Je voulais updater plus tôt, mais tellement de choses sont arrivées dans ma vie en si peu de temps que je n'ai trouvé que trop peu de moments pour continuer ma fic. Don't worry, je ne vous oublie pas, la publication sera juste plus erratique.
Ikikaeru-jin'sei: Oui, Shisui est un personnage très important pour la suite de cette fic, et probablement une de mes meilleures adaptations d'un personnage de Naruto (il a été totalement transfiguré, et alors?). Sasuke ne s'est pas encore souvenu qu'Itachi était son frère. Grâce aux dires de Sasorochimaru, il sait que cet homme est responsable de la mort de son clan. Pour ce qui est de l'écriture des combats, je dois dire qu'ils me viennent partiellement du fait que j'ai des bases en arts martiaux et que je visualise les attaques de façon visuelle (je fais même des schémas, et je réécris beaucoup mes scènes d'action.) Très peu de Shikamaru dans ce chapitre vu qu'il est très centré sur Naruto et ses problèmes internes. Mais je devrais me rattraper au chapitre suivant.
Chester: Ce n'est pas un délire que Naruto a eu avant la possession de Shisui. Normalement je l'explique dans ce chapitre, mais j'ai peur de ne pas avoir été assez claire. Et oui, il doit y avoir une certaine attirance des Uchiha pour les blondes, vu où j'en suis rendue dans mon histoire. Kushina fera sa dernière apparition dans ce chapitre.
Streema: Ouais, mais bon l'attirance de Kabuto pour Naruto n'a strictement rien à voir avec le sexe. Enfin, si d'un certain côté, vu que c'est un ec et qu'il a eu accès aux magazines où elle posait. Mais en fait non. C'est clair? XD Et oui, pour une fois que Sasuke verse dans le romantisme, u'a un méchant qui vient lui casser tous ses effets.
kuchiyume: Oui, mes chapitres sont beaucoup plus riches en information depuis quelque temps. ça me permet de préparer le terrain pour la suite de mon intrigue. La scène du bain a-t-elle fait écho avec la scène dans l'onsen? Et comme je le disais, un Sasuke plus calme et moins collant: c'est mieux.
Lorsqu'une maison est habitée par plusieurs personnes, il faut souvent faire des concessions sur tout ce qui est hygiène, mettre de l'ordre et répartir la place accordée à chacun. Cependant, même quand les habitudes de vie en communauté ont été prises, il faut bien souvent tout réorganiser lorsqu'un ami vient passer quelques jours dans la maison. La tension monte quand tout le monde veut accéder à la même pièce au même moment, mettons la salle de bain. Maintenant, imaginons que le nouveau locataire décide de trouver un moyen de distraire les occupants de longue date en ouvrant une la penderie, en ouvrant tous les tiroirs et en jetant les vêtements par terre afin d'accéder plus rapidement à la salle de bain. Et pendant ce temps là le propriétaire qui a invité l'ami à venir dans la maison est forcé d'aller ranger tous les vêtements, et oublie momentanément qu'il devait aller dans la salle de bain. Après, il a oublié qu'il voulait se laver et peut toujours gronder et tambouriner à la porte tandis que l'occupant fait ses ablutions en toute tranquillité.
Mettons cette explication à profit, et statuons que la maison représentait mon esprit et tout ce qui fait mes souvenirs. Les portes correspondent à des rangements de souvenirs. Et habituellement il n'y a qu'un seul locataire dans la maison : moi-même. Malheureusement, le destin a décidé d'installer avec moi d'autres occupants. En poursuivant l'analogie on pourrait dire que quelqu'un d'autre avait signé à ma place un contrat de location qui permettait à un sympathique démon de prendre place dans mon existence. Pour en revenir au parallèle que je faisais, on pourrait dire que la salle de bain représente la salle de contrôle de la maison. Bon, j'ai pris une salle de bain, mais c'était parce que je ne trouvais pas d'autre pièce où des personnes vivants en communauté doivent s'organiser pour prendre des tours. Sauf que là c'est ma salle de bain et j'y suis j'y reste. Donc quand un homme-corbeau a décidé de prendre place dans mon corps (ma maison quoi, il faut suivre !) et de tout contrôler (depuis la salle de bain), eh bien il a tout foutu par terre dans ma penderie de souvenirs érotiques pour que j'aille faire le tri et qu'il prenne la place. Sur ce coup là, le démon renard a quelque peu défoncé la porte de la salle de bain, m'a forcé à fermer la penderie en bordel et à aller me laver. Enfin je comprends ce que je veux dire.
Et donc ma penderie est toujours complètement en bazar, et je n'y ai pas encore remis les pieds.
Oui, j'avoue que toute cette histoire paraîtrait un peu fumeuse à un interlocuteur extérieur. Mais disons que pour le moment, j'étais un peu dans les vapes à cause du poison que Sasori m'avait inoculé suite à une erreur ridicule de ma part. Et j'avais un peu beaucoup de fièvre.
L'un dans l'autre, j'étais franchement en train de divaguer.
Ce fut en ouvrant les yeux après un long moment de convalescence que je compris que j'avais bassiné mon entourage sur ce sujet et que personne n'y avait rien compris.
_ … checkup physique plutôt positif si on considère que Sakura a éliminé la plupart des toxines, expliquait Kakashi à Asuma lorsque je repris conscience dans mon environnement.
_ J'ai dû l'envoyer se recoucher : elle a travaillé bien trop longtemps sur Naruto pour se sentir en forme, fit l'homme à la barbe. Je crois qu'elle est allée se laver avec Ten-Ten pour le moment.
_ Tu as bien fait. Avec ce qu'elle a sur le cœur pour le moment, Sakura aurait pu se détruire elle-même pour s'éviter de trop penser.
Mon ancien professeur soupira. Je me relevai dans mes couvertures tant bien que mal. Tout tournait autour de moi et les battements de mon cœur résonnaient sous mon crâne de manière douloureuse. Sakura avait certainement retiré le poison de mon organisme, mais des traces demeuraient, et Kyuubi ne semblait pas pouvoir les éliminer. J'allais devoir passer par une phase de long rétablissement.
Kakashi ouvrit un pan de la tente et y pénétra avec Asuma.
_ Yo, me salua-t-il.
J'étais assez lucide pour le moment pour lui répondre d'un bref hochement de tête. Les muscles de mon cou craquèrent douloureusement et je laissai passer un sifflement de douleur entre mes dents serrées. Quelque chose de chaud glissa le long de mon visage, mais je ne pus le rattraper avant qu'il n'obstrue ma vue et mes voies respiratoires. Asuma se saisit avec délicatesse de la compresse humide qui devait m'aider à réguler ma température. Je n'avais pas la force de bouger mes bras pour l'aider, arrivant à peine à me soutenir en position assise avec les deux. J'abandonnai finalement cette position pour garder mes bras le long de mon corps.
_ Sasuke ? articulais-je avec difficulté d'une voix rauque.
Le bruit de l'eau claire qui retombait dans le bol lorsque le Jounin essora le morceau de tissu me fit gémir de douleur. Il m'adressa un sourire d'excuse avant de la réinstaller sur mon front. Mes yeux ne parvenaient pas à se fixer sur la tache grise et noire qu'était le visage du ninja copieur.
_ Lui et Sai ont été mis aux arrêts. Tant qu'un Yamanaka n'aura pas examiné leurs esprits, je ne veux prendre aucun risque par rapport à eux. Si tu veux parler de cette histoire d'Uchiha Itachi, Sai nous a dit qu'il y avait une entente entre toi et lui résultant à ta remise en liberté. Je ne peux pas m'appuyer sur sa version des faits et Tenzo dort toujours pour récupérer. Ce qui signifie que je ne peux pas te faire confiance non plus. Considère-toi comme mise aux arrêts également.
Sa voix était ferme, et je sentis le reproche qui y flottait. Alors il n'était pas au courant de la réelle allégeance d'Itachi. Je souhaitai expliquer, mais les mots s'emmêlèrent dans mon esprit, et je ne parvins pas à formuler quoi que ce soit de compréhensible. Les doigts tremblants, je finis néanmoins par former le signe ANBU qui dissimulait les secrets de la plus haute importance.
Asuma et Kakashi échangèrent un regard. Puis ce dernier soupira une nouvelle fois.
_ Je suppose que je vais devoir exiger que Tenzo reste au village le temps que le Conseil se déclare sur tes agissements. Oui, tes agissements. Je te connais Naruto, et tu n'es pas du genre à faire quelque chose sans une raison derrière la tête. Itachi ne t'a pas uniquement tiré des griffes d'Orochimaru, il t'a aussi débarrassé du poison que contenait la lame d'Orochimaru : Sakura en a retrouvé des résidus dans l'organisme de Tenzo. Elle aura sans doute une théorie médicale pour expliquer comment les poisons ont pu coexister et ne pas le tuer, mais passons. Il écopera certainement d'une mise à pied.
Je voulus protester. Quand moi je me retrouve capturée par un criminel de rang S et sauvée par lui, on me met aux arrêts et on soupçonne la trahison. Quand c'est lui, il a droit à une simple punition ? Je voulus m'offusquai, et m'agitai dans ma couche.
_ Pourquoi fais-tu un tel cas de Naruto et pas de Yamato, ou Tenzo, peu importe comment tu veux l'appeler ? demanda Asuma.
_ Naruto a invoqué un crapaud d'après Jiraya-sama, expliqua Kakashi. Mais le temps que mon équipe arrive au manoir où elle se trouvait prétendument, elle s'était envolée. Et il n'y avait plus aucune trace d'Uchiha Itachi. Et brusquement nous la retrouvons comme par hasard lorsque nous revenons donner notre rapport à Shikamaru. Ce qui signifie qu'il l'a laissée partir sans être inquiétée : et cela m'inquiète fortement. Entre le moment où elle a été entre les mains d'Itachi, et le moment où il l'a relâchée, il a pu se passer n'importe quoi. Et si elle n'est pas coupable de trahison e manière effective, elle peut l'être de manière indirecte. Je ne fais confiance à rien de ce qui entoure le dernier des Uchiha. Quelque chose n'est pas clair autour de lui depuis le début, et je compte bien savoir de quoi il s'agit.
_ Je pense que tu es en train de devenir paranoïaque, dit Asuma. Naruto est la kunoïchi la plus droite que je connaisse : il est impossible qu'elle ait pu commettre un tel acte.
_ Je ne fais qu'appliquer le protocole, Asuma, tu le sais bien. Ça ne me plait pas plus à toi qu'à moi. Mais il y a eu contact entre Naruto et Itachi, et ça a toutes les chances de concerner Sasuke. Ce garçon se trouve sous ma responsabilité, et je sais à quel point Naruto souhaite lui faire retrouver le bon chemin. Je ne sais pas jusqu'où elle est capable d'aller pour lui, mais elle a mis plus d'une fois sa vie en jeu pour lui.
_ Je ne vois pas ce que ça a à voir avec sa loyauté. J'ai connu de nombreuses personnes qui préféreraient la mort à la trahison.
Asuma avait raison. Je m'étais déjà juré depuis longtemps que si Sasuke était une cause perdue, il me fallait l'éliminer ou du moins m'assurer qu'il soit mis hors d'état de nuire. Je me sentais blessée que Kakashi me croie capable de renier mes convictions pour venir en aide à Sasuke.
_ Eh, vous pourriez-vous chamailler ailleurs ? demanda la voix d'Izumo. Sakura-san a exigé qu'on ne fatigue pas trop les malades.
_ Ouais, et pendant que vous-y êtes, je vous signale que c'est à notre tour de dormir et il n'y a que la tente de la blondinette de libre. Allez prendre votre tour de garde si vous êtes réveillés, ordonna Kotetsu.
Je n'avais pas la force de tiquer au surnom qu'il me donna.
_ Je croyais que les filles dormaient ensemble, s'étonna Asuma.
_ Sakura-san n'a pas l'air d'être d'humeur à se trouver en présence de Sasuke-san ou de Naruto-san, expliqua Izumo. Ce qui signifie que nous avons dû libérer une autre tente pour laisser une certaine intimité aux filles. Comme Naruto-san doit être isolée, ainsi que Sai-san et Sasuke-san, il y avait soit de la place avec Tenzo-san, mais il ronfle, soit de la place ici.
_ Donc entre un mec qui ronfle et une malade qui divague on a tiré à pierre feuille ciseaux… Et Shikamaru nous a dit qu'il valait mieux que nous soyons avec blondinette plutôt que Gai et Lee lorsque vous partirez prendre leur relève. Elle pourrait vraiment clamser si ils se retrouvaient à partager sa tente. Je ne crois pas que les techniques de Gai soient appropriées à un temps de convalescence.
_ C'est un point de vue qui se vaut, admit Kakashi. Ces deux là risqueraient de faire mourir n'importe qui avant l'heure si vous souhaitez mon avis.
_ Et c'est pour ça que tu acceptes de participer à tous ses défis stupides, sourit Asuma.
_ Pas un mot de plus, menaça faussement Kakashi avant de partir avec l'autre Jounin prendre la relève des deux fous de l'entrainement.
Les deux professeurs quittèrent les lieux, et le duo de Chuunin commença à étaler deux futons de part et d'autre de mon corps. Ils commencèrent une conversation par dessus-moi que je me trouvai dans l'incapacité totale de suivre.
Je basculai à nouveau dans mon état de semi-conscience et mon esprit se tendit tout naturellement vers la représentation mentale que j'en avais. Affectée que j'étais par la fièvre, je voyais les surfaces fermes de l'arbre géant ondoyer sous mes mains. La porte contenant mes souvenirs érotiques avait été forcée grande ouverte par l'homme-corbeau, et de longs rubans entremêlés s'échappaient de l'ouverture béante.
Chaque fois que j'en effleurais un, le souvenir me revenait en tête avec la même précision que lorsque je l'avais vécu. Je me concentrai pour démêler chaque trame et ne pas me laisser emporter par le flot d'émotions. Cette scène dans le couloir d'un manoir et ce baiser que j'avais provoqué se déroulait entre Deidara et moi. J'étais trempée de pluie. Et cette autre scène advenait juste avant lorsque j'avais excité Itachi. La sensation de dangerosité lorsque je l'avais défié et remis à sa place, mélange grisant de crainte et de tension sexuelle provoquèrent de délicieurx frissons en direction de mon bas-ventre.
Je me retournai dans le monde extérieur à mon esprit, la compresse humide se décrochant de mon visage pour tomber à côté. Izumo qui se trouvait à ma gauche, et donc en face de moi à présent que j'avais bougé posa sa main sur mon font et grimaça.
L'écho déformé de sa voix me parvint.
_ Elle passe vraiment un salle quart d'heure, la pauvre, me plaignait-il.
_ Remets-lui son torchon mouillé sur la tronche et fais pas chier, grogna Kotetsu d'une voix endormie.
J'eus le plus grand mal à faire serrer les dents de mon corps physique. La fièvre et la fatigue perturbaient mes perceptions, au point que les ordres que mon cerveau transmettait à mes muscles mettaient bien plus de temps avant que je ne puisse me mouvoir.
Une odeur de chèvrefeuille assaillit mes sens, et je me retrouvai projetée dans une caverne pleine d'ombres projetées par le soleil. A cette époque je connaissais Utakata depuis une petite semaine, et nos expériences similaires en tant que Jinchuuriki nous avaient rapprochés. Je ne savais si c'était la cascade qui bruissait au fond de notre cachette, ou l'odeur des plantes qui me tournaient la tête, ou tout simplement ces hormones qui me travaillaient à chaque rencontre d'un réceptacle, mais je me trouvais dans les bras du jeune homme. Je lui avais annoncé ma disparition prochaine, n'étant qu'un clone soutenu par un sceau de maintien, et il s'était défait de son attitude si taciturne pour se faire tendre. Ses baisers avaient parcouru ma gorge et commençaient à se perdre dans mon décolleté. Je me tendais vers lui pour sentir ses lèvres chaudes contre ma peau et ses dents taquiner mes sens. Après un baiser langoureux et la danse de nos mains le longs de nos habits, il m'allongea sur le lit de fougère et de nos habits mêlés. Ses longues mèches sombres chatouillaient ma peau, tandis qu'il se saisissait de ma poitrine à pleine bouche. Je frémissais sous ses caresses, et mes mains plaquaient ses lèvres de feu, marquant ses baisers de manière indélébile sur mon corps excité. Nos mains ne restèrent pas inactives, alors que nous nous défîmes du dernier rempart vers notre nudité. Nos hanches se joignirent en un rythme lent, ponctuées de soupirs discrets, et mon impatience montait plus rapidement que mon plaisir. Je griffai son dos pour qu'il force le rythme, mais il restait imperturbable, me noyant dans ses yeux bruns jusqu'à ce que le plaisir me prenne brusquement pour me laisser pantelante et repue au même moment que lui.
_ J'ai rêvé ou blondinette vient de gémir? demanda Kotetsu de but en blanc dans le noir, me ramenant à la réalité en une fraction de seconde.
Izumo essora de nouveau la compresse pour la garder froide contre mon front. Je tremblais autant de froid que du désir qui me tordait le ventre.
_ Sa fièvre n'est toujours pas tombée, on devrait aller voir un médecin.
Une main ferme me saisit, et je fus tournée dans l'autre sens pour fixer Kotetsu.
_ Hey, blondinette, tu fais aller?
_ Ouais, acquiesçais-je d'une voix rauque.
_ Dis-le nous si tu ne te sens pas bien, me demanda-t-il fermement, et je sentis à quel point il était inquiet sous son calme apparent.
_ Merci, chuchotais-je avec un maigre sourire sur mes lèvres.
L'instant d'après mon esprit redevenait une barrière infranchissable. Combien de temps avait duré cet instant de plaisir avec Utakata? Deidara et Itachi ne m'avaient pas amené jusqu'à ce point de plaisir, seul demeurait un contact buccal qui s'il m'avait laissé désireuse, ne m'avait pas procurée de grand plaisir. Ils étaient trop teinté de manipulations pour me sembler intéressants.
Les souvenirs que je venais de revivre avaient retrouvé leur place dans le placard. Je bandai plus fort mon esprit afin de ne pas me laisser submerger de nouveau. J'effleurai un fragment de mon passé au hasard, et ce fut pour entendre de grosses gouttes de pluie retomber sur de la toile de tente. Je me rappelle m'être levée pour sortir au dehors de mon abri. Quelqu'un dormait à la belle étoile, et je désirait qu'il puisse passer la nuit au chaud. J'allai réveiller le dormeur en tremblant de froid dans la nuit, et celui-ci saisit ma cheville et me fixa de ses yeux rouges. C'était Sasuke et j'allais avoir quatorze ans dans un mois. Sasuke lorsque j'avais joué avec ses sentiments au point de ne plus pouvoir me défaire de son affection à mon égard. Après qu'il se fut installé à mes côtés à l'abri, nous jouâmes comme des enfants, et il finit par m'immobiliser sous lui. Et là nous nous souvînmes que nous n'étions plus des enfants, mais des adultes en devenir. Il m'embrassa, et il voulait plus. Et une vague de peur me prit et je me laissai aller à mes considérations personnelles. Je me refusai à lui avant d'aller me réfugier auprès de mon parrain.
Ce souvenir était aigre-doux, et mon regard actuel ne provoquait en moi que regrets et culpabilité à sa réminiscence. Je n'avais jamais été amoureuse de Sasuke, mais lui tendre la main à ce moment précis aurait été une bonne chose à faire. Mais je n'étais pas assez forte à l'époque, et lui trop impérieux pour démêler ce qui était de l'affection fraternelle, de l'amitié, de l'esprit d'équipe et de la maturité sexuelle dans ce qu'il ressentait pour moi.
Je me tournai alors vers un autre souvenir que je n'avais pas démêlé, et me retrouvai tout d'un coup dans une tempête de sable d'une violence rare. Quelqu'un avait son bras enroulé autour de moi, et nous luttions de concert contre les éléments déchaînés. La sensation de soulagement lorsque nous avions trouvé un abri fut telle que nous nous jetâmes dans les bras d'un de l'autre. Lorsqu'il recula, j'observai la blancheur de sa main sur ma peau brunie par le soleil du désert. Et lorsque mes yeux remontèrent vers les siens, je trouvai en lui le reflet de mon propre désir pour ce garçon. Impérieux, fougueux, mais nouveau, je n'avais jamais expérience une telle attraction pour un homme auparavant. Nous étions tous deux Jinchuuriki, et j'avais été la première à lui offrir l'affection qu'on lui avait tant de fois refusée par le passé. A présent nous voulions plus. D'un baiser impérieux naquirent des caresses de plus en plus osées qui nous affranchirent de ces couches textiles avant de nous laisser rouler dans le sable fin. Il collait à mon dos et mes cuisses luisant de sueur, partageant chaque baiser que je déposai au creux des muscles de Gaara. Puis il me poussa contre un mur, et je sentis les minuscules grains pénétrer ma peau là où ses doigts se saisissaient de ma chair. Nous ne fûmes plus qu'une seule entité vouée aux plaisirs charnels. C'était sa première fois, la mienne aussi, si tant est qu'un clone puisse avoir une première fois. La tempête ne cessa pas avant plusieurs jours, et nous profitâmes allègrement de la tourmente, oubliant toute notion de temps.
Les plaisirs répétés qui se perpétraient dans mon esprit me firent pousser un nouveau gémissement. Kotetsu se raidit en face de moi, puis une lumière vive explosa dans mon œil gauche. Puis le droit. Des images rémanentes de cet afflux lumineux dansaient devant mes pupilles, et ma fièvre s'accompagnait à présent de céphalées.
_ Je t'avais dit qu'elle ne gémissait pas de douleur cette petite, ricana Kotetsu en direction de son partenaire. Elle est chaude bouillante, là.
_ Pas étonnant avec sa fièvre.
_ Ce n'était pas ce que j'impliquais. Hein, blondinette! ça te démange là en bas? C'est nous qui te faisons de l'effet?
Je pouvais percevoir le soupçon de luxure dans sa voix.
_ Kotetsu, râla son partenaire, laisse la petite se reposer au lieu de lui dire des cochoncetés.
_ Elle n'avait qu'à pas gémir comme si elle se faisait un petit plaisir. Et avoue, elle te fait envie aussi, pas vrai.
_ J'admets volontiers que Naruto-san est agréable à regarder, mais cela n'implique pas que j'aie l'envie, sans même parler du droit, d'entamer une relation sexuelle avec elle, d'autant plus qu'elle ne sera certainement pas consentante.
_ J'évoque juste une éventualité. Elle n'arrête pas de bouger et de soupirer de manière plus que suggestive et ça met un sacré coup à ma libido; Et ne ment pas, je parie que t'as une bonne grosse envie là maintenant tout de suite.
Je priai en moi-même pour que la relève des deux hommes se fasse rapidement. La nuit serait longue si j'avais à subir cet énergumène plus longtemps. Je devais avouer qu'il était parfaitement naturel qu'il se sente frustré s'il ne pouvait pas avoir ce qu'il souhaitait. Je pariai que deux hommes allaient se sentir très seuls avec leur main la prochaine fois qu'ils iraient faire une petite pause derrière les buissons.
"Viens-tu de penser à avoir un rapport sexuel avec les deux en même temps?" demanda Kyuubi de manière insidieuse "Voire d'avoir deux partenaires à la fois, quels qu'ils soient?"
"Non, absolument pas." grinçais-je.
"Eh bien maintenant ce sera le cas!"
Ce fichu démon-renard avait raison: par suggestion, il venait de m'amener à m'imaginer dans un lit avec deux personnes à caresser et qui me donneraient du plaisir en retour. Cette simple pensée raviva la faim qui me tordait le ventre, et les yeux que je posai sur Kotetsu n'avaient rien d'innocents. Mon regard brûlait même à travers mes paupières closes. Je m'embrasais, et je savais que me consumer pour de simples souvenirs n'avait rien de sain. Je maudis Shisui en mon sein.
Penser à Shisui me ramena à penser à Sai. A l'unique moment où il avait partagé ma couche, ce moment d'intensité physique qui manquait tant de tendresse que je m'en étais sentie frustrée. Du légume qu'il était devenu sous la torture de Kabuto, le membre de la Racine n'avait eu qu'une vague aptitude supplémentaire à pouvoir décider par lui-même. Peut-être avait-il eu un espoir de réapprendre les sentiments plus que par son approche scientifique. Je ne le saurais jamais. J'avais compris trop tard en quoi la coquille vide qu'était devenu le ninja avait attiré l'œil de Shisui. Je doutais à présent de la sécurité de la manœuvre: il me serait bien difficile de surveiller ce nouvel individu à présent qu'il disposait d'un corps bien à lui. Et après deux tentatives de possession et l'agression de mon esprit, je ne pouvais décidément pas lui faire confiance.
La tension dans mon bas-ventre s'était décrue, et j'espérai à juste raison ne pas retomber de nouveau dans ces désirs charnels. Mon esprit passa en boucle diverses scènes de ma jeunesse lorsque je m'étais dévoilée être une fille. J'avais l'air différente des autres de mon âge, et une certaine attirance s'était faite à mon égard par plusieurs garçons, soit par la découverte de mon ascendance par Neji, soit par la confusion des sentiments qu'il éprouvait à mon égard pour Sasuke. D'autres avaient posé un œil sur moi, pour finalement s'en détourner.
Le dernier souvenir majeur demeurait en tas en dessous des autres. Comme si j'avais souhaité l'éviter. Et je me rendis compte à quel point c'était vrai. Ce dernier souvenir était agréable, oh combien agréable. Mais je le gardais honteusement dans un coin de mon esprit, embarrassée de son contenu. Je pouvais justifier son existence par les phéromones qui me liaient aux divers Jinchuuriki, mais peut-être résidait-il une raison plus profonde. J'avais embrassé une fille, je l'avais tenue dans mes bras, je m'étais offerte à elle comme elle s'était offerte à moi. Le frisson que j'avais ressenti lorsqu'elle avait passé ses mains là où j'étais le plus vulnérable me revint en mémoire, et mon corps s'arqua également dans la réalité. J'étais en train de me perdre moi-même dans ces sensations. Je ressentis avec d'autant plus d'amertume que le plaisir s'emparait de moi à quel point mon esprit était faible. A quel point je m'étais fourvoyée sur mes propres forces.
Mais le souvenir de Fû ne s'arrêta pas à nos ébats, loin de là. Ils se continuèrent jusqu'au moment où je sus qu'elle avait disparu. A mes pleurs de rage lorsque j'avais compris que c'était moi qui l'avais guidé jusqu'à elle. A la peur mâtinée d'espoir lorsque j'avais compris qu'elle était en vie ainsi que Gaara. A l'effroi désespéré qui m'avait soulevé lorsque l'homme-plante carnivore m'avait poursuivi dans cette forêt à Ame. A mon cœur qui s'était serré lorsque j'avais revu la jeune femme, dépossédée de son esprit et contrôlée à distance par un ennemi que je ne pouvais cerner.
Une fois mes souvenirs revenus en place, je sentis toutes les portes ouvertes sur mes souvenirs qui étaient restées entrouvertes. Lorsque je m'étais concentrée et perdue dans les affres du plaisir, je n'avais pas prêté attention à tous ces souvenirs qui menaçaient de se déverser. Il me fallut une puissance inouïe pour en refermer la plupart.
En un simple tour de passe-passe, Shisui m'avait reléguée à un rôle mineur. Si je ne m'étais pas trouvée en sécurité lorsque mon esprit avait exigé de moi que je m'aide à me reconstruire, c'en aurait été fini de moi. N'importe qui pouvait m'agresser en ce moment.
Une porte vibrait encore, et je me retrouvais sur le pas. J'ignorais ce qui tempêtait de l'autre côté de la cloison, mais un sentiment de dangerosité malsain me prit. La porte s'ouvrit tout d'un coup, et un souffle me prit. Et je hurlai. Un maelstrom d'émotions violentes, un condensé de mes peurs et de mes craintes se trouvaient de l'autre côté. Tout ce qui était moi et que je ne pouvais regarder. Ce qui était de l'autre côté n'était rien d'autre que moi, et tout ce que je détestais à la fois. C'était moi, sans l'être vraiment et en étant tellement plus. Le côté bestial qui me saisissait lorsque je me trouvais en présence d'Orochimaru ou d'un de ses sceaux répugnants. La créature de l'autre côté de la porte n'était que violence et instincts de conservation. Et elle agressait mon esprit avec autant de souvenirs cuisants que d'attaques physiques. Des lésions profondes se mirent à maculer mon visages, mes bas, mon torse...
"Naruto!" cria une voix derrière-moi et une porte s'ouvrit au beau milieu de cette pièce où je ne pouvais pas entrer. Une femme aux longs cheveux rouges se tenait de l'autre côté, son bras tendu vers moi.
"Maman!" appelais-je en réponse, et je me fis l'effet d'une toute petite fille effrayée.
Mais le monstre qui portait mon visage me retenait contre elle avec une force insoupçonnée, et ses doigts s'imprimaient dans mon bras, comme si ma chair n'avait été que cire molle.
Une gifle violente me ramena à la réalité et je haletai come si je venais de sortir de l'eau. Mon corps et mes draps étaient baignées de sueur, et l'odeur de mon propre corps me rendit presque malade. Il n'y avait plus dans la tente que Sakura et une lumière verte qu'elle orientait vers ma tête. La brise nocturne me fit frissonner tandis que je devinais la présence d'autres personnes qui m'observaient. Avec un certain détachement, je sentis mon corps se recroqueviller et cesser de produire ces cris si étrangers à une gorge humaine. Mes cheveux défaits retombaient le long de mon corps prostré et tremblant tandis que le médecin me forçait dans une position ou une autre pour m'examiner.
_ Je n'ai jamais vu cela, dit-elle d'un ton où l'inquiétude perplexe se mêlait à la curiosité scientifique. C'est à croire que le poison de Sasori a dérangé son esprit au point de déranger son esprit.
_ Je ne pense pas, déclara Neji, les signaux de chakra qui passent par son cerveau sont perturbés uniquement à cet endroit, si l'attaque du poison était à l'encontre de ses méridiens ou de ses tenketsu, cela ne devrait-il pas affecter tout son organisme? On dirait une attaque de Genjutsu, mais autoalimentée par son propre corps.
_ Tu veux dire que son corps s'attaque lui-même?
_ Je ne saurais le dire, je ne suis pas très versé dans la médecine. Mes connaissances sont largement en deçà des tiennes, Sakura-san, reconnut le Hyuuga.
_ Je ne peux pas faire grand chose pour le moment. Le mieux que nous pouvons faire est de la sédater, et de l'empêcher de se déshydrater. Il faudra demander un examen approfondi par un neurologue, voire un Yamanaka.
Je voulais leur dire de cesser de faire comme si je n'étais pas là, mais je ne parvenais pas à ouvrir la bouche. Mon retour à la réalité avait desserré la prise que le monstre avait sur moi, mais je ne parvenais pas à me défaire totalement de lui. J'avais l'impression qu'un bon nombre de mes sens étaient coupés.
Je n'eus guère le temps de penser plus avant qu'une aiguille s'enfonça profondément dans mon bras et je sentis comme un courant glacé parcourir mes veines et engourdir mon corps. La tension dans mes muscles se défit par les actifs chimiques et ma conscience glissa plus loin.
Je me retrouvai de nouveau piégée dans mon propre esprit, face à cette créature que je ne comprenais pas. C'était moi, et elle avait pris mon contrôle lorsque je me trouvais incapable de prendre une décision, c'était sa main à la place de la mienne quand je ne me trouvais pas la résolution de tuer mais que c'était nécessaire. C'était elle qui enserrait douloureusement mon cœur, elle en qui j'avais commencé à me fondre avant de reprendre mes esprits dans ce laboratoire au pays du Riz.
"JE MEURS!" cria-t-elle d'une voix qui me cisaillait les tympans. "TU AURAIS DÛ TUER LE MARIONETTISTE TANT QU'IL ETAIT TEMPS! PEUT-ÊTRE TE LAISSE-TU TENTER PAR LA MORT MAIS MOI JE VEUX VIVRE!"
"Qu'es-ce que..." commençais-je avant que son poing ne me percute avec une puissance insoupçonnée. Je fus projetée en arrière contre le tronc d'un arbre.
Un arbre? Mais où nous trouvions-nous? Quelle était cette forêt? et qui était-elle réellement? Ou plutôt, qu'étais-je réellement?
Je me relevai tant bien que mal. Je n'étais qu'un corps astral et elle aussi, mais cette sensation de douleur restait réelle. Je relevai la tête pour la fixer. Les fois d'avant, elle était arrivée derrière-moi, et la rapidité des évènements m'avait empêché de la détailler. Elle me ressemblait comme une copie parfaite à ceci près que sa peau était pâle et translucide, irradiant d'une lumière d'un blanc-vert surnaturel qui semblait jaillir autant d'elle que des plantes alentours. Contrairement aux miens, ses yeux avaient une couleur que je ne parvenais à définir. D'une couleur changeante, ils passaient par toutes les couleurs du spectre, et la pupille au centre se mouvait elle aussi. Une autre différence subsistait aussi: elle était nue mais la lueur qui l'enveloppait brouillait les contours de ses courbes féminines. Elle avait presque l'air petite, mais tendue comme la corde d'un arc qui bouillait de diverses émotions. Et ses cheveux courts formaient comme une couronne de soleil autour de sa tête. Sur sa peau d'albâtre, les moustaches qui ornaient ses joues étaient d'un noir profond. Elle n'était que colère impulsive, et ne réfléchissait pas. J'avais presque l'impression de voir...
"UNE VERSION PLUS JEUNE DE MOI-MÊME, EST-TU EN TRAIN DE PENSER, N'EST-CE PAS?"
"Comment..." commençais-je
"JE SUIS TOI, ET TU ES MOI, CE N'EST PAS DIFFICILE. N'ES-TU PAS SUPPOSEE ETRE LA PLUS INTELLIGENTE DE NOUS DEUX?"
"Mais je ne comprends pas? Nos sommes toujours dans mon esprit, mais ce n'est pas un souvenir. Alors que se passe-t-il?"
"UN ESPRIT N'EST PAS UNIQUEMENT COMPOSE D'UN ENSEMBLE DE SOUVENIRS, IDIOTE. TU DEVRAIS POURTANT LE SAVOIR."
Elle avait raison: si mon esprit n'était qu'un condensé de tous mes souvenirs, alors comment Shisui avait-il pu y pénétrer, comment le sceau de contention de Kyuubi avait-il pu affecter mon esprit et permettre ce qui restait de ma mère y demeurer?
"Pourquoi m'as-tu attaquée?"
Elle grimaça avant de s'approcher de moi. Lorsqu'elle posa sa main sur ma pommette éclatée, la douleur qui me parcourait disparut, et je sentis muscle et os reprendre leur place originelle. Sa main resta sur ma joue et ses doigts puissants crochetèrent ma mâchoire.
"TU PROTEGES NOTRE CORPS, ET MOI NOTRE ESPRIT. J'ESSAYAI SIMPLEMENT DE RECUPERER CECI"
Ses doigts récupérèrent une longue plume noire fichée dans mon épaule d'un mouvement vif. Les sensations de peur qui affluaient dans mon esprit s'évanouirent et cette envie de sentir du plaisir physique cessèrent finalement. Je vis les traces noires qu'avaient laissé la plume sur ses doigts pâles refluer tandis qu'elle grimaçait. La plume flottait, prise dans la lueur vert-blanc et mon double referma les mains et une lueur puissante irradia d'entre ses doigts, m'aveuglant pendant quelques instants.
"Enfoiré de Shisui, grognais-je."
"KYUUBI T'AVAIT DIT DE FAIRE ATTENTION. J'AI TENTE DE L'ELIMINER DES SON ARRIVEE, MAIS TU ES VENU A SA RESCOUSSE. AU MOINS, MAINTENANT QU'IL EST PRIVE DE NOTRE CORPS, IL SERA INCAPABLE DE S'ATTAQUER A NOUS."
"Je ne comprends pas, je pensais qu'Itachi m'aimait bien... Pourquoi a-t-il mis ce type dans notre corps?"
"QU'EST-CE QUE J'EN SAIS? C'EST TOI LE CERVEAU."
"Après un démon, un corbeau, et ma mère, voilà que j'ai un dédoublement de la personnalité. Comment ais-je fait pour mériter d'avoir une tête aussi peuplée. On ne s'étonnera pas de me voir virer timbrée un de ces jours."
"D'OU LE BESOIN DE PROTEGER CE QU'IL Y A DANS TA TETE."
"J'ai peut-être la solution", déclara ma mère derrière nous.
"mAmAn!" criâmes-nous à l'unisson.
Kushina descendit de la porte où elle se trouvait avant de me serrer dans ses bras sans substance et de faire de même avec mon double. Je trouvais dommage de ne pas pouvoir toucher son corps. Elle me passa même au travers, et je ressentis des picotement le long de mo corps lorsque mon double spirituel la fit tournoyer dans ses bras en riant d'une joie incroyable. Je sentis un pincement au cœur de les voir toutes deux heureuses et moi à côté. Comment pouvaient-elles interagir l'une avec l'autre avec tant de facilité? Et depuis quand n'avais-je pas ri avec tant de conviction. Mon double me faisait l'effet d'une bulle de bonheur concentré. Aussi terribles qu'étaient ses accès de colère et ses poings d'acier, ses joies étaient soudaines et magiques.
Mais le temps n'était pas à rire, je devais trouver un moyen de redevenir consciente, d'affirmer ma loyauté à Konoha et d'expliquer out ce qui s'était passé sans que le Conseil ne puisse me mettre à l'écart des missions dangereuses.
"TU NE SAIS PAS COMMENT T'AMUSER!" me lança NARUTO en me tirant la langue.
"Tu ne sais pas quand t'amuser." répliquais-je en soupirant.
"MAIS MAMAN N'A PRESQUE PLUS DE TEMPS POUR ETRE AVEC NOUS! ELLE AUSSI VEUT S'AMUSER UNE DERNIERE FOIS, HEIN MAMAN!"
La rouquine se sépara de la jeune fille survoltée pour se tourner vers moi avec un sourire triste.
"Pourquoi ne m'as-tu pas dit que tu partirais bientôt?" demandais-je blessée d'avoir été mise en dehors du secret.
"Tu étais e pleine mission, et très occupée. Vous avez très bien agi toutes les deux, et je suis fière de vous?"
"AH OUAIS, A PART PLEURER COMME UNE ANDOUILLE, EMBRASSER DES CRIMINELS DANGEREUX ET SE FAIRE EMPOISONNER, ELLE A FAIT QUOI?" se moqua-t-elle, et l'accusation me frappa plus part qu'un coup de poing.
Je souris pour retenir la colère en moi. Elle faisait exprès, je le savais. NARUTO quitta les bras de ma mère pour danser autour de moi avec une grâce et une vitesse déconcertante. J'avais le tournis à force de lui faire face et le la sentir me titiller par des grimaces et des pinçons dans mes côtes.
"HEIN QUE ÇA T'ENERVES! HEIN, HEIN, DIS, HEIN!" babillait-elle à toute vitesse sous l'œil exaspéré de Kushina.
"Veux-tu bien cesser ce petit jeu?" demandais-je d'une voix ennuyée.
"ALLEZ! TU SAIS QUE TU VEUX ME FRAPPER!"
"Comment peux-tu être moi? Cesses-donc tes gamineries!"
"EH, DIS-DONC COMMENT TU ME PARLES! A CROIRE QUE TU ES MIEUX QUE MOI!"
"Je commence sérieusement à y songer. Tu es irréfléchie et tu ne prenais aucun soin de notre corps lorsque tu en avais la charge. Tes seuls réflexes sont la destruction et l'amusement, et tu ne vas pas plus loin que ce que tu penses."
"TU PENSES ETRE MIEUX QUE MOI PARCE QUE TU PENSES SI LONGTEMPS QUE ÇA TE TORTURE L'ESPRIT DE CULPABILITE. MOI, J'AURAIS SAUVE SASUKE DEPUIS LONGTEMPS! ET TOUS LES AUTRES, JE SERAIS ALLEE VOIR DIRECTEMENT LE CHEF DE L'AKATSUKI ET TOUT NE SERAIT QUE DE VIEUX SOUVENIRS."
"Tu veux nous tuer, c'est ça?"
"MAINTENANT ON VEUT VIVRE? ETONNANT DE LA PART DE CELLE QUI DECIDAIT DE PARTIR DANS UNE DERNIERE EXPLOSION POUR QU'ON SE SOUVIENNE D'ELLE AVEC JOIE. ARRETES DE TE METTRE EN MARGE DES AUTRES, ET INTEGRES LES A TA VIE? DEPUIS COMBIEN DE TEMPS N'AS-TU PAS COMBATTU UN AMI JUSTE POUR LE FUN? DEPUIS QUAND N'AS TU PAS ECOUTE LES RAGOTS DE KONOHA POUR SAVOIR QUI COUCHAIT AVEC QUI?"
"J'ai plus important à faire! Je dois sauver Sasuke, peut importe si ça me détruit au passage. Et tout le monde se souviendra de quelle kunoïchi j'ai été."
"ILS NE SE RAPPELLERONT QUE D'UNE JEUNE FILLE QUE SA MONTEE EN GRADE A BRISEE MENTALEMENT ET CORPORELLEMENT. ILS AURONT DES REGRETS DE NE PAS L'AVOIR AIDEE. PUIS ILS T'OUBLIERONT, ET TU NE SERAS PLUS QU'UN DE CES NOMS DE HEROS SUR LA PIERRE NOIRE DU CIMETIÈRE. FÉLICITATIONS, TON REVE DE RECONNAISSANCE SERA PLEINEMENT ACHEVEE."
Je ne sus que répondre à cette affirmation tant elle avait de sens. NAUTO savait ce qui se tramait au plus profond de mon esprit, au plus profond de mon cœur. Et elle savait appuyer où cela faisait mal.
"EST-TU SEULEMENT HEUREUSE DE LA VIE QUE TU NOUS FAIT MENER?"
"Je..."
"Arrêtez cela toutes les deux!" cria Kushina.
Elle était encore plus transparente que quelques instants auparavant.
Elle traversa la clairière dans nos directions, mais cette fois, ce fut moi qu'elle prit dans ses bras.
"Je voulais te donner ton héritage qui te provient de notre clan dans d'autres conditions, mais le temps m'est compté. Accepte ce présent et rappelle-toi: n'oublie jamais comment sourire."
Je la sentis se dissoudre dans mes bras avec une certaine perplexité, et je vis mon double laisser de douloureux sanglots parcourir son corps. Je me sentais presque gênée de l'indécence avec laquelle elle exprimait son sentiment de perte. Moi-même j'avais le cœur déchiré en milliers de morceaux tandis que des connaissances ancestrales s'imprimaient dans mon esprit. J'éprouvai le besoin de m'appuyer contre un arbre tandis que je retenais les larmes bouillantes le long de mes cils.
Et sans effort de réflexion, je fis apparaître une porte par laquelle je m'éclipsai. Une porte où NARUTO et ses paroles si dérangeantes ne pourraient m'atteindre.
Je repris conscience comme au sortir d'un long rêve. Un rêve aigre-doux. Quelqu'un me portait sur son dos, contrairement à Tenzo qui était porté par une civière que j'aperçus du coin de l'œil. Je me sentais épuisée, mais en même temps affamée et déshydratée, et un besoin naturel me poussa à signaler que j'étais réveillée à mon porteur. Je me redressai dans la prise qu'il avait sur mon corps, et approchai ma tête de son oreille. Il était brun, et il sentait bon la sueur fraiche. Mon esprit embrumé était à même de capter ces envies.
_ Elle est réveillée, signala Shikamaru à l'ensemble du groupe.
Quelqu'un dut désigner un point pour s'arrêter, car la trajectoire du groupe s'inclina vers une clairière. Shikamaru me posa sur mes jambes, et je pus apprécier dans un ensemble plus libre la composition de notre large troupe. Sasuke et Sai avaient les mains liées dos contre dos devant leur corps afin de les empêcher de se libérer et de faire des signes durant leur entrave. L'un avait été placé en tête de groupe (Sai), surveillé sur les côtés par Izumo et Kotetsu, tandis que Kakashi ouvrait la marche. Juste derrière lui venait la couche avec Tenzo qui semblait incapable de bouger, et qui était trop lourd pour ne nécessiter qu'un unique porteur. J'ignorais s'il s'agissait d'un contrecoup des poisons dans son organisme, ou d'un simple épuisement physique. De chaque côté de lui, veillaient Neji et Ten-Ten qui assuraient la protection de l'entièreté de la file. Sakura était en charge de la surveillance de Sasuke, autant que du suivi des malades, aux côtés de Shikamaru qui me portait et pouvait lors d'une attaque user de mon ombre et de la sienne pour piéger la zone. Asuma fermait la marche.
_ Comment te sens-tu? me demanda Shikamaru en me retenant, constatant que ma tenue était vacillante.
_ Curieusement bien, admis-je honnêtement.
Quelqu'un émit un reniflement dubitatif, et le regard de Shikamaru sur moi me rappela à quel point j'étais une habituée des lits d'hôpitaux. C'était le prix à payer pour ma témérité. Sakura s'approcha de moi pour 'examiner, et je scannai l'assemblée du regard. Quelques uns évitaient mon regard, comme doutant de mon intégrité. Le regard brûlant de Sai était fixé sur la base de ma nuque, et je compris que Shisui avait totalement pris le contrôle de son corps. Plus rien n'appartenait à cet ancien membre de la Racine, et je me surpris à le plaindre : les chances qu'il parviennent à se réhabiliter existaient, et j'avais éprouvé un peu de sympathie pour lui. En revanche, Sasuke évitait clairement de me regarder, et je redoutais une confrontation prochaine entre nous deux.
_ Physiquement elle a l'air d'être rétablie, son organisme va évacuer les dernières toxines de lui-même.
_ Il n'y a pas non plus de perturbations de son mental, contrairement à hier soir.
_ Elle nous a fait grave flipper en plus, dit Kotetsu. Elle avait ses pupilles dilatées et tout et puis elle s'est mise à crier comme une dingue...
_ Si vous m'aviez communiqué les symptômes plus rapidement, peut-être qu'on n'en serait pas là! grogna le médecin de terrain au duo de Chuunin et une polémique éclata dans le groupe.
_ Excusez-moi, appelais-je et le silence revint et leurs regards braqués sur moi étaient dérangeants. Loin de moi l'idée de vous empêcher de débattre sur mon sort, mais je doute que ce soit le moment.
_ Elle a raison, confirma Kakashi. En tant que blessée, elle est pris en charge différemment de Sai et Sasuke, mais les règles qui s'appliquent à eux s'appliquent également à elle; elle doit être placé dans l'isolement maximum en attendant que le Conseil statue sur son sort.
_ Je la connais! s'écria Sakura, Naruto ne trahirait jamais le village.
_ Une connexion a cependant été prouvée entre elle et un, voire plusieurs criminels de rang S, et cette situation ne peut être ignorée.
_ Mais... renchérit Lee, mais la main de son Sensei sur son épaule le fit taire.
Ainsi ils étaient nombreux à douter de ma loyauté pour le village. Alors que j'étais une des premières à respecter la Volonté du Feu. Elle brûlait en moi, et ils me suivaient comme ils l'avaient toujours fait. Pourquoi un tel revirement alors que je ne faisais que ce qui était nécessaire à l'avènement de la paix?
"Mais ne vous inquiétez-pas Namikaze Naruto-san, nous éclairerons le chemin à prendre, le bon chemin"
"Il n'est pas souhaitable de devoir étouffer le jeune arbre si celui-ci s'abreuve d'une source empoisonnée." avait dit Sai.
Pourquoi ces personnes pensaient-elles que je faisais fausse route? Etait-ce vrai?
Après avoir pu faire sous surveillance mes besoins naturels et me sustenter, Je fus à nouveau hissée sur le dos de Shikamaru. Mon corps n'aurait pas tenu la distance jusqu'au village. Le ballotement régulier dont je faisais l'objet finit par me bercer, et je m'endormis le nez enfoui dans le col de sa veste Chuunin.
Lorsque je revins de nouveau à moi, j'avais été attachée à un lit d'hôpital, incapable de faire le moindre mouvement. J'avais été isolée dans une chambre, et elle ne possédait pas de fenêtre. Ma porte ne possédait qu'une minuscule lucarne d'où j'apercevais la silhouette sombre du soldat qui gardait ma porte. Je supposai à juste titre que Sasuke et Shisui avaient également été séparés et isolés.
Je n'avais pas mal donc je supposais que j'étais totalement purgée de tout le poison qui avait traversé mon organisme. Malgré mon bien-être physique, je me sentais quelque peu fatiguée, et un léger mal de crâne pulsait derrière mes tempes. Je me sentais un peu nauséeuse aussi.
La porte s'ouvrit brutalement, et j'aurais sursauté si j'en avais été capable.
Dans l'entrée se tenait Tsunade, accompagnée de Shizune, de Jiraya et de Kakashi. Je m'attendais à ce que Morino Ibiki, voire Yamanaka Inoichi viennent les premiers pour me visiter. Peut-être l'avaient fait durant mon inconscience. Je ne pouvais le savoir. Le regard de la blonde était plus dur que du silex, et je déglutis nerveusement. Evidemment que rien n'allait bien se dérouler.
_ Uzumaki Naruto, annonça le cinquième Hokage d'une voix formelle. Le capitaine Tenzo de l'ANBU et Sai de la Racine rapportent des faits curieux quant à ton comportement durant cette mission.
Je notai que son aversion pour les hommes de Danzô surpassait sa colère envers moi, à la manière qu'elle eut de cracher le prénom de Sai. Les quatre regards convergeaient vers moi avec une insistance qui me mettait dans un état de stress intense.
_ Qu'as-tu à dire pour ta défense, jeune-fille? demanda-t-elle d'une voix
Je fronçai les sourcils. D'habitude, Tsunade était bien plus clémente envers-moi. Avais-je vraiment dépassé les bornes cette fois? Le regard de Jiraya posé sur moi confirma mes pires craintes: il n'était pas content de moi. Pas du tout. Et pour l'avoir vu de rares fois en colère, je savais qu'une explosion se trouvait derrière son visage impassible. Il savait que j'avais des liens avec Itachi, puisque celui-ci était son espion. Me mettait-il en garde afin que j'omette cette information devant Tsunade? Si tel était le cas pourquoi ne l'avait-il pas fait plus tôt de lui-même? Ne pas avouer cela à l'Hokage était presque un acte de trahison, tout comme ce que j'avais fait durant cette mission.
_ Ne pense-t-elle pas trop? demanda Kakashi. Elle pourrait bien être en train de préparer un mensonge.
Le ton de on ancien professeur était blessant. Ne me croyait-il pas? Je pouvais comprendre son attitude par rapport à la mission, afin que tout soit respecté dans les règles, afin que je ne puisse entrainer mes camarades innocents dans mon sillage. Mais me mettre en porte-à-faux devant notre Hokage? Cela me dépassait.
Un vertige me prit, de même qu'une envie de vomir et je voulus me pencher sur le côté. Je m'en trouvai incapable. Les entraves fixées aux barres du lit cliquetèrent. Une machine bourdonna à l'accélération de mon cœur.
La tête de Tsunade pivota et elle se mordit la lèvre en fixant le moniteur. Kakashi-Sensei sursauta avant de lancer un regard en coin vers Jiraya. Il avait l'air de lui reprocher quelque chose qui m'échappait. L'ermite pas net se contenta de gronder quelque chose à l'encontre du ninja copieur que je ne pus saisir dans mon état désastreux.
Un effet secondaire des médicaments destinés à purger mon sang?
_ Je répète ma question: avez-vous quelque chose contre votre défense?
Oui, j'avais fait quelque chose de répréhensible: j'avais pris contact avec Uchiha Itachi. Mais c'était pour le bien de Sasuke. Et Itachi m'avait sauvé la vie. Et il m'avait envoyé Shisui. Et puis... Et puis...
Mes yeux papillonnèrent et je vis du noir pendant quelques instants. Mais quelque chose bougeait dans le noir. Je ne pus pas saisir le mouvement. Je battis des cils quelques instants, et l'image de ma chambre cachée dans l'hôpital de Konoha me revint floue.
_ On est en train de la perdre! cria la voix déformée de Kakashi-Sensei.
Tout comme ce que voyaient mes yeux, ma perception du son était chamboulée. Je savais qui était en train de parler, mais sa voix se mêlait à celle de Chat. Etrange. Peut-être que le fait que Tenzo ait été évoqué me fasse pense à lui dans mes moments de délire.
_ Elle ira bien, soupira Jiraya. C'est une Jinchuuriki qui s'est retrouvée face à Uchiha Itachi. Quel que fut le contact entre eux, il a été certainement plus pénible que ce petit interrogatoire.
_ Elle est forte, elle est vraiment forte. Son esprit combat encore, signala Shizune.
La voix de Shizune était monocorde. Et étrangement elle n'avait pas sursauté lorsque le moniteur avait bruit. Comme si elle s'y attendait ou qu'elle n'était pas vraiment là. Peu à peu le brouillard dans lequel j'étais plongée se dispersa peu à peu. Je pris une respiration d'air qui me sembla glacée dans mes poumons. Une odeur de renfermé et d'humidité y flottait. Ça ne collait pas avec le côté aseptisé de la pièce.
_ Vous voyez ce que ça nous coûte vos interruptions? fit de nouveau Jiraya.
_ En effet, elle se remet à réfléchir. Veuillez m'excuser monsieur.
_ J'ai de plus en plus de mal à maintenir le réalisme de la scène, grogna Shizune. Son esprit est vraiment...
Elle poussa un léger cri!
"CE N'EST PAS REEL!" cria NARUTO dans mon esprit.
Je tentai de combattre la perte de sensation et le vertige qui me prit en bandant mes muscles, mais le liquide froid glissait dans mes veine et m'engourdissait. Je me mis à baver sans pouvoir me retenir. Je tentai de faire le vide en moi tandis que la paralysie se propageait rapidement. Mon corps se mit à convulser violemment et je manquai de m'étouffer avec ma propre salive.
Si je pouvais revenir à ce moment où j'avais vu ces ténèbres habitées...
Je me mis à haleter les yeux fermés. Je voulus laisser les images, les sons, les odeurs entrer peu à peu en moi, mais un gémissement de douleur féminin me vint en tête.
_ Elle est trop forte, cria une voix que j'avais identifiée à Shizune.
Ce n'était pas du tout elle. De même, la voix du vieil homme n'était absolument plus celle de Jiraya. La femme que j'avais associée à l'assistante de l'Hokage n'était autre que le médium qui m'avait plongée dans un état de réception à ses Genjutsu. Par recoupement, Kakashi était celui qui injectait l'anesthésiant, et apparemment il me connaissait. Si j'avais entendu la voix de Chat par sa bouche, il était possible que ce soit l'un des membres de la Racine qui ait tenté de me formater. Quant à Tsunade, elle était là pour conduire l'interrogatoire.
_ Faites-moi sortir ça de la salle, ses cris me dérangent!
Le vieil homme qui donnait les ordres.
_ Tout de suite, monsieur, obtempéra Chat et les gémissements de douleur de la médium disparurent alors qu'une porte e refermait.
Shimura Danzô.
_ Il semblerait que vous soyez partisane de la manière forte, Uzumaki Naruto, lança le vieil homme. Dommage pour vous que je n'aie pas de scrupules à faire du mal à une jeune femme, héritière du Yondaime ou pas. Fais-là parler, mais ne brise que les os qu'elle pourra réparer dans un laps de temps suffisant. Nous avons perdu trop de temps avec ces incapables.
_ Oui, Danzô-Sama, répondit l'interrogatrice.
Merde!
Des pas amplifiés par les drogues dans mon système se déplacèrent autour de moi. Une main se faufila dans mes cheveux, et mon visage fut brutalement plaqué contre une table. Une fois. Mon nez émit un bruit écœurant, et je me trouvai des difficultés à respirer. Je ne ressentis aucune douleur tant j'étais assommée par les narcotiques. Elle releva ma tête, tirant sur mes cheveux, ses ongles s'enfonçant dans mon cuir chevelu. Deux fois. La pression se fit encore contre mon nez et je m'étouffai avec le sang qui avait descendu dans ma gorge. Une de mes pommettes venait certainement de se fendre. De nouveau elle releva ma tête, et je crachai du sang qui dégoulina, chaud, sur mon menton et dans mon cou. Trois fois. L'impact explosa ma pommette et quelques dents furent déchaussées sous la brutalité du choc. La douleur commença à poindre, massive.
Je dirigeai naturellement du chakra démoniaque vers mon visage, et les dégâts qui se réparaient d'eux-mêmes me firent grogner de douleur. Je sentis les os et le cartilage craquer lorsqu'ils se remirent en place. Les yeux de Danzô me fixaient avec intérêt.
_ Allez-vous parler maintenant?
Il n'avait même pas posé de question? Je ne savais même pas ce que j'étais supposé lui avouer. L'interrogatrice glissa ses mains le long de ma colonne vertébrale et frappa en plusieurs endroits. Des éclairs de douleur traversèrent mon corps, envoyant une sensation de picotements douloureux jusqu'au bout de mes doigts. Je ne pus empêcher les larmes de perler le long de mes paupières.
Danzô braqua une lampe droit sur mon visage, et je tentai de dégager mon visage pour échapper à cette lumière et à cette chaleur. Si je n'étais pas entravée dans un lit comme lors de l'illusion, j'étais tout de même ficelée à la chaise. Je ne parvenais pas à détourner mon visage.
_ Il y a eu contact avec Uchiha Itachi. Quelles informations vous as-t-il transmises?
L'idée germa dans mon crâne que Danzô avait été l'instigateur de la destruction du clan Uchiha. Ils préparaient un coup d'Etat, et la destruction de la menace était sa réponse pour solutionner le problème. Mais le temps que je puisse me rendre compte de cela, une nouvelle vague de douleur explosa lorsque l'examinatrice brisa un de mes doigts.
A défaut d'un cri, ouvrir ma bouche ne me permit que de libérer ce mélange de salive et de sang qui m'encombraient la bouche. Le liquide rouge commençait à tirer ma peau, là où la chaleur cuisante de la lampe le faisait sécher. Mes yeux hagards posés incapables de se poser sur quoi que ce soit, ma bouche trop pâteuse pour articuler un seul mot, mon visage et mes doigts comme un océan de douleur. Je ne pouvais m'empêcher de pleurer, mais impassible, Danzô patienta le temps qu'il fallut pour que l'effet des drogues se dissipe suffisamment pour me rendre un semblant de conscience.
Sa vieille main ridée agrippa son oreille lorsqu'il me tira violemment vers lui en travers de la table. Je pouvais sentir les cals et la fore qui restaient en lui. Une sensation étrange de savoir à quel point il serait implacable pour me faire parler. Mais également qu'il n'était pas foncièrement mauvais, juste protecteur à sa manière de Konoha.
_ Vous vous engagez sur une mauvaise pente, jeune fille. Être entêtée n'est pas dans vos attributs. Plus vous gagnez en puissance, plus vous vous croyez permise cette liberté. N'allez-pas vous imaginer que ce temps de détente avec Jiraya vous a été accordé sans arrière pensée. Toute forme de sentimentalisme sera détruite à l'intérieur de vous, quel que soit le moyen.
En quelques phrases il venait de me redonner ma condition d'outil, une simple arme utilisée à sa guise par le village. Si la méthode était contestable d'un point de vue moral, elle ne l'était pas d'un point de vue pratique. C'était une chose d'utiliser une arme dans son arsenal si elle permettait de sauver d'autres personnes. C'en était une autre de forcer une personne vivante à rejeter tout ce qui faisait d'elle un libre penseur pour se mettre entre des mains plus ou moins bien intentionnées. Tout comme avec Itachi, si je devenais un outil, je voulais le devenir par mon propre chef, réfléchir comme il le fallait et pouvoir décider si j'acceptais ce qu'on me faisait faire à d'autres.
Sacrifier ma vie pour sauver celle des autres était un rêve partagé par de nombreux ninjas téméraires. Je doutais que sacrifier toute son existence pour une cause dont on ne connaissait pas la finalité fasse partie de cette utopie.
Et je ne faisais clairement pas confiance à Danzô. J'étais persuadée de sa culpabilité dans l'affaire de l'invasion de Konoha. S'il n'avait pas prévenu l'attaque de l'ennemi alors qu'il était le seul en mesure de surveiller la protection du village une fois nos frontières ouvertes, ce qui était un cas de négligence flagrant, je savais qu'aucun de ses membres ne faisait partie des ANBU qui avaient combattu pour nous défendre.
Deux doigts furent brisés et je criai, revenant à la réalité. J'avais efficacement éloigné la peine qui traversait mon corps en me concentrant sur ma réflexion. Visiblement cette technique n'était plus active lorsqu'une nouvelle blessure m'était infligée.
_ Vous n'avez pas répondu à ma question: quelles informations vous a transmises Uchiha Itachi?
_ Allez-vous faire foutre! haletai-je avant qu'un autre doigt ne me soit tordu.
_ Vous devriez respecter vos supérieurs! me lança-t-il en réponse. Et je peux obtenir ces informations de vous, que vous coopériez ou non.
Il glissa sa main vers son visage bandé, et ses doigts usés par le temps saisirent une bandelette de tissu avant de dévoiler une lueur rouge brillante. LE rouge envahi mon champ de vision et je basculai de nouveau dans mon esprit.
"Qu'est-ce que c'est? Qu'est-ce que c'est?" gronda Kyuubi de colère dans sa cage, et je sentis toute la structure de mon esprit trembler.
De nouveau à l'intérieur de mes murs mentaux, je décidai de remonter vers la surface de mon esprit. L'arbre-boule et ses milliers de portes si semblables et si différentes semblait se tordre douloureusement. Une poignée de porte se mit à trembler avec brutalité, puis de longs soubresauts prirent tout le bois autour. Je m'approchai de celle-ci avec prudence et tendis la main. Elle s'ouvrit avec brutalité, projetant le battant contre moi avec violence. LA douleur dans mon corps astrale était différente de la douleur physique, mais je la ressentis avec d'autant plus d'intensité qu'un filet de liquide noir brillant commença à goûter depuis l'ouverture béante.
Je fixai mes souvenirs comme autant de filaments colorés s'imbiber de ce mucus qui giclait sans comprendre. Une aura malsaine en émanait. Lorsque ma main effleura le liquide, celui-ci s'accrocha à moi et une force terrible me maintins au sol. De longs filaments glissèrent sur ma peau et s'infiltrèrent à l'intérieur, et une sensation étrange d'invasion et de dégoût me prit.
Un flux de questions explosa dans ma tête et je ne pus que me recroqueviller tandis que le mucus sombre m'envahissait et commençait à glisser plus loin. Je le vis se lever avec force et lacérer une racine pour se faire sève corrompue et pénétrer la structure même de mon monde interne.
Une sensation de nausée me prit.
Que sait-elle sur Uchiha Itachi? Trouver toutes les informations sur la Racine. Eliminer toutes les personnes susceptibles de trop en savoir. Découvrir les potentiels suspects. Elle ne doit pas divulguer le massacre Uchiha et ce qui est derrière. Qu'est-il arrivé à mon homme de main? Son utilisation en tant que parrain de la morveuse a-t-elle été efficace?
Une foule de question frappaient mon esprit, et je ne pouvais que m'esquiver et m'effacer pour que les réponses sollicitées ne se jettent pas directement dans le mucus.
"CONCENTRE TOI ET PROTEGE TON ESPRIT, IDIOTE!" me lança une voix forte alors qu'une lumière blanc-vert irradia.
Cette sensation de pénétrer et de malaxer mon esprit sans que je m'en rende bien compte ni que je puisse lutter... C'était comme Shisui! Danzô était en train de...
"MOINS DE REFLEXION, PLUS D'ACTION! ALLEZ!" m'intima NARUTO alors que je la voyais faire disparaître les filaments un à un.
"Mais... Tu es la seule pouvoir lutter contre les attaques mentales..."
"TU CROIS QUE MES POUVOIRS ME VIENNENT DE QUOI? HEIN?"
LA réponse qui me vint automatiquement fut que ces pouvoirs me venaient de moi-même. NARUTO était partiellement constituée de tout ce que j'avais rejeté pour devenir meilleure. Mais je me rapprochais inexorablement de ce qu'elle était, perdant un peu de ce que j'étais devenue, que je voulais changer au passage.
"JE SUIS TOUT CE QUE TU NE PEUX OU NE VEUX ETRE EN CE MOMENT. TOUS CES POUVOIRS ET TRAITS DE CARACTERE QUI SONT TOI. TU PEUX CHOISIR DE TE CHANGER, MAIS IL FAUT POUR CELA T'ACCEPTER D'ABORD ENTIEREMENT."
C'était là une parole très profonde de sa part. Je voyais de la sueur perler sur son fornt, et sus qu'elle ne pouvais tenir beaucoup plus longtemps. Son regard dériva sur mon ventre, et je vis dessiné sur mon corps astral le sceau qui retenait le démon. Il ne se trouvait pas sur NARUKO. J'avais l'énergie, elle avait les utiles pour l'exploiter. Je tendis ma main vers elle et commençai à infuser su chakra en elle. Curieusement, toute l'énergie que je glissai dans son corps semblait s'évacuer par sa peau et ne refaire qu'un avec le reste de mon esprit.
"Ça ne fonctionne-pas!" grognai-je avant d'intensifier le flux.
Le mucus noir se retira d'un seul mouvement douloureux de mon corps, et je pris un sourire satisfait. Un regard vers NARUTO m'informa que cette victoire n'en était pas une: Danzô avait battu en retraite.
"Pourquoi ça n'a pas fonctionné? Je t'ai donné de l'énergie."
"SIMPLEMENT PARCE QUE JE SUIS TOI, ET QUE TU ES MOI. TA CIBLE N'ETAIT PAS LA BONNE."
Sa présence s'estompa tandis que je réintégrais la réalité.
La douleur me rattrapa comme une chape de plomb. Mes poumons avaient du mal à oxygéner l'ensemble de mon corps. Une douleur me vrillai les tympans. Une alarme sonnait à intervalles régulier dans un bruit d'enfer. Je relevai la tête de la table brûlante, toujours éclairée par la lampe blanche. Je voulus bouger, mais j'étais toujours attachée à ma chaise. Les mouvements ne firent qu'enfoncer les entraves dans ma chair.
Le monde tournait autour de moi, dans une spirale d'infinie douleur. Mon corps immobile me donnait l'impression de bouger à l'intérieur de mes parois de chair, mélangeant muscles et os dans une mascarade indescriptible. Je crachai une bouchée de salive sanglante et de bile qui coula le long de mon cou sur les trainées déjà sèches.
Une colère irrationnelle me prit soudainement, et de l'énergie démoniaque pulsa à travers mes méridiens.
"Je vais leur montrer quel outil terrifiant tu es!" cria Kyuubi dans sa cage
Il voulait détruire tout ce qui était moi. J'allais lui monter à quel point il fallait plus craindre ma colère que mon absence de clémence.
Le chakra maléfique s'enroula autour de mes muscles comme un filet de mailles fines, renforçant ma puissance. Je bandai mes muscles tout en injectant l'énergie dans les liens qui me tenaient. Ils se brisèrent sous l'action corrosive de l'énergie qui m'habitait. La lumière si blanche se voilà de rouge, tandis que le chakra recouvrait mes yeux. Je sentis mes lésions se réparer. Je jappai de douleur lorsque quatre doigts brisés se remirent en place d'un seul coup. La douleur s'estompa peu à peu.
L'alarme sonnait toujours et plus personne n'était là pour me surveiller. Je m'approchai de la porte blindée qui me séparait de l'extérieur. Je posai ma main sur la clenche et le panneau métallique ne réagit pas. Mon pied frappa durement le métal, le tordant sans parvnir à créer une ouverture. La douleur que je ressentis m'indiqua que je venais de me briser les os. Qu'à cela ne tienne: le chakra du démon me guérissait automatiquement.
"Oui, fais-les payer!" murmura le démon à mon esprit.
Je n'aurais pas pu être plus d'accord.
Le flux de chakra maléfique s'intensifia en moi, et je sentis une seconde queue pousser dans mon dos. Mes pupilles allongées se firent fentes, et mes dents pointues surgirent d'entre mes babines noires. Mon visage lui-même s'allongea un peu. Je frappais de nouveau le panneau qui e résistait. Chaque coup était accompagné d'un cri de rage et de désespoir.
Je ne pouvais pas laisser Danzô et ses hommes s'échapper ainsi de ces lieux!
Je poussai un cri de rage du tréfonds de mon ventre, et mes ongles pointus s'enfoncèrent dans le métal. D'un coup de bras, une profonde trainée de griffes apparut sur le métal malmené. Je sentis la troisième queue pousser et tenter de me corrompre. J'étais suffisamment moi-même pour décider de mes faits et gestes. J'ignorai la sensation de brûlure dans l'ensemble de mon corps: qu'il soit habitué ou non, aucun organisme ne pouvait longtemps résister à la présence d'une énergie étrangère à la sienne propre dans son organisme. Enfin, pas sans en subir de lourdes conséquences.
Le coup d'épaule que j'utilisai pour enfoncer la porte la descella du mur. Je filai avec le métal et les morceaux de moellon dans le mur opposé. Je me relevai dans une pluie de poussière et de débris pierreux. Une fois sortie dans le couloir, le son de l'alarme était encore plus prégnant, menaçant de déchirer mes oreilles de son bruit strident. Elle devait autant éloigner les assaillants du bâtiment que prévenir de leur intrusion.
Le sol froid sous mes pieds me fit baisser les yeux sur ma tenue. Mis à part ma tunique de l'hôpital presque transparente qui flottait autour de moi sous l'action du chakra, j'étais totalement nue.
Ils m'avaient donc enlevé depuis l'hôpital. Restait à savoir où je me trouvais dès à présent.
Sans plus me soucier de la propriété d'autrui, ni même des personnes qui pourraient encore être vivantes entre les murs, je concentrai le chakra du démon avant de l'envoyer en une onde de choc tout autour de moi. Les murs ondulèrent avant de se briser en éclats durs, seules les structures métalliques se tordant plutôt que se détruisant.
Une avalanche de pierres dégringola, et je l'ignorai, protégée que j'étais par ma propre énergie. Une odeur de forêt se fit sentir, tandis que j'observai le ciel étoilé. J'entamai l'ascension du lieu, chaque foulée qui me soulevait faisant dégringoler plus profondément encore les débris que j'effleurai. Mes doigts crochetèrent une racine de chêne épaisse alors que je me hissai hors des lieux.
Je humai l'air avec application, recherchant l'odeur de mon ennemi. Un sourire plein de dents me confirma la direction à prendre, et je bondis sur mes quatre membres avant de m'éclipser dans la forêt. Je l'aurai avant que quiconque puisse m'empêcher. Personne n'utilisait le sharingan pour me contrôler. Pas encore.
La forêt défilait sous moi tandis que je filai entre les frondaisons, laissant derrière-moi une nature dévastée et corrompue. Une pensée étrange me prit à propos du chakra naturel dont je faisais usage et la réaction de la nature à son encontre, mais j'eus tôt fait de l'ignorer. Cette sensation de liberté était trop grisante pour que je me soucie d'autre chose.
Je revins de nouveau vers le sol, m'enfonçant dans l'humus froid et détrempé par la pluie d'automne. La proie que je pistais était entourée, certes, mais je m'en rapprochais.
Puis d'un seul coup, son odeur disparut. Je m'arrêtai, et m'accroupis au sol, cherchant sous la lumière de la lune les traces de pas qui auraient dû se trouver logiquement à la suite de ceux que je pistais. L'odeur des hommes qui accompagnaient le vieil homme était toujours présente, forte.
Tant pis, je me ferai les dents sur la vieille carne une autre fois.
_ Sortez de votre cachette, rats! lançais-je à la cantonade. Je sais où vous êtes!
Seuls les bruits de la forêt me répondirent. Mais je les sentais tapis près e moi, prêts à intervenir sur l'ordre qui leur serait donné.
Stupides humains trop ordonnés. Ils avaient trop de loyauté pour être téméraires. Pauvres carcasses sans émotions. Je leur montrerai ma colère. Je leur montrerai la douleur. Pauvres hères débiles! Ils goûteraient au pouvoir que je ne leur donnerai jamais.
Je concentrai de nouveau l'énergie autour de mon corps. Ma peau me grattait en de nombreux endroits. Une démangeaison désagréable.
Ce fut ce moment d'immobilité que choisit la compagnie pour s'attaquer à moi. Je relâchai l'énergie alors qu'ils bondissaient vers moi. Ils furent projetés dans toutes les directions, et j'écoutai leurs cri et le son de leurs os brisés avec délectation.
La démangeaison continuait encore, de plus en plus fort, me donnant l'impression que ma peau se déchirait. Ce n'était pas qu'une impression: des morceaux d'épiderme se détachaient e moi, tandis que des gouttes de chakra d'un noir de jais envahissaient le manteau de chakra qui me recouvrait. Le filet de chakra au beau milieu de ma chair la déchira comme si de rien n'était, et mon sang envahit le mélange corrosif.
Un hurlement surgit dans la nuit. Douleur, terreur.
Je ne compris qu'après coup que c'était moi qui avait crié.
Car tout se voila dans une masse indistincte de soif de sang.
