Disclaimers : Les personnages ne m'appartiennent pas même si ça me ferait bien plaisir… Le concept des titres de chapitres n'est pas de moi non plus, mais vient de l'anime « Loveless » où chaque épisode porte un nom suivi de « less » qui signifie « sans ». Pardon de l'écrire en anglais, mais il y a des trucs qui ne se traduisent pas toujours très bien…
Titre : Cruel destin
Auteur : Ephemeris
Résumé : La guerre est enfin terminée, Oz anéanti, et les habitants de la terre et des colonies sont libérés. Tout devrait aller pour le mieux, mais plusieurs années plus tard, tout recommence.
Couples : 1x2x1, je sais que c'est pas original, mais j'arrive pas à en sortir…
Genre : Angst, très angst…
Rating : T voire peut-être M pour certaines scènes de violence…
Warnings : Yaoi, violence, torture… Vous l'aurez deviné, sujet pas trop joyeux, mais ça ne devrait pas être une deathfic à moins qu'un cricri de dernière minute vienne me grignoter le cerveau pour me tenter… Mais je vous promets de faire un effort, j'en ai un peu marre de les faire mourir… Rassurés ? Vous ne devriez peut-être pas…
Cruel destin
Chapitre X : Homeless
Chapitre un peu dur : misère et mort…
Duo sortit de la chambre de Zechs, se dirigeant vers la sienne. Maintenant que son idée avait été acceptée par son collègue, il avait un plan à organiser pour mettre en application ce qu'il avait en tête. Il marchait d'un pas sûr, regardant droit devant lui, n'accordant pas la moindre importance aux gens qu'il croisait, ce qui rassurait ces derniers.
Duo était le maître des lieux. En dehors de Zechs, tout le monde le craignait et, de ce fait, lui obéissait sans jamais le contredire de peur de recevoir pour réponse une balle dans la tête. C'était ainsi que les choses fonctionnaient et Duo en était satisfait.
Lorsqu'il arriva dans sa chambre, il alla directement à son bureau où il s'assit, ressortant les plans du château de Sank pour à nouveau les étudier. Après un moment, il entendit la porte de la chambre de son fils s'ouvrir, mais il ne releva pas la tête. La porte se referma quelques secondes plus tard, l'enfant ayant simplement voulu s'assurer qu'il était bien là.
Duo releva la tête et posa le crayon qu'il avait à la main. Il savait que le garçon était encore à côté, il le sentait.
« Tu peux venir si tu veux. »
La porte s'ouvrit à nouveau et une petite tête se montra.
« Je ne te dérange pas ? Tu es sûr ? »
L'enfant entra dans la chambre, un livre à la main. En lançant de petits coups d'œil à son père, il se dirigea vers un fauteuil à deux ou trois mètres du bureau et s'y installa.
« Je vais lire, je ne ferai pas de bruit. »
Duo acquiesça et se replongea dans ses plans alors que son fils souriait en ouvrant son livre.
Depuis que Duo était sorti de la pièce, Heero se sentait perdu. Il était heureux d'avoir eu les explications qu'il réclamait, mais elles étaient si terribles qu'il regrettait de les avoir demandées. Bien sûr, elles contribuaient à lui faire comprendre le changement de comportement de son ancien ami, mais il en avait été déstabilisé.
Il avait fini par sortir de la pièce, le regard dans le vague. Depuis, il errait dans les couloirs, ne sachant pas quoi faire. Il aurait pu retourner dans sa chambre, mais qu'y aurait-il fait ? Duo ne semblait pas vraiment avoir envie de le voir puisqu'il était parti rejoindre Zechs… Et il n'avait aucune envie de voir Zechs pour le moment.
Heero arriva bientôt à un croisement et décida de tourner à droite, ne sachant pas vraiment où ses pieds le conduisaient. Mais lorsqu'il vit celui qui se tenait devant lui, il les maudit pour ne pas avoir pris une meilleure direction.
« Tiens Heero. Que fais-tu là ? »
« Et toi Zechs ? Je te croyais avec Duo. »
Son ton était froid, il n'avait pas envie de lui parler, mais l'autre n'en avait rien à faire.
« Il l'était, mais il est reparti travailler. »
Zechs regarda Heero pendant un moment, mais se lassa très vite du silence du jeune homme. Il allait partir quand Heero remarqua soudain qu'il n'avait pas le même regard que lors de leur dernier entretient.
« Tu me sembles de bien bonne humeur pour un terroriste, » dit-il, le regard méfiant.
Zechs, lui, sourit à cette phrase. Il était vrai qu'il était de bonne humeur après que Duo lui ait exposé son idée. Mais il ne devait rien à Heero et n'avait pas envie de lui dire en quoi consistait cette idée.
« J'ai mes raisons, » dit-il, un petit sourire aux lèvres. « Mais bon, ce n'est pas parce que nous sommes des terroristes que nous devons toujours être renfrognés. Tu ne me feras pas croire que pendant la guerre, vous n'avez pas passé de bons moments ensemble, surtout avec Duo. Bon, je sais qu'il s'est renfermé sur lui-même, mais il n'était pas du tout comme ça et tu le sais aussi bien que moi. »
Ces paroles firent mal à Heero. Comment pouvait-il parler de Duo comme ça ? Oui, lui savait que ce comportement était très loin de l'ancien Duo, mais Zechs n'était pas censé le savoir. Le connaissait-il seulement à l'époque de la guerre ? Et de quel droit parlait-il ainsi de relations humaines, lui qui avait organisé l'assassinat de sa propre sœur.
Cet événement lui revint soudainement à l'esprit, lui faisant froncer les sourcils. En fait, dans les explications que Zechs et Duo lui avaient données, jamais ils n'avaient expliqué pourquoi ils avaient tué Relena et cette raison ne lui apparaissait pas du tout.
Etant toujours face à lui, Zechs se rendit compte du changement d'expression de Heero et fronça à son tour les sourcils.
« Quoi ? » demanda-t-il.
Heero sortit de ses pensées et, jetant un regard autour de lui, il demanda :
« C'est seulement pour vous venger de la mort de Solo que vous faites tout ça ? »
Zechs croisa les bras sur sa poitrine, lançant un regard mauvais à Heero. Il savait qu'il n'était pas au courant de tout, mais il ne pouvait s'empêcher d'être en colère face à de telles questions.
« Je n'ai aucune obligation de te répondre. Si tu veux savoir, demande à Duo. Après tout, tu es son otage, pas le mien. »
Puis il contourna Heero et continua son chemin, laissant de nouveau le jeune homme seul.
« Je ne comprends pas comment ça se fait qu'il manque un Gundam ! » s'exclama Wufei.
« Je revois la scène comme si c'était hier. Duo aussi a donné son Gundam. Ca ne disparaît pas comme ça, un engin pareil ! » renchérit Quatre.
Trowa regardait les quatre armures mobiles présentes dans la salle, aussi perplexe que ses compagnons.
« Je ne vois qu'une chose, c'est que Lady Une se soit réservé Deathscythe pour son plan, quel qu'il soit. Mais pourquoi a-t-elle choisi celui de Duo ? Ce n'est pas logique. »
« C'est vrai, le Wing Zero était bien plus craint par Oz. C'est une arme terrible pour celui qui sait le contrôler, » ajouta Wufei.
« Et même pour celui qui ne la contrôle pas… » se souvint douloureusement Quatre.
« Quoi qu'il en soit, même si elle en a un, il vaut mieux éviter qu'elle ait accès aux quatre autres. Wufei, serais-tu en mesure de changer le code d'accès pour que seuls nous trois puissions entrer ici ? »
« Pas de problème Barton. Laisse-moi quelques minutes. »
Wufei s'affaira pendant un moment au boîtier qu'il avait éventré, détachant certains fils pour les raccrocher à d'autres. Puis, il referma le boîtier qui reprit son apparence originale. Le jeune homme, une fois tout remis en place, se tourna vers Trowa.
« Je mets quoi comme mot de passe ? »
Trowa s'approcha et tapa un code à six chiffres sous les yeux de ses deux compagnons pour qu'ils l'enregistrent en même temps que le clavier.
« 993476 »
Quatre pencha la tête sur le côté, se demandant à quoi faisaient référence ces chiffres, puis sortit son téléphone portable et regarda les lettres qui leur correspondaient. Il eut alors un sourire.
« 99 pour Wing Zero, 3 pour Deathscythe, 4 pour Heavyarms, 7 pour Sandrock et 6 pour Nataku. C'est bien pensé. »
Wufei sourit également lorsqu'il saisit la subtilité de ce code. Trowa se retourna vers les deux autres garçons et leur fit signe de repartir vers la surface. L'endroit n'était pas tout à fait sûr, même si leurs Gundams étaient maintenant en sécurité. A présent, ils avaient à trouver ce que cachait Lady Une et comment elle avait réussi à dérober un Gundam sans que personne ne s'en rende compte.
Encore une fois, Heero se retrouvait devant la porte de la chambre de Duo sans oser entrer. Il savait qu'il y était, Zechs lui avait dit qu'il travaillait, mais il n'osait pas entrer. Néanmoins, cette situation d'otage qui lui était revenue à l'esprit devait être réglée. Etait-il prisonnier ou considéré comme un allié ?
Cette pensée le décida à frapper à la porte. La réponse fut presque immédiate, la voix de Duo l'ayant prié d'entrer, ce qu'il fit. Lorsqu'il referma la porte derrière lui, il jeta un coup d'œil panoramique et découvrit Duo penché sur son bureau, plongé dans son travail.
Un peu plus loin du bureau, Heero s'aperçut que le fils de Duo était là aussi, assis dans un grand fauteuil, un livre ouvert sur les genoux. Il croisa son regard violet et reçut de la part du petit garçon un ravissant sourire accompagné d'un signe de la main discret. Ce fut alors que Duo releva la tête et fixa Heero, action qui glaça ce dernier tant la dureté de ce regard le frappa.
« Heero, es-tu avec moi ou contre moi dans cette affaire ? »
Heero resta surpris un moment, ne s'attendant pas du tout à une telle question.
« Quoi ? » ne put-il s'empêcher de dire.
« Zechs et moi t'avons exposé la situation et les raisons qui nous font agir ainsi. Maintenant, tu es officiellement mon otage aux yeux de Sank. Je veux donc savoir si tu adhères à nos idées ou si tu veux rester otage. »
Heero ne put empêcher un petit rire de passer ses lèvres. Cette situation était si ahurissante pour lui qu'il n'arrivait même pas à penser de façon cohérente.
« Pourquoi est-ce que tu ris ? » demanda sèchement Duo qui, lui, ne riait pas du tout.
« C'est que tu me poses des questions tellement inattendues ! Mais enfin Duo, je n'ai même pas encore enregistré tout ce qui s'est passé depuis que tu es revenu que tu me demandes de choisir un camp. »
Duo se leva soudainement, faisant taire automatiquement Heero.
« Tu n'as pas compris Heero ? Tu n'as pas compris ce que l'on t'a expliqué ? Ou bien peut-être que tu n'arrives pas à le concevoir parce que tu ne l'as pas vu. Et bien je vais te montrer. »
Le jeune homme contourna son bureau, attrapa une veste et se dirigea vers la porte de la chambre de son fils qu'il ouvrit avant de se tourner vers le fauteuil.
« Retourne dans ta chambre en attendant mon retour. »
L'enfant se leva sans résistance. Il marcha jusqu'à sa chambre, mais une fois devant son père, il s'arrêta.
« Tu seras parti longtemps ? » demanda-t-il doucement.
« Quelques heures. »
Le petit acquiesça et entra dans la pièce, fermant la porte derrière lui. Une fois qu'il fut à l'intérieur, Duo enfila sa veste et attrapa Heero par le bras. Ce dernier se laissa faire. Même s'il sentait que ce que Duo voulait lui montrer n'allait pas lui plaire, ce serait une bonne façon de savoir un peu plus de choses.
Jute avant de sortir, Duo mit sa casquette noire sur sa tête et tendit une autre veste à Heero.
« Il ne fait pas chaud dehors. »
Heero la prit sans rien dire, heureux en quelque sorte que le jeune homme ait eu une attention pour lui. Les deux hommes sortirent de la base et se dirigèrent vers l'endroit où ils avaient laissé la voiture lors de leur arrivée la veille.
Heero se demandait où ils allaient, mais il ne posa pas la question, sachant que cela ne servirait à rien. D'ailleurs, il eut sa réponse quelques temps après, voyant apparaître à l'horizon les constructions de la ville de a colonie.
Duo arrêta la voiture avant d'entrer dans la ville et sortit du véhicule, attendant que Heero fasse de même. Puis, il se mit à marcher dans la direction des constructions, ne regardant même pas si son otage le suivait. Ce dernier, qui était un peu en arrière, accéléra le pas pour se mettre au niveau de Duo et marcher ainsi à ses côtés.
« Alors, qu'est-ce que tu veux me montrer ? »
« Tu vas voir. »
Mais Heero ne voyait que Duo, ses yeux ne voulant pas se détacher de ce visage froid, trop froid par rapport à ses souvenirs. Mais Duo regardait droit devant lui sans se préoccuper de son ancien ami. Mais cette observation de sa personne commença à le fatiguer et il demanda :
« Pourquoi tu me regardes comme ça ? »
Heero secoua doucement la tête de droite à gauche.
« J'essaie juste de comprendre ce qui se passe en toi et j'enrage parce que je n'y arrive plus. »
Un air agacé apparut sur le visage de Duo alors qu'il tournait dans une autre rue.
« Tu ne me connais pas Heero, tu ne me connais plus. Je suis devenu égocentrique, cruel et paranoïaque, je n'ai plus rien à voir avec celui que j'étais il y a dix ans. »
Heero eut un petit rire et, sous un ton plus ou moins de plaisanterie, il demanda :
« Pourquoi paranoïaque ? Tu as l'impression que tout le monde veut te tuer ? »
Ce fut alors que Duo s'arrêta et vint se placer en face de Heero qui cessa de rire dans la seconde. Malgré son visage figé, il pouvait voir une grande colère dans ses yeux, ce qui ne le rassurait pas du tout. D'un ton très détaché, Duo répondit :
« Mais tout le monde veut me tuer. Et même toi, si ce n'est déjà le cas, tu ressentiras cette envie tôt ou tard. Je suis une personne que personne n'a envie de voir vivante, même pas mes hommes. »
Heero resta interdit pendant un temps, ayant du mal à comprendre comment Duo pouvait en être arrivé à de telles conclusions.
« Mais dans ces conditions, tu ne crains pas une mutinerie contre toi ? »
Duo secoua la tête en signe de négations.
« Les gens me détestent, mais ils ont tellement peur de moi, de ce que je pourrais leur faire, que jamais ils n'oseront tenter quelque chose contre moi. »
Heero le regarda, horrifié par un tel propos. Mais alors qu'il était toujours dans la surprise, Duo lui demanda de regarder autour de lui, ce qu'il fit. Une vision d'horreur lui apparut soudain. La rue dans laquelle ils se trouvaient était complètement ravagée par la misère et la saleté. Le regard de Heero passait partout, fuyant un endroit pour se poser sur un autre, et cela de plus en plus pire.
« Duo… » murmura-t-il, incrédule.
Il se souvenait de ce que Relena lui disait, dans les premières années de paix au royaume de Sank. Elle disait que la misère se faisait de plus en plus rare, que tous les enfants abandonnés avaient été placés dans des familles et que les gens qui n'avaient pas de toit avaient été recueillis pour ne pas qu'ils meurent de froid et de faim. Alors qu'est-ce que c'était que toute cette misère ?
« Viens, » lui dit Duo, le tirant par la manche.
Les deux jeunes hommes traversèrent la rue et Duo attira Heero dans une ruelle sombre. Ce dernier se laissa faire, trop horrifié pour réagir, puis se retrouva devant une petite fille, couchée au sol, tremblante de froid près d'une poubelle.
Heero tourna son regard vers Duo qui fixait l'enfant d'un regard triste. Heero ne comprenait pas pourquoi il lui infligeait cette dure épreuve. La misère n'est jamais plaisante à voir et là, il en avait un parfait exemple, exemple qui faisait mal. Duo, sans lâcher la petite fille du regard, éleva doucement la voix pour que seul Heero puisse l'entendre.
« Tu vois où cette petite est en train de mourir, et bien c'est là que Solo est mort dans mes bras, suite à cette saleté d'épidémie. Et tout ça à cause du roi de Sank. »
La réalité lui sauta alors aux yeux. Duo avait vécu dans ces rues, il y avait souffert, il y avait eu faim et froid. Il avait été dans la situation de cette petite fille qui grelottait. Duo se retourna soudain pour ne plus voir l'enfant.
« Tu vois, » dit-il à Heero. « Je sais ce que ça fait d'être à sa place et je me demande… J'en suis à me demander si je dois lui donner ce bout de pain que j'ai dans la poche de ma veste parce que, si je le lui donne, ça la soulagera et la maintiendra en vie. Mais pour combien de temps ? La prochaine fois, je ne serai pas là, alors à quoi bon la maintenir dans ce calvaire en lui donnant un sursis ? »
Il baissa la tête, complètement abattu par les paroles qu'il prononçait.
« Quel âge peut-elle avoir ? Sept ans ? A cet âge, on a toute la vie devant soi et il me semble que je ne devrais pas envisager l'option de la laisser mourir de faim. Mais d'un autre côté, le monde tel qu'il est ne lui permettra pas de vivre. Elle n'a pas de maison, comme je n'en avais pas, mais moi, j'avais quelqu'un qui s'occupait de moi, qui m'a donné le courage de me battre. Elle, elle n'a rien. »
Heero avait les larmes aux yeux. Le discours de Duo l'avait énormément ému et la vision qui accompagnait les paroles était plus qu'insoutenable. Il dut d'ailleurs se retourner aussi pour ne plus voir cette petite fille dont la souffrance l'indisposait. Duo, lui, avait la tête baissée et ne bougeait plus, mais Heero, qui était tout près de lui, l'entendit murmurer :
« Elle n'a pas de maison, et moi, je n'en ai toujours pas. »
Heero tourna légèrement la tête vers le jeune homme et le vit plonger sa main dans une poche intérieure de sa veste et en sortir un morceau de main d'une vingtaine de centimètres. Il fixa pendant un moment ce qu'il avait dans la main et jeta un coup d'œil à la petite fille qui ne semblait même pas avoir remarqué leur présence tant la faim devait lui brouiller les sens.
A sa plus grande surprise, Heero vit Duo remettre le morceau de pain dans sa poche et avancer pour sortir de cette ruelle dans laquelle il ne devait pas se sentir très à l'aise. Heero s'empressa de le suivre, mais n'osa pas parler. Il comprenait enfin ce qui poussait Duo à agir de la sorte, même si sa façon de faire était quelque peu extrême.
Mais une fois dans la voiture, Heero revit le corps de cette petite fille tout tremblant et se sentit révolté par l'attitude de Duo.
« Tu aurais quand même pu lui donner ce bout de pain. Qu'est-ce que ça t'aurait coûté ? »
Duo, qui avait glissé la clé dans le contact, laissa retomber son bras et appuya son crâne sur l'appui-tête.
« De toute façon, elle va mourir. Alors entre mourir aujourd'hui ou demain, vu son état actuel, et lui donner quelque chose à manger pour lui donner un sursis, ce qui retardera sa mort d'une semaine ou deux, je préfère qu'elle meure tout de suite, qu'elle n'ait pas à revivre ce qu'elle vit en ce moment. »
Duo se redressa et fit démarrer la voiture, reprenant la route qu'ils avaient empruntée dans le sens inverse.
« Et puis je ne peux pas venir en aide à tous les enfants qui sont dans cette situation, il y en a trop. Mon but est d'arrêter le processus à la source et pour cela, j'ai besoin de découvrir qui se cache dans le trafic qui a lieu à Sank. »
Heero ne dit plus rien, voyant bien que malgré l'horreur que l'on pouvait ressentir à première vue, Duo avait eu raison d'agir ainsi. Mais il avait beau chercher, il n'arrivait pas à trouver qui pouvait être derrière ce trafic d'enfants. En regardant à travers la vitre de la portière, il dit doucement :
« Je marche avec toi. »
Mais comme il ne regardait pas Duo, il ne le vit pas fermer les yeux de soulagement alors qu'un petit sourire apparaissait sur son visage.
« Avez-vous trouvé des informations sur l'endroit où se cache Maxwell ? » lança Lady Une en entrant dans le bureau de Quatre où les trois colonels s'étaient installés pour commencer leurs recherches.
« Il semblerait que son quartier général ne soit pas sur terre. Mais les renseignements vont prendre un peu plus de temps à arriver, » répondit Trowa calmement.
« Et pourquoi cela doit-il prendre plus de temps ? » commença à s'énerver Lady Une qui semblait avoir oublier ce qu'était la patience.
Wufei leva les yeux du document qu'il étudiait et la fusilla du regard en lui répondant.
« Parce que ces informations vont arriver des colonies. Cela ne peut pas se faire instantanément. »
Cette réponse eut pour effet de refroidir Lady Une qui hocha la tête en comprenant qu'elle ne pouvait pas espérer avoir les informations plus vite. Puis, elle tourna les talons et repartit sans un regard pour ses subordonnés.
« Je me demande si elle sait, » dit doucement Wufei, ne pouvant se retenir de sourire.
« Si elle sait à propos de quoi ? » demanda Trowa, qui n'écoutait qu'à moitié.
« Si elle sait qu'on sait et qu'elle ne peut plus y aller, » ajouta Quatre qui souriait également.
« Imagine sa tête si elle descend pour aller voir ce qu'elle croit posséder, » continua le Chinois en jetant un regard à Quatre qui se mit à rire.
Ils pouvaient voir le visage de leur supérieur en arrivant devant les portes closes qui refuseraient de s'ouvrir, son code d'accès n'étant plus le bon. Mais Trowa ne riait pas du tout, trop préoccupé par un détail.
« Mais même si elle n'a plus accès à la salle, n'oubliez pas qu'il en manque un et que c'est sans doute elle qui l'a déplacé. Et ça, c'est inquiétant. »
Quatre s'arrêta de rire presque immédiatement. Il avait été si heureux de retrouver son Gundam qu'il n'avait pas bien réalisé l'ampleur du problème. Le Deathscythe ayant été dérobé, il devenait une grave menace, surtout si c'était un ennemi qui l'avait en sa possession.
« Imaginez ce que dirait Duo s'il savait qu'on lui avait pris… »
Il ne termina pas sa phrase, d'abord parce qu'il n'en eut pas le courage, mais également pour ne pas prononcer le mot 'Gundam' ou le nom de celui de Duo. Ils ne savaient pas s'ils étaient surveillés ou non, mais même si ce n'était pas le cas, ils devaient faire attention.
A ce moment-là, Wufei se renversa dans sa chaise et croisa les bras sur sa poitrine, fixant le plafond.
« Je voudrais quand même comprendre pourquoi et comment. »
Ses deux compagnons lui lancèrent un regard perplexe. Le jeune homme continua.
« Pourquoi Duo agit-il ainsi ? Malheureusement, on n'a pas réussi à le faire parler, donc nous ne savons rien du tout. Mais même s'il a beaucoup changé, je sais qu'il ne fait pas les choses pour rien. Je pense donc qu'il sait ce qui se passe ici et qu'il veut l'arrêter. Mais alors, comment le sait-il et jusqu'à quel point est-il au courant ? »
Evidemment, personne ne lui répondit, aucun d'entre eux n'ayant la réponse à cette question.
« Vous voulez que je vous dise ce que je crois, j'ai l'impression que Duo sait ce qui se passe ici, mais qu'il ne sait pas qui orchestre les choses alors que nous, nous avons une idée sur la personne en question sans savoir ce qu'elle fait. C'est bien la preuve que lorsqu'on travaille séparément, on a beaucoup plus de mal. »
« Tais-toi Wufei, tu te fais du mal, » lui dit doucement Quatre qui ne l'avait pas lâché des yeux.
En effet, Wufei semblait énervé par la tournure qu'avaient prise les événements. Il aurait préféré que Duo vienne les voir, qu'il leur explique la situation pour qu'ils puissent tous s'allier. Wufei se rendait compte de l'erreur qu'il avait commise dix ans plus tôt, en s'engageant dans les Preventers, mais il était trop tard.
Ce fut alors qu'une idée lui traversa l'esprit. Il sortit son ordinateur portable et le posa sur le bureau en face de lui, commençant à pianoter sur le clavier sous le regard empreint d'incompréhension de ses deux collègues.
« Qu'est-ce que tu fais ? » demanda Trowa qui avait délaissé les papiers qu'il avait à la main.
« J'essaie de contacter Duo. »
A suivre…
Note de l'auteur : Chapitre terrible, vraiment. Il m'en a presque tiré des larmes. Mais bon, il fallait que Heero comprenne alors… Depuis quelques chapitres, j'essaie de donner un peu plus d'importance à Quatre. Comme c'est le personnage que je trouve le moins intéressant (bon d'accord, je l'aime pas vraiment), j'ai tendance à en faire un figurant, comme si je le mettais parce que s'il n'y était pas, ça ferait bizarre. Donc j'espère que les fans de Quatre sont contents, autant que les autres… De plus, j'ai fait de Wufei la petite vedette de ce chapitre. En fait, j'aime beaucoup le genre de relation qu'il peut y avoir entre lui et Duo et voilà ce que ça donne !
Cette histoire prend vraiment une tournure qui me plaît. Bien sûr, je sais où je vais, j'ai des scènes bien arrêtées dans mon esprit, mais il y tellement de possibilités qui fusent dans ma tête que je ne peux pas toutes les arrêter… En tout cas, j'espère que l'évolution de cette fic vous plaît et que vous avez apprécié ce chapitre. Merci et à bientôt.
-Ephemeris-
