Bonsoir à tous !
Ce soir, on va voir ce que ça donne les deux frères travaillant ensemble sur le projet Animus. Laissez-moi vous dire, ce n'est pas la meilleur idée qui soit qu'a eu Abstergo.
Donc, c'est partie pour un nouveau chapitre avec Hiken, Sabo et Kenway. Et comme promis, on retrouve notre invité Bob !
Je vous souhaite une bonne lecture et à bientôt !
- Je le dirai qu'une fois et j'espère que ça passera à la postérité. Tu étais déjà barge quand on était gosses. Tu t'es pas arrangé en vieillissant, commenta Sabo en laissant tomber le couteau de boucher ensanglanté dans l'évier.
Ace fit travailler son bras droit, donnant des coups de poing dans le vide, avant d'enflammer sa main avec un immense sourire.
- M'en fous ! Je l'admets haut et fort. Mais il faut ce qu'il faut ! J'ai pu me débarrasser du kairoseki, c'est l'essentiel. Parlons peu, parlons bien. Tu avais dans l'intention de me faire sortir rapidement, c'est ça ?
- Mh.
- Comme je reste, tu vas rester toi aussi, ou tu vas retrouver Dragon ?
Sabo le regarda comme s'il était cinglé et lui frappa le crâne avec un poing plein de Haki, tirant un grognement de douleur du brun.
- J'ai retrouvé la mémoire en apprenant ta mort par les journaux. Tu espères que je vais partir comme ça après t'avoir retrouvé ? Je reste jusqu'au bout.
- T'as des fringues ?
- J'ai ce qu'il faut.
- Armes ?
- Je sais où me fournir.
- Bon, eh bien, assis-toi, je vais te parler de Kenway, puisqu'on bosse sur lui.
Ace resservit un café à son frère qui le refusa.
- Je vais pas dormir sinon, lui pointa Sabo.
- C'est pas ça qui m'en empêche. J'aimerais que ça lutte contre ma narcolepsie, mais c'est pas encore gagné.
Sabo leva un sourcil perplexe.
- J'ai commencé à montrer des symptômes vraiment flagrants quelques mois après notre séparation. Cela ne m'a pas empêché de devenir un pirate ou d'élever plus ou moins Luffy. Tu lui devras des explications, à lui aussi.
- Oui, je m'en doute. Allez, parle-moi de ce Kenway.
Ace avala une gorgée de son café avant de parler :
- Kenway est de West Blue. Pays de Galle. Il a été corsaire avant la création du Shishibukai et tout le bordel avec Roger et co. Y'a bien… quatre cents ans. Il a environ une vingtaine d'années dans les souvenirs qu'on étudie. Il est marié à une femme restée au pays pendant qu'il est parti chercher fortune sur les mers. Tu sais ce qu'était les Corsaires de l'époque ?
- Engagés par les rois pour piller le navire des autres pays ?
- Exact. La guerre finie, ils n'ont plus aucune raison d'être. Alors il est devenu un pirate, comme beaucoup, tel que James Kidd, Edward Thatch ou encore Benjamin Hornigold. On est à l'époque de Nassau, la république pirate. Je sais pas si tu as déjà vu des îles pirates, mais c'est bien ce genre de coin, un peu plus délabré et dépravé. L'étude qu'on me fait faire commence au Cap de Bonavista, dans le South Blue.
- Attends… c'est pas ce que tu aurais désigné comme parfait pour faire un tutoriel ou quelque chose comme ça ? Cette femme, Lemay-san, m'a fait essayer leur Animus avec une scène à Bonavista.
- Ah ? Ouais ! Tu as croisé Duncan ?
- Hm. Et tuer avant la fin de l'essai. C'est… wouhawe… réel… incroyable. On s'y croirait.
- L'assassin traître. Parfait, tu m'évites trop d'explications. Donc, à la suite de cet assassinat, on fouille le corps et récupère sa tenue qui est typique des Assassins. Sur lui, il a une carte et un cube de cristal, plus une lettre venant du Gouverneur de La Havane, Torres y Ayala. Apparemment, Duncan devait lui apporter quelque chose en échange de milles berrys. Kenway s'est fait passer pour lui pour récupérer la récompense. C'est à La Havane que commencent les premières allusions à ce que cherche, Abstergo au travers de ces simulations. On y rencontre des Templiers, dont Torres est le Grand Maître. Je vais te passer le discours de propagande pour te résumer l'idée : la paix par le contrôle, avec eux au sommet. L'Observatoire permettrait d'espionner tout le monde, donc, de renforcer ce contrôle. Problème, c'est que Kenway est très cupide. Franchement, me dire que j'ai ce gars parmi mes ancêtres côté Portgas me dégoûte. Kenway est un homme arrogant et cupide, c'est une horreur. Les Templiers avaient une piste pour trouver l'Observatoire, en la personne d'un gars qui serait un Sage. J'en sais pas plus sur ce que c'est. Kenway a profité de la nuit pour essayer de libérer ce Sage, sauf que quelqu'un a été plus rapide. Il a été trouvé par la garde personnelle de Torres et l'imposture a éclaté. Kenway a été enfermé dans les cales d'un navire du Trésor Royale pour être mené jusqu'à Seville, sur l'île d'Espagne. Là, il a trouvé un autre pirate, un ancien esclave d'une plantation, répondant au nom d'Adéwalé. Ensemble, ils ont pu se libérer, libérer d'autres prisonniers et voler un brick… Ils étaient en pleine tempête, pas le genre qu'on trouve dans la Grand Line, mais assez redoutable, surtout à l'époque, pour envoyer n'importe qui par le fond. C'est le seul navire que la mer n'a pas englouti. Ils ont fait voile vers Nassau pour réparer le navire et ils ont retrouvé les pirates que j'ai cités plus tôt…
Ace s'interrompit.
Sabo saisit l'hésitation visible de son frère.
- Qu'est-ce que tu ne veux pas me dire, Ace ? s'enquit le blond. Ce que tu me racontes est en sécurité, ne t'en fais pas.
- C'est pas ça… je viens de te retrouver et poursuivre sur ma lancée pourrait trahir un secret d'un membre de mon équipage, ma famille, que j'ai découvert par hasard avec l'Animus.
- Les affaires des pirates sont ma dernière préoccupation, franchement. Je garderai pour moi tout ce que tu me diras. Ace…
Sabo saisit le bras de son frère, le forçant à le regarder.
- Je savais ce que l'idée que Roger ait un fils représentait quand on s'est rencontré. Je savais ce que je pouvais gagner en te vendant. J'étais prêt à garder ça pour moi jusqu'à la tombe. Tu peux me faire confiance. Dis-moi.
- Marco… Fushisho Marco, tu sais qui c'est ?
- Ton nouveau capitaine, non ?
- Hm… et j'ai appris qu'il a… plus de cinq cents ans.
- WHAT ?!
- Je l'ai retrouvé dans l'Animus avec l'apparence d'un gosse de dix ans, parlant comme un adulte, considéré en adulte par les pirates, dont mon aïeul… dire qu'il a cent soixante et un ans à cet instant. Chose que j'ignorais totalement. Pourtant, je te parle d'un gars qui m'a confié ses pires secrets et à avec qui j'avais fait de même.
Sabo était reconnaissant d'être assis, parce que c'était une histoire hallucinante.
- Pour enchaîner, poursuivit Ace, Kenway s'est renseigné auprès des autres sur ce qu'ils savaient de l'Observatoire. C'est une légende de ce qui est dit, mais j'ai le sentiment qu'il y a plus derrière, qu'on fait de la rétention d'information. Kenway a l'intention de trouver l'endroit et de vendre l'info au plus offrant, malgré le fait qu'on le dissuade au mieux de poursuivre la chimère qu'est l'Observatoire. Tout ça m'amène à la mort de Julien Du Casse, un des Templiers qui a rencontré Kenway. A la base, c'était une idée de Thatch. Pour protéger Nassau des rois, il songeait à y installer un galion. C'est un navire lent, mais solide et dangereux. A moins qu'on ordonne un Buster Call, personne n'aurait eu l'idée d'attaquer la république pirate avec ce navire dans le port. Il fallait voler un navire de cette envergure, et ça ne court pas les océans. Le Moby Dick en était un. Quand tu le vois pour la première fois, tu fais dans ton froc. Et quand j'ai vu le navire que ce fou avait l'intention de voler, c'est j'ai bien failli en faire autant.
- Tant que ça ?
- C'est un géant de guerre, de destruction en bois et acier. A se demander comment une chose pareille arrive à flotter. On n'a pas pu le voler immédiatement quand son escorte a repéré la filature, ce qui fait qu'il s'est réfugié sur l'île de Great Inagua. Thatch, Kidd et moi avons pris un chemin à travers la jungle pour parvenir jusqu'au Man o' War. Je suis arrivé le premier et Du Casse est mort par ma lame. Nous sommes en mars 1216 et Nassau vient de faire l'acquisition d'un galion pour protéger son port. Voilà où j'en suis rendu.
- Ace… tu as dit on. C'est ton aïeul qui a fait ça, pas toi.
- Ah, oui c'est vrai.
Ace soupira et se massa le crâne.
- Fais attention à pas te confondre avec lui, ça t'aidera pas, avertit Sabo.
- Promis. Il se fait tard, et demain, on a du pain sur la planche. Je te souhaite une bonne nuit.
Sabo était assez fin pour se douter qu'Ace ne voulait pas qu'il approfondisse le sujet du fait qu'il se confondait avec son aïeul. Se promettant de revenir à la charge dès que possible, Sabo souhaita bonne nuit à son frère, ramassa son oreillette et communicateur avant de partir.
Ace soupira profondément et renversa sa tête en arrière.
Il était fou de joie de savoir que Sabo était vivant et surtout, libre et heureux.
Il aimerait pouvoir fêter ça, mais sa situation l'en empêchait. Si l'un d'eux sortait de leur rôle, Abstergo le remarquerait et son frère serait en danger. Ace ne voulait pas avoir la mort de son frère qu'il venait de retrouver sur la conscience. S'il parvenait à sortir d'ici avec un esprit encore plus ou moins intact, il voudrait pouvoir fêter ça. Avec Luffy de préférence. Ils s'infligeraient la pire gueule de bois de tous les temps. Le genre de gueule de bois qui aurait valu à son aïeul de se retrouver dans un tas de foin à poil dans une situation délicate. Tout pour fêter cette bonne nouvelle.
Mais il devait se rendre à l'évidence. Son esprit était une bombe à retardement.
Il ne voulait pas attrister Sabo.
Lui dire que malgré le fait qu'ils venaient de se retrouver, il ne durerait pas longtemps.
Ace ralluma son oreillette et son communicateur avant d'aller se coucher.
Il était saoul et tenait à peine de bout. Pourtant il faisait jour et clair.
En passant la porte de chez lui, il vit Caroline se préparer, bien habillée.
- Tu vas au marché ? demanda-t-il.
Caroline regarda son époux en restant impassible.
- Non. Mes parents m'ont demandé de revenir à la maison. Et j'ai accepté.
Elle ramassa ses paquets après avoir arrangé sa tenue.
Kenway ne comprenait pas.
- Comment ça revenir à la maison ? Tu vis ici, avec moi !
Caroline prit sa dernière valise et fit face à la loque qu'elle avait épousée devant Dieu.
- Je suis désolée, mais mon père a raison. Tu avais de bons gages quand tu travaillais à la ferme. Pourquoi est-ce que tu ne peux pas te contenter de ça ?! De moi ?!
- De bons gages ? s'étrangla Kenway en s'avançant dans la pièce. Ce travail, c'était à la fois du vol et de l'esclavage ! Tu veux être marié à un paysan toute ta vie ?
Caroline se dirigea vers la porte.
- Tu as raison. Au revoir Edward.
Elle ne précisa pas en quoi il avait raison.
- Si tu t'en vas, Caroline, tu ne profiteras jamais de mon succès !
La femme hésita sur le pas de la porte, mais s'en alla, ignorant les appels désespérés de son époux.
- Caroline ! Caroline ! Caroline !
- Aaaace… debout là-d'dans !
Ace se réveilla en sursaut pour voir son frère penché au-dessus de lui le regardant d'un air moqueur.
Hiken regarda son réveil sur sa table de chevet et grogna en voyant l'heure.
- J'arrive…
Il s'assit dans son lit en se massant le visage puis le bras qui ne conservait qu'une légère cicatrice de ce qu'avait fait Sabo pour le libérer du kairoseki.
- C'est qui cette Caroline ? Ta nana ? taquina Sabo.
- Oh non…
Ace s'en alla prendre des vêtements et aller se doucher. Voilà qu'il rêvait de nouveau des conneries de Kenway.
- Bon, j'ai un truc à faire, mais vu que tu vas bosser avec moi sur le projet, tu profites de mon absence pour apprendre deux trois trucs qui te seront utiles pour éviter la désynchronisation. T'as le choix, soit je demande à un de mes collègues de te former rapidement le temps que je règle mon affaire, soit tu m'attends et on fait ensemble la formation, pointa Ace.
- Je dois apprendre quoi ? s'enquit Sabo alors qu'ils entraient dans l'ascenseur.
- A te déplacer comme un Assassin, à faire le saut de la Foi, utiliser la Vision d'Aigle et les différentes utilisations de la lame secrète.
- Est-ce que ce que tu dois faire à quelque chose à voir avec le café que tu as en main ?
- Exact.
Sabo hésita, puis réfléchit à la situation pour comprendre les motivations de son frère. Son aîné voulait visiblement ne pas l'avoir dans les pattes pendant quelques instants. Devait-il s'imposer ou le laisser faire ?
Le blond soupira quand l'ascenseur s'arrêta au second.
- Je vais t'attendre à l'Animus. J'espère qu'un jour, tu seras de nouveau capable de te confier à moi.
- Ce n'est pas une question de confiance, Sabo. C'est une question que ça n'implique pas que moi personnellement. Je fais vite.
Sabo sortit de l'ascenseur et Ace tripota son communicateur pour le faire aller au premier. Une fois dans l'Atrium, il marcha droit jusqu'à Shaun qui passait l'éponge sur son stand de barista.
- Yo, le British ! J'ai quelque chose pour toi !
Shaun le regarda avec perplexité.
- Quoi donc, Dawn ?
Tout sourire, Ace posa la tasse de café sur le stand, cachant le contenu de sa main.
- Prépare un café.
- Pourquoi faire ?
- Je vais te faire voir la différence entre ton café, et un café instantané classique.
Shaun haussa les sourcils et se décidant de ne pas chercher plus loin, commença la préparation du café.
- Shaun-san…
Le murmure était à peine audible avec le bruit de la machine à café mais Shaun le perçut et regarda Ace qui remonta brièvement la manche de son sweet pour montrer le cuir de l'une de ses lames secrètes.
- Merci.
- Oh. De rien. Merci à toi pour la vidéo.
Ace soupira et joignit les mains sur le présentoir.
- Qu'est-ce qu'il s'est passé ? Comment il a trouvé la mort ?
- Passe une commande, parce que c'est trop long à expliquer, surtout dans un endroit pareil. On pourrait nous entendre même si on parle bas.
Shaun versa le café dans une tasse et la posa sur le stand. Ace se pencha par-dessus pour récupérer une tasse vide identique et versa son café dedans, avant de la mettre à côté du café de Shaun.
- Tourne-toi.
En roulant des yeux, Shaun obtempéra et appuya son dos contre le bord du stand, laissant Ace mélanger les deux tasses.
- Le révolutionnaire gêne ? demanda à voix basse Shaun.
- C'est mon petit frère. On s'était disons perdus de vue à cause des Tenryuubito quand on était gamins.
- Et si c'était un imposteur ?
- Un imposteur n'aurait pas reconnu sa signature sur mon tatouage, ni su que ma nounou était Curly Dadan et encore moins qu'on avait, lui, Luffy et moi, passé un serment de saké pour nous déclarer frères.
Ace finit son mélange et dit plus haut à Shaun de se retourner.
- A toi de goûter.
Shaun prit un premier café et le goûta.
- C'est du café.
- Et l'autre.
Shaun reposa son gobelet et prit l'autre… pour manquer de le recracher.
- Eurg, c'est quoi cette horreur !
- Ton café.
- Impossible ! Je suis la recette à la lettre !
- C'est un art, pour paraphraser la livreuse. Pas une science.
Tout bas, il rajouta :
- C'est possible d'entrer en contact avec les Shirohige pour les dissuader de venir me tirer d'ici ? Je suis en train de devenir un nouveau Seize.
- On a une dette envers le Phénix, donc, je te promets rien. On lui expliquera ce qu'il en est, mais il est en colère parce que tu cherches des excuses pourries, répondit tout aussi bas Shaun.
- Une dette ?
- Je sais pas grand-chose, notre bureau d'Ohara se chargeait de ça, et la majorité des données sont partis en cendre avec le Buster Call, bien avant mon arriver dans l'équipe.
- Est-ce que ça a un rapport avec son âge ?
Shaun haussa les épaules l'air de dire qu'il n'en savait rien.
- Je vais faire une nouvelle commande. J'ai vu un blouson de tissu blanc avec une doublure mauve simplement géniale…
Ace salua Shaun et se dirigea vers l'ascenseur.
- Prends-en de la graine et améliore ton jus de chaussette ! lança Ace en passant le petit pont de verre qui surplombait une partie du gigantesque aquarium qui supportait un autre qui servait de cage d'ascenseur.
- Crève ingrat ! rugit Shaun.
Avec un rire, Ace entra dans l'ascenseur et alla rejoindre Sabo.
Le blond était affalé à proximité de l'Animus de 'appelle-moi Bob' et déconnait avec lui.
- Eh bien, Dawn, tu te fais attendre ! commenta le geek en souriant à son collègue.
- Pour la bonne cause, j'ai mis Shaun-san sur le fait accompli de son jus de chaussette.
- Ahahahaha ! Ce British ne sait pas ce que c'est le vrai café ! Je vais lui en faire, moi ! Un café à faire rugir Big Mum !
- Alors, achète-toi une usine de sucre.
- Si c'est le sosie de Portgas D. Ace qui me le conseille, je vais le faire.
Ok, donc lui aussi savait.
- Prends garde, ami Erudit. Tu risques ton salaire et ta liberté ! Allez, Dawn, ce charmant gentleman m'a parlé d'un certain indien en ton absence, mais c'est pas pour ça que je suis payé, rappela discrètement à l'ordre Sabo.
- Mais bien entendu, Curly !
- Par chez moi, c'est une pub d'un paquet de chips ! T'as pas d'ami ? Prends un Curly ! ricana le geek.
- Chez nous, c'est une bandit de montagnes, explicita le blond. Quand tu veux, Dawn.
Ace invita dans un geste rocambolesque le blond à le suivre et les deux frères s'éloignèrent. Ace, prétextant de se passer une mèche de cheveux derrière l'oreille, éteignit son oreillette, imité par Sabo.
- Erudito. Allié, souffla Sabo.
- Attends d'être dans l'Animus.
Sabo leva un sourcil. Pour lui, l'Animus était le dernier endroit pour avoir une conversation de ce genre.
Ace se laissa tomber sur l'un des sièges de son Animus, puisqu'on en avait ajouté un second pour son frère.
- Bon, Curly, pour la première journée, on va faire la simulation à deux, afin que tu puisses bien prendre en main les moments de reconstruction de la mémoire par l'Animus et comprendre le fonctionnement… mais surtout, l'arsenal de l'Assassin.
- Lennon-san m'a parlé vaguement de la Vision d'Aigle.
- Oh oui, la Vision d'Aigle… un cadeau du dieu Animus… ou de nos précurseurs. L'un n'empêche pas l'autre.
Sabo fronça les sourcils en voyant le regard cendré si typique du D. virer à l'or, comme deux yeux de rapace. Il se souvenait d'un Ace énervé et hors de lui avec des yeux devenant argenté, mais le jaune, c'était du nouveau. La cendre revint dans les yeux du jeune homme alors qu'il prenait son casque d'Animus.
- Pour comprendre, il faut le voir. Donc, on va passer un tuto. Je te demande d'attendre une minute avant de mettre le tien, s'il te plaît. A tout à l'heure !
Et Ace s'enfonça sur le crâne son casque et se laissa aller contre son siège. Son corps se détendit, comme s'il dormait.
Sabo attendit un instant, décomptant la minute, puis mit à son tour le casque, rejoignant la réalité virtuelle de l'Animus.
Ace eu un magnifique sourire quand Sabo le rejoignit dans la ville haute en couleur et animée que l'Animus leur offrait pour cet entraînement.
- Sabo, je te présente La Havana ! Et surtout, mon allié principal dans ce monde de serpent, l'AI de l'Animus que j'ai rebaptisée Ritsu. Elle gérait l'Animus de Desmond avant que les Templiers la récupèrent. Ils n'ont pas réussi à la corrompre et elle est la taupe des Assassins aussi étrange que cela puisse paraître.
« Je suis une création de Crane Rebecca, faite à base de logiciels et d'idées du hackeur de génie qu'était Kazcmarek Clay » se manifesta l'AI.
- Crane-san ? C'est mon contact chez les Assassins, reconnut Sabo. Eh bien enchanté, AI-san.
« Ritsu me convient parfaitement »
- Ritsu s'assure de trier les informations qu'Abstergo récolte sur mes simulations et me coupe en partie de leur espionnage, expliqua Ace. Et c'est elle aussi qui gère tout ce qui est carte, contexte historique, base de données et autres.
« A moins que comme Ace, tu possèdes la Vision d'Aigle, il faudra que tu me fasses signe quand tu voudras l'utiliser. Ace a des nerfs et des connexions dans son cerveau qui y sont dédiés et qui sont repérés par l'Animus, et reproduits dans les simulations. C'est dans son sang, ses gènes, depuis Altaïr. Pas toi.»
- Pourquoi j'ai l'impression qu'en plus d'avoir un père pourri, tu as des gènes pourris ? demanda narquoisement Sabo.
- Attends de découvrir ce que peut faire la Vision d'Aigle, lui dit Ace.
Il avait entraîné Sabo dans les rues de La Havane. Ils faisaient tâche, avec les vêtements modernes dans un monde datant d'il y a quatre cents ans. L'Animus avait rendu la vie à la simulation, mais personne ne prêtait attention aux deux frères qui s'avançaient dans les ruelles de la cité.
- Tu comprends ce qu'ils disent ? demanda Ace.
- Non. Mes connaissances en langues locales se limitent à l'Anglais et deux trois mots de Gyojin. Et toi ?
- Je maîtrisais déjà l'Espagnol. Doma et Vista ont bien voulu me l'apprendre, puisque c'est la langue la plus courante de South Blue, outre le japonais international. L'Animus m'a appris l'Arabe, l'Italien et l'Anglais.
« Je vais palier à ce problème en m'assurant que tu ais une traduction instantanée » assura Ritsu.
Il ne fallut que quelques minutes pour que Sabo note la différence et offre un vif remerciement à l'AI.
- Comment te sens-tu dans le déplacement ? Du mal à marcher ? Je me suis pris des gamelles monstres la première fois que je me suis retrouvé dans l'Animus. Pauvre Altaïr, c'était avec lui que je faisais mes premiers pas.
- Le déplacement, du moins, marcher, ne me pose pas de problème.
- Eh bien on va essayer la course. Et j'ai une bonne motivation pour toi. Tu vois ces gars à droite ? En jaune, là.
Ils venaient de s'arrêter devant une hacienda gardée par des soldats espagnols.
C'est à cet instant, aussi bizarre que cela puisse paraître, que Sabo se retrouva avec quelque chose dans sa poche.
- LADRON ! (Voleur)
- Ce sont des gardes espagnols et je viens de glisser dans ta poche la bourse d'un passant. Cours.
Et Ace était déjà au loin, escaladant quelques caisses tout en vitesse et souplesse pour fuir par les toits. Voyant que les soldats espagnols l'avaient remarqué lui, le révolutionnaire jura et partit en courant à la poursuite de son frère, content que le Free Running fasse partie de ce que lui avait appris Dragon dans sa formation de Révolutionnaire.
Un peu plus loin devant lui, il entendait Ace rire.
Ace était un esprit libre, indépendant, intenable. Des souvenirs que Sabo avait gardé de son frère à l'âge de dix ans, c'était quelqu'un presque aussi hyperactif que Luffy.
L'Animus était certainement la raison faisant que sa captivité ne l'avait pas rendu fou.
Il réussit à monter au niveau de son frère aîné alors qu'ils sautaient d'un toit à un autre pour traverser une rue.
- Tu me le paieras !
- La seule chose que tu risques, c'est une désynchronisation ! lui dit Ace. Je sais pas ce qu'il en sera pour cette version de l'Animus, mais pour les autres, c'était douloureux ! Une bonne motivation pour être sérieux ! Bref ! Tu t'en sors dans la course ?
- Bien obligé avec ces espagnols aux fesses !
- C'est le moment de t'enseigner l'art des Assassins !
Ils sautèrent dans une placette et Ace poussa son frère dans une charrette de foin des environs avant de s'asseoir sur un banc entre deux personnes, les coudes sur les genoux et la tête basse. Le temps que Sabo trouve un moyen de s'arranger dans sa cachette pour voir autour sans se faire voir… Ace était invisible.
Les gardes arrivèrent sur la placette tranquille et cherchèrent autour d'eux. La majorité finit par s'en aller, mais deux des hommes restèrent. L'un s'approcha d'un banc occupé tandis qu'un autre venait vers sa cachette. Le mouvement fut rapide et avec la fluidité de l'eau. Le premier soldat se retrouva assis sur le banc, étrangement immobile, alors qu'Ace se tenait debout devant, avant de se jeter en courant sur le second espagnol, le poignardant dans le dos en le projetant au sol grâce à son élan.
Sabo sortit de sa cachette et regarda le brun jeter le corps dans le tas de foin.
- Initiation aux lames secrètes. Plusieurs types d'assassinat possibles. Le discret, comme j'ai fait depuis mon banc, agressif en se jetant à toute vitesse sur la cible. Le sournois où tu agis brièvement et furtivement en passant et l'acrobatique, en te jetant depuis un toit ou en assassinant quelqu'un depuis un rebord. Je vais te les montrer tous. Dis-moi, tu disais quoi à propos de Lennon-san ?
Ace entraînait un peu plus loin Sabo jusqu'à une copie du palais du Gouverneur, non gardé cette fois. Il trouva la boite dans laquelle Du Casse lui avait dit de piocher ses lames secrètes et l'ouvrit, pendant que le blond lui racontait ce qu'il savait :
- J'ai reconnu le surnom. Pyrobarbare est le surnom d'un Erudito avec qui la Révolution a déjà eu quelques contacts. C'est un groupe de hackeurs doués, plus ou moins anonymes et indépendants. Ils ne sont pas vraiment nos alliés, c'est surtout qu'ils visent à défaire le pouvoir de grosses entreprises, telle que Abstergo.
- Je vois. Un possible allié, donc.
- Yep.
Sabo installa les Lames Secrètes comme il avait vu son frère faire avec les siennes et bougea légèrement ses poignets, faisant jaillir ses lames.
- Comment ça se fait que j'ai pas le crochet que tu as toi ?
- Ce crochet est une variante ajoutée par les Assassins Turques durant l'air d'Ezio Auditore. Ce que tu as, c'est la lame secrète classique. En les travaillant correctement, un expert en armement pourrait y joindre un petit pistolet, un lance fléchette et autres. Ritsu, je vais faire une démonstration du crochet, tu peux me donner un soldat ?
Un soldat espagnol se manifesta de nulle part, à quelques mètres de là sur la terrasse de pierre blanche. L'homme se mit immédiatement en garde, mais cela ne déstabilisa pas Ace. Malgré le fait que ça faisait un mois et demi qu'il bossait désormais sur Edward Kenway, les compétences de son aïeul florentin était toujours dans son sang et son esprit. On ne se débarrasse pas comme de compétences acquises par de longues heures d'usages.
Ace fonça sur lui et lança son bras droit, sa lame secondaire, donc, vers sa cible. Le crochet jaillit et se prit dans le tissu de l'uniforme, permettant à Ace de passer aisément par-dessus son épaule, sans perdre de vitesse dans sa course et déstabilisant son assaillant bien assez pour prendre de la distance. Il revint à l'assaut, et cette fois, Ace accrocha son crochet dans la taille de son assaillant, délogeant une bourse qu'il récupéra, enrageant son assaillant.
- Et bien d'autres fonctions… conclut Ace en attrapant le soldat par le col grâce au crochet pour l'attirer dans sa lame de son bras gauche. C'est Yusuf Tazim qui m'a initié.
- Et c'est qui ?
- Le chef de la cellule de Constantinople à l'époque de la Renaissance.
- Ace, tu n'étais pas né à cette époque. Je t'ai dit quoi sur le fait que tu dois éviter de te confondre avec Kenway ?
Ace eu un soupir alors que le soldat virtuel disparaissait.
- Ok, j'ai revécu la formation au crochet de mon aïeul florentin Ezio Auditore, par ce Yusuf Tazim.
Sabo hocha la tête, satisfait, se faisant une note mentale de contacter rapidement son patron pour trouver un psy. Quelque chose lui disait que son frère en aurait besoin.
Ace fit signe à Sabo de le suivre dans les jardins et le mena au terrain d'entraînement pour l'initier à l'utilisation de la Lame Secrète.
Quand il fut certain que son frère s'en sortait suffisamment, Ace ressortit de l'Animus. Ils alterneraient désormais. D'une part, pour gagner, du temps, et de deux, parce que deux personnes contrôlant Kenway, ça ne pouvait pas marcher et de trois… pas plus de trois-quatre heures dans l'Animus pour ne pas subir les effets de transferts. Si Ace se jugeait déjà perdu, il ne voulait pas que son frangin en soit une victime.
Il garderait un œil sur lui et la montre.
Sabo avait après tout encore une heure trente de simulation avant de devoir laisser sa place pour aujourd'hui.
Hors de l'Animus, il vit la plage de Great Inagua apparaître sur l'écran du poste, avec un Kenway allongé sur le tronc d'un cocotier. Un bref message apparut en haut, incitant Ace à rallumer son oreillette pour qu'il puisse continuer de communiquer avec son frangin.
Edward faisait la sieste sur le tronc courbé d'un cocotier plié par de nombreuses tempêtes quand quelque chose lui frappa le visage.
- Debout Kenway.
Edward grogna, refusant de se réveiller et chercha à tâtons ce qui troublait son sommeil, pour finir par attraper ce qui ressemblait à une branche et la jeter au loin. Il se redressa et regarda autour de lui avec les yeux embrumés par le sommeil, pour voir la silhouette vêtue d'un veston vert aux cheveux noirs retenus par un bandana. Une personne qui alla récupérer la branche.
« Tu m'entends ? » demanda la voix d'Ace.
- Ace ? demanda Sabo alors que tout se figeait autour de lui.
La voix de son frère semblait venir de partout à la fois.
« Yep. Je pourrais te donner quelques informations que m'a déjà transmises Ritsu ou que j'ai découvertes dans les mémoires. Je te présente James Kidd, le bâtard de William Kidd. »
- Un rapport avec Eutass Kidd ?
« Pas la moindre idée. »
-Merci de l'information.
« Avec plaisir ».
Kenway s'assit sur le tronc de l'arbre et demanda en se frottant les yeux :
- Thatch est là ?
- Il est parti ce matin avec Marco et le galion. Ils sont persuadés qu'on saura faire bon usage de cette vieille crique. Si on veut que ce man o' war arrive en un seul morceau à Nassau, fallait bien que le Phénix l'accompagne.
- Forcément, outre nos propres hommes, avec ton navire qui est arrivé hier soir, Thatch répond de Hornigold et n'a pas d'équipage à proprement parler.
- Exact. Même avec le physique d'un gosse de onze ans, Marco doit être le seul homme au monde à pouvoir manier le navire sans équipage à son bord.
- Ma question est certainement stupide, mais je ne suis pas navigateur. Le contrôle de ce navire nécessite tellement de gens ? demanda Sabo.
« Le gallion fait la taille de trois hommes en hauteur et largeur, et d'une baleine en longueur. Sans parler des trois mâts, sa navigation est une épreuve de force. Faire bouger ce genre de navire est un véritable enfer. » répondit Ritsu.
« Marco doit avoir perdu en compétence, depuis le temps. » commenta pensivement Ace.
- Pourquoi donc ?
« Je me souviens clairement de l'avoir entendu dire qu'il n'avait pas encore les compétences nécessaires pour faire naviguer seul le Moby Dick et qu'il lui fallait au moins une dizaine d'hommes pour le faire, alors qu'ici, Kidd sous-entend qu'un homme adulte et un Marco enfant le peuvent. »
- Intéressant.
Kidd ramassa sa branche. Sabo ne put s'empêcher de trouver sa façon de bouger assez efféminée pour un homme. La façon dont Kidd rassembla ses genoux pour se baisser et ramasser sa petite branche, sa façon de conserver ses coudes contre ses côtes pendant qu'il jouait avec.
- On va en faire quelque chose de cette vieille crique, assura Kenway, pas du tout dans la même lignée de pensée que Sabo. Il y a assez de place pour y cacher une flotte. On pourrait tous venir s'y installer.
Il regarda le village de pécheurs qui était surplombé par l'ancien manoir de Du Casse.
- Ma femme se laisserait même convaincre.
Il sauta de son arbre et s'avança légèrement sur la crique pour mieux regarder le port, alors que derrière lui, Kidd allait s'adosser à un arbre pour continuer à jouer avec sa branche. Sa voix était à la fois pleine de sarcasmes et dubitative quand il rebondit sur le statut de Kenway :
- Marié ? Vraiment ?
Sa tête disait « quelle femme aurait été assez folle pour épouser un type comme Edward ».
« Je rejoins Kidd sur ce point ! » lança Ace en commentaire.
- Aux yeux de Dieu, je le suis, mais elle est partie il y a longtemps.
- Peu importe, n'en parle à personne. La majorité des pirates n'ont aucun respect pour ceux qui prête allégeance à autre chose qu'au rhum et au pillage.
Et il lui donna une accolade pour lui signifier son sentiment et empathie. Comme Ace l'avait déjà remarqué, Sabo sentit au travers les couches de tissu un étrange objet rectangulaire dans la manche de Kidd. La forme lui rappelait les lames secrètes qu'il avait lui-même aux poignets. Kidd était-il un des leurs ?
Great Inagua n'avait plus de soldats dans les environs. Tous avaient dû soit jurer allégeance aux pirates, soit nourrir les poissons.
Il n'y avait à présent que quelques villageois et des hommes des deux capitaines prenant du bon temps à terre.
Kidd et Kenway étaient partis faire de l'exploration dans la jungle des alentours pour voir s'il n'y avait pas quelque chose d'intéressant par là. Kenway était en train de fouiller les cahutes de ce qui avait servi de logement aux gardes postés dans la jungle quand Kidd l'appela, lui disant avoir trouvé quelque chose. La voix venait d'au loin, forçant Sabo à courir pour le rejoindre, sautant par-dessus un tronc d'arbre, avant de se figer dans la clairière où Kidd l'attendait.
Des ruines Maya.
Des structures venues d'un autre temps.
C'étaient surtout des piliers à moitié détruits par le temps, avec un ou deux vestiges d'habitations de pierre. Sabo contourna l'un des piliers, appréciant les couleurs légèrement éteintes dues au temps, mais les gravures étaient presque intactes pour la plupart.
Il comprenait presque la passion de Nico Robin pour l'archéologie. C'était un spectacle assez surprenant et émouvant. Quelque chose de magique. Poser les yeux sur un lieu sans âge qu'aucun humain n'avait pu contempler depuis des lustres…
- Drôle de structures, non ? Venues d'un autre temps, commenta Kidd.
- Qui les a construites ? Les Maya ou les Aztèques ? demanda Kenway
« Maya, nous sommes trop au sud pour les Aztèques » répondit Ritsu.
Sabo allait la remercier du renseignement quand il remarqua la façon dont Kidd le regardait. Un air pensif et interrogateur. Comme s'il s'apprêtait à tester quelque chose.
- T'es doué pour les énigmes, Edward ? Les devinettes, les mystères, tu vois le genre ? demanda Kidd.
- Autant que n'importe qui. Pourquoi ?
- Je crois que t'as un don inné pour ça. Ta façon d'agir et de penser. Ta manière de voir le monde.
Mais que sous-entendait Kidd ? Et surtout, il voulait quoi à la fin ?
- Oh, j'en sais trop rien. Tu parles par énigmes, là, j'ai déjà du mal à te suivre, commenta Edward avec un sourire narquois qui était un peu sa signature.
Kidd désigna du doigt un pilier plus coloré que les autres.
- Grimpe au sommet de cette chose, tu veux ? Je vais avoir besoin de ton aide. Concentre-toi, fais appel à tous tes sens. Regarde au-delà des ombres et des bruits, au cœur de la matière, jusqu'à ce que tu perçoives une sorte de chatoiement.
- Un chatoiement…
- What the fuck… ? Il me parle que quoi, là ? demanda Sabo alors qu'il était grimpé sur le pilier que lui avait désigné Kidd.
« Confirmation, ce gars est un Assassin. Le Chatoiement est une référence claire à la Vision d'Aigle. Si on dit ça, c'est parce que via la Vision d'Aigle, le monde autour change de couleur et est légèrement déformé. Tout est noir et gris, voire blanc ou argent. Comme le chatoiement de la lune. Ritsu, je pense que tu vas devoir bientôt lui appliquer la Vision d'Aigle.» répondit Ace.
« Je reste attentive. » assura l'Ai.
- Tu comprends ? s'enquit Kidd en notant le ton pensif d'Edward, comme si ça lui rappelait quelque chose.
- Je crois, oui, avoua le blond. J'ai déjà vu des choses semblables. Une lueur, comme la lune sur l'océan.
Ritsu choisit cet instant pour appliquer la Vision d'Aigle et comme l'avait indiqué Ace, le monde se déforma légèrement, apparaissant plus bombé ou tordu, dans une infinité de nuances entre le noir et le gris. Kidd, à côté du pilier, lui apparaissait en un bleu plus que lumineux et d'autres piliers dans les environs brillaient d'une lueur blanche, avec des traits partant de chacun d'eux, comme pour désigner un point entre.
- Ah ! Je comprends. Je connais ça. Je le fais depuis mon enfance. C'est comme si j'utilisais tous mes sens à la fois. Voir les bruits et entendre les formes. Quel mélange étonnant.
Kenway sauta de son perchoir pour se diriger là où il avait vu que les traits se rejoingnaient.
« Le bleu signifie allié, l'or, la cible, l'argent ou blanc lumineux, soit des cachettes, soit des éléments importants. Le rouge, c'est un ennemi. On va partir sur le signe du 'je me tapote deux fois la tempe' pour signal afin que Ritsu puisse l'appliquer. » expliqua brièvement Ace.
Kidd continuait toujours son discours sur la Vision d'Aigle :
- Tous les hommes et les femmes de cette Terre ont une forme d'intuition tapie au plus profond de leur être.
- J'ai possédé ce sens toute ma vie... Mais je croyais qu'il était lié à ces choses que je vois dans mes rêves.
« Rêves ? Mais de quoi il parle ce bougre d'idiot » marmonna Ace.
- Shh, j'essaye de suivre, rouspéta Sabo.
- La plupart ne le découvre jamais. Certains ne le révèlent qu'après des années de pratique. Mais pour de rares élus, c'est aussi naturel que de respirer. Ce que tu ressens, c'est la lumière de la Vie. Des choses vivantes d'aujourd'hui et d'hier. Le résidu de la vitalité, désormais dissipée. Les sens d'un homme s'affûtent bien au-delà de ce qu'ils ont à sa naissance. À force de pratique. Marco a ce même sens, dû à son zoan. Il dit que c'est ainsi que les oiseaux de proies voient le monde.
Sabo applaudit mentalement la présentation du sens par Kidd. Ce n'était pas très explicatif, mais c'était assez poétique et empreint de mystère. Pendant ce temps, Kenway avait déterré une sorte de pierre au point où se rejoignaient les lignes qu'il avait vues reliant les piliers et les rochers en surbrillance. La pierre était taillée et maya d'origine.
- T'as un don de la nature, Edward, commenta Kidd.
- C'est plutôt étrange. Ça vaut quelque chose ? s'enquit Kenway.
Ah. Sabo comprenait ce qu'Ace entendait par Cupidité en parlant de son aïeul.
- Pas son poids en sable, répondit-il à la grande déception du pirate blond. Mais si tu les trouves toutes, t'auras droit à quelque chose de grandiose.
« Génial, de la collecte ! » songea narquoisement Ace.
- Il y en a beaucoup ?
- Quelques dizaines, je crois. Par ici. J'ai autre chose à te montrer. J'ai trouvé autre chose par ici. Je crois que ce secret sera bien plus à ton goût.
- Ah, ça, ça ressemble à un mystère.
Kidd entraîna Edward un peu plus profondément dans la jungle. Ils descendirent une pente, traversèrent deux tunnels taillés dans la roche.
- Impressionnant, non. C'est Marco qui me l'a montré hier soir. Et attend de voir ce qu'il y a au bout. On n'est pas allés bien loin, puisqu'il devait partir ce matin, mais nous, on a tout le temps du monde.
En disant ça, ils parvinrent dans ce qui était une grotte. Plus la moindre présence de végétation. Il faisait noir comme dans un four, pourtant, le sol de sable disait que l'endroit était assez fréquenté. Ils s'enfoncèrent un instant avant de percevoir une faible lueur jaune vacillante, qui grandissait au fur et à mesure qu'ils s'avançaient. Ils finirent par arriver dans des souterrains. Au vu du style tout à fait colonial, c'était récent. La lumière venait de flambeau et beaucoup de sacs de toile immenses, utilisés pour le transport de marchandise gisaient çà et là contre les murs de pierre.
Les deux pirates avaient cessé de courir.
Kidd tourna sur lui-même, les bras écartés et dit avec un sourire de coin en désignant les lieux :
- Nous y voilà ! Qu'en penses-tu ?
Ils arrivèrent dans une anti-chambre de pierre, avec d'immenses coffres malheureusement vides et une bouteille d'alcool toute aussi peu pleine.
- Je pense que monsieur Du Casse aimait les secrets, après avoir inspecté les coffres.
Kidd montra un escalier sur la droite qui montait vers la surface en confirmant le commentaire de son ami.
- En effet, et regarde ça : un escalier dont on ne connaît pas la destination. Où est-ce qu'il mène, d'après toi ?
- Compte tenu de la réputation de du Casse, je ne serais pas surpris d'y trouver d'atroces instruments de torture. Une vierge de fer ou une collection de brodequins !
- Ou une poire d'angoisse ! approuva Kidd.
Les deux pirates échangèrent un rire alors qu'ils grimpaient les marches de l'immense escalier. Sabo lui-même était d'accord sur la plaisanterie, même s'il ne savait pas assez de Du Casse pour répondre au commentaire. Ils continuèrent leur escalade jusqu'à se retrouver de l'autre côté d'un passage secret que quelqu'un avait de toute évidence oublié de refermer.
En passant de l'autre côté, ils se retrouvèrent dans une maison de belle allure, riche et un coup d'œil par les grandes baies vitrées disait qu'on était dans le manoir de Du Casse.
Monsieur avait vraiment eu la belle vie.
Il y avait bon nombre de coffres, pleins, cette fois et d'autres sacs de marchandise.
Mais ce qui attira l'attention des deux pirates, ce fut une cellule très sécurisée incrustée dans le mur d'une des pièces, fermée par plusieurs serrures en or.
- C'est pas une jolie manière de mourir. Mais ça, c'est un bel équipement, commenta Kenway en regarda le squelette attaché par les poignets à l'intérieur depuis le haut de sa cellule, avec une tenue assez solide à la limite de l'armure.
« Au vu de la croix rouge sur la ceinture de l'armure, c'est un Templier » nota Ace.
- Essaie la clé que t'as prise à du Casse, conseilla Kidd.
- En voilà une. Plus que quatre, nota Kenway en insérant aisément sa clef dans l'une des nombreuses serrures à la verticale, au centre des barreaux.
Il tourna la clef dans la serrure tout en haut, faisant que les barreaux correspondants se déverrouillèrent. Pendant ce temps, Kidd s'était approché d'une table où s'étalait une carte.
- Oui. Peut-être que ces quatre Templiers les ont. Tu vois ces noms, ici ? Ils ont été envoyés pour tuer ces quatre cibles, pronostiqua Kidd en montrant la carte à Kenway.
Ace jura comme pas deux. Sabo ne comprit pas, jusqu'à ce qu'Edward jure à son tour, inquiet :
- Bon sang ! C'est la carte que j'ai vendue au gouverneur Torres, à La Havane !
Kidd regarda son camarade en plissant les yeux.
- Il m'a dit qu'elle indiquait les campements d'Assassins, continua Kenway.
Kidd s'éloigna d'un pas de la table et se tourna vers Kenway, la furie brillant dans ses yeux avec un dégoût clair.
- Tu crois pas que tu devrais les avertir, non ? S'il y a encore un cœur qui bat dans ta poitrine ? grinça l'homme qui luttait pour ne pas perdre devant sa colère.
- C'est dans mes cordes. Surtout si ça me mène aux autres clés.
« N'a-t-il donc aucune morale ? Aucun savoir vivre ? Aucune conscience ? » pensa Sabo.
« Tu comprends pourquoi je le déteste. » lui répondit Ace d'un ton dégoût.
« HEY ! Ce sont mes pensées ! Vire de là ! »
« Ah bon ? »
« La communication marche sur les ondes cérébrales et pas le langage à proprement parler. » se contenta de dire Ritsu.
- S'il n'y a vraiment que ça pour te convaincre, grommela Kidd, tout aussi déçu et dégoûté par Kenway que les deux autres.
Et il s'éloigna sous le regard perplexe de son camarade.
Sabo avait erré un peu dans Great Inagua, et vu Edward offrir la totalité de l'or de Du Casse dans la construction d'une ville pour la flotte qui y serait abritée sous peu. Surtout qu'Adéwalé avait trouvé des cartes maritimes et des registres qui leur faciliteraient les choses.
Sa marche le ramena finalement au port, où il vit que Kidd se tenait sur son navire, un schooner, pendant que ses hommes se préparaient à lever l'ancre. Le pirate venait de raccrocher un denden. Cela fit rire mentalement Sabo et Ace. Ces escargots existaient depuis un bail, apparemment.
- Tu t'en vas déjà ? demanda Edward à son ami, depuis l'embarcadère.
Kidd se tourna vers son ami sans descendre, appuyant son pied sur un canon. Il avait repris son contrôle depuis la scène chez Du Casse, puisqu'il ne laissait plus présager la furie qui l'avait habité un peu plus tôt dans la journée.
- Je crois que cet endroit est fait pour toi, Edward. Bien davantage que cette tenue, pointa Kidd.
- Oh, qu'est-ce que tu dis... On est des pirates, Kidd. On prend sans demander, on fait selon nos envies. C'est notre seul code ! répondit Edward avec un sourire un peu moqueur sur les lèvres en faisant les cents pas sur l'embarcadère.
- Mais ça, ça te va pas. T'es pas cette personne, insista Kidd.
« C'est quoi le problème avec la tenue ? Bon ok, ça peut ressembler de loin à une bure, mais faut pas pousser. » grommela Sabo.
« Jusqu'à récemment, c'était l'uniforme des Assassins. » répondit Ritsu.
« Oh ! »
- Et je suis quoi alors ? s'enquit Edward après avoir regardé sa tenue.
- C'est dur à dire, mon ami. Tout ce que je sais, c'est que t'aimes prendre des risques, commenta Kidd en croisant ses bras sur sa poitrine.
Et comment…
- Et l'Observatoire. Je crois que tu en sais bien plus que t'en a dit à Nassau. Toi et Marco, vous me menez en bateau. Vous savez quelque chose.
Le navire leva l'ancre et les voiles gonflées commencèrent à mettre l'embarcation en marche. Kenway posa un pied sur une des caisses sur le port, alors que Kidd remontait le pont de son navire pour rester au même niveau que son camarade.
- Ah. T'as senti ça, alors ? Retrouve-moi à vingt degrés, trois minutes de latitude Nord, au large des côtes du Yucatán. D'ici quelques semaines, j'aurai quelque chose à te montrer.
Et le navire s'en alla vraiment.
La destination lancée par Kidd correspond aux environs de la cité de Tulum. Il n'y a rien là-bas, à l'époque, outre la jungle et des ruines. » informa l'Animus.
« Eh bien allons-y » songea Sabo.
Ses pieds le firent longer l'embarcadère pour arriver jusqu'au brick. Depuis son acquisition, le navire avait reçu plusieurs améliorations, dont l'ajout de deux mortiers et une coque bien plus résistante. Sabo grimpa au bord.
« Edward était le timonier. Va à la barre. » pointa Ace.
Les pieds du révolutionnaire s'orientèrent vers la poupe, il grimpa la dizaine de marches pour la rejoindre et se positionna devant la barre, Adéwalé à sa droite qui venait de lui laisser le gouvernail.
- Quel est notre cap, capitaine ? C'est une belle journée pour la piraterie, lança joyeusement le noir.
- Qu'est-ce que t'as en tête ? s'enquit Kenway.
- Je serais ravi de voler dans les plumes de ces maudits Anglais. Et si on peut les détrousser, je vais pas m'en plaindre.
- Je croirais entendre un Gallois, Adé ! rit franchement Edward.
- Et toi, qu'est-ce que tu veux faire ? s'enquit son bras-droit avec bonne humeur.
- Master Kidd a fait allusion à une prise qu'il meurt d'envie de me montrer, vers Tulum. C'est plutôt loin d'ici. Sur la péninsule de Yucatán.
- Et il va partager avec nous ?
« Même Adé s'y met ? » s'étonna Ace.
- J'en sais rien. Mais ce Kidd a le chic pour me poser des problèmes de conscience. Je ferais mieux d'aller l'y retrouver sans tarder.
« Whouawe, t'as une conscience ? » pensa moqueusement Sabo.
Le rire d'Ace, qui fut ignoré par Kenway et Adéwalé car extérieur à la mémoire, fit grogner Sabo. Plus moyen de penser en paix sans avoir de D. fouineur dans son crâne.
« J't'ai entendu ! »
« Y'a pas moyen de le virer de là ? » (note bêta : allons bon, vlà les frangins qui s'engueulent maintenant !)
« Pas sans rameuter le Service Informatique qui jugera l'Animus défectueux et remarquera certainement que j'ai piraté les circuits. » informa Ritsu.
- Tant qu'on récolte notre moisson de prises en chemin, l'équipage comprendra, pointa Adéwalé largement plus rationnel que son capitaine. Mettons le cap sur Tulum.
« Time's up pour toi, Sab' ! Sors de là, on va faire le point »
