Alors voilà pour le chapitre 10! Désolée pour cette attente un peu plus longue qu'à l'habitude. Avec la fin de mon Bac, un nouvel emploi et une nouvelle maison dans le dernier mois, je me suis tenue assez occupée! Ça ne m'a pas empêché d'écrire avec beaucoup de plaisir sur mon couple préféré ;) J'adore compliquer leur relation tout en la faisant évoluer doucement. J'espère que vous apprécierez autant que moi !

Le prochain est déjà en cours!

Bonne lecture :)

Chapitre 10 - Premier baiser

- Tu veux me passer le tournevis étoilé, s'il-te-plait ? demanda la femme.

Végéta, qui était appuyé nonchalamment sur le mur de la chambre de gravité, s'approcha à pas paresseux pour aller fouiller dans le coffre à outils. Il trouva rapidement ce qu'elle lui demandait et lui tendit.

- Merci, dit-elle en le prenant à l'aveuglette.

Cela faisait près d'une heure qu'elle était couchée sous le panneau de contrôle. Elle avait pratiquement tout démonté dans le but de comprendre ce qui ne fonctionnait pas. Malheureusement, elle n'avait toujours rien trouvé et comme la journée tirait à sa fin, Végéta bouillonnait.

Si elle n'avait pas pris tout l'après-midi à régler ses trucs avec l'un de ses clients aussi ! Le ''petit problème'' qu'elle avait dû régler en vitesse s'était révélé beaucoup plus complexe qu'elle lui avait laissé croire. Elle y avait consacré tout le reste de l'après-midi ainsi qu'une partie de la soirée. Elle ne s'était penchée sur la réparation de la chambre de gravité que depuis peu.

- Alors ? demanda-t-il.

- Arrête de me demander ça à toutes les cinq minutes ! grogna-t-elle d'une voix étouffée.

- Combien de temps ça prendra encore ?

Elle sortit de sous le panneau de contrôle et s'appuya sur ses coudes pour le regarder d'un air agacé.

- Vas faire un tour, tu veux ? Tu m'énerves !

Végéta bougonna en retournant s'appuyer contre le mur. Elle s'étendit de nouveau sur le sol pour disparaître sous le panneau de contrôle. Il la regarda un instant travailler, puis il ferma les yeux pour se calmer.

- J'ai presque terminé, dit la voix étouffée de la femme. Sois patient...

Le Saiyen rouvrit les yeux. Patient. Il avait fait preuve de plus de patience aujourd'hui que dans la dernière année ! Pour quelqu'un dont les hormones lui jouaient autant de tours ces temps-ci, il croyait s'être montré suffisamment patient jusqu'ici. Encore était-elle chanceuse que son '' impatience '' lui ait seulement coûté un téléphone. Si ça continuait, ce serait le laboratoire en entier qu'elle allait regretter.

Il sourit méchamment en s'imaginant l'air qu'elle afficherait s'il détruisait son précieux bâtiment.

- Bon ! s'exclama-t-elle. Je crois que j'ai trouvé.

Végéta sortit de ses pensées et s'approcha d'elle à pas pressés pendant qu'elle se relevait péniblement. Sa combinaison verte, la même qu'il avait tenté de retirer plus tôt dans la journée, était très sale. Elle commença à ranger ses outils dans le coffre.

- Alors ? répéta-il.

Elle lui lança un regard désapprobateur, mais répondit tout de même.

- Je ne sais pas ce qui t'a pris, le câblage électrique est complètement bousillé.

- J'ai... perdu le focus l'espace d'une seconde.

Elle lui fit un sourire taquin. Elle s'abstint toutefois de passer un commentaire.

- Tu devras faire plus attention à l'avenir. Certains circuits ne fonctionnent plus du tout. Je vais devoir changer le panneau au complet.

- Et ça prendra combien de temps ?

- Je dirais... environ une semaine ou deux.

Une semaine ou deux ? Mais elle était complètement folle ! Il n'allait pas attendre tout ce temps !

- Je n'ai pas une semaine ou deux ! dit-il, paniqué. Fais-le plus vite ! Vous avez réussi à construire un nouveau vaisseau en moins de temps après que le premier ait explosé !

- Je n'étais pas seule pour le construire, mon père m'a aidé. Et puis, je suis très occupée ces temps-ci. J'ai d'autres priorités.

- Je m'en fous ! Prends le temps ! Je veux qu'il soit prêt d'ici la fin de la semaine !

- C'est impossible, Végéta. Je vais devoir commander certaines pièces et je ne pourrai pas les recevoir aussi rapidement.

Malgré l'énervement évident et le ton impératif du prince, elle était restée calme. Et ça l'agaçait encore plus. Elle ne semblait pas comprendre toute l'importance que cela avait pour lui.

Mais elle trouvait toujours le moyen de lui servir des arguments plus convaincants que les siens.

Insatisfait, Végéta tourna les talons pour sortir du vaisseau. Elle l'interpella avant qu'il n'ait le temps d'ouvrir la porte.

- Demain matin, je dois aller chercher des pièces pour l'avion. Je vais avoir besoin de ton aide pour les charger dans le camion, dit-elle.

Désapprobateur, le Saiyen se tourna vers elle.

Elle allait avoir besoin de son aide ? Pour transporter des pièces ? Et puis quoi encore ?

Végéta eut envie de protester. Mais en la voyant, il hésita.

Les bras chargés du coffre à outils, l'humaine faisait de petits pas pour compenser le poids de celui-ci. Ses traits étaient tirés, son visage était sale et sa combinaison était dans un pire état encore. Il entendit son estomac gronder en même temps que le sien. Il était déjà l'heure d'aller se coucher, mais tous deux n'avaient toujours pas mangé. Elle avait l'air épuisé.

Il se rappela aussi de leur petit accord. Il lui avait déjà promis de l'aider en échange de son temps.

Un sentiment désagréable l'envahit. Un sentiment qui lui fit immédiatement ravaler ses répliques.

Mais qu'est-ce qui lui prenait ? Pourquoi se sentait-il aussi mal ? Il n'y avait vraiment aucune raison ! Si elle ne voulait pas avoir à faire du temps supplémentaire pour réparer le vaisseau, elle n'avait qu'à le construire plus solide.

Pourtant... le malaise était là, bien ancré à l'intérieur de lui.

Inconfortable, il se contenta de serrer les dents en émettant un léger grognement. Puis, d'un geste malhabile, il la débarrassa du coffre à outils.

Elle lui sourit. Elle semblait plus légère tout à coup.

- Nous partons à 8 heures demain matin, dit-elle en rattachant ses cheveux bleus. Bon ! Je meurs de faim ! Sortons d'ici.

Elle sortit du vaisseau avant lui. Il lui emboîta le pas. Il était affamé lui aussi. Il aurait pu aller manger plus tôt, mais il sentait le besoin de s'assurer que les travaux de réparation s'effectuaient à un rythme raisonnable. Nul besoin de mentionner que ça exaspérait l'humaine.

Une fois dans le jardin, celle-ci attendit qu'il la rejoigne. Il la vit alors jeter un rapide coup d'oeil sur sa tenue.

- Tu ne portes plus ton armure, constata-t-elle.

Il ne répondit rien. En effet, depuis quelques semaines, lorsqu'il s'entraînait, il ne portait qu'un short moulant. Autrement, il était vêtu d'un simple jean et d'une chemise légère en lin. Comme c'était le cas ce soir.

Ils marchèrent côte-à-côte vers la maison un instant.

- Pourquoi ? demanda-t-elle.

- Elle n'est plus en état, justifia-t-il sèchement.

- Oh ! Oui, je me rappelle qu'elle était abimée lorsque tu es revenu de ton voyage avec le vaisseau.

Végéta accéléra le pas pour mettre de la distance entre eux. La journée n'avait pas été particulièrement bonne et il n'avait pas envie qu'elle en rajoute avec ses questions. Elle le suivit jusqu'à la porte de la maison.

- D'ailleurs, je me suis toujours demandé jusqu'où tu étais allé durant ce voyage. T'es-tu arrêté sur une planète en particulier ? Qu'as-tu fait exactement ?

Végéta resta silencieux. Ce n'était pas vraiment de ses oignons et il ne se sentait pas bavard. Il se rendit d'un pas pressé jusqu'à la cuisine à peine éclairée en prenant soin d'ignorer royalement l'humaine. Les Briefs devaient déjà être au lit à cette heure.

Il ouvrit le réfrigérateur et tomba sur un plat de saumon que Mme Brief avait mis de côté. Il vida la totalité du contenant dans une seule assiette.

- Hum hum, entendit-il derrière lui. J'ai faim moi aussi.

La femme l'avait suivi jusque dans la cuisine. Elle lui tendait une assiette vide pour qu'il la remplisse. En grommelant, il s'exécuta.

- Merci, dit-elle avec son joli sourire.

Il plaça sa portion dans le micro-onde pour la réchauffer. La femme s'installa au comptoir sans le quitter des yeux.

- Je te demande ça parce que je suis curieuse de savoir jusqu'où le vaisseau peut aller, rajouta-t-elle. Tu connais ses capacités mieux que moi. Tu l'as beaucoup utilisé.

Végéta ne quitta pas son assiette faiblement éclairée par la lumière du micro-onde des yeux.

Elle n'abandonnait pas facilement, ce soir.

- J'ai passé la plupart de mon temps à chercher Kakarot, tu le sais, marmonna-t-il.

- Oui, mais tu dois t'être arrêté quelque part, non ? Tu n'es pas resté tout ce temps à voyager.

Le micro-onde sonna pour annoncer que son plat était prêt. Il le saisit et s'installa à l'autre extrémité du comptoir afin de mettre le plus de distance possible avec l'humaine.

- J'ai du atterrir sur deux ou trois planètes...

- Oh ! dit-elle en se levant pour faire chauffer son plat à son tour. Et les planètes, elles ressemblaient à quoi ? Y avait-il de la vie ? Des gens ?

- C'était toutes des planètes sur lesquelles j'étais déjà allé. Durant mon service pour Frieza. Elles étaient toutes inhabitées.

- Inhabitées ? Pourquoi ? demanda-t-elle innocemment en s'installant sur un tabouret en face de lui avec son plat. Parce qu'il n'y avait pas d'oxygène ? Pas d'eau ? Il faisait trop chaud ?

Il s'arrêta un instant d'engloutir son repas pour fixer ses yeux bleus. Elle parût un peu surprise qu'il la regarde aussi directement. Il avait évité son regard toute la journée.

En fait, il se demandait pourquoi elle ne faisait pas le lien.

Il ne prit pas la peine de prendre des gants blancs lorsqu'il lui répondit.

- Parce que j'ai tué tous ceux qui y vivaient sous les ordres de cette immonde créature.

Elle ne broncha pas. Elle semblait choquée. Un silence total régnait dans la pièce. Elle savait qu'il n'était pas innocent, mais c'était la première fois qu'il se confessait ouvertement. Étrangement, il voulut savoir ce qu'elle en pensait.

Comme elle ne réagissait pas, Végéta attendit.

En déposant sa fourchette, il lui offrit un demi-sourire qui la fit parler.

- Ça t'amuses ? dit-elle enfin sur un ton rocailleux.

- Pas vraiment.

- Alors pourquoi tu souris en disant de telles choses ?

- Disons que... c'est toi qui m'amuse.

- Pourquoi ?

- Parce que ça t'affecte. Tes petits sentiments d'humaine faible sont ébranlés.

- Pas toi ? Ça ne te fais rien de penser que tu as tué autant de gens innocents ?

Il scruta son visage. Elle ne semblait pas apeurée, ni en colère. Elle était plutôt... curieuse. Et peut-être légèrement contrariée.

- Non.

La femme resta silencieuse un instant pendant lequel Végéta recommença à s'attaquer à son assiette.

- Comment ? Comment peux-tu ne pas être affecté par ça ? demanda-t-elle faiblement.

- Pas vraiment le choix, dit-il la bouche pleine. Quand la loi du plus fort s'applique, on n'a pas le choix. Quand on est rendu au niveau élite comme moi, on ne peut pas se laisser atteindre par quoique ce soit, sinon ça nous rend faible. J'ai été élevé comme ça. Et puis, c'est un peu dans ma nature de Saiyen de tuer sans remords.

- Goku est un Saiyen et il ne ferait pas de mal à une mouche.

À la mention de ce nom, Végéta se crispa.

- Tu oublies qu'avant d'avoir reçu ce coup sur la tête, Kakarot avait été envoyé ici pour tous vous éliminer. Après cela, il a été élevé par un humain, à vécu comme un humain et est devenu faible. Comme un humain.

- Et toi, tu oublies que c'est Goku qui a tué Frieza. C'est grâce à lui si tu es ici, en train de t'empiffrer de la cuisine de ma mère. C'est grâce à lui si tu n'es plus obligé de décimer des populations entières.

- Qu'est-ce qui te fait croire que cela me libère ? Qu'est-ce qui te fais croire que je me plais ici ? Tôt ou tard, j'aurais fini par me rebeller et tuer cette vermine de toute façon. J'aurais fini par faire valoir mon titre. Et je ne serais pas ici, à perdre mon temps avec de faibles humains comme vous. Tu as l'air de croire que je dois quelque chose à Kakarot alors qu'il ne possède ni ne vaut rien de plus que le prince des Saiyens.

- Et toi, qu'est-ce qui te fait croire que tu es plus fort que lui ? répliqua-t-elle d'un ton froid et sarcastique.

Végéta plissa le nez en l'entendant tenir de tels propos. Il eut la terrible envie de lui sauter à la gorge.

Au lieu de ça, il finit par étirer le coin droit de sa bouche.

- Vous ne comprenez vraiment rien, pauvres humains. Kakarot a peut-être réussi à se transformer en super Saiyen avant moi, mais je le dépasserai. Facilement. À ce moment, lorsque je vous exterminerai, lui et ta race au complet, tu comprendras comment les sentiments de ce pauvre idiot ne font absolument pas le poids face à ma puissance. Ils font plutôt sa faiblesse. Votre faiblesse.

Elle prit le temps de terminer sa dernière bouchée avant de répondre.

- Je ne te crois pas, chuchota-t-elle.

Végéta, surpris, leva les yeux de son assiette pour la regarder.

- Quoi ? dit-il.

- Je ne te crois pas, répéta-t-elle encore plus faiblement. Tu dis toutes ces choses, mais tu ne les penses pas vraiment. Toi aussi, tu as des sentiments. Peut-être même plus que Goku.

La tête basse, elle le fixait droit dans les yeux. Son regard bleu intense ne cilla pas une seule seconde. Elle semblait analyser sa réaction.

Elle dut y voir quelque chose, car une dizaine de secondes plus tard, elle lui sourit et déposa sa main droite à plat sur le comptoir. Puis, lentement, elle allongea le bras de quelques centimètres pour faire avancer sa main vers lui en glissant sa paume sur la surface de marbre de la table.

- Qu'est-ce que tu fais ? demanda Végéta d'un air suspicieux.

Elle ne dit rien, se contentant de soutenir son regard. Sa main continuait toujours de glisser prudemment dans sa direction.

- Je n'ai pas envie que tu me touches. Arrête, ordonna le prince.

Elle obéit. Sa main arrêta d'avancer. Ses doigts frôlaient presque le dos de sa main maintenant. Elle sourit encore plus.

- Je ne te crois pas, dit une fois de plus la femme. Tu te plais ici. Tu es libre.

Dans un mouvement presque imperceptible, elle plia les doigts pour caresser doucement sa main. Végéta frissonna.

- Arrête de te cacher derrière autant d'indifférence et de cruauté. Ça n'impressionne personne. Surtout pas moi.

Elle remonta le long de sa main jusqu'à son poignet avec le bout de ses doigts. Là, elle commença à caresser son avant-bras avec son pouce jusqu'à ce qu'elle rencontre la proéminence de son biceps tendu à l'extrême.

- C'est ça qui t'empêche de progresser. Végéta... c'est ça qui te rend faible.

Lorsqu'elle prononça ses mots, Végéta explosa.

En l'espace d'une seule seconde, il bondit de sa chaise, passa par-dessus le comptoir et se jeta sur l'humaine. La chaise de celle-ci bascula vers l'arrière et la seconde d'après, ils se retrouvaient tous deux par terre, elle sur le dos et lui par-dessus elle, les deux mains fermement appuyées sur ses épaules pour la maintenir au sol.

La vaisselle qu'ils avaient utilisée pour partager le repas alla se fracasser sur le sol. Des milliers d'éclats de porcelaine et de verre se répandirent autour d'eux dans un bruit assourdissant.

Végéta voyait rouge. Il n'avait qu'une envie; serrer suffisamment fort ce cou si fragile pour ne plus jamais entendre un seul son sortir de la bouche de cette femme. Sous l'effet de la colère, il serra ses épaules encore plus fort, à la limite de lui briser les os.

Instinctivement, elle vint porter ses mains autour de ses poignets pour tenter de le faire desserrer son étreinte. Elle aurait aussi bien pu ne rien faire, ça ne changeait absolument rien. La résistance qu'elle lui opposait était minime. La seule raison pour laquelle elle était encore en un seul morceau était que le Saiyen avait réussi à garder un léger contrôle de lui-même.

Elle se débattit quelques secondes en bougeant dans tous les sens. Rapidement, Végéta emprisonna ses jambes entre les siennes pour qu'elle s'immobilise.

- Comment oses-tu me traiter de faible, sale humaine, cracha-il.

Il serra les épaules de l'humaine un peu plus fort. Elle émit un faible gémissement. Il fallait qu'il se calme. Autrement, il la tuerait.

- Tu m'as refusé tout ce que je demandais aujourd'hui, poursuivit-il. Tu me manipules. Tu me distrais. Tu m'empêches de m'entraîner. Voilà pourquoi je ne parviens pas à me transformer ! Et en plus, tu me traites de faible ? Je ne sais vraiment pas ce qui m'empêche de t'éliminer sur-le-champ !

- Végéta... arrête... tu me fais mal !

Végéta, le souffle court, la fixa droit dans les yeux, prêt à répliquer. Prêt à la tuer. Cependant, pour la première fois, il vit de la peur dans ses iris. Et de la souffrance.

Cela lui déplut automatiquement.

Mais qu'est-ce qui lui arrivait ?

Ce n'était pas dans ses habitudes de perdre le contrôle sur sa force. Ses gestes n'étaient plus calculés. Il était en train de la blesser. Et il détestait ça. Il se mit même à se détester de la voir souffrir à cause de lui.

Mais qu'est-ce qui lui arrivait ?

Ce n'était pas dans ses habitudes de regretter de faire souffrir quelqu'un. Or, à cet instant, voir ses yeux bleus se remplir de larmes et son visage délicat se tordre de douleur était insoutenable.

Végéta était si contrarié qu'il fut contraint de desserrer sa poigne, sans toutefois lui permettre de bouger. Le souffle court elle aussi, elle soutint son regard pendant plusieurs longues minutes durant lesquelles elle se calma. Les larmes s'estompèrent tranquillement.

Elle reprit rapidement ses esprits.

- Végéta... je ne comprends pas... je ne cherche pas à te manipuler ! Je ne te refuse rien. Je vais réparer ce vaisseau. Pour toi ! Pour que tu puisses continuer à t'entraîner !

Elle reprit son souffle un instant. Elle semblait réfléchir à ce qu'il venait de lui dire.

- Quand tu dis que je te refuse tout... que je te distrais... Si tu parles du sexe... alors là... je te rappelle que c'est toi ! Toi qui as refusé ! Je t'ai offert d'annuler mon rendez-v...

- Tais-toi ! coupa-t-il.

Mais pourquoi fallait-il toujours qu'elle ramène la discussion à ça ? Croyait-elle vraiment que là était le problème ? Elle ne comprenait vraiment rien...

- Végéta... chuchota-t-elle.

Son regard s'adoucit. D'un coup, il sentit ses mains, toujours placées autour de ses poignets, se resserrer d'une façon très différente. Passant d'une étreinte plutôt défensive, elle les entoura d'une façon beaucoup plus... invitante.

Puis, d'un geste fluide et assuré, elle remonta en exerçant une pression ferme le long de ses bras jusqu'à ses épaules. Finalement, elle alla placer ses paumes derrière sa nuque en enfonçant ses doigts dans ses cheveux noirs.

Il la sentit alors forcer pour l'attirer vers elle.

- Qu'est-ce que tu fais ? demanda Végéta qui ne comprenait pas l'attitude de la femme.

Il venait de l'attaquer, il venait de la blesser et la voilà qui se mettait à le caresser. Une personne saine d'esprit n'aurait jamais, devant un assaut venant de sa part, réagit de la sorte. Pourtant, c'est exactement ce qu'elle était en train de faire. Elle le caressait. Et elle voulait l'attirer vers elle pour accentuer le contact physique.

Une fois de plus, le comportement téméraire et changeant de l'humaine l'ébranla encore plus.

Une fois de plus, il en oublia sa colère instantanément.

Perdu, Végéta desserra une main, puis la deuxième. Il appuya ensuite ses paumes sur le sol de chaque côté de la tête de l'humaine. Il pouvait voir les traces rouges que ses mains avaient laissées sur sa peau blanche.

Qu'elles étaient ses intentions ?

Plus tôt dans la journée, elle lui avait annoncé qu'ils allaient devoir arrêter de coucher ensemble. Elle ne cherchait donc pas de sexe...

- Qu'est-ce que tu veux ?

- Ça me parait plutôt clair, non ? répondit-elle en riant.

À moins qu'elle ait balayé ses résolutions ?

Comme pour confirmer sa théorie, elle l'attira encore plus vers elle. Ne sachant trop quoi faire, Végéta se laissa aller.

Lentement, il plia les coudes. Leurs visages se rapprochèrent d'une trentaine de centimètres.

Mais qu'est-ce qui lui prenait d'être aussi peu discipliné ? Il l'attaquait, la blessait et la seconde suivante, il se laissait séduire.

Mais... non. Ce n'était pas tout à fait de la séduction... Pas le genre de séduction à laquelle il était habitué en tout cas. Le langage corporel de la femme lui semblait différent...

- Je ne comprends pas... avoua-t-il.

La femme enfonça ses doigts plus fortement à l'arrière de sa tête. Ses coudes plièrent encore un peu plus.

- Je croyais que...

Il plongea dans les yeux bleus de la femme. Décidément, une petite lueur qu'il n'avait jamais vu encore y brillait. C'était du désir, mais une forme de désir qu'il n'avait jamais connu auparavant. C'était différent de lorsqu'elle désirait son corps. Elle ne cherchait pas de sexe.

- Qu'est-ce que tu veux ? répéta-t-il.

Elle ne répondit pas.

Végéta fut prit d'un léger étourdissement. Instinctivement, il baissa les yeux, attiré par un mouvement imperceptible qu'elle venait de faire avec ses lèvres. Elles étaient légèrement entrouvertes. Il pouvait voir briller la pointe de ses dents immaculées à l'intérieur de sa bouche. Un souffle régulier et chaud s'y échappait. Elle glissa ses doigts dans ses cheveux avec beaucoup de douceur. Le Saiyen fut parcouru d'un frisson qui voyagea de la tête aux pieds.

Enfin, elle parla.

- Embrasse-moi, frémit-elle.

Quoi ? L'embrasser ? Il lui avait pourtant déjà dit... il ne ferait pas ce genre de chose avec elle. Jamais il ne lui ferait cadeau d'un tel signe d'affection. Il croyait qu'elle avait enfin compris, car jusqu'à maintenant, elle n'avait pas récidivé durant le mois dernier.

Pourtant, elle venait clairement de lui demander, ou plutôt de lui ordonner, de l'embrasser. Les bras autour de sa nuque, les doigts enfoncés dans ses cheveux, elle continuait de l'attirer vers elle. Et les coudes de Végéta fléchissaient de plus en plus.

Le Saiyen se laissait entraîner. Il se laissait gagner sans savoir comment résister.

L'espace qui séparait leurs visages était maintenant si restreint que leurs nez se frôlèrent. L'odeur enivrante de la femme l'envahit d'un coup. La mince part de lui qui la repoussait se volatilisa en même temps.

En levant les yeux, il vit les paupières de l'humaine devenir de plus en plus lourdes. Il pouvait sentir le coeur de cette dernière battre à tout rompre contre sa propre poitrine. D'un léger mouvement, elle releva le menton pour rapprocher sa bouche. Végéta se perdit dans la contemplation de celle-ci pendant quelques secondes. Une bouche aux contours bien dessinés qui semblait de plus en plus appétissante.

Puis, comme hypnotisé, il entrouvrit les lèvres à son tour.

Dans un souffle, il inspira une bouffée de l'air qu'elle venait d'expirer. Il goûta un instant à ce soupir qui effleura sa langue et qui lui donna des vertiges. Il en redemanda.

Il se demanda si les lèvres de cette femme étaient aussi alléchantes.

L'odeur de son cou. Le teint de sa peau. La chaleur de son corps. Le goût de son haleine. La colère qu'elle lui avait inspirée. L'incompréhension de son attitude. Puis ce désir. Un désir complètement différent de celui auquel il était habitué. Même son ki était différent. Il l'envahissait, littéralement. Il l'empêchait de penser.

Végéta était complètement envouté. Le temps lui semblait s'être arrêté.

Et elle semblait se trouver exactement dans le même état que lui.

Son coeur s'emballa. Sa tête se mit à tourner.

Étourdi par autant de sensations inconnues, il s'abandonna à celles-ci. Il s'approcha encore plus d'elle, jusqu'à ce qu'il frôle la lèvre supérieure de la femme avec sa lèvre inférieure.

Le contact fut presque imperceptible.

Mais il était là. Il était en train de perdre le contrôle.

Il allait l'embrasser.

Puis, d'un coup, sans avertissement, Végéta se désista. Avec toute la force de ses bras, durant un éclair de lucidité, il se propulsa vers l'arrière pour aller se plaquer contre le mur à l'autre bout de la pièce.

Surprise, l'humaine prit un temps pour comprendre qu'il n'était plus étendu sur elle.

Et qu'il ne l'embrasserait pas.

Elle cligna des paupières à plusieurs reprises, puis fronça les sourcils.

La colère venait de le gagner de nouveau. Son souffle était redevenu court. À cette distance, il pouvait retrouver ses esprits. Furieux, il la pointa d'un doigt accusateur.

- Toi, cracha-t-il. Ne t'approche plus de moi. Je ne veux plus entendre parler de tes histoires. Ne me demande plus de t'embrasser, n'essaie plus de me charmer ! Je n'ai pas besoin de ça ! Et ne t'avise plus de m'insulter de quelque manière que ce soit.

Et sans un mot ni un regard de plus, Végéta gagna sa chambre en volant à toute vitesse à travers la maison.

Une longue douche froide allait probablement lui remettre les idées en place.

La semaine qui suivit cet épisode fut la plus pénible que Végéta eut connu depuis son arrivée sur Terre.

Sans chambre gravitationnelle ni robots, l'entraînement du Saiyen en prenait un coup. Et son humeur aussi.

Sans oublier que ses jours pourtant déjà interminables étaient maintenant régulièrement ponctués de querelles, de répliques cinglantes et de regards froids partagés avec la femme aux cheveux bleus. Après la scène qui s'était produite sur le sol de la cuisine, leur relation s'était en effet dégradé au plus bas. Si l'un avait le malheur d'ouvrir la bouche, l'autre répliquait impunément. Ils avaient pris l'habitude de se tolérer, mais là, la simple présence de l'autre menait à une tension intolérable qui irritait tous ceux qui se trouvaient à proximité. Et comme il avait promis d'aider les Briefs en échange de la réparation du vaisseau, il se retrouvait plus souvent qu'autrement coincé avec cette femelle insupportable.

M. Brief, qui se trouvait souvent dans les parages lors de la construction de l'avion, avait même dû intervenir à quelques reprises. Par chance, il tenait son rôle d'intermédiaire au sérieux. Autrement, sa fille ne serait probablement devenue qu'un tas de poussière dès la première journée.

Le Saiyen, inconfortable dans une telle situation, passait donc la majorité de son temps libre à éviter les humains. Il préférait s'éclipser dans les montagnes pour s'entraîner et ne revenait à Capsule Corp. que pour manger, dormir ainsi que remplir sa part du contrat en apportant son aide à la construction de l'avion. La plupart des tâches étaient simples. Elles consistaient majoritairement à soulever des objets très lourds ou à tirer sur des câbles pour aligner des pièces. Végéta les effectuaient sans rechigner.

Mais sans chambre gravitationnelle, Végéta s'ennuyait. C'est pourquoi il insistait pour être présent lors des réparations. Le soir, après le repas, la femme remplissait sa propre part du contrat. Elle avait passé ses cinq dernières soirées dans le vaisseau. Végéta, quant à lui, supervisait minutieusement sa progression en se tenant le plus à l'écart possible. Cet exercice, bien sûr, exaspérait l'humaine, mais il lui avait vite fait comprendre qu'il ne la laisserait pas travailler sans sa présence. Cette routine irritait Végéta et il tenait à ce qu'elle y mette fin le plus rapidement possible.

Le jeudi après-midi cependant, alors que Végéta pratiquait une série de déplacements dans le jardin, il vit la femme, vêtue de sa combinaison de travail, se diriger vers le vaisseau. Elle transportait son éternelle boîte à outils, ce qui signifiait qu'elle allait y travailler. Elle n'avait pas l'habitude de venir faire ses réparations aussi tôt, mais Végéta la rejoignit sans passer de commentaire. Satisfait qu'elle commence de si bonne heure, il la suivit jusque dans la salle gravitationnelle.

Elle débuta son travail sans lui adresser un seul mot ou regard. L'habituelle tension qui les animait lorsqu'ils se trouvaient à proximité s'installa rapidement. Le Saiyen, fidèle au poste, l'ignora du mieux qu'il put et s'appuya sur le mur de la chambre en croisant les bras.

Au moins, elle semblait enfin avoir compris qu'il était urgent pour lui de s'entraîner.

Une heure passa sans que Végéta ne bouge un seul muscle.

Puis, il la vit sortir de sous le panneau de contrôle pour se mettre sur ses pieds. Elle rangea ensuite ses outils et se nettoya minutieusement les mains à l'aide d'un chiffon comme elle le faisait lorsque la journée tirait à sa fin. Le soleil était pourtant encore bien haut dans le ciel.

Intrigué, Végéta décroisa les bras.

- Tu as terminé ? demanda-t-il. C'est réparé ?

Elle lui lança un regard froid.

- Bien sûr que non, répliqua-t-elle sur un ton encore plus glacial.

- Alors pourquoi tu t'arrêtes ?

Elle se dirigea vers la porte de sortie, la tête haute.

- J'ai rendez-vous ce soir. Je dois aller me préparer.

Quoi ?! Elle allait écourter sa séance de réparation pour sortir ?

Végéta la rattrapa. Il voulut la saisir par le bras pour la retenir, mais s'en abstint.

- Il n'en est pas question ! Je fais absolument tout ce que vous me demandez, toi et ton père ! Tu dois faire ta part aussi ! Continue ! ordonna-t-il.

Mais elle poursuivit son chemin comme si de rien n'était. En prenant soin de l'ignorer royalement, elle sortit du vaisseau. Une fois dans le jardin, Végéta courut derrière elle.

- Femme !

- NE M'APPELLE PAS COMME ÇA ! vociféra-t-elle sans même se retourner.

- Répare le vaisseau ! Je t'interdis d'aller à ce rendez-vous !

Cette fois-ci, elle ne fit pas semblant de ne pas l'avoir entendu. Elle tourna brusquement les talons et lui lança des éclairs avec ses yeux.

- Tu m'interdis ?! TU M'INTERDIS ?! Si tu avais voulu m'empêcher d'aller à ce rendez-vous, tu sais très bien ce que tu aurais dû faire ! Maintenant, c'est trop tard ! Tu ne m'interdiras rien du tout. Je ne suis pas à ton service. J'ai une vie en dehors de toi, Monsieur le Prince ! Fiche-moi la paix !

Végéta lui lança un regard noir. Par chance pour elle, ils furent interrompus à cet instant.

- Oh oh ! Les enfants !

Leur attention fut dirigée vers la voix mélodieuse qui les interpellaient.

- C'est bientôt l'heure du repas ! Cessez de vous quereller les amoureux et venez vous mettre à table, chantonna Mme Brief en agitant la main dans les airs pour les attirer.

Elle portait un tablier imprimé de fleurs et avait un verre de vin à la main. L'humaine se dirigea vers sa mère à pas décidés.

- Maman, tu le sais, j'ai un dîner ce soir. Akami passera me chercher à 18h. Je ne mange pas avec vous.

- Oh... j'avais complètement oublié, dit-elle, un peu déçue.

Elle retrouva vite son sourire cependant.

- Hé bien, au moins, nous pouvons compter sur toi, Végéta !

En guise de réponse, celui-ci grommela en s'approchant de la maison. Il était furieux, mais au moins, il n'aurait pas le ventre vide.

Il suivit les deux femmes jusqu'à l'intérieur à une distance raisonnable, puis se dirigea vers la salle à manger. C'était là que les Briefs prenaient le dernier repas de la journée. Une fois installé à table, il fixa l'humaine alors qu'elle se dirigeait vers les escaliers, ses cheveux bleus volant derrière elle.

Un rendez-vous ! Mais qu'est-ce que c'était que cette histoire ? En quoi cela était-il plus important que la réparation de sa chambre gravitationnelle ? Chez les Saiyens, se trouver un partenaire n'impliquait pas toutes sortes de traditions superflues comme pour les humains. Et ils n'y attribuaient surtout pas autant d'importance ! Maudite humaine. Elle ne comprenait absolument rien ! Si seulement elle pouvait avoir les priorités aux bons endroits !

Alors que Végéta ruminait ses pensées noires à l'endroit de sa fille, M. Brief ne tarda pas à le rejoindre à table. Il s'installa devant le Saiyen, un verre de scotch à la main.

C'était le même qu'il avait bu quelques mois plus tôt. En voyant la couleur ambrée du liquide, Végéta se rappela de ce goût merveilleux et eut envie d'en avoir un verre. Un peu d'alcool l'aiderait probablement à se détendre.

L'homme aux cheveux mauves, qui le fixait d'un air intrigué, remarqua son intérêt. Sans tarder, il se leva de sa chaise pour aller chercher un verre à la cuisine. Quelques secondes plus tard, il déposait la consommation devant lui. Végéta s'en empara et but sa première gorgée en fermant les yeux. La petite brûlure qui accompagnait le passage du liquide dans sa gorge le calma un peu. Le goût était exactement comme il s'en rappelait. Délicieux.

- Alors, Végéta. Comment avance la réparation du vaisseau ? demanda le chercheur qui s'était de nouveau installé à table. Ma fille y consacre beaucoup de temps. D'après ce qu'elle m'a dit, les réparations sont plutôt compliquées.

- Hum, répondit platement le prince en enfilant son verre d'une traite.

M. Brief n'avait pas choisi le bon sujet au bon moment. Heureusement, lorsqu'il vit la tête que faisait Végéta, il parut le réaliser. Il se racla la gorge.

- Tu aimes le scotch à ce que je vois. Tu en veux un autre verre ?

- Oui, s'il-vous-plait.

Le chercheur attrapa la bouteille et lui en versa à nouveau.

- Merci, dit Végéta.

Les deux hommes restèrent un instant silencieux. Bien qu'ils n'avaient pas beaucoup d'interactions, Végéta aimait bien M. Brief. Il n'était pas aussi bavard que sa femme et surtout pas aussi envahissant et contrôlant que sa fille.

Ce soir-là cependant, le regard qu'il avait posé sur lui indiquait que quelque chose le tourmentait. Son scotch à la main, il faisait rouler le côté gauche de sa moustache entre ses doigts comme lorsqu'il était préoccupé.

- Dis-moi, j'ai cru remarquer que toi et ma fille... vous avez de la difficulté à vous tolérer... particulièrement ces derniers jours, commença-t-il. Je me demandais...

Par chance, il fut interrompu par sa femme, qui venait d'arriver les bras chargés d'un énorme plat rempli de nourriture. Tout en jacassant, elle plaça une assiette devant lui ainsi que devant son mari. Puis, elle leur servit une portion avant de s'asseoir à son tour aux côtés de M. Brief.

Le repas se déroula comme d'habitude. Mme Brief parla sans arrêt, son mari écouta et posa quelques questions et Végéta, silencieux, engloutit le contenu de tous les plats en vitesse. Il aurait préféré manger seul, mais au moins, M. Brief semblait avoir oublié de le questionner sur sa relation avec sa fille. Et la nourriture était particulièrement bonne, ce qui contribua à le mettre de meilleure humeur.

Végéta venait de prendre une deuxième bouchée de sa tarte meringue au citron lorsqu'il entendit des pas descendre les escaliers. La femme aux cheveux bleus apparut quelques secondes plus tard.

L'ambiance s'alourdit instantanément.

Elle était vêtue d'une petite robe d'été noire à bretelle très délicate qui laissait entrevoir sa poitrine généreuse. Ses cheveux légèrement vagués tombaient sur ses épaules et elle s'était maquillée discrètement pour faire ressortir le bleu de ses yeux. En la voyant arriver, il avala sa bouchée de travers.

Enfin, elle s'installa à table aux côtés de son père, en diagonale de Végéta. Elle ne l'avait pas quitté des yeux depuis qu'elle avait mis le pied dans la pièce. Elle le défiait du regard sans aucune gêne.

- Oh ma chérie ! s'exclama Mme Brief. Tu es magnifique !

- Merci maman.

- Ton ami est vraiment chanceux ! Il vient te chercher quand ?

- Il devrait arriver d'ici une dizaine de minutes, répondit-elle sèchement sans ciller.

Son ton direct fit taire sa mère. S'ensuit alors un énorme silence autour de la table pendant lequel elle n'abandonna pas l'air furibond qu'elle affichait à l'intention de Végéta. Le prince, quant à lui, ne comprenait pas trop ce qu'elle semblait lui reprocher. Les humaines étaient bien compliquées...

Mais bon, ce n'était pas bien différent des jours précédents.

Voyant que le malaise perdurait, il brisa le contact visuel pour s'attaquer de nouveau à son dessert.

L'humaine croisa les bras fermement contre sa poitrine et lâcha un soupir interminable.

Végéta perdit patience. Elle n'avait toujours pas cessé de le fixer.

- Quoi ? cracha-t-il.

- Rien.

Et c'était repartit.

- Pourquoi tu me regardes comme ça alors ?

- Pour rien, je viens de te le dire, dit-elle d'un ton cassant.

- Très bien, alors regarde ailleurs.

Elle n'en fit rien. Végéta déposa sa fourchette dans son assiette. La tension était palpable. Sans un mot, M. et Mme Brief regardaient leur fille et leur invité tour à tour en suivant leur échange cinglant.

L'humaine, toujours aussi sérieuse, commença à tapoter impatiemment sur la table avec le bout de ses doigts.

- Tu fais exprès ? demanda le Saiyen.

- Exprès pour quoi ?

- Pour m'énerver.

- Non.

- Alors arrête !

- Toi, tu fais exprès d'être aussi désagréable avec tout le monde ici ? répliqua-t-elle.

Végéta plissa le nez et recommença à manger avec empressement. S'il devait tolérer la présence de l'humaine, au moins il le ferait en mangeant son dessert préféré.

Mais la femme ne lâcha pas le morceau.

- Si au moins tu pouvais manger comme quelqu'un de civilisé. On ne t'a pas enseigné les bonnes manières, le Prince ? À moins que les Saiyens ne soient tous des êtres arrogants, imbéciles et crasseux comme toi.

- MAIS QU'EST-CE QUI TE PRENDS ? Laisse-moi tranquille, idiote !

- Oh là ! STOP !

Tout le monde cessa de parler pour se retourner vers la voix qui venait de s'élever.

C'était Mme Brief. Elle avait vraisemblablement mis de côté sa bonne humeur légendaire et s'était redressée sur sa chaise en les pointant du doigt. Pour la première fois, Végéta vit la couleur de ses yeux.

Il fut aussi surpris que M. Brief et sa fille de la voir dans cet état.

- Vous deux ! poursuivit-elle. Non seulement vos querelles ne vous mènent à rien, mais en plus, vous êtes intolérables ! Vous êtes tous les deux d'une humeur massacrante depuis le début de la semaine et vous vous tolérez encore moins que d'habitude ! Je ne sais pas ce qui se passe entre vous, mais réglez ça au plus vite ! J'en ai assez !

Sur ces paroles, elle prit rageusement les plats vides au centre de la table pour s'éclipser vers la cuisine.

Mal à l'aise, M. Brief se racla encore une fois la gorge.

- Tu veux encore du scotch, Végéta ? demanda-t-il.

- Humm...oui...

Le chercheur s'exécuta sans un mot de plus. Pendant quelques secondes, le seul bruit qui se fit entendre dans la pièce était celui du liquide qui coulait dans son verre.

Puis, on cogna à la porte.

Sans attendre, la jeune femme bondit de sa chaise et alla nerveusement ouvrir.

Derrière se trouvait l'homme aux cheveux dorés qu'il avait vu lorsqu'il était allé à l'usine. La femme l'invita à entrer et l'attira vers la salle à manger pour le présenter à son père, qui s'était lui aussi levé de sa chaise pour lui serrer la main. Sans attendre, Mme Brief, qui avait retrouvé son éternel sourire, fit irruption dans la pièce pour s'annoncer. Elle lui offrit un verre de sangria, que le jeune homme déclina poliment. Végéta, quant à lui, termina sa part de tarte sans lui prêter la moindre attention.

L'humain portait un pantalon noir, des souliers parfaitement cirés et une chemise ajustée bleu marine. Ses cheveux étaient ramenés vers l'arrière et Végéta pouvait sentir l'odeur de parfum qu'il dégageait de l'autre bout de la pièce. Un faible humain. Rien de plus.

''Encore plus faible que le précédent'' ricana intérieurement Végéta.

- Je vais chercher mon sac à main et mes chaussures et je suis prête, annonça alors la jeune femme en se dirigeant vers la penderie.

- Nous sommes bien contents de faire ta connaissance, Akami, affirma M. Brief d'un ton solennel. Je retourne au laboratoire. Passez une belle soirée.

Enfin, le chercheur s'éclipsa vers le jardin en même temps que sa femme retournait à la cuisine en fredonnant gaiement.

Akami remarqua à cet instant la présence de Végéta, toujours assis à la table. Il lui fit bonjour de la main. Le Saiyen ne répondit pas. Il se contenta de le fixer, un sourire narquois aux lèvres.

- Bon, je suis prête ! On y va ! dit l'humaine d'un ton mélodieux.

- Avant qu'on parte, j'ai quelque chose à vous donner mademoiselle Brief, dit l'homme d'une voix grave.

- Appelle-moi Bulma, s'il-te-plait.

- Très bien, alors j'ai quelque chose pour toi, Bulma, dit-il en riant.

Végéta ricana. Il était pathétique.

Puis, il vit celui-ci tendre à l'humaine une dizaine de fleurs écarlates. Automatiquement, les joues de celle-ci tournèrent de la même couleur que le bouquet.

- Ohh ! Akami ! C'est si gentil ! Merci, dit-elle, le visage fendu par un énorme sourire.

Végéta leva les sourcils. Mais pourquoi cet homme lui offrait-il des fleurs coupées ? Et pourquoi était-elle aussi heureuse, tout à coup ? Est-ce que c'était un autre de ces rituels ridicules des humains ? Il n'avait jamais vu son partenaire précédent poser un tel geste pourtant.

- Je vais les mettre dans l'eau, attends un peu, dit la femme.

- En fait, nous sommes un peu en retard pour la réservation. Ton domestique peut le faire, répondit l'homme en levant les yeux vers le Saiyen.

Le ''domestique'' en question plissa les yeux.

Avait-il rêvé ? Est-ce que c'était vraiment lui qu'il qualifiait de domestique ? Mais d'où il sortait ça lui ? Végéta, le prince des Saiyens, un domestique ? Cet homme devait vraiment être imbécile pour le prendre pour quelqu'un de ce rang.

Un peu confus, Végéta posa ses yeux sur l'humaine. Elle semblait très mal à l'aise tout d'un coup.

Puis, il comprit. C'était elle qui lui avait dit qu'il était un domestique. Elle n'avait pas voulu qu'il sache qu'il vivait sous leur toit en tant qu'invité depuis plus d'un an. Et surtout pas qu'il occupait la chambre voisine de la sienne.

Elle devait lui avoir donné cette excuse lorsqu'il s'était présenté à l'usine pour lui porter des paquets.

- Heu... en fait... dit l'humaine, Végéta est...

- Je vais m'en occuper, coupa celui-ci.

Il eut envie de s'amuser un peu.

Lentement, Végéta se nettoya les mains et se leva de sa chaise. Puis, il se dirigea vers le couple. Il s'approcha en prenant soin de regarder la femme droit dans les yeux. Il tendit le bras pour prendre le bouquet et ne put s'empêcher de lui faire un sourire en coin au passage.

Elle lui tendit les fleurs, incertaine. Il les prit en courbant légèrement l'échine, sans la quitter des yeux cependant.

- Végéta... murmura-t-elle.

- En passant, dit l'homme aux cheveux dorés, je suis Akami. Nous n'avons pas eu l'opportunité de nous présenter la dernière fois.

Il lui tendit la main.

Végéta se rappelait ce que lui avait indiqué l'humaine la première fois que quelqu'un lui avait proposé sa main d'une telle façon. Sur Terre, la coutume voulait qu'il devait la serrer.

Avec le même sourire en coin, Végéta leva les yeux vers ceux de l'homme. Il était plus grand que lui, mais il ne se laissa pas imposer. Lentement, il leva la main vers la sienne.

- Heuuu... dit l'humaine.

Elle voulait probablement interrompre leurs présentations. Elle savait mieux que quiconque que tout être vivant qui traitait le prince des Saiyens de domestique n'était pas particulièrement le bienvenu à faire sa connaissance.

Elle ouvrit de grands yeux lorsque leurs mains se touchèrent. Végéta enveloppa sa paume, pourtant beaucoup plus grosse que la sienne, en prenant soin de bien placer ses doigts autour de ses jointures jusqu'à son poignet. Puis, lorsqu'il sentit l'homme exercer une légère pression sur sa main, il serra à son tour.

La poignée de main dura une fraction de seconde, mais ce fut suffisant pour que le sourire niais de cet homme ne s'efface complètement. En l'espace d'une aussi petite rencontre, chaque jointure de la main d'Akami craqua sous la pression que Végéta exerçait. Le déplacement de quelques-unes d'entre elles se firent même entendre dans toute la pièce. L'homme aux cheveux dorés tenta de le cacher, mais Végéta vit dans ses yeux verts à quel point il eut mal. Il vit dans son visage qu'il venait de comprendre qu'il valait mieux ne pas trop traîner dans les pattes de ce ''domestique''.

Végéta, quant à lui, n'avait pas cessé de lui servir son demi-sourire. Tout en tenant le bouquet de fleur, il prit un malin plaisir à serrer la main de cet homme.

Un peu trop même.

- Bon ! Ça suffit ! Allons-y ! s'exclama la femme d'une voix un peu enrouée.

Elle saisit son cavalier par le bras, qui se frottait maintenant les doigts et l'entraîna avec empressement vers l'extérieur. Avant de refermer la porte, elle prit le temps de jeter un dernier coup d'oeil à Végéta. Elle en profita pour former avec ses lèvres un seul mot qui lui était destiné.

Végéta put facilement le deviner.

''Imbécile !''

Incapable de se retenir plus longtemps, il éclata de rire.

Lorsque la porte fut refermée sur eux cependant, l'hilarité fut étouffée par un étrange sentiment. Il se rappelait l'avoir déjà ressentit une fois, alors qu'il était dans le laboratoire. Cependant, cela lui était toujours inconnu et il ne sut l'identifier. C'était désagréable. Très désagréable.

Maussade, Végéta se détourna de la porte d'entrée. Il saisit la bouteille de scotch toujours posée sur la table ainsi que son verre avec la ferme intention de passer la soirée tranquille dans sa chambre. Avant de monter à l'étage cependant, il fit un crochet par la cuisine, où il lança rageusement les fleurs rouges dans la poubelle.

Il était presque minuit et Bulma, les cheveux dans le vent, se laissait conduire jusqu'à chez elle par Akami. Cela faisait quelques minutes qu'ils n'avaient pas échangé et elle commençait à sentir ses paupières devenir lourdes. La radio jouait en arrière plan et un léger sourire aux lèvres, elle se laissa bercer par la musique.

La soirée avait été parfaite. Akami avait réservé une table dans l'un des meilleurs restaurant italien de la ville. Ils avaient passés une bonne partie de la soirée à faire connaissance et à discuter de leurs vies respectives. Ils avaient beaucoup ri lorsqu'il lui avait partagé quelques anecdotes de soirées alors qu'il était encore à l'université. Elle avait passé par le même chemin et s'était rappelé elle aussi de ces soirées incroyablement arrosées et mouvementées auxquelles elle avait participé lors de sa formation.

En fait, la soirée permit à Bulma de constater qu'ils avait beaucoup de points en commun. Comme elle, Akami adorait se renseigner sur toutes les formes de technologies que ce soit. Il s'intéressait aussi beaucoup à ses projets, autant au sein de l'entreprise que personnels. À un moment dans la soirée, elle lui avait même glissé un mot sur le vaisseau qu'elle avait construit ainsi que sur son périple sur Namek. Intéressé, il avait posé plusieurs questions, mais la discussion avait été interrompue par le propriétaire du restaurant qui était venu les avertir qu'ils allaient devoir quitter puisqu'ils fermaient leurs portes.

Bulma avait été surprise. Elle n'avait pas vu le temps passer. Elle et Akami s'entendaient finalement très bien.

Cette pensée la fit sourire un peu.

- Tu es fatiguée, dit alors Akami en lui jetant un coup d'oeil de biais.

- Oui. Le vin commence à faire son effet, dit-elle en rigolant.

- Nous serons arrivés dans moins de cinq minutes.

Bulma sourit de plus belle. Elle pensa aux roses qu'il lui avait apporté plus tôt dans la soirée. En plus d'être courtois, détendu et plein d'ambition, Akami était attentionné. Il avait vraiment tout pour lui.

Elle pivota légèrement la tête pour regarder ses cheveux blonds voler au vent.

''Et il est beau à tomber en plus!'' se dit-elle en fermant ses paupières lourdes.

Bulma n'eut pas le temps de s'endormir toutefois, puisque quelques minutes plus tard, elle sentit qu'ils ralentissaient. Elle entrouvrit les yeux pour constater que son conducteur s'engageait doucement dans l'allée menant à Capsule Corp. Elle se redressa sur son siège pendant qu'il se garait à quelques mètres devant la porte d'entrée.

Elle vit son compagnon jeter un coup d'oeil à l'énorme vaisseau qui était posé dans le jardin.

- C'est ce dont tu me parlais tout à l'heure ? Le vaisseau ? demanda Akami en scrutant l'engin.

- Oui. Mais il est non fonctionnel pour l'instant. J'essaie de le réparer depuis le début de la semaine pour...

Elle allait dire pour Végéta, mais elle se retint. Elle ne lui avait toujours pas révélé l'existence des Saiyens et de leur force surnaturelle. Et encore moins que Végéta n'était pas un de leur domestique, mais bien un prince extraterrestre sanguinaire et agressif. Akami en avait déjà eu un aperçu plus tôt dans la soirée de toute façon.

- Je te montrerai la prochaine fois que tu viendras, termina-t-elle.

- J'adorerais ça !

Akami se tourna vers elle et lui offrit un merveilleux sourire qui s'étendit jusqu'à ses yeux verts. Elle lui répondit avec le même.

- Bon... merci pour la soirée, Akami. C'était vraiment agréable.

Elle n'avait même pas mis la main sur la poignée de porte de l'automobile que ce dernier s'était déjà levé pour aller lui ouvrir la portière. Il l'aida même à descendre en la tenant par la main, considérant les consommations peut-être un peu trop nombreuses qu'elle avait pris.

- Oui, pour moi aussi ça été une très belle soirée, Bulma. J'espère que nous nous reverrons bientôt.

- Avec plaisir, dit-elle avec toute sincérité.

Elle leva les yeux pour lui sourire à nouveau. Elle regarda son beau visage éclairé par la faible lumière blanche de la lune et elle fut surprise de le voir aussi près d'elle. Sans lâcher sa main, il avait fait un pas supplémentaire dans sa direction pour diminuer la distance qui les séparaient.

Puis, il abandonna sa main pour aller la poser sur sa joue. D'un geste discret, il plaça l'autre sur sa taille. Enfin, sans hésiter, avec beaucoup d'assurance, il se pencha pour poser ses lèvres sur les siennes.

Oh ! Elle ne s'attendait pas à ça... pas tout de suite en tout cas !

Bulma, sous l'effet de la surprise, ne réagit pas. Elle recula un peu la tête pour regarder Akami, qui la fixait d'un air interrogateur.

Elle n'avait même pas pensé à la possibilité d'échanger un baiser avec lui.

Pourtant, ça lui semblait logique. Le geste n'était pas du tout déplacé.

Cet homme correspondait probablement à tout ce qu'elle recherchait. Elle se connaissait bien et normalement, elle aurait sauté sur l'occasion. Ils se seraient probablement embrassés beaucoup plus tôt. Elle aurait peut-être même terminé la soirée chez lui.

Mais, étrangement, tout au long de la soirée et à l'instant même, elle ne ressentait pas vraiment le besoin de l'embrasser.

Il n'y avait pas de désir urgent comme celui qu'elle éprouvait avec un certain Saiyen. Akami était très attirant, sans plus.

'' Mais en même temps... pourquoi pas ? '' se dit-elle.

Elle n'avait effectivement rien à perdre de se lancer.

Machinalement, Bulma répondit donc à son baiser.

À son tour, elle l'embrassa doucement sur les lèvres. En la sentant enfin réceptive, l'homme la serra plus étroitement contre lui. Elle passa ses bras autour de son cou et joua avec ses mèches blondes avec ses doigts.

Akami sentait bon. Ses lèvres étaient chaudes, douces, délicates tout en étant décidées. Bulma se laissa aller dans ses bras sans se poser de question. Cela ne lui prit pas beaucoup de temps avant d'apprécier le baiser qu'ils étaient en train de partager.

Akami fit durer leur étreinte plusieurs minutes. C'est Bulma qui dut y mettre fin lorsqu'elle sentit sa tête tourner sous l'effet du vin. Leurs visages à quelques centimètres l'un de l'autre, elle le vit sourire faiblement. Il caressa sa joue avant de s'écarter davantage

- Je vous appelle demain, mademoiselle Brief, chuchota-t-il avant de retourner derrière le volant.

Elle rit en l'entendant l'appeler ainsi.

Elle resta un instant dehors à le regarder s'engager sur la route. Puis, il disparut tranquillement dans le noir.

Comme ça, sans plus, ils venaient de s'embrasser. Ça avait été si simple.

En poussant un long soupir, Bulma tourna les talons pour se diriger vers la maison. Elle sortit ses clés et les inséra dans la serrure pour déverrouiller la porte. Avant qu'elle ne tourne la poignée, son regard fut cependant attiré par un léger mouvement à sa gauche.

Alerte, elle tourna la tête dans cette direction. Elle scruta le jardin afin d'y dissimuler une présence. Il n'y avait rien. Son regard se posa ensuite sur le vaisseau. En plissant les yeux, elle vit alors une silhouette perchée sur le dessus de celui-ci.

C'était la silhouette d'un homme. Il était assis, les jambes allongées devant lui et le corps nonchalamment penché vers l'arrière, appuyé sur ses mains. Sans aucun doute, même si elle ne pouvait pas clairement voir ses yeux, il la fixait avec intensité.

Calmement, elle se tourna de nouveau vers la porte pour entrer à l'intérieur. Il n'y avait pas de quoi s'alarmer. Elle avait tout de suite reconnu cette silhouette.

Sans aucun doute, Végéta venait de la voir échanger son premier baiser avec Akami.