Bonjour,
Titre : Once Upon A Time...
Auteur : Typone Lady
Disclaimer : L'univers de One Piece ainsi que ses personnages ne m'appartiennent pas : ils sont à Eiichiro Oda. Je les emprunte le temps d'une histoire.
Rated: M
Genre : Romance, Hurt/Comfort, Song-fic, UA
Résumé : « Raconte-moi une histoire. Une histoire remplie d'émotion, avec des moments d'amour parsemé de rêve. Je veux oublier que dans la réalité les contes de fées et les '' ils vécurent heureux '' n'existent pas. » Yaoi.
Bêta correctrice : pommedapi
Note 1 : Merci à ma bêta pommedapi pour ses précieux conseils et aussi pour avoir corrigé ce chapitre ;). Un grand merci aussi à ma p'tite sœur qui ma aider à écrire le résumé et qui a aussi fait mon image de couverture. ^^
Note 2 : Merci à Nightmare02 pour sa mise en alerte et en favori. Merci à Lawiki et Blue0 pour leurs review !
Bonne lecture )
Once Upon a Time n'est pas une fiction à l'eau de rose.
C'est juste une histoire.
Leur histoire.
Parce que la vie n'est pas un conte de fées...
.
Chapitre 10
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« L'amour qui rend les gens malheureux n'est pas le véritable amour. Si votre amour est vrai, il contribue à votre bonheur et à celui des gens que vous aimez. »
Denis St-Pierre
Ace
Lundi 09 Janvier 2017
Je n'ai jamais vraiment été un grand amateur de cigarettes. Je me suis d'ailleurs toujours dit que je pouvais arrêter quand je voulais. Mais maintenant, je n'en suis plus si sûr. A vrai dire, j'ai même l'impression que c'est la seule chose qui me fait tenir. Ça m'apaise. Ça me fait du bien, alors pourquoi arrêter ?
Je ne me sens pas très bien et si j'étais honnête avec moi-même ou alors si j'en parlais à ce foutu psy, il me dirait que je suis en train de vivre ma plus grosse déception amoureuse ou quelque chose comme ça. Mais comme je ne veux pas souffrir davantage, j'essaie de me voiler la face et surtout, je ne parle pas de ça avec le Dr.César. De toute façon, je le vois mercredi donc tout peut encore arriver…
J'ai eu Zoro au téléphone hier, on a un peu parlé. Il est content de lui, il a pu se rajouter quelques séances de musculation et d'entrainement dans la semaine. Il m'a parlé pendant quelques microsecondes du mec qu'il fréquente et dont je ne connais toujours pas le nom. Je ne pense pas avoir un jour envie de le connaître sauf si ça devient sérieux entre eux mais Zoro m'a fait comprendre que ce n'était pas le cas alors...
Il m'a ensuite demandé où j'en étais avec mon béguin. Je lui ai répondu que comme Sabo avait embrassé sa copine sous mes yeux, on pouvait dire que je n'en étais nulle part.
L'appel de Law quelques minutes plus tard était plus léger et m'a un peu détendu. Toujours dans l'enfer des études, il s'accroche. Malheureusement, sa relation avec la belle Jewerly en pâtit. Il m'a confié vouloir rompre. Je ne sais pas si ça se fera.
Pour moi, c'est un couple historique. Je les ai presque toujours connus ensemble. Mais parfois, la vie nous force à faire des choix difficiles…
-Hé, c'est là que tu te cachais !
Je dissimule discrètement ma cigarette mais je pense que c'est trop tard. Alvida m'a vue. Je peste intérieurement contre elle. Je me demande si elle va me dénoncer.
-Qu'est-ce que tu veux ? je lui demande en éteignant ma cigarette.
Elle était presque terminée de toute façon.
-Oh, rien…
Elle marche lentement jusqu'à moi en serrant sa petite veste contre elle. Quelle idée de s'habiller aussi légèrement quand il fait aussi froid…
-Pourquoi tu me cherchais alors ?
Je fronce les sourcils, un peu perdu.
-Vraiment ? Je croyais pourtant avoir été clair la dernière fois en cours.
Elle sourit, aguicheuse.
-Oui mais je me souviens aussi t'avoir repoussé.
-C'est parce que je t'ai pris par surprise.
Elle rigole avant de jouer avec une de ses mèches de cheveux.
-C'est vrai qu'on me fait souvent la remarque, je devrais sans doute y aller un peu plus doucement mais d'habitude, les garçons aiment ça. Tu es bien le premier à t'en plaindre…
-Eh bien, certaines personnes sont différentes.
Ma voix se fait ferme. J'espère qu'elle comprendra ainsi que la discussion est terminée et que je veux qu'elle me laisse tranquille.
-Certaines…
Sa voix est suave et je dois dire que ça me hérisse les poils.
Comme elle n'ajoute rien, je me dis qu'elle a sans doute compris mon message et je commence à m'éloigner d'elle. Malheureusement, je fais à peine deux pas que je sens son corps se heurter au mien. Ses seins sont écrasés contre mon dos et ses bras m'enserrent la taille.
Très vite, son parfum vient m'agresser les narines. Je n'ai pas le temps de m'attarder sur cet odieux détail que je la sens se presser encore plus contre moi.
-Certaines personnes… Mais pas toi, j'en sûre.
L'entendre dire ça m'énerve encore plus. Je me retourne et la repousse sans ménagement. Je déteste vraiment les filles comme elles qui, parce qu'elles sont belles, se croient tout permis. Un sourire et tout est oublié. Un regard et ils rampent. Beurk. Perso, ça m'écœure juste.
-Fous-moi la paix. Je ne le répèterai pas deux fois.
Mes yeux sombres semblent la clouer sur place. Pendant quelques secondes, elle n'ose rien dire, complètement tétanisée par ma colère. Elle se reprend cependant très vite car, rouge de colère, elle me pointe du doigt et se met à geindre. Tout ça m'exaspère, elle me fait plus mal aux oreilles qu'autre chose…
-Pourquoi... ? Je ne te plais pas ?
Cette fois-ci, sa voix est plus posée et j'entends de la tristesse. Je me dis alors que je l'ai jugée un peu vite et qu'elle n'est peut-être pas qu'une fille superficielle.
-Je plais à tout le monde ! reprend-elle alors, hargneuse, et me faisant douter de la tristesse que j'ai cru apercevoir plus tôt. Un bouseux comme toi devrait se sentir honoré que je lui accorde de l'importance !
-Peut-être mais ce n'est pas le cas.
-Abruti !
Elle me pousse à son tour mais malheureusement pour elle, je ne bouge pas d'un pouce. Vexée, elle s'éloigne.
-Tu vas me le payer ! me lance-t-elle avant de disparaître dans le bâtiment.
xXx
-Moi, je regardais Pokémon quand j'étais petit, lance X-Drake alors que nous sommes tous assis autour de la petite table du Glee Club.
Rebecca nous sert gentiment du thé qu'elle a sorti de je ne sais où.
-Moi aussi, répond Perona tout en se faisant les ongles.
-J'aimais bien Bulbizarre et Dracaufeu. Raichu aussi était pas mal.
Mon thé au citron servi, je m'empresse d'en boire une gorgée.
-Merci.
-Moi, je n'aimais pas trop Pikachu. On le voyait tellement qu'au bout d'un moment, c'est devenu lassant, commente le roux.
-Vous avez entendu cette rumeur sur internet qui dit que Sacha est en fait dans le coma et que toutes ses aventures sont des rêves ? Et que les petites attaques d'électricité de Pikachu sont des électro-
-N'importe quoi, je coupe Margaret. Ce sont juste des rumeurs.
Elle hausse alors les épaules.
-Qui sait ? Après tout, c'est peut-être vrai. Mais en tout cas, on ne va pas le savoir tout de suite. Ce dessin-animé est trop long pour son bien ! En plus, les nouveaux Pokémon sont trop moches !
On acquiesce tous aux paroles de Perona.
-Vous connaissez Magical Dorémi ? lance alors Shirahoshi avec un peu trop d'entrain.
Elle veut sûrement emmener la conversation vers un sujet qu'elle maitrise plus.
-Oh, oui ! répond Perona sur le même ton.
Les filles se mettent alors à parler gaiement avant d'être brutalement interrompues par le président du club.
-Attendez !
Les filles sursautent, surprises par l'éclat de voix.
-On était en train de parler de notre problème de sponsor, comment on en est venu à parler de mangas ou je ne sais quoi ?!
-C'est vrai ça, fait Rebecca, sincèrement étonnée.
-C'était en attendant Brook vu qu'on était un peu perdu, rappelle timidement Shirahoshi.
Je me sens soudainement mal à l'aise. En fait, c'est moi qui aie habilement, ou plutôt sournoisement, changé de sujet. J'ai un peu peur que X-Drake me relance concernant mon père.
-Je pense qu'on devrait de nouveau chanter en public. Avec la vidéo sur Youtube, on est un peu connu maintenant alors autant continuer. Y a que ça à faire de toute façon, reprend Margaret.
-D'accord mais cette fois, je veux chanter !
Perona admire ses ongles et, fière du résultat, elle se met à rigoler bizarrement.
-Le tournoi de foot commence bientôt, y aura beaucoup de monde, murmure X-Drake pensivement. En plus, c'est le lycée qui organise le match d'ouverture donc y chanter sera plus facile.
-Ça me semble être une bonne idée, j'approuve, histoire de les orienter encore un peu plus dans ce sens.
-J'ai hâte de pouvoir de nouveau chanter ! s'enthousiasme Shirahoshi.
-Dès que Brook arrive, on lui en parle, décide alors X-Drake.
xXx
Je rentre un peu fatigué. Je n'aurais peut-être pas dû trainer autant au Glee Club… J'enlève mes chaussures avant d'accrocher ma grosse veste au porte manteau déjà plein. Je marche vers la cuisine pour prendre un petit truc à grignoter quand j'entends plusieurs voix provenir du salon. L'une d'elle m'est inconnue. Sans doute un invité de mon père pour le boulot. La voix a l'air trop adulte pour que ce soit un ami de Luffy.
Dans la cuisine, je me mets à ouvrir tous les placards à la recherche des friandises achetées la semaine dernière. Nulle part. Je me mets à râler contre Luffy car je suis sûr que c'est lui qui a tout fini. Ce ventre sur pattes m'énerve des fois…
Agacé, je finis par me rabattre sur des gâteaux trop sucrés. La bouche pleine, je quitte la pièce sans faire attention à ce qu'il y a devant et inévitablement, je rentre dans quelqu'un.
-Ho ! Désolé, je t'avais pas vu.
-Euh non, c'est moi.
J'observe l'homme qui me fait face. Je reconnais sa voix comme étant celle que j'ai entendue tout à l'heure. Il est un peu plus grand que moi, certainement plus âgé aussi. Roux, il a trois grosses cicatrices à l'œil gauche.
-Shanks !
Luffy surgit de nulle part et saute sur le dos du roux. Malgré la rudesse du geste, celui-ci réussi à rester debout. Luffy se met à rigoler en m'ignorant complètement, à moins qu'il ne m'ait même pas vu… Sympa.
-Ah, Ace, t'es là ? me dit-il après quelques secondes à rigoler tout seul.
-Ouais, abruti.
-Mais tu ne connais pas Shanks !
-Euh non, pas vraiment.
Je jette un petit regard au concerné et je le vois redéposer Luffy par terre.
-Je suis Shanks le Roux. Je travaille avec ton père.
Il me tend sa main et, un peu méfiant, je la lui serre.
-Tu me connais ?
-Vite fait. Luffy et Roger parlent beaucoup de toi, me dit-il en souriant.
-Shanks ne fait pas que travailler avec Roger, c'est aussi mon héros ! En plus, il m'a prêté son chapeau de paille !
Il me montre le fameux chapeau démodé qu'il porte tous les jours, fier de lui.
-De base, il était à Roger alors c'est normal que je te le prête. Mais je te le prête juste. Tu me le rendras quand tu seras devenu un homme, d'accord ? rigole-t-il.
-Promis ! crie Luffy, euphorique. Ace, tu viens jouer avec nous ? me demande-t-il soudainement.
-Euh, j'ai des devoir alors…
-Allez !
-S'il a des devoirs, tu devrais le laisser bosser un peu, Luffy. Je suis sûr qu'on va bien s'amuser à deux.
-Ouais, t'as raison, c'est pas grave !
Hein ? Comment ça, c'est pas grave ? C'est à se demander s'il voulait vraiment que je vienne jouer à leur jeu stupide ! Enfin, stupide, j'y jouais encore comme un fou hier…
En plus, depuis que je suis rentré, Luffy me calcule à peine. Y en a que pour ce Shanks ! Bien sûr, ils se connaissent depuis plus longtemps donc ils sont certainement très proches mais Luffy m'a dit que j'étais comme son grand frère pour lui. On dirait qu'il a déjà oublié d'ailleurs…
-En fait, c'est bon. Je n'en ai pas tant que ça.
-Ah, vraiment ? Cool alors, me répond Shanks.
-On va pouvoir jouer à mon nouveau jeu !
L'employé de mon géniteur ne me quitte pas des yeux comme s'il ne croyait pas à mon excuse bidon. Cependant, il ne semble pas s'en formaliser plus que ça et passe à autre chose. Personnellement, je ne sais pas non plus ce qui m'a pris. Alors qu'on se dirige vers la chambre du gamin au chapeau de paille, je réalise que je suis peut-être jaloux de la proximité évidente entre Shanks et lui. Que ça m'a fait plaisir que Luffy me dise qu'il tient à moi, qu'il veut que je sois son grand-frère et que je ne veux pas perdre cette relation.
Je suis un peu ailleurs. Appuyant machinalement sur les touches de ma manette, je n'ai vraiment pas la tête à ce jeu de guerre. A côté de moi, Shanks et Luffy sont joyeux et rigolent comme des fous. Ils sont vraiment très complices. Pourtant, ils ont pas mal d'années de différence. Je me demande comment ils se sont connus. Luffy a dit que Shanks était son héros. Est-ce que c'est par rapport à quelque chose que le roux aurait fait pour lui ou a-t-il juste dit ça comme ça ?
-Vous vous connaissez depuis longtemps ? je finis par demander après de longues secondes d'interrogation.
-Je connais Luffy depuis qu'il a 7 ans, me lance le roux tout en dégommant habilement un envahisseur ennemi.
-Ah ouais, quand même…
-J'ai fait pas mal de stages dans l'entreprise de Roger et une chose en entrainant une autre, j'ai fini par passer beaucoup de temps ici.
-Du coup, il jouait avec moi ! renchérit Luffy, tout content. Mais au début, il voulait pas. Il disait que j'étais qu'un gamin !
-C'est ce que t'étais ! plaisante Shanks. Après mon bac, j'ai voyagé un peu et puis je suis revenu ici. Roger a repris contact avec moi et m'a proposé un poste dans sa boite. Je bosse pour lui depuis peu en fait, termine-t-il ensuite de m'expliquer.
-Ah, OK.
Nous n'avons pas le temps de continuer cette conversation plus longtemps car les envahisseurs ennemis sont de plus en plus nombreux. Il nous faut les affronter au plus vite. La chambre de Luffy n'a jamais été aussi silencieuse, seuls les bruits d'agonie des envahisseurs et de certains soldats alliés emplissent la pièce. Pourtant, à un moment, le héros de Luffy brise le silence et pose une question.
-Tu as des nouvelles de Mihawk ?
-Non, répond Luffy.
Et le silence reprend alors ses droits.
Mardi 10 janvier 2017
Déjà mardi. Déjà 11 jours depuis que j'ai goûté pour la première fois aux lèvres de Sabo. Et je dois dire qu'aujourd'hui, ça va. Je me remets bien je trouve. Peut-être est-ce dû au fait qu'à part ce baiser clandestin, il n'y a jamais rien eu de significatif entre nous. Actuellement, quand ce n'est pas lui qui m'évite, c'est moi. Il est heureux avec sa copine, tant mieux pour lui. De mon côté, je n'ai jamais eu besoin de personne pour me sentir bien alors c'est pas maintenant que ça va commencer.
Déception amoureuse ou toute autre connerie dans le genre, c'est pas ça qui va me mettre à terre.
-Bonjour, un chocolat chaud, s'il vous plait.
Je me sens soudainement agacé en entendant cette voix. Je tourne légèrement la tête pour apercevoir la copine de Gueule d'Ange accoudée au comptoir de la cafétéria scolaire. Sa grosse doudoune fermée jusqu'en haut, ses cheveux courts encadrant son si joli visage, elle pianote frénétiquement sur son portable. Elle porte de grosses bottes noires qui montent jusqu'en dessous de ses genoux et un short vient compléter sa tenue. Je me demande alors si elle n'a pas froid, même avec un bon collant…
Je détourne la tête pour refaire face à mon verre vide. Ça ne me regarde pas et puis, je m'en fous.
-Et voilà.
-Merci.
J'entends le sourire dans sa voix et pour une raison que j'ignore, ça m'énerve juste un peu plus.
Le serveur retourne s'occuper d'autres clients. A la pause de midi, il y a toujours beaucoup de monde. Il nettoie quelques verres et revient ensuite vers moi.
-Vous désirez un autre verre ?
Je suis tout d'abord surpris par sa question mais c'est vrai que j'ai déjà fini mon café. Comme à la cafétéria tout est gratuit – enfin, c'est compris dans les frais d'inscription - j'en reprends un. A côté de moi, j'entends le bruit des doigts graciles de Koala qui tapent un nouveau message. Je me demande à qui elle parle. Sûrement à Sabo. Je me demande bien ce qu'ils se disent.
Au bout d'un moment, perdu dans mes pensées, je me mets à fixer Koala sans vraiment m'en cacher.
C'est vrai qu'elle est belle. Sans doute même attachante. Sabo a dit qu'il l'aimait mais je me demande bien pourquoi. Pour moi, elle n'a rien d'exceptionnel. C'est juste une jolie fille loin d'être bête. C'est vrai pourtant, j'ai beau la regarder, je ne vois rien de particulier.
Ils ne couchent même pas ensemble en plus. Je ne vois pas pourquoi il reste avec elle. L'amour, il ne sait pas ce que c'est. Je suis sûr qu'il confond avec le confort que lui offre cette relation. Quand on s'est embrassé, c'était quelque chose d'indestructible et de bien plus profond que ce qu'il se passe avec cette fille, je suis prêt à le parier.
D'un coup, je me mets à la haïr. A me dire que si elle n'était pas là, si elle n'était pas ce qu'elle est, peut-être que… Je me remets alors à penser une fois de plus à ce baiser, à ce seul et unique baiser. Et je me dis alors que si elle savait tout, ça casserait peut-être quelque chose en elle, entre eux. Peut-être même que se sentant trahie, elle déciderait de le larguer.
Cette idée s'insinue lentement mais sûrement en moi. Avant que je m'en rende compte, je suis debout et près d'elle. Ses yeux me fixent alors, perdue.
-Oui ? me demande Koala alors que je reste debout comme un con.
-Peut-être…
Qu'est-ce que je fais ?
Je vais sérieusement tout lui dire et la blesser ? Qu'est-ce qui me prends ? Ce n'est pas moi ça...
-Non, en fait, je me suis trompé…
Je recule de deux pas, encore sonné parce que j'allais faire. Je finis alors par partir sans même avoir touché à mon nouveau café, froid depuis bien longtemps.
xXx
Assis sur les marches d'un escalier jamais emprunté - c'est d'ailleurs la raison de mon repli ici - je regarde mes mains égratignées où quelques gouttes de sang perlent ici et là. Tout à l'heure, je n'étais pas vraiment dans mon état normal. En colère, j'ai failli faire n'importe quoi. Là, je me suis défoulé et maintenant, je suis moins sur les nerfs. Par contre, j'ai toujours mal, et pas à cause de mes mains. C'est comme si on me lacérait la peau, qu'on grattait au niveau de mon corps encore et encore pour pouvoir enserrer mon cœur et le faire exploser.
Je ne sais pas quoi faire. Je n'ai jamais appris à gérer ce genre de douleur.
-Ace ?
Je sursaute un peu, je pensais pourtant être tranquille ici. Nerveux, je cache mes mains entre mes jambes et jette un rapide coup d'œil derrière moi.
Marco. Mince, je ne suis pas censé être là. Il va sûrement m'engueuler. Il faut que je trouve quelque chose à dire, et vite.
-Ace.
Il se déplace de sorte à se placer devant moi et me regarde, les sourcils froncés.
- Est-ce que ça va ? continue-t-il, intrigué par mon silence.
-Euh, oui… C'est bon.
Un peu mal à l'aise, je finis pas me lever mais j'oublie ainsi de cacher mes mains et Marco voit alors mes écorchures. Il reste fixé dessus de longues secondes et j'ai le réflexe de vouloir à nouveau les cacher mais c'est trop tard.
-Fais-moi voir, souffle-t-il tout en prenant une de mes mains. Qu'est-ce qu-
-C'est rien.
Marco ne croit pas en mon mensonge et il a bien raison. Il me sourit comme pour m'encourager à parler mais je n'y arrive pas. Je ne peux pas non plus me dégager de sa main ni partir loin de lui. Je crois que j'en ai juste marre d'être seul mais je ne pense pas non plus que compter sur un prof soit une bonne idée. Il soupire quand il voit que je ne vais pas parler.
-Ce n'est pas grave. Viens, je vais te soigner ça. Je te ferai un mot de retard pour le prochain cours.
J'acquiesce et le suit silencieusement. C'est vrai que mes mains me font un peu mal. Je réalise alors ce qu'il vient de dire : les cours de l'après-midi ont déjà repris ! Complètement replié sur moi-même, je n'ai pas entendu la sonnerie. Ça ne va pas du tout…
Je ne fais pas trop attention à l'endroit où on va. Ce que je peux dire, c'est que Marco m'a lâché la main et c'est tant mieux. Ca aurait été bizarre sinon. On arrive quelques minutes plus tard dans une salle de cours, la salle de philo plus précisément. Il sort une petite trousse de soin de son bureau et je me demande pourquoi il a ça avec lui.
-Merci, je murmure timidement comme si je ne voulais pas qu'il m'entende.
-Tu t'es disputé avec Sabo ?
Sa question me surprend tellement que j'en reste coi pendant plusieurs secondes.
-Bah, on se dispute tout le temps, je dis ensuite comme si c'était une évidence.
-Oui, c'est vrai.
Il me met du désinfectant et je grimace légèrement.
-Mais j'ai l'impression que cette fois, c'est sérieux.
-Comment ça ?
Je préfère être prudent de peur de me trahir.
-Eh bien, en cours, vous vous prenez la tête parce que vos opinions divergent et quelques jours plus tard, c'est reparti pour un tour. J'ai toujours un peu eu l'impression que vos disputes sont plus une manière de vous confrontez l'un à l'autre qu'autre chose. Comme si vous recherchiez ce petit moment où vous pouviez vous parlez librement, faire céder les barrières de l'autre. Là, j'ai l'impression que c'est plus personnel et donc plus compliqué.
-Vous vous trompez, professeur.
-Eh bien, peut-être.
Il n'ajoute rien d'autre, devinant bien que je n'ai pas envie de parler de ça. Alors que je le regarde me soigner, je me mets à m'interroger sur Marco. On dirait qu'il nous a bien observés Sabo et moi. Je me demande ce qu'il sait ou croit savoir exactement de nous. En tout cas, je suis sûr que même dans ses hypothèses les plus farfelues, jamais il n'imagine qu'entre Gueule d'Ange et moi, il puisse se passer quelque chose de l'ordre de l'intime. A moins que ce soit ce qu'il sous-entendait quand il a dit ''plus personnel et donc plus compliqué ''.
Je fronce les sourcils, perplexe. Non, je ne pense pas. Pourquoi penserait-il à ça de toute façon ? Même s'il a l'air d'une personne très ouverte, je l'imagine mal se préoccuper des idylles amoureuses entre deux de ses élèves, surtout si ce sont tous les deux des garçons. Mais, et si… ?
-Je me demandais…, je commence, incertain quant à ma question.
-Oui ? fait-il alors qu'il range sa trousse de soin.
-Est-ce que souffrir pour la bonne cause existe ?
Je suis angoissé. Je ne sais pas pourquoi j'ai demandé ça et pourtant, j'attends avec impatience sa réponse. Mes doigts grattent frénétiquement mon poignet gauche au rythme de mes battements de cœur. Je sais que ça a l'air bizarre et que vu que j'y vais fort je vais avoir des marques mais à cet instant, je m'en fous.
-Hum… Tu me prends un peu au dépourvu.
Il croise ses bras sur son torse et fronce légèrement les sourcils, pensif.
-Tu peux développer un peu plus ?
-Est-ce qu'on doit s'effacer, laisser partir quelqu'un si c'est ce qu'il veut ? Si ça le rend heureux, même si ça nous fait mal…
J'ai la gorge nouée et Marco semble aussi l'avoir remarqué. Je baisse la tête, gêné. Je me gratte toujours le poignet et j'ai de plus en plus mal. Je repense alors à ce qu'il s'est passé tout à l'heure et à la chance que Koala a juste parce qu'elle est une fille.
Je ne pensais pas être autant attaché à lui. Il y quelques semaines à peine, j'étais juste exaspéré par sa façon d'être, de faire semblant, encore et encore. Et là… Comment ça a pu arriver aussi vite ? Mes yeux me piquent légèrement comme si j'allais pleurer et de peur que ça n'arrive vraiment, je me les couvre avec mon bras droit. J'aurais trop honte si quelqu'un me voyait un jour pleurer.
Je sens alors soudainement la main de Marco se poser sur ma tête comme dans un geste de réconfort. Elle est chaude et douce à la fois. Comme si c'était le signe que j'attendais, je sens les vannes s'ouvrir et mes larmes m'échappent.
-Merde…
Je jure à voix basse. J'ai honte de pleurer devant lui. En plus, je dois le faire chier avec mes problèmes…
Marco fait alors quelque chose à laquelle je ne m'attendais pas. Il me prend dans ses bras. Rien d'intime, juste un contact pour me réconforter et je me rends compte que ça me fait du bien, que j'en avais peut-être besoin.
-Tu sais, Ace, je ne pense pas que souffrir participe au bonheur de cette personne. T'es-tu déjà demandé si cette situation le rend vraiment heureux ? Peut-être a-t-il juste peur et qu'il attend quelque chose de plus de toi ? En tout cas, ce dont je suis sûr, c'est que faire un choix où tu souffres est forcément un mauvais choix.
-Je ne sais pas…
Je ne fais même pas attention au fait qu'il ait utilisé le pronom « il ». Marco savait déjà que je parlais de Sabo. J'ai fait la gaffe tout à l'heure, je n'avais qu'à faire plus attention.
Je m'écarte très légèrement de lui et de son pouce, il essuie une larme au bord de mes yeux. Il me sourit comme pour m'encourager. Je fais de même mais mon sourire vacille un peu. Soudain, j'entends comme un petit « clic » et je regarde vers la porte mais je ne vois rien. Elle est juste entrouverte. J'ai peut-être rêvé.
-Si ça va mieux, je vais te faire ton mot d'excuse et tu pourras retourner en cours.
-Merci.
Mercredi 11 janvier 2017
-Alors Ace ?
-Quoi ?
-Eh bien, tu n'as pas l'air dans ton assiette. La méthode que je t'ai conseillée ne marche pas ?
Il fronce les sourcils et semble soudainement préoccupé. J'ai l'impression qu'il est en train de débattre tout seul de la question.
-Je n'ai pas vraiment eu le temps de la tester, j'avais un peu la tête ailleurs.
Mon explication ne semble pas le satisfaire car il lève les yeux au ciel.
-C'est pour ça que tu dois l'appliquer justement, me réprimande-t-il plus ou moins gentiment. Bon tant pis, passons plutôt aux choses sérieuses.
Je me crispe légèrement dans mon fauteuil.
-As-tu une idée du trouble mental dont tu souffres ?
-J'sais pas, c'est vous le spécialiste.
Le ton que j'ai employé est légèrement agressif mais il ne semble pas en prendre ombrage.
-Comme c'est aimable à toi de le rappeler !
Il prend quelques secondes pour savourer ce moment où j'ai avoué en savoir moins que lui avant de reprendre la parole.
-Les troubles obsessionnels compulsifs se caractérisent par des pensées intrusives. Dans ton cas, on y est complètement. C'est pour ça que tu dois écrire, me rappelle-t-il.
Pour ma part, je reste un peu sonné, encaissant le choc du mieux que je peux même si je m'y attendais plus ou moins.
-Ces obsessions dont tu souffres produisent de l'inconfort. Ca t'empêche de raisonner convenablement et amène de l'inquiétude, sans parler des diverses appréhensions et de la peur qu'elles engendrent.
-Vous en parlez comme si c'était super grave… Mais j'arrive à gérer, non ?
Ce qu'il dit m'inquiète. C'est peut-être pour ça que j'essaie de dédramatiser. Sans grand succès.
-Eh bien, parce que ça l'est et non, tu ne gères pas ça de la bonne façon. Les actions compulsives apportent un soulagement seulement temporaire à la détresse.
-C'est pour ça que ça me fait en quelque sorte du bien de me laver les mains ?
-Oui, ça diminue l'anxiété mais comme je te l'ai dit, ce n'est pas bon. Des fois, les actions compulsives peuvent te pousser à te mettre en danger.
Je reste silencieux. J'ai juste l'impression que c'est trop pour moi.
-Les personnes souffrant de troubles obsessionnels compulsifs ont souvent une certaine phobie de la saleté, d'où les lavages des mains. Plus les compulsions. Ce trouble se déclare généralement durant l'enfance vers 8-12 ans ou alors à la fin de l'adolescence - début de l'âge adulte. Dans ton cas, je dirais qu'il s'agit de tes 8-12 ans. Le but est maintenant de définir quel est l'évènement, le petit choc dans ta vie qui a déclenché tout ça.
-Quoi ?
-Les tocs, reprend-il de sa voix haut perchée comme s'il en avait marre de mon ignorance et aussi de dire le nom du trouble mental en entier, surviennent généralement après un évènement traumatisant de la vie. Pour une jeune fille, ça a été son agression plutôt violente en pleine rue. Pour ta part, je ne pense pas que la séparation de tes pa-
-Ils n'étaient pas mariés, je le coupe aussitôt histoire de rectifier les choses.
-Le…
Il fait une pause et semble chercher ses mots.
-Mais comment veux-tu que j'appelle ça alors ? s'énerve-t-il d'un coup, me surprenant par la même occasion.
-Désunion ?
-Tu es sûr que tu ne préfères pas séparation ? Désunion laisse entendre qu'ils étaient en union avant.
-Va pour séparation alors…
-Bien. La séparation de tes parents ne semble donc pas t'avoir choqué ni traumatisé. Elle t'a juste empli de colère et pour une raison que j'ignore, elle semble uniquement diriger contre ton père. Nous parlerons de ça une autre fois, m'arrête-t-il quand il me voit prêt à prendre la parole. Concrètement, je pense qu'on peut d'emblée écarter la piste familiale. Il n'y a pas non plus l'air d'y avoir de problème avec tes amis, réfléchit-il à voix haute.
-Pourquoi tout de suite l'écarter ? dis-je en faisant référence à la famille.
-A ta manière d'en parler. Tu es plutôt discret dessus mais plus parce que c'est quelque chose d'assez intime et douloureux, pas de traumatisant, répond-il de manière catégorique. Tes relations amicales sont quant à elle très nettes et tout ce qu'il y a de plus normal même si j'avoue que tu es un peu trop possessif. Il va falloir que tu m'aides un peu et que tu réfléchisses à ce qui a pu causer ça. Tu n'as rien vécu vers tes 12-13 ans qui te laisse un souvenir particulièrement amer ? Que tu veux oublier tellement c'est douloureux ? Ou alors as-tu déjà réussi ?
Je me crispe soudainement, un visage lumineux et un doux sourire se rappelant à moi. C'est fugace mais ça a tout de même suffit à me donner envie de me gratter les poignets. Malheureusement, le bandage que Marco m'a fait m'en empêche.
Je sens le regard du Docteur César sur moi et j'ai l'impression qu'il analyse le moindre de mes gestes. Il se met alors à écrire sur son calepin et mon mal être augmente. D'autres images me reviennent. Cette fille que je pensais avoir oublié… Maintenant, son visage est si net dans ma tête. Son rire et sa douceur, ses promesses…
-Tu te souviens, n'est-ce pas ?
-Je…
-Raconte-moi.
Il se racle la gorge et essaye alors de rendre sa voix plus douce. Bien entendu, ça ne marche pas.
-N'oublie pas que si tu es là, c'est pour aller mieux et qu'un de mes buts est de t'aider.
Et même si son sourire est tout sauf avenant et que ses intentions ne sont peut-être pas les meilleures, je finis par lui raconter. Lui conter ce jour qui a semble-t-il changé ma vie.
-J'en ai beaucoup voulu à mon père de nous abandonner ma mère et moi… Mais je crois que j'en voulais encore plus à ma mère de continuer à l'aimer malgré le mal qu'il nous a fait. Moi, j'en étais incapable en tout cas.
Je m'arrête, le cœur lourd. C'est la première fois que je m'exprime sur cette période de ma vie. Que j'ose dire que j'en ai voulu et que j'en veux peut-être toujours à ma mère. Ce n'est pas facile de m'exprimer là-dessus. Je sens que je peux craquer d'une seconde à l'autre.
-J'avais l'impression qu'on s'éloignait elle et moi, qu'on n'arrivait plus à se comprendre. Je pensais que c'était de ma faute si elle était malheureuse, si mon père était parti. J'ai voulu arranger les choses, essayé de lui faire plaisir mais ce n'était jamais assez. La douleur de l'absence de Roger était trop forte. Je ne savais plus quoi faire. J'avais l'impression de ne pas être assez, de ne pas être suffisant à son bonheur. Je pense que c'est à ce moment-là que j'ai commencé à fumer. Pas à faire n'importe quoi mais presque…
Je fais une nouvelle pause. César ne dit rien, il me laisse le temps de rassembler mes idées, de me confier.
-J'avais douze ans quand je l'ai rencontrée pour la première fois. Makino. J'ai su très vite que j'étais amoureux. Elle était belle, douce, intelligente et puis elle semblait me comprendre.
Je suis soudain nerveux et me mets à me gratter l'intérieur du poignet. Cette fois-ci, pas de bandage pour me gêner…
-Elle venait d'avoir 16 ans et prenait quelques cours de piano avec ma mère. En fait, c'est comme ça que je l'ai connue. Elle était chez moi, en train de jouer la chanson « All of Me » au piano. Je crois que c'est à ce moment précis que je suis tombé pour elle. Un vrai coup de foudre. On se voyait souvent et je voyais qu'elle avait de l'affection pour moi mais elle était en couple et c'était compliqué. Elle ne voulait pas le quitter même si elle disait m'aimer. Il y avait aussi mon jeune âge qui jouait contre moi…
Je me racle la gorge afin de maitriser parfaitement ma voix. La partie la plus terrible de l'histoire reste à raconter.
Flash-back
Allongé sur le lit les bras le long du corps, je savoure. Je savoure ce moment de bonheur où après avoir attendu toute une journée, je peux enfin être avec elle. Je suis heureux. Je me tourne légèrement et observe Makino, belle dans sa simplicité. J'ai encore l'impression de rêver. Jamais dans mes rêves les plus fous je n'aurais pensé qu'elle, une belle jeune femme de 17 ans, accepte de sortir avec un gamin de 13 ans et demi.
On vient de faire l'amour pour la première fois et je me sens bien. Quand j'ai commencé à sortir avec elle, je n'y pensais pas du tout. C'est en entendant des filles à la sortie de son lycée parler de leurs mecs et de ce qu'elles faisaient avec que j'ai commencé à y réfléchir. J'avais l'impression d'être un gamin par rapport à eux.
Le fait que Makino soit encore en couple avec son stupide copain ne m'a pas aidé à avoir confiance en moi. Le problème, c'est que je ne savais pas comment m'y prendre. Zoro venait de m'annoncer qu'il était gay alors c'était pas à lui que j'allais demander des conseils. Ma mère était complètement à exclure. C'est Law qui m'a expliqué. Il n'était pas vraiment enchanté de le faire. Pour lui, j'aurais dû attendre.
Je ne vois pas pourquoi. C'est vrai que je voulais plus le faire pour que Makino me voit comme un homme que par réelle envie mais maintenant qu'on l'a fait et que je peux la tenir tout contre moi, je me dis que c'était une bonne idée. Bien sûr, ce n'était pas la folie mais elle m'a dit que pour une première fois, c'était bien et que même si ça n'avait pas été le cas, ça n'aurait pas été grave. Elle m'aime alors ces choses-là importent peu. C'est vraiment une femme formidable. On est bien ensemble. Je suis heureux avec elle. Makino me rend meilleur et m'aide à oublier tous mes problèmes.
-Ça va ? me demande-t-elle, brisant ainsi le silence.
Je lui souris et elle fait de même. Elle tire un peu plus les draps sur nous et se met ensuite à caresser distraitement mes cheveux. Je la laisse faire et savoure pleinement cette caresse qui finit complètement de me détendre. Je suis un peu fatigué et je sens mes paupières se fermer toutes seules.
J'ouvre avec exagération mes yeux dans le but d'éloigner le sommeil. J'essaie de me concentrer sur la décoration de la chambre de Makino mais quand je tombe sur une photo d'elle avec son copain, je détourne les yeux. On s'est déjà disputé quelques fois à cause de ça mais maintenant, je ne dis plus rien. Je sais que jamais elle ne le quittera. Pourtant, elle dit m'aimer… Je ne la comprends pas. Je ne connais pas vraiment son copain, Teach, à part qu'il est du genre violent et qu'elle vit avec lui. Je n'aime pas trop venir ici à cause de ça mais on n'allait pas faire l'amour chez moi. J'aurais eu trop peur que ma mère nous surprenne.
-Ma mère se demande pourquoi tu as arrêté de prendre des cours, je lance, les yeux fermés.
Je la sens se crisper à mes côtés et ça me réveille complètement.
-Qu'est-ce qu'il y a ?
-…Non, rien, souffle-t-elle. C'est juste qu'à chaque fois que je pense à ta mère, je me sens tellement coupable de faire ce que je fais… Elle m'a beaucoup aidée quand j'étais petite, termine-t-elle.
-Pourquoi tu dis ça ? On ne fait rien de mal !
Je m'énerve soudainement. On dirait que malgré ce qu'on vient de faire, elle me considère encore comme un enfant !
-Tu ne comprends pas, Ace, soupire-t-elle.
-On s'aime comme n'importe quel autre couple ! Moi, je vois pas le problème !
Brusquement, sa main sur moi n'a plus rien d'agréable et je la repousse, agacé. Elle tente de calmer les choses mais je ne l'écoute pas. C'est toujours la même chose.
Soudain, on entend un bruit de clé et la porte d'entrée s'ouvrir. Makino panique et me force à me lever. Comprenant très vite que c'est Teach qui rentre, je m'empresse de ramasser mes affaires. Malheureusement, il est trop tard pour partir. Elle me montre alors un placard et je cours m'y cacher. Elle le ferme à clé et à tout juste le temps de la dissimuler avant que son copain ne rentre.
-Qu'est-ce que t'fais là, t'as pas cours ? demande-t-il de sa voix éraillée.
-Un de mes profs était absent alors ils ont annulé les cours de l'après-midi, répond-elle, la voix légèrement tremblante en resserrant le drap autour d'elle.
Trop pressée de cacher toute trace de ma présence ici, elle n'a pas eu le temps de se rhabiller. Teach tique à sa tenue minimaliste et un sourire carnassier aux lèvres, il s'approche d'elle. Je ne peux pas bien les voir d'où je suis car je suis serré et compressé contre des tonnes de vêtements. Dans le but de trouver une position plus confortable, je m'accroupis légèrement et je cale mon visage de sorte à pouvoir avoir les yeux en face des quelques fentes présentes entre les portes du placard. J'ai peur pour moi mais surtout pour elle.
-T'm'attendais, on dirait ? Mouaaah !
Makino détourne le visage, dégoutée. Il s'avance jusqu'à elle mais il a du mal et tangue un peu.
-Tu as encore bu ? ose-t-elle finalement demander.
Il lui attrape alors férocement le menton et plante ses yeux noirs sur elle.
-Ouais et alors ?
-Rien…
Je sers les poings, à la fois énervé et effrayé pour elle. S'il est dans cet état, ça peut très vite dégénérer. Elle m'a dit qu'il était souvent violent mais qu'elle avait l'habitude de le gérer alors peut-être que ça va aller. Je ne sais pas quoi faire. Je me mords la lèvre inférieure, je me sens impuissant.
-Bon et si on passait aux choses sérieuses ? Petite coquine, tu te faisais du bien en m'attendant ?
Makino ne dit rien mais Teach semble s'en foutre. Il tire sur le drap et celui-ci tombe, dévoilant le corps nu de la femme que j'aime.
-Teach…, proteste-t-elle doucement.
On dirait qu'elle ne veut pas le contrarier et je me demande si elle agit tout le temps comme ça avec lui. Ce n'est pas elle… Elle n'est pas si soumise ! Ils s'embrassent et je détourne le regard, désabusé. Je ne veux pas voir ça. Pourtant, j'entends tout et ça m'écœure. Comment peut-elle se laisser faire ?
-Oh mon Dieu, je vais te baiser si fort !
Malgré moi, je regarde de nouveau. Peut-être avec l'infime espoir qu'elle le repousse, qu'elle dise non. Mais rien de tout ça n'arrive jusqu'à ce que…
-Arrête, non !
-La ferme !
Le poing semble partir tout seul. Il s'abat avec fracas sur son si joli visage. Elle pleure et lui rigole.
Je le hais. Je veux qu'il dégage, qu'il arrête de lui faire du mal.
Furieux, je tente d'ouvrir le placard, en vain. Makino a fermé à clé, c'est vrai.
-Qu'est-ce que… ?
Il arrête de poser ses sales pattes sur elle et, intrigué par le bruit, fixe le placard.
C'est ça, viens !
Je n'ai qu'une envie, c'est qu'il me trouve pour pouvoir lui refaire le portrait ! Je sais que je ne fais pas le poids mais tant pis, tout ce que je veux c'est lui en coller une bonne ! Il s'approche, diminuant progressivement la distance entre nous. Mon cœur bat de plus en plus fort. Je pleure de rage et de dégoût. Il n'est plus qu'à quelques mètres à peine. Il approche encore et encore… Avant de soudainement s'arrêter.
Makino l'a rejoint et se presse contre lui. Elle le contourne alors et se met face à lui. Elle l'embrasse à pleine bouche et je sens mon monde s'écrouler. A moins que ce ne soit le bruit de mon petit cœur qui se brise…
-S'il te plait…
J'entends des sanglots dans sa voix.
-Fais-moi l'amour…
-Je savais que t'en avais envie !
Il rigole avant de la pousser contre le placard, me faisant sursauter. Il la retourne et sans attendre, s'introduit en elle brusquement, la ravageant.
J'ouvre les yeux d'effroi, mes mains tremblent. Son rire résonne dans la chambre ainsi que ses soupirs. Makino crie et moi, je pleure. Je ne sais pas quoi faire… Je suis complètement perdu. Je ne comprends plus rien. C'est ce genre d'homme qu'elle aime ? C'est ça pour elle faire l'amour ? Un coup, elle le repousse et puis elle l'attire ? Elle semble pourtant souffrir. Et moi, je ne fais rien. Pourquoi ?
Pourquoi je ne l'aide pas… ?
Soudain, je croise son regard. Le moment semble durer une éternité puis elle détourne les yeux et prononce les mots qui finissent de m'achever.
-O-oui… Je t'aime. Continue !
xXx
Assis dans ce placard minuscule, j'attends. J'attends qu'on vienne m'ouvrir, que je puisse enfin partir et ne plus jamais revenir.
Après s'être donné en spectacle, Teach a entrainé Makino au lit et ils ont dormi. Ils dorment encore d'ailleurs. Alors je continue d'attendre, encore. Sans vraiment m'en rendre compte, je me suis mis à me gratter les poignets. Je ne sais plus à quel moment ils ont commencé à saigner et ça m'importe peu. Quand il y en avait un qui saignait, j'en changeais, que ce soit de poignet ou d'endroit. Je continue encore. J'ai les yeux fixés sur le couple tendrement enlacé dans leur lit conjugal où j'ai perdu mon pucelage en début d'après-midi.
Je la déteste cette femme… ! Elle s'est foutue de moi, elle a joué avec mes sentiments ! Qu'elle reste avec son cinglé de copain et qu'elle aille se faire foutre !
Soudain, les portes s'ouvrent et je me relève brusquement. Makino est en sous-vêtement et me fait face. Elle s'écarte légèrement et je sors de ce placard. Je jette un regard au corps gras de Teach avant de contempler Makino. Elle n'ose pas me regarder, ne sait même pas quoi dire.
Alors je pars. Je n'ai rien à lui dire non plus. Pourtant, arrivé à l'entrée, elle me rattrape.
-Ace…, tente-t-elle de me retenir.
Je lui crache au visage et blessée, elle me lâche. Je pars sans un regard pour elle.
J'arrive très rapidement chez moi. Ma mère n'est pas encore là alors je me dépêche d'aller prendre une douche. L'eau me brûle. J'ai mal aux endroits que j'ai trop grattés. Mais ce n'est pas grave tant que ça me fait oublier combien mon cœur souffre.
Je prends alors soudainement peur. Et si ma mère en me voyant, en regardant mes mains qui ont touchées son corps, mon âme qui a vibrée au doux contact de ses lèvres sur moi et mon corps qui a pris du plaisir en sentant celui doux et fruité de cette femme, apprenait tout ? Je vomis. Je recrache tout ce que j'ai en moi.
Cette fois, c'est moi-même qui me dégoute. J'ai peur que les gens en me regardant n'arrivent à savoir ce qu'il s'est passé et qu'eux aussi me trouvent dégoutant. Alors pour être sûr que ça n'arrive pas, je me lave encore et encore… Jusqu'à ce que je me calme.
Fin Flash-back
-Je ne l'ai plus jamais revue après ça.
Le docteur César reste silencieux et je me demande bien ce qu'il pense, ce qu'il va m'en dire.
-Tu l'as regardée se faire violer…, pense-t-il à voix haute.
-Quoi !?
Je crie, horrifié par ce qu'il vient de dire.
- Non, elle était…consentante !
Ma voix a plus l'air d'un grognement que quelque chose d'humain.
-Non. Enfin, elle a fait comme si, pour te protéger. Tu ne l'avais pas compris ? C'est vrai que tu étais jeune…
Je ne dis plus rien. Je veux nier. Lui dire qu'il n'y était pas et qu'il n'a pas vu ce que j'ai vu. Mais j'en suis incapable.
-Je comprends maintenant…, soupire-t-il. Assister au viol de la femme qu'on aime et ne rien pouvoir faire et en effet assez traumatisant.
Il continue de parler mais je n'entends pas la suite.
J'ai l'impression que mon monde est en train de s'écrouler.
Je ne sais pas si j'arriverais à rester debout…
« Entre la vie et la mort, il n'y qu'un pas, entre la tristesse et le bonheur, il y a une route infinie. »
Michel Linh
Sabo
Jeudi 12 janvier 2017
-Comme vous le savez, en juin, il y a la coupe inter-lycées, attaque le prof de sport de sa voix grave.
Il parle tellement fort qu'on a l'impression qu'il hurle.
-Il faut que je sache si dans votre classe, certains sont intéressés. Et si oui, pour quelle discipline. Pour les intéressés, venez me voir dans mon bureau à la fin du cours, je noterai vos noms et vous donnerai le formulaire d'inscription à remettre à vos parents. Bien ! Si vous avez compris, allez-vous échauffer.
On se lève tous et on commence à courir autour du terrain. Certaines personnes marchent dès que le prof a le dos tourné alors que d'autres se donnent à fond. Quel courage si tôt le matin…
Ace court devant moi, concentré. En arrivant ce matin, il avait le visage fermé et n'a pas décroché un seul mot à quiconque. J'ai un mauvais pressentiment. J'ai envie de lui demander si ça va mais je pense que ce serait une mauvaise idée. Pourtant, je m'inquiète pour lui…
Je me fais peut-être des idées. Je veux dire, Ace n'a jamais été très expansif non plus. Ce n'est sans doute pas si grave que ça. Je soupire et l'observe plus sérieusement mais comme il est de dos, je tombe inévitablement sur son joli petit cul parfaitement moulé dans son sarouel noir. J'écarquille les yeux quand je me rends compte de ce que je viens de penser. Je rougis aussitôt et puis me dis que personne ne m'a entendu alors… Je suis quand même vachement embarrassé. Pourtant, ça n'empêche pas mon regard de s'attarder de nouveau sur… ses fesses.
Je relève les yeux et accélère. Je le dépasse. Comme ça, pas de risque de dérapage. Je garde cette allure pendant quelques minutes puis Ace me rattrape. On court côte à côte pendant quelques secondes avant que je ne le sente me percuter.
Je m'emmêle alors les pieds et chute lourdement. Je m'égratigne juste un peu les mains, rien de grave. Heureusement qu'on ne court pas dehors. Je relève les yeux et suis surpris de le voir continuer à courir comme si de rien n'était. Je me trompe peut-être mais j'ai l'impression qu'il l'a fait exprès…
-Ça va ? me demande Margaret.
-Euh… Oui.
Je me relève et recommence aussitôt à courir. C'était vraiment bizarre.
xXx
-Sabo ! m'appelle soudainement le coach Ruyma.
-Oui ! je lui réponds, légèrement essoufflé.
-On m'a dit que tu t'étais inscrit pour participer à la coupe inter-lycées en juin.
-C'est exact mais en réalité, je ne suis pas encore inscrit. J'ai juste donné mon nom.
Je ne sais pas pourquoi mais il me semble qu'il n'a pas l'air enchanté par l'idée. C'est ce que son ton cassant me laisse supposer en tout cas.
-Tu sais que si tes performances diminuent, je serais obligé de nommer un autre capitaine, me menace-t-il.
-Quoi ?
-Je veux quelqu'un qui soit toujours au top. Peux-tu m'assurer que ce sera toujours le cas même avec ce concours à côté ? Il y a la Winter-Cup dans quelques mois à peine, me rappelle-t-il.
-Je sais.
-Je ne veux pas que tu te disperses, Sabo.
-Ce n'est pas le cas ! Ma participation à la coupe inter-lycées ne changera rien à mes performances au basket. Vous savez bien que je suis toujours à 200% dans tout ce que je fais. Le basket, encore plus !
-J'espère bien. Tu peux disposer.
-Merci.
Je m'éloigne de lui et retourne m'entrainer. Je suis en colère que le coach se mette à douter de moi, de mon engagement dans ce sport.
Le reste de l'entrainement semble durer des heures et je n'ai qu'une envie, c'est de rentrer chez moi. Cette discussion m'a énervé, sans parler de la journée en elle-même. Plus que pourrie.
Autant dire que lorsque deux heures plus tard je me retrouve enfin dehors, je suis plus que content. La plupart des élèves sont déjà rentrés. Seuls ceux qui avaient entrainement de sport sont encore là. Je marche rapidement jusqu'à l'entrée et attend mon chauffeur. Je pense de plus en plus à mon lit. Ce sera bientôt plus qu'un simple rêve.
Je soupire et observe la route, impatient. J'aperçois alors l'ancien Tenruybito qui était chez mon père, Don Quichotte Doflamingo. Qu'est-ce qu'il fait là ?
Il est dans sa voiture, la vitre légèrement baissée et observe les élèves du lycée sortir. Son comportement m'intrigue. C'est la première fois que je le vois ici. Ses yeux sont cachés derrière des lunettes et son visage n'a rien d'avenant. On dirait presque qu'il est en colère. Il n'a pas l'air d'attendre quelqu'un, il observe juste. Il croise alors mon regard et sans que je ne comprenne pourquoi, il remonte sa vitre et s'en va.
Bizarre…
Vendredi 13 janvier 2017
-Et ça, tu connais ? me crie Luffy en me montrant un autre manga.
-One Punch Man… Non. Tu sais, je ne suis qu'un novice dans ce domaine…
-Ouais ! Pour une fois, je suis plus fort que toi !
-Si ça peut te faire plaisir.
Je souris, légèrement amusé par le bonheur de Luffy.
-Eh bien, quel enthousiasme !
-C'est parce que je suis trop content que t'aimes les mangas !
Il rigole et je fais de même.
-Ace lui, c'est pas trop son truc. Ca l'énerve et il comprend jamais comment on lit. Il dit que les personnages sont trop bêtes et que c'est pas crédible. Il dit n'importe quoi, il ne sait même pas de quoi il parle !
-Bah il a quand même un peu raison… Je veux dire, dans la vraie vie, personne ne va se transformer en tueur psychopathe parce qu'il aura reçu un message du '' roi '', je réponds en faisant référence au manga King's Game.
-Bah ça dépend des gens !
Je me contente de hausser les épaules.
-J'ai L'attaque des titans aussi si tu veux ! Après, l'anime est vachement mieux !
-Ah bon ? Bah je vais regarder l'anime alors. Je peux regarder ce que tu as ?
-Ouais, vas-y !
Je me lève et m'approche de l'immense bibliothèque de Luffy. Trop de choses… Je ne sais pas quoi choisir. Je me souviens avoir été intéressé par Kuroko's basket la première fois que je suis venu ici. Est-ce que je le prends ?
Mon regard est alors attiré par un manga juste à côté qui ne semblait pas être là avant. Seven Days. Il y a deux tomes seulement.
-Tu le veux ? me demande alors Luffy.
-Hein ? Euh, je ne sais pas… C'est bien ?
-J'sais pas. J'aimais bien le titre mais en fait, y a même pas d'action ni de baston. Pas de sport, non plus. Y a que de l'amour, c'est nul, soupire-t-il.
De l'amour ? Je suis assez intrigué, surtout quand je regarde la couverture.
-Je te le donne si tu veux.
-Ah, eh bien, merci, je réponds, un peu surpris.
Luffy sourit, content, et s'empresse de me conseiller d'autres histoires pour que j'ai quelque chose de bien à lire.
xXx
-Alors, t'as récupéré mon portable !? m'agresse aussitôt Stelly alors que je viens à peine de rentrer.
Je ne lui réponds pas, un peu agacé par son accueil, et monte directement dans ma chambre. Malheureusement, Stelly me suit.
-Sabo. Sabo ! crie-t-il plus fort.
-Quoi !?
-Tu as récupéré mon portable ?
-Non.
-Mais qu'est-ce que tu attends !? Tu avais dit que tu le ferais !
-Je sais ce que j'ai dit, Stelly.
Je souffle, fatigué, avant d'enfin ouvrir la porte de ma chambre.
-Pourquoi tu le f-
-Parce que ! Sors de ma chambre, Stelly !
Mon petit frère semble enfin remarquer que je ne suis pas d'humeur à subir sa petite crise et me laisse seul. Enfin ! Je me laisse alors tomber sur mon lit et soupire. J'ai l'impression que tout va de travers. Et particulièrement quand ça concerne Ace.
Me voilà coincé avec cette histoire de portable. Je n'aurais vraiment pas dû accepter de rendre service à Stelly. Je me sens comme pris au piège maintenant…
Samedi 14 janvier 2017
-Ça va ? Tu as l'air bizarre…
-Hum… Non, c'est bon.
Encore un mensonge. Malgré le merveilleux massage que Koala me prodigue, je n'arrive pas à me détendre. Je suis stressé, tendu, tourmenté.
J'ai lu le manga Seven Days et le moins que je puisse dire, c'est qu'il m'a chamboulé. Après avoir lu ce manga, je comprends mieux pourquoi Luffy n'a pas aimé. Ce n'est absolu pas son genre. Quant à moi… Il m'a tout simplement bouleversé. Une histoire d'amour entre deux hommes, je n'en avais jamais lue avant ni même imaginée. C'était beau et touchant. J'avais beau savoir que ça restait juste un manga, de la fiction et rien de réel, j'étais envieux. Moi aussi j'aimerais vivre ce genre de chose. Je voudrais un happy end.
Mais ce n'est pas le cas et alors que les mains de Koala touchent ma peau nue, je ne peux que me sentir dégouté. Par moi. Par ce que je fais et aussi parce que je sais que je dois mettre fin à tout ça. Je m'étais toujours dit qu'en restant avec elle, je la rendrais heureuse parce qu'elle m'aimait et qu'elle ne méritait pas que je la fasse souffrir en l'abandonnant. Oui, c'est ce que je m'étais dit… Mais finalement, en restant avec elle alors que je ne l'aime pas comme elle le mériterait, est-ce que je ne l'empêche pas de rencontrer la véritable personne qui lui est destinée ? Et moi, je n'arrête pas de dire que je vais mettre fin à ce que mes parents me font endurer et partir. Là, je pourrais reprendre ma liberté et peut-être même rencontrer un… garçon ?
Quelqu'un que j'aimerais de tout mon cœur et qui arriverait enfin à me faire croire en l'amour. Le '' ils vécurent heureux…'' serait alors possible.
-Tu es sûr ?
Elle se penche et dépose un tendre baiser sur ma nuque. Son corps est proche du mien et sa poitrine et à moitié pressée contre mon dos mais ça ne me fait rien.
-Koala… Il faut que je te dise quelque chose.
J'ai la gorge sèche, les mots ont du mal à sortir. Je ne suis pas sûr de moi, de ma voix et de mon choix. Koala, sentant ma tension, s'assoit à côté de moi. Elle me caresse doucement les cheveux, inquiète. Je me mets alors sur le côté pour lui faire face. Ses yeux anxieux me fixent. Je ne sais pas si j'y arriverais.
-Qu'est-ce qu'il se passe ?
Je ne réponds rien. Je me sens incapable de dire quoi que ce soit.
-Tu me fais peur, tu sais…
J'ai les yeux embués de larmes et honteux, je baisse la tête.
-Sabo… Tu sais que tu peux tout me dire, n'est-ce pas ?
Non, justement. Il y a des choses que je ne peux pas lui dire. Par lâcheté, par principe ou par amour ? Je ne sais pas. Peut-être que je ne suis pas prêt, tout simplement.
-Rien, c'est juste qu'en ce moment, ça va pas fort chez moi…
-Ça va aller.
Elle me prend dans ses bras et je profite de son étreinte. Je ne veux pas la perdre et j'ai peur quand la lâchant, elle me déteste. De lui avoir menti, de m'être servi d'elle ou alors de ne pas avoir été à la hauteur. Je tiens tellement à elle que je ne pense pas pouvoir le supporter si ça devait arriver. Et puis, Sanji et Nami, que penseraient-ils de moi ?
J'ai l'impression qu'au final, j'ai plus à perdre qu'à y gagner dans cette histoire…
-Parle-moi quand ça ne va pas. Moi aussi, je peux t'aider si besoin.
-Merci.
Elle m'embrasse. Je n'arrive pas à répondre à son baiser mais elle ne dit rien.
-Je me disais bien que tu étais bizarre en ce moment.
Je souris, je ne veux pas l'affoler non plus.
-Ah, en parlant de bizarre… Tu sais, le mec de ta classe, Ace, je crois ?
Je fronce les sourcils, surpris qu'elle me parle de lui.
-Un moment quand j'étais à la cafet', il a essayé de me parler. Il m'a fait un peu peur à vrai dire...
-Quoi ? Il t'a dit quoi !?
Koala est un peu surprise par mon ton mais me répond tout de même calmement.
-Bah rien. Je n'ai pas trop compris d'ailleurs.
Elle semble songeuse. Quant à moi, je suis énervé. Je suis sûr qu'il a voulu tout lui raconter. Merde !
xXx
Il est tard mais je suis loin d'être fatigué. Je ne veux pas dormir alors assis sur mon lit et emmitouflé dans ma grosse couverture, je traine un peu sur Piece, l'application du lycée. A cette heure tardive, il y a peu de monde connecté. J'aurais pourtant apprécié de parler avec Anonyme. Une autre fois malheureusement.
Il n'y a pas beaucoup de nouveautés au lycée. Des remarques insignifiantes sont postées sur la page d'accueil. Je soupire, las de tout ça. Je ferais peut-être mieux d'aller dormir.
-Hein… ?
Mon regard est soudain attiré par plusieurs photos affichées sur le mur d'accueil. J'ouvre grand les yeux de stupeur en reconnaissant Ace et Marco. Proches. Trop proches.
-Mais c'est quoi ça… ?
Ils sont enlacés et leur posture laisse peu de place au doute quant à ce qu'ils font ou ne font pas. Je ne suis pas du genre à sauter aux conclusions trop vite mais là, j'ai du mal à y voir autre chose qu'une relation… intime. Sur une photo, ils ont même l'air de s'embrasser !
Calme-toi.
Je me force à inspirer et à expirer quand je remarque que j'ai du mal à respirer. Regarder ces photos me fait mal.
Il est sérieux ? Avec un prof, en plus ! Je descends encore le curseur et tombe sur une autre photo où ils se regardent… tendrement ? Marco le tient contre lui et caresse sa joue presque amoureusement.
Furieux et blessé, je laisse tomber mon portable sur mon lit et me prends la tête entre les mains.
Ça fait mal…
Dans le prochain chapitre :
-Eh bien !
Il me regarde avec un grand sourire aux lèvres.
-Tu m'as l'air de faire une bonne grosse dépression ! me dit-il alors comme si de rien n'était.
-Je ne suis pas dépressif.
-Oh, mais si, puisque je te le dis ! C'est le viol de Makino qui te met dans cet état ? Ou alors c'est le fait de ne rien avoir fait alors qu'elle souffrait le ma-
-Arrêtez ! je crie en serrant les poings. Ce n'est pas ma faute… Je savais pas ! je souffle, la voix tremblante.
-Hum. C'est la culpabilité alors…
Il écrit encore, se foutant complètement de moi. Il m'énerve.
-Tout ça ne fait pas un très bon cocktail. Tu ne vas pas te suicider, au moins ? lance-t-il, l'air de rien.
Seul le silence lui répond. Je repense à cette arme que j'ai prise à Luffy dans le bureau de Roger. Elle est bien au chaud dans mon sac au cas où… Au cas où la douleur serait trop forte.
-Ace ? insiste le Dr. César.
J'avais tellement hâte de poster ce chapitre qui est assez centré sur Ace. On apprend grâce à César que Ace souffre de Trouble obsessionnel compulsif et que tout ça est dû ou plutôt à commencer après ce qui lui est arrivé plus jeune.
Pour Sabo c'est un peu plus calme, il ne se voile plus la face en plus et admet être attiré par les garçons.
Le prochain chapitre est un point de vue exclusif de Ace, on retrouve Sabo dans le chapitre 12.
Rendez-vous mercredi 22 Mars 2017 pour la suite. ;)
