Disclaimer : Bien évidemment rien ne m'appartient, tout est à la génialissime Stephenie Meyer, et j'utilise ses personnages seulement pour le plaisir d'écrire et dans aucun but lucratif…
Purée, quelle semaine... et elle n'est même pas terminée, la suivante ne s'annonce pas mieux! Je profite des quelques minutes que j'ai pour poster, je posterai peut-être ce week-end, mais c'est pas encore sûr, j'arrive pas à trouver un peu de temps pour écrire... bonne lecture à vous.
Cœur de pierre
Chapitre 10
Oh mon Dieu.
Alors là, je n'en revenais pas.
On était vraiment en très mauvaise posture, si Bella n'était plus avec nous. Notre seul moyen de réduire James à néant venait de prendre la poudre d'escampette, et d'après ce que j'avais pu voir d'Alice, directement pour aller se jeter dans ses bras.
- Alice, demanda la voix pressante d'Edward – pire qu'inquiète, désespérée, affolée -, où est-elle partie ? Dis-moi que tu la vois !
Il semblait au bord de la crise de nerfs. Ce n'était pas le tout, mais il allait falloir qu'on s'active un peu.
- Alice !
Des têtes se tournèrent vers nous, et dévisagèrent notre groupe.
- Calme-toi, Edward, dis-je, tu attires l'attention sur nous, ce n'est pas le moment.
Il m'adressa un regard noir, vraiment très peu amène. Je n'y pris pas garde.
- Bon, ne paniquons pas. On file au parking, prendre la voiture, en trouver une autre, et on file à cette salle. Tu pourras trouver la position approximative, Alice ?
- Je pourrais voir où va Bella.
- Bien, conclus Carlisle. Partons.
Nous nous dirigeâmes sans plus tarder vers le parking souterrain, et tandis qu'Edward, Jasper et Alice prenaient la Mercedes ; Emmett et moi choisirent, sous le regard circonspect de Carlisle, une Audi A6. Emmett prit le volant, tandis que je me concentrai sur Alice.
Ses visions n'étaient pas très agréables ; je ne préférais même pas imaginer l'état d'Edward, puisqu'il devait les percevoir de la même manière que moi.
Je tenais mes yeux fermés, me concentrant uniquement sur Alice. Je voyais Bella ouvrir la porte d'une maison, que je supposais être la sienne. Je la voyais entrer à l'intérieur et se précipiter vers le téléphone, composer un numéro. Elle demandait des nouvelles de sa mère. Puis après quelques instants, elle raccrocha, et sortit avec précipitation de la maison.
La suite nous fut précieuse, elle se mit à courir, et nous pouvions distinguer avec précision ce qui l'entourait. Je rouvris les yeux. Emmett collait au train d'Edward, le paysage devait défiler rapidement, pour n'importe quel humain ; pourtant, il me paraissait que nous n'allions pas assez vite.
Malgré cette impression, l'esprit de James s'imposa bientôt à moi, vague, tandis que je le cherchai. Nous étions proches.
Je le vis donner un coup dans la poitrine de Bella, ce qui l'envoya valser contre les miroirs ; sa tête tapa dedans de plein fouet. Il s'approchait lentement d'elle.
- Très joli effet.
Il paraissait presque… amical. J'utilisais ce genre d'artifice, pour charmer mes proies. C'était il y a longtemps.
- Je me suis dit que cette pièce donnerait de l'ampleur dramatique à mon petit film. C'est pourquoi je l'ai choisie. Elle est parfaite, non ?
Mes dents grincèrent, et un grondement s'échappa de mes lèvres tandis que je voyais son pied s'écraser sur le tibia de Bella, alors qu'elle tentait de rejoindre une autre sortie. J'entendis le craquement, qui résonna durement à mes oreilles, comme si j'y étais. Le hurlement de souffrance pure de Bella fut horrible.
James jubilait.
- Souhaites-tu réviser ta dernière requête ?
Elle poussa un nouveau cri de douleur lorsqu'il effleura sa jambe blessée.
- Tu ne préférerais pas qu'Edward se lance à mes trousses ?
- Non, murmura-t-elle, la voix éraillée. Non, Edward, je t'en sup…
Il ne la laissa pas finir. C'était un traqueur, il jouissait de sa souffrance, désirait son supplice, autant que celui d'Edward. Il l'envoya valser dans les éclats de miroirs brisés. C'était là son erreur. Bella se mit à saigner. Il s'était pris à son propre jeu, et il était à présent focalisé sur le sang de l'humaine face à lui. Il était assoiffé, il ne jouerait plus.
Le crissement des pneus retentit férocement, et je rouvris les yeux, quittant l'esprit de James, pour entrer dans le studio de danse avec les autres.
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Edward poussa un grognement qui résonna dans toute la pièce, envoyant valser James à l'autre bout. Son regard horrifié se posa sur Bella, et un instant, il resta immobile, complètement incapable de savoir ce qu'il devait faire.
Emmett, Jasper et moi nous précipitâmes vers le vampire ; l'assaillant de toutes parts, à coups de dents, de mâchoires, de pieds, de poings. Il paraît, s'esquivait – toujours en direction de Bella. Le sang attisait mes sens, réveillait ma soif, me tenaillait l'estomac, mais certainement moins que lui. Même Jasper résistait, trop concentré sur notre tâche. L'éloigner le plus possible de Bella, Carlisle, Edward et Alice qui s'occupaient d'elle.
La pièce était emplie de nos grognements, des fracas de nos corps de pierre qui s'entrechoquaient, des craquements de nos mâchoires.
Emmett se dressa finalement derrière lui et l'emprisonna entre ses bras. Jasper s'apprêtait à en finir, mais je le retins. Prenant une courte inspiration, qui m'envoya pourtant les effluves de sang, je demandai :
- Connais-tu Thomas ?
Il se démenait, Jasper aida Emmett à le retenir. Je fixai James dans les yeux, qui fuyaient vers Bella, allongée au sol, donnant l'impression d'être presque complètement démente.
- Un nomade britannique, Thomas, est-ce que tu le connais ?
Il claqua des dents, je me reculai pour éviter ses mâchoires. Il eut un rictus moqueur.
- Vous n'êtes pas si différents de moi… Nous sommes tous des tueurs. Sentez ce sang qui…
Jasper le mordit à la gorge, j'y balançai mon poing. En quelques instants, ce fut terminé.
Nous arrachâmes quelques pièces du plancher, pour combustible de fortune. Jasper avait du mal à se concentrer, il serrait les poings. Nous sommes tous des tueurs.
- Allez chercher de l'essence, le niveau est presque plein, dans l'Audi, dis-je.
Aucun de mes frères n'insista et ils sortirent rapidement, Emmett tenant Jasper par le bras, par précaution. Pour les mêmes raisons, je me tenais à distance de ma famille et de Bella, qui poussa un cri d'agonie. Je ne respirais pas. Nous sommes des tueurs, Claire.
Je secouai la tête, refusant d'entendre cette voix jaillissant de mes souvenirs.
- Ma main brûle ! cria Bella.
Elle sembla se redresser, et Edward la fixait avec horreur, totalement dépassé.
- Bella ?
- Le feu ! Arrêtez le feu ! hurla Bella.
Sa voix était pleine d'une souffrance sans bornes.
- Carlisle ! Sa main ! s'exclama Edward.
- Il l'a mordue.
Je me redressai, et instinctivement, penchai le buste vers eux. Oh, mon Dieu…
- Tu dois le faire, Edward, dit Alice.
- Non !
Pourquoi non ? N'étais-ce pas ce qu'Alice avait vu depuis le début, ou presque ? N'était-ce pas ce qui devait se produire ? Alice était pourtant sûre… si ce n'était pas cela, alors Bella mourrait… Seulement deux possibilités. Nous sommes des tueurs, Claire. Je savais que c'était vrai. Lorsqu'il s'agissait de nous, la seule échappatoire était la mort.
- Il y a peut-être une autre solution, intervint Carlisle.
- Laquelle ?
Je serais curieuse de la connaître.
- Essaie de sucer le venin. La plaie est propre.
- Ça va marcher ?
Alice était tendue. Elle ne devrait pas rester si près… Nous sommes des tueurs, Claire.
- Aucune idée, répondit mon père. En tout cas, il faut faire vite.
- Carlisle, je… je ne suis pas sûr d'y arriver.
La voix d'Edward avait des allures de martyr.
- Il le faut, pourtant. Je ne peux pas t'aider, je dois m'occuper de stopper cette hémorragie, surtout si tu lui tires du sang par la main.
Oh mon Dieu… Je n'avais jamais autant juré de toute mon existence… Carlisle pensait donc réellement que c'était possible ? J'en hoquetai de surprise, et d'horreur mêlées. Ce qui n'était pas une idée sensas, l'odeur du sang de Bella me prit de plein fouet.
Je sortis immédiatement, tandis que les hurlements de douleur de Bella m'emplissaient les oreilles, autant que les effluves de son arôme. Nous sommes des tueurs, Claire.
Je calai ma tête contre le mur le plus lointain de la porte, prenant de profondes inspirations. Emmett me donna une tape sur l'épaule, tandis qu'il entrait avec Jasper. L'odeur d'essence se répandit largement, et je rejoignis mes frères à l'intérieur, pour les aider, tandis qu'Edward portait Bella vers l'extérieur. Je pris champ large pour les croiser. Alice m'adressa un sourire.
C'était une sorte de victoire pour tous. Edward avait réussi à sauver Bella, avait résisté à l'appel de son sang pour la sauver. Alice était restée près d'elle, pour la rassurer dans la mesure de ses moyens. Moi…
Nous sommes des tueurs, Claire.
Moi, je n'étais guère avancée. Mes vieux démons que j'avais crus enfouis réapparaissaient.
Nous sommes des tueurs, Claire.
