Vous auriez pu avoir ce chapitre dès mardi soir si FFnet n'avait pas fait des siennes... Il voulait pas que je publie la suite! -_-

Petite note sur le chapitre : Où la crevartitude s'affiche toutes dents dehors.

Réponses aux reviews anonymes :

Gaëlle : Tu as parfaitement raison, les mots suffisent à créer de la violence et ce que Ron subit est assez fort, il se mange un mur assez énorme dans le chapitre précédent c'est vrai… C'est vrai que devant le flegme de Blaise, il aurait pu vouloir le taper pour se défouler et il en a envie mais il se retient… Le comportement de Blaise est assez étrange mais il devrait être un peu expliqué dans ce chapitre… (un peu, ou pas du tout en fait) lol En tout cas merci pour tes compliments, je m'applique à ce que les personnages ne soient pas idéalisés ni trop lisses et du coup, ça me fait plaisir quand on le note ! Merci pour ta review et bonne lecture !

Jessica : Je suis contente de voir que tu attends toujours avec impatience la suite de cette histoire, je me dis des fois qu'à force d'attendre ou à la longue, les lecteurs vont se lasser et je suis vraiment contente quand je lis des reviews comme la tienne ! Pour les réflexions de Ron, c'est vrai que faire le point sur sa relation ne met pas en valeur les agissements de Blaise… Pas du tout même. Pour Blaise et sa maladie : honnêtement ? C'est de la stupidité à ce stade. Il aurait dû aller chez le médecin tout de suite et… Et pour la confrontation, effectivement, son état a joué dans les réponses qu'il a faites à Ron mais pas seulement… Faut pas exagérer, ça ne justifie pas tout. Eh non, en fait, je crains même que s'il n'avait pas été malade, la confrontation aurait été pire… lol Mais l'auteure aime limiter la casse ! En tout cas voilà quelques éléments d'explication et… Bonne lecture à toi^^

Rikokoo : Merci pour tes compliments ! Oui Ron aime toujours Blaise ! Mais c'est vrai qu'avec ce qui s'est passé, il ne peut décemment pas rester avec lui… Quelquefois, il faut savoir arrêter là les frais avant de souffrir plus… Pour l'irruption de Padma dans la fic, pour être honnête… Moi non plus je ne m'attendais pas à son irruption dans l'histoire mais en fait, ça m'arrange ! lol Merci pour tes encouragements et j'espère que la suite te plaira !

Wonderwall : Pour voir l'évolution de la situation, je te laisse le soin de lire la suite… Est-ce que Padma a un rôle important ? Pas vraiment, mais elle va peut-être éclairer certaines choses… ou pas. lol Pour Ron et le numéro de téléphone, j'ai envie de te dire que c'est lui qui décide maintenant, il est maître de ses choix… À ton avis, qu'est-ce qu'il va faire ? Je suis contente que tu te poses des questions et j'espère que tu trouveras certaines réponses dans ce chapitre… Il décrit l'après-rupture… Bonne lecture et merci encore pour ta review et tes commentaires !

Elliot : Merci à toi pour ta review et pour tes encouragements ! Merci aussi pour les compliments, je suis contente de voir que les lecteurs trouvent cette histoire cohérente et tout^^ ! Merci encore^^ !

Bonne lecture à tous !


Chapitre 10 : Rancune, rancœur, rencard

-Tu connais Blaise Zabini ? interrogea Padma en croisant les bras.

-Oui, répondit prudemment Ron, suivant son regard. (…)

-C'est mon patron, poursuivit Padma tranquillement.

-Pardon ? s'étonna Ron, sortant brusquement de ses pensées.

-Je suis son garde du corps et actuellement, je surveille un peu les alentours…

-Tu es garde du corps ? interrogea Ginny, surprise. Tu ne voulais pas intégrer la brigade de police magique à Poudlard ? se rappela-t-elle.

-J'avais seize ans, répondit placidement la jeune femme. J'ai suivi la formation mais… Ce n'était pas assez bien payé.

-Avec cette réflexion, tu aurais pu devenir tueuse à gages, plaisanta Ron.

-Plus risqué et moins bien payé. Du moins au début, répondit Padma d'un air grave.

Ginny et Ron croisèrent leur regard, se demandant clairement s'ils parlaient bien à Padma Patil, la jeune fille de Serdaigle qu'ils avaient connue. Ils frissonnèrent de concert.

Celle-ci finit par laisser échapper un petit rire.

-Je plaisante ! sourit-elle. Je préfère quand même rester dans la légalité… Et puis, je peux voir ma famille, je cotise et j'ai droit à une retraite vous savez ?

-Pourquoi Blaise a-t-il besoin d'un garde du corps ? demanda Ginny en prenant un nouveau canapé.

-Pose-lui la question directement et il te répondra qu'il se le demande aussi, répondit franchement la jeune femme, haussant les épaules. Mais il reçoit beaucoup de lettres de menaces dues à son activité professionnelle. Il s'est fait quelques ennemis dans le milieu.

-Et donc il t'a engagée, conclut Ginny.

-Pas vraiment, sourit Padma. Je lui suis imposée par son assurance. Il est ravi de ma présence et ne perd pas une occasion de me faire faux bond, ajouta-t-elle d'un ton fataliste. C'est un enfer, conclut la jeune femme.

-Mais tu es là ce soir, objecta la rousse.

-Je le suis toujours. C'est mon contrat.

-Vraiment ? souffla Ron en fronçant les sourcils.

Il ne se souvenait pas l'avoir vue lorsqu'il sortait avec Blaise… Et elle ne semblait pas être au courant de leur récente liaison.

-Sur le papier en tout cas. Il aime beaucoup jouer avec mes nerfs et disparaître, grinça Padma. Une fois il a disparu un week-end entier sans me prévenir et il est revenu le lundi matin comme une fleur, l'air de rien. J'ai cru que j'allais le tuer moi-même.

Ron sentit ses joues rougir et baissa la tête. Il avait bien une petite idée de l'endroit où était allé Blaise ce week-end-là…

-Le pire c'est qu'il me dit qu'il est absent pour raisons personnelles comme si c'était une bonne justification poursuivit Padma sans remarquer son trouble. Je suis censée le surveiller tout le temps et pas seulement quand il travaille mais il n'accepte pas bien le concept…

-Mais il n'est pas en train de travailler, là. Tu dois être soulagée qu'il ne t'ait pas encore semée, intervint Ginny alors que Ron fixait d'un air absorbé ses chaussures.

-Pas du tout. Les relations publiques qu'il entretient font partie intégrante de sa vie professionnelle. C'est souvent dans ce genre d'endroits qu'il noue contact avec ses futurs associés… Tu ne veux pas savoir le nombre de fois où j'ai dû assister à des vernissages ou des inaugurations pour le protéger…

-Ca n'a pas l'air de t'enchanter…

-C'est en soirée et pas toujours à Londres. Subir le décalage horaire peut être épuisant. Heureusement que mon mari est compréhensif. Mais vous ? Vous êtes ici parce que vous connaissez l'exposant ?

Elle parlait tout en gardant un œil sur la salle, surveillant les allées et venues des visiteurs.

-C'est un vieil ami à Ginny, expliqua Ron en hochant la tête, ravi de pouvoir changer de sujet.

-Hé ! protesta la jeune femme en lui donnant un coup de coude. C'est une… vieille connaissance, rectifia-t-elle. Je viens un peu par obligation et pour sortir mon frère et le cultiver un peu…

-Ca doit te changer du quidditch, c'est sûr, le taquina Padma. Heureusement que ce n'est pas un bal, je crois me souvenir que tu n'appréciais pas vraiment la danse…

-Ouais, on peut dire ça, répondit Ron, embarrassé au souvenir de la manière dont il avait traitée la jeune fille à Poudlard. Alors comme ça, tu es mariée ? changea-t-il de sujet.

-Et mère d'un petit ange de deux ans, Abhra, sourit Padma sincèrement.

-Et ta sœur ? Que fait-elle ? enchaîna le jeune homme, se rappelant vaguement du visage souriant de son ancienne camarade de griffondor.

-Elle vit en Espagne, elle est hôtesse d'accueil pour une grande chaîne d'hôtel… Ah, s'interrompit-elle soudain en regardant par-dessus son épaule.

Suivant son regard, Ron vit Blaise qui se dirigeait vers eux de sa démarche assurée et féline. Il craignit un moment qu'il ne vienne pour rappeler à l'ordre Padma mais le sourire aimable qu'il adressa à la jeune femme en les approchant le rassura.

-Je m'en vais, annonça-t-il d'emblée à Padma.

Il leur adressa un bref signe de tête en guise de salut, semblant hésiter entre les ignorer totalement ou faire comme si de rien n'était. Ron pensa que si Ginny n'avait pas été là, il aurait opté pour la première solution mais la présence de sa sœur l'obligeait à un minimum de courtoisie.

Ron l'observa à la dérobée. C'était assez étrange de se tenir si près de lui sans que leurs corps se frôlent ou sans même échanger une parole. C'était comme s'ils étaient à nouveau des étrangers…

-Je rentre directement chez moi donc on se dit à demain au siège ? proposa Blaise à sa garde du corps.

-Parfait, approuva Padma en hochant la tête.

-Blaise, tu prendras bien un canapé pour la route ? suggéra Ginny en lui tendant le plateau, tout sourire.

Ron devina la gêne de son ex plus qu'elle n'apparut sur son visage, masquée par un air malicieux. Il aurait probablement préféré pouvoir s'en aller sans avoir à leur adresser la parole. Ron jeta un regard en coin à sa sœur qui devait se délecter de la situation qu'elle avait provoqué.

-Merci Ginevra, c'est gentil mais je connais le traiteur et ce n'est pas un cadeau que tu me fais en m'en proposant, répondit le brun avec une grimace. Je parie qu'ils sont infects.

-Qui a dit que je voulais te faire un cadeau ? demanda sa sœur en haussant un sourcil.

Ron retint un soupir, pinçant les lèvres. Il aurait dû se douter que Ginny ne laisserait pas passer une occasion de montrer à Blaise son ressentiment à son égard pour la manière dont s'était finie leur relation.

-Hé, ça veut dire que tu voulais m'empoisonner en m'en proposant tout à l'heure ! protesta Padma, visiblement inconsciente de la tension qui venait de s'instaurer dans le petit groupe qu'ils formaient.

-Pas du tout, je t'assure que je les trouve très bons ! répliqua vivement la jeune femme.

-Non mais la réaction de Blaise confirme ce que j'avais déjà observé avec ton frère ! Il en a quand même recraché un dans un pot de fleur tout à l'heure… répondit la garde du corps.

-Ah, je pensais qu'on ne m'aurait pas vu, rougit Ron en passant une main sur son front, cachant ses yeux.

-Tu oublies que je suis ici pour surveiller la salle… sourit Padma, amusée de sa gêne.

-Très élégant, commenta Blaise, caustique. Sur ce je… commença-t-il avant de s'interrompre, fronçant les sourcils. Un instant, s'excusa-t-il en reculant de deux pas, sortant de sa poche son carnet enchanté.

Il le porta à son oreille, prenant un appel. Ron entendit quelques bribes de sa conversation, visiblement en chinois ou dans une langue asiatique qu'il ne connaissait pas plus.

-Tu as recraché un canapé dans un pot de fleur ? fit mine de s'indigner Ginny, se moquant de lui. Mais tu es insortable !

-Je suis quasiment certain qu'il n'y a que Padma qui m'a vu, c'était dans un coin sombre, remarqua Ron d'un ton assuré.

-Encore heureux ! plaisanta Ginny. Dans le genre cassage de mythe, tu te poses là Ronny ! Heureusement que Scott ne t'a pas vu !

-Scott ? répétèrent en même temps Ron et Padma.

Ginny leva les yeux au ciel, prenant l'air désespéré.

-Scott, Ron. L'Adonis qui sera ta future conquête, tu te rappelles ? répliqua-t-elle en pointant du doigt le papier qui dépassait de sa poche de veste.

-Très drôle, fit le roux, haussant les épaules. Elle est vexée parce qu'il lui plaisait mais qu'il préfère les hommes, expliqua-t-il rapidement à Padma, faisant mine de chuchoter d'un air conspirateur.

-En attendant tu as accepté son numéro, minauda Ginny en jetant un coup d'œil évocateur à sa veste.

-Vous êtes impayables tous les deux, rit Padma en secouant la tête.

Elle s'interrompit soudain, fronçant les sourcils.

-Toi, mon vieux, tu t'en sortiras pas comme ça, grinça-t-elle entre ses dents. Blaise ! appela-t-elle comme le jeune homme lui adressait un signe d'au revoir, sur le point de quitter la soirée.

Il se figea dans un soupir et rejoignit le groupe en trois pas.

-Je suppose que vous alliez rentrer directement chez vous, comme prévu, n'est-ce pas ? interrogea-t-elle innocemment.

Ron fronça les sourcils devant le vouvoiement. Ils avaient été à Poudlard ensemble et étaient de la même promotion… Mais en y réfléchissant, c'était logique. Il doutait que ces deux-là aient échangé plus qu'un regard indifférent à Poudlard et le seul lien qui les unissait aujourd'hui était un rapport professionnel. Et Blaise était à la tête d'une multinationale, c'était évident que ses salariés le vouvoyaient et qu'il gardait une certaine distance vis-à-vis d'eux…

-J'en avais l'intention…

-… avant le coup de fil, compléta Padma d'un air blasé. Mais après ? insista-t-elle.

-Je dois faire un petit détour par Taipei, j'ai un associé à voir…

-Et voilà ! Et vous ne m'auriez pas prévenue ! pesta Padma en croisant les bras. C'est quand même incroyable ça ! prit-elle à témoin Ron et Ginny.

-Je voulais vous éviter un prolongement de soirée éprouvant, se justifia le brun en haussant les épaules.

-Commencez par vous les épargner à vous-même, vous avez encore de la fièvre et un voyage à Taipei ne fera que vous fatiguer davantage.

-Vous êtes ma garde du corps et non ma garde-malade, répliqua Blaise d'un ton ennuyé.

Le ton avait été plus froid, rappelant la distance entre eux.

-Tu as de la fièvre ? s'étonna sincèrement Ginny. Je ne l'aurais pas deviné, tu sembles aller plutôt bien…

-Blaise est un excellent menteur, ironisa Ron sans pouvoir s'en empêcher.

-C'est vrai, j'avais oublié ! sembla se souvenir sa sœur en prenant l'air concerné.

-Je ne vois pas pourquoi vous parlez d'excellence, il n'y a pas de bons menteurs, il n'y a que des gens crédules et prêts à croire n'importe quoi, répliqua froidement le brun.

Il soutint le regard furieux de Ron avant de se tourner vers Padma.

-Je dois y aller. Vous m'accompagnez ou je vous laisse en compagnie de ces toiles affreuses qu'un futur pendu ne renierait pas ?

-Je vous accompagne bien sûr, répondit lentement la jeune femme en leur jetant un regard curieux. Je suis payée pour ça, je vous signale.

-Comment l'oublier, soupira Blaise en levant les yeux au ciel. Je vous promets qu'on ne restera pas longtemps, assura-t-il alors qu'il tournait déjà les talons pour sortir.

Padma le laissa la devancer de quelques pas, se tournant vers eux.

-Vous ne vous entendez pas en fait ? leur demanda-t-elle.

-Tu sais ce que c'est, l'ancienne rivalité griffondor-serpentard qui s'accroche, répondit aussitôt Ginny avec un sourire innocent.

-Je vois ça… rit la jeune femme. Je dois y aller, j'espère qu'on se reverra pour parler plus longuement. À bientôt !

Et Padma s'élança à la suite de Blaise, fendant la foule.

-Je ne sais pas ce qui m'a retenu de ne pas l'avoir tué sur place, marmonna Ron entre ses dents.

-Il ne manque pas de culot, c'est certain, approuva Ginny pensivement.

Un sourire malicieux vint prendre place sur ses lèvres.

-Mais visiblement, vous avez les mêmes goûts… ajouta-t-elle, l'air de rien.

-Pardon ?

-Les canapés, les toiles déprimantes… Il pense comme toi, c'en est presque amusant, conclut-elle en croquant dans un nouveau petit four.

-Il a bien fallu qu'on s'entende à un moment donné sur quelque chose, répondit Ron en haussant les épaules.

-Pardon, déclara brusquement sa sœur.

-Pour quoi ? s'étonna Ron.

-Je ne savais pas que Blaise serait là ce soir. Je sais que tu n'avais pas envie de le revoir…

-Hum, pas vraiment non. Mais ce n'est pas comme si j'avais dû le supporter toute la soirée. Je m'en fous un peu à vrai dire, mentit-il.

-Si ça peut te consoler, je peux te dire qu'il a regardé au moins cinq fois le papier qui dépassait de ta veste, fit la rousse en s'accrochant à son bras, posant sa tête sur son épaule.

-Pardon ?

-Il est jaloux ! affirma Ginny, souriant largement. Tant mieux ! Ca lui fait les pieds !

Ron ne répondit rien. Les états d'âme de Blaise ne le concernaient plus.

-Tu vas l'appeler ? demanda sa sœur.

-Qui ?

Ginny poussa un soupir, lui donnant un coup d'épaule.

-Scott, idiot. Tu comptes l'appeler ?

-Pourquoi pas ? répondit Ron d'un air absent en sortant le morceau de papier de sa poche.

C'était sûrement le meilleur moyen d'oublier Blaise. L'encre avait bavé, rendant impossible le déchiffrage du numéro de téléphone et il froissa le papier avant que sa sœur le remarque.

-Peut-être, revint-il sur ses paroles.

-Et voilà, se plaignit Ginny. Je me casse la tête à t'obtenir des rencards avec les plus beaux mecs du coin et tu les dédaignes !

-C'est pour mieux me consacrer à toi ! sourit Ron en haussant malicieusement les sourcils.

Et il préféra soigneusement ignorer la voix dans sa tête qui reliait la magie intuitive de Blaise à cette encre qui avait coulé dans sa poche mystérieusement sans pour autant tacher sa chemise blanche ni sa veste.

L'envie soudaine d'aller demander directement son numéro à ce Scott le prit mais il se retint, serrant les dents. Il savait qu'il ne l'appellerait pas de toute façon. S'il faisait ça, c'était uniquement en réaction à ce qu'avait fait Blaise et…

Il valait mieux que ça.

&&RWBZ&&

-Tu as déjà repris le travail ? s'étonna Draco.

-Tu n'as pas idée du nombre de dossiers qui s'accumulent sur mon bureau.

-Blaise, tu devrais y aller doucement…

-J'ai passé une semaine entière chez moi, il est temps que je reprenne le rythme…

-Tu n'es même pas guéri. Tu es pâle et tu tousses encore. Et ne me dis pas que le frisson que tu viens d'avoir est dû à mon incroyable sex appeal parce que je ne te croirai pas.

-J'ai encore un peu de fièvre, admit le brun. Je ne prends pas tous mes cachets, ils sont trop forts et me font dormir… se justifia-t-il.

-Ca ne te ferait pas de mal, pourtant… J'espère que Weasley prend bien soin de toi au moins…

-Il a rompu, déclara Blaise d'un ton neutre.

-Non ? s'étonna Draco. Et ça va, toi ? demanda-t-il prudemment.

-Tu sondes mon attachement à notre couple ?

-Il a découvert que tu lui mentais ?

-Je pensais être plus discret… répondit vaguement le brun.

Draco leva les yeux au ciel, blasé par la réponse.

-Alors, quel effet ça fait, Blaise ? demanda-t-il finalement.

-Quoi ?

-De perdre à ton jeu favori ?

-Ce n'est pas très agréable, admit Blaise après un silence. Je n'ai pas vraiment perdu d'ailleurs. J'ai en quelque sorte trop bien joué, réfléchit-il comme pour lui-même.

-Qu'est-ce que tu veux dire ?

-Rien, éluda le brun d'un geste vague de la main.

-Qu'est-ce que tu veux faire maintenant ?

-La même chose que chaque nuit, Minus. Tenter de conquérir le monde.

-Si c'est encore une de tes références moldues… siffla Draco, méprisant.

Blaise sourit, hochant la tête.

-Je vais continuer ce que je fais le mieux. Diriger la Marten et aller de l'avant.

-Tu ne vas pas essayer de rattraper le coup avec Weasley ?

-Honnêtement ? Je pourrais lui offrir le monde sur un plateau d'argent, il serait toujours furieux après moi.

-Et il aurait bien raison.

-Je n'ai pas envie de le faire de toute façon, répondit franchement Blaise.

-Lui offrir le monde sur un plateau d'argent ? Merci, ça me rassure, le taquina le blond.

-Rattraper le coup avec lui, corrigea le jeune homme. Il m'a énervé.

-Ta fierté a été ébranlée par le fait qu'il ait découvert tes mensonges ? ironisa Draco.

-En quelque sorte. Tu n'es vraiment pas gentil aujourd'hui, remarqua le brun.

-Je t'avais prévenu que ça finirait mal.

-Tu avais peur que Harry t'en veuille pour mes actions, ça n'est pas la même chose, rectifia Blaise.

-Je parlais aussi pour toi, tu sais ? Weasley, c'est pas le genre à pardonner les crasses qu'on lui a faites.

-Et tu parles en connaissance de cause, bien sûr ? releva le brun, moqueur. Mais ne t'inquiète pas, je ne compte pas écraser ma fierté à ses pieds de sitôt, conclut-il tranquillement.

-Je parie qu'il s'est dit exactement la même chose, soupira Draco en haussant les épaules.

&&RWBZ&&

Ron poussa un juron en reconnaissant le dos de Blaise, présent lui aussi à cette soirée. Le sort semblait contre lui ces jours-ci. Peu importait les endroits où il allait, il finissait toujours par croiser Blaise à un moment ou à un autre.

C'était un vrai cercle vicieux. Il voulait sortir pour oublier Blaise et s'appliquait à changer d'air chaque soirée où il pouvait s'échapper. Mais à chaque fois, il croisait le brun. D'abord à ce vernissage avec Ginny et maintenant à cette soirée où l'avait invité Dean…

Mais ce soir-là pourtant, il eut en quelque sorte de la chance. Il n'eut pas à parler à son ex, ni à se confronter à ses yeux sombres. Blaise ne se rendit même pas compte de sa présence. Ron put deviner le sourire qu'il adressait à son interlocuteur, le langage de ses mains tandis qu'il parlait à cet autre homme dont le roux ne voyait pas le visage.

Mais cette vision disparut brusquement lorsque Blaise transplana sans que Ron ne s'y attende. Il put alors dévisager la personne avec qui il s'entretenait et sa gorge se noua en reconnaissant Geoffrey Melville. Celui-ci intercepta son regard et lui adressa un petit sourire avant de transplaner à son tour, suivant Blaise.

Malgré toutes les bonnes résolutions de Ron, cet instant suffit à lui gâcher la soirée.

&&RWBZ&&

-Vous savez quel est votre problème les gars ? demanda Blaise sereinement.

Milicent haussa un sourcil, tirant une nouvelle fois sur son cigare. Son sourire s'élargit lentement alors que Blaise continuait de parler.

-Vous pensez trop que la vie privée affecte le jeu. C'est une erreur, affirma-t-il, sûr de lui.

-Vraiment ?

-Oh pitié. Vous m'avez fait le même coup avec Geoffrey. Vous avez tous baissé la garde par égard pour je ne sais quel deuil de couple à respecter. Et vous l'avez eu jusqu'à l'os.

-Tu insinues peut-être que tu vas gagner cette partie ? s'enquit Théodore.

-Je vous convie à ma victoire. Quinte flush royale, annonça-t-il en abaissant ses cartes. Je passe premier au score et je rafle la mise. Mes amis, je suis touché par votre sollicitude et votre grandeur d'âme.

Draco jeta ses cartes devant lui, soupirant bruyamment.

-Qui a dit qu'il serait déprimé ce soir ? grinça Vincent en jetant à son tour ses cartes.

-Tu as bien rompu avec Weasley, non ? s'assura Milicent, fronçant les sourcils.

-Non. Pour être tout à fait exact, il a rompu avec moi, rectifia Blaise. Pansy, je crois que tu me dois quelques gallions, ajouta-t-il en prenant l'air triste, regardant les chiffres qui s'inscrivaient à l'encre enchantée sur le parchemin posé au centre de la table.

-Quelques gallions ? marmonna-t-elle en voyant les zéros s'aligner les uns derrière les autres. Une fortune, oui.

-Les bons comptes font les bons amis, sourit Blaise en haussant un sourcil évocateur.

-Pour quelqu'un qui sort d'un congé maladie et qui vient de se faire larguer, tu tiens la forme, insinua Milicent en le regardant du coin de l'œil.

-S'il ne l'avait pas fait c'est moi qui l'aurais quitté, affirma le brun en haussant les épaules.

Il alluma une nouvelle cigarette et tira une longue bouffée, fermant les yeux de contentement.

-Tu l'aurais quitté ? répéta Pansy, sceptique.

-Parfaitement, approuva Blaise.

-C'est ce qu'ils disent tous, se moqua clairement Milicent.

-Dites les filles, c'est le ressentiment d'avoir perdu qui vous fait agir si mesquinement ou c'est juste votre nature ? fit mine de se questionner Blaise.

Il expira un nuage de fumée, grimaçant un sourire ironique.

-Je retire ma question, c'est votre nature, affirma-t-il avant qu'elles aient le temps de répliquer.

-Pas si indifférent que ça à ta récente rupture, hein ? demanda Milicent.

-Je ne suis pas indifférent, corrigea tranquillement Blaise. Je suis en colère. Déçu. Avec une petite majorité pour la colère.

-Et une chance de cocu pour le poker, compléta avec flegme Théodore.

-Il t'a trompé ? Il te quitte pour un autre ? demanda brusquement Pansy.

-Ce n'est pas de la chance, c'est du talent, signala obligeamment Blaise. Et non, il n'a personne d'autre.

-Hum, c'est pire dans un sens, constata Milicent.

-Pour le moment en tout cas, répondit vicieusement Théodore.

-Alors, c'est fini ? demanda Draco en haussant un sourcil.

-Pas de regret ? interrogea Gregory.

-Je devrais en avoir ? questionna Blaise, surpris.

-Si c'était le cas, tu ferais mieux de te dépêcher parce qu'un gars pareil ne reste pas longtemps célibataire, répondit simplement Vincent.

-Ca me tue de l'admettre mais il n'a pas tort, ajouta Milicent. Weasley bénéficie d'un beau statut et n'est pas vilain… Rien que dans son équipe de quidditch, il doit avoir pas mal de prétendants…

-C'est ridicule, il ne sortirait jamais avec un membre de son équipe, ce serait… non-professionnel, rétorqua Blaise.

Pansy hocha la tête gravement comme pour approuver ses dires.

-Tu es encore accro, affirma-t-elle avec un sourire moqueur.

-Oh pitié, ça veut dire qu'on va assister à un magnifique replâtrage en direct ? grimaça Gregory.

-Pas sûr, la fissure est plutôt importante d'après ce que j'ai compris, lui confia peu discrètement Théodore.

-Mais je serai vexé s'il me remplaçait aussi vite, ajouta Blaise en s'étirant nonchalamment.

-Vexé ou jaloux ? demanda insidieusement Milicent.

Ses amis rirent de concert, faisant soupirer le brun.

-Il semble l'avoir déjà fait en fait, marmonna-t-il en repensant au numéro de téléphone entraperçu dans la veste du roux.

&&RWBZ&&

Ron émit un rire nerveux en constatant la présence de Blaise dans le bar. Décidément. C'était de l'acharnement à ce stade. Il y avait vraiment quelqu'un là-haut qui lui en voulait, c'était pas possible autrement.

Il répondit d'un mouvement de la main à ses collègues qui l'attendaient accoudés au comptoir.

-Capitaine ! Tu es venu au rendez-vous ! s'exclama Dino en le voyant arriver.

Ron lui rendit son sourire ironique, levant les yeux au plafond.

-Je t'en prie, appelle-moi simplement Ron, plaisanta-t-il en les rejoignant.

Il accepta de bonne grâce la bière que les joueurs lui tendirent quand il s'assit à leurs côtés.

-Alors, qu'est-ce que tu en penses ? demanda Dino en lui montrant les lieux d'un geste ample.

Le bar était éclairé de lumières tamisées, le décor était discret mais raffiné. Les tables étaient assez éloignées les unes des autres, garantissant une certaine intimité. Les canapés en cuir noir renforçaient le confort et la sobriété du lieu.

-J'avoue que c'est plutôt agréable, pas mal comme endroit… approuva Ron en hochant la tête.

-Ca fait des mois qu'on te dit de venir ! C'est génial ici, l'ambiance est feutrée et on peut parler tranquillement… C'est assez select pour filtrer les fans et tu es assuré de ne trouver aucun journaliste ! La planque idéale ! assura Marc.

-Je vois, je vois, sourit Ron en faisant distraitement tourner sa choppe devant lui, se perdant dans ses pensées.

Il pouvait voir Blaise du coin de l'œil converser avec un autre homme autour d'un verre, non loin d'eux. Visiblement, il n'avait pas remarqué sa présence ou faisait mine de l'ignorer.

-…ment-là, il avait qu'à récupérer le souaffle et l'envoyer au batteur ! Franchement, qu'est-ce qui lui a pris de vouloir marquer lui-même ? demandait Aline.

-Un excès de confiance en lui ? suggéra David.

Devinant à la conversation qu'ils étaient de train de commenter le dernier match de quidditch des Tornades de Tutsill, Ron émit un rire. Ce pauvre Marga était au centre des discussions depuis qu'il avait fait rater un point décisif à son équipe en quart de finale.

-Vous vous acharnez les gars, mettez-vous à sa place… Non, ne le faites pas, rectifia-t-il après une seconde de réflexion. Mais soyez compréhensifs, ça peut arriver à tout le monde… tenta-t-il d'expliquer.

-Mais pas à nous ? compléta Aline.

-Tu lis dans mes pensées, je t'adore ! déclara Ron en lui adressant un clin d'œil. Non mais sérieux, le pauvre doit se sentir assez mal comme ça, pas la peine d'en rajouter une couche…

-Ah mais il ne nous entend pas, il n'y a pas de problème, cap'taine ! répliqua Dino tout sourire.

L'éclat de rire général qui suivit rendit Ron mal à l'aise, conscient que le bruit attirerait forcément l'attention sur le petit groupe qu'ils formaient. Blaise n'était pas loin et…

Ron s'efforça de sourire, voulant profiter du rire et de la légèreté de ses collègues. Il jeta un coup d'œil à la table de Blaise où les deux hommes semblaient discuter avec animation, échangeant quelques rires.

Blaise semblait être à l'aise et Ron devinait aisément que l'autre homme tombait sous son charme. Irrité par la scène, il s'en détourna un peu vivement, renversant au passage sa chope de bière. Le contenu se déversa intégralement sur son tee-shirt et il grimaça, s'attirant les rires de son équipe.

-Ce n'est pas la meilleure solution pour être imprégné d'alcool cap'tain ! se moqua Dino. C'est comme ça qu'il faut faire, ajouta-t-il avant de lever son verre et d'en boire une longue rasade.

Il lui adressa un sourire ravi quand il reposa sa bière.

-Merci du conseil, je vais aller éponger tout ça, répliqua Ron. Oh, et Dino, dit-il comme il s'éloignait du bar, se retournant pour le regarder. Tu me feras vingt tours de terrains demain matin, d'accord ?

La tête du joueur qui fit suite à sa réplique le fit sourire et il se dirigea vers les toilettes, satisfait. Le rire de l'homme en face de Blaise résonna à ses oreilles et il tourna la tête dans leur direction, s'immobilisant. Il savait que ce qu'il allait faire était une bêtise mais…

Avant d'avoir eu le temps de se raisonner, il était devant leur table, fixant l'homme et admettant malgré lui sa beauté.

-J'espère que vous ne croyez pas tout ce qu'il vous dit : il ment comme il respire. Il a l'air sincère c'est vrai mais… il ne l'est pas, l'avertit Ron brusquement. Il ne l'est jamais.

Il tourna les talons et poursuivit son chemin, soulagé d'avoir dit ce qu'il avait sur le cœur. Il n'avait pas adressé un seul regard à Blaise, de peur d'y lire une éternelle moquerie à son égard.

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Un léger silence suivit la déclaration de Ron et l'homme le regarda s'éloigner, interloqué par ce qui venait de se passer.

Blaise ferma les yeux, cherchant à chasser la colère qui montait en lui. Il émit un léger rire et sourit au journaliste qui lui faisait face, haussant les sourcils.

-Comme vous le voyez, je me suis aussi fait quelques ennemis… tenta-t-il de plaisanter.

-Des ennemis personnels et pas des moindres. N'était-ce pas Ron Weasley, le capitaine des Canons de Chudley ? Une antipathie qui remonte à l'école de Poudlard, je suppose ?

Blaise hocha la tête, reconnaissant de la porte de sortie qui lui était offerte.

-Tout à fait. Ces guerres entre maisons… Ca laisse des traces… conclut-il en prenait l'air fataliste.

-Vous semblez lui avoir laissé un souvenir impérissable. Il a la rancune tenace.

Se raclant la gorge, Blaise prit une discrète inspiration.

-Quelques petits tours ici et là, éluda-t-il d'un geste de la main.

-En tout cas, vous êtes plutôt clément avec lui. Vous auriez pu l'empêcher d'être à son poste…

Blaise poussa une exclamation de choc, feignant la surprise.

-Oh ! Mais pour qui vous me prenez ? demanda-t-il. Non loin de moi cette idée ! Je ne peux pas laisser mes sentiments personnels décider de l'avenir d'une équipe de quidditch ou d'une succursale de mon entreprise… En plus d'être contre-productif, ce serait une énorme erreur de ma part de penser ainsi, appuya-t-il fermement.

-J'imagine. Mais quand on possède votre pouvoir…

-… que vous exagérez toujours, compléta Blaise en secouant la tête. À vous entendre, je suis un quasi-dieu arbitraire et cruel qui dirige ses salariés comme des pantins, sourit-il d'un air désabusé. J'ai sous ma direction des hommes et des femmes qui travaillent pour ma société, c'est vrai, mais je n'en abuse pas et j'obéis aux mêmes lois que vous. Ni plus, ni moins.

La conversation revint sur les stratégies managériales de la Marten et Blaise put souffler un peu, heureux d'avoir fait dévier le sujet de Ron. L'intervention du jeune homme lui restait en travers de la gorge, d'autant que ce n'était pas la première fois que de telles paroles arrivaient aux oreilles de la presse.

Il avait eu droit à une longue conférence deux jours auparavant à cause d'un article dans un journal à scandale qui citait une source anonyme le descendant en flèche. Ses avocats s'étaient jetés sur l'affaire en constatant qu'il y avait des répercussions sur le marché de la bourse suite à cette publication. Diffamation, dommages et intérêts… Et lui avait eu droit à un long sermon l'exhortant à surveiller son entourage et leurs déclarations.

Blaise répondit encore à quelques questions avant de s'excuser auprès du journaliste pour aller se rafraîchir le visage un instant aux toilettes. Poussant la porte des sanitaires, il se figea en voyant Ron, torse nu au-dessus d'un évier, lavant visiblement son tee-shirt.

Serrant les dents, il se dirigea droit sur lui alors qu'une vague de colère le submergeait. Ron se retourna en le voyant dans la glace et lui fit face, son visage à quelques centimètres à peine du sien.

-Quoi ? demanda Ron d'un ton insolent.

Ses yeux bleus le fixaient avec mépris, provocants. Blaise sentit ses mains trembler alors qu'il tentait de reprendre le contrôle de lui-même.

-Tu trouves peut-être ce petit jeu amusant mais il peut avoir de lourdes conséquences pour moi. Tu ne t'en rends peut-être pas compte mais si tu continues à me descendre publiquement, c'est l'image de la Marten que tu risques d'écorner, déclara-t-il d'un ton contenu.

-Et alors ? Tu ne veux pas que les gens devinent à quel point tu es pourri ? C'est trop facile de se cacher derrière son entreprise…

Les yeux de Blaise glissèrent malgré lui sur les lèches charnues de Ron, son sourire ironique et sa bouche crispée en un rictus cruel. Son regard descendit plus bas encore, conscient du torse nu et trop proche du jeune homme.

Le visage de Ron se troubla comme il revint à lui et Blaise ne put que constater une fois de plus à quel point il était facile de lire les émotions qui traversaient son visage. Il sentit son souffle contre lui et il s'avança imperceptiblement vers le jeune homme.

Leurs lèvres se rapprochèrent et Ron initia le baiser, imprimant la violence de sa passion en lui, se collant à son corps. Sans réfléchir plus avant, Blaise s'enivra de ce baiser, retrouvant l'arôme et la texture des lèvres qui lui avaient manqué, y répondant avec la même ivresse que Ron. Ses mains vinrent s'accrocher à ses épaules comme leurs langues jouaient ensemble, électrisant tout son corps. Les doigts de Ron se crispaient sur son crâne, effectuant une pression comme pour sceller leurs bouches ensemble.

Ils rompirent le baiser, gardant leurs front collés l'un à l'autre, reprenant leur souffle. Ron tourna la tête, les yeux clos, laissant les lèvres de Blaise frôler sa joue, s'appuyant contre sa peau. Blaise l'embrassa, cueillant son parfum de sa bouche. Ron haussa légèrement les épaules, incitant le brun à descendre lentement ses mains dans son dos alors que sa joue caressait sa peau doucement. Laissant son nez dériver dans le creux de ses fossettes, Blaise baisa la commissure des lèvres du roux, fermant les yeux à son tour. Il sentit les doigts de Ron se crisper contre lui comme leurs lèvres se cherchaient sans entamer réellement la danse.

Et soudain, ses deux mains quittèrent ses cheveux et vinrent se plaquer contre son torse, le repoussant avec force loin de lui. Sous la surprise, Blaise dévisagea Ron sans rien dire, les lèvres encore rouges de leur baiser, les yeux encore ardents.

Le roux avait les dents serrées et s'obstinait à fixer le sol, évitant son regard. Il semblait tout aussi bouleversé que lui par ce qui venait de se passer. Mais lorsque Ron releva la tête, seule la rancune se lisait sur ses traits, ramenant Blaise à la réalité. Il fronça les sourcils, se rappelant la raison de leur altercation. Ce qu'il voulait lui dire.

Il fit un pas en avant, serrant les poings en se souvenant de l'ironie et du pli cruel que pouvaient former les lèvres de Ron. Ses insinuations sur ses mensonges devant le journaliste et l'article aussi, qui pouvait avoir des conséquences importantes pour l'image de la Marten.

-Je ne te laisserai pas salir tout ce que j'ai bâti parce que tu n'es pas capable de surmonter une rupture que tu as toi-même initiée, siffla-t-il quand il fut certain que sa voix ne trahirait pas son trouble, plissant les yeux. Et je te signale au passage que ton avenir dépend du mien, que tu le veuilles ou non.

Ron le regarda un moment sans répondre, semblant ne pas comprendre ce qu'il venait de lui dire mais très vite, la rage vint ranimer ses prunelles.

-Et ça, ça te fait bien plaisir, hein ? constata Ron d'un ton sinistre. Que quelqu'un ne clame pas que tu es un dieu vivant te contrarie peut-être ? Ca te fait perdre des points au FTSE 100 ?

-Ne t'avise pas de recommencer ou je fais en sorte que tu portes toute ta vie durant un maillot où le nom de la Marten s'étalera en larges lettres pour te rappeler dans quelles mains tu manges ! le menaça Blaise, énervé que la dernière remarque vise aussi juste.

-Tu es vraiment… s'exclama le roux, au bord de la crise.

Il avala difficilement sa salive, ses yeux brillants fortement comme l'émotion semblait lui nouer la gorge.

-Je suis surpris que tu ne m'aies pas encore remplacé par Melville. Son transfert ne devrait pas beaucoup te coûter, hein ? rétorqua amèrement Ron.

Blaise ferma les yeux, soupirant malgré lui. Toute sa colère était brusquement retombée et il secoua la tête, reculant légèrement de surprise devant cette constatation. Il se souvint du journaliste et tourna les talons, plantant là Ron. Croisant le regard de Padma, il la rassura d'un hochement de tête et rejoignit l'homme qui l'interviewait avec la ferme intention de terminer leur entrevue rapidement.


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Un chapitre qui décrit l'après-rupture, avec les mots qu'on peut dire à ses amis quand ils s'interrogent sur les pourquoi… Et comme partout, il y a des soutiens et des boulets parfois.

À suivre : Chapitre 12 : Rencontres provoquées