Bon j'aurais dû poster vendredi mais y avait comme un tit souci de 'Sign In'.

Bref, mieux vaut tard que jamais (surtout que là c'était pô ma faute) : Chapitre 9, chapitre explication donc chapitre pénible mais il faut bien en passer par là à un moment ou à un autre ^^ (promis la semaine prochaine c'est plus merlinéesque ^^)

J'espère quand même qu'il vous plaira…

Thanks so much pour les reviews et pour tous ceux qui lisent cet EV op

Enjoy ^^


09


Les premiers rayons du soleil avaient peine à percer et à s'insinuer par les alcôves du long corridor de la citadelle.

Le Roi, transportant son serviteur inconscient sur son épaule, tel un sac à patate, marchait d'un pas alerte en direction des appartements du médecin de la cour. Il arriva devant la petite porte en bois et s'engouffra à l'intérieur de la chambre, découvrant un Gaius déjà habillé mais en plein petit-déjeuner.

- « Dieu du ciel ! Que s'est-il passé ? » S'indigna le vieil homme en s'approchant de son pupille inerte.

- « Je n'ai pas réellement le temps de vous expliquer Gaius mais j'ai été dans l'obligation de le… enfin il m'a paru plus 'adéquat' de… de l'assommer… » Bafouilla Arthur en déposant lourdement son valet sur le lit du médecin.

- « Quoi ? Mais enfin qu'a-t-il bien pu faire pour que vous en veniez à le frapper…

- Rien !… en fait il…il est mort… plusieurs fois maintenant… et je n'ai trouvé que cette solution pour le garder près de moi sans qu'il ne bouge, qu'il ne se mette en danger ou ne me pose tout un tas de questions auxquelles je n'ai absolument pas envie de répondre…

- Désolé Sire mais je ne vous suis pas… comment ça il est mort ? … plusieurs fois ?

- Je revis cette journée Gaius, encore et encore. Et à la fin de celle-ci, Merlin périt quoique je fasse, quoique j'essaie… et je… j'échoue, inévitablement j'échoue, et je ne puis le permettre, je ne puis le supporter…

- Mais… je… enfin ...

- C'est difficile à croire, je sais, mais je peux le prouver ! …Dans quelques minutes le tocsin va retentir et un garde va venir vous informer que trois villageois ont été découverts morts et que le sorcier que nous avons croisé hier avec Merlin a été vu dans les rues de la ville basse… »

Gaius fronça les sourcils, regarda Merlin allongé, inconscient, et se retourna vers son Souverain sans savoir réellement quoi penser. Il était partagé entre le fait qu'Arthur soit souffrant de quelconque fièvre, le faisant totalement délirer ou alors qu'il y ait la moindre possibilité que ce dernier dise la vérité et que dans ce cas son pupille serait de toute évidence en grand danger.

Ses interrogations furent de courte durée puisque la cloche d'alerte retentit brusquement. Le médecin se tourna, incrédule, en direction de la porte d'entrée, attendant suspicieux qu'un garde ne frappe et ne franchisse le seuil… . Ce qui arriva à peine dix secondes plus tard.

- « Gaius ! Les chevaliers vous font quérir de toute urgence dans la ville basse ! Nous avons recensé trois morts en l'espace d'une heure… » Commença le garde essoufflé.

- « Pourrait-il s'agir d'une épidémie ? » Demanda le médecin sans grande conviction.

- « Je l'ignore ! Mais il semblerait qu'un homme correspondant à la description du sorcier rencontré hier, ait été également aperçu près des corps, c'est pour cela que nous avons sonné le tocsin! Sir Léon est parti de ce pas en informer le Roi … »

Arthur fit un pas de côté afin de se rendre visible aux yeux du garde qui se contracta derechef en l'apercevant.

- « Monseigneur ! J'ignorais que vous étiez ici… » Minauda le garde en baissant la tête respectueusement.

Le Souverain lui lança un regard supérieur et se tourna vers Gaius insistant de ses yeux bleus clairs, signifiant un 'je vous l'avais bien dit', puis refit demi-tour vers l'homme, le fixant avec autorité.

- « Dites à Sir Léon de faire quérir les témoins des décès dans la salle du conseil pour… plus de renseignements… ! » Lança le Roi au soldat, nerveusement, en appuyant sur ses derniers mots comme s'ils étaient damnés «… et dites-lui également que je vais rester ici avec Gaius pour effectuer quelques recherches et que je ne veux en aucun cas être dérangé… est-ce clair ?

- Oui Monseigneur ! » Acquiesça le garde, obéissant, en fermant la porte derrière lui.

Le jeune Souverain fixa alors le médecin de la cour qui resta un moment sidéré devant les évènements.

- « J'en conclus que vous me croyez maintenant Gaius ?

- … Hé bien je crains en effet de n'avoir d'autres choix que d'adhérer au fait que vous puissiez avoir déjà vécu cette journée Sire… Même si c'est pour le moins étrange…

- Bien dans ce cas, reprenons où nous en étions hier avant que… enfin avant que Merlin… » Arthur déglutit difficilement en regardant son ami étendu.

- « Je crois comprendre sire… » Fit le vieil homme en voyant le visage affligé de son monarque. « Mais avant toute chose vous devez me racontez tout… dans les moindres détails. Sans cela je crains de ne savoir par quoi commencer… »

Arthur reprit donc son récit mais beaucoup plus sommairement cette fois les images étaient douloureusement ancrées dans sa mémoire, il avait du mal à définir certains passages, les mots restant coincés dans sa gorge.

Lorsque Gaius commença à ouvrit un de ses multiples livres, le Roi s'approcha pour les refermer avec entrain.

- « Vous avez déjà regardé, hier, dans celui-là, et celui-là, et celui-là… ainsi que dans tous ceux de cette pile, et il n'y avait pas la moindre information dedans ! » Lança Arthur en balançant les bouquins par terre un à un, avant de se diriger vers la fenêtre « En revanche il me semble que l'homme que nous recherchons soit décrit dans… celui-là ! » Finit-il par dire en montrant l'ouvrage, trouvé la veille, d'une main. « Car le sorcier responsable de cet affront s'appelle Ankou et que d'après-vous c'est un … 'collecteur d'âmes'…

- Ce nom m'est effectivement familier… » Marmonna le vieil homme en prenant le livre de la main de son Roi. Il commença à le feuilleter nonchalamment avant de se stopper net sur une page « J'ai trouvé !'Ankou' n'est pas réellement un nom singulier mais plutôt un terme désignant… un collecteur d'âme particulier…. Il est écrit que… 'l'Ankou ne représente pas la Mort en elle-même, mais son serviteur : son rôle est de collecter dans sa charrette grinçante les âmes des défunts récents. Remplissant ainsi un rôle de "passeur d'âmes". Il est à considérer comme une entité psychopompe. Lorsqu'un vivant entend le bruit de la charrette c'est qu'il, ou quelqu'un de son entourage, ne va pas tarder à passer de vie à trépas… »

Arthur écoutait attentivement les explications du médecin sans toutefois quitter des yeux Merlin. Comment en-étaient-ils arrivés là ?

- « … Ainsi l'Ankou est un être mouvant, un relais que se passent chaque année les derniers défunts de décembre. Graphiquement il est représenté comme un être sans âge, d'aspect non distinct puisque couvert par une cape, souvent noire, ou d'un linceul. Il est la plupart du temps représenté comme un être de chair, puisqu'il a été homme un jour, très grand et très maigre. Sa fonction est la perpétuation des cycles vitaux, comme la naissance et la mort, les saisons ou le cycle jour nuit. On lui attribue souvent une faux ou un objet permettant de contrôler le temps (*)…'

- …un bâton ! » S'écria Arthur brusquement.

- Quoi ?

- Un bâton ! Il avait un bâton avec lui… mais…

- Mais quoi ?

- La première fois que Merlin est… mort… je savais qu'il était responsable… j'étais dévasté… j'ai sorti mon épée et j'ai voulu le tuer…

- Mais il est bien noté ici qu'il ne s'agit plus d'un homme mais plutôt d'un… spectre, … votre épée n'a pu l'atteindre j'imagine ?

- Non en effet. En fait, elle l'a traversé comme s'il n'était que fumée… mais pas son bâton !

- Comment ça ?

- Je l'ai brisé en deux de ma lame! … Et c'est après seulement que la lumière nous a tous aveuglée et que je me suis réveillé dans mon lit, le même matin de nouveau…

- Je crois dans ce cas que nous avons réglé la question de savoir pourquoi vous, et vous seul, revivez ce jour indéfiniment…. 'Vous' avez brisé son sceptre ! C'était l'objet qui lui permettait de contrôler le temps et vous l'avez cassé, entrainant une boucle temporelle sans fin pour vous … et lui-même est obligé de se soumettre à ce perpétuel même jour maintenant! »

Arthur passa sa main sur son visage comme pour enlever le stress qui s'y était désespérément installé.

Il ne pût néanmoins ajouter quoi que ce soit, que quelqu'un frappa doucement à la porte. Celle-ci s'ouvrit légèrement laissant entrapercevoir la tête de Gwen, souriante. Cependant, l'expression joviale de la jeune femme se transforma vite en interrogation lorsqu'elle vit son Roi présent dans les appartements du médecin, faisant une tête de déterré.

- « Monseigneur ?

- Gwen…» Souffla Arthur déprimé.

- « Vous semblez soucieux… Avez-vous appris pour les décès dans la ville basse ce matin ? … Certains pensent que c'est le sorcier que vous avez croisé dans cette grotte qui est responsable de la mort des paysans… juste en les touchant… c'est insensé !

- Hé bien… » Commença le Roi désœuvré.

- « Vous êtes inquiet pour Merlin, n'est-ce pas ? Cet homme l'a touché hier et vous avez peur qu'il lui arrive la même chose qu'aux villageois…

- Gwen ! » La coupa Arthur horripilé « Tu as totalement raison! Je suis inquiet pour Merlin et c'est effectivement à cause de ce sor… ce truc ! Je dois donc trouver une solution rapidement, et pour cela je dois me mettre au travail…

- Euh… oui….bien sûr, excusez-moi. En fait, je venais juste voir si Merlin allait bien,… il était tellement pâle hier soir ! …mais je vois qu'il… dort ?

- Oui il est épuisé… je lui ai accordé un moment de repos !» Déclara Arthur en souriant pleinement cette fois, alors que Gaius grognait à moitié à l'autre bout de la pièce.

- « ... Je ne vais pas m'imposer plus longtemps dans ce cas. Si vous le souhaitez, je vous apporterai le déjeuner… »

- « C'est une très bonne idée Guenièvre… à tout à l'heure alors. » Conclut le médecin faussement aimable.

Gwen partit confuse en refermant la porte aussi délicatement que lorsqu'elle l'eût ouverte.

- « Comment fait-on pour réparer ça ? Je veux dire son bâton, le cours du temps ? » Reprit Arthur une fois son amante partie.

- Je ne saurais le dire…

- Il faut pourtant trouver le moyen de passer à la journée de demain Gaius !

- Et même si nous y arrivons, ce dont je ne suis pas sûr, il reste un autre problème majeur…

- Qui est ?

- Si comme vous le souhaitez, vous passez à la journée suivante, Merlin n'en restera pas moins mort ! Le spectre l'a touché hier et comme il est écrit dans cet ouvrage : ' il passera de vie à trépas dans les vingt-quatre heures qui suivent'.

- Oui… et de toute évidence c'est très aléatoire !

- Que voulez-vous dire Sire?

- Hé bien au début, Merlin mourrait toujours au même moment, en début d'après-midi mais hier… nous étions seulement le matin quand … enfin quand…

- Et bien oui, 'dans les vingt-quatre heures' ne veut pas dire 'au bout de vingt-quatre heures'… il est évident que le sort de Merlin repose sur les décisions que vous prenez… »Le coupa Gaius voyant son Roi frémir devant ses souvenirs probablement douloureux.

- « Je n'aurais jamais dû l'envoyer faire des corvées… j'aurais dû le garder ici, près de moi… Il doit bien y avoir d'autres méthodes pour avoir un œil sur lui sans qu'il ne découvre la triste vérité ?

- Ce qui est fait, est fait! Il faut maintenant trouver une solution à nos deux problèmes : remettre en route le cours du temps et empêcher que Merlin ne meure… » Gronda le médecin en continuant sa lecture à la recherche d'indices pouvant les aider.

- « Pourquoi est-ce lui la cible, pourquoi pas moi, pourquoi cet 'Ankou' ne m'a-t-il pas choisi à sa place… » Lança le Roi accablé.

- « Hé bien de toute évidence ce spectre ne peut prendre qu'une âme à la fois, enfin pour ce qui en est écrit, … Merlin était peut-être le plus proche de lui dans cette grotte ?

- En effet ! ça expliquerait aussi pourquoi il n'y avait seulement qu'un décès par couple parmi les villageois de ce matin… »

Gaius tendit un nouveau livre à Arthur, qui le prit en grimaçant, ne sachant pas trop quoi en faire.

- « Il faut continuer à chercher Sire…et trouver une solution, rapidement ! » Fit Gaius en se retournant pour attraper, à son tour, un bon nombre d'ouvrages dans sa bibliothèque personnelle.

Le médecin et le Souverain restèrent ainsi un moment sans dire le moindre mot. Plusieurs heures passèrent et seul le tournement des pages des livres brisait le silence pesant de l'acharnement du travail des deux hommes.

Mais lorsque la voix de Merlin résonna dans les appartements, Arthur sursauta, manquant de peu de tomber de son tabouret.

- « Vous m'avez frappé ! »


(*) Merci Wikipédia ! Après j'ai transformé un peu la mythologie à ma sauce… Op