Attention, voici enfin les révélations sur ce qu'il s'est réellement passé dans les toilettes du Ministère... Parvati avait-elle raison ? Vous allez le découvrir !

Bonne lecture.


La musique battait son plein. Une musique moldue, si Draco ne se trompait pas. Un choix étonnant, si on considérait les lieux. Il haussa des épaules. Ce devait être une idée du Ministère pour rappeler l'entente entre les moldus et les sorciers depuis la fin de la Guerre. Il ne savait pas quel était le petit génie qui avait pondu ça mais celui-ci avait sans doute dû y griller quelques neurones. L'idée le fit vaguement ricaner.

« Tout va bien, Draco ? » demanda soudainement Théodore Nott, posant une main sur son bras.

Le jeune homme sursauta avant d'acquiescer. Il prit une gorgée de sa coupe pour se redonner contenance. Ce genre de festivités le mettait mal à l'aise. Avant, il aurait été comme un strangulot dans l'eau, avec toute cette agitation. Il aurait vogué d'un groupe à l'autre, discutant avec les uns, flattant les autres, tissant des liens, comme son père le lui avait appris. Mais aujourd'hui, plus rien n'était pareil. La Guerre l'avait changé, profondément.

Il avait vécu le pire, le plus mauvais. La solitude, le temps qui passe. Il avait vu ses parents sombrer. Son père être jugé puis enfermé à Azkaban. Sa mère tomber dans la dépression, le désespoir, pour enfin devenir presque muette et statue de cire. Elle errait, le regard vide, dans les pièces du manoir qu'ils avaient pu conserver à grands renforts de suppliques. Lui-même avait déménagé après son procès dans un petit appartement qu'il partageait avec Théo, dans un quartier moldu, là où personne ne les harcelait à cause de leur passé.

Il avait entamé des études de potions, couplées à des cours de botanique et de médicomagie. Il voulait préparer des onguents et des philtres pour Sainte Mangouste. Si tant était qu'on le laisse leur en fournir sans croire qu'il voulait empoisonner tout l'hôpital. Il avait trouvé un petit atelier quelques mois auparavant, commencé son stock, et était encore en pourparlers avec la direction des médicomages pour obtenir un contrat.

Il secoua la tête et s'obligea à revenir à la soirée. Il avait été invité au nom de l'unité entre les sorciers, quels que soient leurs origines ou leur passé. Bien sûr, il avait vu les regards surpris quand il s'était présenté à l'entrée. Ecœurés, même, pour certains. Il n'était pas reparu en public depuis la fin de son procès.

Il regarda l'heure affichée sur la grande horloge de la salle. Cela faisait presque deux heures qu'il était là. Il pourrait bientôt partir sans que cela ne soit inconvenant. Il avait fini par ne plus attirer les regards, aidé en cela par un Dean Thomas plus que bourré qui avait voulu embrasser un des frères Weasley. Lequel, il devait avouer n'en avoir aucune idée. Ils se ressemblaient un peu tous.

« Monsieur Malfoy… Mais cela fait des années que nous ne nous sommes pas vus, je crois… Nous devons absolument discuter, tous les deux… » S'exclama soudainement Rita Skeeter.

La sorcière arrivait vers lui à grands pas, un verre à la main, le sourire éclatant et la plume à papote sans doute dans la poche. Draco fouilla la pièce des yeux, cherchant un secours. Il n'était pas question qu'il parle à cette harpie. Elle avait suffisamment traîné sa famille dans la boue lors des procès, pour ne pas en rajouter à présent que tout le monde l'avait presque oublié. Il avait pourtant dit à Théo que ça n'était pas du tout une bonne idée de venir à cette fête… Mais son colocataire n'avait pas voulu l'écouter, trop préoccupé par l'idée de rencontrer celle qui faisait battre son cœur. Il lui revaudrait ça. Où était-il passé d'ailleurs ? Jamais là quand il fallait.

« Dîtes-moi un peu, que faîtes-vous, à présent que le Ministère a décidé dans sa grande bonté de vous relâcher ? Vous lui en êtes reconnaissant, d'ailleurs, je suppose ? Parlez-moi de votre ressenti après le procès, cela n'a pas dû être facile de changer de vie quand tout le monde vous hait, n'est-ce pas ? » Attaqua la journaliste.

Le jeune homme se retint de gémir. Comment allait-il s'en débarrasser ? Ses yeux commençaient à regarder partout sauf vers la sorcière, dans l'espoir qu'elle abandonne son interrogatoire. On pouvait toujours rêver, non ? Une chevelure rousse se planta soudain devant ses yeux.

« Ah, Malfoy ! Te voilà. Nous devons discuter, tu te rappelles ? » Lui demanda une Ginny Weasley plus qu'énervée.

Merlin. Ce qu'il avait fait au monde sorcier était-il donc si grave pour qu'on lui fasse à présent choisir entre Charybde et Scylla ? Il soupira, mais se laissa guider hors de la salle par la jeune sorcière, haussant des épaules dans une fausse excuse à la journaliste qu'il plantait là, le carnet à la main.

Ginny Weasley l'entraîna alors dans un autre couloir, plus sombre, qu'il ne reconnut pas, avant de tirer la porte des toilettes. Vides, évidemment. Alors seulement, elle lui lâcha le poignet, qu'il malaxa douloureusement avec l'autre main. Elle avait une sacrée poigne, depuis qu'elle jouait au Quidditch de façon professionnelle. Il prit appui contre un lavabo, se moquant éperdument de salir son costume.

« Ecoute, Weasley, ce n'est pas pour te vexer, mais j'ai autre chose à faire… On ne peut pas en reparler plus tard ? » Fit-il.

Il empruntait exprès son ton le plus sec et froid, dans l'espoir que toute cette histoire se termine enfin et qu'il puisse repartir sereinement, au lieu de se sentir salaud, comme chaque fois qu'ils venaient de se rencontrer.

« Je ne crois pas non… » Répondit la jeune femme en s'approchant de lui pas à pas. « Tu n'as pas oublié notre petit marché, je suppose ? Ou alors, je peux tout à fait oublier que j'avais prévu de parler à la sœur de Gwenog… »

La menace était à peine voilée. Draco ferma douloureusement les yeux. Elle ne lui laisserait encore une fois pas le choix. Il avait tellement besoin de cet accord avec Sainte Mangouste pour vendre ses potions. Sans quoi, tout son travail ne lui servirait à rien. Son psychomage – qu'il était obligé de voir depuis la fin du procès – lui avait bien précisé que s'il ne parvenait pas se racheter de cette façon pour ses erreurs, son psychisme trouverait un autre moyen, plus tordu, et il risquait d'en souffrir comme quelques années auparavant.

La rousse connaissait très bien Gwenog Jones, la capitaine de son équipe. Dont la sœur était la chancelière de la commission de médicomages statuant sur son dossier. Quand Weasley le lui avait appris, au détour d'une conversation dans un couloir, elle avait proposé de l'aider. Il avait été surpris, et plus que ça même. Il avait cherché le piège et ne l'avait pas trouvé. Alors il avait accepté. Bien mal lui en avait pris.

La main de la jeune femme caressa sa joue, presque tendrement. Elle descendit le long de son col, pour s'accrocher à sa chemise. Sa bouche s'écrasa sur la sienne, sans douceur. Elle lui labourait les lèvres. Une autre main attrapa la sienne, pour la coller d'autorité sur son sein. Il le pétrit sans joie. La jeune femme écarta ses jambes, s'y insérant. Son genou remonta le long de son entrejambe mais ne rencontra aucune excitation. Sa bouche le mordit alors si violemment qu'il en saigna. La main sur son col descendit rapidement, déboutonna son pantalon, s'inséra dans son sous-vêtement pour le caresser durement.

« Je te conseille de mettre du cœur à l'ouvrage, Malfoy, si tu veux que je m'estime… satisfaite. Essaie de faire un peu mieux que mon bon à rien de mari. » Claqua la jeune femme entre ses dents.

Sous la torture, le jeune homme ferma les yeux et soupira. Bientôt, il serait délivré de ce calvaire. Bientôt, Weasley n'aurait plus aucune emprise sur lui.


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