USE SOMEBODY by Lis123
CHAPITRE 10
Carlisle
Je tentais de rester occupé par tous les moyens possibles, en prenant des tours de garde supplémentaires au travail. Il me semblait que c'était la seule façon pour que je puisse supporter mes journées les unes après les autres. Je détestais être une personne négative, ce n'était pas mon truc mais c'était difficile de rester positif en étant dans ma situation : être laissé seul à Forks, sans ma famille en essayant de maîtriser les choses tout en « réparant » Bella.
Une des choses que j'avais retirée de cette expérience c'était combien pouvait être misérable la vie d'un vampire sans aucune compagnie. Cependant, je tentais de me concentrer sur le positif. En restant, je pouvais aider Bella à s'en sortir et je pouvais également, éventuellement sauver quelques vies supplémentaires à chaque journée de travail.
Je raccompagnais mon patient actuel, Monsieur White, revenu pour que je l'examine. C' était vraiment un homme formidable. Il était le genre de gars que j'aurais aimé devenir si j'avais été humain. Il était dans le dernier versant de la cinquantaine à se battre contre le cancer et il était encore heureux comme jamais. Il m'avait raconté que son quatrième petit-enfant allait naître incessamment sous peu. S'il y avait bien une chose que j'enviais aux humains, c'était d'avoir la capacité à amener une autre vie dans ce monde et de la voir grandir et accomplir de grandes choses.
C'était une sensation fantastique de savoir que je prolongeais sa vie pour qu'il puisse voir une autre vie se développer.
- Tout a l'air d'aller Monsieur White. Je vous verrai dans quelques jours pour vous réexaminer, annonçai-je tandis que nous atteignions le bureau principal.
- Je vous remercie, répondit-il en sincèrement en me faisant un petit sourire.
Je lui rendis chaleureusement son sourire.
- Tout le plaisir est pour moi.
Je tendis son dossier à l'infirmière derrière le comptoir. J'étais sur le point de retourner dans mon bureau quand soudain une puissante et douce odeur me frappa. Je pris une profonde inspiration en savourant le doux arôme quand je réalisai à qui l'odeur appartenait. Un sourire se répandit aussitôt sur mon visage.
Je me retournais lentement et vis Bella assise dans la salle d'attente. Je fus surpris et un peu excité de la voir à nouveau. Premièrement, j'étais content qu'elle ne soit pas blessée et deuxièmement, c'était bon de la revoir. Un petit sourire illumina ses traits quand elle me vit arriver mais il disparut presque aussitôt. C'était certes un petit sourire mais je m'en contentais. Tout sourire était bon à prendre et constituait un progrès selon mes critères. J'étais juste content de voir qu'elle sortait et faisait des choses maintenant.
- Bella, quelle agréable surprise ! déclarai-je.
Bella me regarda ahurie.
- Je ne vous avais jamais vu travailler avant, vous avez l'air tellement…
Elle avait l'air de chercher le bon mot à employer.
- Humain ? dis-je en essayant de combler le blanc.
Elle ricana légèrement à cela.
- Ouais.
Je la rejoignis dans le rire, trouvant cela amusant également. C'était bon de voir Bella rire à nouveau, de voir à nouveau son côté enfantin.
Une fois que nos sarcasmes moururent, le silence revint. Je commençai à me demander pourquoi Bella était là, en voyant qu'elle n'était pas blessée. Elle devait avoir compris parce qu'elle commença à se justifier.
- Je pensais accepter votre offre, déclara-t-elle d'une voix calme.
Je la regardai, totalement confus. Je n'avais aucune idée de ce dont elle me parlait.
Quelle offre ?
Je me sentis mal en voyant la déception se répandre sur le visage de Bella lorsqu'elle comprit que j'étais perdu. Je ne voulais pas avouer à Bella que j'avais d'autres choses à faire que de penser uniquement à elle mais c'était la vérité. Je devais consacrer mon temps à ma famille, à mon travail et maintenant à Bella.
- Vous aviez dit que je pouvais venir à chaque fois que j'avais envie de vous voir, m'informa-t-elle, en ayant l'air un peu rejetée.
C'était bien la dernière chose que je voulais qu'elle ressente. Je hochai la tête en me rappelant la conversation que j'avais eue avec elle, juste un jour auparavant.
- Ah ! J'ai encore quelques patients à voir, accorde-moi quelques minutes, dis-je en lui faisant le plus beau sourire que je pouvais, pour qu'elle se sente mieux.
Elle acquiesça rapidement tandis que je retournais travailler.
Je travaillais aussi vite que je le pouvais en tentant de tenir ma promesse mais les patients défilaient les uns après les autres à travers la porte. Je ne pouvais pas accélérer le temps, même avec ma vitesse vampirique.
J'espère que Bella ne sera pas trop agacée.
Après avoir terminé, je me dirigeai rapidement vers le hall principal en espérant que Bella comprendrait la raison de son attente. Un petit sourire se répandit sur mon visage devant la vue qui s'offrait à moi. Bella était assise dans le canapé tandis que ses yeux se fermaient lentement avant de se réouvrir aussitôt. Elle luttait visiblement contre le sommeil. Je commençai à me demander si je devais la laisser dormir, elle en avait assurément besoin. Dieu seul savait depuis combien de temps, elle n'avait pas fait un bon somme.
Même si je savais qu'elle avait besoin de sommeil, je savais qu'elle avait encore plus besoin de compagnie en ce moment. Le sommeil pouvait attendre. Je me dirigeai vers elle afin de révéler ma présence.
- Allons-y, je suis certain que tu dois mourir de faim maintenant, dis-je en remarquant la frêle silhouette de Bella.
A présent alerte, elle se leva rapidement.
- Je mangerais volontiers.
Je lui fis un petit sourire en tenant la porte ouverte pour elle.
Au restaurant, aucun d'entre nous ne parla, ce qui nous convenait parfaitement à tous les deux. Ce n'était pas un silence embarrassant, c'était même plutôt reposant d'avoir un peu de compagnie pour changer de l'ordinaire. C'était génial de voir Bella manger quelque chose. Je commençai à m'inquiéter pour son corps fragile. Je ne savais pas combien de mauvais traitements, il pouvait encore supporter.
Après le déjeuner, nous retournâmes vers la voiture mais je n'étais pas encore prêt à partir. Je voulais être certain que Bella irait bien après que nous nous soyons séparés. Je savais que notre temps ensemble signifiait beaucoup pour elle et je ne pourrais pas le supporter si elle venait à attenter à ses jours. Je m'arrêtais à proximité de la voiture, ce qui rendit Bella perplexe.
- Est-ce que cela te dérange si nous marchions un peu ? demandai-je en espérant qu'elle dirait oui.
- N'avez-vous pas besoin de retourner travailler ? demanda-t-elle, visiblement encore confuse par mes agissements.
- Ils se débrouilleront sans moi un peu plus longtemps. Et puis il y a certaines choses dont nous devons parler, insistai-je en espérant qu'elle comprenne où je voulais en venir.
Elle acquiesça, ayant l'air soulagée. Je nous menais sur un sentier plein d'arbres et de buissons qui lui donnait l'air d'être un passage secret. Bella resta près de moi tandis que nous marchions en silence. Je réfléchissais au meilleur moyen de répondre à ses questions qu'elle se posait, sans trop la bouleverser. J'attendais que Bella commence mais elle resta silencieuse comme si elle pensait que je pouvais lire dans son esprit. Même si j'étais pratiquement certain de savoir ce que serait sa question, je voulais quand même m'en assurer.
- Alors, vas-tu me le demander ? demandai-je avec un sourire satisfait.
Elle me regarda avec hésitation au début mais rapidement elle eut le courage de demander.
- Pourquoi êtes-vous réellement ici ?
Je m'arrêtai net en entendant l'angoisse dans sa voix. Apercevant un banc à quelques mètres de nous, je le lui montrai, sachant que cela pouvait prendre un moment pour le lui expliquer. Bella s'assit impatiemment, attendant que je commence.
Je pris place à côté de Bella tandis que je commençai à éclaircir les choses pour elle.
- En toute franchise, Edward m'a demandé de m'assurer que tu allais bien.
Je l'observais serrer ses poings en ayant l'air plus en colère que je ne l'avais jamais vue auparavant.
- Quoi ? Pour que je n'ai pas de problèmes, comme si vous étiez mon baby-sitter ? lâcha-t-elle.
Je soupirai, stressé en voyant l'impact que cela avait sur son pauvre corps. Elle haletait presque tellement elle était en colère.
- Non, il voulait seulement s'assurer que tu irais bien, livrée à toi-même. Il ne voulait pas partir, aucun d'entre nous, le souhaitait, dis-je en tentant de l'apaiser avec mes mots.
Les poings serrés de Bella se détendirent ainsi que le reste de son corps tandis qu'elle commençait à sangloter.
- Alors, pourquoi est-il parti, hein ? questionna-t-elle tandis qu'une larme coulait le long de sa joue.
Je ne supportais plus de la voir souffrir. Bella s'assit et laissa une larme couler le long de sa joue. Je me rapprochai lentement d'elle et vis la larme recouvrir sa joue. Je l'essuyai gentiment.
- C'est quelque chose que seul Edward pourrait te dire, répondis-je en enlevant ma main de sa joue.
Bella se retourna instantanément vers moi, curieuse.
- Qu'en est-il pour vous ?
C'était maintenant à mon tour d'être intrigué.
- Comment cela ? demandai-je confus.
- Votre famille, Esmée ? lâcha-t-elle, en se souvenant du reste de la famille.
Je hochai la tête en sachant ce qu'elle voulait dire.
- Bien, ils comprennent que mon aide est requise ici en ce moment. Ils semblent être d'accord avec cela. Je pense qu'ils sont contents de savoir que quelqu'un veille sur toi et que tu vas bien, dis-je sincèrement.
Bella rit durement suite à mon commentaire.
- Non, je ne vais pas bien, je ne vais pas bien depuis un moment.
Je la regardai en tentant de lui offrir un sourire rassurant.
- Avec le temps, tu guériras.
- Je l'espère, répliqua-t-elle en enlaçant ses bras autour d'elle pour se réconforter.
En regardant ma montre, je réalisai qu'il me restait une heure avant de reprendre mon service. Je me levai en offrant ma main à Bella.
- Allons-y, je vais te ramener chez toi.
Bien que timide, elle la prit et se leva du banc. Je ne voulais pas le reconnaître mais c'était vraiment agréable d'avoir sa main dans la mienne et de sentir la chaleur, à son contact se répandre en moi.
Après avoir déposé Bella, je décidai de rentrer à la maison au lieu de retourner au travail. Je savais que l'équipe de direction comprendrait que ce n'était pas comme si j'avais besoin de faire des heures et en ce moment, tout ce que je voulais, c'était d'entendre ma famille.
Je sortis rapidement le téléphone de la voiture et appelai Esmée. Elle décrocha après la première sonnerie.
- Carlisle, est-ce que c'est toi ? demanda-t-elle impatiente.
Je ne pouvais pas m'empêcher de sourire. La voix d' Esmée était remplie avec tant d'amour et de chaleur et cela me rappelait combien ma famille me manquait. Cela ne faisait que quelques semaines que je ne l'avais pas vue mais j'avais l'impression qu'il s'agissait d'années.
- Oui, c'est moi.
J'entendis un lourd soupir à l'autre bout du fil. Je savais que notre séparation devait être difficile pour Esmée car nous nous séparions rarement. Nous ne nous séparions jamais plus de deux jours auparavant. C'était une vraie torture.
- Tu me manques, souffla Esmée dans le téléphone.
Je hochai la tête silencieusement pour agréer comme si elle était capable de me voir.
- Toi aussi.
Pauvre Carlisle !
Qui n'aurait pas envie de le consoler ?
