Bonsoir !

Après trois semaines de boulot intense, et des jours de flemme aigüe, j'ai pu finaliser ce chapitre ( qui était bien avancé la dernière fois où je m'étais avancée ). C'est encore un flashback, et je pense qu'on en aura encore pendant un ou deux chapitres.

Vyersdra: Excuse la fangirl que je suis /pan/ Pour la relecture et la correction, c'est toujours à cause de la flemme que je le fais. Mais pour ce chapitre-ci, je l'ai fait mais je pense qu'il doit rester quelques fautes quand même.

Akasi enfant est sans aucun doute le prince par excellence ! ( et c'est encore mieux quand il sera plus vieux huhu )

Laura-067: Si elle sait se battre, disons que ça peut être considéré comme une menace pour les Akashi ( et ça constitue un argument de plus pour montrer la supériorité des Kumako ) Pour le père d'Akashi, elle serait donc capable de tuer son fils, entre autre '-'

bref, je vous laisse ici !

rating: m

pairing: tout plein et particulièrement le akaxoc ici

disclaimer: les personnages de kuroko no basket ne m'appartiennent pas mais pas touche à tsubaki !

Bonne lecture ~


Accoudé à la fenêtre de sa chambre, Seijuro contemplait le jardin des Lys qui se trouvait juste en dessous. La floraison était terminée depuis maintenant un mois. Il allait devoir attendre l'année prochaine pour retrouver les pétales colorés de ses majestueuses fleurs pour pouvoir les contempler. La fleur de Lys était sa fleur préférée car contrairement à la rose, elle n'avait pas d'épines et les soirs d'été, lorsqu'il laissait sa fenêtre ouverte, un doux parfum embaumait ses rêves. Et dernièrement, il associait cette magnifique fleur à sa fiancée.

Cela faisait désormais deux mois que Tsubaki était venu ici la première fois et elle lui manquait déjà.

Mère lui avait promis qu'il la reverrait bientôt mais deux mois s'étaient déjà écoulés depuis et il attendait toujours, l'automne arrivant lentement mais sûrement. Son seul lot de consolation qui lui mettait du baume au cœur furent les échanges de lettre. Et par n'importe comment !

Une semaine après le départ de la Princesse, alors qu'il bouquinait tranquillement dans sa chambre, un aigle s'était soudainement posé sur le rebord de sa fenêtre. Il en avait été tellement surpris qu'il était tombé littéralement à la renverse. Une bonne minute s'était écoulée alors qu'il n'avait pas bougé, observant les mouvements du rapace qui ne semblait pas hostile. Il restait là, sans bouger, attendant quelque chose. Très lentement, d'un pas prudent, il avança vers l'oiseau et il remarqua que l'oiseau avait une sorte de sangle en cuir sur son dos. Le jeune garçon leva timidement sa main mais se recula vivement quand l'oiseau pencha simplement la tête. Pétrifié quelques secondes, il vit un bout de papier dépassé de ce qui semblait être une poche. Prenant finalement son courage à deux mains, il caressa du bout de l'index le crâne du volatille, qui semblait apprécier, puis sans geste brusque, il tira sur le bout de papier, et constata avec une surprise qu'il s'agissait d'une lettre.

Les mains légèrement tremblantes, il décacheta l'enveloppe et prit la feuille pliée en deux. Ses yeux rubis se dirigèrent automatiquement vers la fin de la missive et ses joues se colorèrent en voyant la signature.

Cher Seijuro,

Si tu lis cette lettre c'est que Taka a réussi sa mission. Taka, c'est mon faucon messager, et c'est le plus rapide. Je ne suis pas encore arrivée à la maison, il nous faut encore une semaine de voyage mais grâce à Taka, on pourra s'échanger des lettres rapidement. J'ai caché tu-sais-quoi dans les plis de ma robe. Maman et Papa ne sont pas au courant. Je garde bien le secret, comme promis ! Maman a dit que peut-être un jour, vous viendrez chez nous. J'aimerais beaucoup que Seijuro vienne pour que je lui montre où j'habite.

Taka a été dressé pour envoyer des lettres alors il attendra que Seijuro mette la sienne dans son sac avant de partir.

J'attends ta lettre avec impatience.

Tsubaki.

P.S : Taka aime bien le blanc de poulet.

Assis sur son lit, l'héritier des Akashi relit plusieurs fois sa lettre, le sourire aux lèvres. Mais il fut interrompu lorsqu'on frappa à la porte pour lui annoncer que le souper était prêt. Il rangea le tout à la va-vite, regarda un instant Taka, se demandant où il pouvait bien le mettre mais comme il ne faisait pas encore trop froid, il le laissa à ses aises sur le bord de la fenêtre.

Pour la première fois de sa vie, le dîner paraissait très long et ennuyeux. Ses pensées étaient sans cesse tournées vers la lettre et le faucon qui attendait – en espérant qu'il attendait toujours. Il avait pensé à faire un tour dans les cuisines pour voir s'il restait un morceau de poulet – ce qu'il avait mangé ce soir-là. Il ne pouvait décemment pas prendre un morceau de son assiette, son père risquait de le remarquer.

Une fois les couverts débarassés, il essaya de quitter la table le plus calmement possible et une fois dans les couloirs, il se précipita vers les cuisines du château, ils restaient encore quelques personnes et sa présence fut tout de suite remarquée.

-Vous voulez quelque chose, Seijuro-sama ? Il reste encore quelques fraises.

-Je veux bien et aussi je voudrais... du blanc de poulet...

-Pardon ?

Il avait chuchoté ses derniers mots si bas que la servante n'avait pas compris.

-Du blanc de poulet, s'il vous plaît, répéta-t-il un peu plus fort.

La jeune femme, qui ne devait pas avoir plus d'une vingtaine d'années, prit un chiffon blanc, y déposa deux fraises bien rouges ainsi qu'un morceau de viande blanche long de 5 centimètres. Elle attacha le tout et le donna au Prince.

-Je ne dirais rien à vos parents, ajouta-t-elle avec un clin d'oeil.

Seijuro la remercia, les joues rouges, et s'enfuit jusque dans sa chambre. Par chance, il ne croisa personne dans les couloirs. Il avait encore une petite demi-heure avant que sa mère ne vienne le border.

Comme tout à l'heure, il s'approcha du faucon qui n'avait finalement pas bougé et posa sa pitence sur le bord de la fenêtre, le morceau de chair avait disparu en un éclair et l'oiseau secoua ses plumes, signe qu'il était content. Du moins, c'était ainsi qu'il le traduisait. Il s'installa à son bureau, sortit son encrier, du papier à lettre et une enveloppe et écrit ce qui lui passa par la tête. Une fois cela fait, il mit doucement sa missive dans le petit sac de Taka et ce dernier prit son envol quelques secondes plus tard, disparaissant dans la nuit d'été.

Ces évènements remontaient désormais et régulièrement, vers la fin de la journée, il guettait la venue de son messager avec beaucoup d'impatience, accoudé à la fenêtre. Mais en cette fin d'après-midi d'automne et ceux depuis plusieurs jours, huit jours pour être précis, il n'avait rien reçu de la part de sa fiancée. Habituellement, il en recevait un jour sur deux – Taka prenant une journée entière pour faire l'aller-retour. Il ne cachait pas que ça l'inquiétait. Était-elle malade ? Souffrante ? Morte... ? Cette dernière possibilité était complètement incongrue. Si cela avait le cas, il en aurait été informé par sa génétrice, pas de doute là-dessus. Alors quoi ?

Elle ne l'aimait plus ? La distance avait été suffisante pour détruire l'attachement qu'elle avait ?

Seijuro ne connaissait rien à l'amour mais il savait qu'il aimait énormément la petite fille. L'idée de demander de ses nouvelles à ses parents lui avait traversé l'esprit mais il s'était ravisé au dernier moment à chaque fois. Demander à son père était hors de question. Pendant longtemps, il lui avait raconté que les Kumako et les Akashi ne s'aimaient pas du tout, qu'ils étaient leurs pires ennemis. Mais sa mère, Shiori avait souhaité que cette rivalité cesse, et que les histoires des anciens ne devaient pas se répéter sur les générations futures. Seijuro savait qu'il était chanceux d'avoir une mère comme elle. Même s'il ne comprenait pas totalement le concept du mariage, il avait accepté le sien car il était important pour son pays. À une époque où les mariages d'amour n'avaient pas sa place, il avait eu la chance de se marier avec quelqu'un qu'il aimait et qui l'aimait en retour. Sans doute.

Un autre soupir s'échappa de ses lèvres alors qu'on frappa à la porte de sa chambre. On venait lui annoncer l'heure du dîner.

Il y alla, non sans traîner les pieds. Comme chaque soir, le Roi était assis en bout de table, sa femme se trouvait à sa droite et son fils à sa gauche. La table était tellement grande qu'elle pouvait accueillir une trentaine de personne mais ce soir, il n'était que trois, comme très souvent. Les repas étaient délicieux, comme d'habitude, mais Seijuro n'arrivait pas à apprécier la tourte à la viande qu'on lui avait servi. Il mangeait pour ne pas attirer l'attention de ses parents mais sans grande conviction. Sa mère s'apprêtait à lui parler lorsqu'une des domestiques s'approcha d'elle avec un plateau où y reposait une lettre.

-Oh, une lettre des Kumako !

Tout ouïe, Seijuro regarda sa mère avec curiosité, reconnaissant le sceau apposé du cachet. Avec un couteau, elle l'ouvrit et lut le contenu de la lettre, son sourire s'agrandissant un peu plus au fil de sa lecture.

-Masaomi, pour nous remercier de notre hospitalité, nous sommes conviés à passer un mois chez eux, dès que nous le souhaitons, annonça-t-elle joyeusement à son époux.

-Oh... Tu as déjà une idée de quand nous partirons ?

Il était peut-être l'homme le plus puissant du pays, mais s'il y avait bien une personne qui lui tenait tête sans avoir peur, c'était sa femme. Lorsqu'elle avait une idée en tête, difficile de la faire reculer. Il se souvenait, lors de leurs premières années de mariage, l'obstination dont elle avait preuve lorsqu'elle avait insisté pour l'accompagner à la chasse du sanglier. Il avait évidemment réfusé. C'était une activité d'homme après tout. Mais têtue comme une mule, elle s'était présentée fièrement très tôt le matin sur sa jument, apprêtée pour la chasse. Lorsqu'il l'avait rencontré la première fois, il ne s'attendait pas à ce qu'elle ait autant de caractère.

-Pourquoi ne pas partir en Décembre ? Nous pourrions célébrer l'anniversaire de Sei là-bas, suggéra la jeune femme en regardant son fils tendrement.

Le 20 décembre, Seijuro aurait 9 ans. Et l'idée de faire une fête en compagnie de la demoiselle l'enchantait grandement.

-Soit. Va pour décembre. Je te laisse gérer les préparatifs du voyage, concéda l'Empereur avant de se lever. Seijuro, tu m'accompagneras à la chasse demain. Il te faudra te lever tôt.

-Bien, Père.

Il passa brièvement sa main gantée dans ses mèches sanguines, embrassa sa femme et quitta enfin la salle à manger. Le jeune Prince avait soudainement retrouvé l'appétit et termina en un éclair sa tourte, et prit même une deuxième. La nouvelle le rendait heureux. Il allait pouvoir la revoir et c'était tout ce qui comptait.

Cette nuit-là, il était tellement excitée qu'il n'avait pas beaucoup dormi. Mais il ne se sentait nullement fatigué et avait même réussi à abattre lui-même le sanglier qu'ils avaient prit en chasse. Mais dans son euphorie, le manque de sommeil et la fatigue accumulés, il perdit soudainement connaissance alors qu'il était en plein cours... de danse. Ce qui avait provoqué une cohue incroyable. Sa mère était restée à son chevet tout le reste de la journée et son père n'était venu le voir que très brièvement. Sa mère était là, tout irait bien pour lui.

Au risque de paraître impoli et ingrat, ce n'était pas sa mère qu'il voulait voir mais la douce Tsubaki.

Et il n'avait qu'une envie, c'était que le mois de décembre arrive rapidement !

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Tel le rapace affamé qu'il était, Taka engloutit la chair blanche que lui tendait sa propriétaire. Il était revenu il y avait de cela une heure et il était temps pour lui de prendre le repos qu'il méritait. Sur son perchoir, il ouvrit en grand ses ailes et émit un long cri aigu. Son comportement aurait pu en effrayer plus d'un mais pas la jeune Tsubaki qui lui tendait les morceaux de viande qu'il aimait tant. De temps en temps, elle lui caressait le haut de son crâne, prenant soin de ne pas ébouriffer ses petites plumes – il détestait ça.

-Tsubaki, ils sont arrivés !

Ogiwara venait d'entrer en trombe dans la chambre de la princesse, faisant légèrement sursauté cette dernière. Comprenant qui était le « ils », elle laissa l'assiette à proximité de l'oiseau pour qu'il puisse se servir sans problème et sortit de sa chambre, emboîtant le pas à son ami d'enfance. Contrairement aux château des Akashi, celui des Kumako était tout en hauteur, comportant ainsi de nombreux étages. Les deux bambins descendirent donc les escaliers à tout allure, bien conscient qu'ils pouvaient tomber à tout moment. Mais ils avaient pratiquement appris à marcher dans ses mêmes escaliers, avaient passé des heures à courir lorsqu'ils jouaient à cache-cache, alors ils connaissaient les lieux comme leurs poches.

-Allez, dépêche-toi ! Le pressa-t-il en poussant légèrement une porte dissimulée qui donnait sur la salle du trône.

-C'est pas évident en robe...

-Tu dis ça alors que tu t'es battue en robe contre Seijuro !

La Princesse Kumako entra finalement dans la salle où étaient déjà ses parents ainsi que son grand-frère. Les Akashi n'étaient pas encore arrivés mais leurs arrivées étaient imminentes.

-Tsubaki, ta couronne, fit remarquer son père alors qu'elle passait devant elle pour prendre sa place aux côtés de sa mère.

La demoiselle toucha son crâne pour remarquer qu'effectivement, elle ne la portait pas. En réalité, elle ne la portait pas très souvent, sauf dans ce genre d'occasion. Même lorsqu'elle était partie au pays de l'Aube Rougeoyant, elle l'avait laissé ici par précaution. Le chevalier chargé de sa couronne s'approcha d'elle, tenant une cloche de verre contenant le joyau. Sa mère le remercia et le posa délicatement sur la tête de sa fille et après avoir vérifié qu'il était parfaitement mis, retourna à sa place. Tsubaki se hissa sur son propre trône, lissa les plis de sa robe et attendit patiemment. Sur le côté, elle pouvait voir Kuroko et Ogiwara qui se tenait au garde à vous, dans leurs plus beaux habits.

Une minute s'écoula à peine lorsque les portes s'ouvrirent finalement, laissant place à l'imposante stature de l'Empereur Akashi, avec à son bras l'élégante Shiori. Seijuro se tenait près d'eux, droit et tout beau dans son costume écarlate et or. Tsubaki avait bien envie de quitter sa place pour le rejoindre mais, étiquette oblige, elle resta sagement à sa place, attendant que les politesses soient terminées. Politesses qu'elle effectua par automatisme puisqu'elle venait de remarquer qu'un peu plus loin, les Akashi n'étaient pas venus seuls mais avec les membres de l'Alliance.

-Allons nous réchauffer dans le salon, invita le Roi Tora en quittant finalement son trône. Cet hiver est particulièrement rude. Tsubaki...

La rosette leva ses yeux vers son père qui se pencha vers elle pour lui retirer sa couronne et, presque comme par magie, un chevalier se matérialisa à ses côtés, prêt à récupérer le précieux bijou.

-Va donc faire visiter le château à tes amis, mais ne sortez pas, conseilla en replaçant correctement son médaillon sur le devant de sa robe.

Elle hôcha vigoureusement la tête et se dépêcha de prendre la main de son fiancé afin de se diriger vers les autres.

-Le château de Tsukin est vraiment très haut, s'exclama Momoi lorsque tout le petit groupe fut au grand complet.

-C'est parce qu'on a une volière, expliqua la princesse alors qu'ils quittèrent la salle du trône.

En faisant le tour de la propriété, ils passèrent dans une gallerie qui comportait des dizaines de portrait des membres de la famille royale Kumako. Le premier Roi, celui qui fonda la famille était de loin le plus impressionnante et le plus charismatique de tous. Assis sur son trône de fer, les jambes croisés, les yeux perçants, sa tenue se devinait à peine sous l'immense fourrure d'ours qu'il portait, la tête de l'animal se reposant docilement sur la sienne. La légende racontait qu'il était devenu Roi car il avait réussi à vaincre à mains nues les ours qui terrorisaient les habitants. Depuis, on raconte qu'une génération sur deux, l'un des descendants se verrait attribué cette force surhumaine qui faisait sa notoriété. Mais pour acquérir un tel don, le prédécesseur ne devait plus être de ce monde. À une époque, il était très difficile de savoir qui sera l'Elu si le Roi avait beaucoup d'enfants. Mais Tora n'avait à ce jour que deux progénitures mais le don ne s'était toujours pas manifesté. Bien que son père, l'ancien élu, avait rendu l'âme il y a de cela trois ans.

Et ce « retard » inquiétait grandement le Conseil des Anciens. Bien que les rumeurs se soient apaisées depuis, les murmures colportaient que cette génération était maudite ou qu'encore les Akashi auraient fait de la magie noire, dans une tentative désespérée de prendre le dessus, ne serait-ce qu'un peu.

Mais tout cela, Tsubaki n'en avait pas soufflé un seul mot à qui que ce soit. Son père lui avait fait juré de ne pas en souffler un mot aux Akashi. Même si elle adorait Seijuro, elle ne pouvait pas briser la promesse face à son père.

-Ah ! Atsushicchi n'est plus là ! S'exclama Kise en regardant derrière eux.

Vu sa grande taille pour son âge – il dépassait tous les autres d'une bonne tête – il était difficile de le perdre de vue.

-Il faut absolument qu'on le retrouve, déclara Ogiwara d'un ton sérieux. Le château est très grand l'air de rien. Il pourrait se perdre.

Il ne le disait pas à voix haute mais Shigehiro laissait entendre que le violet pourrait trouver par inadvertance un des nombreux passages secrets du palace et si on n'était pas un Kumako ou bien l'un des serviteurs, il était difficile de retrouver son chemin dans les galeries secrètes. Ils rebroussèrent donc chemin, appelant Murasakibara. En vain. En entrant dans une nouvelle salle, une délicieuse odeur de viande grillée vint chatouiller leurs narines.

-Atsushi doit être dans les cuisines. Ce ne serait pas la première fois, soupira le fils Akashi.

Et le petit Prince avait vu juste. Les servantes et les cuisiniers étaient au petit soin pour le gourmand qui s'était faufilé jusque là en suivant l'odeur des plats qui étaient entrain de cuire. Un vieil adage racontait que les personnes qui mangeaient beaucoup étaient très bien vus au Crépuscule Pourpre car c'était un signe de bonne santé et de vigueur. Et à chaque génération, les membres de la famille Kumako étaient de véritables goinfres. Les cuisiniers de la famille royale devaient se démener comme des fous pour préparer chaque repas. Alors qu'ils n'étaient que quatre, ils mangeaient presque pour dix personnes. Et avec l'arrivée des invités royaux, ils allaient devoir mettre les bouchées double, non seulement pour préparer plus mais pour ne pas salir le blason de la famille et les infliger de la honte du manque d'hospitalité.

Et le soir venu, le défi fut un succès puisque toute la tablée mangea à sa faim. Raisonnable d'ordinaire, même Masaomi avait eu la main un peu lourde sur les travers de porc et Shiori ne pouvait s'empêcher de se moquer gentiment de lui en désignant son ventre poindre un peu sous sa chemise en soie. Après ce festin, les enfants filèrent pour mettre leur robe de chambre et purent exceptionnellement dormir tous ensemble dans l'immense lit de Kuroko, plongeant rapidement dans de jolis rêves.

Mais le réveil allait être brutal pour certains.

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La neige crissait sous leurs pas. Emmitouflés dans des manteaux de fourrures très épaisses, Seijuro et Tsubaki avançaient lentement mais sûrement dans le jardin du château complètement recouvert d'un manteau immaculé. Derrière eux se tenaient leurs mères respectives, accompagnés de deux gardes du corps. Exceptionnellement, ni les enfants des membres de l'alliance, ni la garde rapprochée de la princesse n'était de la promenade. Aya et Shiori couvaient les enfants d'un regard plein de tendresse. Elles espéraient de tout cœur que ce mariage allait enfin cesser les guerres inutiles, maritimes ou terrestres.

Pour être sincère, Aya était dubitative face à un tel projet bien qu'elle en soit l'instigatrice. Elle savait que les Kumako et les Akashi n'avaient pas de très bons rapports et ceux depuis très longtemps. Son mari avait été contre au début, mais avait fini par céder après des mois d'acharnement – sérieusement depuis quand était-elle amie avec Akashi Shiori ? Il fallut attendre encore plusieurs mois et des dizaines de négociations pour que l'autre partie accepte ce mariage arrangé.

Et les choses se passaient plutôt bien jusqu'à présent. Tsubaki comme Seijuro éprouvaient une affection certaine l'un pour l'autre et, d'ici quelques années, ils seront des amoureux transis, à ne pas en douter.

Des éclats de rire interrompirent ses pensées. À une dizaine de mètres d'eux, les deux bambins s'étaient engagés sur le lac gelé qui se trouvait derrière le château. Le rouquin était actuellement les fesses par terre, tentant tant bien que mal de se redresser mais il fallait croire que la surface était plutôt glissante.

-Tsubaki, Seijuro, faites bien attention, prévint-elle, debout au bord du lac gelé.

La rosette se contenta d'un signe de main pour prévenir qu'elle avait compris puis aida tant bien que mal son fiancé à se relever. Elle les observa encore quelques minutes avant de tourner son attention vers son amie. L'aîné des Kumako, Takumi, ne tarda pas à les rejoindre pour leur annoncer qu'il était temps de-

-TSUBAKI !

Aya sentit son cœur s'arrêter en entendant ce cri de désespoir. Cette petite voix enfantine apeurée et paniquée. Tsubaki n'était plus sur la glace. Seijuro était seul, penché au-dessus d'un trou rempli d'eau. De l'eau glacée. Une peur et une panique glaciale envahit tout son corps, l'empêchant de bouger correctement. Encore plus lorsqu'elle vit Seijuro s'enfoncer dans l'eau qui frisait les zéros degré, alors que le glace craquela sous ses pieds. Shiori cria le nom de son fils unique pleine de désespoir, ses jambes s'affaissant sous son poids, incapable de la soutenir davantage.

Takumi qui venait tout juste d'arriver ne réfléchit pas davantage et se lança sur la glace instable, se dépouillant de son gros manteau avant de plonger sans aucune hésitation à son tour dans l'eau.

-Allez prévenir le château, préparer de quoi les réchauffer ! Maintenant ! ordonna Aya qui reprit soudainement du poil de la bête. Et vous, allez aider mon fils plutôt que de rester planter sans rien faire !

La Reine retira également son manteau et le posa sur les épaules de son amie avant de commencer à marcher prudemment sur la glace. S'ils cédaient sous les poids plume des enfants, elle n'allait pas tenir sous le sien. Mais avancer aussi lentement la frustrait considérablement. Et Takumi qui ne ressortait pas de l'eau. Après ce qui lui semblait être une éternité, elle arriva au mini-lac formée et pile à ce moment-là, une masse rougeoyante émergea finalement de l'eau et le corps d'un enfant suivi finalement. Aya prit immédiatement Seijuro dans ses bras et le serra du mieux qu'elle le pouvait afin de le ré , la respiration laborieuse, réussit tant bien que mal à s'extirper de l'eau glaciale, tenant contre lui sa sœur.

Ils étaient tous les deux frigorifiées et inconscients.


Voili voilou~

Je vous laisse ici pour ce chapitre ~ Dites ce que vous en avez pensé !

A bientôt !