Chapitre 10 : C'est réel
Elle resta debout devant la porte durant six minutes entières avant qu'elle ne s'ouvre. Tout ce temps, son esprit tourbillonnait et son coeur cognait dans sa poitrine. Ca lui avait pris une demi-heure, d'arriver chez elle, prendre une douche et réaliser qu'elle n'avait d'autre choix que la réalité. C'était réel et elle ne pouvait pas y échapper. Et pour la première fois, elle ne s'avait pas si elle le voulait. Peut-être qu'elle voulait agir et voir ce qui arriverait.
"Violet ?" La porte s'ouvrit et Addison la fixa, confuse. Ce qui était compréhensible, puisqu'il était aux alentours de 23 heures.
"Salut. Je sais qu'il est vraiment tard. Et nous ne sommes pas amies. Mais j'ai vraiment, vraiment besoin de... discuter."
Addison la regarda une autre seconde avant d'eurouler plus fermement sa robe de chambre autour d'elle et de hocher la tête. "Entre. Est-ce que ça va ?"
Oui. Non. Elle n'était même pas sûr. Allait-elle bien ? Qui appeler lorsque vous vous rendez compte que vous êtes amoureuse de votre meilleur ami ? Oh mon Dieu. C'était réel et elle n'avait aucune idée de ce qu'elle devait faire. Et bien, lui dire. Si seulement c'était aussi facile que ça.
Addison lui fit signe de s'asseoir sur le sofa, puis s'assit à côté d'elle. "Discutons," sourit-elle d'une manière rassurante.
Comment l'exprimer ? "Je crois que je l'aime," dit-elle en fixant ses mains. Non. Elle ne le pensait pas. Elle le savait. Elle savait qu'elle aimait la façon dont il faisait son café, même si c'était légèrement différente de la façon dont elle le faisait. Elle savait qu'elle aimait comment il jouait avec ses cheveux quand ils regardaient un film. Elle savait qu'elle aimait qu'il lui apporte à manger même si elle finissait par cuisiner de toute façon. Et elle savait qu'elle voulait que ce rêve, les matins froid dans le lit, les tintements de métal et oui, même le fait de se dandiner, soit réel.
Sa collХègue rouquine semblait ne pas comprendre. "Bien, d'accord, je veux dire. Vous êtes tous les deux très proche, pas vrai ?"
Elle hocha la tête avec force. "J'aime Cooper. Je l'aime."
"Oh Ouch," lâcha Addison. "J'imagine que tu ne lui as pas dit."
Elle secoua la tête à nouveau, avec un peu moins de force et le regrettant un peu.
"Ca m'est arrivé une fois," dit Addison en réfléchissant.
Violet releva la tête. Avec un peu de chance, ce serait une histoire avec une fin heureuse. "Qu'est-ce qui est arrivé ?"
"Il ressentait la même chose. Nous nous sommes mariés. Nous avons vécus heureux jusqu'à la fin des temps." Elle fit une pause. "Puis j'ai couché avec son meilleur ami et il est tombé amoureux d'une interne à l'autre bout du pays. Mais c'est une autre et très longue histoire."
Elle rit et Addison continua. "Mais comme tu es sa meilleure amie, je ne pense pas que tu auras le même problème."
Violet retint sa respiration. "Tu pense qu'il..."
Elle secoua la tête. "Je ne sais pas. Mais lui parler serait mieux que d'attendre chez toi qu'il se montre sur le pas de ta porte."
Elle se leva, acquiesça et une fois encore pensa à Cooper. Et ne s'y opposa pas cette fois là. "Merci. Je devrais..." Elle jeta un coup d'oeil à la porte. Elle devrait partir et trouver comment dire à son meilleur ami qu'être ami avec lui n'est pas assez.
Addison se leva et sourit. "Bonne chance."
Elle avait reformulé cette phrase 'Je t'aime' de 50 façon différente le temps d'arriver chez elle. Aucune d'elle ne paraissait assez bonne. Comment le dire exactement ? Simplement le laisser échapper ? Oû le mettre par écrit ? Doit-on même utiliser des mots ? L'idée de répéter le baiser pancake réchauffa un peu son coeur.
