Le voilà, le voici... Je vous présente le dixième chapitre de "I was lost without you" !

Je voulais m'avancer mais je me suis dis c'est trop sadique, surtout que j'ai eut une review bien mignonne d'un guest il n'y a pas longtemps et j'ai eut l'envie de poster. Je te remercie CQFD pour ta review et puis... voici la suite! ^^

Cependant, le chapitre 11 n'est pas commencé et je ne sais pas quand il arrivera. Plus, on n'est pas loin de la fin de cette fanfiction.

Allez, des bisous et bonne lecture ! J'espère que cette suite vous plaira, n'hésitez pas à me faire partager vos avis !


CHAPITRE 10


Il flottait. Peut-être dans la mer, peut-être dans le néant.

Tous ses repères avaient disparu. Il manquait d'air. Ses poumons l'étouffaient et son cœur n'était qu'un trou béant dans sa poitrine.

Qui était-il ?

Des voix résonnaient dans sa tête... Elles hurlaient de douleur. Il se souvenait du visage de Kiba. Des cadavres. Mais qui étaient-ils déjà ?

Devait-il se rappeler ? Quelque chose l'en empêchait...

Des voix plus douces. Des moments de bonheur. Un sentiment d'apaisement et de plénitude.

Là, enfin...

Un chant... Qui était-ce ? Qui chantait ?

Je te sens contre moi.

Un souvenir lointain. Une pièce. Plutôt un grand hall. Une scène face à lui illuminé alors que toutes les personnes autour de lui étaient plongées dans un noir total. Naruto portait une tenue de soirée et lorsqu'il regarda à sa droite, Sasuke était à ses côtés, habillé de la même sorte regardant la scène devant eux.

Il se souvenait. Cela datait de cinq ans... Peut-être. C'était une cérémonie pour fêter quelque chose et Naruto ne se rappelait plus de la raison.

Ce soir-là, Sasuke était d'humeur plutôt morne, il avait été beaucoup plus silencieux que d'habitude. Naruto avait beau essayer de lui tirer les vers du nez, rien n'avait fonctionné. Ils n'avaient eu aucun moment intime depuis qu'ils s'étaient retrouvés. Le blond était revenu de mission, peu d'heures auparavant et le brun avait été comme ça, de la poignée de main jusqu'à ce moment précis.

Il avait tenté de plaisanter sur le fait que cette chanteuse Asari était affreuse. Non seulement son physique était déplorable, mais sa voix était tout bonnement affreuse. Personne n'avait titillé sur ce fait-là sauf lui. Sasuke, qui rentrait toujours dans ce type de jeu où il s'agissait de se moquer, n'avait pas esquissé un seul sourire.

Le blond avait fini par oublier la voix affreuse pour se concentrer sur lui. Cet être cher qui faisait battre son cœur depuis des années désormais... il n'avait pas le droit de le laisser comme ça. Naruto avait glissé sa main dans la sienne, la pénombre cachant ce geste interdit. La main chaude de son amant ne bougea pas, mais il ne le repoussa pas pour autant.

- Sasuke... Dis-moi ce qui se passe.

Seulement, il garda le silence, totalement muet.

- Depuis que je suis rentré, même à l'appartement, je veux dire... On n'a pas eu un moment à nous deux... Ai-je fait quelque chose ?

Ce moment angoissant où le blond avait eu peur d'entendre un « oui » était plus effrayant que n'importe quoi. En réaction, Sasuke finit par entrelacer les doigts aux siens, mais il ne lâcha pas du regard la scène face à lui.

- Non, finit-il par répondre.

Naruto ne put s'empêcher de soupirer de soulagement en fermant les yeux doucement appréciant ce simple contact dans sa main.

- Mon père est mort durant ton absence.

La réponse « je suis désolé » fut la première qui vint à l'esprit du blond, mais rien ne sortit. Il savait à quel point les relations avec son père avaient été tumultueuses depuis son abandon. Naruto ne prit conscience qu'à ce moment-là que leur vie entière n'était que complications sur complications et que la seule chose simple qu'ils aient pu avoir jusqu'ici c'était leur relation.

- Je suis allé le voir. J'ai pensé que je pouvais comprendre... Voir des choses... Peut-être une once de regret sur son visage, une lettre ? Il n'y avait rien. Le vide. J'avais presque l'impression de voir... de la satisfaction.

Naruto continuait à l'observer, instinctivement son pouce caressait le dos de sa main.

- Je n'ai pas pleuré. Je n'ai rien ressenti, souffla Sasuke presque douloureusement.

Le visage du brun finit par se mouvoir se baissant légèrement, le regard vide.

- J'ai vu la gamine aussi...

Il comprit bien vite qu'il s'agissait de la demi-sœur du brun qu'il avait évoqué.

- Elle s'est jetée sur moi et m'a serré dans ses bras... Je l'ai repoussée comme si elle n'était rien. Je la déteste.

Toute la haine, l'incompréhension et la tristesse que pouvait ressentir Sasuke, Naruto avait cette particularité à pouvoir ressentir la même chose. Cela lui tordit le cœur...

- Je suis un monstre.

Sur cette dernière parole, le brun finit par retirer sa main, ce visage triste s'effaçant dans l'immédiat effaçant tout ce qu'il ressentait. Naruto finit par froncer les sourcils et au moment même où la salle plongea dans le noir, il attrapa la nuque de son amant de sa main ferme et plaqua ses lèvres contre les siennes. Cette délicieuse sensation qui lui avait manqué et qui n'appartenait qu'à lui.

Le blond eut le temps de s'enlever lentement alors que les lumières se rallumaient et que le visage à la fois surpris et heureux s'afficha devant ses yeux. Une tonne d'applaudissements résonna dans la salle alors que tout le monde se levait pour féliciter la chanteuse.

Naruto ne dit mot et se contenta de se lever, d'attraper le poignet de Sasuke et de le tirer hors de ce vacarme. Durant leur marche jusqu'à la sortie, le brun s'était laissé traîner et le blond l'avait senti. C'était tant mieux, il ne supporterait pas que dans ce moment pareil, son amant lui refuse quelque chose.

Les portes automatiques s'ouvrirent jusqu'à ce qu'elles ne se ferment derrière eux atténuant le bruit des voix et des applaudissements. Devant l'entrée, les couloirs maculés de blanc étaient vides et silencieux, seul le bruit des voitures, derrière les grandes baies vitrées, se fit entendre.

Naruto agrippa les épaules de Sasuke et plongea son regard dans le sien pour être sûr qu'il enregistre bien ce moment ainsi que ses paroles.

- Ecoute-moi bien, Sasuke. Tu me connais, je n'ai eu de famille, je ne sais pas ce que c'est d'en avoir... Enfin si, je connais en partie. Les gangs étaient ma famille. Je n'ai jamais connu mes parents et je ne pourrai jamais te soulager. Je n'aurai jamais les mots.

Les traits sur le visage du brun demeuraient surpris et il tressaillait presque contre les mains du blond.

- Mais je refuse... Je refuse que tu dises que tu es un monstre !

Naruto prit une légère pause avant de reprendre, plus vif que jamais.

- Si tu es un monstre, j'en suis un aussi !

Sasuke resta pantois un instant avant d'éclater de rire. Un son rare et merveilleux. Cela contraria Naruto, mais ce sentiment disparut dans l'instant où le brun finit par poser ses propres mains sur les siennes avant de le pousser contre le mur, ses lèvres glissant déjà sur les siennes.

Leur étreinte fut forte, mais douce alors que leur bouche assemblée dans une parfaite harmonie échangeait quelque chose de fort et de passionnel. Leurs soupirs de complaisance se mélangeant, leurs mains se baladant sur cette barrière de tissus et ce contact de velours qu'ils ressentaient à chaque fois que leur langue se rencontrait.

Sasuke, beaucoup trop pris dans cet élan, décida de finir ce baiser comme il l'avait commencé, son corps restant collé au sien, la main de Naruto dans ses reins le maintenant contre lui. Poitrine contre poitrine, leur cœur battait à l'unisson comme deux adolescents qui venaient de s'embrasser pour la première fois.

La main du brun caressant les petits cheveux blonds sur sa nuque remonta jusqu'au fin fond de sa chevelure de blé. Sa bouche, encore humide du baiser, s'approcha doucement de son oreille et il susurra un :

- Je veux rentrer à la maison.

Son souhait fut exaucé. Ils ne prévinrent personne à la réception. Ils firent l'amour comme jamais, échangeant les rôles par moment, ne se lassant pas l'un et de l'autre, la peur au ventre du lendemain.

Les ébats avaient été tellement longs... Quelques morceaux s'étaient effacés de sa mémoire. Cependant, il se souvint... De sa voix...

Naruto avait été épuisé, les bras autour de son oreiller, de la sueur coulant encore sur son front, les yeux fermés, Sasuke avait glissé sur son dos doucement. Le blond avait légèrement ri s'attendant à riposter, mais il ne fit rien.

Son amant, Sasuke Uchiha, s'était mis à chanter contre son oreille dans un chuchotement et d'une manière délicieuse. C'était presque un don.

Là, enfin, je te sens contre moi.

Alors que les bras de Sasuke s'enroulaient étroitement autour de son torse sentant son nez s'enfouir contre son épaule et le sommeil emportant petit à petit Naruto.

Merci, Naruto.

Merci.

Merci...

Merci...

Merci...

- Replacez-lui son épaule.

- Sasuke...

- Je crois que c'est une mauvaise idée, un réveil brutal peut...

Il était en vie... Ces crevures le maintenaient en vie...

Était-ce les pleurs de Liara qu'il entendait au loin ? Peu importe.

- Laissez-moi mourir...

Les deux médecins se disputèrent alors qu'il s'efforçait à faire taire son cœur douloureux et battant à vive allure, à se taire à jamais. Cependant, personne n'écoutait sa demande.

Un craquement. Naruto hurla.

Il ouvrit grand les yeux et constata que son dos avait été relevé du matelas qui était probablement dans son dos. Le blond ne portait plus son armure sur lui, seulement sa combinaison qu'il avait portée à l'intérieur, humide et légèrement détériorée. Bien vite, il reconnut l'infirmerie de son propre vaisseau et ses médecins que lui-même avait embauchés.

Naruto eut envie de tout massacrer et de hurler plus qu'il ne le pouvait déjà.

Il ne prit pas conscience de ce qu'il se passa par la suite. Le blond fut pris de ces grandes crises qu'il avait faites à l'époque juste après Akuzé, ses paroles n'étaient que des hurlements alors qu'il tentait simplement de dire : laissez-moi mourir.

Peut-être qu'on lui injecta quelque chose dans le bras, mais il finit par s'écraser contre le matelas. La lumière artificielle disparaissant petit à petit, les pleurs de Liara s'atténuant jusqu'à ce qu'il tombe dans un trou noir sans fin...

Un endroit où il pouvait être heureux.

La réalité fut dix fois plus frappante lorsque Naruto se rendit à l'enterrement de Sakura.

Il avait eu lieu sur Terre, dans un endroit encore paisible dans un pays qu'on appelait autrefois le Japon. Le toit était une immense baie vitrée, le ciel était à découvert et quelques voitures circulaient au-dessus du bâtiment. La salle était immense, quelques plantes décoraient la grande pièce pour donner un aspect paisible pour soulager probablement cette grande peine. Il n'y avait pas de musique, seul un grand vide, un immense silence. Pas de pleurs, pas de murmures. Seule la peine parlait à leur place.

Il y avait énormément de soldats de l'Alliance habillés seulement en un seul et unique uniforme. Naruto était le seul à ne pas avoir respecté cette règle. Il portait seulement des habits modernes, son bras bandé contre sa poitrine, le regarde rivé sur le sol.

Il n'avait observé le monde autour de lui qu'un seul bref instant, voir s'il y avait des membres de la famille de la jeune défunte pour leur dire à quel point Sakura avait été une immense femme. Cependant, ils manquaient à l'appel. Pas de parents, pas de frères et sœurs, pas d'oncles... Personne. Naruto ne s'était jamais douté à quel point, Sakura avait été seule et à quel point, il ne l'avait jamais réellement connue.

Cette pensée lui avait encore plus tordu le cœur comme s'il ne l'était pas assez.

Il y avait eu un grand discours sur ses actions, sur qui elle était dans l'Alliance... Mais rien sur son passé, ni sur elle-même, ni sur ses probables grands amours. Elle n'était devenue qu'un nom, un grain de poussière. Elle avait disparu emportant ses sentiments, ses moments de bonheur et de malheur pour ne rien laisser. Sakura n'était plus rien.

Naruto avait entendu de brefs discours de quelques soldats l'ayant connue racontant ses exploits et son caractère trempé, tout ce qu'il savait déjà. Il y eut quelques anecdotes pleines d'humours, mais cela ne fit pas esquisser un seul sourire sur son visage. Ce n'était qu'une image. Rien de plus.

On vint voir le Commandant Uzumaki pour lui demander s'il voulait dire quelque chose à sa mémoire. Il avait relevé ses deux yeux bleus éteints, avait regardé ce soldat de pacotille et n'avait pas répondu.

Au fond de lui, le blond aurait voulu dire qu'elle était plus qu'un soldat de l'Alliance, une femme d'une grande envergure, attachée aux autres comme ses propres frères et sœurs, qu'elle était bien plus que ça et qu'elle n'était pas qu'un autre soldat mort pour une cause. Cependant, Naruto n'avait pas le droit de dire une telle chose, cela lui été interdit… Car il ne l'avait jamais réellement connue et qu'il n'avait jamais pris le temps de le faire.

Sa tête bougea de droite à gauche pour lui répondre négativement restant dans ce mutisme qu'il avait adopté depuis son réveil à l'hôpital. Il n'avait hurlé, ni pleuré. Simplement, il s'était relevé de son lit, on lui avait administré des médicaments, on avait fait un bandage autour de son épaule et de son bras en lui expliquant que son bras avait seulement été déboîté et qu'il fallait le maintenir quelque temps... Et personne ne lui avait demandé comment il allait. Naruto n'avait pas eu envie de répondre.

Il avait accepté la réalité.

Soudain, la salle commença à se vider signalant que l'enterrement était terminé. Shikamaru, qui était resté à ses côtés, mit une main sur son épaule pour le sortir de sa torpeur. Naruto avait relevé le regard vers lui attendant que celui-ci se mette à parler. Le brun ne dit rien, l'air grave sur le visage et finit par le baisser vers la main du blond, lui rappelant soudainement qu'il tenait quelque chose.

Shikamaru lui tapota seulement l'épaule avant de partir à son tour dans un pas lent distingué. Le blond ne détourna pas la tête pour le voir partir, mais, intérieurement, il le remercia de respecter son silence et de le soutenir autant qu'il le pouvait.

Désormais, plus personne ne pouvait le sauver.

La grande porte du bâtiment se ferma une dernière fois, mais une présence demeurait encore dans la grande salle. Naruto regarda à sa gauche et aperçut Liara, la tête baissée et les mains jointes. Elle murmurait doucement et plus le blond tentait de faire attention à ce qu'elle disait, plus il put distinguer une prière.

- Kalahira, maîtresse des profondeurs insondables, je demande pardon.

Kalahira, toi dont les vagues rongent la pierre et le sable.

Kalahira, lave cet être de ses pêchés et mène-le au rivage lointain de l'esprit infini.

Kalahira, le cœur de cet être est pur, mais assailli par la méchanceté et le doute.

Guide cet être là où le voyage ne cause nulle lassitude, où l'amour est éternel, où l'affamé est rassasié.

Guide-le, Kalahira, et il sera ton compagnon comme il fut le mien.

Liara ne releva le regard vers Sakura qu'après ces dernières paroles, des larmes silencieuses coulant sur ses joues bleues.

- Ce n'est pas une prière asari, expliqua-t-elle dans un murmure. Autrefois, j'étudiais les Drell, une race extraterrestre qui se fait rare dans la Galaxie. J'ai lu et découvert énormément de choses sur eux... Un jour, j'ai pu en rencontrer un, mais quelques jours après, il est décédé.

Un léger soupir sortit entre ses deux lèvres.

- Je ne comprenais pas leurs prières à ce moment-là... J'ai relu ce livre une centaine de fois ne voyant que la beauté des mots et une poésie magnifique. Je l'ai apprise par cœur et je ne la comprends qu'aujourd'hui.

Liara n'attendit pas de réponse de sa part comme si elle avait seulement eu besoin de parler. Elle avait fermé les yeux de nouveau, les larmes ne cessant de couler sur ses joues. La voix enrouée, la jeune Asari finit par chanter dans une langue inconnue. Naruto l'observa quelques instants, les yeux brillants, son propre chagrin refusant d'être évacué avant de regarder l'objet dans sa main.

Il s'approcha doucement du cercueil sans faire de bruit jusqu'à enfin apercevoir le visage de la rosée. Elle était vêtue d'une somptueuse tenue faite de soie, ses cheveux éparpillés sur l'oreiller, son teint pâle maquillé lui donnant une beauté hors norme. Cependant, les traits de son visage semblaient être toujours douloureux et tristes. De multiples fleurs avaient été déposées autour d'elle, comme si Sakura était endormie dans un environnement de pétales.

Naruto finit par tendre son objet convoité qu'il tenait dans sa main depuis un moment maintenant. Une branche de cerisier qu'il avait cueillie quelques heures plus tôt, dans un endroit où les arbres étaient encore préservés.

Sous le chant de Liara, qui correspondait parfaitement à ce moment précis, il prit la main froide de Sakura avant de glisser la branche contre sa paume. Naruto força sur les doigts pour qu'ils se referment autour avant de la reposer doucement contre sa poitrine. Il prit bien vite conscience de la portée du sacrifice de Sakura qui s'était interposée pour le protéger... Ses yeux verts s'éteignant petit à petit devant lui... Et la vie quittant son corps...

Il voulait pleurer, mais il n'y arrivait pas.

Sakura avait été là pour lui dans tous les instants. Dans ses doutes, dans les batailles, dans les rires, même si ces moments avaient été rares... Elle avait existé auprès de lui comme une sœur.

« Un Commandant ne devait avoir aucun attachement avec les soldats sous ses ordres. Un Commandant ne doit pas aimer. Un Commandant doit être implacable et garder son sang-froid. »

Tout ce que n'était pas Naruto Uzumaki.

Il se pencha vers le visage de la défunte et déposa un baiser sur son front glacial, l'odeur de sa peau ayant encore la senteur de l'atmosphère de Féros. Il ne put murmurer que ces quelques mots à son égard :

- Merci, petite sœur.

Quelques instants plus tard, Naruto et Liara durent quitter les lieux. L'Asari prit son temps avant de délivrer son dernier adieu. Elle suivit calmement le blond qui avait déjà amorcé le pas se plongeant à nouveau dans le silence. Elle ne posa pas de questions, mais elle ne put s'empêcher d'être inquiète pour lui.

Les portes automatiques s'ouvrirent une dernière fois avant qu'un bruit sonore annonce que la salle était verrouillée. Naruto leva les yeux vers le ciel observant les nuages défiler alors qu'une brise fraîche caressait ses cheveux. Liara ne décrochait pas un mot, trop occupée à sécher ses dernières larmes sur joues.

- Liara.

L'Asari fut surprise de cette prise de parole. Elle avait presque l'impression qu'il ne s'agissait que d'une illusion. Le blond l'avait bien appelée, ses yeux dirigés vers les siens, le visage dénué d'expression.

-Oui, Commandant ? répondit-elle doucement.

-Ne m'appelle plus ainsi. Cela n'a plus lieu d'être.

Elle fronça les sourcils et elle voulut aussitôt répliquer voulant comprendre pourquoi il disait une chose pareille à un tel moment. Liara refusait de le familiariser comme une personne banale. Naruto ne lui laissa pas le temps de répondre. Sa voix terne déclara :

- C'est la dernière fois que nous nous voyons. Ne me demande pas pourquoi, prends ça comme le dernier ordre que je te donne.

Pas un sourire, pas un seul sentiment, pas une expression. Le blond ne reflétait qu'un corps sans âme et cela choqua profondément la jeune Asari. Sa bouche s'entrouvrit afin de l'empêcher de faire quoi que ce soit, mais elle n'eut pas le courage de le faire.

Seule une main sur son épaule fut reconnue comme un signe de reconnaissance avant qu'elle ne se retire doucement et qu'il ne se retourne marchant vers un endroit sans destination.

- Au revoir, Liara.

La dénommée resta ainsi sans bouger en tentant de comprendre ce qu'il pouvait bien se passer dans son esprit. Liara était perturbée, perdue et à la fois peinée, se retrouvant plus seule que jamais, puis vint la colère.

- Pourquoi ?! Pourquoi ces adieux ? hurla-t-elle alors que la silhouette du blond disparaissait.

Il ne répondit pas, l'ignorant.

- POURQUOI ?

« Parce que je ne peux plus le supporter. »

L'Amiral Kakashi Hatake ne sut pourquoi, mais lorsque le Commandant Naruto Uzumaki lui demanda s'il pouvait voir le corps de Sasuke, quelque chose lui disait que c'était une mauvaise idée. Il y avait eu de multiples rumeurs lorsque l'Uchiha avait disparu dans les grottes le menant à une dépression jusqu'à ce que l'équipage en lui-même émette des hypothèses qu'ils étaient bien plus que des amis.

L'Amiral avait refusé cette idée considérant les deux Commandants comme des personnes droites et justes respectant les règles à la lettre. Cependant, l'incident de Féros avait attisé les médias et toute la Galaxie était au courant que le Commandant Uchiha était mort de la main du Commandant Uzumaki. Les rumeurs ne cessaient de s'intensifier.

Il semblait que Naruto ne soit pas au courant et il décida de l'y autoriser tout de même, peut-être dans un sens pour pouvoir confirmer ce qu'il pensait depuis un moment, c'est-à-dire que les rumeurs s'avéraient justes. C'était mal d'agir ainsi, mais l'argenté décida que c'était peut-être la bonne solution.

Lorsqu'ils pénétrèrent dans la morgue, Naruto afficha une certaine retenue vis-à-vis du corps. Le sang séché sur son cou n'avait pas été essuyé ainsi que le trou béant de la balle qu'il avait reçue. Le blond n'arrivait pas à se rendre compte que c'était bien lui qui l'avait assassiné.

Kakashi observait le moindre de ses faits et gestes apercevant un léger tremblement dans les mains du Commandant, les pouces se grattant les paumes comme s'il essayait d'effacer quelque chose... Il comprit dans l'immédiat que l'Uzumaki se sentait coupable, ce sentiment d'avoir du sang sur les mains.

Peu après avoir récupéré Naruto et Liara dans la mer, l'Asari avait indiqué que le corps de Sakura était également à la mer. Ils avaient fini par récupérer le corps de la rosée, mais elle était déjà morte et non loin, le corps de Sasuke avait été retrouvé. Mort d'une balle dans la gorge.

L'Amiral commença à lui expliquer qu'ils avaient réalisé une autopsie. Le rapport de Liara T'Soni avait révélé que le Commandant Uchiha avait des pouvoirs beaucoup plus puissants que la normale, bien plus qu'une simple Asari. Kakashi ne prit pas son temps pour enlever le drap blanc. L'intégralité de la poitrine avait été ouverte révélant des organes de manière étrange.

Naruto avait un regard horrifié sur le corps où son amant vivait des mois et des années auparavant. Il n'était pas dégoûté de la vue sanguinolente devant lui, il avait vu pire, bien pire que tout ça. Cependant, c'était tout ce qu'il avait refusé de voir jusqu'à aujourd'hui : la mort de Sasuke. Ses rêves ou plutôt ses cauchemars n'étaient rien d'autre que des craintes. Devant lui, la réalité se peignait petit à petit.

Il ne se pardonnerait jamais.

Kakashi avait commencé à expliquer que la nature de ses organes n'était pas normale, qu'ils avaient été remplacés et que son implant biotique était étranger. Il s'interrompit brusquement lorsqu'il vit le Commandant, la main sur les yeux, ses pleurs se faisant entendre.

- Alors, c'était vrai, conclut l'argenté.

Ces paroles redoublèrent les pleurs du blond qui ne pouvait plus empêcher ses propres larmes de couler. Des jours et des jours qu'elles étaient retenues et elles coulaient enfin.

- Vous savez que vous êtes passible de Cour Martiale.

L'Amiral Hatake ne pouvait s'empêcher de rappeler les règles qui étaient très strictes dans l'Alliance et auxquelles il tenait fortement. Naruto ne répondait pas, ses sanglots se faisant de plus en plus pressants. Il finit par presque oublier complètement la présence de Kakashi. Le blond s'avança tremblant et le dos courbé vers ce qu'il appelait autrefois « son amour ». Ses mains encerclèrent son visage pâle et il posa son front contre le sien, son chagrin se faisant plus fort.

Autrefois, Kakashi était tombé amoureux d'une jeune femme alors qu'il était devenu Lieutenant. Elle faisait partie de l'armée, elle aussi. Une mission tourna mal. Des espions avaient infiltré les rangs de l'Alliance, puis ils tuèrent tous ceux qui n'appartenaient pas à leur cause. Elle comprise. Il avait été bouleversé, plus que jamais. Mais jamais, il n'avait vécu un tel désespoir comme pouvait le vivre Naruto en ce moment même.

Il se devait de prévenir le consul de l'Alliance, mais son cœur refusait de le faire. Le Commandant Uzumaki servait bien plus l'Alliance que n'importe quel autre soldat. Ils perdraient quelqu'un de fiable...

Son empathie prenait plus le dessus que la raison elle-même. Le chagrin de l'Uzumaki était tellement fort que Kakashi parvenait à ressentir un tiers de sa douleur.

- Je ne dirais rien, finit par déclarer l'argenté.

Il savait que Naruto n'en avait que faire s'il allait passer en Cour Martiale ou non, mais cela avait besoin d'être dit.

- Cependant, sachez que cela se saura un jour ou l'autre. Je ne pourrai rien faire pour vous.

L'Amiral posa une main réconfortante sur son dos avant de partir doucement de la pièce. Les portes automatiques coulissèrent et il demanda aux médecins, attendant juste devant, de le laisser encore quelques minutes.

Naruto ne cessait de pleurer et il serait un peu plus le visage du brun comme s'il avait peur de le perdre plus qu'il ne l'avait déjà perdu. Des mots imperceptibles résonnaient dans la morgue jusqu'à ce qu'il ne le dise un peu plus fort.

- C'est moi le monstre.


« Ici Citadelle News ! Nous apprenons aujourd'hui que le Commandant Naruto Uzumaki, rescapé d'Akuzé et grand héros de l'Alliance, aurait eu une relation avec son camarade de date, le Commandant Sasuke Uchiha. Cela expliquerait l'absence du Commandant Uzumaki pendant ces derniers mois, là, où le Commandant Uchiha avait disparu. Malgré la mort récente de celui-ci, cette relation fait scandale et rappelons-le, passible de prison. »

« Dites-moi, Monsieur, combien de temps ils ont été dans l'Alliance ?

- Presque neuf ou dix ans.

- Vous êtes en train de nous dire que personne n'a rien vu durant toutes ces années ?

- Non. Cependant, ils restent de très bons soldats et n'ont jamais causé de tort.

- Jamais causé de tort !? Il y a eu des plaintes de plusieurs membres de l'équipage qui sont restés coincés sur Thérum à cause de lui ! Ils ont subi les nombreuses sautes d'humeur de celui-ci... Tout ça pour quoi ? Une amouret- »

« Je n'ai jamais vu ça ! Apparemment, l'Alliance tolère les relations amoureuses désormais. Alors qu'il y a une vingtaine d'années, on m'a directement radié et mit en prison pour ce genre de comportement et on tolère maintenant parce que soi-disant ce sont des héros !? »

- Je démissionne.

Il avait fait le voyage sur Terre, rien que pour cela. Naruto s'était fait assaillir par les journalistes durant tout le trajet et il avait réussi à atteindre le Consul en déposant sa plaque, ses armes, son uniforme et son armure. Le blond ne regrettait aucunement son geste. Les humains et ainsi que toutes les autres espèces devenaient de pire en pire au sujet de ces scandales.

Le monde entier avait découvert leur relation allant de débat en débat. Tout ce qu'il lui restait de Sasuke avait été pris par les journalistes lui arrachant le cœur à chaque mot qu'ils disaient. Leur bulle, qui faisait leur monde autrefois, avait éclaté. Plus rien n'appartenait à Naruto.

Le Consul était bouche bée ne s'attendant pas un tel revirement essayant de trouver une solution afin de garder Naruto parmi eux. La relation, en tant que telle, ne représentait plus de problème depuis la mort du Commandant Uchiha.

- Attendez, êtes-vous sûr de-

- Je suis sûr, je démissionne. Je ne suis plus capable de rien. Je ne peux pas me sauver moi-même alors, imaginez-moi en train de sauver les autres...

Le Consul ne sut quoi répondre, ils tentaient de trouver un moyen de le retenir et demandèrent de l'aide avec un simple biais de regard à l'Amiral Hatake qui se tenait près du désormais ancien Commandant. Naruto finit par faire une brève salutation digne d'un soldat avant de se tourner rapidement vers l'argenté et de tendre sa main vers lui.

Kakashi finit par la serrer fortement, les deux hommes se regardant droit dans les yeux. Le blond semblait fatigué, mais l'argenté ne reporta pas ce fait. L'Amiral voulut tenter de l'empêcher de partir, mais il fut vite pris de court par Naruto.

- Je vous remercie pour tout ce que vous avez fait.

- Votre place est ici et vous le savez, répondit simplement l'Amiral.

Aucune réponse. Leurs mains se serrèrent une dernière fois, puis elles se détachèrent. L'argenté le regarda se retourner, puis partir de cette salle de réunion aussi rapidement qu'il était venu. L'Amiral leur indiqua de mettre sa démission de côté pensant fortement que l'Uzumaki allait revenir.

Depuis ce jour, plus personne n'eut de nouvelles de celui-ci. Il disparut dans la Galaxie sans laisser de traces...


Deux mois plus tard

Après la disparition de Naruto, les choses reprirent leur routine habituelle. La démission avait été annoncée quelques heures plus tard diffusant des images de l'ancien Commandant qui avait pris la première navette et avait quitté la Terre. Bon nombre de journalistes avaient tenté de retrouver sa trace afin de l'interroger plus sérieusement. Cependant, il avait bel et bien disparu.

L'Alliance avait été légèrement déçue de ce départ prématuré, mais elle était passée à autre chose. Certains supposèrent qu'il s'était donné la mort. On finit par l'oublier petit à petit sauf l'Amiral Hatake, celui-ci espérant toujours que l'Uzumaki revienne dans l'Alliance.

Il y avait eu un grand débat sur les relations amoureuses dans l'armée, mais cependant, beaucoup d'entre eux étaient encore opposés à tolérer cela. Les agissements de Naruto Uzumaki n'avaient opposé aucun doute là-dessus, certains défendant son cas comme quelqu'un de déjà traumatisé par les événements d'Akuzé. Il n'y eut aucun changement, cela restait toujours autant interdit, mais certains amiraux étaient sûrs que des relations persistaient au sein de leur propre armée sans pour autant les distinguer...

Et quelque chose vint perturber cet équilibre qui s'était remis en place.

Alors que Kakashi buvait une boisson alcoolisée sur une terrasse de la Citadelle, consultant une tablette holographique donnant des informations sur la position de Naruto, un événement vint perturber cette tranquillité.

Des Turiens et des humains faisant partie du Service de Sécurité de la Citadelle vinrent avertir la population de se rendre rapidement dans les Secteurs, des navettes prêtes à partir. L'argenté avait posé soudainement sa tablette sur la table en se levant brusquement. Il vit de multiples personnes courir vers les ascenseurs.

Un agent Turien du SSC l'invita à se rendre aux ascenseurs. Il répondit négativement de la tête avant de se présente :

- Je suis l'Amiral Hatake. Qu'est-ce qui se passe ?

L'agent fit rapidement le salut avant de présenter rapidement la situation :

- Une capsule de sauvetage, Monsieur. Personne ne répondait à l'intérieur et aucun vaisseau n'a pu l'intercepter. Il va s'écraser à tout moment !

- S'écraser ? répéta Kakashi.

- Oui, nous avons dû bloquer la route des véhicules passant par ici. C'est de la haute technologie, ce qui est à l'intérieur est indétectable, nous devons être prudents, je vous conseille de partir d'ici.

- Les dernières navettes sont parties, avertit un humain venant des ascenseurs.

Le Turien n'eut pas le temps de répondre. La capsule traversa le ciel artificiel qui fut détruit dans l'instant plongeant tout ce secteur dans le noir. Des lumières rouges s'activèrent et la voix d'une I.A se mit à résonner signalant un danger dans le secteur. Un vacarme assourdissant résonna, le sol trembla quelques instants alors que la capsule s'écrasait dans cette rivière artificielle.

Le tremblement passé, tout se calma soudainement alors que l'I.A continuait à donner son message répétitif. Les agents du SSC commencèrent à descendre vers la capsule. Ils firent une formation tout autour afin de pouvoir contenir le danger s'il y en avait.

L'Amiral demanda une arme à l'un des agents à côté de lui avant de sauter les nombreux balcons à travers les barrières. Il atterrit brusquement dans l'eau alors que tous les agents du SSC se tenaient autour, leurs armes pointées vers la capsule. Quelque chose tapait férocement contre la porte de celle-ci.

Kakashi força rapidement un passage afin de se rendre juste devant l'entrée ronde. Il chargea son arme avant de regarder derrière lui.

- Laissez-moi ouvrir.

Personne ne discuta ses ordres se contentant d'être dix fois plus prudent. L'argenté, l'arme dans ses deux mains, donna plusieurs coups de pieds dessus avant que la porte de métal ne s'effondre dans l'eau. Une toux se fit entendre à l'intérieur et Kakashi s'approcha un peu plus afin de distinguer l'inconnu.

Il aperçut un homme agenouillé dans une tenue entièrement blanche, mais salie par la fumée et sa main tenant ses côtes. Celui-ci se releva difficilement et l'argenté recula tout en pointant son arme sur lui.

L'homme finit par s'agripper par le rebord au-dessus alors que ses jambes tremblaient. Il finit par relever le regard vers ses assaillants qui le fixaient.

Kakashi ouvrit grands les yeux et il finit par baisser son arme sous le choc.

- Mais tu es... tu es...

L'homme finit par sortir de la capsule, la main toujours sur ses côtes et atterrit à son tour dans l'eau. Il finit par relever le regard vers l'argenté.

- Sasuke Uchiha...

Son identité révélée, il tomba inconscient sur le sol.