Hey, readers!

Oui, oui, je sais ce que vous vous dites: c'est pas vraiment mon genre de faire ce genre d'aparté en début de chapitre mais, promis je ne vous embêterai pas longtemps ;)

Pour ceux qui suivent déjà la saison 4 de True Blood, l'épisode 5 n'est-il pas génial? =3 Non seulement on revoit la frimousse de Godric mais en plus on a droit à un fang-show! Huh uh... x) Dites-moi que je ne suis pas la seule à avoir enregistré la subtile allusion au Sookie/Eric/Godric au tout début de la scène, sinon je vais finir par croire que j'ai vraiment - mais alors vraiment - l'esprit mal tourné. =S

Bref, élucubrations de fan girl mises à part, je voudrais tout de même revenir à des choses un tantinet plus sérieuses. (si, si, je vous jure que c'est possible!)

Je trouvais simplement dommage que cette histoire suscite aussi peu de commentaires alors que le nombre de visites dépasse les 200 personnes chaque jour =( Je sais que reviewer à chaque chapitre peut-être absolument barbant - surtout lorsqu'on a rien à dire - et je n'en demande certainement pas tant. Mais ces deux derniers chapitres ont à peine reçu une ou deux reviews chacun et j'avoue que j'en viens à me demander si cette histoire vous plaît encore. J'espère bien que c'est le cas! ^^"

En tout cas merci beaucoup à envy974, lala, DeboiresLitteraires , 1001 . nuits, fan-fiction-twilight et Witty Nickname, qui prennent le temps de laisser leur coup de griffe sur cette histoire à chacun de leur passage. Vos commentaires sont un véritable carburant qui entretienne ma motivation à continuer cette fiction =)

Merci aussi à flopette, hitomiyoshi, DarkAngel620 et fallonne54 pour leurs fantastiques commentaires ;D

J'espère que ce nouveau chapitre vous plaira!


Si un jour je devais écrire un bouquin sur ma vie, faites-moi penser à coller une estampe « interdit aux mineurs, aux dépressifs et autres cardiaques » sur la première de couverture. Encore heureux que je ne fasse partie d'aucune de ces catégories… Enfin, si on excepte la partie moins de dix-huit piges mais oh, on n'allait pas chipoter pour trois petits mois, si ? Et puis si on considérait tout ce à quoi j'avais été confrontée pendant ces derniers mois, j'avais amplement mérité la palme d'or de l'expérience de la vie. J'avais même eu triple ration, si vous voulez tout savoir ! J'étais presque certaine d'avoir piqué la part d'une dizaine de pauvres greluches qui resteraient pures et innocentes toute leur vie…

Maudites veinardes, tiens !

C'est donc avec une grande maturité que j'affrontais la situation – désespérée, au cas où vous n'auriez pas encore pigé – à laquelle je me trouvais confrontée.

« Bas les pattes, bande de dégénérés ! Lâchez-moi ! Mais lâchez-moi, j'ai dit ! »

La demi-douzaine de crétins qui me maintenaient en place grincèrent des dents tandis que je me débattais tout en hurlant un flot d'insanités qui feraient rougir Satan lui-même. Malheureusement pour moi, ma grande gueule ne suffit pas à les faire décamper la queue entre les jambes. Remarquez, lorsqu'on est assez bête pour menacer un vampire de la trempe d'Eric avec trois pauvres échardes et un crucifix de la taille d'une cerise, je suppose qu'on est immunisé contre tous les types de menaces possibles et imaginables. Je veux dire, cette bande de macaques pensaient s'en sortir vivants après avoir titillé un Viking de presque deux mètres de haut. Alors vous pensez, une rouquine enragée, c'était de la gnognotte !

Bien. Très bien.

N'empêche.

A force de me débattre, je réussi à envoyer un bon coup de genoux dans un grand brun aussi baraqué qu'il avait l'air bovin. Son œil torve, voilé par le fanatisme qui lui abrutissait le cerveau, s'écarquilla sous le choc avant qu'il ne s'effondre en grondant de douleur, ses deux mains ramenées sur son entrejambe écrabouillée. J'espérais lui avoir suffisamment broyé les noix pour l'envoyer chanter dans les chorales italiennes, tiens ! Mon sourire vainqueur s'effaça pourtant bien vite lorsqu'un claquement métallique retentit dans la nef. Le silence tomba lourdement sur le cœur tandis que je fixais le flingue emprisonné dans la main de Steve Newlin, son canon pointé droit sur moi.

« Veux-tu bien la fermer ? Mh ? »

Je déglutis. Yeux braqués sur la gueule béante du pistolet, je n'osais même plus respirer de peur de le voir faire feu. Aussitôt, trois hommes de plus vinrent me ceinturer solidement, m'empêchant de bouger ne serait-ce que d'un cheveu. Il en fut de même pour Sookie qui, même si elle ne jurait pas autant que moi, avait dégainé ses griffes de chat sauvage et s'était débattue avec toute la hargne d'une Southern Belle défendant sa vertu. Croisant son regard, j'y lu la même crainte que celle qui me nouait les tripes.

C'est fou ce qu'un gun pouvait imposer le respect, même envers un guignol comme Newlin. Avec son canon pointé dans ma direction, je me sentais tout de suite plus encline à le prendre au sérieux.

Allez savoir pourquoi...

Quant à Eric, eh bien… Disons que notre pote le vampire ne s'était pas révélé être aussi utile que nous le pensions. Parce que, voyez-vous, cet imbécile de playboy s'était bien gentiment laissé enchainer à l'autel ! Sans rire, les tendances suicidaires se passaient de créateur en progéniture ou quoi ?

Sitôt le calme revenu dans la nef, ce stupide, stupide Viking qui se prenait pour Saint Martyre – priez pour nous ! – prit la parole. Sa voix était hachée par la douleur et les mots semblaient buter dans sa gorge comme il en extrayait chaque syllabe avec la plus grande difficulté. Le grésillement de sa peau sous la brulure de l'argent ponctuait ses respirations difficiles.

« J'échange ma vie contre celle de Godric… »

Charmant, ce petit acte de dévotion.

Dommage qu'il nous envoie tous nous faire frire !

« …ainsi que celles… des deux filles… »

Ah, je ne l'avais pas vue venir, celle-là !

Complètement figée par la surprise, je jetais un coup d'œil ahuri à Sookie qui se contenta de m'adresser une moue désabusée, moue que contredisaient ses yeux rivés sur la silhouette d'Eric. Mouais… les fesses du Viking ne l'intéressaient pas, mon œil ! Mais dans la situation présente, je choisis de n'en rien dire et me contentais de remercier le dieu de la chantilly pour cette fabuleuse baguette magique qu'était l'ordre de Godric : garantir la sécurité des deux humaines et pas d'effusion de sang.

Et pour ceux qui me reprocheraient d'être aussi insensible face au sacrifice d'Eric je vais vous dire un truc : fuck. Entre ses miches et les miennes, je choisissais celles qui ne sentaient pas le moisi !

Et puis d'abord, ce n'était pas moi qui lui avais ordonné de me sauver à n'importe quel prix. Pas qu'il m'aurait obéi, de toute façon.

Ce n'étais pas non plus moi qui l'avait allongé de force sur l'autel ou qui lui avait passé ces foutues chaines autour du corps, non môsieur !

Bon, d'accord, je me cherchais des excuses…

Parce que peut-être – et je dis bien peut-être – que je me sentais un peu coupable de la tournure des évènements. Si Eric n'avait pas reçu l'ordre de nous protéger, Sookie et moi, jamais il n'aurait laissé cette bande de bouffons l'enchainer aussi facilement. Non, il les aurait tous assommés en moins de trois secondes chrono avant de se faire la malle incognito. Ouaip, aussi simplement que ça. Et l'entendre échanger sa vie contre la nôtre – même si ce n'était pas totalement de son libre-arbitre – me dérangeait beaucoup plus que ce que je voulais bien admettre.

Soudain, alors que je me sentais prête à me transformer en statue de sel pour être sûr de ne pas provoquer le plus gros taré de l'assemblée – celui qui, accessoirement, avait son doigt sur la gâchette –, les deux portes en bois massif qui fermaient la nef s'ouvrirent à la volée avant de se fracasser sur les murs dans un grand « bang ! » sonore, révélant une silhouette fringuée comme un carré d'as.

« Sookie ! »

Dans toute ma courte vie, j'avais acquis trois certitudes.

Un, je détestais les vampires.

Deux, sur une échelle de un à dix question entrée en scène, Steve Newlin était un zéro pointé.

Et trois, la seule personne au monde assez douée pour pulvériser son record de nullité – et dans tous les domaines, s'il-vous-plaît – n'était autre que Bill Compton.

Parce que s'il comptait sur nous pour nous émerveiller de sa magnifique apparition-je-suis-ton-super-héro-perché-sur-son-noble-cheval-blanc, il se fourrait les doigts là où je pense !

Et non, je ne parlais pas de ses yeux.

En tout cas, sa superbe entrée en scène ne servit à rien d'autre qu'à envenimer la situation. Je crus même entendre Eric bougonner un « triple idiot ! » entre deux grondements furieux. Il y avait au moins un point sur lequel nous étions d'accord, le Viking et moi. Cet imbécile de mort-vivant aurait pu échafauder un plan, attaquer par surprise, ramener du renfort… je ne sais pas, moi, n'importe quoi d'un tant soit peu intelligent ! Même moi qui n'arrivais pas à gagner une seule partie d'échec contre moi-même je savais que foncer bille-en-tête comme un bon imbécile suicidaire n'était pas la meilleure chose à faire ! Malheureusement, mon ringard de chaperon n'avait pas l'air de percuter la chose.

Elle avait trop regardé de contes de fées, la loque vestimentaire !

Bref ! Son prince charmant désormais arrivé, Sookie s'était totalement désintéressée d'Eric et mettait Newlin au défit de s'attaquer à son cher et tendre.

J'étais presque tentée de le payer pour qu'il l'enchaîne à la place du Viking.

Fuck, j'étais même prête à allonger la facture pour le voir flamber au soleil !

Flingue pointé sur Sookie, Newlin eut alors sa seule – et unique ! – pensée intelligente de la journée. Il la considéra de haut en bas avant qu'une moue dubitative et méprisante ne vienne déformer les traits grossiers de son visage porcin.

« Franchement, je ne vois pas ce qu'ils vous trouvent. »

Moi non plus, Steve, et c'est bien là le grand mystère de ma vie !

A peine m'étais-je fait cette brillante réflexion qu'une détonation retentit dans le chœur. Le flingue vola des doigts de Newlin tandis qu'il poussait un couinement de douleur en plaquant sa main contre sa poitrine. Ni une, ni deux, Bill se rua sur nos assaillants qu'il projeta loin de nous. Je me jetais aussitôt à terre où je récupérais le pistolet, mes doigts se refermant solidement sur sa crosse. Je n'enregistrais que vaguement le bruit d'une seconde détonation et la voix de Jason – Jason ? ! – tant j'étais concentrée sur ce flingue. A cet instant, si vous m'aviez demandé le grand but de mon existence ma réponse se serait résumée à ceci : saisir ce putain de flingue et me tirer d'ici. Tout autour de nous, les fidèles s'écartèrent subitement, affolés par la gueule du canon que je pointais fébrilement vers eux, allant et venant d'une tête à une autre. Les jointures de mes doigts étaient blanches tellement je serrais l'arme entre mes poings et le monde semblait tourner en accéléré devant mes yeux rendus fous par l'urgence et la panique. C'était comme si le moindre de mes sens s'était soudainement aiguisé de telle sorte que je percevais le moindre frôlement, le moindre frémissement de l'air alentour. Comme si ma vue, mon ouïe et mon odorat s'étaient décuplés en un temps record, boostés par l'adrénaline qui brulait dans mes veines et par mon instinct de survie qui tournait en overdrive.

Jetant un rapide regard en arrière, j'évaluais la situation. Bill serrait Sookie dans ses bras, Jason était ceinturé par trois mecs, Newlin gémissait par terre et Eric était toujours ligoté sur l'autel.

Eric.

Dans la panique du moment, ce fut tout ce que trouva la pauvre chose traumatisée qui me servait de cerveau. Si nous parvenions à libérer ce fichu Viking, la balance aurait de grandes chances de pencher de notre côté.

C'est pourquoi je reculais prudemment, pas par pas, promenant le flingue de droite à gauche sans quitter les fidèles du regard. Ce n'est que lorsque Sookie échappa à Bill que j'abaissais le canon et me précipitais à sa suite, certaine que si l'un d'entre eux devait bouger ne serait-ce que le petit doigt Billy-boy se ferait une joie de l'égorger pour protéger sa copine. En trois enjambées j'étais auprès d'Eric et ôtais les chaines qui entravaient ses chevilles tandis que Sookie s'occupait de ses bras. J'aurais bien grimacé de dégoût à la vue de la chair brûlée qui collait aux maillons si je n'avais pas été aussi pressée par l'urgence. A peine le dernier maillon retiré, big, tall and dead disparut en un éclair pour réapparaitre auprès de Newlin, son poing fermement enroulé autour de sa gorge. Dans sa hâte à bouffer du curé, cet abruti de Viking me bouscula si bien que je perdis l'équilibre et atterris bêtement par terre, cul dans la poussière.

Eh ben merci, sympa la récompense !

Imbécile de tas de muscles !

Grognant, pestant, je me redressais tant bien que mal en me frottant vigoureusement l'arrière train. Avec ma chance habituelle, j'avais probablement le coccyx en miettes ! Sans compter ma fierté qui, elle, n'avait malheureusement pas survécu à l'impact.

Paix à son âme.

Lorsque j'eus enfin fini de maudire ce crétin de Shérif à la manque, Newlin en était déjà prier qu'on l'achève.

Euh… j'avais manqué un épisode, là ou quoi ?

Affalé sur les marches de l'autel, sa gorge prise entre les griffes d'Eric et son costard froissé par ses gesticulations multiples et surtout absolument inutiles, Newlin avait l'air d'un malade mental priant pour le jugement dernier. Quoique… attendez une minute, rectification : Newlin était un malade mental priant pour le jugement dernier. Hell, il comptait même entrainer tous les membres de son Eglise avec lui ! Sookie s'agita à coté d'Eric, le bassinant de « non » et de « il ne faut pas » qui sonnaient plutôt comme un « si tu veux avoir une chance de me passer entre les cuisses t'as intérêt à obéir, gros méchant Viking ! », si vous voulez mon humble avis.

Eurk, laissez-moi gerber…

La blonde en était arrivée au troisième paragraphe de son petit b) de la cinquième sous-partie de son grand un – oui, oui, l'argumentation était aussi fournie et développée que ça – lorsque des bruits de cavalcade et de portes brisées résonnèrent entre les parois de pierre brute. Une fraction de seconde plus tard, une vingtaine de vampires pénétraient dans la nef sous les cris affolés des demoiselles de la paroisse, Stan et son immonde look de cow-boy en tête.

« Steve Newlin ! Tu croyais pouvoir monter ta petite armée pour venir nous lyncher tranquillement ? »

Une pause, puis :

« On va te saigner comme ton père, crétin. »

Oh nom de dieu, c'était la journée des entrées en scènes minables ou quoi ?

J'aurais bien balancé une ou deux remarques bien cinglantes – du genre retourne traire ta vache, boulet ! – mais à peine eu-je le temps de lever les yeux au ciel que tous les vampires présents dans la salle passèrent à l'attaque. Un cri perçant m'échappa lorsque deux mains rugueuses m'empoignèrent par les épaules et m'écartèrent rudement la tête sur le côté, dévoilant ma jugulaire.

Merde, merde, merde, merde, merde !

Pas moi, triple idiot, je suis de votre côté !

Enfin ça, c'est ce que j'aurais voulu crier… parce que telle que je me trouvais, je ne pouvais que me débattre tout en hurlant un flot d'insultes décousues et mal articulées qui n'eurent pour d'autre effet que de faire marrer mon agresseur.

Timbré.

Ses crocs survolèrent la peau tendre de mon cou et je me figeais totalement, soudain pleinement consciente de la merde noire dans laquelle je me trouvais. Un mouvement de trop et j'étais morte ! Puis le vampire derrière moi prit une grande inspiration et je fermais étroitement les yeux, me préparant à la douleur de la morsure – et à la mort, accessoirement – quand une voix explosa soudain dans la nef.

« Ca suffit ! »

Aussitôt, ce fut comme si la scène entière faisait un arrêt sur image. Je sentais le souffle glacé du vampire derrière moi me balayer la nuque, ses crocs acérés immobilisés à deux centimètres à peine de ma peau tremblante. Puis, ouvrant craintivement un œil, je suivis le regard de la foule et laissais échapper une exclamation de surprise.

Perché sur le dais de pierre qui surplombait l'autel se tenait Godric, fièrement campé sur ses deux jambes et droit comme la justice, son expression à la fois profondément triste et solennelle comme son regard passait d'un protagoniste à un autre avec l'air d'un père déçu par le comportement puéril de ses propres enfants. Avec son visage angélique et millénaire, ses vêtements simples et sa posture majestueuse, il avait tout de la sainte figure biblique à laquelle il nous faudrait tous obéir.

Dans un coin de mon cerveau atrophié par la peur, une petite voix sarcastique remarqua que comme les trois autres, Godric craignait question entrée en scène.

Le reste du cerveau en question s'en foutait comme d'une guigne. Parce que, voyez-vous, si ça me permettait d'éviter de servir de plat de résistance pour je ne savais quel déterré affamé, des entrées comme ça j'en voulais tous les jours !