Le bruit et la fureur
Il vit de ces trop rares instants de clarté où le bruit et la fureur du monde forment soudain une mélodie, où les pièces multiples et disparates s'assemblent parfaitement dans un comment et un pourquoi limpide, où le puzzle fait sens et où pour quelques secondes bénies la clameur dans son esprit s'apaise, le trop plein d'informations passe au second plan.
La drogue au contraire émousse ses sens et son esprit, fait se tarir le flot insupportable. C'est un rempart imparfait peut-être, qui à ses inconvénients. Mais rester seul avec lui-même est parfois bien pire.
L'esprit de Sherlock n'est pas un endroit plaisant.
La perfection n'existe pas aux yeux de Sherlock. Il perçoit tout avec bien trop d'acuité pour se laisser berner par des apparences toujours trompeuses. Que ce soit sur les plans moraux ou esthétiques il voit toujours les coins d'ombres, les ridules habilement dissimulées, les kilos perdus ou gagnés au prix d'un régime draconien, tous les manquements, les imperfections, les masques et leurs impuretés.
John ne fait pas exception à la règle bien entendu, John avec ses cicatrices et son sens moral parfaitement sain qui l'autorise à faire feu pour tuer, John et ses myriades de lacunes et d'hésitations, ses approximations banales.
Ca ne l'en rend que plus fascinant.
