Coucou. Le chapitre cette semaine débute le tournoi du district, qui se déroulera sur deux chapitres. Dans celui-là, pas beaucoup de tennis, il y en aura plus dans la prochain.

Merci de me suivre comme d'habitude, et bonne lecture.

Disclaimer : Prince of tennis ne m'appartient pas.


Chapitre 10 : Une rencontre soporifique

Le garçon arriva dans la cuisine, habillé et prêt à partir. Il bâillait. Bien que réveillé et apte à jouer son tournoi, il n'aurait pas dit non à une heure ou deux de sommeil supplémentaire.

– Ryoma, tu ne vas pas être en retard ? questionna Rinko.

Il s'assit à sa place habituelle. A en juger par l'odeur des œufs au plat, le petit déjeuner était servi.

– Seigaku joue un peu plus tard, donc je peux prendre mon temps. Momo-senpai viendra me chercher.

Il se concentra sur l'odeur de son repas et demanda à sa mère pourquoi ils ne mangeaient pas japonais, mais c'était peine perdue, parce qu'elle préférait la nourriture américaine.

Alors qu'il mangeait son plat sans plus d'enthousiasme, son père lui parlait. Il marmonnait des choses dont il ne comprenait pas un traître mot malgré son ouïe développée. De toute façon, ce n'était pas comme si ça l'intéressait vraiment.

Il n'eut pas le temps de finir de manger qu'il entendait déjà Momoshiro l'appeler à l'extérieur. Peut-être avait-il un peu trop pris son temps ? Peu importait, il ne finit pas son déjeuner et remercia Nanako qui lui donna son sac. Il assura à sa mère qu'il avait suffisamment mangé avant d'annoncer son départ.

– Hey ! le salua la voix de son senpai. Prêt pour notre victoire ?

Le garçon lui lança un sourire avant de lui retourner la question de façon arrogante, ce à quoi le deuxième année rit. Il lui fit une réflexion sur son attitude avant de lui demander de venir.

Ryoma s'approcha, le grincement des roues l'avait fait supposer que son camarade était venu le chercher en bicyclette. Il ne savait pas trop comment il devait monter, il s'approcha et toucha le vélo pour se situer. Il s'attendait à rencontrer la roue arrière, mais sa main se posa sur un porte-bagages qui lui semblait assez solide pour supporter son poids.

– Je dois monter là ? demanda-t-il pour s'assurer.

– Ah, oui, lui confirma Momo, un peu dans la lune.

Il devait penser à leur match à venir, supposa le première année alors qu'il enfourchait le vélo. Ce n'était pas très confortable, il ne savait pas quoi faire de ses pieds et de ses mains. Il décida de ne pas trop bouger et de patienter.

Aussitôt que son ami s'élança en criant un « c'est parti !», le cadet revint sur sa décision et, d'une main, il agrippa la chemise du deuxième année qui pédalait un peu trop vite.

Une fois adapté à sa position, il profita comme il pouvait du trajet. S'il ne pouvait pas observer le paysage défilant, le vent qui caressait son visage le détendait. Il n'aurait pas dû aimer se faire transporter comme ça sans rien y voir, mais il se sentait en confiance. Il fallait croire qu'il s'était habitué à Momo, et même aux autres de Seigaku.

Ils étaient à présent en descente. Ryoma pencha la tête en arrière, il sourit en pensant au tournoi.

– Ca va, tu t'éclates ? questionna le plus vieux, un peu amusé.

– Regarde la route, répondit-il au tac au tac.

– Oui, oui !

Ils ne se parlèrent plus du reste du trajet. Une fois arrivé, Ryoma ne s'éloigna pas trop de Momo, il le suivait tandis que ce dernier se dirigeait on ne sait où. Ils marchèrent un peu avant que l'autre ne dise finalement :

– Euh… Je croyais que c'était pourtant vers là, le point de rendez-vous. Bon, bah on va faire le tour, alors. Tu me dis si tu les aperçois.

Le première année n'acquiesça pas vraiment, mais il produit une onomatopée pour signifier qu'il avait entendu. Ils n'étaient pas sortis de l'auberge.

Heureusement, le lieu de la rencontre n'était pas si grand et Momo finit par repérer leurs coéquipiers qui firent remarquer leur retard. Ils ne traînèrent pas pour remettre leur fiche d'inscription, et les matchs commencèrent assez tôt.

Momoshiro et Ryoma jouèrent en premier, et grâce à leur technique, ils prirent leur revanche rapidement. Ils firent quand même quelques fautes de débutants, notamment à cause des repères imprécis du première année, ou de leur tendance oublier parfois qu'ils étaient en double. Malgré ces quelques soucis techniques, ils s'en sortirent assez bien avec les méthodes élaborées la veille.

Quand l'arbitre siffla la fin du match et qu'ils retournèrent au banc des titulaires, Eiji les prit par le cou et les étreignit :

– Mais c'était pas du double, ça ! s'exclama-t-il.

– Techniquement, on était deux sur le terrain. Peu importe la manière, l'important c'est de gagner, lança Momo en souriant.

– Moui, admit le rouquin. Oishi, tu es prêt ? C'est à nous ! On va leur montrer ce que c'est, un vrai double.

Le chat posa une dernière fois sa main sur la tête de leur recrue. Il commenta au passage qu'il serait sûrement bien plus mignon sans casquette. Le garçon ne répondit rien, mais craignit qu'il la lui retire pour accompagner ses paroles. Heureusement, le troisième année n'en fit rien et partit.

Ryoma s'installa sur le banc. Le match commença, il promettait d'être à sens unique pour la golden pair, alors il s'en désintéressa.


Kaidoh regardait calmement ses senpais jouer en double. Ceux-ci menaient sans céder aucun point, et au vu du niveau de leurs adversaires, il était certain qu'ils gagneraient. Il observait quand même, avec plus ou moins d'attention.

Le serpent était serein. Ce matin il avait couru, comme d'habitude, et s'était entraîné. Il jouerait juste après ce match, et était tout à fait certain de le remporter lui aussi. Il considérait la victoire de Seigaku comme acquise contre une école de ce niveau, mais il n'allait pas épargner son opposant pour autant.

Une bonne journée s'annonçait. Il ne pensait à rien et un sentiment de plénitude l'entourait, jusqu'à ce qu'une présence ne vienne troubler sa tranquillité.

Un poids s'appuya contre son bras droit, et bien installé, ne semblait pas vouloir s'y déloger. Le deuxième année regarda la personne à l'origine de cette pression. Ses yeux se posèrent donc sur Echizen, paisiblement assoupi.

Le plus vieux le fixa, les sourcils froncés. Ce n'était pas dans le caractère de la recrue de faire ce genre de chose, il ne devait pas s'en rendre compte. Oui, vraiment, il avait l'air de dormir comme une souche. Comment était-ce possible de s'endormir n'importe où, comme ça ? Sur les autres en plus… Il était vraiment sans gêne.

La situation commençait à l'embêter, pourtant quelque chose semblait l'empêcher de se mettre vraiment en colère. Il se retrouva à détailler le visage endormi de son cadet. Sa respiration profonde et bruyante signalait qu'il dormait bien. Sa bouche était entrouverte, ses paupières closes, et sa joue écrasée contre son bras ne lui donnait pas l'air stupide qu'il aurait dû avoir.

Bien évidemment, l'aîné ne le trouvait pas mignon, mais alors pas mignon du tout. Mis à part le côté adorable, il était plus sensible au côté sale gosse de leur recrue qui osait s'appuyer sur lui pour dormir, et n'avait pas même le respect de regarder le match de leurs senpais.

Oui, Kaidoh dissimulait peut-être un penchant pour ce qui était mignon en général, mais ça ne faisait pas le poids contre la personnalité du première année…

Ce qui acheva de l'énerver contre Echizen n'était rien d'autre que les sensations étranges qui le traversèrent après l'avoir observé d'un peu trop de près. Il se leva, dévisagea le jeune comme s'il venait de l'agresser et lui ordonna de se réveiller.

Son support disparu, Ryoma tomba la tête la première sur les genoux de la personne assise à côté d'eux. Il émergea et entendit Fuji lui dire quelque chose qu'il ne releva pas.

Au moment où il se redressa, il songea au fait qu'il n'avait pas assez dormi et demanda où en était le tournoi. Le troisième année l'informa qu'Oishi et Eiji étaient sur le point de clore leur match, ce qui fit regretter le prodige de ne pas s'être reposé plus longtemps.

D'ailleurs, il ne souvenait ni de s'être endormi, ni de comment il avait atterri sur les jambes du génie.

Par contre, il lui fallut peu de temps pour réaliser qu'il n'avait plus sa casquette sur la tête. Dès lors, il ne se gêna pas pour passer la main sur les cuisses de son aîné et un peu plus loin sur le banc pour vérifier qu'elle ne s'y trouvait pas. Tant qu'à passer pour bizarre, autant y aller franchement.

Il savait que les élèves de son grade le considéraient comme étrange, et il ne serait pas étonné que ce soit de même pour les autres. De toute façon, la bizarrerie n'était que normalité ici, il pouvait citer plusieurs de ses senpais pour sa défense. Inui par exemple, était pour lui le summum de l'excentricité, et ne parlons même pas de Fuji... Il pensait que sa manie de cacher ses yeux passait inaperçue parmi de tels phénomènes.

Comme son couvre-chef n'était pas là, il se retourna pour inspecter l'autre partie du banc, où il était assis plus tôt. Les autres le regardaient avec curiosité.

– Tu cherches quelque chose ? questionna Fuji, pour voir s'il pouvait l'aider.

– Ce n'est pas là, constata Ryoma.

S'ils étaient attentifs, ils auraient perçu de l'agitation dans son ton calme. Il réfléchissait au moment où il avait égaré sa casquette. Il devait l'avoir fait tomber dans son sommeil, pas moyen que ce soit autrement.

– Echizen ? interrogea Momo.

Le deuxième année s'était approché suite au remue-ménage, il se demandait ce qui avait pu mettre le première année et Kaidoh dans cet état.

– Ma casquette, répondit-il finalement.

Ses coéquipiers pourraient sûrement l'aider, ce serait plus pratique et moins suspect que de continuer à chercher à l'aveugle comme ça. Bonne pioche. Il sentit le troisième année se pencher près de lui, ramasser quelque chose au sol et se redresser.

– Tiens, fit-il en lui tendant son couvre-chef.

L'adolescent lui prit des mains, peut-être un peu trop vite, pour la revisser sur sa tête légèrement inclinée afin qu'elle cache son regard lorsqu'il remercia Fuji. Ce dernier s'adressa à lui :

– Echizen, est-ce que…

– Eh, le match vient de se finir ! s'exclama Momoshiro, coupant le génie dans son élan. C'est à ton tour Mamushi, tâche de ne pas faire s'éterniser le tournoi.

Kaidoh et Momo commencèrent à se chicaner, mais le capitaine les arrêta, comme d'habitude. Le serpent partit donc pour son match et la question de Fuji resta en suspens. Comme il ne reprit pas, Ryoma n'en fit pas cas.

Il se rassit correctement sur le banc et cette fois, il ne s'endormit pas.


La vipère gagna tout aussi facilement son match que ses équipiers, aucun jeu ne lui fut pris et il laissa sa place à Kawamura pour le match suivant. Il se rassit à côté d'Echizen en laissant volontairement un certain espace entre eux.

Cette fois le plus jeune ne semblait pas sur le point de s'assoupir, il regardait droit devant, mais l'autre n'aurait su dire s'il regardait le match ou s'il rêvassait.

Kaidoh ne pouvait pas affirmer qu'il détestait le garçon. Il était vrai que la première impression qu'il avait eue de lui n'était pas fameuse, mais ça s'était réglé après l'avoir affronté. Le deuxième année avait toujours un problème avec son caractère arrogant et irrespectueux, mais il arrivait à le supporter et s'y était étrangement habitué malgré les irritations passagères qu'il pouvait causer.

Non, il ne le détestait pas, et il avait même constaté être intrigué par lui. Son jeu, son comportement parfois étrange, et tout ce qu'il avait entrevu de lui, le poussait à l'observer encore plus. Kaidoh ne comprenait pas ce désir sous-jacent, ce qui causait des changements d'humeur quand il regardait le garçon. Ca, en plus de l'effronterie du jeune.

Pourtant il y avait des moments où toute trace de contrariété s'apaisait quand il le voyait. Des moments où il cessait de s'interroger et apercevait d'autres côtés de Ryoma.

Il se rappelait parfaitement cette fois où il avait perdu son chat à l'école. L'attitude du plus jeune l'avait choqué tant elle était inattendue. Son inquiétude, l'affection qu'il portait à l'animal... Bien que le plus jeune se soit repris après, il avait laissé apercevoir une part de douceur dans sa personnalité.

Depuis ce jour là, l'aîné ne l'avait vraiment plus vu de la même manière et à chaque observation il avait trouvé chez le garçon des côtés mignons parmi ceux qui ne l'étaient pas du tout.

Peu importait combien Kaidoh ne désirait pas les voir, ces côtés-là, et se détestait de penser à eux, ils lui sautaient irrémédiablement aux yeux.

Il avait compris que c'était impossible à maîtriser, alors il laissait couler et était bien content lorsque les défauts d'Echizen ressurgissaient dans son esprit. Pourtant, il le sentait, ceux-ci ne changeaient rien à sa nouvelle façon de le voir.

Une fois de plus, le serpent réalisa qu'il fixait le plus jeune avec trop d'insistance, alors il tourna la tête et s'intéressa au match. Ses pensées dérivèrent néanmoins encore un peu vers son kouhai.

Il songea que, malgré toutes les fois où il l'avait observé, ce dernier ne l'avait jamais remarqué. Il avait d'ailleurs constaté que le première année ne regardait personne, à moins qu'on ne lui adresse la parole. C'était assez étrange. Ce comportement que l'on pouvait qualifier de froid, Kaidoh ne le percevait pas ainsi. Peut-être se trompait-il, mais son cadet lui donnait plus l'impression d'être dans un autre monde, sans avoir personnellement de problème avec les seigakus.

Évidemment, il y avait des moments où le jeune se montrait réellement distant et indifférent. Ca faisait partie de sa personnalité, mais le fait qu'il ne regarde pas spécialement les gens dans les yeux ne semblait pas être une marque de dédain. Kaidoh le sentait, mais il ne comprenait toujours pas pourquoi.

Aussi, le fait de ne pas être regardé dans les yeux le peu de fois où il parlait à son cadet l'énervait quand même, et ce malgré l'opinion qu'il avait émise sur le sujet. Le serpent ne se comprenait pas plus lui-même que le plus jeune.

Il y avait autre chose, de plus important, qui le taraudait un peu. C'était cette fois où il avait croisé un homme bizarre qui cherchait son kouhai. En plus d'être louche, il avait mentionné la police. Le serpent y avait plusieurs fois repensé, et il ne voyait pas ce que cela pourrait signifier d'autre que le fait que son kouhai soit mêlé à des affaires louches. Surtout avec cet homme au comportement grossier…

Il était en tenue de moine, mais il avait avec lui des photos de femmes dénudées, il lui avait crié dessus, lui avait couru après, l'avait menacé de le maudire... Non, vraiment, qui était-il ? Il pouvait très bien être une brute qui forçait Echizen à commettre des actions pour son profit... Peut-être le faisait-il chanter ? Ou le martyrisait-il ? Rien qu'à imaginer cet homme aux côtés du garçon, Kaidoh ne pouvait que se faire des films. Cet inconnu lui faisait froid dans le dos.

Le première année n'avait pas vraiment le profil d'être un martyr, il le savait bien, mais comme on parlait là d'un adulte, il avait de quoi douter. S'il avait des problèmes, du peu qu'il connaissait son cadet, il savait que celui-ci n'irait sûrement pas en parler et agirait comme si de rien était. Dans ce cas-là, il y avait raison de s'inquiéter

Il y avait une autre possibilité. Dans celle-ci, la recrue serait complice de cet homme et ferait de lui-même des choses illégales qui l'auraient conduit à se faire arrêter. Si c'était le cas, Kaidoh serait furieux.

Il ne savait pas s'il devait en parler au plus jeune. Ce n'était pas ses affaires, mais d'un autre côté ça le concernait. Après tout, s'il faisait des actions illicites, ça porterait atteinte à la réputation du club. De même, s'il était menacé, cela pourrait déteindre sur son tennis. Donc à un moment ou un autre, il devrait avoir une petite conversation avec Echizen, même s'il ne savait pas vraiment comment l'aborder.

Finalement, Kaidoh parvint à se concentrer pleinement sur le jeu au match suivant. Fuji le remporta et acheva enfin la victoire de Seigaku. Les deux équipes se retrouvèrent sur le terrain pour se saluer, puis les joueurs furent libérés.

Bientôt, ils apprirent que lors de la finale qui se déroulerait l'après-midi, ils affronteraient une équipe émergente, Fudomine. Le serpent se demandait s'ils seraient plus intéressants que leurs précédents adversaires.


Voilà ! Je vous avez dit que l'impression de Kaidoh n'était pas la meilleure ? Si ce n'est pas le cas je pense que ce chapitre vous l'aura fait comprendre. xD Je sais pas, mais j'ai aucun mal à m'imaginer Kaidoh parano à propos de Nanji. Bon, il exagère énormément, mais je crois que leur rencontre l'a énormément marquée. Entre Momo et Kai, je n'arrête jamais de discréditer Nanji le pauvre.

Bon, cette fois-ci j'hésite. Comme attendu, j'ai pris du retard sur mes chapitres. Cette semaine je devrais avoir plus de temps, mais je sais pas si la motivation sera au rendez-vous... On va dire que je fixe la sortie du prochain chapitre dans deux semaines (toujours le samedi), mais que si j'arrive à rattraper mon retard je publierais la semaine prochaine. J'essayerais de mon mieux pour vous.

J'aimerais aussi vous demander une faveur. J'aimerais savoir ce que vous apprécier dans cette fiction, si vous en avez une idée. Je suis toujours en train d'élaborer le plan de la suite, et j'ai quelques idées que je pense être fidèles à ce que j'ai fais de cette fic jusqu'à maintenant, ce qui m'a poussé à me demander comment, vous lecteurs, considérez cette fic. Vous n'êtes pas obligé de répondre à cette demande si vous n'avez rien à en dire. Dans tous les cas, j'espère que la suite que je prépare à cette fic vous conviendra.

Merci encore à ceux qui suivent Blackout !