout prix de ne pas paraître plaintif.
- Parce qu'il fallait bien refaire nos provisions, mon fils ! sourit Shirohige.
- J'vous emmerde tous ! Hic ! leur dit Garp de là où il était assis sur le quai. Tous autant que vous êtes… pirates… révolutionnaires ! Hic ! Des bons à rien !
- Mais oui, Garp, mais oui, fit Roger avec un sourire sous sa moustache. Dis à tonton Roger ce qui va pas !
Et à leur grande surprise, Garp se mit à chialer comme un gosse. Merde, alors qu'il commençait à dire des trucs intelligibles, il se mettait à pleurnicher !
- Confirmation, cet homme est fou. Je regrette toutes les fois où j'ai dit la même chose de toi, partenaire, fit Rayleigh à Roger.
- Oyaji, on peut pas en profiter et genre le faire disparaître, ici et maintenant ? On a déjà assez de soucis avec Shiki et ces idiots qui n'ont pas besoin d'être cités… s'enquit Marco à Shirohige.
- Hey ! Je te permets pas, gamin ! s'offusqua Rayleigh.
- Gurararara ! Non fils, ça serait pas amusant !
Et Garp se mit à pleurer encore plus fort.
- DRAGOOOOOOOOOOOOOOON !
- Vous voulez le ramener à Sengoku, yoi ? demanda Marco avec espoir aux deux autres, qui étaient toujours sur l'Oro Jackson, juste à côté du Moby Dick.
- Oh non non non ! Moins je le vois, mieux je me porte, refusa Rayleigh.
Roger sauta à terre et se pencha vers Garp, la tête inclinée sur un côté, réfléchissant.
- Qui est Dragon, Garp ?
- Mon vfiiiiiiiiiiils !
- Garp a un fils ? Whouawe… j'ai de la peine pour le môme, commenta Marco.
- Et qu'est-ce qu'il se passe avec ton gosse, Garp ? s'enquit Shirohige.
- Il veut pas devenir un marine ! Il est parti devenir révolutionnaire ! Hic !
Ah, tout s'expliquait…
Marco eut un soupir exaspéré. C'était pas permis de lui faire subir un truc pareil… Et pendant ce temps, Roger essayait de consoler Garp avec des 'yoshi yoshi, c'est fini, mon gros.'.
Le monde avait perdu toute logique…
Frey fit sa route jusqu'à Marco qui semblait au bord du suicide, s'il en jugeait par sa tête. Et vu la façon dont Silver Rayleigh souriait en éloignant Shanks du blond, le rouquin avait encore frappé.
- Je hais les roux, yoi, commenta Marco, un nuage de déprime au-dessus du crâne.
- Que Thatch ne t'entende pas, il va déprimer, pointa Frey en portant sa choppe à ses lèvres.
Les deux commandants tournèrent la tête pour voir Shirohige rire à quelque chose que Roger venait de raconter.
- J'aime entendre Oyaji rire, fit Frey. Je me dis que s'il peut rire, malgré les horreurs du monde, alors…
- Je vois ce que tu veux dire. J'apprécie tout autant. Le savoir assez heureux pour rire me fait du bien, après tout ce qu'il a fait pour nous… souffla Marco.
- Il en fait énormément pour chacun de nous au quotidien.
C'est là que Roger se leva et les rejoignit.
L'homme qui était depuis quelques mois le Seigneur des Pirates n'avait pas changé de celui qu'ils avaient nombre de fois affronté sur l'océan. Le même avec qui ils avaient bu comme des trous de nombreuses fois. Il avait toujours ce sourire aux lèvres, immense, avec un brin de mystère.
- Je voulais te voir, Marco.
- Qu'est-ce que t'as fait, l'oisillon ?! taquina Frey en donnant un petit coup de coude à son ami.
- Je vois pas pourquoi le rapace déplumé que tu es s'en occupe, répondit Marco. Que me veux-tu, Roger-san ?
Roger passa un bras autour des épaules de Marco, le surprenant, d'autant plus qu'il avait un sourire encore plus grand sous sa moustache et que ses yeux brillaient de joie.
- Je veux te remercier d'avance, parce que je sais que je ne pourrais pas le faire quand ça sera d'actualité.
- Me remercier d'avance, yoi ?
- Exact… pour mon enfant, et mes petits-enfants. Vous avez ma bénédiction. N'écoute pas Rayleigh râler, qu'il l'avoue ou non, il aurait fait un très bon père.
Marco n'avait rien saisi du tout.
- Je sais pas ce que tu es allé foutre ces quelques mois hors de la Grand Line, mais t'as dû perdre le peu de sens commun que tu avais, yoi, commenta Marco. Ou alors, tu es totalement saoul. L'un n'empêche pas l'autre.
Frey était mort de rire dans son coin, luttant pour retrouver son souffle.
- Je sais ce que je dis, et tu le sauras dans une vingtaine d'années, dit Roger.
Et il laissa Marco seul pour retourner tenir compagnie à Shirohige.
- Pourquoi Frey se marre ? demanda Blenheim en les rejoignant.
- Roger a perdu la boule et ça fait marrer les aigles, soupira Marco.
- Je vois ça.
Shirohige attendait le journal. Pas avec impatience, mais plus avec un sentiment de peine.
Frey voyait cela, et ne le comprenait pas.
Il y avait trois jours, leur père avait rencontré seul Roger sur une île, peu après qu'ils aient rencontré Rayleigh, étrangement seul lui aussi, passager clandestin sur un navire de plaisance en escale sur une île qu'ils avaient en quelque sorte pris en affection.
« Roger a dissous l'équipage. Je laisse tomber la piraterie, je me retire, j'ai une mission très importante qui m'attend. Je sais pas ce que feront les autres. Crocus suivra sans doute la même voie de la retraite, mais je pense que les jeunes vont poursuivre. » leur avait dit Rayleigh.
Il avait refusé de dire pourquoi Roger, le Kaizoku Ou, avait décidé de tout arrêter alors qu'il était au sommet de sa gloire. Néanmoins, Rayleigh avait signalé que Roger voulait rencontrer Shirohige une dernière fois.
Newgate avait accepté la rencontre, et il était revenu trois jours auparavant, masquant de son mieux sa tristesse.
Quand un Marco solennel vint présenter le journal à leur paternel, Frey devina son contenu en reliant les points. Leur Oyaji ne fit que le confirmer quand après un coup d'œil à la Une, il se leva pour prendre la parole, attirant l'attention de tout le monde.
- Gol D. Roger vient d'être arrêté par Genkotsu no Garp. Il va être exécuté.
- Tu l'as vu venir ? souffla Frey à Marco.
- Un peu, avoua tout aussi bas le Phénix.
- La Grand Line ne sera plus la même, après son exécution. Et je compte m'assurer que notre équipage ait une part dans cela, annonça Shirohige.
- Comment ça, Oyaji ? s'enquit Namur.
- Tu crois capable Roger de mourir sans faire de vague ?
- Aussi impossible que demander à Thatch d'arrêter de courir après tout ce qui a une jupe et de longues jambes, soupira Blenheim.
- Hey ! Au moins, je profite de la vie ! s'offusqua le jeune cuistot.
- Et à continuer comme ça, tu vas te chopper une MST, alors ne viens pas pleurer quand ça sera fait, avertit Cassandra.
- Oui Onee-chan… marmonna Thatch.
- Onee-sama quand je te remets à ta place ! rabroua moqueusement la blonde en lui donnant une gentille tape sur le bras.
- Pour revenir au sujet d'origine, qui n'est en rien la vie sexuelle du petit-frère, fit Frey. On peut s'attendre à quoi ?
- Je pense à la naissance de l'Âge d'Or de la piraterie… j'aimerais que nous nous dirigions vers l'île Gyojin. Si ce que je pressens va vraiment arriver, je préfère commencer par cette île. Elle sera la plus touchée.
- Eh ? s'étonna Haruta.
- Qui dit augmentation de pirates, dit plus de passage sur l'île Gyojin, expliqua Namur à la jeune femme. Et si y'a plus de passages, les possibilités qu'on enlève quelques-uns de mes compatriotes augmentent. Mais je ne saisi pas tes sous-entendus, Oyaji. Que veux-tu ?
Le sourire de Shirohige était prédateur.
- En faire mon territoire ! Quiconque s'en prendra à l'île et ses habitants, aura affaire à moi ! Que pensez-vous de l'idée mes enfants ?!
Plus d'un en resta bouche bée. Namur semblait sur le point d'élever leur père au rang de Dieu.
- Vu le silence, je pense que la nouvelle est acceptée, pronostiqua Marco.
- J'ai une mission pour vous deux, annonça Shirohige en regardant les deux zoans.
- De quoi s'agit-il ? s'enquit Frey.
- Nous ne serons jamais à temps sur les lieux de l'exécution, si ça a lieu hors de la Grand Line. Mais avec vos ailes, vous pouvez être n'importe où très rapidement. Je voudrais que vous alliez assister à son exécution, cela promet d'être intéressant, ou au moins, de rassembler des personnages intéressant. Pour ce qui est de lui rendre un dernier hommage, ça dépend de vous. Néanmoins, je soupçonne un rassemblement important, ce jour-là, et je pense que plus d'une personne présente sera un grand nom dans le futur. Alors, soyez attentif.
- Bien Oyaji, acceptèrent les deux commandants.
- En vous attendant, nous ferons voile pour l'île Gyojin. Vous aurez un denden avec vous. De toute façon, nous avons besoin d'un autre navire… on commence à être de nouveau à l'étroit !
Et ça le fit rire.
Frey eut un sourire. Leur famille devenait chaque jour un peu plus grande. Il avait déjà vingt personnes sous ses ordres, comme ses frères. Il avait parié avec Izou le nombre maximum qu'atteindrait leur équipage. Il avait dit dans les mille et son frère cinq mille.
Faire la course avec Marco était assez drôle. Malgré son rapide apprentissage, Frey gardait l'expérience pour lui, faisant que le Phénix arrivait majoritairement en second. La distance ne cessait de diminuer entre leur niveau, mais elle restait là.
Ils finirent par décider de se poser à Shabaody, vers le coucher du soleil. Voyant le retour de la nervosité du plus jeune, Frey prit les choses en main. Il décida qu'ils se reposeraient cette nuit, qu'ils prendraient quelques provisions et reprendraient leur voyage rapidement. Ils se reposeraient plus longuement sur une autre île. Frey n'aimait pas voir les regards nerveux que jetait son petit frère dans la direction qu'il savait être celle de Marie Joa. Quoi que fasse le temps, la peur resterait là.
- Frey, regarde un peu, yoi.
Frey attrapa le journal que lui lança Marco, et manqua trébucher sous la surprise en voyant la Une.
Shiki avait été capturé.
- D'abord Roger, puis Shiki. Garp-san se sent plus en ce moment, commenta Frey. Je suis inquiet pour Oyaji.
- De même, mais nos frères sont là pour le défendre… du moins, c'est ce qui arrivera si Thatch n'est pas encore en cuisine à essayer de décrocher les couteaux du plafond. Je vais finir par me dire que le navire est hanté, yoi.
- Il est pas assez vieux pour ça, contredit Frey.
- Peut-être, mais nous avons perdu des frères. Nous continuons d'avancer, mais nous avons eu des morts. Tu peux pas le nier. Si le navire était hanté, ça viendrait de ça, yoi. Rien qu'il y a six mois, on a failli perdre Speed dans une escarmouche avec Sengoku. Combien de têtes de nos frères et sœurs sont tombés devant le Buddha de la Marine ?
Frey jeta le journal sur l'un des lits de la chambre d'hôtel qu'ils avaient prise.
- Les journaux ont toujours le don de conduire à des sujets de conversation qui dépriment.
- Raison pour laquelle je vais me coucher. Oyasumi.
- A toi aussi.
Frey et Marco arrivèrent juste à temps à Loguetown. Il y avait déjà une foule immense, faisant que comme beaucoup de hors-la-loi, ils préférèrent se mettre sur un toit.
- On va avoir une belle tempête dans peu de temps, pronostiqua Marco en regardant les nuages qui commençaient à s'amasser dans le ciel.
- Et voici l'orage terrestre qui arrive, pointa Frey.
Il montra du doigt l'escorte de Roger. Malgré les fers, il restait droit et souriant. On ne pouvait pas dire qu'il ne dégageait pas une certaine aura qui réduisit au silence la foule.
- Même sur le point de mourir, il garde cette aura et ce sourire… commenta Frey en s'accroupissant sur le toit.
- C'est le Maître des Océans, le Roi des Pirates. Il s'apprête à mourir comme le veut son titre… souffla Marco.
Le silence revint, juste troublé par le vent et les quelques mouvements de la foule. Etrangement, les pas de Roger raisonnaient bruyamment sur les pierres de la place, puis sur le bois des marches menant à l'échafaud.
Il se laissa tomber avec une moue, assis sur la plateforme, quand on refusa de lui retirer ses entraves.
C'est là que quelqu'un dans la foule interpella le Kaizoku Ou au sujet du fameux trésor : La One Piece. Les Shirohige eux-mêmes avaient entendu des rumeurs à ce sujet. Si c'était véridique ou pas, ça restait à voir. Frey n'y croyait pas, mais Marco si.
Le rire de Roger raisonna clairement jusqu'à eux alors que les deux hommes à ses côtés s'apprêtaient à l'exécuter.
- Mon trésor, ka ? Je vous le laisse, si vous voulez. Trouvez-le ! Je l'ai laissé quelque part dans ce monde !
Et ce fut les dernières paroles du Seigneur des Pirates, Gol D. Roger.
En réponse, la foule rugit, alors que la tempête éclatait. Roger venait d'allumer une flamme dans le cœur des hommes. Une flamme qui ne serait pas prête de s'éteindre. Les deux Shirohige baissèrent la tête un instant, en signe de recueillement.
Dans la foule, Marco repéra Shanks et Buggy en larmes en train de se disputer durant leur fuite. Pendant un instant, Marco eut de la peine pour ce rouquin qui passait son temps à le faire chier, en règle générale. Il ne voulait pas imaginer dans quel état il serait s'il devait perdre lui-même son capitaine. Du regard, il nota d'autre visage qui commençait à faire parler d'eux… Doflamingo, Crocodile… Il remarqua l'absence de Garp. Apparemment, le rival de toujours n'avait pas jugé utile de se déplacer pour dire adieu à Roger. Ou alors, il l'avait fait avant, à Impel Down.
- Il est temps d'y aller, non ? souffla Frey.
Marco approuva du chef et ils prirent leur envol pour retourner à la Grand Line.
Frey se sentait pas bien dans sa peau.
En quittant son île natale, il avait laissé sa sœur, veuve et enceinte, derrière lui. Il lui avait envoyé autant d'argent que possible pour s'assurer qu'elle ne manquerait de rien, mais c'était tout.
Marco sentit qu'il avait besoin d'être seul, aussi lui dit-il qu'il se reposerait à l'auberge, et réfléchirait peut-être à prendre un peu de bon temps.
En gros, Frey n'avait pas intérêt à revenir à l'auberge.
C'était pourquoi il venait de se prendre une gifle monstre de sa sœur et une engueulade du siècle.
- Pourquoi tu cris maman ?
Frey remarqua pour la première fois le petit garçon au regard curieux qui venait de descendre l'escalier.
- Rien, Kennichi. Va jouer dehors, lui dit sa mère.
Le petit garçon regarda Frey avec perplexité, mais obtempéra.
- Entre, ça sert à rien de t'engueuler de toute façon, tu as toujours été comme ça, grogna la femme.
- Merci, Katarina.
Marco s'était trouvé un coin tranquille sur les quais pour regarder la mer, quand il remarqua des pirates s'en prendre à un gamin marchant non loin. Le gamin ne se démonta pas pour autant et se débattit de toutes ses forces. Quand l'un des pirates sortit une paire de menottes avec un sourire lubrique, Marco se leva d'un bond.
- Oi !
Les pirates le regardèrent.
- On a le choix de faire ça de deux façons. Vous reposez le gosse, et je vous laisse partir en un morceau… ou on peut se battre, yoi, menaça Marco en franchissant rapidement la distance.
- Et tu te prends pour qui, hein, Tête d'Ananas ?
Une veine palpita sur le front de Marco et il choisit lui-même la bagarre. En moins de deux, ils étaient tous à terre.
- Personne, sauf ma famille, n'a le droit de m'appeler Tête d'Ananas, siffla Marco en enfonçant bien son pied dans le ventre de celui qui l'avait injurié, le faisant gémir doucement.
Il regarda ensuite son poing, presque surpris de la facilité qu'il avait eu à mettre ces hommes à terre. Quelques années en arrière, il savait qu'il aurait rien pu faire. Même dans ses premières années en tant que pirate, s'il n'avait pas eu quelqu'un, un adulte avec lui, pour l'aider, il aurait eu du mal. Maintenant, âgé de dix-neuf ans, habitué à la force des obstacles du Shin Sekai, tout cela lui semblait presque… risible.
- J'avais pas besoin d'aide, marmonna le gamin.
- Oh, mais je suis certain que t'aurais pu t'en sortir seul, yoi, sourit Marco. Je m'ennuyais, alors je me suis dit que j'allais juste m'occuper de ce qui me regardait pas.
Il s'accroupit devant le garçon et lui demanda s'il était blessé.
- Non. J'ai l'habitude. Je passe mon temps à me bagarrer. Tout le monde se moque de moi parce que j'ai pas de papa.
- C'est une raison ridicule de se moquer de quelqu'un, yoi. Je m'appelle Marco.
- Kennichi. Vous êtes un voyageur ?
- Si on veut. Je reviens de Loguetown avec un ami.
- Vous avez assisté à la mise à mort de Gold Roger ?!
Les yeux du garçon s'étaient allumés.
- Gol D. Roger, rectifia Marco. Et oui, on a assisté à son exécution.
- Quand je serais grand, je serais un pirate, moi aussi ! Mais maman veut pas. Elle dit que c'est assez de mon oncle comme pirate dans la famille.
- Oooh, ton oncle est un pirate ?
- Hun. Maman parle peu de lui. Il nous envoie beaucoup d'argent, parce que maman a une santé fragile et peut pas travailler, et c'est grâce à ça qu'on arrive à vivre bien. Mais malgré ça, maman parle pas beaucoup de mon oncle. On a aucune photo de lui à la maison. Quand elle parle de lui, elle dit toujours que c'est un sale piaf. Je suis sûr que c'est quelqu'un de cool, pourtant !
- Je connais peu de pirates qui méritent qu'on les appelle sale piaf. Tu connais son nom, yoi ?
Kennichi regarda Marco avec perplexité.
- Comment vous pouvez connaître aussi bien les pirates pour savoir qui peut être appelé ainsi ?
- Outre le fait que c'est aussi mon surnom ? Je suis un pirate, yoi.
Kennichi regarda Marco d'un air interdit.
- Vous pouvez pas être mon oncle, avertit le gosse.
- C'est certain. Tu as quel âge ?
- Sept ans, pourquoi ?
- Je n'ai qu'une sœur de sang que je n'ai pas vu depuis très longtemps. Et si tu étais son enfant, il aurait fallu qu'elle t'ait eu quand elle avait onze ou douze ans, ce qui est jeune pour avoir un enfant, yoi. Ensuite, je suis pas de cette île. Je suis né dans le Shin Sekai.
- C'est vrai ?!
- Oui.
- Trop classe !
Marco tourna la tête vers Frey quand il vint s'asseoir à sa table dans l'auberge.
- Je croyais t'avoir fait comprendre que je voulais pas te voir avant demain matin, yoi, fit Marco avec amusement. Tu désobéis à ton fuku-senshô, Frey, c'est grave.
- La ferme, l'oisillon, je suis pas d'humeur.
- Je vois ça. Dis-moi tout.
Frey se commanda à boire. Il enfila d'abord son premier verre, puis sirota son second whisky, sans regarder celui qu'il était venu à voir comme un petit frère.
- Je vais devoir me retirer.
Marco leva un sourcil, perplexe, mais le laissa continuer.
- Ma sœur a toujours eut une santé fragile. Quand j'y repense, c'était irresponsable de la laisser seule ici, enceinte, en sachant ça. La preuve en est qu'aujourd'hui, elle est mourante. Je peux pas la laisser envoyer son fils unique à l'orphelinat. On en vient tous les deux, et je sais à quoi s'attendre là-bas… Je vais m'occuper du gosse pour elle. Il lui reste peu de temps.
- Je vois.
Marco ramassa son sac à terre et sortit leur denden.
- Appelle Oyaji. Dis-lui ce qu'il en est. Je te dirais juste que j'ai eu le plaisir de rencontrer un garçon de sept ans, du nom de Yasei Kennichi, et il semble vouloir devenir un pirate, yoi. Je vais me coucher.
Et Marco se leva, et se permit de sourire quand il fut certain que Frey ne le verrait pas. Connaissant leur père, il se doutait de ce qu'il en serait.
- Vous y arriverez ? s'enquit Frey en regardant son frère se préparer au départ.
- Mais oui, t'en fais pas, rassura Marco pour la énième fois. Toi, reste ici tant que ta sœur est en vie, puis bouge-toi pour revenir à la maison. Et le gosse a tout intérêt à être dans tes bagages.
- Ou sinon ?
- Ou sinon je t'arracherai toutes tes plumes.
- Je voudrais bien t'y voir, oisillon !
- Tu es un aigle à moitié déplumé, ça changera pas grand-chose. En attendant, il est temps de montrer que l'Ere qui vient portera le nom d'Oyaji. J'y vais.
- Iterashai.
Marco salua de la tête la sœur et le neveu de Frey, un peu plus loin, et sauta en l'air, se transformant simultanément en phénix. Le magnifique oiseau s'éleva avec élégance dans le ciel de midi et orienta ses ailes vers le Shin Sekai.
Frey regarda son camarade et soupira, avant de se tourner vers sa sœur.
On avait besoin de lui ici.
- Bon retour, Marco, fit Shirohige en voyant son fils voler jusqu'à lui.
Marco entama sa descente et se retransforma, tombant sur le pont, sur ses deux pieds.
- Je suis rentré, Oyaji.
- De quoi à l'air le gamin ?
- Une vraie teigne !
- Gurarararara !
- Je vais déposer quelques médicaments à Cassandra, puis je peux te faire le rapport, Oyaji.
- Va mon fils.
Et Marco prit la route de la baie médicale, un étrange pressentiment dans l'estomac. Quelque chose dans Shirohige semblait bancal, forcé. En entrant, il remarqua immédiatement quelque chose.
Thatch n'était pas là. Ce qui était étrange, vu qu'il était presque tout le temps fourré avec la petite Magadalena, une apprentie infirmière de leur âge.
Même s'ils avaient cessé de sortir ensemble, Thatch et elle étaient restés bons amis, et passaient pas mal de temps ensemble, quand le jeune commandant n'était pas en cuisine, ou sur le pont… ou alors, en train de comploter un mauvais coup.
- Konnichiwa, salua Marco.
Les infirmières lui rendirent son salut d'un ton bas et triste.
Ce n'était pas une impression, il y avait eu un accident en leur absence.
Marco chercha Cassandra du regard et vit ses pieds dépassant de derrière un lit, à quatre pattes à terre. En allant la rejoindre, il la vit frotter avec obstination le sol devant l'armoire qui était là. Il remarqua aussi que les lits avaient été vissés au sol. Un délire de Blenheim ?
- Cassandra ?
Cassandra sursauta et souleva une mèche de cheveux en se redressant pour voir Marco derrière elle.
- Taisho, bon retour.
Marco pâlit. Cassandra l'appelait comme ça seulement quand quelqu'un était mort. En regardant la tâche, Marco trouva qu'elle ressemblait étrangement à du sang séché.
- Qui ? demanda Marco.
- Magadalena.
- Qui a fait ça ?
- Davy Jones, Nii-san, lui dit une autre fille. Elle était en train de fouiller dans le placard quand on s'est retrouvés dans une tempête. Les lits ont glissé et l'ont bloquée contre le meuble. Elle a brisé quelque chose et s'est ouvert la carotide. Quand on a vu ce qu'il s'était passé, il était déjà trop tard.
D'où le pourquoi on avait décidé d'accrocher les lits au sol.
- Thatch a besoin de vous, Taisho, souffla Cassandra.
Marco tira en silence les médicaments de son sac et les donna en main propre à une infirmière, avant d'aller voir Thatch.
Il le trouva dans sa paperasse, sans pompadour.
Sans un mot, Marco alla ranger ses affaires, prit sa propre paperasse et vint s'asseoir sur le bureau de Jozu, sur le pont à cet instant. Ils travaillèrent en silence, jusqu'à ce que Thatch tourne la tête vers son frère.
- Merci.
- Je suis là pour ça, yoi.
La clameur des combats était assourdissante.
Mais ils avaient tous une mission.
Le sang coula à flot, mais tous les civils furent protégés. Pour la première fois, les Shirohige travaillèrent main dans la main avec les autorités d'un pays. Les pirates se foutaient que les personnes aux côtés desquelles ils luttaient soient des gyojins ou des ningyos. S'ils ne faisaient rien, ces personnes finiraient en esclavage. Ils avaient bien assez d'anciens esclaves à bord pour savoir qu'ils ne souhaitaient à personne le même sort.
Dans le feu de l'action, Marco se retrouva dos à dos avec un gyojin.
- Pas mal pour un gosse, commenta l'homme-requin.
- Je suis censé être le bras droit, faut bien que j'ai les capacités pour prouver que je mérite mon titre, yoi.
- Marco-san, non ?
- Exact. C'est quoi ton nom ?
- Jimbe.
- Hajimemashite, même si les circonstances ne sont pas des meilleures !
- Je t'aime bien, gamin !
- Content de l'apprendre, parce que je suis pas un gamin.
En quelques passes, Marco parvint à mettre à terre un beau groupe de pirates et se propulsa du dos de l'un d'eux pour faire jaillir ailes et serres contre le reste de l'un des équipages qui s'en prenaient aux natifs.
- Je suis un prétendant au titre de Seigneur des Cieux, yoi !
- Et les chevilles, Marco ?! interpella Namur, pas loin. Jimbe-san, ne l'écoutez pas, c'est encore un ados, il a des illusions de grandeur !
Au milieu du sang, les pirates rirent.
Peu importe ce qu'il se passerait, ils vivaient pleinement.
Les mois étaient passés, et lentement, ils parvenaient à apporter une certaine paix dans le monde instable du Shin Sekai. Cela, grâce à des combats longs et durs, mais surtout, grâce à leur emblème. Leur réputation montait, tout le monde voulait bien se faire voir de Shirohige, mais l'homme n'était pas dupe.
Frey regarda avec un sourire Kennichi lui demander ce qu'était un gyojin.
- Qu'est-ce que j'ai dit de drôle ? demanda Kennichi.
- Rien… regarde Namur et dis-moi ce que tu vois.
Kennichi se retourna et regarda Namur faisant une partie de cartes avec Jozu et Izou, à l'autre bout du pont, sous le regard de quelques spectateurs.
- Il a la peau bleue, de drôles de trucs dans le cou, et de drôles de dents… il a des mains palmées, aussi. On dirait un requin. Il a mangé un akuma no mi, lui aussi ?
- Outre tout ça, tu le trouves différent des autres ?
- Tout le monde est différent ! Heureusement, sinon on pourrait pas se reconnaître !
Cela fit rire Shirohige qui avait entendu la conversation. Et bien entendu, quand le paternel riait, ça s'entendait partout.
- Qu'est-ce qu'il y a, Oyaji ? demanda Jozu.
- Kennichi se demande ce que c'est un gyojin, et tonton Frey le lui apprend ! sourit Shirohige. Vois-tu, fils, Namur est un gyojin.
Namur regarda leur paternel d'un air perplexe, puis Frey d'un air menaçant, l'air de dire 'qu'est-ce que tu racontes encore comme connerie ?'.
- Sugoiii !
Et le petit Kennichi courut rejoindre Namur pour lui poser tout un tas de questions qui firent rire le commandant.
- Tu t'y es bien pris, fils, approuva Shirohige à l'adresse de Frey. Lui faire dire que nous sommes tous différents est un bon point de départ. Il est encore jeune, on peut lui apprendre la tolérance. Il deviendra quelqu'un de bien.
- Si Marco ne le transforme pas en rat de bibliothèque.
- En parlant de lui, il est où ?
- C'est sa saison, Oyaji. Vu qu'on est loin de la terre, il a préféré rester sous la couverture et oublier son instinct, pour ne pas faire une connerie. Il dormait quand je suis allé le voir pour la dernière fois.
- Il a tout intérêt à être debout pour la fête de ce soir, c'est Nouvel An ! s'offusqua Thatch en levant le nez de ce qu'il lisait pour décider de ce qu'il servirait ce soir-là.
- Laissez-le, s'il veut pas faire la fête, qu'il ne la fasse pas.
- Debout…
Maco grogna et refusa d'ouvrir les yeux. Qui que ce soit, on n'avait pas besoin de lui. Leur paternel était toujours disponible. Lui, il était utile quand c'était pas le cas.
- Allez, on se lève…
Il avait encore moins envie de se lever avec la main chaude qui lui caressait les cheveux.
Cela permit bizarrement à son cerveau de se reconnecter. Parce qu'il ne se souvenait pas de s'être couché avec qui que ce soit, et que ce n'était définitivement le genre de personne à bord de le réveiller comme ça.
Alors, Marco ouvrit les yeux et rencontra des prunelles noires et argent qui brillaient dans un visage fin parsemé de tâches de rousseur, encadré par une belle tignasse noire.
Un visage qui lui sourit.
- Tu te décides enfin de me faire la grâce de te réveiller ?
Marco se redressa et regarda l'inconnu devant lui.
- Qui êtes-vous ? demanda Marco.
L'inconnu resta silencieux, comme pris de court.
- Si c'est ton idée de blague, elle est loin d'être drôle, elle est même blessante, Marco. Tu oses me faire ça le jour de mon anniversaire ?
Splash !
Marco se réveilla en sursaut, trempé.
- Bonne année, et bonne santé, Marco, ricana Frey en reposant son seau d'eau.
- Ouais, à toi aussi…
Marco se redressa dans son lit et repoussa les couvertures, se massant le visage pour chasser les dernières traces de sommeil.
- T'avais l'air de faire un rêve agréable. Un mec ou une nana ?
Marco foudroya son camarade de chambrée et ferma les yeux, essayant de se rappeler de son rêve.
- Je sais pas… je me souviens juste d'un sourire immense et de deux yeux noirs et argent…
Marco resta dans ses pensées, ignorant son camarade qui le regardait d'un air incertain.
- Des yeux ensorceleurs et un sourire magnifique…
- Toi, t'es amoureux, ricana Frey.
Marco sursauta et foudroya du regard son aîné qui se contenta de rire. Marco n'eut pas le loisir de lui envoyer un commentaire acerbe que la porte s'ouvrit sur une furie qui se jeta sur Frey en lui souhaitant bonne année.
- Bonne année à toi aussi, bonhomme !
- Bonne année, Marco-nii-san !
-Ouf !
Marco se retrouva attaquer à son tour par le gosse plein d'énergie.
- Ouais, ouais, bonne année à toi aussi, Kennichi-kun, yoi.
