Merci à ptitsoleil pour son commentaire, j'espère que ce Via là te plaira :)
Dans la famille Weasley, je demande le petit dernier.
Quand on voyait Hugo, on comprenait immédiatement qu'il était "le petit dernier". Même si ce n'était pas tout à fait vrai car à quelque semaines de différences, il était né avant sa cousine Lily. Mais ce n'était pas la même chose parce que Lily avait été élevée comme une reine. Pas dans le sens où on l'avait plus gâté que les autres enfants Potter-Weasley : elle avait été élevé pour régner sur la famille.
Alors face à l'imposante présence de Lily, Hugo était "le petit dernier". Ironiquement, il était aussi le plus grand de sa famille.
Hugo avait grandit avec l'image du "dernier des cousins" et il s'était construit en fonction de ce qu'il n'était pas. Il n'était pas responsable comme Victoire. Il n'était pas non plus intelligent comme Molly. Il n'était pas aussi talentueux que James, ni aussi inventif que Fred. Il n'avait pas l'intégrité de Dominique, ni la témérité de Roxanne ou encore la détermination de Lucy. Il n'était pas du tout observateur comme Albus, ou travailleur comme sa soeur, ou social comme Louis. Il n'avait pas été élevé pour régner sur la famille.
De cette façon, Hugo savait qu'il n'était pas beaucoup de chose. Et un jour, il se demanda qu'est-ce qu'il avait pour lui. Il était gentil, réfléchi, un peu effacer, il avait parfois du mal à s'exprimer. Qui était-il vraiment ?
Il trouva la réponse dans le bureau de son grand-père paternel. Sa collection d'objets moldus avait de quoi susciter les moqueries des sorciers, mais Hugo était l'un des rares à ressentir la même curiosité -et c'était peut être la raison pour laquelle il adorait passer du temps chez ses autres grands parents. Un été où sa grand-mère criait après son grand-père pour qu'il range son bazar, Hugo s'était proposé pour l'aider et de cartons en cartons, il était tombé sur un lecteur cassette portatif. Son grand-père lui expliqua qu'il n'avait jamais su vraiment le faire fonctionner et Hugo, qui avait toujours eu une bonne intuition, remarqua une fente vide. Des piles, lui avait expliqué sa mère : c'était la seule chose qu'il manquait.
Émoustillé de sa découverte, Hugo avait tout mit en œuvre pour découvrir quels secrets refermaient ses cassettes et c'est ainsi qu'il découvrit la chose la plus magique qu'il n'ait jamais vu. Ou plutôt entendu : Hugo découvrit la musique.
Pas n'importe quelle musique : de la musique moldus portatif. Il n'en connaissait ni les titres, ni les artistes, mais il avait l'impression que certaines chansons s'adressaient directement à son âme.
Et Hugo avait passé tout l'été un casque sur les oreilles.
Sa fascination ne trouvant pas satisfaction, il alla demander de l'aide à sa mère et il en avait découvert plus. Hugo découvrit d'autres personnes rongés par leur identité, d'autres personnes qui rêvaient toujours plus en regardant le ciel, d'autres qui trouvaient de l'intérêt là où il n'y en avait pas. Il y avait des musiques qui lui donnaient l'impression de flotter. D'autre où il aurait pu se noyer. Certaines le faisaient sourire, d'autres le faisaient réfléchir. Hugo comprit que tout le monde s'était un jour demandé : qui suis-je ?
Il en était presque devenu obsédé, il avait même redécouvert la musique des sorciers et toutes les nuances qui lui avaient échappé. Il comprenait les métaphores, les tons, les accords. La nécessité de faire passer une émotion, un message. Suscité des réactions.
Mais il manquait encore des choses à la musique, Hugo le comprenait bien. Elle n'était pas tout à fait complète malgré toutes ces années : l'humanité n'en avait pas encore fait le tour. Et Hugo, lui, il voulait en faire le tour, il voulait en découvrir plus et apporter à d'autre ce que la musique lui avait donné.
Et son père lui offrit des leçons pour son anniversaire.
Un temps après, Hugo chantait sa première chanson à sa mère. Elle avait eut les larmes aux yeux mais c'était surement du au fait que "son bébé était en train de grandir". Il avait encore du travail à faire, il devait encore s'amélioré. Il pouvait faire mieux que ses trois petits accords minable et son texte qui ne rimait pas à chaque fois.
Mais cette première chanson resterait à tout jamais la plus importante : c'était celle qui répondait à sa grande question. Ouais, il le savait enfin qui il était.
Hugo était un musicien.
