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10 – Veillées d'armes

Les quatre propriétaires du parc sont maintenant repartis, grâce à un hydravion fourni par Sir Humfrey.

Il était temps, car le ciel commence à s'obscurcir. Les premières pluies ne vont pas tarder à tomber.

En attendant le plat de résistance, toutes les six heures, Marvin rafraîchit les prévisions météorologiques et, inexorablement, l'ouragan se rapproche, sans hâte.

Son passage sur Isla Nublar se précise : il aura bien lieu dans trois jours.

Owen et Nicolas travaillent tard, ce soir-là. Il leur faut mettre sur pied une stratégie, prévoir où et quand déployer les hommes, quel type de véhicules emmener, quel armement utiliser.

Et puis, demain, il faudra accueillir les renforts, organiser leur hébergement, leur équipement si nécessaire pour que celui-ci soit adapté au mieux à la mission qui les attend.

Et justement ! Il va falloir leur expliquer ce qu'ils auront à affronter, et ce n'est pas gagné, et surtout leur inculquer des notions sur le comportement de leurs futurs adversaires.

Pas sûr du tout que les soldats soient remplis de joie par cette perspective.

Pas très loin de là, sur une autre île, d'autres hommes sont également réunis, sous la grande tente de camping, autour du colonel Trevor, qui a étalé sur une table la carte de la zone.

– Je vais vous développer le détail de l'opération car le moment est venu d'entrer dans le vif du sujet.

« Nous passons à l'action dans deux jours. Nous acheminerons hommes, animaux et matériel grâce à l'une des deux péniches de débarquement qui nous ont amenés ici.

« J'ai prévu de prendre la mer à la tombée de la nuit. La traversée ne dure qu'une demi-heure. Nous pourrons donc bénéficier des dernières lueurs du jour pour aller nous abriter dans la petite crique que vous voyez ici.

« Pour éviter de mauvaises surprises au cours du trajet, La Taupe fera patrouiller son drone qui filmera les abords de notre île et la mer environnante, ce qui nous permettra de détecter tout navire ou objet volant évoluant dans les parages.

« Si tout est OK, nous partirons comme prévu. En cas de visite impromptue, le passage se fera dans l'obscurité totale.

« Il vaudrait mieux éviter ça car ce sera plus long, plus difficile et plus dangereux.

« Une fois sur place, nous nous installerons dans la crique pour la nuit. Elle est entourée de falaises. Nous serons invisibles du large.

« Au matin, nous profiterons de la marée basse pour longer la côte et nous nous rendrons ici, au point A.

« Comme vous pouvez le voir, la distance entre la mer et les clôtures du parc est courte. Nous n'aurons pas à crapahuter longtemps dans la jungle.

« Nous ferons alors la moitié du chemin et nous installerons le campement. Nous en profiterons pour caler la première attaque qui aura lieu le lendemain soir.

« Ernst préparera le nécessaire. Luigi, tu assureras le commandement de l'expédition. Outre Ernst, tu prendras Gunther avec toi et vous emmènerez vos deux bestioles. Comme ça, il y en aura une de chaque espèce.

« Cela devrait suffire pour cette première action. L'objectif est de récupérer les informations qui nous manquent, à savoir les caractéristiques du mur et la vitesse d'intervention de nos hôtes.

« Sitôt la mission remplie, vous rentrerez et viendrez me rendre compte.

« Des questions ?

– Non, mon colonel, répond Luigi, tout est clair.

– Demain, vous veillerez à bien tout vérifier avec Buddy. Il a déjà tout préparé. Assurez-vous qu'il ne vous manque rien.

« Tout doit être prêt en milieu d'après-midi afin que nous ayons le temps de charger la péniche pour le trajet de ce soir.

« Nous parlerons de l'action principale après-demain matin, en utilisant les informations collectées par le groupe d'intervention.

« Et surtout, que chacun prenne bien soin de sa bestiole jusque là.

« Messieurs, profitez de votre soirée car, à partir de demain, les choses sérieuses vont commencer.

« A demain !

J - 2 sur Isla Nublar - 8 h 00.

La grande salle de commandement est quasiment déserte.

Lorsque Nicolas, qui a revêtu son nouvel uniforme, y pénètre, il n'y trouve que Marvin, déjà devant ses écrans, tapotant sur son clavier, et Owen, près de lui.

Sur le mur s'affiche la carte du parc, où se déplacent les petits points lumineux, rouges ou verts.

– Salut tout le monde, dit le français d'un ton jovial. Vous êtes bien matinaux tous les deux ! Il y a du nouveau ?

– Pas grand-chose, répond Owen. Je suis passé par le local de vidéosurveillance, où s'affichent les images des caméras qui surveillent le mur d'enceinte, et il n'y a rien à signaler. Nos visiteurs ne se sont pas manifestés.

« Tout est calme.

– Et du côté de la météo, demande Nicolas ?

– J'ai visionné les images satellite de la nuit, répond Marvin. Rien n'a changé, ni la vitesse de déplacement, ni la direction. Il nous arrive droit dessus et devrait passer ici dans trois jours, à la tombée de la nuit.

« C'est d'ailleurs confirmé par les services météorologiques du Costa Rica, qui n'ont modifié leur prévision qu'à la marge.

– Donc, conclut Owen, le jour J est dans deux jours. Et certainement à la tombée de la nuit. Quant à leur intervention préliminaire, si ce que tu nous as dit s'avère exact, elle aura lieu aujourd'hui ou, au plus tard, demain matin.

– C'est cela, dit Nicolas. S'ils n'ont pas modifié leurs modes opératoires, cela devrait se passer ainsi.

« Mais la seule chose importante, c'est que nous sommes à J - 2 de la vraie intervention.

– Une question me titille depuis hier après-midi, reprend l'américain. Comment fais-tu pour être aussi sûr de leurs intentions et de leur tactique ?

– Oh, c'est très simple ! Pendant la guerre du Golfe, toutes les unités internationales étaient cantonnées dans le même secteur géographique. Je les ai donc beaucoup côtoyés et j'ai eu l'occasion d'entendre le récit de leurs interventions, car l'un des leurs était mon ami. Plus tard, j'ai pu lire dans la presse des comptes-rendus de certaines de leurs opérations. Enfin, et pour conclure, j'ai appris que le meilleur moyen d'anticiper les actions de l'ennemi est de penser comme lui.

« Comment agirais-je à sa place ? Voilà la vraie question à se poser.

– Pas mal, dit Owen !, OK, j'adhère à ta théorie. On est bien à J - 2 et il faut s'attendre à une fausse attaque aujourd'hui en fin de journée ou demain matin de bonne heure, car ils auront besoin de temps pour dépouiller les informations qu'ils auront recueillis et préparer en conséquence l'action principale.

« En attendant, on a du pain sur la planche. Le programme de la journée va être plutôt chargé.

« Ce matin, réunion avec nos équipes. Cet après-midi, les renforts arrivent. Il faudra les installer et leur expliquer le détail de la mission qui les attend.

« Ah, au fait, un dernier détail. Tous nos gardes ont les cheveux courts. Toi, que je vais présenter comme mon bras droit, je pense qu'il serait bien que les tiens soient coupés.

– Pas de problème, répond Nicolas. Quand tout le monde aura été informé de mes… particularités, Je n'aurai plus aucun scrupule à les montrer. Rien ne s'opposera plus, alors, à ce que j'adopte la coupe « réglementaire ».

– Très bien, conclut Owen ! Je vois qu'on s'est compris.

J- 2 sur Isla Nublar – 10 heures.

Les gardes ont été convoqués dans une des salles de réunions du sixième étage.

Ils sont à peine une quinzaine.

– Où sont les autres, demande Owen ?

– Ils sont au repos sur le continent. Ils doivent rentrer demain par bateau.

– Tant pis. On les affectera à la surveillance des bâtiments. Par contre, vous, vous êtes réquisitionnés. Une mission difficile nous attend à l'intérieur du parc d'ici quelques jours. Il faudra que vous donniez le maximum.

Owen leur explique alors les détails de la menace qui pèse sur la réserve et les ennemis auxquels ils seront opposés.

– Vous connaissez bien les dinosaures, conclut-il. Vous avez appris les caractéristiques des différentes espèces, leur comportement et surtout, les dangers inhérents à chacune d'elles.

« Vous étiez tous déjà là à l'époque du premier Jurassic World. Vous avez côtoyé les Vélociraptors et le grand Indominus Rex.

« Appelons-le IdR.

« Ceux que vous allez affronter sont beaucoup plus petits mais pas forcément moins dangereux.

« Il y a gros à parier qu'ils ont conservé les points forts de leur grand prédécesseur : férocité, plaisir de tuer, capacité de camouflage.

« Ceux qui ont procédé à la miniaturisation ont certainement amélioré ces caractéristiques et en ont peut-être rajouté d'autres que nous ignorons.

« Il faut donc s'attendre à tout et, sur le terrain, vous devrez avoir très vite les bons réflexes, car, ne nous leurrons pas, ce sera un combat à mort.

« Mais je reviendrai sur tout cela cet après-midi, quand nos renforts seront arrivés.

« Je compte sur vous pour les intégrer rapidement, car ils auront à peine deux jours pour se préparer au mieux.

– Ce sera court, dit Martin Norfolk, l'un des plus anciens gardes du parc.

– Je sais, mais c'est mieux que rien. Nous sommes plutôt chanceux dans cette affaire. Le hasard, en la personne de Nicolas, mon nouvel adjoint ici présent, nous a permis de découvrir à l'avance ce qui se préparait et de pouvoir travailler à l'anticiper. L'un de nos patrons nous a trouvé des renforts inespérés et en nombre que j'espère suffisant.

« Alors, quand on me donne, en plus, deux jours pour tout préparer, je me dis que ce n'est pas si mal.

« Avez-vous des questions ?

– Moi j'en ai une, dit Jasper Conway, un autre garde de la vieille équipe. Et ceux qui ne sont pas là, aujourd'hui, vous comptez les intégrer ?

– Non, répond Owen. Ils resteront pour assurer la sécurité du site.

– Je me demande si je n'aurais pas mieux fait de prendre mes jours de repos, poursuit son interlocuteur. Ils vont rester bien à l'abri pendant que nous, on ira au casse-pipe.

– Je sais, mais je n'ai pas d'autre solution. Désolé ! De toute façon, je ne souhaite pas que vous vous exposiez inutilement.

« Votre rôle sera avant tout d'encadrer nos renforts, pas de vous placer en première ligne.

« Autre chose ?

Plus personne ne se manifeste.

– OK, messieurs, merci de votre présence. Rendez-vous à 15 h 30 lorsque les renforts seront là.

J-2 sur Isla Nublar - 14 h 15.

Un navire de la marine américaine s'approche du port et, moteurs au ralenti, vient se ranger le long du quai.

Les amarres sont fixées et la passerelle mise en place.

Un homme en uniforme descend sur la plate-forme où l'attendent Owen et Nicolas.

– Bienvenue, dit le premier, je suis Owen Grady et voici Nicolas Randanne, mon adjoint.

– Je suis le lieutenant Brandon Jefferson. J'amène deux sections. Nous étions en manœuvre quand on nous a dit de venir ici. Mais je ne suis pas certain d'avoir bien compris pourquoi.

– Ne vous inquiétez pas, lieutenant, nous allons tout vous expliquer. Nous avons prévu une réunion d'ici une heure et demie mais, avant, nous allons vous installer.

« L'hôtel est vide en ce moment. Vous occuperez les chambres du deuxième étage. Vous verrez, elles sont très confortables.

Pendant que les trois hommes discutent, les troupes ont commencé à débarquer et se regroupent sur le quai.

– Bien, dit Nicolas. Il semble que vos hommes soient tous là. Nous allons pouvoir gagner le bâtiment principal. Chacun aura une chambre individuelle et nous vous attendrons à 15 h 30 précises, au cinquième étage, dans la salle de conférence.

« En attendant, détendez-vous et prenez du repos, car les jours qui s'annoncent vont être compliqués.

J-2 sur Isla Nublar - 15 h 30.

Dans le grand amphithéâtre, tous les hommes sont installés, les gardes du parc comme les marines de renfort.

A la tribune ont pris place Owen et le lieutenant. Il manque Nicolas.

Celui-ci se présente avec quelques minutes de retard et rejoint son siège sans plus attendre.

- Où étais-tu passé, demande l'américain ?

– J'étais avec Marvin. Je vérifiais la météo afin que nous ayons les toutes dernières informations à communiquer.

« Rien n'a changé. L'ouragan vient toujours vers nous à la même vitesse et sera bien là après-demain soir.

– Tu as bien fait, dit Owen. C'est effectivement une information importante pour cette réunion.

Puis, se tournant vers son auditoire :

– Messieurs, bonjour. Je ne peux malheureusement pas vous souhaiter la bienvenue car les jours qui vous attendent seront loin d'être une partie de plaisir et, encore moins, une villégiature.

« Je me présente : je suis Owen Grady, en charge de la sécurité de ce parc, et voici mon adjoint, le capitaine Nicolas Randanne.

- Tu as vu, chuchote un des soldats à son voisin ? Il a les cheveux rudement longs pour un militaire.

Nicolas s'est levé et s'approche du « marine ».

– Rassurez-vous, dit-il ! C'est simplement parce que je viens tout juste d'arriver. Mais ils seront coupés à la longueur réglementaire sous peu. Et nous avons des choses plus importantes à faire pour l'instant. D'ailleurs, ce qu'ils cachent pourra peut-être vous sauver la vie.

Le français se détourne et retourne à la tribune.

– Comment a-t-il fait pour m'entendre, s'étonne l'interpellé ? J'ai pourtant parlé a voix très basse.

Owen n'a rien perdu de la scène. Interrompant son exposé, il s'adresse aux hommes qui lui font face.

- Ecoutez-moi bien, messieurs, mon adjoint a certaines particularités qui nous seront utiles sur le terrain. Vous les découvrirez lorsque ce sera nécessaire, mais, pour l'heure, concentrons-nous sur ce qui vous attend.

« Comme je le disais, nous allons vivre une période compliquée. J'avais besoin de renfort car la quinzaine d'hommes qui sont avec vous dans cette salle était insuffisante pour la tâche qui nous attend.

« Vous deviez effectuer un exercice de débarquement.

« Correct, lieutenant ?

– Tout à fait exact, répond Jefferson.

– Hé bien, les ordres sont changés. Vous allez devoir livrer un combat véritable contre des adversaires redoutables et qui ne connaissent pas la pitié.

« Mais, avant de vous les présenter, commençons par le théâtre d'opération.

« Marvin, s'il te plait.

Depuis la cabine de projection, l'interpellé affiche, sur grand écran, une photo satellite de l'île.

– Messieurs, poursuit Owen, voici Isla Nublar. Vous avez débarqué dans le port situé sur la côte nord est, et nous nous trouvons dans le bâtiment que voici.

« Le parc est délimité par une double clôture matérialisée par ce trait noir. C'est dans cette enceinte que nous livrerons bataille. Où ? Je ne le sais pas encore. Ce que je sais, par contre, c'est que l'ennemi arrivera par le sud, dans la zone que voici.

– Comment saurons-nous qu'il est arrivé, demande le lieutenant ?

– Parce qu'il va s'annoncer !

– Comment ?

– En faisant sauter le mur d'enceinte pour s'ouvrir un passage.

– Curieuse technique, poursuit l'officier. Pourquoi n'escalade-t-il pas la clôture, pour bénéficier de l'effet de surprise ?

– Parce qu'il ne peut pas, réplique Owen. Ses « soldats » ne sont pas capables de grimper à la corde.

– N'importe quel homme est capable de se livrer à ce genre d'exercice.

– Un homme, oui, précise Owen.

Sa remarque est suivie d'un lourd silence.

Jefferson reprend alors la parole.

– Que voulez-vous dire ?

– Que nos ennemis ne sont pas des hommes.

– Qu'est-ce que c'est que cette histoire, demande le sergent Milton ?

– Je vais vous l'expliquer, reprend Owen. Mais, auparavant, sachez que, si vous êtes ici, c'est parce que vous êtes des professionnels et, qui plus est, des soldats d'élite, capables de vous adapter à toutes les situations.

« Le moment est venu de vous parler de l'ennemi. En face de nous, il y aura tout d'abord un commando de mercenaires. Mais ils ne sont pas là pour se battre. Ils sont là uniquement pour diriger ceux que vous devrez affronter.

– Et c'est quoi, insiste Milton ?

– Des dinosaures.

– Vous allez nous envoyer nous battre contre vos bestioles, c'est ça, aboie un caporal, très énervé ?

– Non, pas les nôtres, réplique Owen qui reste stoïque. Maintenant, écoutez-moi, car je ne me répéterai pas. Une société, dont je tairai le nom, a décidé de créer des animaux de combat destinés à vous remplacer, messieurs. Pour cela, elle a fait appel à des généticiens qui ont considérablement augmenté le nombre et le niveau des capacités des dinosaures et les a rendus réceptifs aux ordres.

« Plus récemment, elle a décidé de tester ses créatures et a choisi notre parc comme terrain d'aventures. Les hommes, n'interviendront certainement pas directement dans l'action.

« C'est pourquoi il est important, et même vital, que vous vous familiarisiez avec vos futurs adversaires.

« Marvin, peux-tu envoyer la diapo suivante, s'il te plait ?

Aussitôt, un curieux bipède apparaît sur l'écran.

– Sur le terrain, vous serez confrontés à deux types d'animaux.

« Et voici le premier ! C'est un Vélociraptor. C'est un bipède carnivore, à peu près de la taille d'un homme c'est-à-dire un peu plus grand que son ancêtre. Il mesure environ trois à quatre mètres de long car il est pourvu d'une longue queue qui lui sert de balancier quand il court.

– La mienne est devant et elle ne me sert pas de balancier, interrompt soudain un soldat, d'un air goguenard.

Aussitôt, toute la salle éclate de rire.

– Bravo soldat, dit Owen, sans se démonter, et merci pour cette remarque qui élève nettement le niveau de cet exposé.

Vexé, l'homme interpellé se renfrogne.

– Bon, assez ri maintenant car l'heure n'est pas à la plaisanterie.

« Regardez bien cet animal. Il possède deux armes physiques naturelles. Tout d'abord, une puissante mâchoire garnie de près de quatre-vingts dents tranchantes, ensuite une redoutable griffe rétractile sur chacun des membres postérieurs, qui peut vous éventrer sans problème. Mais ce ne sont pas là ses seuls atouts.

« A propos, qui court le plus vite, parmi vous ?

– Moi, répond un jeune soldat à l'allure athlétique, je fais le « cent mètres » en à peine onze secondes.

– Ce qui fait un peu plus de trente kilomètres à l'heure, si je sais encore compter, poursuit Owen.

« Hé bien, ce dinosaure peut atteindre soixante à soixante-dix kilomètres à l'heure.

« Ajoutons à cela qu'il a des sens très développés, qu'il est intelligent et qu'il chasse en groupe en développant une vraie tactique.

« Et tout ce que je vous décris correspond à celui qui vivait il y a soixante-dix à quatre-vingts millions d'années.

« Les spécimens que vous allez affronter d'ici quelques jours ont été recrées par l'homme et, certainement, modifiés.

Sur l'écran, l'image a changé.

– Hé, mais c'est la bestiole qui a semé la terreur dans le précédent parc d'attractions, s'écrie soudain un autre caporal ! J'ai lu les articles de l'époque. Il mesurait au moins douze mètres de long et était d'une férocité inouïe.

Cette déclaration soudaine suscite une vive réaction de la part des marines.

– S'il vous plaît, messieurs, reprend Owen ! Gardez votre calme !

Puis, se tournant vers celui qui a pris la parole :

– Vous avez raison, caporal. Par contre, ceux que nous allons côtoyer sont de notre taille. Mais, mis à part leur hauteur, ils ont certainement les caractéristiques du grand modèle d'Indomimus Rex. Aussi, je vous propose de les appeler les IdR miniatures. Cela sera plus commode.

« Ce sont donc des animaux bipèdes, eux aussi, aux mâchoires fortement armées, et sans doute un peu moins rapides que les Vélociraptors.

« Attendez-vous à des animaux intelligents, féroces, capables de tuer pour le plaisir et qui ont la capacité de se confondre avec leur environnement grâce à des changements de couleurs.

« Ce que je vous dis là, c'est ce dont on est sûr. Mais il y a gros à parier que ceux qui vont débarquer auront subi des améliorations par rapport au prototype géant.

– Et on sait combien il y en a, demande le lieutenant Jefferson ?

– J'ai vu quatre dinosaures du premier modèle et trois du second sur une île voisine, répond Nicolas. Ils étaient sur une plage en compagnie de leurs dresseurs. Mais peut-être sont-ils plus nombreux. Dix ? Quinze ? Vingt ? Je ne sais pas. Mais une chose est sûre, nous sommes le seul objectif possible aux alentours. Donc, ils sont là pour nous.

– Et, vous n'avez pas essayé de les survoler ?

– Si, bien sûr ! On a envoyé notre hélico ce matin mais il n'a vu que quelques hommes en train de se baigner ou de s'équiper pour la plongée.

– Et les gardes-côtes ?

– On y a pensé aussi. Mais il faudrait qu'ils débarquent sur l'île pour tout inspecter et, de toute façon, ils ne trouveraient sans doute pas grand-chose.

« Sans compter que, d'ici peu, la mer va devenir difficilement navigable à cause de l'ouragan qui s'approche.

– Donc tout va se jouer ici, mais quand, insiste le lieutenant ?

– Lorsque l'ouragan sera sur nous, répond Nicolas. C'est-à-dire après-demain, dans la soirée. Ils vont profiter des mauvaises conditions météo et de la faible visibilité pour lâcher leurs fauves. Pas question pour nous d'utiliser les hélicoptères et de faire circuler nos lourds engins sur le terrain détrempé. Il faudra faire avec les véhicules légers, repérer nos adversaires, les suivre à distance et nous positionner suffisamment vite pour leur faire face.

Dans la salle, le silence est total. Les visages se sont assombris.

– Combattre des soldats comme nous, avec des armes comparables et des techniques identiques, intervient le sergent Milton, qui rompt ainsi un silence devenu pesant, d'accord ! Mais là, affronter des bestioles terrifiantes, dans des conditions dantesques, c'est complètement dingue !

– Je suis d'accord avec vous, répond Owen. Mais je n'ai pas choisi. C'est ainsi, point final ! En discuter davantage ne nous avancerait à rien. A nous de nous adapter rapidement et de montrer que l'homme demeure supérieur à l'animal.

« Nous serons avec vous tout le temps et, en attendant ce moment, nous allons nous efforcer de vous préparer le mieux possible.

« Messieurs, avez-vous des questions ?

Un silence pesant lui répond.

– Bien, conclut Owen. Alors, aujourd'hui, reposez-vous ! Et tenez-vous prêts car vous avez très peu de temps pour vous adapter à votre environnement. Aussi, nous comptons l'utiliser au maximum.

« Rendez-vous ici demain matin à neuf heures.

J – 2 sur Isla Nublar - 17 h 30.

Depuis près d'une demi-heure, Owen et Nicolas tournent comme des lions en cage, dans la salle de commandement.

Ils s'attendent, à chaque instant, à entendre l'écho d'une explosion mais, jusqu'à maintenant, rien ne s'est produit.

De temps à autre, l'américain se rend dans la salle où se trouvent les écrans de contrôle des caméras de surveillance installées tout autour de la réserve, au sommet du mur d'enceinte.

Toujours rien !

Pendant ce temps, pour tromper l'attente, le français, aux côtés de Marvin, suit l'approche de l'ouragan.

Dehors, la nuit commence à tomber et le temps se dégrade. Les prémices de la tempête se font sentir. Le vent commence à souffler. La pluie s'intensifie d'heure en heure.

Pourtant, Marvin confirme : « Le paroxysme n'aura lieu que dans quarante huit heures. Aucun des paramètres de la tempête ne s'est modifié, qu'il s'agisse de la vitesse de déplacement ou de la direction. »

Owen est revenu dans la salle.

– Et si l'attaque n'était pas pour ce soir, demande-t-il soudain ?

– C'est possible, répond Nicolas. Mais leur marge de manœuvre est étroite. S'ils veulent avoir le temps de dépouiller leurs informations, ils ne peuvent pas agir trop tard. Et ils n'ont aucune raison de faire leur essai en pleine nuit.

– Et si tu t'étais trompé ?

– Cela aussi, c'est possible ! Ils peuvent effectivement attaquer directement dans deux jours. Mais Ernst est maniaque et il a ses habitudes. Pourquoi en changerait-il justement pour cette mission ?

- Pour nous tromper.

– Pourquoi Trevor et ses hommes le feraient-ils ? Ils ignorent qu'on les attend. Les trois affreux du bateau ne savent pas que je les ai reconnus, et, sans moi, comment sauriez-vous qu'ils sont sur une petite île voisine ?

« Dans leur esprit, nous n'avons pas prévu l'attaque. Logiquement, elle doit nous surprendre. D'où l'intérêt d'évaluer notre réactivité. Et n'oublie pas qu'elle a un autre rôle : celui de nous mettre en alerte, pour être sûr que nos hommes se porteront à leur rencontre quand nous constaterons que les clôtures ont été ouvertes et qu'ils ont pénétré dans le parc.

J-2 sur Isla Nublar, mais plus au sud - Même heure.

Dans le campement de Trevor, hommes et animaux sont prêts.

Le colonel vient de sortir de sa tente et passe en revue le petit commando.

Les deux dinosaures piaffent d'impatience.

L'officier leur caresse la tête en passant près d'eux.

– Tout est prêt, sergent, demande-t-il ?

– Affirmatif, mon colonel, les hommes sont équipés, numéro deux et numéro neuf attendent le départ avec impatience et Ernst a fignolé ses engins explosifs.

– A la bonne heure ! Voyons, il est 17 h 50. Il vous faut dix minutes à peine pour vous rendre sur place. Donc début de l'action à 18 h.

« Ernst, combien de temps te faut-il pour placer tes explosifs ?

– Un petit quart d'heure, mon colonel.

– Donc explosion vers, disons 18 h 15 - 18 h 20. Ernst, tu t'avanceras seul jusqu'au mur. Comme le vent commence à souffler fort, le mouvement des plantes te rendra difficilement détectable.

« Je pense néanmoins que tu finiras par te faire repérer par le PC de vidéosurveillance. Ne t'en préoccupe pas, c'est prévu.

« Pendant ce temps, Gunther et Luigi, vous resterez cachés dans la forêt avec vos animaux.

« Un conseil, restez derrière eux, ou à côté d'eux, mais pas devant et, surtout, ne leur tournez jamais le dos.

« Ces saletés ne m'inspirent qu'une confiance très relative. Et même en les regardant attentivement, on n'arrive pas à savoir ce qu'elles mijotent.

« Vous avez vos boîtiers de contrôle ?

– Affirmatif, mon colonel, répond Luigi.

– Moi aussi, mon colonel, rajoute Gunther.

– Bien, gardez-les constamment à portée de main et soyez toujours prêt à vous en servir.

« Ernst, une fois tes charges installées, tu rejoindras les autres.

« Ce n'est qu'à ce moment là que tu déclencheras l'explosion.

« Puis vous resterez cachés en attendant leur équipe d'intervention. N'oubliez pas de chronométrer le temps qu'ils mettront à arriver jusqu'à vous.

« Surtout, ne vous en prenez pas à l'hélico. Ce n'est pas à vous de combattre.

« S'il font descendre des hommes pour contrôler le mur, vous lâcherez vos fauves et vous les laisserez agir.

« Vous attendrez tranquillement le départ de leur engin pour retourner, tous ensemble, procéder à l'analyse du mur.

« Pendant qu'Ernst travaillera, vous veillerez à sa protection. Ne vous préoccupez pas des caméras.

« Lorsque vous aurez terminé, vous reviendrez ici. Il devrait être environ 19 H.

« Vous avez tous bien compris mes ordres ?

Les trois hommes acquiescent.

– OK, conclut Trevor, allez-y maintenant ! Et à tout à l'heure !

Sans un mot de plus, la petite troupe s'enfonce dans la jungle.

Dix minutes plus tard, elle est à pied d'œuvre. Comme prévu, Ernst s'avance seul et commence son travail.

Autour de lui, les branches sont secouées vigoureusement par le vent, qui forcit petit à petit.

– Alerte, crie soudain Ritchie Young, le garde de permanence à la vidéosurveillance !

Dans la salle d'à côté, tout le monde a sursauté. Owen se précipite et rejoint très vite celui qui a crié.

– Qu'y-a-t-il, demande-t-il sans attendre ?

– Là, monsieur Grady, dit celui-ci en montrant un de ses nombreux écrans ! Regardez ! Il y a quelqu'un près du mur d'enceinte.

– Dans quel secteur est-il, demande l'américain ?

Entre les caméras cinquante-neuf et soixante.

Aussitôt, Owen retourne dans la salle de commandes et demande à Marvin d'afficher le plan de la réserve.

– Voilà, dit-il ! C'est là ! Tu avais raison, Nicolas. Ils sont bien au sud de l'île, légèrement vers l'ouest.

Mais le français ne répond pas. Il se rue à son tour dans la pièce où se trouve Ritchie.

– Quel est l'écran concerné, demande-t-il ?

– Celui-ci, répond l'interpellé, en le pointant du doigt.

Sur l'image, un homme s'affaire.

– Tu peux zoomer, interroge Nicolas ?

– Oui, sans problème. Voilà !

– C'est bien cela, annonce le français. C'est Ernst, le spécialiste des explosifs. Surtout ne le quittez pas des yeux et tenez-moi au courant s'il y a du nouveau.

– Ce sera fait, répond Ritchie.

Nicolas revient, presque en courant, dans la salle de commandes.

– C'est parti, dit-il à Owen. Ernst ne va pas tarder à faire exploser ses charges. Je pense qu'il serait bon de préparer l'hélico.

– Je m'en occupe, répond Owen.

Puis saisissant le téléphone intérieur :

– Owen Grady appelle poste 16 ! je répète : Owen Gragy appelle poste 16.

– Ici poste 16, j'écoute.

– On a de la visite ! Celle qui s'annonce avec des pétards ! Préparez l'apache !

– Combien d'hommes on emmène ?

– Deux gardes armés et deux spécialistes de l'entretien. Soyez prêt à décoller au plus vite.

Soudain, une explosion retentit dans le soir finissant.

– Qu'est-ce que c'est, demande le poste 16 ?

– Nos visiteurs qui ouvrent le bal. Dès que vous êtes prêts, décollage immédiat, direction sud ! Portez-vous à la hauteur des caméras de surveillance cinquante-neuf et soixante. C'est là-bas que ça se passe.

– Compris ! On y va ! Poste 16, terminé !

Quelques minutes plus tard, un bruit de rotor se fait entendre.

– Allo, épervier, allo, épervier ! Ici Owen Grady. Restez en contact avec nous pendant toute votre intervention et soyez prudent car on ne sait pas ce qui vous attend là-bas !

– Ici, épervier. On reste en contact. Pas de souci, on sera prudent.

Dans le soir finissant, l'hélicoptère, qui a allumé tous ses projecteurs, décolle et file plein sud.

Moins de dix minutes plus tard, l'appareil arrive sur place.

Lentement, incliné légèrement vers l'avant, il se déplace le long du mur extérieur qu'il éclaire de haut en bas avec ses projecteurs.

– Là, s'écrie soudain un des ouvriers, regardez, la base du mur est endommagée !

L'hélicoptère se stabilise tant bien que mal, après s'être positionné face à l'emplacement désigné.

Effectivement, l'enceinte semble avoir souffert de l'explosion.

– Le mieux, poursuit celui qui vient de s'exprimer, serait que vous nous hélitreuilliez, mon collègue et moi, jusqu'au sol afin d'évaluer les dégâts.

– C'est assez risqué, répond le pilote. Vous ne savez pas ce qui vous attend en bas.

– C'est la seule solution. Et puis, les gardes nous couvriront avec la mitrailleuse latérale.

– OK ! C'est votre peau, pas la mienne ! Mais, avant, je vais survoler un peu cette jungle pour voir si je peux repérer quelque chose.

Sans attendre, l'appareil se met à décrire des cercles, toujours le nez orienté vers le bas, ses puissants projecteurs perçant le feuillage.

En dessous, les trois hommes du commando se sont dissimulés.

– Regarde, dit soudain Gunther à Luigi, nos animaux ont pris la couleur de la forêt. Ils sont devenus quasiment invisibles.

Effectivement, profitant de leurs qualités mimétiques, les deux dinosaures se confondent avec la végétation.

Dans l'hélicoptère, le pilote cesse son manège. Personne n'a rien décelé d'inquiétant en bas.

– Vous êtes sûrs de vouloir descendre, demande-t-il une dernière fois ?

– Tout à fait sûr ! Je dois évaluer l'importance des dégâts.

– C'est parti, alors ! Je vais me stabiliser juste au-dessus des arbres. Faites attention tout de même car le vent est fort. Je vais avoir du mal à me maintenir dans la bonne position.

A l'arrière, les préparatifs pour l'hélitreuillage sont terminés. Le premier ouvrier commence à descendre, en prenant appui sur le mur avec ses pieds. Arrivé au sol, il se décroche rapidement. C'est maintenant au tour de son collègue.

– Arrêtez-moi à environ deux mètres du sol, demande-t-il.

« Pendant que Walter examinera l'emplacement de l'explosion, je vérifierai de mon côté si le mur ne s'est pas fissuré de manière inquiétante.

L'un des gardes arrête la descente à la hauteur demandée, le second, derrière la mitrailleuse, surveille les alentours.

Dans le même temps, dans la salle de vidéosurveillance, Owen et Nicolas, en compagnie de Ritchie, observent attentivement l'action, grâce aux caméras situées sur le mur.

– Ritchie, pouvez-vous enregistrer ce qui se passe là-bas ?

– Sans problème, répond l'intéressé.

Il appuie, sans attendre, sur un bouton du tableau de commandes situé devant lui.

– Voilà ! C'est fait, l'enregistrement est lancé, finit-il par dire.

– Parfait, répond Nicolas !

– Qu'est-ce que tu as derrière la tête, demande Owen ?

– Je pense que, malheureusement, ce qui va suivre sera riche d'enseignements. Cela pourrait nous être utile pour sensibiliser les gars et préparer la vraie attaque.

Mais les deux hommes n'ont pas le temps de discuter plus longtemps.

Sur l'écran, les événements se précipitent.

Il y a, tout à coup, des mouvements frénétiques dans les buissons, plus forts et plus rapides que ceux provoqués par le vent.

Et, soudain, deux petits dinosaures surgissent de la jungle et se précipitent vers le mur. Le premier se jette sur l'ouvrier qui travaille au sol. Celui-ci n'a même pas le temps de réagir. Il est jeté à terre par le rapide animal, qui le saisit aussitôt entre ses puissantes mâchoires et lui brise la nuque.

Pendant ce temps, le second s'est précipité et a bondi le plus haut possible en prenant appui sur l'enceinte de béton.

A bout d'élan, il parvient à saisir la jambe du second ouvrier, qu'il sectionne instantanément au niveau du genou.

– Remontez-moi, hurle le blessé ! Par pitié, remontez-moi !

Gagné par la panique, il est presque en pleurs. Instantanément, le garde enclenche le treuil qui hisse la victime.

Dans le même temps, le second agent de sécurité a déclenché un feu nourri sur les deux bipèdes.

Mais ceux-ci ont déjà regagné la forêt, une fois leur mission remplie.

Dans la salle de surveillance, alors que l'hélicoptère amorce son virage pour revenir vers le centre, Ritchie s'enfuit en courant, la main sur la bouche, prêt à vomir.

Owen et Nicolas ont les yeux rivés sur l'écran. Ils sont statufiés… et muets.

Le français, le premier, rompt le silence.

– Désormais, on sait à quoi s'en tenir. Leurs animaux sont rapides, efficaces et impitoyables. Ils agissent comme l'éclair, et battent en retraite aussi vite.

Dans le même temps, l'hélicoptère a pris le chemin du retour, à grande vitesse. Mais, à part les gémissements du blessé, aucun mot n'est échangé.

Les gardes s'efforcent de faire un garrot efficace pour arrêter l'hémorragie.

Pendant ce temps-là, le pilote a appelé le poste 16. Il faut évacuer l'ouvrier vers l'hôpital du continent. Mais il n'a pas le carburant nécessaire pour atteindre la côte. Il va donc faire un arrêt rapide pour ravitailler puis il repartira aussitôt. Il en profitera pour embarquer un médecin au passage.

Au pied du mur, Ernst, désormais tranquille, effectue toutes les observations et les mesures dont il a besoin.

Puis le petit groupe repart en direction du campement de Trevor.

Un des deux dinosaures, l'IdR miniature, a du mal à suivre car il a été atteint par une rafale de mitrailleuse. Quand le commando arrive, le colonel les accueille sur le seuil de sa tente.

– Alors, les gars, dit-il, tout s'est bien passé ?

– Globalement oui, mon colonel, répond Luigi.

« Je pense que ceux qui nous observaient derrière leurs écrans auront été impressionnés par notre intervention.

« Mais nous avons un animal blessé.

– Le véto va s'en occuper, répond Trevor.

– Bon sang, mon colonel, intervient Gunther, manifestement choqué. J'avais beau y être préparé, l'intervention de ces animaux est d'une incroyable sauvagerie.

– Je sais, mais notre job est de tester leur comportement au combat. Nous sommes payés pour cela.

« Alors oublie tes états d'âme.

Le colonel s'approche de l'animal, qui vient tout juste d'arriver, et examine ses blessures.

– Tu t'en sortiras, dit-il en caressant son museau ensanglanté.

Puis, se tournant vers Luigi.

– Ce dinosaure est désormais inapte au combat. Les balles qu'il a reçues affectent directement sa mobilité. On ne pourra donc pas l'utiliser après-demain. Il restera ici avec le groupe qui démontera le campement et chargera la péniche.

« Qui est son maître ?

– C'est moi, dit Gunther.

– Très bien, tu resteras donc ici avec lui. Si j'ai bien compris, cela devrait te convenir.

« Pour l'heure, repos pour tout le monde. On aura du travail demain. Il faudra que tout le monde soit en forme.

« Allons dîner.