Loki mit un moment à se calmer. Non, c'était faux. Il n'arrivait pas à se calmer. Il sentait vaguement qu'il glissait à toute vitesse entre les dimensions, mais c'était uniquement grâce à la minuscule partie de son esprit qui n'était pas consumée par la panique. C'était ridicule, il savait que c'était ridicule, mais non, il ne se calmait pas. Le brun aurait sans doute continué sa course folle encore un bon moment s'il n'avait pas littéralement percuté une masse solide sur son chemin. Il faillit rebondir, mais eut le réflexe se se raccrocher à ce qu'il venait de rencontrer. Il lui fallut plusieurs secondes et un coup de naseaux dans le dos pour comprendre qui venait de l'arrêter.

« Sleipnir ? »

Un hennissement soulagé (et agacé) lui répondit. Loki se raccrocha un peu plus fort à son fils, l'adrénaline retombant.

« Tu ne peux pas savoir à quel point je suis heureux de te voir mon petit. »

L'énorme étalon inclina son encolure et leva un antérieur pour les enrouler autour de sa mère. Loki avait dut mal avec les petits noms affectueux, et le fait de les utiliser montrait à quel point il avait été secoué. Le dieu se laissa 'enlacer' un instant, avant de se secouer.

« Ne restons pas ici, c'est dangereux pour toi. »

Le cheval gris secoua la tête et poussa le dieu brun contre son flanc en pliant légèrement les jambes. L'intéressé compris le message et se hissa sur le large dos.

« Allons à Svartalvheim pour le moment. »

Sleipnir hennit pour exprimer sa surprise et bondit. Les pouvoirs de Loki les avait guidé dans un coin tranquille, et le dieu se laissa glisser sur ses pieds.

« Je n'ai que peu de temps... »

Son fils se tint tranquille. Le dieu se concentra et ouvrit les mains. Une mince nuée gris sombre s'en échappa et les nimba tout les deux avant de se fondre dans leurs ombres. Voilà qui empêcherait Heindall de lui mettre la main dessus. Il se rapprocha de l'étalon et lui caressa les naseaux. Sleipnir, ravi, appuya sa tête contre la longue main de son géniteur, soupirant d'aise. Il ne savait pas ce qui lui valait cette démonstration d'affection, mais il n'allait pas la laisser passer.

Deux heure plus tard, Sleipnir avait été mis au courant des derniers événements par un Loki bien plus secoué que ce qu'il laissait paraître, et fit mine de ne pas se rendre compte des yeux humides de sa mère. Il y avait effectivement de quoi avoir besoin de réconfort, et le dieu n'avait pas cesser une seule secondes ses caresses. L'étalon mordilla doucement l'épaules paternelle, ce qui lui valut un sourire. Lui-même avait fait de son mieux pour expliquer comment il s'était retrouvé entre les mondes à chercher son père depuis quatre ans, mais le langage équin manquait un peu de vocabulaire dans ce cas précis. Loki avait compris l'essentiel, c'était déjà ça. Le dieu songeur parut prendre un décision.

« Je dois m'occuper de Sigyn. Je lui dois bien ça. »

L'étalon n'était pas sûr que cela soit une bonne idée (ni ce qu'il avait voulu dire avec ce gentil coup de dent, mais bon, l'esprit de sa mère...), mais il était d'accord sur le fait que la femme de son père méritait qu'ils lui rendent hommage. Loki se remit en selle. Le cheval et son cavalier replongèrent à travers les mondes et surgirent dans le 'petit' salon d'une déesse stupéfaite. Sigyn se dressa hors de son fauteuil.

« Mais qu'est ce que vous faites là ! Partez toute de suite ! »

Loki ignora superbement ce cri et lui pris les mains en douceur. Les gants de daim fins fondirent, révélant une peau douce dénuée de cicatrices. La jeune déesse dut s'y reprendre à deux fois pour retrouver sa voix.

« Tu es complètement fou. »

« Je sais. »

« Si tu es repris... »

« Tu ne me pardonnera jamais. »

Elle récupéra ses mains et esquissa un geste pour lui toucher le visage. Le semi jotun eut un petit sourire en coin. La déesse le fusilla du regard.

« qu'est ce que tu fais encore là ? Disparais ! »

Loki éclata de rire et sauta sur le dos de Sleipnir, qui poussa un puissant hennissement avant de disparaître.

Un peu plus tôt, au Palais.

Heimdall avait vu un truc. Oh, d'une façon très fugace, une poignée de secondes, pas plus. Il n'en n 'était même pas sur, en fait. Il avait du cligner des yeux. Il faut savoir que le Gardien d'Asgard clignait très rarement des yeux. C'était dangereux, des statues pourraient en profiter pour bouger. Mais bon, ce sont des choses qui arrivent. Une poussière et pouf, on crois voir des choses. Mais il avait des instructions précises. Mais il ne voudrait pas déranger son roi pour rien. Surtout que depuis la fuite de Loki, Frigga était d'une humeur dangereuse... Il tergiversa un moment, et fini par se décider. Il quitta son poste d'observation pour rejoindre le Palais, avançant calmement jusqu'à la salle du trône. Il demanda audience et s'arma de patience.

De l'autre côté des portes d'Or, Odin jouait aux échecs avec sa tendre épouse, et se faisait proprement laminer... Pour la dixième fois de suite. Le roi d'Asgard en était encore à se demander si elle appréciait ses victoires ou les considérait comme autant d'affronts personnels. Un jeune héraut prit son courage à deux mains et vient le prévenir de la présence d'Heimdall au moment où Frigga lui infligeait sa onzième défaite consécutive. Bien bien bien. Odin coucha sur le côté la pièce le représentant sur le plateau et sourit bravement à sa déesse préférée. La-dite déesse ne parue pas adoucie pour autant. Le dieu borgne retint un soupir et demanda à ce qu'on laisse entrer le Gardien. Heimdall s'inclina respectueusement en entrant, saluant les deux souverains avec respect. Il s'adressa ensuite à son Roi avec un visage de marbre.

« Votre Altesse, j'ai cru percevoir une perturbation du côté de la terre des nains. »

Odin se pencha légèrement en avant intéressé par l'étrange nouvelle.

« Tu as cru... ? »

« C'est que j'avais comme une poussière dans l'œil, mon roi. »

Frigga laissa échapper un 'humf !' dédaigneux, croisant les bras. Depuis quand son butor d'époux et Heimdall revenait à leur vieux codes ? Odin se tourna vers elle.

« Ma très chère reine... Si vous pouviez... »

Frigga se leva dignement et sortit de la pièce d'un pas légèrement raide. Ah ils voulaient se débarrasser d'elle ? Ils allaient voir...

Odin attendit que la porte se referme avant de se tourner vers le Gardien.

« Vous l'avez réellement vu ? »

« Une poignée de secondes mon roi. Il s'est presque aussitôt dissimulé dans les ombres. »

« Bien... »

Le roi d'Asgard paraissait pensif. Il se passa une main sur le visage, rajustant ans y penser le cache-oeil dissimulant son orbite vide.

« Il pourrait être n'importe où... »

« Tout à fait moi roi. »

L'asgardien aurait pu jurer avoir aperçu une lueur fugace dans l'œil d'Odin. Il s'apprêta à se retirer lorsque le seigneur borgne eut un léger sursaut, articulant une question silencieuse. Quelques instants plus tard, un garde du palais surgissait dans la pièce, rouge et essoufflé.

« Votre Majesté ! Une brèche dans les boucliers... Chez la dame Sigyn... »

Heimdall échangea un regard avec son vieux compagnon d'arme. Tout d'eux avaient l'air soudainement fatigués. Le roi se leva un rien pesamment hors de son trône et descendit lentement les marches de l'estrade. A la plus grand confusion du garde, il ne se dirigea pas vers les portes extérieurs, mais vers celle des appartements royaux. Le pauvre soldat tenta de protester d'une voix faible.

« Votre majesté... »

« Souhaiterai-tu que ton roi affronte un dangereux magicien sans sa lance ? »

Le gare se sentit très, très petit.

« Non votre majesté. »

Odin entra dans les appartement qu'il partageait avec Frigga. Comme il s'en doutait, sa lance était introuvable. Il alla légèrement toquer à la porte dissimulant la salle de bain, et entendit un bruit d'eau avant que la voix irrité de son épouse ne travers la paroi de métal.

« Quoi ? »

« Ma douce, aurait tu par hasard une idée d'où ma lance pourrait se trouver ? »

« Ce que tu fais de tes affaires ne me regarde pas, vieux borgne ! Si tu ne compte pas venir te faire pardonner, laisse moi finir mon bain en paix ! »

Odin fut tenté. Mais il avait autre chose sur le feu. Avec un pincement de regret, il s'éloigna de la porte. Où pouvait bien être cette lance ? Il devinait l'attroupement de gardes qui était sans nul doute en train de se former dans la salle du trône. Il soupira et esquissa le geste de frapper le sol avec une hampe. Sa lance apparut entre ses doigts, et il entendit distinctement le glapissement de surprise, dans la salle de bain. Sans s'y arrêter, il retourna dans la salle du trône. Ses enfants allaient avoir sa peau.

Odin prit la tête de la petite équipe après avoir échanger un regard ironique avec Heimdall, et ils se rendirent dans les appartement de la femme de Loki. Le dieu ouvrir la porte sans frapper, le fracas des armures ayant depuis longtemps annoncé leur présence. Sigyn se tenait debout devant son fauteuil favori, les mains enfouies dans les plis de sa jupe crème. Ses joues étaient un rien trop rose et elle le fixait avec une lueur de défi au fond des yeux. Le roi borgne entra lentement, goûtant l'air. Les gardes du palais se glissèrent derrière lui. Il leva la main pour les arrêter.

« Ce n'est pas Loki. »

Les yeux de la jeune déesse outragée s'agrandirent imperceptiblement. Odin continua, imperturbable.

« Non, je sens bien là l'empreinte du Tecceract, mon joyau volé. Thor est venu ici. »

Il pivota vers Sigyn, sévère.

« Que complotez vous, tout les deux ? »

Il aurait tout aussi bien pu déchaîner le feu de Nidhögg. La brune serra les poings.

« QUOI ?! Moi, comploter avec votre balourd de fils ?! Mais c'est LUI qui me harcèle ! Il me harcelait déjà lorsque j'essayai de préserver mon époux de cette punition inique, et maintenant qu'il a réussi à s'enfuir, il crois pouvoir continuer ?! »

Odin failli sourire. Failli seulement.

« Cela m'attriste au delà de toute mesure, mais je vais devoir faire quelque chose. »

Il salua la jeune déesse et quitta la chambre, laissant une Sigyn complètement interloquée. Le père de toutes choses retourna sur son trône, traînant derrière lui les gardes comme une meute de chiots. Un peu perdu, d'ailleurs les chiots. Il s'installa et promenant un regard chagriné sur l'assemblée clairsemée.

« Peuple d'Argard ! Aujourd'hui, mon fils et héritier, Thor, a tenté de s'introduire dans le Palais à l'aide d'un artefact volé. Je ne puis cautionner ce comportement négligent. Aussi, je suis au regret de le décréter Banni, Pour les dix prochaines années, en espérant que son exil sur Midgard lui ramènerait le sens des réalités. »

Il frappa le sol de sa lance, et une vague d'énergie balayant le Palais. Sa sentence était irrévocable. Thor ne pourrait plus franchir les limites d'Asgard avant dix ans. Espérons qu'il en fera bonne usage... Dans le cas contraire, Frigga allait le tuer. Lentement. Mh. Faire confiance à son butor de fils n'était peut-être pas la meilleure idée qu'il ait jamais eu... Mais c'était la seule d'applicable.


Hélàs, oh rage, oh déespoir, c'est le dernier chapitre que j'avais en reserve. Le suivant est quand même bien avancé, mais à partir de maintenant je ne peut plus garantir le rythme d'un chapitre par semaine :( n'hésitez pas à mettre la fic en follow, histoire de rien rater :)

Sedinette Michaelis: eeet la suiite est servie :) merci pour le compliment ^^ c'est le moteur de l'auteur! (j'aurai jamais cru dire ça un jour, et pourtant...)