Chapitre 9 : Le feu mouillé crépite La neige danse La lumière observe
Depuis que le mois de Décembre était arrivé, Haria agissait de façon encore plus nerveuse et brusque qu'à l'ordinaire. L'euphorie qui gagnait les élèves à l'approche des vacances de Noël lui donnait une migraine permanente et la rendait grincheuse. Elle supportait de moins en moins les émotions de joie que les élèves lui transmettaient inconsciemment.
Elle faisait une overdose de sentiments heureux qui ne lui appartenaient pas. Ses propres émotions étaient étouffées sous l'intensité de celles des autres, la faisant se sentir étrangère en son propre esprit. Elle suffoquait durant la journée et cherchait à s'échapper e plus possible dans la Forêt Interdite, n'allant en cours que contrainte par la promesse qu'elle avait faite à Dumbledore de se comporter comme une élève normale. Elle ne mangeait plus dans la Grande Salle, préférant chasser dans la forêt ou manger les repas que Dumbledore avait demandés aux elfes de maison de préparer et de déposer au pied d'un arbre à l'orée de la forêt.
Elle se forçait à les manger tout comme elle se forçait à dormir dans le dortoir pour ne pas laisser ses réflexes inhumains l'emporter. Mais elle ne pouvait s'empêcher de penser que tout serait plus simple si elle se laissait aller, si elle abandonnait la lutte contre ses instincts. Seule la retenait la vue de deux têtes rousses similaires.
Fred et Georges avaient compris son besoin de s'éloigner du château et surtout de ses habitants. Ils l'accompagnaient parfois jusqu'à la Forêt Interdite pour pique-niquer, raconter des blagues ou simplement être avec elle. Ils veillaient à ne pas l'étouffer mais à toujours se montrer disponible et à canaliser leurs émotions.
Les jumeaux avaient été bien contents d'apprendre que leurs parents partaient voir Charlie en Roumanie et donc qu'eux deux, Ron et Percy passeraient Noël à Poudlard. Ils n'osaient imaginer ce qui se serait passé s'ils avaient laissé Haria seule pour les vacances. Elle était tellement sauvage et résolue à ne pas se laisser approcher, qu'à leur retour de vacances, elle aurait pu agir comme lors de leur première année.
A cette époque, ils avaient eu tant de mal à l'approcher sans qu'elle s'enfuie, qu'ils n'avaient aucune envie de recommencer. La relation qu'ils avaient établie avec elle était bien trop récente et fragile pour supporter un éloignement. Ils n'étaient même pas sûrs qu'Haria soient convaincus d'être leur amie elle manquait d'assurance envers les autres, persuadée qu'elle était de se faire rejetée à cause de sa nature. D'après le peu d'information qu'ils avaient réussie à lui soutirer sur sa vie d'avant, elle n'avait côtoyé presque personne depuis la mort de sa mère à part sa « nounou ».
Ils se posaient pas mal de questions d'ailleurs à propos de cette « nounou » : Pourquoi le terme semblait-il si inapproprié lorsqu'elle en parlait ? Cette personne était-elle humaine ? Et si non, à quelle espèce appartenait-elle ? Pourquoi s'était-elle occupée d'Haria jusqu'à son entrée à Poudlard et avait ensuite laissé la charge légale au professeur Dumbledore ?
Il y avait bien d'autres questions qu'ils auraient voulu lui poser, notamment sur sa famille et sa vie avant la mort de sa mère dont elle ne parlait jamais, mais ils sentaient qu'elle considérerait leurs questions comme une agression et que cela romprait le peu de confiance qu'elle leur avait accordée.
Aussi se contentaient-ils des informations qu'elle voulait bien leur confier et d'être présents à ses côtés pour lui montrer l'amitié qu'ils lui témoignaient. Ils souhaitaient qu'elle prenne conscience qu'elle n'était pas seule, qu'elle pouvait se reposer un peu sur eux et, qu'un jour, elle en vienne à leur parler d'elle spontanément. Ils savaient que ce serait long et difficile pour en arriver là, que peut-être cela n'aurait jamais lieu toutefois ils étaient obstinés et à deux ils auraient sas doute raison des barrières qu'elle plaçait entre eux.
Enfin pour le moment, ils ne réfléchissaient pas du tout à cela et contemplaient 'étendue de neige qui recouvrait Poudlard. Les yeux brillants et le sourire malicieux, ils trépignaient sur leur chaise, ayant hâte de sortir du cours de Flitwick. La sonnerie n'avait pas finie de retentir qu'ils étaient déjà dehors et préparaient des boules de neige.
Quand les autres élèves sortirent, ils furent accueillis par une volée de boules de neige propulsés par un bon « Wingardium Leviosa ». Lorsque les jumeaux furent à court de munitions, ils contemplèrent le résultat. Les élèves étaient figés sur le seuil du château tellement recouverts de blanc qu'on ne distinguait plus les couleurs des Maisons. Au milieu d'eux se trouvaient une tête aux cheveux rouges qui paraissait fortement en colère.
Haria fut la première à se ressaisir et à amasser de la neige pour riposter, la boule énorme et compacte fila sur Georges et le suivit lorsqu'il voulut s'écarter. Fred se tourna vers son frère, étonné par cette trajectoire étrange, et se prit la suivante dans le dos. L'impact fut si fort qu'il tomba la tête la première dans la neige. Il se releva en toussant pour voir le sourire moqueur d'Haria et entendre son jumeau crier « Bataille ! ».
En quelques minutes, tous les élèves de Poudlard se retrouvèrent dans le parc à s'envoyer des boules de neige. Il n'y avait pas vraiment de camp, les alliés d'un moment vous bombardant l'instant suivant. Les jumeaux se reposaient un peu à l'écart et en profitaient pour amasser des provisions de neige tout en regardant avec satisfaction la gigantesque mêlée qu'ils avaient causée.
Avisant Haria qui faisaient flotter un énorme tas de neige dans leur direction, ils jetèrent des sorts pour enter d'en prendre le contrôle et le lui renvoyer. Haria raffermit sa volonté, refusant de perdre contre eux, et le monticule se mit à vaciller et à zigzaguer au-dessus des élèves d'abord lentement puis de plus en plus vite, il échappa à leur contrôle et se dirigea vers 'entrée du château qu'il atteignit au moment où le professeur Mc Gonagall voulut sortir.
Tous se figèrent pour fixer le tas de neige sous lequel était étendue la directrice adjointe. Mme Chourave se précipita pour l'aider à se relever, suivie par l'ensemble du corps professoral. Mc Gonagall émergea du tas de neige le chapeau de travers et les yeux lançant des éclairs :
« -Qui a fait cela ? » S'exclama-t-elle et tous les doigts se pointèrent vers Haria et les jumeaux qui blêmirent.
« -Une semaine de retenue à nettoyer le hall d'entrée tous les soirs sous la surveillance de Rusard et 30 points en moins pour Gryffondor. »
Harry avait été surpris, lorsqu'il était sorti de cours, de voir que l'école entière s'était lancée dans une gigantesque bataille de boules de neige. Hermione s'était prudemment reculée dans le hall, ne voulant pas recevoir un missile perdu et leur annonça qu'elle se rendait à la bibliothèque pour travailler. Ron marmonna quelque chose qui pouvait passer pour un acquiescement et descendit l'escalier menant au parc en récupérant, au passage, de la neige sur la rampe.
Et Harry se retrouva seul dans le hall d'entrée, à mi-chemin de ses deux amis. Il ne savait que faire : d'un côté rejoindre Hermione à la bibliothèque voulait dire se plonger dans du travail scolaire sans possibilité de discuter et de l'autre se joindre à Ron signifiait participer à la mêlée or cette idée le mettait particulièrement mal à l'aise.
Dudley et ses amis aimaient jouer dans la neige dès qu'il y en avait, ils le prenaient pour cible et lui couraient après pour l'enfouir sous un paquet de neige. Harry en ressortait toujours complètement trempé et regagnait la maison en grelottant. Là, il se faisait accueillir par la tante Pétunia qui lui ordonnait de rester dans le hall le temps qu'elle aille chercher une serviette, serviette qu'elle lui lançait de loin avec l'injonction de retirer toutes ses affaires et de se sécher rapidement. Il connaissait presque par cœur les récriminations qu'elle lui jetait à la figure :
« -N'as-tu rien d'autre à faire que de t'amuser dans la neige alors que j'ai tant besoin d'aide dans cette maison ? Non, bien sûr, tu agis comme un ingrat et préfère salir les sols que je m'escrime à tenir propres ! »
Ça le démangeait à chaque fois de faire remarquer que c'était lui et non elle qui faisait le ménage cependant il se retenait, sachant d'avance que cette réflexion lui attirerait davantage de corvée. Parfois, elle le menaçait du pire si jamais il osait tomber malade la perspective de devoir lui payer des médicaments lui faisant grincer les dents. Heureusement, il n'avait jamais attrapé froid.
Bref, se secoua-t-il pour s'extraire de ces souvenirs déplaisants, je n'ai aucune envie de participer à cette bataille de boules de neige. Il rentra dans le château et s'aventura dans un des couloirs qui bordaient le parc. Les bruits de la mêlée lui parvenaient étouffés, la poussière dansait dans l'air illuminée par la pâle lumière hivernale et il savourait cet instant de tranquille solitude.
Un chant lui parvint et il s'arrêta. La voix était douce et exprimait la nostalgie. Il ne comprenait pas la chanson mais l'accent étranger le fascinait il ferma les yeux pour savourer les sonorités. Il se sentit glisser peu à peu dans un état de transe, son souffle se ralentissant pour ne pas gêner l'écoute. Il ressentit avec netteté la présence de la personne qui chantait et un besoin impérieux de la rejoindre.
Ses jambes se dirigèrent vers la pièce d'où provenait la voix. Plus il approchait, plus il percevait l'aura de cette personne et plus se magie s'étendait dans sa direction, impatiente de la côtoyer. Il le va la main pour ouvrir la porte et…
Le cri de Mc Gonagall le fit sursauter. Se retournant vers les fenêtres du couloir, il vit que la bataille s'était arrêtée et que les élèves s'éloignaient de l'entrée du château en essayant de ne pas s'attirer les foudres de la sévère professeure. Il cligna plusieurs fois des paupières, essayant de comprendre l'impulsion qui l'avait mené à cette porte.
Si je vois la personne qui chantait, peut-être que je saurais pourquoi j'ai agi de cette façon, se dit-il en abaissant la poignée. Mais à sa grande déception, la pièce était vide, la porte du fond béait encore. Il s'avança quand même entre les tables et vit un pétale de fleur rosé. Lorsqu'il s'en saisit, celui-ci se désagrégea en libérant une douce fragrance. Un pétale de cerisier ? Comment pourrais-je retrouver cette personne avec un indice si fin ?
En soupirant, il quitta la salle et regagna la tour des Gryffondors. Son esprit enfouit le souvenir de ce moment au plus profond sa mémoire d'où il ne devait ressurgir que bien des années pus tard.
Dans la salle des Gryffondors, l'heure était à la joie et aux rires. La pièce bourdonnait des récits que chacun faisait sur ses exploits dans la bataille des boules de neige. Les jumeaux installés près du feu recevaient le plus d'admiration pour avoir déclenché la bataille et osé ensevelir le professeur Mc Gonagall sous la neige.
Lorsque le sujet fut abordé, les jumeaux eurent l'air ravi bien qu'un peu gêné.
« -Oui, en fait…
-C'était un accident,…
-on voulait reprendre le contrôle du projectile d'Haria…
-mais comme elle ne s'est pas laissé faire…
-la neige a pris une trajectoire aléatoire…
-et c'est tombé sur Mc Gonagall par hasard. »
Bon nombre de leurs admirateurs eurent l'air déçu toutefois ce qui surpris Harry fut les mines tendues et un peu craintives de certains 3ème année et d'élèves plus âgés à la mention d'Haria. Il avait déjà remarqué que la jeune fille évitait de se mêler aux autres, excepté les jumeaux, et que la plupart des élèves ne lui prêtaient pas attention. Il se souvint que les élèves de 6ème et 7ème années avaient changé d'attitude il y a quelques semaines et désormais la regardaient avec peur, en veillant à ne pas se trouver sur son chemin.
« -Et elle est où maintenant ? » Demanda un 2ème année curieux.
Les jumeaux parurent soudain sur la défensive :
« -Pourquoi tu veux le savoir ? »
Le 2ème année hésita face à cette réaction protectrice :
« -Heu… ben… je voulais juste la féliciter pour avoir atteins Mc Gonagall… »
Les jumeaux se raidirent encore plus et, le visage fermé, déclarèrent :
« -Laisse-la tranquille !
-Elle n'aime pas qu'on l'approche. » Tempéra Fred qui ne voulait pas effrayer le jeune élève mais dont le ton restait ferme.
C'est vrai qu'elle évite toute société et ne se mêle que rarement aux autres, réfléchit Harry. En fait, les seules personnes à qui il l'avait vu adresser la parole, à part Fred et Georges, était soit Lee Jordan qui était le meilleur ami des jumeaux, soit les membres de l'équipe de Quidditch puisqu'elle participait à l'entraînement des jumeaux.
Il avait d'ailleurs l'impression que c'était ces derniers qui l'avait poussée à côtoyer quelques personnes vu le visage renfrogné qu'elle arborait dans ces instants. Les jumeaux paraissaient toujours prêts à intervenir et restaient entre elle et les autres comme pour protéger… protéger qui ? Haria ou les autres ? Se demanda Harry. Après un instant de réflexion, il se dit que c'étaient sûrement les deux qu'ils voulaient protéger.
Il fut intrigué en s'apercevant qu'il avait remarqué tant de choses à propos d' Haria. Pourquoi donc est-ce que j'ai le besoin de garder un œil sur elle ? Et depuis quand ?
Depuis qu'on a été présentés. Fusa la réponse et il se remémora ce jour-là.
Flash Back
C'était la première fois qu'Harry allait être présenté à toute l'équipe et s'entraîner avec eux. Il avait passé la nuit à imaginer le scénario, les questions qu'on lui poserait et les réponses qu'il y apporterait. Il savait, bien sûr, que la rencontre ne se déroulerait pas telle qu'il l'imaginait mais cella représentait un moyen d'envisager le futur sans stresser.
Il se leva avant que le réveil ne sonne, paniqué à l'idée d'être en retard et irrité par les ronflements de ses camarades de dortoir. Il s'était fixé une liste précise de tâches à accomplir qu'il avait répétée en boucle durant une partie de la nuit pour être sûr de ne pas en oublier une seule : Faire le lit – Prendre sa douche – Essayer de se peigner – Sortir sur la pointe des pieds – Petit-déjeuner – Attendre sur le terrain de Quidditch.
Accomplir une par une les tâches fixées lui procurait une sensation de soulagement à l'idée d'avancer en terrain connu et la peur panique de ne plus rien maîtriser après. Il essayait d'y penser le moins possible et de concentrer toute son attention sur le présent. Il avait conscience que c'était une attitude un peu lâche cependant il estimait que ça valait mieux que de risquer une réaction nerveuse et puis de cette façon, le nœud de son estomac s'atténuait légèrement.
Le rendez-vous avait été fixé, par Olivier Dubois, à 7h du matin. Celui-ci avait estimé qu'un samedi à cette heure-là, personne d'autre qu'eux ne serait levé et qu'ainsi il pourrait s'entraîner en gardant secrète la position d'Harry dans l'équipe. Lorsqu'il avait expliqué cela à Harry, Olivier fulminait encore contre les autres joueurs qui avaient fortement râlé à l'idée de perdre leur grasse matinée du samedi. Du coup, Harry n'avait pas osé protester aussi. De toutes façons, comme je suis le petit nouveau, je ne peux pas m'élever à l'encontre des ordres du capitaine.
Il arriva sur le terrain et regarda sa montre : 6h23. Aïe, il va falloir que je patiente une bonne demi-heure. Enfin, il vaut mieux arriver à l'avance qu'en retard. Il marcha autour du terrain pour ne pas s'engourdir et observa le petit nuage de vapeur qu'il produisait en respirant. Il tenta de moduler son souffle pour créer un gros nuage de brume qui durerait plus de quelques secondes. Inconsciemment, il avait fermé les yeux et se concentrait sur sa magie. Il la sentait répondre à son appel et pulser de plus en plus fort pour se calquer sur sa respiration.
Un juron lui fit rouvrir les yeux et perdre le contact avec sa magie. Il ne voyait que des formes floues et se demanda un instant s'il n'avait pas perdu ses lunettes. Le poids de la monture sur son nez le rassura aussitôt. Qu'est-ce que… Du brouillard ?
« -Nom de nom… Comment va-t-on pouvoir s'entraîner dans cette purée de pois ? »
-Ne sois pas défaitiste Georges, je reconnais que ça être un peu difficile mais après tout un match de Quidditch n'est jamais annulé pour cause de mauvais temps. Cela constituera une mise en situation…
-D'abord, moi c'est Fred, et ensuite tu es timbré Olivier si tu crois qu'on peut jouer dans ces conditions, je ne distingue pratiquement pas ma main alors je te parle même pas d'un cognard.
-Je suis d'accord avec Fred, c'est inutile de penser à s'entraîner par ce temps. Tout ce que ça pourrait nous rapporter c'est de tomber malade. » Appuya une voix de fille. Sûrement l'une des Poursuiveuses, se dit Harry.
Il était un peu interloqué que le brouillard se soit levé si vite, surtout que la météo n'avait annoncé que du beau temps pour le week-end. Ca ne peut pas être moi… ? Il n'avait jamais entendu parler de sorciers capables d'influencer le temps et puis il n'avait énoncé aucune formule or il fallait bien dire un sort pour que la magie agisse, non ?
Sans qu'il ne puisse l'en empêcher, l'angoisse le gagna à l'idée d'être anormal aussi pour les sorciers. Il avait déjà constaté chez les moldus que déroger à la règle entraînait une mise à l'écart des autres et dire qu'il ne savait pas ce qui s'était produit aggravait encore la situation. Non, je ne veux pas subir ça encore… j'ai enfin trouvé un endroit où je peux être normal… s'il vous plait… peu importe qui mais faîtes que ce brouillard cesse !
Une bourrasque de vent se leva et en quelques minutes éclaircit l'horizon. Harry se retrouva face aux membres de l'équipe qui paraissaient tous aussi surpris que lui il les regarda chacun rapidement et aucun n'avait l'air de le soupçonner d'être responsable de ces deux phénomènes météorologiques. Ils étaient étonnés, évidemment, mais se réjouissaient de ne pas s'être levés pour rien. Bien que… les jumeaux semblaient râler d'après ce qu'Harry entendait, ils auraient voulu se recoucher.
Comme il s'était tourné vers eux pour entendre leurs protestations, il remarqua une fille aux cheveux rouges vifs habillée de vêtements moldus. Elle se tenait derrière les jumeaux et semblait vouloir faire oublier sa présence. Il croisa son regard et une certitude s'imposa à lui : elle sait que c'est moi quiait causé ça !
« -Harry ! » L'interpella Olivier. « Viens donc que je te présente l'équipe. »
il détourna le regard de la fille qui l'avait percé à jour et se rendit aux côtés d'Olivier. Ce dernier rassembla ses troupes et annonça fièrement :
« -Je vous présente Harry Potter, notre nouvel attrapeur grâce auquel nous allons écraser les Serpentards. »
Puis, il nomma chaque membre et expliqua leur fonction au sein de l'équipe à un Harry qui n'écoutait que d'une oreille. En fait, il ne pouvait que penser à cette fille et à ce qu'il pourrait bien dire pour se défendre si elle dévoilait sa responsabilité pour le brouillard et le vent.
Etrangement, alors qu'il l'observait de sa vision périphérique, il vit des ombres autour d'elle. Il en fut intrigué et aurait voulu la regarder plus franchement toutefois il ne voulais pas attirer l'attention sur elle. Tant que les autres écoutaient Olivier, il y avait moins de risques qu'elle parle.
« -… et Haria Kagénié qui est en 3ème année et entraîne les jumeaux. »
Harry se tourna complètement vers elle et vit distinctement les ombres, celles-ci semblaient faire parie de la jeune fille et, en même temps, vouloir s'échapper de son corps. Elles veulent du sang… et de la chair à déchiqueter. Il se rendit compte qu'il se tenait prêt à courir et que ses doigts serraient fermement sa baguette. Elle est dangereuse, lui souffla son instinct.
Haria le fixait d'un regard noir insondable et n'avait pas esquissé un mouvement, ni dit un mot. Lorsqu'il s'avança pour la saluer, elle bondit en arrière et il perçut un sourd grondement : N'approche pas !
Il se figea, interloqué qu'elle se méfie de lui, et sentit que les autres étaient aussi surpris que lui par cette attitude. Elle recula à pas lents tout en le surveillant puis, parvenu à une distance où elle s'estimait en sécurité, elle fit demi-tour et regagna le château. Ils en restèrent bouche bée quelques minutes.
Ce fut finalement Harry qui prit la parole :
« -Elle ne m'apprécie pas ?
-Elle n'a jamais réagi aussi violemment avec qui que ce soit.
-On lui demandera ce qu'elle avait. » Lui promirent les jumeaux.
Fin du Flash-Back
Mais Haria avait refusé de s'expliquer et n'avait plus assisté aux entrainements dés lors qu'Harry était présent. Il ne l'avait plus vu que dans la Grande Salle et la Salle Commune où elle était bien obligée d'aller. C'était depuis ce jour-là qu'il veillait à la garder dans son champ de vision lorsqu'ils étaient dans la même pièce. Il ressentait toujours qu'elle était dangereuse quand bien même il ne l'avait jamais vu air de façon menaçante.
Bon, c'est pas la peine de se triturer les méninges pour ça, se dit-il en allant se coucher.
Yuki se glissa parmi les ombres de la Salle Commune des Serpentards, il ne faisait aucun bruit en se déplaçant et seul le son du tableau s'ouvrant et se refermant aurait pu trahir sa sortie. Mais il était déjà loin dans les couloirs des cachots quand le professeur Rogue modifia sa ronde pour s'enquérir de ce bruit. Il filait de manière sinueuse, évitant les obstacles sans pourtant disposer de lumière pour éclairer son chemin.
Il repéra un courant d'air froid et le suivit jusqu'à une fenêtre donnant sur le par cet laissée ouverte. D'un bond il franchit l'ouverture, la vitre ne frémit pas. Il resta figé un moment dans la neige, savourant la froideur sous ses pieds nus. Il remua les orteils pour le plaisir de faire crisser la neige et fit la moue en s'apercevant qu'elle s'était transformée en gadoue lors de la bataille.
Quelle idée de lancer de la neige ! La neige, c'est de l'eau endormie, c'est le cercueil de la terre, ça rend presque beau l'air quand les flocons descendent du ciel. Et puis, ça fait des fleurs pourpres lorsqu'on verse du sang dessus et ça c'est très très beau !
Il s'élança dans le par et ses pieds nus effleurèrent avec bonheur un tapis de neige intact. Il se mit à danser dessus et constata qu'il ne laissait aucune empreinte, ce fait l'attrista un peu cependant il savait qu'il n'en laisserait aucune tout au long de son… existence ? Pouvait-il vraiment dire ce mot ? Après tout il ne correspondait pas vraiment au concept. Son front se plissa sous la concentration puis il abandonna la réflexion pour virevolter sur le manteau blanc.
La lune était absente, les étoiles brillaient faiblement, il se sentait à l'aise dans la noirceur. Son père adorait les ténèbres, il lui avait raconté plusieurs fois combien les humains privés de lumière étaient faibles. En venant à Poudlard, Yuki avait pu le constater. Par rapport à son père, ces humains ne valaient rien. De toutes façons, Papa, c'est le plus fort !
Il se demandait quand il le reverrait. Il lui manquait même si son absence lui permettait de côtoyer sa Grande sœur. Parce que quand il sera de retour, Grande sœur et moi on ne sera pas dans le même camp. J'espère que Papa et Grande sœur ne se battront pas.
Tout ça c'est de ta faute, Pensa-t-il en levant les yeux vers le château. Sa bonne humer était gâchée et il s'en retourna dans son dortoir.
Harry se réveilla en pleine nuit sans savoir pourquoi. Un coup d'œil à sa montre le fit gémir : 3h du matin. Il se leva pour boire un peu, espérant qu'il pourrait se rendormir ensuite. Son œil fut attiré par un étrange spectacle dehors. Une forme dansait sous la neige. Il chaussa ses lunettes et se rapprocha de la vitre.
La silhouette était difficile à distinguer vu le peu de luminosité mais il reconnut un kimono. Une seule personne s'habiller ainsi à sa connaissance, le frère jumeau d'Haria Kagenie qui était à Serpentard et que beaucoup considérait comme étrange. De ce que lui avait raconté Hermione, il n'accomplissait pas vraiment son devoir.
Il ne connaissait rien d'autre sur lui et, à vrai dire, il ne lui avait pas vraiment prêté attention. D'ailleurs, sa sœur n'en parlait jamais et les rares fois où il les avait vus ensemble, elle le regardait avec indifférence et une pointe de répugnance ? Impossible, ils sont de la même , mais Tante Pétunia, Oncle Vernon et Dudley sont de ta famille et ils te considèrent avec dégoût, chuchota la petite voix cynique de son esprit.
Hum, des frères et sœurs pourraient donc ne pas s'apprécier… C'est peut-être pour ça qu'ils sont dans deux maisons complètement opposées… La pensée que des familles se déchiraient ramenait une foule de mauvais souvenirs concernant les Dursley. Il effleura le renfoncement de la fenêtre et Elle apaisa son esprit.
Il reporta son regard dans le parc au moment où Yuki levait les yeux vers la tour des Gryffondors. Un frisson le parcourut et il se sentit pris de nausées en distinguant vaguement les ténèbres entourant le garçon.
Il se précipita dans la salle de bain afin de vider son estomac. L'opération le laissa exténué et il n'eut que la force de se rafraichir le visage avant de s'écrouler sur son lit.
Sa dernière pensée cohérente des ombres entourant les faux jumeaux : Les ombres d'Haria sont pleines de vigueur et de chaleur celles de Yuki sont froides et mortes.
Sa nuit fut emplie de cauchemars dont il ne retint que l'image d'un crâne d'enfant enfoui dans de l'eau croupie.
Fin du chapitre
