Auteur : verityburns ( u/2494960/verityburns )
Titre : The Road Less Traveled (Le chemin le moins fréquenté)
Genre : Romance/Humour
Résumé : Sherlock se rend compte que la vie amoureuse de John implique un niveau de risque inacceptable... et si il rencontrait une femme plus tolérante que la moyenne et finissait par se marier ?
Pairing : Sherlock/John
Rating : M
Disclaimer : L'univers appartient à ACD et aux créateurs de la série, et l'histoire à verityburns.
Avertissements : Traduction & fic slash assez graphique (traitant de relations amoureuses et sexuelles entre garçons).
Je n'ai pas eu le temps de répondre aux reviews, mais je remercie chaleureusement toutes celles qui en ont laissé, qu'il s'agisse de mes lectrices habituelles ou des nouvelles :)
Chapitre 10 : Dispute
POV John
Le trajet en taxi de retour à la maison depuis la scène du crime se déroula dans un silence menaçant.
Je fulminais silencieusement et Sherlock avait adopté l'attitude boudeuse répandue parmi les jeunes enfants qui savent qu'ils ont fait une bêtise mais qui ne supportent vraiment pas qu'on les réprimande pour ça.
Le bon côté des choses, c'était qu'au moins personne n'avait tiré hâtivement la conclusion qui me semblait, dans mon embarras, être l'évidence même.
Dès que Sherlock avait lâché sa bombe, Sally avait commencé à hurler de rire.
« Surprise, surprise, » avait-elle gloussé bruyamment. « Le psychopathe ne veut pas prêter ses jouets ! » Elle recula, ce qui était sage parce que Sherlock avait l'air de penser que la scène de crime serait bien mieux avec un corps de plus.
« On ne peux pas posséder une personne, espèce de tordu, » admonesta-t-elle. « Ce n'est pas parce qu'il vous suit partout qu'il est votre possession. » Elle se tourna vers moi. « Je vous avais prévenu, John, » fit-elle remarquer. « Je vous avais déconseillé de vous approcher de lui et maintenant regardez comme il vous traite. » Elle secoua la tête. « Je ne sais pas comment vous faites pour le supporter ! »
« Moi non plus, » répondis-je sombrement, mi-soulagé et mi-indigné qu'elle me considère comme une sorte de lavette pathétique, mais j'étais toujours furieux contre Sherlock. Sa tête se tourna brusquement vers moi et il commença à faire ce truc des yeux écarquillés qu'il fait quand il veut quelque chose, ou quand il a encore fait exploser le micro-ondes; est-ce qu'il croyait que je n'avais toujours pas remarqué ça ?
Je le regardai froidement. « Je vais attendre dehors, » lui dis-je, avant de tourner les talons et de m'en aller à grands pas, recevant plusieurs tapes de soutien sur l'épaule sur mon chemin – tout le monde avait clairement accepté l'hypothèse de Sally et pensait que j'étais une bonne poire de supporter Sherlock, mais je suppose que c'était mieux que s'ils connaissaient la vérité…
ooo
Je laissai Sherlock payer le taxi et entrai le premier dans l'appartement avec l'intention d'enlever son bordel de mon fauteuil en guise de protestation. Malheureusement, j'avais oublié le récent ajout d'une sorte d'appareil électrique à l'expérience qui était en cours sur mon fauteuil et je ne voulais franchement pas toucher à ça. Je me dirigeai vers la théière, dégoûté.
J'étais conscient que Sherlock rôdait dans l'encadrement de la porte juste derrière moi, et je m'appuyai fermement sur le plan de travail pendant deux minutes, prenant bien mon élan avant de me tourner vers lui.
« À quoi, bordel, » je le poussai du doigt, « tu penses, » je le poussai à nouveau, « être en train de jouer ? » Je le poussai plus fortement cette fois et il tomba un peu en arrière, l'air surpris.
« N'étions-nous pas d'accord, » demandai-je, continuant à avancer vers lui, « pour garder ce… » J'agitais la main entre nous deux, « peu importe ce que c'est, privé ? » Il se contenta de me regarder.
J'agitai le doigt dans sa direction. « Ne t'avise pas d'écarquiller les yeux avec moi, Sherlock Holmes ! » m'exclamai-je, une partie de mon cerveau étant consciente que je semblais être en train d'effectuer une imitation convaincante de ma propre mère.
« N'est-il pas vrai, » continuai-je, « que nous nous sommes assis sur ce canapé, » je le désignai, « il y a seulement une semaine, » Mon Dieu, ça faisait seulement une semaine ? « et que nous avons discuté de cette question même ? »
Hochement de tête réticent, tête baissée, menton dehors.
« D'après mes souvenirs, » je commençais vraiment à trouver mon rythme maintenant, « J'ai dit que c'était un grand pas pour chacun de nous et que nous devrions vraiment garder ça pour nous pour le moment, jusqu'à ce que nous nous sentions tous les deux plus à l'aise. » Je m'arrêtai, le fusillant du regard.
C'était gaspiller un très bon regard noir, car il ne me regardait même pas.
« À ce moment, n'as-tu pas dit, je cite "Ça me va, John. Je n'ai aucune préférence de toute façon." ? »
Il semblait fasciné par le tapis. À tout moment maintenant il serait capable de se mettre les doigts dans les oreilles.
« Sherlock ? » insistai-je, et il haussa les épaules, gardant la tête baissée d'un air boudeur. Ouaip, il avait sans aucun doute l'âge émotionnel d'un enfant de huit ou neuf ans à ce moment-là.
Je soupirai et baissai un peu la voix, « Alors pourquoi tu ne me dirais pas ce qui s'est passé aujourd'hui, Sherlock ? » lui demandai-je. « Ce qui t'a fait décider tout à coup qu'aujourd'hui était le jour parfait pour faire mon coming out devant la moitié de Scotland Yard ? »
Il marmonna quelque chose à voix basse. Franchement, vu qu'il avait déjà les mains dans les poches, je m'attendais presque à ce qu'il se mette à donner des coups de pied dans le tapis.
« Sherlock ! » criai-je presque.
Quand il leva les yeux, ceux-ci étaient flamboyants, l'enfant boudeur ayant soudain disparu. « Elle t'a touché, John, » dit-il, pointant ma poitrine du doigt. « Elle avait la main juste sur ton cœur. »
Je ne pouvais pas le croire. « Es-tu en train de dire que tu as trahi ma confiance juste parce que tu étais jaloux de moi et du sergent Donovan ? » demandai-je, incrédule. « Es-tu fou ? »
« Je n'étais pas jaloux, » nia-t-il, d'un ton dégoûté. « C'est juste, » il hésita. « Je n'ai pas aimé ça, » ajouta-t-il, d'une voix plus basse. Il fusillait ma poitrine du regard maintenant, comme s'il pouvait encore y voir l'empreinte de la main de Sally. « Tu devrais enlever ce pull, » dit-il soudainement.
« Quoi ? » demandai-je, perplexe face à cette demande semblant sortir de nulle part.
« Enlève ton pull ! » répéta-t-il, s'avançant vers moi. « On ne peut pas savoir où les mains de Sally ont été, ce pull a besoin d'être lavé, au minimum. » Il se rapprochait de moi maintenant, les mains tendues.
« Comment ça "au minimum" ? » protestai-je; c'était l'un de mes pulls préférés ! « Qu'est-ce que tu fais ? » demandai-je. « Lâche-moi ! »
Ses mains étaient sur mes hanches, attrapant le bas de mon pull et essayant de le lever.
« Ce serait peut-être plus prudent de le brûler, » dit-il, comme si c'était tout ce qu'il y a de plus normal.
Je donnai des coups pour essayer d'enlever ses mains, mais il était très persistant. C'était absurde… Nous étions pratiquement en train de nous battre maintenant, lui essayant de lever mon pull et moi l'abaissant avec autant de détermination. Enfin, j'étais déterminé, lui était juste ridicule.
Nous traversâmes la pièce dans notre lutte jusqu'à ce qu'il m'accule contre le mur, où il s'immobilisa brusquement. Ma tenue était devenue quelque peu débraillée au cours de notre "discussion", mon pull et ma chemise étant tous deux repliés jusqu'aux alentours de mes côtes. Ses mains étaient maintenant sur ma taille nue et il les plia doucement, les faisant glisser sur ma peau, ses pouces décrivant un mouvement circulaire. Je retins mon souffle un moment.
Depuis ce baiser époustouflant une semaine auparavant, nous n'avions pas fait avancer notre relation physique plus loin ou, en fait, aussi loin. Notre comportement avait changé de manière significative, mais c'était un changement tellement radical pour chacun de nous que nous avions besoin de nous y habituer progressivement. Il y avait eu beaucoup de câlins, de d'enlacements et de baisers chastes, mais c'était tout, les vêtements étaient restés fermement à leur place jusque-là.
Sherlock regardait ses mains, qui caressaient maintenant clairement la peau de mon abdomen et du bas de mon dos. Son regard monta jusqu'à mon visage et je vis que ses yeux étaient noirs, ses pupilles énormes. Je le fixai en retour, imaginant que mes yeux devaient sûrement être pareils. Comment était-ce possible ? Il ne touchait que ce que je croyais être une zone "neutre", pas particulièrement sensible ou extraordinaire. Bon Dieu, je n'étais même pas chatouilleux ! Et pourtant, rien qu'avec ses mains caressant ma peau je pouvais sentir la chaleur monter dans mon ventre et le désir d'en avoir plus se renforcer, même si je n'étais vraiment pas prêt pour ce que "plus" impliquait probablement. Ses yeux papillonnaient vers ma bouche et la direction que prenaient les choses était claire…
Soudain, je me souvins que j'étais en colère contre lui. Essayait-il juste de me distraire ? Je mis ma main sur sa poitrine pour le repousser et il tituba en arrière, l'air complètement ahuri et déconcerté. Ok, ce n'était peut-être pas un stratagème délibéré, mais quand même… Je remis mes vêtements en place et m'écartai du mur.
« Je suis en colère contre toi, Sherlock, » lui dis-je, aussi calmement que je le pouvais. « Ce que tu as fait aujourd'hui était injuste et déraisonnable. » Je me détournai. « Je monte dans ma chambre un moment; je te parlerai plus tard. »
Je vis mon ordinateur portable, que je ne pouvais pratiquement jamais utiliser, posé sur le bras du canapé, et je fis un léger détour pour le prendre. « Et je prends mon ordinateur ! » annonçai-je en franchissant la porte, ce qui apportait indéniablement une touche de "Na !" à ce qui avait été une sortie digne, mais que peut-on y faire ?
ooo
Dans ma chambre, je m'assis sur le lit et allumait l'ordinateur avec réticence. Je passai dix minutes à fixer mon blog, mais que pouvais-je vraiment écrire ?
"Ai bécoté mon colocataire sous la contrainte; ça s'est passé étonnement bien" ?
"Suis dans une relation gay, même si l'idée d'avoir des relations sexuelles avec un homme me fout la frousse" ? Je ris un peu à ça.
Au final j'éteignis à nouveau mon ordinateur et me contentai de me coucher sur mon lit, pensant à la semaine qui venait de s'écouler.
Embrasser Sherlock avait complètement chamboulé ma vie. Si j'avais su à l'avance ce qui arriverait, l'aurais-je fait quand même ? Après sa performance d'aujourd'hui j'étais tenté de dire "Non", mais si j'étais honnête (et si vous ne pouvez pas être honnête dans votre tête, c'est le moment d'arrêter de parler tout seul), cette semaine avait été extraordinaire.
Bien que je sois sorti avec beaucoup de femmes au fil des ans, je n'avais jamais vécu avec aucune d'entre elles, alors le côté "bonheur domestique" des choses était un bonus inespéré. J'avais découvert que j'adorais simplement m'assoir avec Sherlock sur le canapé, surtout en regardant la télévision, quand il s'allongeait avec la tête sur mes genoux pour que je puisse caresser ses cheveux. Il était comme un chat voulant être chouchouté; si ma main arrêtait de bouger, par exemple à un moment excitant du programme, il la poussait jusqu'à ce que le service reprenne normalement, je pense qu'il n'était même pas conscient de le faire.
Je souris pour moi-même. Sherlock était en fait étonnamment tactile avec moi, étant donné la distance extrême qu'il mettait avec toute autre personne. Il n'initiait habituellement pas les choses, semblant préférer que je mène, mais il avait un sourire particulier, légèrement incertain, un peu timide, qui était apparu pour la première fois le matin suivant ce baiser incroyable. Il rôdait dans la cuisine, m'observant, puis détournant le regard, n'étant clairement pas sûr de quoi faire ou de comment se comporter, quand ce sourire nerveux avait fait sa première apparition. Depuis, je le considérai comme son sourire "Je peux avoir un câlin ?", puisqu'il aurait tout aussi bien pu porter un écriteau lumineux ce matin-là.
En fait, le prendre dans mes bras était une autre des choses que je devrais ajouter au "Top cinq de mes activités favorites". Il se blottissait toujours dans mon cou et me tenait étroitement, et il semblait toujours avoir besoin de s'assoir, ou au moins de se percher sur quelque chose, ce que je trouvais un peu bizarre, mais que j'acceptais comme l'une de ses nombreuses excentricités. Un toast froid était un petit prix à payer.
Un coup d'œil rapide à ma montre m'apprit que j'avais été là-haut pendant une heure. Je commençai à me calmer un peu; après tout il semblait que son dérapage ne nous avait pas vraiment trahis, et je supposai que je pouvais comprendre qu'il soit un peu possessif étant donné que tout ça était nouveau pour lui. Il était encore vraiment au début de son apprentissage du fonctionnement d'une relation.
Roulant du lit, j'ouvris la porte de ma chambre et descendit les escaliers.
Il faisait très chaud dans le salon et j'espérai que Sherlock n'avait pas encore utilisé le four pour ses expériences; ça m'avait pris plus d'une heure pour le nettoyer la dernière fois. Il se tenait à côté de la fenêtre, mais se tourna pour me faire face quand j'entrai, l'air un peu contrit.
« Hey, » dis-je, mal à l'aise. Il sourit largement, espérant manifestement être pardonné.
« Qu'est-ce que tu faisais ? » lui demandai-je. « Il fait vraiment chaud ici. »
« Oh, juste une petite expérience, » me dit-il. Il y avait quelque chose qui clochait dans sa réponse, mais je ne pouvais pas mettre le doigt dessus. « Mais tu as raison, il fait chaud. Je crois que je vais enlever ma veste. » Il s'exécuta, défaisant aussi les deux premiers boutons de sa chemise – il portait celle qui était violette et soyeuse, et je fus soudain frappé par à quel point elle lui allait, avec sa peau pâle et ses cheveux noirs.
À quoi je pensais ? Je n'avais jamais remarqué ce qu'un homme portait avant. Bientôt je lirais le Cosmo !
Je décidai qu'une bière fraîche ferait un rafraîchissement suffisamment viril et me dirigeai vers le frigo, enlevant mon pull soudain trop chaud en y allant. Malheureusement, il n'y avait pas de bière, le frigo était totalement rempli de lait, en plus des habituelles parties du corps diverses (je me demandai vaguement quand les parties du corps dans le frigo étaient devenues habituelles ?).
Depuis que j'avais persuadé Sherlock que faire le thé n'était absolument pas quelque chose qui devrait l'impliquer, il avait commencé à ramener du lait à la maison presque chaque fois qu'il sortait, me présentant les briques comme si elles étaient des trophées qu'il ramenait d'une bataille. Entre ça et le fait qu'il veuille constamment m'embrasser dans les escaliers (le seul endroit où il initiait quoi que ce soit), j'aurais pu jurer que l'homme devenait vraiment encore plus bizarre.
Me versant un verre d'eau à la place, je revins dans le salon, jetant mon pull sur le bras du canapé, quand je vis un air plutôt narquois passer sur le visage de Sherlock.
« Quoi ? » demandai-je – il me cachait clairement quelque chose.
« Quoi ? » répondit-il de la même manière, de manière peu convaincante j'ajouterais.
Je regardai autour de moi, nerveusement, ne voulant me rendre compte brusquement que j'étais en mauvaise posture. Les yeux de Sherlock passèrent rapidement sur le canapé et il sembla incapable de réprimer un petit sourire satisfait. Je suivis son regard et vis qu'il regardait… mon pull !
Je jetais un œil à la cuisine. Le four n'était pas allumé et je ne pouvais voir aucune expérience. Avec une prise de conscience, je me tournai pour regarder le thermostat, qui était réglé bien plus haut que la normale.
« Sherlock ! » m'exclamai-je, m'avançant pour baisser la température à "humaine" au lieu du niveau "grillade" auquel il l'avait mise. Je le regardai à nouveau et il se contenta de hausser les épaules, souriant largement.
« Je me suis souvenu d'Ésope, John, » expliqua-t-il. Aucune réaction ne dut se voir sur mon visage, parce qu'il continua. « Quand j'étais enfant, j'avais un livre des Fables d'Ésope. » Il sourit au souvenir. « Le Vent du Nord et le Soleil faisaient une compétition pour déterminer qui était le plus fort en voyant qui pourrait faire enlever son manteau à un homme. »
Je commençai à voir où il voulait en venir.
« Aussi fort que le Vent du Nord puisse souffler, » continua-t-il, « l'homme n'en resserrait que davantage son manteau. »
Je me souvins de ma sombre détermination à garder mon pull quand il essayait de le prendre.
« Mais quand le Soleil brilla, il fut submergé par la chaleur et dut enlever son manteau. »
Je ne dis rien, et il commença à avoir l'air inquiet. « Tu n'es pas encore en colère, si ? » s'enquit-il anxieusement. « Tu peux garder le pull si tu y tiens… »
Je secouai la tête, lentement. « Au diable le pull, » lui dis-je. « Viens ici, homme ridicule. »
Il bondit à travers la pièce, s'asseyant rapidement sur le bras du canapé (je remarquai qu'il poussa le pull offensant par terre dans le même mouvement) puis m'attirant dans ses bras.
Une demi-heure plus tard, nous regardions un jeu télévisé pourri en nous lançant du popcorn.
