Fort heureusement, le tribut féminin du un semble menacer quelqu'un d'autre, ce quelqu'un d'autre se trouvant de l'autre côté. Je tourne le visage dans la boue pour apercevoir son partenaire de district et de meute, Leather Marxwell, du sang coule le long de sa mâchoire, ses yeux se sont orageux lorsqu'ils les posent sur sa partenaire.

M'ont-ils vu ? Je suis entre les deux, sur leurs chemins.

Un tribut profite de ce moment pour accourir vers la colonne de pierre et la gravir pour atteindre la Corne d'abondance où une large table présente le banquet.

Je pense que la fille du un ne le remarque pas puisqu'elle est de dos mais elle envoie valser son poignard à l'aveugle derrière elle sans sourciller. La lame traverse le crâne du tribut, son corps s'affale.

Moi, je suis toujours là. A terre, les membres ankylosées. Je vais subir le même sort.

Le coup de canon retentit brisant momentanément le silence glacial.

Je ne bouge plus, bloque ma respiration qui était déjà laborieuse et ferme les yeux, espérant disparaître.

-Qu'est-ce que tu attends ? Grogne Marxwell

Sa provocation marche, son ancienne alliée coure vers lui déterminé, coure vers nous avec rage et tombe dans le trou que je venais de creuser avec surprise.

Elle n'a même pas eu le temps de crier que j'entends son corps tomber à l'eau. Je profite de l'étonnement de Marxwell pour détaler. Mais je me lève avec difficulté, je chancèle sur mes jambes, je dois avoir l'air pathétique.

Tu peux le faire !

Non, je ne peux pas, je gémis à chaque mouvement, mon corps ne me suit plus.

Et encore un coup de canon, le mien devrait pas tarder aussi.

Je trouve ça bizarre que Marxwell n'est pas déjà à mes côtés, il peut facilement me rattraper, je ne me retourne pas pour savoir où il se trouve.

Les murs m'encerclent, je saute maladroitement au-dessus d'un avant qu'il n'atteigne sa taille maximale.

Tu aurais pu prendre quelque chose à la Corne au moins.

Tu n'as qu'à y aller toi. Je réplique à cette voix infernale qui ne cesse de penser qu'elle sait mieux que moi ce que je dois faire.

C'est le cas. Et tu le sais.

La ferme.

Je tombe à quatre pattes dans la boue, crachant mes poumons, le cœur au bord des lèvres, je passe une main parcourue de spasmes sur mon visage ébouillanté couvert de terre.

Un sanglot me fait relever les yeux, la gamine du sept a une arme blanche levé au-dessus de ma tête. Je ne peux m'empêcher de sourire, c'est donc la fin ?

NON !

Ses yeux sont embuées par ses larmes, ses lèvres tremblent autant que les miennes lorsque le tribut du quatre a lâché ma main, se condamnant à une mort certaine.

Attrape sa jambe ! Tue-la ! Renverse-la !

Je suis fatiguée.

TUE-LA !

Je plonge mon regard dans celui de ma future meurtrière, elle pâlit, ses mains tremblent tellement qu'elle pourra faire tomber la lame sur mon crâne accidentellement.

Je n'ai pas besoin de bouger pour la battre, même dans cette position de soumission je peux dominer. Je suis Liu Chen.

Tu es Liu Chen.

Je souris et lui lance un regard noir, elle recule de plusieurs pas mais garde son poignard levé.

Tu es Liu Chen.

Je me relève, le buste droit, le menton levé. Je suis Liu Chen. Personne ne m'aura.

Personne.

Une flèche siffle près de mon oreille et s'enfonce dans le cou du tribut me prenant de court.

Je sursaute en me retournant, Marxwell me fixe perplexe. Je ramasse le poignard de la morte, ce n'est pas la première fois dans les Jeux que je dépouille un mort. Je le pointe devant moi, prête à me défendre.

-Excuse-moi d'avoir abrégé ses souffrances, dit-il en ancrant ses prunelles aux miennes, il les scrute comme s'il essayait d'y voir quelque chose. Peut-être ma folie ?

C'est moi que tu appelles « ta folie » ?

Je secoue la tête alors qu'il encoche une deuxième flèche.

-Tu comptes abréger les miennes ?

-C'est à toi de voir, il pointe mon arme que je serre fort, ma vie en dépends.

-Dit le tribut qui m'a pour cible avec sa flèche ?

Ses lèvres trahissent un faible sourire.

-Je crois qu'il y a eu assez de morts pour ce banquet. Essaie-t-il d'apaiser les tensions.

-Tu crois ? Dis-je avec tout le sarcasme dont je suis capable.

-Baisse ton arme et je ferais de même.

-Et je suis censée te croire ?

- danshi no ichigon, kintetsu no gotoshi.

Il me donne sa parole certes mais surtout dans la langue de mes ancêtres.

Je n'aime pas ça.

Qui est-il ?

Il me lance un sourire crispé comme s'il ne savait pas comment je vais réagir face à ses paroles.

Moi-même je ne sais pas.

Moi non plus.


Yo les lecteurs ! Chapitre très courts certes mais je suis obligée, la rentrée médecine approche alors j'essaie de finir la fiction avant pour vous (car moi je connais déjà la fin mais qui peut encore changer)

J'espère que vous passez des bonnes vacances et ceux qui bossent courage à vous !

A très vite,

FleurEncre