Salut à mes lecteurs. En consultant mes stats, je vois que j'ai beaucoup de personnes qui me rendent visite, mais pas beaucoup qui laissent des revues. Or, chers amis, la revue, c'est le carburant de l'auteur. A vot' bon coeur, m'sieurs-dames. :))
Chapitre 10 : Parfum de Rentrée
Le matin du 1er septembre, la maisonnée McLagan s'éveilla en silence. Laissant dormir les plus jeunes encore quelques instants, Harry, Théodore et Sarah se dépêchèrent de prendre une douche, de s'habiller et d'aller prendre leur petit déjeuner. Les deux tantines leur avaient préparé un menu digne d'un ogre qui leur permettrait sans mal de patienter jusqu'au dîner. Des tartines à volonté, du beurre, du miel, des confitures, des céréales et des œufs, qui disparurent assez rapidement. Le journal posé sur la table fut confisqué au profit de Basile, qui apprit ainsi qu'un incident magique avec des poubelles s'était produit dans la nuit, mais qu'on ignorait encore qui était le crétin qui s'était amusé avec ça.
- Je me demande à quoi ça sert, des poubelles explosives ? fit Sarah entre deux bouchées de tartine.
- Scrotch, scrotch… A faire déguerpir les indésirables… cronch… répondit Théodore au milieu d'un toast.
- Cette histoire de marque fait déjà tant de ravages dans les esprits ?
- Scritch, crac… Ou alors, on a affaire à un parano de naissance. Un que Rita Skeeter adorerait épingler.
- On parie combien que le vieux Fol Œil a encore disjoncté ? s'esclaffa Alexandre. Il n'en rate pas une, celui-là. Et Rita passe son temps à demander qu'on lui retire sa baguette.
- Qui ça ? demanda Harry.
- Un vieux timbré du ministère, Maugrey Fol Œil. Elle a déjà écrit sur lui après qu'il ait expédié dans un mur une sorcière qui lui avait fait « bouh ! » un premier avril.
- En voilà, un phénomène ! s'exclama Harry. Mais pourquoi aurait-il piégé ses poubelles ?
- Te l'ai dit, ce mec est parano. En plus, c'est un ancien auror, collègue de Barty au temps de sa splendeur. Ça n'aide pas les caractères difficiles. Merlin vous épargne toute rencontre avec ce personnage. Non seulement il est fou, mais en plus, il est affreux, répondit Basile. Il s'est bastonné avec la moitié de la garde rapprochée de Tu-sais-qui pendant la guerre et a flanqué l'autre moitié derrière les barreaux.
- Là ! dit triomphalement Sarah. C'est cet homme qu'il nous faudrait comme prof de défense !
- C'est un atrabilaire, intervint Timothée.
- On en connaît un autre comme ça.
- Imprévisible.
- On en connaît UNE autre comme ça.
- Et très sévère, à ce qu'on dit.
- On en connaît plein d'autres comme ça.
- Bon, d'accord… Admettons. Dépêchez-vous de finir votre petit déjeuner. Vous n'avez pas envie de rater le Poudlard Express, n'est-ce pas ?
Harry se souvenait un peu trop bien de ce qui était arrivé deux ans auparavant. Il se hâta de manger le reste de ses toasts avant d'aller chercher sa valise dans sa chambre.
- Nous irons à la gare par portoloin, prévint Basile. Inutile d'attirer l'attention, et ce sera beaucoup plus rapide.
- Vous craignez un problème ?
- Non, c'est juste que le nombre de policiers sur la route a augmenté, et je me vois mal expliquer la présence de grimoires magiques, de hiboux et d'ingrédients de potions dans le coffre de ma voiture.
Effectivement, ce pourrait être un tableau assez réjouissant. Basile alla chercher un vieux journal tout défraîchi et le posa bien à plat sur la table.
- Vous avez toutes vos affaires ? Parfait. Alors… Voyons un peu… Reducto ! dit Timothée en pointant sa baguette sur les valises.
Les bagages furent instantanément réduits à l'état de miniatures.
- Ce sera nettement plus pratique, vu que vous aurez une main prise par le portoloin.
- Comment ça marche ? demanda Sarah.
- Je vais ensorceler ce journal pour qu'il nous envoie à la gare de King's Cross. Il faudra le toucher tous en même temps pour ne laisser personne en arrière. Ça pourrait être gênant, surtout avec le temps qu'il faut et le mal qu'on a à obtenir une autorisation.
- Il faut une autorisation pour ça ?
- Ben oui, car c'est parfois plus efficace que le transplanage. Si j'essayais sans avoir demandé avant, quelqu'un transplanerait immédiatement ici pour nous dire de sa façon de penser.
Chacun se saisit de ses affaires ainsi rapetissées avant de se placer autour de la table. Basile pointa sa baguette sur le journal et lança :
- Portus !
Une faible lueur bleue environna le journal puis s'éteignit.
- Attention ! A trois, on prend le portoloin. Un… Deux… Trois !
Harry toucha le vieux papier et eut l'impression qu'on venait de l'attraper au niveau du ventre pour le tirer à toute vitesse sur une très longue distance. Il eut à peine le temps de se dire que ça ressemblait sans doute à ce que ressentait un poisson pris à l'hameçon qu'il atterrit rudement par terre.
Se redressant prudemment, Harry découvrit un environnement familier. Des piliers et des murs de briques, une verrière loin au-dessus de sa tête, des panaches de vapeur… Pas de doute, il était bien dans la gare de King's Cross et le Poudlard Express fumait par toutes ses tuyères, garé le long du quai 9 ¾. L'horloge indiquait dix heures et quart. Sans se presser, Harry et ses deux comparses prirent congé de l'oncle Basile.
Un craquement attira leur attention : sur une partie dégagée du quai, un vieil homme venait de surgir de nulle part. Il portait déjà sa robe de sorcier, affichant le blason de Serdaigle.
- MAX !
Plusieurs élèvent se précipitaient déjà vers lui.
- Alors, Doyen, je t'ai vu apparaître comme ça, tu es venu en transplanant ?
- Hé, je ne me souviens pas toujours de mon âge, mais je sais quand même que j'ai plus de 17 ans ! J'ai passé l'examen avec les sixième année…
Laissant le vieux Max Expea avec ses camarades de promo, les trois amis montèrent dans une voiture pour se trouver un compartiment. Chemin faisant, ils rencontrèrent quelques têtes connues, dont Neville Londubat, qui leur adressa un pâle sourire. C'était l'un des seuls Gryffondor à ne pas les agonir d'insultes chaque fois qu'il les croisait (ô infamie). Puis la voix de Blaise les arrêta. Il avait déniché des places libres et les invitait à le rejoindre.
- Ta petite sœur n'est pas encore avec nous ?
- Non, elle entrera à Poudlard l'année prochaine. C'est un enfer : depuis deux mois, elle n'arrêtait pas de poser des tas de questions ? Et qui enseigne quoi, et quelle est la punition la plus répandue, et comment sont les préfets… Elle veut tout savoir !
- Pour mieux préparer ses futurs coups fumants ? demanda Harry en riant.
- C'est bien parti pour… grommela Blaise. Remarque, ça ne fera qu'un semeur de désordre supplémentaire dans la famille.
- Toi, je vois bien pourquoi, mais les autres ?
- Ma mère travaille sous les ordres de Barty ; elle s'occupe des visas. Je t'assure que c'est un poste rêvé pour refuser l'accès à certaines personnes, faire des enquêtes dessus, semer un peu de pagaille dans les relations diplomatiques…
- Et…
Sarah s'interrompit. Ce qu'elle avait entendu sur le père de Blaise ne l'incitait pas à poser plus de questions. Et on lui en fut très reconnaissant. Pour changer de sujet, elle sortit son jeu d'échecs de son sac et commença une partie contre Théodore. De son côté, Harry épiait les élèves qui passaient dans le couloir. Il se retira vivement en apercevant le nez pointu et les cheveux clairs de Drago Malefoy. Inutile d'avoir une conversation de trop avec ce déplaisant personnage. D'ailleurs, celui-ci était trop occupé à discourir des mérites d'une autre école de sorcellerie avec ses deux gorilles. Poussé par la curiosité, Harry tendit l'oreille.
- De quoi ils parlent ? demanda Blaise d'un air bougon.
Sa haine de Drago semblait avoir franchi un nouveau stade pendant les derniers jours. Harry pensa qu'il aurait mieux fait de ne rien dire au sujet du probable engagement de Malefoy père dans les rangs de Voldemort.
- Durmstrang. Drago aurait apparemment beaucoup apprécié d'aller là-bas. Sûrement qu'il rêve aux magnifiques cours de magie noire qu'il pourrait suivre dans cette école.
- Je suis pas sûr qu'on leur apprendrait à lancer des sorts noirs dès la première année. Ni même après.
- Tu penses que Durmstrang cultive à dessein cette mauvaise réputation pour conserver ses petits secrets ? interrogea Sarah sans lever les yeux de son échiquier.
- Précisément. Referme la porte, ils arrivent.
Le trio de sales gamins passa sans faire attention aux occupants du compartiment.
Dehors, la pluie tombait sans discontinuer. Le ciel était sombre et bas, et de la buée se formait en couche épaisse sur les vitres. Au bout d'un moment, les lanternes et les lampes furent allumées, répandant une douce lumière orangée autour d'elles. Quand la sorcière aux bonbons passa avec son chariot, Harry et ses amis furent assez chiches en dépenses et chacun ne prit qu'un misérable fondant ou un beignet. À voir son expression, ils n'étaient pas les premiers.
Au cours du trajet, ils virent quelques têtes plus agréables que celles de Drago et ses deux acolytes. Millicent vint leur dire bonjour, puis Ginny Weasley pointa le nez dans leur compartiment, une sorte de boule de peluche grise vissée sur l'épaule.
- C'est moi, ou tu as récupéré…
- Ce gentil petit Coquecigrue ? dit Ginny en souriant. Tout juste. Il est beaucoup trop mignon pour que je le laisse à Ron.
Le minuscule hibou se mit à ululer gaiement pour manifester son approbation.
- Alors, ça s'est bien fini, ces vacances ? demanda Théodore.
- Dans l'ensemble, dit Ginny d'un ton léger. Ma mère a naturellement exigé des garanties de sécurité maximales, à tel point que c'est elle qui est allée chercher nos affaires sur le Chemin de Traverse. Tu devrais voir la robe que Ron a reçue… Une espèce d'horreur violette, on dirait un costume de grand-mère, il y a des dentelles partout ! Très chic à la Belle Époque, sans doute, mais aujourd'hui… Et ça ne fait vraiment pas très masculin. Pour une fois, je dois dire que ce crétin de Malefoy n'a pas tort.
- Ah, parce qu'il a vu la chose ? s'étouffa Théodore.
- Oui. Mon frère a encore manqué une occasion de rester discret. Déjà que les jumeaux se sont bien moqués de lui quand maman a ramené les habits. Je me demande vraiment à quoi pensait maman quand elle a fait les marchands d'occasion. Du violet, alors que Ron a des cheveux pratiquement rouges... N'importe quoi...
- Et la tienne, elle est comment ? s'enquit Harry, d'un ton faussement indifférent.
- J'en ai pas, répondit Ginny, furieuse. Maman a dit que je n'avais pas besoin de robe de soirée parce qu'à mon âge on n'allait pas aux soirées.
- On va arranger ça, décréta Harry, dès la première sortie à Pré-au-Lard.
- Chic ! Vous voulez bien me donner un coup de main, alors ?
- Évidemment. Nous n'allions pas laisser une amie dans l'embarras.
Ginny rougit jusqu'à la racine de ses cheveux flamboyants. Pour dissiper la gêne occasionnée, Harry embraya sur les possibilités qui s'offraient à eux en matière de prof de défense.
- Je me demande quel genre de créature on va avoir cette année, soupira-t-il. Récapitulons : d'abord, un Mangemort. Ensuite, un gros nul. Puis un excellent professeur, mais c'était un loup-garou. Alors, qu'est-ce qui nous pend au nez ?
- Une harpie ? suggéra Blaise d'un ton plein d'espoir.
- Un vampire ? ricana Sarah.
- On en a déjà un en potions, contra Ginny, qui s'attira aussitôt quatre regards courroucés. Désolée.
- Alors comme ça, les Gryffondor disent que notre directeur est un vampire ? Mais c'est charmant. Nous ne sommes pas allés plus loin que vieille chouette, en ce qui concerne McGonagall. Mais on l'aime bien quand même.
- Ginny ! appela une voix dans le couloir.
- Oh non… Miss Parfaite Granger… gémit la benjamine des Weasley.
- Qu'est-ce qu'elle te veut ?
- Elle s'est intronisée mon chaperon. Apparemment, elle est très inquiète des tentations que présente l'école pour une jeune fille de bonne famille. Et comme aucune autre fille de la maison ne consent à lui parler…
- C'est à ce point ? s'étonna Théodore.
- Lavande et Parvati n'aiment pas sa condamnation sans nuance de leur loisir favori, j'ai nommé la divination. Mary Bringham, qui est de mon année, lui en veut à mort depuis que Granger l'a traitée d'ignorante parce qu'elle avait du mal à boucler un devoir d'histoire de la magie… Et tout à l'avenant. De plus… Oups ! la voilà ! Je file !
Et Ginny sembla s'envoler tant elle s'éloigna vite. Granger passa devant les quatre de Serpentard sans leur accorder un regard.
- Bêcheuse ! lança Blaise dès qu'elle eût disparu.
- C'est bien ce qu'on avait dit, renchérit Théodore : elle essaye d'écraser les gens de son savoir.
- Si moi je faisais ça, ce serait au sens propre, ajouta Sarah d'un ton étrangement joyeux.
La pluie tombait encore lorsqu'ils arrivèrent en vue de Poudlard. Le train s'immobilisa dans un grincement de freins serrés et les élèves commencèrent à descendre sur le quai, se protégeant de leur mieux des énormes gouttes qui s'écrasaient au sol et sur leur tête. Hagrid regroupa tant bien que mal les première année tandis que les plus âgés se dirigeaient vers les calèches, trempés de la tête aux pieds.
Dans un concert de couinements et de bruits d'éclaboussures, le cortège se mit en route pour le château.
