Note : Ceci est une traduction dont j'ai obtenu l'autorisation de la traduire.
Auteur:Hojaverde
Titre : Los profanadores del destino
Rating/ Paring :M Slash HD
Disclaimer : Malheureusement tous les personnages appartiennent à J.K Rowling et l'histoire à Hojaverde
Note : Merci à Anabanana94 pour sa correction!
Chapitre 10
Harry aurait donné la moitié de son coffre de Gringotts pour que la journée soit calme mais il n'eut pas cette chance. Le premier mémorandum arriva alors qu'il accrochait son manteau pour mettre sa robe d'Auror. Elle venait du Département des Mystères, une plainte pour vol signé par les Langues-de-plomb qui réclamait la restitution rapide de l'objet volé et qui l'informait que le Ministre en avait été mis au courant. Le deuxième mémorandum fut de Shacklebolt, qui lui donnait rendez-vous à midi pour parler de ce sujet. Le troisième fut de Hermione; avec Ron, ils étaient impatient de le voir et ils l'attendaient chez eux à l'heure du déjeuner. Harry détruit les trois messages et essaya de se distraire avec la paperasserie, attendant qu'une mission l'éloigne de son bureau. Il n'eut aucune mission mais un quatrième mémorandum. Apparemment, McGonagall s'était plainte à Kingsley de son irruption bien particulière au collège. À dix heures, l'état d'esprit de Harry descendit six pied sous terre.
Par chance, Draco arriva à dix heures et demie.
C'était la première fois qu'il venait au Bureau des Auror. Leur travail respectif n'exigeait aucune relation directe et personne au Ministère, à l'exception de Hermione, ne savait qu'ils étaient ensemble. Mais rien de cela ne l'avait arrêté. Draco entra dans son bureau, ferma la porte et se dirigea vers lui pour le prendre dans ses bras. Après le baiser vint. Et Harry, qui en avait eu besoin toute la matinée, se sentit heureux de l'avoir près de lui.
- Ça va ?
- Mieux maintenant.
Draco lui caressa les cheveux et s'éclaircit la gorge.
- Je sais que ce n'est pas le meilleur moment, mais mon père a eu une rechute.
Harry le regarda sans savoir que dire. Il était clair que les condamnés à Azkaban avaient des séquelles physiques de leur période en prison, mais il n'était pas prêt à s'inquiéter de la santé de Lucius Malfoy. Même ainsi, il s'obligea à se rappeler que c'était le père de Draco.
- Est-ce grave ?
- J'espère que non, mais je veux m'en assurer.
- Tu t'en vas maintenant ?
- Oui. Je serais peut-être de retour demain, mais je ne voulais pas partir sans savoir que tu allais bien.
- Je vais bien, Draco. Ca fait mal mais on ne peut rien y faire. Ce n'est pas la première fois qu'on me manipule. Et tu me connais, je finirai par l'assumer.
Il le connaissait. Il avait pardonné des choses que lui n'aurait jamais laissé passer sans s'être vengé. Il parlait à son espèce de cousin imprésentable et il avait appelé son fils Albus Severus. S'il y avait quelqu'un qui pouvait surmonter l'intervention d'un Profanateur, c'était Harry. Cependant, ses mots avaient beau avoir l'air convaincants, la douleur de la nuit passée était toujours présente dans ses yeux. Il ne fallait pas être très intelligent pour le voir et pour Draco, qui l'avait vu craquer, elle était plus qu'évidente. Bien qu'il doive l'ignorer s'il voulait avancer dans son plan; ou mieux encore, se nourrir de cette douleur comme un affamé.
- Je reviendrai vite.
- Allez, va voir ton père. Et ne lui parle pas de nous ou quoi que ce soit d'autre, ça empirerait.
Draco esquissa un sourire et l'embrassa. Il se dit qu'une fois encore, seul un contact physique pouvait remédier à tous les mensonges qu'il accumulait. Même si pour l'instant ils les éloignaient de Harry, il rattrapait le temps perdu par ce contact.
- Tu vas me manquer.
- Et à moi encore plus.
Dès que Draco fut sorti du bureau, Harry se laissa retomber sur sa chaise en pensant qu'il allait vraiment lui manquer. Les images du souvenir qui l'avaient assaillie pendant une partie de la nuit lui revinrent en tête avant que l'un de ses hommes ne frappe à sa porte et, après avoir reçu la permission d'entrer, lui remis une lettre.
- Chef, ceci est arrivé pour vous.
- Merci, Williamson.
Harry la prit et attendit que l'Auror soit sorti pour l'ouvrir. Elle venait de l'extérieur, sinon elle serait venue directement à son bureau. Le Ministère était en grande partie sous le niveau de la rue et les chouettes ne pouvaient entrer qu'à des étages bien spécifiques en surface. Il n'y avait pas de nom d'expéditeur, ainsi il l'ouvrit et lu le message.
Salut, Harry.
J'ai besoin de te parler. Pourrions-nous nous voir au Chaudron en fin d'après-midi ? Ne t'inquiètes pas pour tes enfants, ça n'a rien à voir avec eux. Mais c'est important.
Neville Longdubat
C'était une surprise. Ca faisait des mois que Harry n'avait pas vu Neville et leur relation s'était refroidie ces dernières années sans qu'ils ne fassent grand chose pour l'éviter. Il n'avait aucune idée de ce qu'il pouvait lui vouloir mais ça l'inquiétait. Harry prit un parchemin, accepta l'invitation et lui proposa une heure. Apparemment, aujourd'hui ne serait pas de tout repos.
La réunion avec le Ministre fut longue, tendue et inopportune. Harry sortit du bureau en promettant de s'excuser auprès de McGonagall et de rendre dans un délai de dix jours le souvenir s'il ne voulait pas être trainé devant le Magenmagot. Kingsley s'était montré compréhensif et conciliateur et il ne lui avait parlé d'aucune sanction. Harry était sûr qu'il l'aurait aidé encore plus s'il lui avait tout raconté au lieu de garder un silence obstiné, mais il n'avait pas l'intention de raconter au monde magique le fait qu'il était un faux Gryffondor. Ou que leur héros avec une barbe blanche et arborant un regard savant était en réalité un vieux manipulateur pervers.
Chaque fois qu'il y repensait, ça lui retournait l'estomac. Il ne savait pas comment il allait réussir à avaler quelque chose chez Ron et Hermione. Mais dès qu'il posa un pied dans leur appartement, il se rendit compte que l'appétit ne serait pas un problème. Il y avait des plateaux avec des sandwichs et des boissons, la table du salon étant toujours occupée par la Pensine et un tas de livres et de papiers. Hermione était en train de lire et Ron semblait l'aider, bien qu'il arrêta dès qu'il le vit apparaître. Il était à ses côtés avant qu'il n'ait fini de nettoyer ses vêtements poussiéreux, attrapant ses épaules de ses fortes mains.
- Je me fous comme de ma dernière chaussette de ce que t'a fait le vieux, Harry. Tu seras toujours l'un des notre.
- Merci, Ron.
Harry ne put rien dire de plus car sa voix resta coincée dans sa gorge. Il était à deux doigts de craquer une nouvelle fois. Heureusement, Ron le serra tellement fort dans ses bras qu'il lui redonna des forces et quand ce fut le tour de Hermione, il se sentait déjà mieux. Peu de temps après, il était en train de mordre dans un sandwich au bacon.
- Qu'étiez-vous en train de faire?
- Nous avons regardé le souvenir plusieurs fois en se concentrant sur la partie du sort. Je suis sûre que Dumbledore a altéré l'image pour que personne ne comprenne ses mots. On cherchait des informations sur la façon de l'annuler et de connaître ainsi avec exactitude la conjuration qu'il a utilisée pour…
- Herm …
- … ainsi on pourra trouver un contre sort qui…
- Herm, écoute-moi.
- Oui Harry ?
- Pourquoi devrions-nous l'annuler ? A quoi ça servirait maintenant ?
- Je ne sais pas, mais nous devons faire quelque chose!
Harry ne put s'empêcher de soupirer. Faire quelque chose. Bien sûr qu'il voulait faire quelque chose mais ce n'était pas à sa portée. Et si elle existait, ce serait un risque inutile. Il y avait réfléchi jusqu'à l'épuisement. Il posa son sandwich et prit la main de son amie, essayant de blesser le moins possible sa volonté généreuse de l'aider.
- Ca s'est passé il y a longtemps, Herm. Et tout s'est bien déroulé par le passé. Nous avons gagné la guerre. Qu'est-ce qu'il se passera si on modifie tout ça? Je sais que vous voulez m'aider et je vous en remercie mais c'est mieux de tout oublier.
Hermione se mordit la lèvre. Elle semblait se rendre compte pour la première fois des conséquences d'intervenir dans le passé. Ron avait déjà l'air convaincu, acquiesçant tandis que Harry parlait. Et puis il avait déjà dit ce qu'il en pensait. Pour lui, son meilleur ami serait toujours un Gryffondor.
- Tu en es sûr ?
- Oui. Je ne vais pas mettre le monde magique en danger pour savoir dans quelle maison de Poudlard j'aurais dû aller.
Même si c'était beaucoup plus que ça. C'était son destin, ses amis, sa vie. Mais qu'était une vie contre d'autres milliers de vie ? Personne ne devait savoir à quel point il avait mal. Hermione referma l'énorme livre qu'elle lisait et remit le souvenir dans sa fiole.
- D'accord. On oublie alors.
Harry lui sourit, reconnaissant, tandis qu'il se demandait s'il arriverait un jour à oublier.
Les paons adultes venaient d'avoir des petits. C'était encore de petites choses sans plumes, laides et sans défense, mais Draco savait que dans quelques mois ce serait tout le contraire Ils donneraient à la demeure la distinction que Lucius recherchait dans les endroits où il vivait. Un elfe domestique se chargeait de les garder au chaud et de les nourrir, mais son père supervisait leur évolution pas à pas. Ce fut ainsi que le trouva Draco, invectivant l'elfe avec sa canne de faire plus attention. Et il était parfaitement en forme, comme il le supposait.
- Tu as enfin réussi.
- Bien sûr. Comment s'est passé ton voyage ?
- Sans problème.
- Deux visites en moins d'un mois signifient qu'il y a un problème, Draco. Si ce n'est qu'une nostalgie paternelle subite ne t'ait prise.
- Tu as trouvé un autre usage pour la canne ?
- C'est peut-être tout ce qui lui reste.
- Tu as aussi peu confiance en ton fils ?
Lucius le regarda d'un air intéressé et esquissa un sourire qui pouvait signifier beaucoup de choses.
- Allons dans mon bureau.
Une fois là-bas, Draco accepta toutes les formalités de son père. Il prit un siège, attendit qu'un elfe leur serve du thé, la boisson conseillait à cette heure là par l'étique, tout en observant chacune de ses réactions. Il se comportait de la même façon qu'il le ferait avec l'un de ses associés ou de ses clients. Lucius savait très bien que Draco n'avait pas changé d'avis, même s'il avait eu le temps de réfléchir. Son père le connaissait très bien, en tant que fils et négociateur. Lui aussi en étant un, et ils savaient tous les deux qu'il y avait un long chemin pour passer d'un non à un oui.
- Alors ?
- Quelqu'un que je connais a cette cicatrice. C'est un très bon sorcier, il aurait dû aller à Serpentard mais il n'y a pas été. S'ils ont le droit de voler des personnes de ma Maison, je l'ai aussi pour voler dans les leurs ?
Lucius acquiesça pour confirmer ce fait et Draco se permit de sourire. Il avait pensé cent fois à la réponse de cette question. La vengeance n'était pas une excuse pour un Serpentard mais une raison puissante. Son père allait sûrement lui poser des questions sur ce sorcier mais il y avait aussi pensé. Il avait un candidat parfait; un Serdaigle qui avait fait des études de commerce en entreprise et avec qui il avait eu une idylle brève mais intense quelques d'années en arrière. Il le connaissait suffisamment pour ne pas avoir à mentir et il avait un vaste éventail de détails.
- Et ce sorcier est Harry Potter, n'est-ce pas?
Draco eut beau essayer de s'en empêcher mais il avala de travers. Tousser ne fut pas aussi honteux que les petites tapes que Lucius lui donna dans le dos tandis qu'il lui parlait comme s'il avait deux ans.
- Voyons fils, respire.
Draco respira un grand coup et il affronta son regard, essayant d'avoir un air offensé plus que statufié.
- Depuis quand m'espionnes-tu ?
- Depuis que tu as un an, Draco. Je ne sais pas pourquoi tu es surpris.
- Je ne suis plus un enfant.
- Si tu pensais pouvoir me cacher ta relation avec Potter, je pense que tu en es encore un. Je l'ai su dès qu'il a foulé le manoir Malfoy pour la première fois. C'était une visite brève mais suffisante.
- Et pourquoi ne m'as-tu jamais rien dit ?
- Tu as un héritier, c'était tout ce que je te demandais. Maintenant, tu choisis tes compagnies et un Chef des Auror ce n'est pas si mauvais que ça. Pourquoi allais-je interférer ?
Draco serra les dents et regarda vers la fenêtre. Peu importe combien il essayait, il n'affronterait jamais son père d'égal à égal. Il ne lui restait plus que la vérité pour essayer de le surprendre, bien que, pour son bien, il pensait éviter quelques détails.
- Oui, il s'agit de Harry. Il a été marqué par le Profanateur de Gryffondor quand il était bébé. Harry Potter était un Serpentard, t'imagines? Il t'a devancé.
Il regarda son père, s'attendant à voir son assurance se fissurer mais Lucius était loin d'être nerveux dans cette conversation tout comme Draco était loin de la diriger.
- Dumbledore avait accès au bébé contrairement à moi, Draco. Et pour être sincère, je suis sûr que Qui-tu-sais le voulait précisément dans cette maison.
- A Gryffondor ? Et comment savais-tu pour Dumbledore ?
- Je suppose que si un profanateur en double un autre, il le reconnait. J'ai toujours soupçonné l'épée de Gryffondor d'être l'arme du destin, est-ce que je me trompe?
- Tu ne te trompes pas.
- C'est ce que je craignais. C'est pour ça que j'ai essayé de la faire sortir du collège en faisant partit du Conseil. Et c'est pour la même raison que j'ai monté le Ministère contre Poudlard.
- C'est pour ça que je devais le tuer en sixième année ?
- Entre autre.
- Pourquoi Vol … - Devant la main levée de Lucius, il évita de dire son nom. Il avait pris l'habitude de le prononcer sans trembler, mais son père ne le faisait jamais. Draco ne voulait pas savoir pour quelles raisons - … Qui-tu-sais aurait-il voulu que Harry soit à Gryffondor ?
- Un sorcier aussi fameux à Serpentard ? Que crois-tu qu'il aurait fait ? Je vais te le dire : mourir ou s'allier à son ennemi.
- Insinues-tu que nous aurions eu deux Lord Noir ?
- Non. J'insinue que nous en aurions eu un, mais je ne sais pas lequel.
- Harry n'est pas comme ça. Par Merlin, père, je ne suis pas comme ça. Tu fais comme eux en utilisant tous ces préjugés contre les Serpentard.
- Peut-être. Mais qu'aurait fait Potter si Qui-tu-sais n'avait pas voulu le tuer mais s'allier avec lui ? S'il avait été dans sa Maison, sous ses règles, devenant ami avec ceux qui allaient le servir. Ne penses-tu pas que s'il avait été ton ami, il aurait eu la Marque des Ténèbres comme toi ?
Draco s'était déjà posé ces questions à plusieurs reprises. Il avait du mal à imaginer un univers où Harry et lui auraient été amis au collège, pas parce que c'était désagréable mais parce que c'était tentant et impossible. Il aurait pu se passer tellement de chose… Mais dans toutes ses alternatives, Harry était le même : il battait Voldemort et il ne portait pas la Marque; dans ses rêves, Draco lui aussi ne l'avait pas.
- Blaise était mon meilleur ami, il l'est encore. Et il n'a pas la Marque des Ténèbres.
- Crois-tu que le Lord Noir s'intéressait vraiment à lui ? Il avait les yeux fixé sur Potter depuis qu'il porte des couches.
- Non! Harry n'est pas comme ça.
- Comme tu veux, Draco. Je suppose que tu le connais mieux que moi maintenant.
Clôturant le sujet, Lucius se dirigea vers le bar et se resservit un cognac. Draco reposa le sien. Il était en colère et il ne savait pas pourquoi. Ce que son père disait avait du sens, lui-même aurait pensé ainsi il y a quelques temps. Cependant, il était venu en Bretagne pour prouver le contraire. Il avait confiance envers la personne dont il était tombé amoureux et le fait d'être devenu un Profanateur le prouverait peut-être. Le démontrer avec des faits. Bien sûr, si son père daignait lui dire tout ce qu'il savait sur cette canne qui reposait sur ses jambes. Il le regardait avec tant d'attention qu'il fut surpris de le voire reprendre la parole.
- La question importante Draco, est comment tu as su pour Dumbledore ?
- Tu m'as interdit de parler des Profanateurs, tu m'as ensorcelé pour que ma langue ne fourche pas. Je ne vois donc pas pourquoi je devrais te le dire.
- C'est vrai. Et maintenant tu veux la canne apparemment…
- Tu ne vas pas l'utiliser, n'est-ce pas ? Je ne laisserai pas Serpentard devenir comme Poufsouffle.
- Tu as perdu ta belle morale.
- L'un des miens a été profané. Il n'y a plus aucune morale.
Les yeux de Lucius brillèrent avec fierté et il cacha son sourire en buvant une autre gorgée de son cognac.
- Je crois que tu es prêt.
Aussi surprenant que ce soit, des cachots se trouvaient dans la demeure bucolique de la Bretagne. Draco se demanda si toutes les propriétés de son père en avaient, ce qui devait certainement être le cas car la plupart étaient anciennes. Ils étaient beaucoup plus petits qu'au manoir Malfoy, seulement quelques couloirs, qui débouchaient sur une pièce ronde, dont les murs en pierre étaient recouvert de moisissure et d'herbe. Au centre, il y avait une table en bois et un pupitre où se trouvait un livre aux pages jaunâtres et à la couverture usée. Lucius prit ce dernier avec une grande attention.
- Ce livre vient de Brutus Malfoy qui l'a transmit à son héritier et ainsi de suite jusqu'à ce que ton grand-père ne me le lègue. Il contient tout ce que tu as besoin de savoir et tu devras le protéger de ta vie. Tout comme ton secret.
C'était justement ce qu'il cherchait. Draco tendit la main pour le prendre mais Lucius le reposa sur le pupitre.
- Tu n'es pas encore un Profanateur, Draco. Tu dois prêter serment d'abord.
Le souvenir qu'il avait découvert dans les cachots du manoir Malfoy lui revint en mémoire. C'était là que tout avait commencé, son inquiétude pour cette cicatrice, sa visite dans l'Allée des Embrumes, la découverte de la Pensine, son aïeul agenouillé devant un homme encapuchonné, jurant sur sa vie qu'il changerait celles des autres sorciers ou sorcières. Pourquoi et depuis quand un Malfoy rejetterait un tel pouvoir ? Draco mit un genou au sol et il regarda son père. Pour lui, c'était déjà trop tard et il espérait que ça ne serait pas le cas un jour pour Scorpius.
Lucius sortit sa baguette et la pointa entre les yeux de Draco. Une onde de magie entoura son visage et tourna autour de ses mains.
- Es-tu un vrai Serpentard ?
- Je le suis.
- Fidèle à Salazar ?
- Fidèle.
- Acceptes-tu d'être son Profanateur ?
- Je l'accepte.
- Jures-tu de servir ta mission toute ta vie ?
- Je le jure.
- Qu'il en soit ainsi alors. Je te confie, Profanateur, ton arme du destin.
Draco tendit les mains et il prit ce qui était maintenant sa canne. Les yeux du serpent scintillèrent sous la dernière onde de magie et le serment resta scellé devant la mémoire du Fondateur.
Harry arriva au Chaudron Baveur cinq minutes en avance. Hannah le reçut avec son sourire habituel et avant qu'il ne s'asseye à une table, elle lui demanda de l'accompagner à l'étage jusque dans un petit salon que les commerçants sollicitaient pour négocier et conclure des marchés en privé. Harry était de plus en plus déconcerté. Neville voulait le voir, il disait que c'était important et il préférait maintenir cette conversation secrète. Peut-être que ceux qui affirmaient qu'il était devenu fou après être devenu le Chef de la Maison Poufsouffle n'avaient pas tort.
Ca faisait déjà six ans. Pomona Chourave, vieillie et souffrant de séquelles physiques dû à la guerre, était morte. L'une de ses dernières volontés était que Neville Longdubat reprenne son poste. C'était la première fois que quelqu'un demandait ça. Les Chefs des autres Maison venaient toujours de la même maison; ce n'était pas une loi écrite mais à Poudlard, les traditions tenaient une grande place. Tout le monde reconnaissait la dextérité et les compétences de Neville en Botanique, le fait qu'il s'était toujours entendu avec la Chef de Poufsouffle et son intervention héroïque pendant la guerre, mais la tradition était la tradition et personne n'accueillit avec joie la volonté de Chourave. Les Serpentard se moquaient de ce fait, les Gryffondor se sentaient offensés, les Poufsouffle étaient méprisant et les Serdaigle affirmaient que c'était la chose la plus illogique qu'ils aient vu depuis qu'on avait appris que Voldemort était un métis. Alors que le monde magique rejetait déjà l'idée, Neville leur ferma la bouche en acceptant; ou plutôt, il laissa tout le monde bouche bée.
Malgré l'opinion générale, Harry savait que ses anciens camarades de Poudlard l'avaient très mal pris. Ginny et Hermione n'étaient pas non plus d'accord. Les élèves de Poufsouffle n'avaient pas très bien réagi aussi. Teddy était à Poudlard à cette période là et de ce qu'il lui avait raconté, ils avaient rendu la vie impossible à Neville pendant des mois. Cependant, il avait enduré chaque attaque avec un sourire aimable, il était parti vivre dans les serres et il s'amusait tellement pendant les cours qu'il était difficile de ne pas être contaminé par son enthousiasme. Un an après, presque plus personne ne parlait de ça. Cinq ans plus tard, c'était comme une douleur sourde, toujours présente mais dont on avait finit par s'habituer.
À sept heures pile, Neville entra dans le salon, l'écharpe de Poufsouffle ressortant sur son manteau noir. A cause du symbole présent sur cette écharpe, ses amis Gryffondor ne l'étaient plus trop. Au-delà de ça, il était toujours le même bonhomme souriant. Mais tandis qu'il lui tendait une main, Harry se dit qu'il avait aussi été à la tête de la rébellion de Poudlard et qu'il avait tué Nagini.
- Salut, Harry. Merci d'être venu.
- Salut, Neville.
- Je suis désolé de t'avoir demandé de venir aussi tard. J'avais cours jusqu'à la fin de la journée.
- Il n'y a pas de problème, bien que je reconnaisse que ta lettre m'a surpris.
- Je suppose. Je vais arrêter avec mes mystères, Harry. Je t'ai vu hier à Poudlard, sortir du bureau de McGonagall.
Clair et direct. Et il évoquait le dernier sujet auquel Harry se serait attendu. Tout à coup, sa chaise devint inconfortable et il ne pouvait pas s'empêcher de remuer la jambe.
- Je ne veux pas parler de ça.
- Je sais comment tu te sens.
- Non, Neville. Je suis sûr que tu ne le sais pas.
- Je le sais parfaitement.
Neville tendit son bras droit et il mit sa paume sous la lumière qui pendait au dessus de leurs têtes.
- J'en ai une, comme la tienne.
La peau n'avait aucune marque particulière mais si Harry regardait sa main, il savait qu'il verrait la même chose. En tout cas, il n'arrivait pas à le croire.
- Je ne sais pas de quoi tu me parles.
- De la cicatrice que nous a faite Dumbledore. C'est Chourave qui a découvert la mienne. Je suppose que tu sais ce que ça signifie.
Oui, se dit Harry tandis qu'il regardait le blaireau brodé sur l'écharpe jaune.
Il le savait.
A SUIVRE…
Note : "Quand Neville Longdubat a mis le Choixpeau Magique, il a été tout près d'être un Poufsouffle. En fait, c'était la première option jusqu'à ce qu'il soit destiné à Gryffondor" J.K. Rowling
