Hello le monde : J'espère que vous passez de bonnes vacances et que ce chapitre vous plaira !

Passez une bonne journée et n'hésitez pas à me donner vos avis !

Enjoy ! Yelrak.

Kurt regarda ce garçon, décidément de plus en plus intéressant à mesure que le temps passait, s'arrêter en plein mouvement. Il avait les yeux rivé sur un dessin.

Kurt sourit.

-Tu en penses quoi ?

Pas qu'il se souciait de ce que ce gars un peu coincé pouvait dire sur ces dessins. Il se le demandait. Non, même pas... Il voulait passer le temps. Oui, c'était ça.

Kurt avait fait ce dessin le jour où il s'était fait viré du lycée. Il n'avait même pas attendu la nuit, il avait sorti sa bombe, et attendu qu'on vienne l'arrêter. Emmenez-moi, se rappelait-il avoir eu envie de hurler. Emmenez-moi, et déchargez-moi de cette vie qui pèse trop lourd, déchargez-moi de celui que je suis, et de celui que je ne pourrais jamais être. Mettez-moi les menottes, plaquez-moi contre le mur, faites tout et plus encore. Faites-moi mal, mal, mal, ça n'aura rien à voir avec ce que je ressens déjà.

Justement, c'était ce que représentait le dessin. Des menottes, serrées sur des poignets blancs, striés de cicatrices, marqués de bleus, salis de sang.

Puck n'avait rien écrit en-dessous, ni au-dessus. C'était la première fois que Kurt le voyait à court de mots. Il lui avait donné une tape sur l'épaule.

«Ça ira.», il avait dit.

En y repensant, Kurt voulut se demander si ça allait. Il ne trouva pas de réponses.

-J'aime bien.

Perdu dans ses pensées, il avait oublié la présence de Blaine.

« J'aime bien » ? Sérieusement.

-Avis très fondé, maugréa-t-il avant de s'écarter pour continuer de suivre Puck.

-Avis très fondé, maugréa Kurt.

Dès que ces mots plein de dédain avaient franchi ses lèvres, Blaine sentit une colère noire bruler dans ses veines.

Il voulut savoir pour qui se prenait ce looser de seconde zone, sans amis, sans avenirs, sans rien que Blaine n'ait la possibilité d'avoir.

Il n'était vraiment pas sûr de bien aimé ce garçon. Il avait l'air de se sentir tellement plus, tellement mieux, tellement arrogant.

Mais d'un sens, peut-être l'était-il. Et si c'était le cas, Blaine crevait soudain d'envie de le savoir.

-Tu veux un avis fondé ?

Kurt se retourna, légèrement surpris, mais en rien déstabilisé.

Il croisa ses bras sur son torse.

-On dirait, oui.

Blaine se sentit baisser les yeux, effrayé, capturé, coincé dans cette conversation qui ne lui plaisait pas, bloqué dans ce corps qui ne lui convenait pas.

Il doutait grandement de sa capacité à parler, à discuter, à prendre des lettres pour leur donner l'aspect de mots, pour leur donner un sens. Il doutait grandement d'être né comme il l'aurait dut, là où il l'aurait dut, quand il l'aurait dut. Blaine sentit le monde tanguer, et trembler, et perdre le peu de signification qu'il pouvait parfois avoir.

C'était pour ça qu'il brulait le verre. Pour se fixer un point d'accroche dans ce monde qui tournait trop vite. Il regardait partir en fumée tout ce qui le coinçait, tout ce qu'il ne savait pas faire comme les autres.

Il n'osait plus regarder Kurt, et voulut passer à côté de lui pour retrouver Rachel, perdue quelque part dans les dédales du hangar.

Kurt posa sa main sur son bras, le retenant, avant de parler d'une voix étrangement douce :

-Je t'écoute.

Blaine, surpris, se détourna. Il regarda une nouvelle fois le dessin. Il ressentit un mélange de beaucoup d'émotion, un mélange chimique, furieux, bouillonnant, différent de tout ce qu'il avait pu ressentir auparavant.

-Ce que j'en pense… Je pense qu'il a peur. Il serre les poings, comme s'il était en colère, mais il n'en a même plus la force. C'est un appel à l'aide.

Blaine se perdit dans le labyrinthe de ses idées. Il aurait sans doute pu s'arrêter là, mais s'en sentait soudain incapable.

-On peut voir au travers des menottes, comme si elles étaient en verre. Ça me laisse penser qu'il peut s'enfuir, à tout moment, mais qu'il n'en a ni l'envie, ni le courage

Il termina, l'air sombre :

-Ce ne sont pas les menottes qui le retiennent. Il s'interdit de bouger, d'agir. Il s'interdit de vivre.

Blaine baissa la tête et passa à coté de Kurt, cette fois sans qu'il ne cherche à le retenir.