Bon le nouveau chapitre s'est un peu fait attendre, mais j'avais des trucs à faire, une future deuxième fic a mettre au point en même temps toussa toussa. Donc désolée pour le postage un poil tardif. J'espère que j'ai pas laissé trop de fautes, j'ai essayé de me relire un peu cette fois, mais je supporte pas ça, j'aime pas du tout, mais personne est là pour le faire à ma place. Je sais pas trop quand viendra la suite, vu que j'ai qu'une vague idée de ce qu'il va s'y passer. Je pense qu'on va arriver vers la fin là, encore au moins un ou deux chapitres, mais pas énormément plus. J'aime bien cette fic mais faut bien la finir, et puis, comme je l'ai dis, j'en ai une autre sur le feu^^
Voilà, bonne lecture.
Et puis, même si je laisse pas souvent de mots au début des chapitres, je remercie quand même toutes les personnes qui me lisent.
Sasuke Uchiha. Se remet des coups. Et réfléchi.
Sakura... Elle s'est pointée chez moi pour me faire une de ses putains de piqures. Et elle m'a tout de suite tapé sur le système. Comme si l'Anbu y avait pas déjà très bien réussi tout seul. De toute façon, elle m'a toujours plus ou moins insupporté. Du temps de l'équipe sept, j'avais pas vraiment le choix, fallait bien faire avec si je voulais pas faire échouer les missions qu'on nous refilait. Mais j'en avais déjà par dessus la tête de ses minauderies destinées à me séduire. Elle était peut être pas la seule à faire ça, mais elle était surement, avec Ino, la plus acharnée du tas de groupies hystériques qui me collaient en permanence aux basques. Et même les regards les plus froids n'ont jamais réussi à lui faire comprendre que jamais je ne m'intéresserais à une fille comme elle, une gourde débile et faible, et inutile par dessus le marché. Et la voilà qui revient, la bouche en coeur et une seringue à la main, tournant autour de Naruto comme elle l'aurait fait il y a quelques années autour de moi. Ils avaient l'air tellement complices, c'était à vomir. Jaloux... il paraît que je suis jaloux... Peut être bien. Et il l'a vu, c'est ça le pire. Il a vu à quel point j'étais dégouté de la voir si proche de lui. Rien que d'imaginer qu'ils aient pu être proches durant mon absence m'énerve. Et ça m'énerve de m'énerver pour ça. Je lui ai dis que Sakura ne devait pas l'approcher.
Puis on s'est embrassé.
Je ne comprend pas ce qu'il m'a prit. Vraiment pas. Tout cela m'est insupportable. Je ne supporte pas qu'il soit avec elle, qu'elle l'approche. Et je ne supporte pas plus mes réactions face à ça. On s'est embrassé après que je l'ai attiré à moi. Je n'ai pas pu me contrôler. Il était là si près de moi... Et d'un coup ses lèvres étaient sur les miennes et ses mains s'agrippaient à moi aussi fort que les miennes s'accrochaient à lui. Ces gestes semblaient si naturels sur le moment. Et pourtant, il ne le sont pas. Pas pour moi. Ils ont arrêté de l'être quand j'ai perdu ma famille et que ce vide est apparut. Je suis seul depuis trop longtemps. Il vient vers moi, mais je suis incapable d'aller vers lui, de répondre à ses appels. Ses doigts sur le dos de ma main... Je n'ai su que le repousser, car ça c'est naturel pour moi au moins, et aussi beaucoup plus simple. Ce connard de blond fou la merde dans ma vie. Bon j'ai peut être pas fais que du bien à la sienne, mais lui, il chamboule tout, il m'empêche d'être ce que je voudrais. Réfléchir à tout ça ne sert à rien. Je connais Naruto, je ne pourrais pas le faire renoncer à tout ça, il n'est pas du genre à se décourager. Je suis dans une impasse. Car me montrer aussi têtu que lui ne mènerait à rien. Il me chercherait, je le repousserais, et au final, je le perdrais. Et ça, je ne le veux pas. Et puis, je ne suis même pas sur d'avoir encore la force de me battre. Déjà que je me sentais pas rempli de joie de vivre, la mort d'Itachi et mon séjour en prison ont achevé les maigres réserves de volonté et de combativité qu'il pouvait me rester. La seule solution qui s'offre à moi, c'est d'essayer d'accepter ce qu'il tente de m'offrir. Et ça ne me plait pas. Un Uchiha ne se soumet pas. Seulement, je n'ai plus vraiment la force de lutter.
Je soupire comme un malheureux en ramassant mon sac de glace. Je le colle à ma joue douloureuse et me dirige vers la cuisine. Naruto s'y trouve et s'affaire depuis un moment déjà pour préparer ces choses dont il se nourrit presque exclusivement. Des ramens... Il en a fait assez pour nourrir au moins dix personnes. Il sourit en me voyant arriver. Je crois que ma joue gonflée l'amuse beaucoup. Ou alors c'est juste le fait que Sakura m'aie collé une tarte mémorable qu'il trouve drôle. Laissant de coté les bols qu'il remplissait il s'est approché de moi et sa main s'est posée sur la mienne, écartant le sac de glace de ma joue.
_Fait moi voir. Elle t'a bien amoché dis donc. Elle peut faire très très mal quand elle veut. J'en sais quelque chose. La faute à l'entrainement de la vieille Tsunade.
_La ferme. Je me fou de la vie de Sakura.
_Ça te fais mal?
_Peut être.
_Mais encore?
_Va te faire foutre.
_Mais oui. Donc tu as mal. Allez fais moi voir ça. Et ne discute même pas, connard.
Ses doigts sont venus frôler ma joue avec douceur. Naruto a rapproché son visage du mien en fronçant les sourcils.
_Ça prend une couleur bizarre, j'aime pas trop ça. Bouge pas, j'ai de quoi soigner tout ça.
Il est parti de la cuisine, je l'ai entendu farfouiller dans la salle de bain, et il est revenu avec un tube de pommade qu'il a entreprit d'étaler abondamment sur ma pauvre joue meurtrie, promenant doucement ses doigts sur ma peau, et les y laissant peut être juste un peu plus que nécessaire. Ces petits gestes me troublent. C'est comme s'ils me faisaient réaliser que la seule manière d'avoir Naruto n'est pas de prendre sans rien donner. C'est de le laisser m'avoir moi. Me donner à quelqu'un... En suis-je encore capable? Je ne suis même pas sûr d'avoir encore le choix. Naruto a eu l'air d'être sur le point de dire quelque chose, mais il a finalement reposé le tube et m'a invité à prendre place à la table où m'attendait un bol de ramen fumant. Encore une fois, le repas s'est déroulé dans le silence. J'ai terminé mon bol. Il en a vidé six. Puis nous avons tranquillement fait la vaisselle avant de nous diriger vers ma chambre. Et une nouvelle fois, il s'installe avec son dossier, vraisemblablement dans l'intention de s'y plonger pour le reste de la soirée. Sauf que je n'en ai pas envie. Je me sens plus troublé que jamais. J'ai un étrange besoin de lui parler, de voir jusqu'où je suis capable d'aller avec lui. Mais là, tout de suite, j'arrive seulement à lui faire savoir que son dossier commence a me gonfler.
_Encore ce fichu dossier? Tu me stresse, tu peux pas le lâcher un peu?
_Non, je peux pas. Je dois connaître tout ça sur le bout des doigts.
_Et je peux savoir pourquoi?
_Pour devenir Hokage. Quoi d'autre?
_Pff... Hokage... Tu rêves encore à ça? À quoi bon vouloir aider et protéger ce village et la bande d'abrutis qui l'occupent.
_Parce que ce village c'est le mien. Et puis...
_Quoi?
_Si j'avais été Hokage quand tu es revenu à Konoha, jamais tu n'aurais eu à subir tout ça. Jamais tu n'aurais passé un an seul en prison à subir je ne sais quoi. Tsunade n'a jamais voulu m'expliquer précisément en quoi consistaient tes interrogatoires. J'ai essayé assez souvent de t'approcher, mais Tsunade en a eu assez. Elle était à de doigts de me virer de l'Anbu. Si j'avais été plus qu'un simple ninja à ce moment là, je n'aurais pas été aussi impuissant. Je les aurais obligés à t'accepter.
_Et tu serais passé pour le pire Hokage de tous les temps, le premier à permettre à un nukenin de rentrer les mains dans les poches dans le village, comme s'il n'avais pas déserté, rejoint l'ennemi, puis tué celui-ci dans son propre intêret...
_Peut être bien. Mais tu sais, j'aurais été prêt à beaucoup de choses pour toi.
_Idiot. C'est stupide. Je n'en vaux même pas la peine.
_Idiot toi même, connard. Tu comprend rien de toute façon. Couche toi et me fait plus chier avec tes réflexions à la con. Moi je vais travailler un peu. Bonne nuit.
Et il s'est assis à même le sol dans un coin de la pièce, m'ignorant totalement. Il tourne les pages unes à une avec des mouvements secs et nerveux, manquant souvent de peu de les déchirer. Je l'ai manifestement énervé. Et je ne comprend pas. Enfin, si, je comprend ce qui semble le mettre dans cet état. Trouver stupide qu'il se soucie à ce point de moi n'était pas une bonne idée. Ou plutôt le dire n'en était pas une. Ce que je ne comprend pas c'est comment il peut m'accorder autant d'importante encore maintenant. Je l'ai laissé seul pendant plusieurs années, j'ai refusé de le suivre quand il est venu me chercher, j'ai fermé les yeux autant que je le pouvais sur ses sentiments, puis je suis revenu, j'ai abusé de lui, et je nie toujours tout ce qu'il tente de me faire voir en bloc. Qu'est ce qui fait qu'il s'accroche encore et toujours à moi après tout ce temps? Je me le demande tellement fort... Je n'y comprend rien.
_Pourquoi moi? Je ne le mérite pas. Ne le mérite plus, depuis bien longtemps. Alors pourquoi?
La question est sorti toute seule, avant que je ne m'en rende compte. Et en disant ces mots, sans vraiment me rendre compte de mes gestes, je me suis agenouillé face à lui et je lui ai enlevé son tas de feuilles des mains. Il m'a laissé faire sans broncher. Il semble soucieux, et ses sourcils sont plissés comme s'il était en pleine réflexion.
_Quelle question de merde. Tout simplement parce que c'est toi. T'es un connard, t'a foutu plusieurs années de ma vie en l'air avec tes conneries, et pourtant je peux pas faire autrement que de te vouloir toi, même si t'es un gros con prétentieux et un enfoiré de première. C'est toi, c'est comme ça. Se demander pourquoi toi et pas un autre est inutile. Ça ne pouvait être que toi. Et même un atrophié des sentiments comme toi se rend compte que notre lien n'est pas commun et qu'il dépasse depuis longtemps la simple amitié. Alors oui, je suis peut être un idiot, un crétin ou tout ce que tu veux, mais, que ça te plaise ou non, si j'en avais eu le pouvoir, j'aurais affronté la colère de tout le village pour toi, même si ça impliquait de passer pour le pire Hokage de tous les temps.
Je reste sans voix. Sa tirade m'a profondément remué. C'est étrange d'apprendre jusqu'où il pourrait aller, et ça simplement pour moi. Je crois que j'envie Naruto. Il s'ouvre aux autres avec tant de facilité, ça lui semble si naturel. Alors que moi, je ne serais pas capable de lui dire le dixième de tout ça. Jamais je ne pourrais m'ouvrir aux autres comme il peut le faire. Mais m'ouvrir au moins à lui, ça, je devrais y arriver non? Ça semble si difficile de ravaler cette fierté, d'arrêter d'écouter cette petite voix qui me dit que je n'ai qu'a prendre sans rien donner car c'est le seul moyen de ne plus souffrir. Je refuse que tout recommence. Je ne veux plus jamais perdre des personnes chères. Et depuis mon départ du village, je me répète que le seul moyen pour que ça n'arrive plus, c'est de ne plus avoir de faiblesse, plus aucun lien, aucune attache. Seulement, je n'ai pas réussi à l'oublier. Et je l'ai désiré chaque jour un peu plus. Je l'ai même possédé physiquement. Mais ça ne suffit pas à remplir le vide. Il doit être entièrement à moi. Car je le veux. Je ne veux que lui. Et pour ça je dois d'abord être à lui. Alors je le serais. Pour qu'il soit à moi et à moi seul. Le seul lien que je possède avec le monde. Il sera à moi et seulement à moi. Et s'il décide un jour d'être à une autre personne je l'en empêcherai. Car si je le perd lui, je ne pense pas pouvoir me relever une nouvelle fois. C'est un risque à courir. Je n'ai plus rien à perdre de toute façon. Soit je trouve enfin une raison de vivre, soit je reçois le coup qui m'achèvera. Rien à perdre, et a priori tout à gagner. Naruto sera donc à moi. Mais pour cela, le chemin va être long. Je respire un bon coup puis, le rouge aux joues que j'essaye de dissimuler en détournant la tête, je me lance.
_il va falloir m'apprendre.
_Hein?
_T'as très bien compris, m'oblige pas à le répéter.
_Mais tu veux que je t'apprenne quoi?
_À être à toi.
_T'es peut être pas un cas désespéré après tout.
_Connard.
_Raclure.
Alors, sans plus un mot, il m'a attiré contre lui. Mes mains prenant appuis sur ses jambes croisées en tailleur tandis que mon front atterrissait contre son torse, maintenu en place par sa main, perdue dans mes cheveux. J'ai senti sa tête venir se poser contre la mienne.
_Ça, ça s'appelle un câlin. Ou un étreinte virile, c'est comme tu préfères voir ça. Et comme tu peux le constater, ça ne tue pas. Et tu es toujours un putain d'Uchiha plein d'orgueil et de fierté. Et je peux t'assurer que recommencer ne présente aucun risque pour ta santé physique aussi bien que mentale.
_Te fou pas de ma gueule, crétin.
_Chut, tais-toi. On s'insultera demain.
Et nous n'avons plus ajouté un mot. Nous sommes juste restés comme ça. J'ai toujours l'impression d'être atrocement faible. Mais je me dis que je peux bien oublier ma fierté, juste maintenant. Je redeviendrais un Uchiha demain. Ce soir, je veux juste être Sasuke, le garçon qui veut Naruto, son meilleur ami, son frère, et maintenant beaucoup plus que ça.
Le « câlin » de Naruto à duré de longues minutes. Puis il a enlevé sa main, doucement; la faisant glisser le long de mon cou, caressant ma peau du bout de ses doigts, de la même manière que tout à l'heure sur ma joue. Alors je me suis levé, et je me suis couché sans un mot de plus. Je l'ai entendu reprendre son dossier. Et voilà. C'est déjà un grand pas en avant. Un contact physique avec lui, ni pour le frapper, ni pour profiter de son corps. Un geste simplement pour ce qu'il est. De l'affection. C'est peut être pas le bon mot commençant pas un a pour qualifier ça, mais pour l'instant, je vais en rester là. J'ai apprécié, ça, je ne peux le nier. Mais ce genre de chose reste encore trop étrange pour moi. Je n'ai plus l'habitude d'être proche de quelqu'un. Et même avec tout les efforts du monde, je suis conscient que ma capacité à aller vers lui connaîtra très vite ses limites. Et ça, il devra s'y faire. Je peux aller vers lui, me donner un peu, mais je ne serais jamais un grand romantique ni un amoureux transi. Ça, j'en suis sûr et certain.
Naruto Uzumaki. Étonné. Heureux.
J'ai embrassé Sasuke. Pas sous la contrainte ou sous l'emprise de je ne sais quelle pulsion que peuvent avoir les Uchiha lorsqu'ils décident qu'ils sont le centre du monde et que celui-ci doit se plier à leurs désirs. On s'est embrassé parce que j'en avais envie et lui aussi. Tout simplement. C'est peut être la tarte que lui a collé Sakura qui lui a remué le cerveau, va savoir. Il a carrément « avoué » être jaloux d'elle. Sasuke jaloux de Sakura... C'est le monde à l'envers. Mais il s'est vite remis à l'endroit quand j'ai tenté une approche un peu plus romantique de ce connard. Simplement mes doigts sur le dos de sa main. Mais il faut croire que c'était un peu trop d'un coup pour lui. Pourtant, il a fini par venir de lui même. Je n'en croyais pas mes yeux. Pourtant, tout laissait présager une soirée du genre complètement merdique. Je lui ai ouvert mon coeur, et je lui ai expliqué que j'aurais bravé tout le village pour lui si j'avais eu al moindre chance de lui éviter la prison et la surveillance, les interrogatoires. Et lui a trouvé ça inutile. En même temps je m'attendais à quoi hein? Quoi qu'il en soit, ses remarques m'ont énervées et j'étais plutôt bien parti pour faire la gueule pour le reste de la soirée. Et au lieu de ça...
Je crois que j'ai fais un grand pas avec Sasuke. Un très grand pas. Un progrès que je n'espérais plus. Il est venu vers moi. Juste un peu, mais c'est déjà ça. Il veut que je lui apprenne. Quoi exactement? Je ne le sais pas vraiment. Peut être tout simplement à s'ouvrir à moi. « A être à toi ». Voilà ses mots. Ça veut dire quoi être à moi? Peut-il vraiment se donner à quelqu'un? À moi? Comment quitter cette relation étrange qui s'est mise en place entre nous et où nous sommes un peu tout et n'importe quoi l'un pour l'autre? Bien malin qui pourra me le dire. Quoi qu'il en soit, je crois qu'on est sur la bonne voie. Un peu plus « nous » que « lui et moi ». C'est toujours ça de prit. Parce que que je le veux cet abruti. Même si ça sera pas une partie de plaisir, c'est lui. C'est comme ça. C'est lui depuis le jour où il est parti. Je ne me suis jamais posé de question. Pas même sur ma sexualité, alors qu'il n'est pas vraiment commun de ressentir ce genre de chose pour un autre garçon, surtout quand c'est votre meilleur ami. Mais voilà, je l'ai simplement accepté. C'était Sasuke, et ça le restera. Tout simplement.
L'esprit toujours plus ou moins habité par des pensées parasites concernant un certain brun dormant à deux mètres de moi, je me suis tant bien que mal replongé sans un chapitre passionnant sur les réseaux commerciaux reliant Konoha et ses voisins. J'aurais ensuite droit au détail des échanges effectués avec le moindre petit village. Ça n'a rien de bien excitant à première vue, mais je me suis surpris à être très vite absorbé par tout ça. Et j'en suis le premier étonné. Faut dire que ça a jamais vraiment été mon genre d'étudier sérieusement quelque chose. Je suis plus du genre à me jeter dans le feu de l'action dans réfléchir et à voir ce qu'il se passe ensuite quand je pars en mission, même si je me suis un peu calmé. Mais là, il ne s'agit pas d'une mission. Il s'agit de Konoha, de tout un village et de ses habitants comptant sur moi pour les protéger. Et si cette protection passe avant tout par la sécurité du village, elle comprend aussi beaucoup d'autres points. Je sens le lourd devoir qui pèsera un jour sur mes épaules, et je veux en être digne, tout comme mon père l'a été.
Je regarde l'heure. Deux heures et demi du matin. Je devrais peut être me coucher. Surtout que demain j'aurais surement à gérer une monstrueuse montagne de dossiers, avec en plus la visite de Shizune qui viendra vérifier si j'apprends bien tout ce qu'elle me donne. J'hésite encore, et, à ma grande surprise, c'est Sasuke qui va décider pour moi lorsque sa voix sort de sous la couette pour m'interpeler.
_Viens dormir crétin. Il est tard.
_Tu dors pas non plus.
_Je dormais. Plus maintenant.
_Depuis quand tu te soucie de mes heures de sommeil?
_Ta gueule. Viens juste dormir.
_Pardon?
_Je t'ai dis de venir alors fait le et ferme la. Et enlève cet uniforme de merde avant Je peux plus l'encadrer.
_Il est très bien mon uniforme.
_Arrêtes un peu de discuter, t'es chiant et il est tard. Met un t-shirt et viens avant que je change d'avis.
_C'est toi qui est chiant Sasuke.
_Ta gueule.
_Je t'emmerde.
Sur ces mots doux, je me suis exécuté, curieux de savoir ce qui a bien pu se passer chez Sasuke ce soir. Une fois vêtu d'un t-shirt noir et de mon boxer, orange évidemment, je me suis glissé dans le lit, hésitant, ne sachant pas quelle attitude adopter. J'ai senti Sasuke se pousser pour me faire de la place lorsque je me suis glissé sous la couette. J'ai collé mon dos contre le sien.
_Pourquoi tu veux que je dormes avec toi?
_Tu veux pas la fermer et dormir? Il est tard.
_J'ai du mal à te suivre. Il t'arrive quoi? Tu vas finir par me faire flipper.
_J'ai seulement réaliser une chose.
_Laquelle?
_Lutter ne sert à rien. Et je n'ai rien à perdre. Pour t'avoir, je dois aussi me donner c'est aussi simple que ça. J'ai déjà pris sans rien offrir, mais ça ne rempli pas le vide de mon existence. Il ne me reste plus rien. Alors je tente ma chance. C'est la seule chose qui pourrait achever de me détruire. Tu m'obsède depuis longtemps. Mais j'avais des choses à faire. Et pour ça, je devais oublier tout le reste. Seulement, tu es resté là, refusant de me laisser faire. J'ai quitté le village et suis devenu un traitre. Je me suis rallié à Orochimaru, et il a été mon maître. Puis je l'ai tué. Et j'ai finalement achevé de mes mains mon propre frère. Après ça, ma raison de vivre est partie, je n'étais plus rien sans ma vengeance. Ne restait donc plus que toi, toujours là quoi que je fasse. Si tu disparais aussi, ma dernière raison d'être là disparaîtra avec toi, et plus rien n'aura de sens.
_Je ne te laisserais pas, connard. Je t'ai couru après pendant trop de temps pour ça. Tu devrais le savoir. Je n'abandonne jamais. Et tu es le mieux placé pour savoir ça. Toi mieux que quiconque. Je sais pas encore bien quoi faire de tout ça. Mais je trouverai. On trouveras. Parce que ça fait déjà longtemps que je sais que ça ne peux être que toi.
Puis le silence s'est installé. J'ai entendu la respiration de Sasuke devenir lente et régulière. Son dos touche toujours le mien et je sens sa chaleur. Je me sens bien. Et je suis heureux. Car je sens Sasuke redevenir peu à peu lui même, quitter le Sasuke dépressif et redevenir l'être hautain et fier qu'il était. Et j'aime à me dire que c'est un peu grâce à moi. Bon, les progrès sont encore minces, mais j'y crois. Il n'est plus celui qu'il était à sa sortie de prison, cet être apathique, cette larve sans aucune envie de vivre. Sasuke revient. Pour moi. Et tout ira bien, je ferais tout pour ça.
_GaaaaahhHhhHhHhhhhhhh... Hum... C'est le matiiinnnn.
Tel fut mon cri de douleur lorsqu'un rayon de soleil a décidé de venir taper en plein sur mon visage. Il fait moins chaud que d'habitude. La période des grandes chaleurs est quasiment terminée. Je suis dans un lit. Et sur quelque chose de chaud et mou. J'ouvre un oeil. Mais c'est trop dur, alors je le referme. Je tente avec l'autre. Pas plus. Je retente avec le premier. Ça a l'air de marcher. Je tente de déterminer ou je me trouve. Je vois quelque chose de blanc. Et quelque chose de noir. De la peau, et des cheveux. Et même des yeux. Ceux de Sasuke. C'est là que mon cerveau se remet en marche. Je suis dans le lit de Sasuke, j'ai dormi avec lui, et je me retrouve vautré sur lui après avoir bougé pendant la nuit. Ses orbes noirs me fixent avec intensité. J'amorce un mouvement de recul, me doutant que mon partenaire de lit va moyennement apprécier ma position. Mais il m'en empêche. Et je me retrouve dans ses bras, la tête nichée dans son cou, ses cheveux me chatouillant la peau.
_Bonjour.
_Heu... bonjour.
Et ben, la journée commence bien. Sasuke relâche son étreinte et nous nous levons. Nous passons l'un après l'autre dans la salle de bain. Je me lave et enfile un uniforme propre. Puis nous prenons notre petit déjeuner. Sasuke est là, assis devant moi. Je le trouve beau. Ses cheveux trempés apèrès sa douche qui retombent autour de son visage. Sa peau si pâle. Même le simple t-shirt bleu marine qu'il a enfilé me semble tellement sublime sur lui. Je n'en reviens pas. Je me sens un peu minable à coté avec mes cheveux en pétard, trop long mais que je n'arrive pas à me décider à couper et avec mon uniforme froissé. J'ai vraiment pas la classe. Désespéré, je me lève et m'apprête à partir.
_J'y vais Sas'ke.
_Hun. Viens.
_Quoi?
_Tu vas arrêter de poser des questions de merde tout le temps.
Et i m'attire à lui. Et avant que je ne m'en sois rendu compte, je me retrouve à nouveau dans ses bras. Il est là, droit comme un i, une main dans mon dos pour me maintenir contre son corps. Moi, je ne réagis pas. Je reste là les bras ballant. Puis Sasuke me relâche.
_T'avais raison, ça ne tue pas.
Et il s'en vas vers le salon, saisissant un livre qui trainait là au passage, me plantant seul dans l'entrée. Un peu déboussolé par son revirement total d'attitude, je m'en vais vers mon bureau, ne me doutant pas que la journée na pas fini de m'apporter son lot de surprises. En effet, à peine arrivé au bureau, je me fais intercepter par un larbin quelconque qui me remet un message de Tsunade qui dit « Viens dans mon bureau dès que tu lira ça, andouille de blond, sinon tu le regretteras». N'ayant pas vraiment le choix, je jette un coup d'oeil désespéré aux amas de feuilles qui menacent de s'écrouler à tout instant trônant dans la petite pièce qui me sert de bureau, puis je ferme la porte et part rejoindre cette chère Tsunade-baba. Une fois devant sa porte, j'hésite, mais je frappe quand même. Si j'en crois le vocabulaire assez peu sympathique utilisé par elle dans son message, son humeur n'est pas au beau fixe. J'entends un « entrez » assez retentissant et je pousse les portes.
_Ah Naruto, quand même! J'ai une nouvelle à t'annoncer. Elle ne m'amuse pas, mais alors pas du tout, mais je ne peux pas vraiment faire autrement. Le conseil commence à faire pression sur moi, dès que tu sauras pourquoi tu vas venir m'emmerder pour que je craque, et je connais une ou deux hystériques qui viendraient t'aider avec plaisir.
_Et donc?
_Et donc ça m'emmerde royalement, et encore, le mot est faible. Vraiment faible. Je devrais envoyer tous les membres du conseil se faire bouffer par des bestioles dans la nature et...
_Tsunade-baba?
_Ah oui, pardon. Donc, Face à la pression que je subis, je me vois dans l'obligation d'accorder à notre cher Uchiha un droit de sorti à l'extérieur de son cher manoir, à l'air libre dans les rues de Konoha.
