Coucou ! Nouveau drabble et premier drabble de la série post-Reichenbach. Ces drabbles sont, contrairement aux autres, issus à 100 % de mon imagination, avec pour certains une possibilité de spoilers. Vous voilà prévenus.

Ce drabble centré sur John m'a été inspiré par la chanson « ICU » de Lou Doillon, dont est tiré l'extrait ci-dessous.

Bonne lecture !


ICU

« And I see you, in every cab that goes by, in the strangers,
At every cross road, in every bar.

(...)

Cause all that's left now
Are my dreams and memories »

C'est environ un mois après la chute qu'il avait commencé à faire ce rêve. Il était dans une rue étroite, sans fin lui semblait-il. Le goudron noir se détachait sur les façades blanches aux contours indistincts des immeubles environnants et allait en se rétrécissant, créant un point de fuite vers l'horizon. Après quelques minutes à errer dans cette rue sans rencontrer âme qui vive, une forme sombre apparaissait devant lui.

D'abord d'aspect brumeux, la forme devenait ensuite plus consistante et il pouvait voir alors se dessiner un manteau, long et étroit autour de jambes tout aussi maigres. Puis c'est une tête qui apparaissait au niveau du col, une tête dont il aurait reconnue la chevelure bouclée entre milles.

Alors, il commençait à crier :

« Sherlock ! Sherlock !

Sherlock ….! Attends-moi ! »

Mais le détective semblait ignorer ses appels, marchant dans un pas tranquille dans cette rue à destination indéterminée.

« Sherlock ! »

Les cris s'étouffaient dans sa gorge, alors qu'il courait vers la silhouette, qui sans accélérer son pas, semblait pourtant s'éloigner de lui, comme aspirée par l'horizon.

Les sanglots se mêlaient alors à ses cris et c'était généralement à ce moment là que John se réveillait en sursaut dans son lit, le visage trempé de larmes.

Le rêve pouvait se prolonger dans la journée, lorsque, épuisé par la nuit agitée de la veille, il s'endormait sur son bureau de son cabinet de médecin.

Puis les visions ont commencé. Il voyait Sherlock dans le bus qu'il prenait chaque matin pour aller à son cabinet, au supermarché où il avait l'habitude de faire ses courses … Au cimetière alors qu'il allait déposer des fleurs devant la tombe de marbre noir. Et chaque jour passé à le voir ainsi évoluer avec lui en permanence, rendait les visions plus réelles, plus vraies.

Il en avait parlé avec sa psychologue.

« Il est normal John, après la perte d'un être cher, de voir cette personne en permanence, que ce soit par le biais des rêves ou dans la vie de tous les jours. Ce n'est pas une maladie, ni un signe de démence, mais une manière de faire son deuil. »

« Je ne veux pas faire mon deuil, il est là, je sens, je sais ça peut paraître fou mais c'est comme s'il... veillait sur moi.»

La psychologue avait alors marqué une pause : « Vous voulez dire comme un ange gardien ? »

Il avait ricané.

« Un ange gardien ? S'il y a bien une chose que Sherlock détestait, c'était d'être pris pour un bon samaritain. Mais de toute façon, vous savez quelle réputation lui ont collé les médias ... »

Il n'avait dès lors plus relancé le sujet depuis, même si les visions continuaient de le poursuivre.

Certains jours, il tentait de se libérer de sa présence, buvant plus que la raison ne l'exigeait au bar du coin. Mais, parfois, il se surprenait à aller dans des endroits que lui et Sherlock avaient l'habitude de fréquenter, des endroits remplis de souvenirs heureux, juste dans l'espoir de le faire revenir.

Because he was just a fool.

... One more thing. One more miracle, Sherlock, for me... Don't be... Dead.

Would you do that, just for me?


J'espère que ce drabble vous aura plu.

A très bientôt,

Lizzy221B