Bonjour !
C'est un gros chapitre qui vous attend, il se passe pas mal de choses du côté de Bella mais aussi d'Antonia.
J'en dis pas plus parce que j'ai pas envie de vous spoiler le truc donc je vous retrouve en bas !
Bonne lecture^^
LA PROPHÉTIE D'ANTONIA
Chapitre 9
/-/-/
-Non mais quel idiot ! hurlai-je en froissant la lettre d'Edward.
Je la mis en boule et la jetai de toutes mes forces à travers ma chambre.
-Quel imbécile ! m'exclamai-je énervée.
Autant j'avais été triste lorsque j'avais lu la carte de condoléances adressée à Charlie pour ma mort autant maintenant que je venais de lire cette lettre j'étais folle de rage !
Mais pour qui se prenait-il ?
Il m'avait quittée en me faisant croire qu'il ne m'avait jamais aimée, il n'avait pas jeté un regard en arrière alors qu'il me disait que je n'étais pas assez bien pour lui et qu'il en avait marre de faire semblant d'être ce qu'il n'était pas.
Et tout cela n'était que des mensonges pour me protéger ?
-Il est complètement taré ! ne pus-je m'empêcher de crier.
Et aujourd'hui il me croyait morte et quoi ? Il allait se suicider ?
-Il est débile ! dis-je en me relevant précipitamment.
Je ne réfléchis pas pendant des heures je n'avais pas de temps à perdre. J'attrapai ma valise dans mon placard et la déposai sur le lit.
Je commençai à la remplir lorsque Patrick entra dans la chambre:
-Ca va ?
Je soupirai avant de lui parler, j'étais énervée mais il n'y avait rien contre lui.
-Ca va, répondis-je un peu trop sèchement.
Je pris quelques secondes, je fermai les yeux et soufflai un bon coup pour me concentrer et me détendre avant de répéter:
-Ca va, d'une voix plus douce cette fois.
-Est-ce que je peux t'aider à faire quelque chose ?
N'importe qui m'aurait posé des dizaines de questions. Qu'est-ce que tu fais ? Pourquoi fais-tu ta valise ? Il y avait quoi dans la lettre ? Mais pas lui. Pas parce qu'il n'en avait rien à faire non, simplement parce qu'il savait que je n'étais pas en état de lui répondre. Ou peut-être se doutait-il que je ne pourrais pas être complètement honnête avec lui ?
-Tu veux bien appeler Jake s'il te plaît et lui demander de venir le plus vite possible ?
Dans mon regard j'essayai de lui faire passer toute ma gratitude. Il acquiesça et descendit. Pendant ce temps-là je fourrai tous mes vêtements dans la valise sans prendre la peine de les plier. Je n'oubliai pas de prendre le livre des légendes Quileute. Même s'il n'y avait rien de plus sur cette Prophétie, quelque chose au fond de moi me disait de ne pas m'en séparer.
Mes gestes étaient brusques et mes pas lourds sur le plancher.
-Mais qui planque des souvenirs sous une latte de plancher ? marmonnai-je pour moi-même.
Depuis qu'il m'avait quittée, je n'avais eu de cesse de lui trouver des excuses et, par la même occasion de me dénigrer. Moi l'humaine insignifiante incapable de retenir l'attention du vampire exceptionnel.
Mais tout ça c'était des conneries et c'était un grand malade s'il croyait que j'allais le laisser se suicider à cause de sa stupidité.
Non mais quel crétin !
Je n'aurais sûrement pas sa mort sur la conscience, j'en avais bien assez sans rajouter la sienne !
Quel con !
J'allai à la salle de bain récupérer mes affaires de toilette d'une démarche lourde et bruyante. Si Jake arrivait maintenant il n'aurait pas besoin de me voir pour savoir que j'étais hors de moi. De retour dans ma chambre, je m'acharnai sur la fermeture éclair de ma valise. Pourquoi à l'aller tout rentrait et au retour ça ne marchait jamais ?
Peut-être parce que tu as tout mis en boule dedans ?
Je grognai, excédée par moi-même, et je me mis à sauter assise sur la valise pour réussir à la fermer correctement. Sans ménagement je la posai au sol et la fis rouler au bout du couloir.
Patrick qui avait dû entendre tout le vacarme que je faisais m'attendait en haut des escaliers et, sans rien dire, prit ma valise et la descendit. J'entendis une voiture se garer quelques secondes plus tard et soufflai un bon coup avant de descendre.
-Qu'est-ce qu'il se passe ? demanda Jake en déboulant comme un fou dans la maison.
Il était complètement paniqué et je savais que la conversation allait être tout sauf facile. Cette réalisation calma mes nerfs instantanément. Si j'avais l'air de prendre des décisions sous le coup de la colère, jamais il ne serait d'accord avec moi. Il fallait que je sois maître de moi-même et de mes émotions, lui montrer que je ne partais pas sur un coup de tête cette fois.
-Je vais vous laisser discuter.
Patrick s'éclipsa à l'étage alors que j'arrivai en bas. Quand il passa à mes côtés, je le retins par le bras et déposai un léger baiser sur sa joue.
-Merci, soufflai-je avant de le lâcher.
Sous-entendu, merci d'être là, merci de me comprendre, merci de ne pas me poser de question.
Il m'enlevait d'ailleurs une sacrée épine du pied, je n'aurais pas été capable de parler ouvertement à Jake s'il avait été dans la même pièce.
J'allai dans la cuisine, c'était la pièce de laquelle Patrick serait le moins susceptible de nous entendre si nous devions hausser la voix. Et avec ce que j'avais à dire à Jake c'était une forte possibilité. Je lui donnai la carte de condoléances et lui laissai le temps de lire.
-Et ? demanda-t-il.
Il n'avait pas l'air choqué du tout, il avait l'air de n'en avoir rien à faire.
-Si Edward me croit morte, il va se suicider.
-Et ? demanda-t-il de nouveau en arquant un sourcil.
-Et quoi ? m'agaçai-je. Je ne suis pas morte.
-Quelle différence ça fait qu'ils te croient morte ou pas ? Il sont partis, c'est pas comme s'ils avaient eu l'intention de revenir.
Il haussa les épaules et je le regardai complètement éberluée.
-Quoi ?
-Si tu avais appris ma fausse mort alors que j'étais à Los Angeles, tu n'aurais pas aimé savoir que ce n'était pas vrai ? demandai-je en essayant de lui faire comprendre.
-Ca n'a rien à voir !
-Quelle différence Jake ? C'est pas comme si j'avais eu l'intention de revenir ! répliquai-je en utilisant ses propres mots contre lui.
Je sus dès que les paroles sortirent de ma bouche que j'allais lui faire du mal. Il eut un mouvement de recul, comme si je venais de le gifler et il grimaça de douleur.
-Alors quoi ? Tu vas aller leur dire que tu es vivante ? Tu ne sais même pas où ils sont ! s'emporta-t-il en faisant de grands gestes.
-A Anchorage, répondis-je doucement, l'obligeant à baisser le ton de sa voix.
-Quoi ?
-Ils sont à Anchorage, Charlie a gardé un oeil sur eux pendant tout ce temps.
-J'y crois pas Bella, soupira-t-il complètement défait. Je viens de te récupérer et tu veux déjà partir retrouver tes sangsues ? Vraiment ?
Je remarquai qu'il n'utilisait pas mon surnom et j'eus un pincement au coeur.
-Je n'ai pas le choix Jake, essayai-je de lui faire comprendre.
-Oh bien sûr! s'exclama-t-il en levant les bras au ciel. Pauvre petite Bella n'a pas d'autre choix que de se jeter dans un nid de vampires parce que le sort s'acharne sur elle.
-Tu ne penses pas ce que tu dis Jacob, le prévins-je avant qu'il n'aille trop loin.
-Non tu sais quoi Bella ? Va ! Va les retrouver puisque tu y tiens tant ! Mais quand tu verras qu'il n'en ont rien à foutre de toi, ne reviens pas complètement déprimée parce que je ne serai pas là pour toi cette fois ! hurla-t-il.
Les larmes menacèrent de couler mais je tins bon, je savais que c'était la colère qui le faisait parler, qu'il ne pensait pas un mot de ce qu'il disait. Mais malgré ça, ses paroles étaient comme un poignard aiguisé en plein coeur.
-Tu sais quoi ? dit-il plus doucement.
Je ne dis rien ni ne fis aucun geste, je savais que ce qu'il allait dire allait finir de m'achever. Il était beaucoup trop serein maintenant. Le calme avant la tempête.
-Je préfère encore quand tu fuis sans rien dire ! s'exclama-t-il avant de tourner les talons et de sortir de la pièce.
Je sursautai lorsque j'entendis la porte d'entrée claquer quelques secondes plus tard. D'un revers de la manche j'essuyai les larmes traîtresses qui s'écoulaient le long de mes joues. Je n'avais pas le temps pour ça. J'allai dans le salon et allumai mon ordinateur, contente de ne pas avoir eu le temps de désabonner la connexion internet. La page avec mes options de vols n'était pas encore chargée lorsqu'un bruit sourd me fit lever la tête.
-Où est-ce qu'on va ? me demanda Patrick qui venait de déposer sa valise à côté de la mienne.
Je lui souris tendrement.
-Moi je vais à Anchorage. Toi tu rentres à L.A.
Tu n'as rien à faire avec un clan de vampires.
Il leva les yeux au ciel avant de me poser une nouvelle question:
-Et pourquoi ?
-Je ne peux pas les laisser croire que je suis morte.
Je ne lui parlai pas des intentions suicidaires de mon ex.
-Je t'accompagne.
Ce n'était pas une question apparemment et je fronçai les sourcils pour lui montrer que je n'aimais pas vraiment sa façon de faire.
-Tu peux me regarder comme ça autant de temps que tu veux, peu importe où tu vas, tu n'iras pas seule.
-Tu ne sais pas dans quoi tu mets les pieds, répondis-je à demi-mot.
Un éclair de douleur traversa son visage.
-Alors explique-moi.
Je fermai les yeux, ce n'était pas le genre de conversation que j'allais avoir maintenant. Ou avoir tout court si je pouvais l'éviter.
-Je suis désolée, répondis-je en secouant la tête.
J'en avais ras-le-bol de m'excuser tout le temps.
-Comme tu voudras, ajouta-t-il défaitiste. Dis-moi à quelle heure est ton vol je t'emmènerai à l'aéroport en même temps que moi.
Ca me crevait le coeur de ne pas pouvoir lui en dire plus. Jake avait raison, si je ne pouvais pas être complètement honnête avec lui, si je devais lui cacher une grosse part de la femme que j'étais, je n'allais faire que creuser un fossé entre nous.
J'allais étouffer. Tous ces secrets allaient finir par me tuer comme ils ruinaient ma relation à petit feu. Ca aurait été simple de rejeter toute la faute sur Edward, surtout lorsque je pensais n'être qu'une simple distraction pour lui. Mais aujourd'hui, je savais que ce n'était pas le cas et je n'avais même pas la satisfaction de pouvoir blâmer quelqu'un d'autre que moi.
Je ne savais pas si c'était une bonne idée mais je n'étais pas encore prête à faire le deuil de ma relation avec Patrick. Je me doutais bien que notre temps ensemble était proche de l'expiration même si je ne voulais pas me l'avouer. Je changeai mes préférences de vol et entrai mes informations bancaires en soupirant. J'espérais ne pas regretter ce que je venais de faire.
-On décolle de Port-Angeles dans trois heures, déclarai-je alors qu'il s'était assis sur les marches de l'escalier.
Il leva la tête qu'il avait prise entre ses mains et me sourit timidement. L'espoir illumina son regard et j'en avais mal au ventre de le voir ne serait-ce que considérer un futur avec moi alors que je savais qu'il n'y en aurait plus. Je voulais tellement y croire mais pour que cela fonctionne, il me fallait être complètement honnête avec lui et jamais je ne pourrais mettre sa vie en danger. Je l'aimais beaucoup trop pour ça.
Je lui rendis son sourire. J'allais profiter de chaque minute en espérant ne pas empirer les choses en le faisant venir avec moi. Il n'était pas stupide, il allait vite se rendre compte de ce qui ne marcherait jamais entre nous.
-Merci, me dit-il.
-Merci de m'accompagner, répondis-je sincèrement.
Jusqu'à présent je n'avais pas eu le temps de réaliser ce que j'étais en train de faire. Maintenant qu'il ne me restait plus qu'à attendre l'heure de partir, je me dis que la compagnie ne serait pas de trop. Même si je n'étais pas particulièrement partante pour confronter Patrick à cette autre partie de ma vie, j'étais contente de ne pas y aller seule.
J'étais émotionnellement épuisée des derniers jours et je ne savais pas combien de temps j'allais encore pouvoir encaisser. Ni ce qui me faisait tenir le coup en ce moment même. Et j'allais prendre tout le soutien qu'on voudrait bien me donner pour une fois.
-Tu devrais aller parler à Jacob, il fait les cent pas sur ta pelouse depuis qu'il a claqué la porte.
-Quoi ? Comment tu sais ? demandai-je.
Il ne dit rien mais me fit un signe de la tête et je me retournai vers la fenêtre qui était derrière moi. De là où il était assis sur les marches de l'escalier il pouvait voir tout le porche devant la maison ainsi que la cour étant donné que les projecteurs étaient équipés de détecteur de mouvements.
Je soufflai un bon coup et me levai. Je pris mon manteau et mon écharpe et rejoignis Jake devant la maison. Je n'avais pas envie d'ouvrir le bal alors je m'assis sur les marches du porche, attendant patiemment qu'il arrête ses va-et-vient. Je savais que s'il n'était pas parti c'était qu'il regrettait au moins une partie de ce qu'il m'avait dit un peu plus tôt dans la cuisine. Il fallait juste qu'il s'en rende compte maintenant.
Je pouvais comprendre qu'il ait été énervé mais il n'aurait pas dû dire les choses qu'il m'avait dites.
-Je m'excuse pour ce que j'ai dit, finit-il par avouer. Mais ça ne veut pas dire que je suis d'accord avec ta décision, grogna-t-il.
-Je ne te demande pas d'être d'accord Jake, je suis une grande fille, je veux juste que tu comprennes.
-Ca non plus je ne peux pas Bell's.
Je souris en entendant mon surnom, il m'avait déjà aux trois quarts pardonnée s'il m'appelait comme ça.
-Qu'est-ce que ça peut faire s'il se suicide ? D'ailleurs est-ce que c'est possible ? demanda-t-il en grimaçant.
Il avait arrêté ses allers-retours mais il était toujours debout devant moi. Il était bien trop tendu pour venir s'asseoir. Moi je restai là où j'étais, j'étais épuisée, autant physiquement qu'émotionnellement.
-C'est très difficile apparemment.
-Mais pas impossible, finit-il pour moi.
-Il m'a dit une fois que si James avait réussi à me tuer à Phoenix il n'aurait pas pu vivre dans un monde où je n'existais pas.
Jake leva les yeux au ciel. Edward l'avait toujours exaspéré dans sa façon de parler et de dramatiser tout et n'importe quoi.
-Son plan était d'aller provoquer les Volturi en Italie, l'équivalent de la famille royale pour les vampires, de briser une règle pour qu'ils le tuent.
-Il n'a pas besoin d'aller faire sa Drama Queen en Europe, je n'ai aucun problème avec sa demande, dit Jake en haussant les épaules. D'autant plus aujourd'hui qu'il te fait aller en Alaska !
-J'imagine bien, je lui souris.
-T'es vraiment sûre de toi ?
-Pas du tout, avouai-je en soupirant. Mais c'est quelque chose que je dois faire Jake, je ne peux pas les laisser penser que je suis morte.
-Et tu vas rester avec eux ?
Je pus lire la crainte dans ses yeux et je pris quelques minutes pour bien réfléchir à sa question. Est-ce qu'ils me manquaient ? Bien sûr. Est-ce que je voulais faire à nouveau partie de leur famille ? Oui, sans aucun doute mais pas à mes dépens cette fois. Est-ce que je voulais l'immortalité ? Non. J'avais voulu être comme eux parce qu'à l'époque je pensais qu'Edward était mon âme soeur, mon amour éternel et aujourd'hui je savais que ce n'était pas le cas et l'immortalité ne m'attirait plus. Le seul avantage que ça avait quand la question se posait c'était Edward.
-Non, répondis-je en toute honnêteté. Je ne te cache pas que je vais sûrement garder contact s'ils le veulent bien mais j'ai une vie que j'aime à L.A. et je ne suis pas prête à quitter ça. Même si je vais devoir me défaire de certaines choses, dis-je avec beaucoup d'émotion dans la voix.
Jake vint s'asseoir à mes côtés et me prit dans ses bras. Il savait très bien que je parlais de ma relation sentimentale avec Patrick.
-Tu ne veux pas tout lui dire ?
-Non.
Je ne pouvais rien changer de ma vie passée mais je pouvais tout faire pour l'en protéger. J'avais côtoyé le surnaturel, j'avais été aspirée dans ce monde surréel, ballotée dans l'impossible et noyée dans l'irréel et je n'avais pas le droit de faire couler Patrick avec moi.
-Peu importe ce que tu décides, je t'ai promis d'être là, dit-il en m'embrassant sur le front.
Et je savais qu'il tiendrait parole.
/-/-/
-Désirez-vous quelque chose à boire ? me demanda l'hôtesse lorsque l'avion atteignit son altitude de croisière et que Patrick était en train de faire un coma.
Il n'aimait pas l'avion et avait pris un cachet qui l'avait mis K.O. en quelques minutes.
-Un whisky coca s'il vous plaît.
Si je devais affronter les Cullen après tout ce que je venais de vivre ces derniers jours, j'avais bien besoin de ça.
-Merci, dis-je lorsqu'elle me tendit mon verre.
A l'odeur c'était du whisky bon marché mais je n'allais pas chipoter. Déjà bien d'avoir trouvé des places dans un avion avec un départ aussi imminent et, en plus de ça nous étions en première classe. J'avais toujours voyagé en classe économique, c'était une grande première pour moi. Il y avait beaucoup de différences entre les deux mais, malheureusement le whisky premier prix était le même pour tout le monde.
Un des avantages par contre c'était la connexion gratuite durant tout le vol, ça me laissait l'occasion de chercher les Cullen. J'avais regardé dans la chambre de Charlie s'il n'avait pas un dossier sur eux mais je n'avais rien trouvé. Il avait sûrement toutes ses affaires au commissariat. J'allumai mon ordinateur en sirotant mon verre. Quelques minutes plus tard j'étais un peu plus détendue et Patrick ronflait doucement à mes cotés. J'étais un peu excitée, c'était peut-être l'alcool, à l'idée d'enquêter sur les Cullen même si je n'avais aucune idée de la façon dont j'allais les trouver.
Bêtement je lançai une recherche Google avec les mots Cullen+Anchorage et je fis chou blanc ce qui ne m'étonna qu'à moitié. Les vampires étaient censés garder leur identité secrète et cachée, ils n'allaient pas être recensés dans l'annuaire comme de simples mortels.
Cette pensée me fit ricaner, l'alcool commençait à faire effet et je souris toute seule.
Il y avait un Cullen que j'étais presque sûre de pouvoir trouver sans trop de difficultés. Carlisle n'aurait jamais arrêté d'exercer la médecine, il vivait pour ça. Je recherchai ainsi tous les hôpitaux publics d'Anchorage, écartant volontairement les institutions privées. J'espérai suffisamment le connaître pour dire que ce qu'il aimait par dessus tout c'était d'aider son prochain et principalement les plus démunis, je ne le voyais pas exercer son métier dans un établissement privé où l'argent était le seul intérêt.
Il y avait quatre hôpitaux qui correspondaient à ce que je cherchais à Anchorage: le Providence Alaska medical center, l'Alaska Regional hospital, l'Alaska VA healthcare system et l'Alaska Native Medical Center.
Pour chacun d'eux je sortis la liste du personnel. C'était un travail fastidieux, pour deux d'entre eux il y avait plus de trois cents personnels soignants.
Deux whisky coca plus tard je n'étais pas beaucoup plus avancée. Aucun des noms ne me disait quelque chose mais ce n'était pas étonnant, je ne connaissais que celui de Carlisle, Cullen, celui de Rosalie, Hale, et celui d'Edward, Masen. Aucun des trois n'apparaissait dans aucune liste. Et ils auraient tout à fait pu inventer un nouveau nom. Je ne pouvais pas me baser sur les prénoms car les listes ne les donnaient pas, il n'y avait que les initiales et des C. il y en avait des centaines.
Je soufflai de désespoir, j'avais une piste mais j'étais très loin d'avoir trouvé la solution et je n'avais qu'une peur, c'était d'arriver trop tard.
Ma dernière chance était de me rendre dans chacun de ces quatre hôpitaux, avec la photo de mon anniversaire qu'avait laissée Edward.
Je profitai de mon ordinateur pour regarder où se trouvaient les hôpitaux et réserver une chambre d'hôtel à proximité de trois d'entre eux, le dernier étant un peu plus excentré.
Maintenant il ne me restait plus qu'à attendre et avec un peu de chance je parviendrais à le trouver.
Je passai les quelques heures de vol qu'il me restait à dormir un peu.
/-/-/
Le jour commençait à tomber et Antonia pressa le pas. Elle n'aimait pas traîner dans la ville à la tombée de la nuit. D'autant plus que depuis quelques temps il y avait de mystérieuses disparitions. Elle ne comptait plus les sortilèges de localisation que sa mère avait dû effectuer ces trois dernières semaines.
Elle avait rendu visite à Idahy et Olbia qui venait de donner naissance à leur premier fils.
L'épreuve avait été dure pour Antonia, voir son premier amour vivre sans elle la vie qu'elle aurait souhaitée avec lui avait été plus que douloureux. Heureusement qu'elle savait que Vircolac l'attendait à la maison et elle accéléra le pas pour le retrouver au plus vite.
Elle était contente pour Idahy, bien sûr, il était son ami maintenant. Depuis qu'il l'avait aidée à sauver Vircolac ils s'étaient vus plusieurs fois pour discuter. Les premiers temps avaient été difficiles, beaucoup de larmes avaient coulé mais la nature facile d'Idahy et son attitude impassible les avaient rapprochés et elle pouvait le considérer comme son meilleur ami aujourd'hui. Même si le voir si heureux lui provoquait un petit pincement au coeur, elle savait que jamais elle n'aurait pu le combler comme Olbia le faisait.
Perdue dans ses pensées, elle ne s'aperçut pas du monstre tapi dans un coin qui l'attrapa violemment lorsqu'elle passa à sa portée pour l'attirer vers l'obscurité de la rue. Elle se retrouva acculée sans ménagement contre le mur d'une maison. Sous le choc, elle expira tout l'air contenu dans ses poumons et releva le menton pour se retrouver nez à nez avec son assaillant. Ses lèvres étaient retroussées sur ses dents et un grondement sourd résonnait de sa poitrine. Il avait empoigné chacun de ses bras dans ses mains qui la serraient comme deux étaux. Sa force n'était pas humaine et il n'y avait pas que ça: la salive qui coulait de sa bouche n'était pas normale et ses yeux, les yeux d'un démon, d'un rouge si vif qu'ils brillaient presque dans la pénombre de la rue.
Un frisson d'horreur la parcourut. C'était lui qui faisait disparaître les habitants que sa mère ne parvenait pas à retrouver avec ses sortilèges. Et lorsqu'il se pencha dans son cou, elle sut qu'il allait la faire disparaître elle aussi.
Elle paniqua complètement, hurla de toutes ses forces et commença à gigoter dans tous les sens, essayant de lui donner des coups de pieds mais c'était comme frapper un tronc d'arbre, elle se faisait plus mal qu'autre chose. Il grogna lorsqu'il ne parvint pas à atteindre sa cible, ce point de carotide qu'il voyait pulser, qui le narguait. Il lui lâcha les bras pour emprisonner la tête d'Antonia entre ses mains puissantes, il fit attention à ne pas réduire son crâne en bouillie, le sang était meilleur si la victime était vivante.
Lorsqu'il se pencha de nouveau, Antonia réussit à poser ses mains sur les joues du démon, dans une position similaire à celle qu'il avait avec elle.
-Tu ne me feras pas de mal, chuchota-t-elle alors que ses doigts entraient en contact direct avec le visage de son assaillant.
Sa peau était dure comme le marbre et l'espace d'un instant elle crut qu'elle ne parviendrait pas à le calmer.
-Tu ne me feras pas de mal, répéta-t-elle avec plus de conviction cette fois.
Le regard du démon changea, de sauvagerie en incompréhension puis en résignation.
-Tu ne me feras pas de mal.
Les mains qui la retenaient commencèrent à lâcher prise et le démon recula. Elle le suivit, ne souhaitant pas le lâcher, elle n'était pas sûre que ça marcherait si ses doigts ne le touchaient plus.
Elle n'eut pas le temps de répéter sa phrase une nouvelle fois. Elle sentit un courant d'air, entendit un craquement qui lui fit grincer des dents et elle regarda avec soulagement le corps sans tête du démon s'effondrer à ses pieds.
-Comment as-tu fait ? demanda son sauveur.
Lorsqu'elle leva les yeux sur lui, son coeur rata un battement: un autre démon. Ses yeux ne brillaient pas du même rouge vif, ils étaient plus carmins mais ils étaient sans aucun doute possible de la même espèce.
-Je ne te ferai pas de mal, lui dit-il alors qu'Antonia amorçait un mouvement de recul. Je voulais juste l'éliminer lui, ajouta-t-il en montrant la tête qu'il tenait dans ses mains. Il s'est aventuré sur mon territoire et a chassé sans discrétion.
Il ne comprit pas pourquoi il se justifiait devant cette enfant. Il resta immobile et la regarda, attendant qu'elle lui réponde enfin. Il avait beau être éternel, il n'était pas patient pour autant.
-Alors ? Comment as-tu fait ?
-Comment j'ai fait quoi ? balbutia-t-elle.
-Comment as-tu pu l'arrêter en plein milieu d'une chasse ?
Territoire ? Chasse ? Mais de quoi parlait-il ? Antonia fronça les sourcils et chercha des yeux un moyen de s'enfuir.
-Tu ne seras jamais assez rapide, prévint le démon.
-Tu ne me feras pas de mal, tenta-t-elle.
Le démon s'étonna la candeur de la jeune fille qui, non contente d'avoir échappé à un prédateur ce soir voulait en éluder un second. Elle ne manquait pas de courage pour une humaine, se surprit-il à penser.
-Je crois que ton pouvoir ne marche que si tu me touches, déclara-t-il.
Il s'approcha d'elle tel un prédateur tandis qu'elle reculait jusqu'à ce qu'elle soit de nouveau dos au mur. Elle leva les mains pour le toucher mais il claqua sa langue à plusieurs reprises pour lui faire comprendre de ne pas essayer.
Il se pencha sur elle et elle ferma les yeux prête à mourir.
-Je t'ai dit que je ne te ferai pas de mal, dit-il en se reculant.
Lorsqu'elle ouvrit les yeux, il avait ramassé un morceau de bois dans une main. Il trempa le bout du bâton dans le liquide sirupeux qui s'écoulait de la tête qu'il tenait de l'autre main.
-Ne bouge pas, lui ordonna-t-il avant de disparaître dans un courant d'air.
Antonia resta immobile, était-ce un test ? Elle observa la rue dans laquelle elle était mais il faisait trop sombre pour distinguer quoi que ce soit. Elle ne savait même pas de quel côté aller pour retourner dans l'artère principale de la ville. Quelque chose toucha sa cheville et elle hurla de terreur. Le démon décapité était en train de tâter le sol et elle glapit de surprise. Elle s'éloigna de quelques pas, prise par des haut le coeur de voir ce corps sans tête se traîner au sol dans une marre gluante et grisâtre.
Le second démon revint avec la tête dans la main et le bâton désormais enflammé dans l'autre. Les flammes éclairaient un bout de la rue mais ce qui retint l'attention d'Antonia ce fut la tête de son assaillant: ses yeux étaient grands ouverts, tellement emplis de terreur qu'elle en trembla, et sa bouche s'ouvrait et se fermait comme s'il essayait de parler. La vision était horrible et macabre, tellement bien qu'Antonia déversa tout le contenu de son estomac au sol sans pouvoir s'en empêcher.
-Cela est-il normal humaine ? demanda le second démon en jetant la tête qu'il avait dans les mains à côté du corps auquel elle appartenait.
Il lança ensuite le bâton en flammes à côté et Antonia eut un mouvement de recul devant la force du feu et de l'ampleur qu'il prit en quelques secondes. Une fumée violette commença à s'échapper du bûcher.
-N'est-ce pas magique ?
Elle sursauta lorsqu'elle se rendit compte que le démon était juste à côté d'elle. Elle avait été tellement obnubilée par le feu violet qu'elle ne l'avait pas vu.
-C'est magnifique, dit-elle en regardant la fumée danser.
Comme il n'avait toujours pas de réponse, il montra les restes pré-digérés de son repas de midi qui reposaient désormais au sol et redemanda:
-Cela est-il normal ?
-Normal ? dit-elle d'une voix tremblante, qu'est-ce qui est normal aujourd'hui ?
Elle avait vu un ours se transformer en humain, un humain se transformer en loup à la pleine lune, un démon aux yeux rouges ramper alors qu'il n'avait plus de tête et un autre était présentement en train de lui faire la conversation comme si de rien n'était. Ou était la normalité ?
-Tu es une drôle de créature, lui dit-il.
-Je ne suis qu'une humaine.
-Oh non, tu es bien plus que ça Bella.
Bella ?
-Bella ? Réveille-toi ! L'avion atterrit !
-Hein ? Quoi ? m'éveillai-je en sursaut.
-On est arrivés, rit Patrick en me regardant les yeux plein de malice.
Il prit un mouchoir en papier et vint essuyer la bave au coin de ma bouche.
-Mmmhummm, grommelai-je en me cachant le visage dans son épaule.
Je savais que j'étais en train de rougir de honte. Et Patrick était mort de rire à mes dépens.
-Ca prouve que tu as bien dormi, essaya-t-il de me remonter le moral, et je peux même te rassurer, ce ne sont pas tes ronflements qui m'ont réveillé.
-Nnnnooooooonnnn, marmonnai-je en me cachant cette fois sous la couverture qu'on nous avait distribué au début du vol.
-Promis, rajouta-t-il devant ma gêne visible.
En fait l'alcool dans l'avion n'était peut-être pas la plus brillante de mes idées et je restai cachée jusqu'à ce que toutes les personnes de première classe aient débarqué. Je ne me sentais pas capable d'affronter les gens que j'avais empêché de dormir.
Ces quelques heures de sommeil je ne pouvais cependant pas les regretter, je n'avais pas aussi bien dormi depuis des jours et mon corps en avait bien besoin.
Et j'avais également rêvé de la première rencontre d'Antonia et son âme soeur Martiko et ça n'avait rien à voir avec la version romancée que je m'en étais faite dans ma tête. Elle avait failli mourir vidée de son sang pour ensuite voir un corps et une tête fonctionner sans être attachés l'un à l'autre. Je devais avouer que la vision n'était pas très ragoutante, même dans un rêve.
Martiko n'avait pas l'habitude de côtoyer des humains, cela se voyait, il ne faisait pas semblant de respirer et restait beaucoup trop immobile quand il ne faisait rien. Mais il allait apprendre, pensai-je en me rappelant mon tout premier rêve d'eux. Il avait l'air beaucoup plus accessible et ce n'était pas que l'amour qui l'avait changé, j'en étais persuadée.
Et ce rêve avait enfin confirmé mes doutes concernant le fait qu'Antonia possédait un pouvoir. Avec ses mains elle avait pu repousser ce vampire qui essayait de faire d'elle son quatre heures. Pouvait-elle hypnotiser ? Ou pouvait-elle tout simplement les empêcher de lui faire du mal ? J'espérais que les rêves suivants m'apportent plus de réponses.
-On y va ? demanda Patrick en me donnant un léger coup de coude pour me sortir de ma rêverie.
/-/-/
-Comment penses-tu les trouver ? me demanda Patrick une fois que nous étions seuls dans la chambre d'hôtel.
-Le père d'Edward est médecin, je pensais faire les hôpitaux et demander s'il travaille chez eux.
-On peut regarder la liste des personnels pour aller directement au bon hôpital, suggéra-t-il.
-J'ai déjà regardé et je ne l'ai pas trouvé.
-Tu es sûr qu'il exerce toujours ?
-C'est la seule piste que j'ai, je n'ai aucune idée de ce que font les autres où même s'ils vivent toujours ensemble, répondis-je défaitiste. J'ai réduis le champ de recherche à quatre hôpitaux, lui dis-je en lui tendant un papier sur lequel ils étaient notés. Mais je ne sais pas vraiment par où commencer.
Mon plan de départ me paraissait plutôt simple mais maintenant que j'étais là, je me demandais si je n'étais pas partie un peu trop précipitamment. Peut-être aurais-je dû demander aux collègues de Charlie s'il n'avait pas des dossiers personnels que je pouvais récupérer ? Ma colère avait disparu et il semblerait que mon sens logique ce soit fait la malle avec !
Lorsqu'il vit que j'étais complètement perdue, Patrick prit les choses en main et sortit son téléphone portable. Il téléchargea une carte de la ville avec la localisation des hôpitaux et de notre hôtel.
-Le plus efficace serait de nous séparer, je peux aller voir l'Alaska Regional Hospital, proposa-t-il en me montrant sur son plan l'hôpital le plus excentré de la ville. Pendant ce temps tu peux aller au Providence Medical Center et au Native Medical qui sont à quelques minutes à pied d'ici. Et si aucun de nous ne le trouve dans ces trois, on peut se rejoindre au dernier d'accord ?
J'acquiesçai, incapable de parler. Je sentai la panique monter en moi, j'avais du mal à respirer correctement. Mes muscles étaient contractés et j'avais l'impression que quelque chose de lourd compressait ma poitrine.
-Hey Bella, chuchota Patrick en prenant mon visage dans ses mains pour que nos yeux soient au même niveau, on va les trouver d'accord ? Inspire, dit-il en le faisant avec moi, expire... inspire... expire...
Il arrêta de parler lorsque je réussis à me caler sur sa respiration et il posa son front tout contre le mien.
-Merci, dis-je une fois complètement calmée.
-Ce n'est peut-être pas une bonne idée de se séparer.
-Non, ça va aller. On ira plus vite comme ça, j'ai juste été submergée pendant un instant. Je vais me rafraîchir et ça ira.
Il fit un mouvement de tête pour me dire qu'il comprenait. J'attrapai de quoi me changer et mes affaires de toilettes dans ma valise et disparus dans la salle de bain. Je devais faire vite, chaque minute comptait mais je pris le temps de prendre une douche rapide pour avoir l'esprit plus clair, je ne pouvais pas me permettre une autre attaque de panique comme celle que Patrick venait de m'éviter.
Elles étaient apparues quelque temps après le départ d'Edward et chaque fois qu'un événement émotionnellement difficile m'arrivait, elle revenaient de façon décuplées. C'était comme si mon corps essayait de me protéger, comme si en s'effondrant sur lui-même il protégeait mon esprit du surmenage. Je connaissais les symptômes et j'essayais de les prévenir mais parfois je n'avais pas d'autre choix que de me laisser aller.
Cependant aujourd'hui n'était pas le bon moment et j'allais garder un oeil sur mes émotions pour ne pas me laisser submerger alors que je serais seule.
A peine quelques minutes plus tard j'étais prête à partir à la recherche de Carlisle. Patrick prit une photo avec son téléphone du visage de Carlisle sur le cliché qu'Edward avait laissé de ma fête d'anniversaire. Quant à moi, je partais avec l'original.
-Tu m'appelles si y a quoi que ce soit, me demanda Patrick en levant la main pour héler un taxi.
-Promis, répondis-je sûre de moi. Toi aussi.
Il déposa un léger baiser sur ma bouche avant de monter dans son taxi. Je n'étais pas très douée pour me diriger avec un plan, j'avais donc demandé à la réception de l'hôtel dans quelle direction se trouvait ma première destination.
J'arrivai quelques minutes plus tard devant le Providence Medical Center qui était un petit bâtiment moderne de quatre étages entièrement vitré. C'était un hôpital universitaire, le campus se trouvait de l'autre côté de la route et c'était tout à fait le genre d'hôpital dans lequel Carlisle pourrait travailler.
Malheureusement la tâche s'avéra beaucoup plus compliquée que ce que je pensais. J'étais entrée et avais demandé à la personne chargée de l'accueil si elle le connaissait mais c'était une intérimaire. J'avais donc arpenté les couloirs de long en large en demandant aux personnels soignants s'il l'avaient déjà vu. Je ne misais pas tellement sur le sens d'observation des gens à qui je posais la question mais plutôt sur la nature inoubliable des vampires. Si quelqu'un l'avait aperçu ne serait-ce que quelques secondes des mois plus tôt, il s'en souviendrait.
Soit parce que, comme moi, il aurait été fasciné, soit parce que son instinct de survie se serait mis en alerte rouge.
Instinct de survie dont je manquais cruellement visiblement. Surtout pour rechercher la famille qui m'avait déjà abandonnée. Et qui me croyait morte.
Je ne m'étais pas trop posée de questions jusqu'à présent mais comment Alice pouvait-elle être aussi loin de la vérité ?
Il était évident que les Cullen ne m'avaient pas gardé à l'oeil de façon conventionnelle comme Charlie l'avait fait avec eux sinon ils sauraient que j'étais vivante. Du coup Alice avait dû regarder mon avenir de temps en temps mais comment pouvait-elle se tromper autant ?
Au bout de deux heures de recherches infructueuses, je reçus un message de Patrick pour me dire qu'il n'était pas plus avancé que moi. Il ne me restait que le service Pédiatrie à inspecter mais si personne ne l'avait aperçu dans tout l'hôpital c'était fort probable qu'eux non plus. J'y allais quand même, je voulais être complètement sûre.
Dix minutes plus tard je sortai du Providence Center et envoyai un message à Patrick pour lui dire que je passais à l'autre.
Le Native Medical Center était un immense complexe hospitalier et je désespérais rien que de voir sa taille. Jamais je ne pourrais faire tous les services en une journée et les minutes étaient comptées.
Alors que je commençai mon enquête, montrant la photo de Carlisle à toutes les blouses blanches et roses que je croisais, je pestais contre Edward de m'obliger à faire ça. Je souris en pensant au surnom de Drama Queen que Jacob lui avait donné et je trouvais que ça lui correspondait bien, toujours à faire des montagnes de pas grand chose.
Au bout de la dixième personne que j'interrogeais, elle me dirigea vers l'aile ouest de l'hôpital en me disant qu'elle pensait l'avoir croisé là-bas mais ne savait pas dans quel service il travaillait. Je suivis la piste c'était la seule que j'avais de toute façon.
Dans l'aile ouest, plusieurs personnes le reconnurent et mon espoir grimpa en flèche. Je fis plusieurs services avant de trouver quelqu'un qui le connaissait:
-Carlisle bien sûr que je le connais ! s'exclama une jeune brancardière. Que lui voulez-vous? se méfia-t-elle.
Je n'avais même pas pensé à ce que j'allais pouvoir raconter quand je tomberais sur quelqu'un qui le connaissait. Je savais qu'il devait bien y avoir une sorte de confidentialité entre personnels alors je sortis la première chose qui me passait par la tête:
-Je suis une amie de la famille, dis-je en montrant la photo où nous étions tous ensemble, on s'est perdus de vue quand ils ont déménagé ici et comme je suis en stage quelques semaines ici j'espérais le revoir.
Je lui lançai mon regard le plus innocent possible et mon sourire le plus charmant et son visage s'adoucit.
-Il travaille au Service des grands brûlés, c'est au troisième étage, me dit-elle avant de continuer son chemin.
Je suivis les directions pour arriver jusqu'à l'ascenseur et montai au troisième étage. Mon coeur battait la chamade, je l'avais trouvé, je n'en revenais pas.
Lorsque les portes s'ouvrirent, je sortis mon téléphone pour envoyer un message à Patrick lui disant que je l'avais trouvé et qu'il rentre directement à l'hôtel. Ce n'était pas une très bonne idée de taper un message en même temps que je marchais avec ma coordination légendaire.
J'appuyai sur envoi lorsqu'au détour d'un couloir je percutai de plein fouet quelque chose d'extrêmement dur qui m'envoya plusieurs mètres en arrière. J'atterris bien entendu sur les fesses et je grinçai des dents de douleur, mais ce n'était rien par rapport à la souffrance ressentie lorsque je me heurtai la tempe sur un objet contondant. J'étais complètement sonnée.
-Bella ? entendis-je mais ma vision était un peu floue et mes oreilles bourdonnaient.
-Aïe, dis-je en touchant du bout des doigts la blessure que je venais de me faire à la tête. Je sentis le liquide sur mes doigts avant que l'odeur n'arrive à mon nez.
J'avais saigné souvent au cours de ma vie et ça me faisait toujours le même effet alors je m'appliquai à respirer tranquillement par la bouche pour ne pas tomber dans les pommes.
Lorsque ma vue revint à peu près à la normale, je pus distinguer les traits du vampire qui était accroupi devant moi. Sa respiration était coupée et ses yeux étaient noirs de soif.
La bonne nouvelle: j'avais trouvé un Cullen.
La mauvaise: ce n'était pas du tout celui que j'étais venue chercher.
Je sais je sais je coupe toujours au moment le plus intéressant !
Et oui, je le fais exprès la plupart du temps je ne le cache pas lol
Comme je vous disais au début, pas mal de choses dans ce chapitre, la réaction de Bella, sa décision de retrouver les Cullen, le caca nerveux de Jacob, le soutien inconditionnel de Patrick, Antonia qui rencontre Martiko et après quelques recherches, Bella qui tombe nez à nez avec un vampire ! Et tout ça en 7500 mots lol
Qu'en avez-vous pensé ? Vraiment je suis curieuse !
Semaine prochaine vous aurez la suite du rêve que Patrick a coupé le vilain !
Et vous saurez sur quel vampire Bella est tombée aussi ça vous intéresse peut-être plus que le rêve mdr
Bon week-end à vendredi prochain !
