House était soufflé. L'audace de cette femme le tuerait un jour mais il devait bien s'avouer qu'il adorait ça chez elle. Lisa se livrait maintenant à lui sans aucune retenue. Il dut faire appel à tout son self-control pour ne pas se tirer d'ici et filer jusqu'à chez elle pour combler ses attentes. Le cœur battant la chamade, il décida de jouer le jeu…

Ma Lisa (en ai-je le droit ?)

Je vous laisse deviner dans quel état m'a laissé votre dernière lettre… J'en reste ému, troublé et pantelant. Je rêve de ce jour prochain où nos échanges ne se cantonneront plus seulement à des mots sur du papier. Mais je ne vais pas m'étaler davantage sur le sujet, pour le moment. Le terrain est bien trop dangereux pour un pauvre gars en réclusion. Sachez juste que vous ne perdez rien pour attendre, Lisa…

Je vais continuer avec un sujet moins risqué, mon père… Il est vrai que je ne vous en ai jamais parlé. Pas par manque de confiance, croyez-le bien, juste qu'il n'y a finalement pas grand-chose à en dire. Il m'a élevé comme un des ses soldats à coup de brimades et de punitions, me dévalorisant sans cesse jusqu'à ce que je finisse par le croire. Mais je ne le déteste pas –"plus" serait un mot plus adéquate-, parce qu'il a modelé l'homme que je suis aujourd'hui et que vous semblez apprécier. Pour cela, je lui en serai éternellement reconnaissant.

Vous me parlez également de Stacy. Quoique vous en pensiez Lisa, vous n'êtes pas elle et elle n'est pas vous. Ce n'était pas la femme de ma vie. Vous si. Je ne vous promettrais cependant pas que ce sera éternel entre nous (ce serait mettre bien de trop de pression sur nos épaules) mais je peux vous jurer que l'histoire sera différente pour nous. Nous savons tous les deux ce que nous voulons et je vais tout faire pour que ça fonctionne.

Oh Lisa… Je vous désire tellement que c'en est douloureux. Chaque parcelle de ma peau a faim de vous. Et je ne parle pas seulement du désir physique qui est plus que présent (surtout depuis votre dernière missive…) Mais j'ai également besoin de votre contact, de vos regards sur moi. Pouvoir me réfugier dans vos bras quand ça va mal. Je vous veux toute entière à mes côtés.

Votre Greg

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Gregory,

Je suis heureuse. Oui heureuse. Non pas de vous savoir enfermé et loin de moi. Je préfèrerais vous avoir à mes côtés, à l'hôpital, dans votre bureau, dans mon bureau, chez vous, chez moi, dans votre chambre, dans ma chambre. Mais heureuse de voir que nous avançons, tous les deux, dans la même direction.

Je vous trouve remarquable de sérénité quand vous me parlez de votre père. C'est lui qui vous a construit mais aussi abîmé et je me permets de vous dire, Gregory, que je vous reconstruirai, nous nous construirons tous les deux. Je ne veux pas de promesse de vie éternelle, je suis bien trop échaudée pour y croire mais je nous fais confiance. Nous y parviendrons parce que nous en avons envie.
Parce que je suis la femme de votre vie. Vous me dites que ce n'est pas Stacy et ma raison me dit que vous me faites plaisir mais mes sentiments vont vous croire. Mon cœur s'en gonfle alors de bonheur et de fierté. Je suis fière d'être à vous. En dépit de tout ce que nous avons vécu et traversé ensemble, je suis vôtre et ce, pour le meilleur comme pour le pire.

Si je vous ai livré mes envies, l'autre jour, ce n'est pas pour vous faire languir mais pour vous montrer combien je tiens à vous. Les plaisirs de la chair ne sont pas tout, je sais bien, mais quand vous me dites que je ne perds rien pour attendre, j'ai envie de sauter dans ma voiture et de venir vous sortir de votre cellule. J'ai envie de vous.

Je veux sentir votre souffle sur ma peau, je veux sentir vos lèvres sur les miennes, votre langue dans ma bouche, jouant avec la mienne. Je veux sentir vos doigts pétrir ma chair, vos ongles griffer ma peau. Je veux sentir votre bouche sur mes seins, vos dents mordillant mon nombril. Je veux vos mains entre mes cuisses et votre langue dans mon intimité. Je veux entendre votre respiration s'affoler alors que nos doigts s'enlaceront. Je vous veux en entier entre mes jambes. Je veux sentir nos bassins se coller et entamer à la même cadence, une lente mais profonde danse intime. Je veux vous entendre crier mon prénom et me rendre folle dans vos bras.

Je veux que vous vous sentiez coincé dans votre pantalon en pensant à moi.

Votre Lisa (oui, je suis entièrement à vous).

Elle ne voulait pas le faire souffrir mais juste lui prouver que malgré tout, malgré les disputes, malgré le récent enfermement, elle le voulait lui, dans sa vie, dans son lit, dans son ventre.