Protect Me
By Nai89
Traduction : Applegreed
Merci aux lecteurs, reviewers de suivre et commenter ; et Yuri-Fan d'avoir corrigée aussi vite :D
Je me suis rendue compte que j'ai coupé un peu au mauvais moment ^^' mais je vous promets que vous allez être très vite rattrapé par l'histoire !
Enjoy !
Chapitre 10 : Protect Me (Part 2)
Le portable de Natsuki sonna tandis qu'elle mettait la preuve en sécurité dans la voiture de Midori. « Détective Kruger à l'appareil. »
Espérant pour une autre piste, elle avait rapidement décroché. « Détective, c'est le Sergent Daichi de la centrale de Kyoto, un ex-associé de Shizuru Viola-sensei a appelé et m'a dit que vous cherchiez une femme nommée Saiyuri Hatsumomo. »
Les lèvres de Natsuki se serrèrent d'impatience. « Oui, nous croyons que le tueur qui étrangle des femmes ici, à Tokyo, à voler l'identité de Hastumomo. Qu'est-ce que vous savez sur elle ? »
« Nous avons enquêté sur sa mort, et bien que nous n'avons rien trouvé de définitif, nous suspectons qu'elle puisse avoir été assassinée. »
« Avez-vous des suspects ? »
« Une. Une patiente nommée Tomoe Marguerite. Comme Hatsumomo, Marguerite était une patiente de Viola-sensei. »
« Savez-vous où se trouve cette Tomoe maintenant ? »
« Non, nous n'avons rien de concret pour l'arrêter et nous avons dû la relâcher. »
« Avez-vous son adresse ? »
« Non, d'après son propriétaire, elle a quitté la ville il y a de cela quelques mois, mais elle n'a pas laissé d'information sur sa destination. »
Le pouls de Natsuki pulsait. Tomoe pouvait être leur tueuse.
« Pouvez-vous me faxer une photo d'elle à ma centrale, avec toutes les infos que vous avez la concernant ? »
« Bien sûr. Je vous enverrais son fichier médical aussi. »
« Avait-elle de la famille ou des amis chez qui elle aurait pu aller ? » Demanda Natsuki.
« Cette femme n'a pas d'amis ou de famille à qui parler. Elle a grandi dans un orphelinat. Mais d'après Nobu-sensei, elle avait juste découvert l'identité de sa demi-sœur. Elle pourrait avoir quittée la ville pour la retrouver. »
« Quel est son nom ? » Demanda Natsuki.
« Laissez-moi voir… A… ah, Shiho Munakata. »
La poitrine de Natsuki se souleva difficilement pour chercher de l'air. Shiho, la jeune fille aux cheveux roses qui travaillait sur la maison de Shizuru. Sa demi-sœur était Tomoe Marguerite…
« Merci, Sergent. »
Elle raccrocha et sprinta vers Midori, relayant rapidement l'information.
« Je vais attendre que l'équipe de la scène de crime passe cette pièce au peigne fin. Je veux savoir quelle sorte de sang il s'agit. » Dit Midori. « Puis j'emmènerai les sous-vêtements et les enregistrements à la centrale. »
Natsuki hocha rapidement de la tête, boostée par l'adrénaline. « Je vais trouver Shiho. Elle ne sait pas qu'on est sur elle. » Dit Natsuki. « Et elle doit être chez Shizuru ce matin. La centrale de Kyoto est en train de faxer les infos sur cette Marguerite. »
Jeune fille, ou non, si Shiho a aidé sa demi-sœur à tuer ces femmes ou à la couvrir, Natsuki la forcerait à parler.
L'aiguille tournait.
-xox-
La porte grinça, le son de la lourde plaque de métal contre le béton, et Shizuru grinça des dents. Elle allait rencontrer son ravisseur. Elle serra ses mains, malmenant ses liens pour la centième fois, voulant qu'ils se brisent pour qu'elle soit enfin libérée. A ce moment-là au moins elle aurait une chance de se défendre. Mais non, son attaquant la voulait effrayée, vulnérable exercer son pouvoir sur elle. D'une façon ou d'une autre elle devrait l'utiliser contre lui. Parce que le besoin de ce pouvoir voulait dire qu'il était fragile intérieurement, brisé.
Les bruits de pas mélangeaient sur le sol l'odeur froide de la sueur et de sa propre peur. La silhouette s'avança, une ombre seule dans le centre de l'abysse noir de la pièce. Son souffle semblait un peu agité, laborieux. Nerveux ou excité ?
De la bile remonta dans sa gorge mais elle la ravala. Elle devait penser comme un psychiatre, pas comme une victime terrifiée. « Qui es-tu ? » Demanda-t-elle, fière que sa voix n'est pas tremblée.
« Vous êtes si intelligente sur tous les niveaux, et vous n'avez pas deviné, Viola-sensei ? »
Elle tourna d'un coup sa tête vers la voix féminine avec surprise. 'Une femme ?' Ses yeux se rétrécirent, reconnaissant l'accent fort mais pas suffisamment pour placer la voix qui allait avec. Manifestement pas Smere ou Muyo… Pas Anh Lu non plus… Peut-être un autre patient ou quelqu'un qu'elle a rencontré récemment ?
« Ara, il fait sombre ici, je ne peux pas voir ton visage. » Dit-elle, testant sa colère.
Un gloussement grossier gronda, mais son ton se durcit quand elle parla. « Après toutes ces longues conversations, nos conversations privées, vous devriez connaître ma voix. »
Longues conversations ? Elle avait été une patiente.
« Allez, Viola-sensei, réfléchissez. » Elle s'assit en face de Shizuru et entortilla une mèche de cheveux châtain entre ses doigts.
Même dans la pièce sombre, Shizuru était maintenant capable de voir le visage de la femme quand elle se pencha.
« Tina Madden… ? » Dit-elle surprise.
Un sourire arrogant glissa sur le visage de la femme. C'était en effet sa patiente de son groupe de thérapie sexuelle qu'elle organisait à l'hôpital. Les longs cheveux noirs de la femme et ses magnifiques traits ne faisaient aucuns doutes, mais Shizuru avait toujours pensé que les yeux de la femme lui semblaient familiers pour certaines raisons. Un souvenir d'une certaine patiente de Kyoto resurgit et les yeux de Shizuru s'écarquillèrent de sa réalisation.
« Ah. » Dit la femme. « Est-ce que ma précieuse Shizuru a finalement découvert la vérité ? »
Shizuru fixa les iris noisette de sa ravisseuse quand ils brillèrent dans l'obscurité ce n'était pas la vraie couleur des yeux de la femme. « Tu es, T-Tomoe marguerite… »
Un sourire en coin tordit les lèvres de la femme. Cette dernière se leva et plaça une main sur sa tête, enlevant la perruque de longs cheveux noirs et la jetant sur le côté avant de rapidement enlever aussi ses verres de contact, révélant ses véritables iris gris. Elle commença alors à enlever des morceaux de fausses peaux de son visage qui l'aidaient à déguiser son apparence.
« Bien, il semble que mon petit docteur est finalement tout découvert. Surprise ? » Demanda Tomoe tandis qu'elle jetait également les morceaux de son masque par terre. « Bien que je dois admettre que j'ai été un peu nerveuse quand je suis entrée dans ton bureau, prétendant être Tina Madden, petite allusion avec les initiales 'TM' en passant, » Son air satisfait était visible dans la noirceur. « Cependant, tu ne m'as pas reconnue. Honte sur toi, Shizuru. J'étais si proche. »
Tomoe s'agenouilla devant elle, voulant avoir une meilleure vue sur la nouvelle expression du docteur.
Shizuru sentait son fort parfum, une senteur qui déclencha un autre souvenir rebutant de la femme aux cheveux sarcelles.
« Je me souviens de toi, de tout à propos de toi. » Dit Tomoe de sa voix rauque. « La façon dont tu m'a souris la première fois que je suis entrée dans ton bureau. La façon dont tes yeux brillants vacillent avec compréhension et gentillesse. » Elle traça d'un doigt son front et le contour de ses yeux. « Tu as de si gentils yeux. Pas de jugement. Pas de sévérité ou d'égoïsme. J'ai su que j'avais trouvé la seule femme dans le monde qui ne m'abandonnerait pas. »
Shizuru se força à parler. « Parce qu'une autre femme dans ta vie l'a fait. »
« Oui, mais je pensais que tu étais différente. Tu as promis d'être là, d'écouter, et de m'aider. » Sa voix trembla. « Mais tu m'as laissée, juste comme les autres l'ont fait. »
Tomoe Marguerite. Elle reconnaissait la femme maintenant, se rappelant son éclat pendant leur dernière séance quand elle lui informa qu'elle déménageait. Est-ce que son départ avait déclenché chez Tomoe cette volonté de tuer toutes ces femmes ?
« Je ne t'ai pas abandonnée. » Commença Shizuru, espérant la manipuler bien que la culpabilité s'imprégnait en elle. Quatre femmes étaient mortes à cause d'elle. « Je t'ai simplement transférée à Nobu-sensei. » Parce qu'elle avait senti que Tomoe développait une attraction/obsession malsaine pour elle. Mais elle n'avait jamais imaginé qu'elle la suivrait.
« Cet homme, » Croassa Tomoe. « Il ne valait rien. Et tu m'as laissée et tu t'es enfuie ici à Tokyo, puis tu as pris une autre femme sous ton aile. »
« C'est pourquoi tu es venue ici, Tomoe ? » Demanda lentement Shizuru. « Tu voulais me voir, me parler ? »
« Oui. » Dit-elle, puis elle caressa gentiment le visage de Shizuru.
Un frisson de dégout traversa Shizuru, mais elle se battit pour réagir. Elle ne lui donnerait pas la satisfaction de lui montrer sa propre peur cela nourrirait seulement le besoin de pouvoir de la femme.
« Si tu veux parler, pourquoi ne me détaches-tu pas, nous pourrions aller dans un endroit plus confortable ? »
« J'aime cette idée, » Répondit Tomoe. « La partie à propos d'aller dans un endroit plus confortable. » Elle glissa un doigt sur la joue de Shizuru. « En fait nous allons devenir vraiment à l'aise ensemble, Shizuru. Avant de nous dire au revoir à nouveau, nous nous connaitrons l'une et l'autre. »
Tomoe lécha sa mâchoire et Shizuru broncha au contact dégoutant. « J'ai si longtemps attendu pour ça. »
-xox-
Natsuki appela l'équipe scientifique qui se trouvait à la maison de Shizuru et leur demanda de retenir Shiho si elle se montrait, puis roula rapidement à sa maison. Elle repéra le camion blanc de Shiho aussitôt qu'elle prit le tournant, devant la maison traditionnelle japonaise. Elle se gara sur le trottoir, sa moto derrière de van de l'équipe technique, la désenfourcha et enleva son casque avant de courir à la rencontre de l'équipe technique qui était à côté du camion.
« Vous aviez raison, Détective Kruger. Il y avait des caméras dans la maison, le salon, la chambre à coucher et même la douche. »
La mâchoire de Natsuki se serra et elle jura. Elle allait tuer ce bâtard quand elle aura mis la main dessus. « Confisquez ces caméras, et soyez sûr que personne ne les visionne. Je le ferais moi-même. »
Hideki acquiesça et retourna à l'intérieur et Natsuki se dirigea vers l'avant du camion. « Munakata-san, j'ai besoin de vous poser des questions. » Elle la prit par le bras et conduisit la jeune fille à l'une des voitures de police qui attendait avec l'équipe technique.
« Nani ? C'est à propos de quoi ? » Demanda Shiho, palissant.
« Je vous expliquerai à la centrale. »
Shiho grommela mais monta à l'intérieur, joignant ses mains ensemble et restant silencieuse durant le reste du trajet. Natsuki suivit sur sa moto et quand ils arrivèrent à la centrale, Natsuki l'escorta dans une des salles d'interrogatoires, récupérant les dossiers de toutes les victimes de l'Etrangleur.
De la sueur perlait sur le visage de Shiho et elle passa ses mains à travers ses couettes, essayant de calmer ses nerfs. « C'est à propos de Viola-san, n'est-ce pas ? »
Natsuki hocha de la tête. « Oui, est-ce que tu sais où elle est, Shiho ? »
La file secoua la tête. « Non, quand je suis allée chez elle, un autre homme m'a dit qu'elle avait disparu, que sa maison était une scène de crime. » Ses yeux dorés vacillèrent de peur. « Que lui est-il arrivé ? »
« Je pensais que tu pourrais être capable de nous le dire. » Grogna Natsuki.
Shiho grimaça. « Comment pourrais-je savoir ? »
Natsuki disposa une photo de chaque victime sur la table et Shiho blanchit visiblement. « Est-ce que tu connais une de ces filles ? »
La jeune fille déglutit bruyamment. « Mon Dieu… »
« Tu les connais ? »
Elle hocha de la tête, son teint palissant davantage. « Je… fais certains travaux chez elles. »
« As-tu installé des caméras dans leurs maison pour que tu puisses les espionner ? »
La mâchoire de la fille se décrocha. « Non… bien sûr que non, je ne ferais jamais une telle chose ! Je suis juste une gamine, j'ai seulement 19 ans pour l'amour du Christ. »
« Tu avais l'accès à leur maison. » Dit Natsuki directement.
Shiho baissa la tête d'un grognement. « Oui, mais je n'installerai jamais de caméras. »
« Mais ta demi-sœur l'a fait ? »
« Ma… Ma dem- Tomoe ? » La voix de Shiho gazouilla. « Si elle l'a fait, je n'étais pas au courant. »
« Elle a espionné ces femmes. » Aboya Natsuki.
« Non… » Dit-elle dans un ton plaintif. « Ce que je veux dire, c'est que je ne l'ai pas réalisé. Merde, je ne savais même pas que j'avais une demi-sœur jusqu'il y a quelques mois. Quand elle m'a contactée, elle avait plus trop de fric donc elle avait besoin d'un job, alors je me suis dit que je pouvais la laisser m'aider avec les rénovations. »
« Donc tu lui as donnée l'accès aux maisons de ces femmes ? »
Shiho leva son menton. « Je jure que je ne savais pas qu'elle installait des caméras. » Hurla-t-elle. « Elle était douée pour les réparations, les climatisations… ? »
« Et quand ces filles ont été assassinées, tu n'as pas fait le rapprochement ? »
« Non.. » Balbutia-t-elle. « Je n'ai jamais pensé à ça. Elle partait toujours avant que les femmes reviennent donc elles ne l'ont jamais vue. »
« Tu ne savais pas que ta sœur était dangereuse ? »
Le choc tendit les traits de la jeune fille, mais elle hésitait. « Je pensais qu'elle avait des problèmes, mais je… je ne pensais pas qu'elle allait tuer quelqu'un. »
Natsuki abattit son poing sur la table. « Arrêtes les simagrées. La vie de Shizuru Viola est en danger. Ta sœur était un de ces patients à Kyoto, et je crois qu'elle est ici à Tokyo, qu'elle est responsable de la mort de quatre femmes et qu'elle a Shizuru maintenant. » Elle prit la fille par le col de sa chemise de travail. « Elle va la tuer, Shiho, à moins que tu nous dises où on peut la trouver. »
Shiho était maintenue à moitié en l'air, à moitié par terre. « Seigneur… Je ne sais pas où elle est allée. Elle ne reste pas avec moi, seulement pour le travail. »
« Tu dois avoir un numéro de téléphone pour la joindre ? »
Shiho acquiesça, et Natsuki poussa un bloc de papier devant elle. Natsuki essaya le numéro, mais ça ne répondait pas donc elle sortit et demanda à Midori de mettre l'équipe technique sur le coup pour tracer la ligne. Puis elle revint à l'intérieur, le cœur battant. « Est-ce que ta sœur a déjà mentionné un autre membre de la famille ou des amis ? Quelqu'un de son passé ? »
Shiho secoua la tête avec énergie. « Elle disait qu'elle haïssait sa mère pour l'avoir abandonnée. »
C'était donc le motif de Tomoe. La raison pour laquelle elle haïssait les femmes.
« Qui l'a élevée ? » Demanda Natsuki.
« Elle a grandi dans un orphelinat. » Dit Shiho d'une voix basse.
« Un orphelinat ici à Tokyo ? »
Elle hocha de la tête. « Oui. Mais c'est fermé maintenant. »
Le sang de Natsuki ne fit qu'un tour. Elle savait où se situait l'orphelinat. Ça avait été fermé des années auparavant, mais l'immeuble était encore debout. Abandonné. Isolé. En dehors de la route et entouré par les bois. Un endroit parfait pour se cacher. Un endroit parfait pour y emmener une victime parce que si elle criait, personne ne pourra l'entendre.
« Si tu penses à quelque chose d'autre ou si elle appelle, fais-le-moi savoir. »
Natsuki la laissa en détention, puis sortit de la pièce. Manifestement, Tomoe blâmait Shizuru pour l'avoir laissée comme sa propre mère l'avait fait. Elle devait se dépêcher. Elle ne pouvait pas laisser Tomoe tuer Shizuru…
-xox-
Cela prit toutes les onces de la retenu de Shizuru pour ne pas crier quand Tomoe la fit monter les marches du sous-sol. Une lumière argentée vermifugée passait par la fenêtre quand elle la poussa des marches à un long couloir qui sentait la moisissure et l'abandon.
« Où sommes-nous ? » Demanda Shizuru, étouffant un sanglot quand Tomoe resserra sa prise sur son bras.
« Je pensais que tu voudrais voir où j'ai grandi. » Dit-elle d'une voix chargée de colère. « Où ma mère m'a laissée comme si j'étais une chaussure qu'elle pouvait balancer au loin. »
« Je sais combien ça te blesse. » Dit Shizuru.
« Tu ne sais rien. »Réprimanda Tomoe. « TU dis que tu sais, mais personne ne comprend ce qu'ils m'ont fait ici. Combien c'était horrible. »
« J'aimerais en entendre plus, Tomoe. Maintenant que tu es à Tokyo, nous pouvons reprendre nos séances, commencer une thérapie, seule à seule. »
Le hurlement d'un rire sinistre fit écho dans sa gorge. « Oh, nous allons avoir un seule à seule, c'est sûr. »
Shizuru grinça intérieurement des dents. « Tu veux que quelqu'un te comprenne, et j'essaye de le faire. Mais je ne peux pas comprendre à moins que tu ne me parles. Parle-moi plus sur ta mère. »
« Elle était cruelle et sans cœur, elle me traitait comme de la merde. » Elle poussa Shizuru en avant. Les toiles d'araignées s'emmêlaient dans le couloir, une araignée filait sa toile sur un carreau de verre gelé, la peinture et le plâtre avaient pris l'eau et pelaient sur les murs. Quelque part plus loin, une souris courrait le long du mur, les oiseaux pialent du grenier et les vieux tuyaux résonnaient et gémissaient.
Shizuru lutta pour le calme. « Avais-tu des amis ici, Tomoe ? »
« Des amis ? » Dit-elle d'une voix grinçante. « Pas tellement. J'ai appris à être seule, prendre sur moi car personne d'autre ne prendra soin de moi. Nous étions serrés comme des sardines, tout le monde se battait pour de la nourriture. Les déchets qu'ils nous donnaient avaient le goût de carton détrempé. »
Elles évitèrent une grande zone commune où des fournitures délabrées pourrissaient, puis elle la poussa à nouveau dans un escalier et dans un dortoir comme une pièce avec des lignes de lit en métal.
« Tu vois où nous dormions la nuit, tous alignaient comme personne. »
Les murs gris avaient encore plus de toiles d'araignée et d'empreintes de mains sales vieilles de plusieurs années. Tomoe poussa Shizuru dans un des lits dans le coin le plus éloigné.
« Même avec les autres filles, chaque nuit que je me couchais là, je me sentais seule. Si seule que je voulais mourir. » Ses doigts rudes parcouraient son visage. « Je ne veux plus être seule. »
Elle passa son pouce sur la joue de Shizuru, envoyant un autre frisson à travers elle.
« Quand je t'ai rencontrée, je pensais que j'avais trouvé la seule personne qui ne me laisserait jamais. » Tomoe pressa son visage contre celui de Shizuru, le caressant gentiment contre le sien. « Toutes les autres filles étaient juste un prélude à toi, Shizuru. Tu es la seule que j'ai vraiment voulue. Et maintenant, finalement, nous allons être ensemble. »
-xox-
Natsuki descendit de sa moto dès qu'elle arriva à l'orphelinat. Nao était supposée la rencontrer ici à l'arrière, mais elle ne pouvait pas l'attendre. Elle remarqua dans l'arrière cours une berline noir ouverte. Le bâtiment était juste une construction en béton envahie par les mauvaises herbes et les buissons sauvages. Elle grimpa quelques marches et vérifia la porte de devant. Verrouillée.
Jurant, elle longea le bâtiment et secoua les fenêtres pour en trouver une ouverte. Brandissant son arme, elle rentra tant bien que mal, se couvrant de toiles d'araignée quand elle atterrit sur le sol et avançant lentement dans le bâtiment. C'était suffisant. Quand elle monta à l'étage, elle allongea ses pas. La zone était sombre, mais la porte était suffisamment ouverte pour qu'un faible faisceau de lumière passe par une fenêtre du deuxième étage, si haut que c'était inatteignable. Elle s'arrêta pour écouter, se demandant où par l'enfer Tomoe avait emmené Shizuru, puis elle entendit un rire sinistre qui fit écho sur les murs de béton du second étage. Inhalant rapidement vis-à-vis de l'odeur âcre de pourri, de poussière et de moisissures, elle monta les escaliers en béton, le tapis usé aidant à camoufler le son.
Puis la voix de Shizuru. « Tu ne veux pas faire ça, Tomoe. Laisse juste les choses venir et parle. Rappelle-toi que tu as signé un contrat qui stipulait que tu ne devais blesser personne. »
'C'est bien, Shizuru, continue de la faire parler…' Dit Natsuki silencieusement. Prenant son arme des deux mains, elle tourna et remonta le hall. Sans électricité et avec la sombre construction de type mausolé par les immenses arbres, l'endroit était d'une noirceur morbide.
« Tu as promis de prendre soin de moi, Shizuru, mais tu as brisé ta promesse. » Gronda Tomoe.
« Je ne voulais pas te blesser, mais ma mère était malade. » Dit doucement Shizuru. « Il doit y avoir quelqu'un dans ta vie qui prend soin de toi. Une grand-mère ? Un travailleur social ? »
« Ils disent qu'ils le font, qu'ils prennent soin de moi, puis ils me quittent, juste comme tu l'as fait. »
« Mais je ne t'ai pas quittée, Tomoe. Et je suis ici maintenant et tu es là. Recommençons. »
« Il est trop tard pour parler. » Sa voix s'approfondit en un grondement.
« Il est temps pour nous de nous rapprocher, Shizuru. Je promets que je ferais ça bien pour toi. Je t'ai amené un cocktail et une nouvelle paire de sous-vêtements en soi, lavande aussi… Je sais combien tu aimes les jolis sous-vêtements. »
Natsuki serra les dents. Cette putain de salope n'allait pas la toucher. Contrôlant partiellement un grondement de rage, elle se précipita dans la pièce. A travers les ombres, elle trouva Shizuru allongée sur un lit d'enfants, les bras attachées au-dessus de sa tête à la colonne du lit. La salope avait commencé à ouvrir sa blouse, déchirée. « Eloignes-toi d'elle, Tomoe, ou je tire. »
La femme aux cheveux sarcelle se retourna d'un grognement féroce. « Non, tu pars ou je la tue. »
« J'ai une arme à feu. » Natsuki se rapprocha, ses yeux émeraude à la recherche d'une arme. Mais il fait bien trop sombre pour voir.
« Natsuki… » Chuchota Shizuru. « Ne tire pas, elle a un- »
Le bruit d'une balle noya ses mots. Le corps de Natsuki partit en arrière, une douleur à l'estomac, et ses jambes tremblantes la lâchèrent quand le sang jaillit de son abdomen. Elle respira rapidement, son halètement était devenu le seul son dans la pièce quand une de ses mains toucha la partie ensanglantée sur son ventre. Elle releva sa main pour voir ses doigts tachés de sang et fixa ses émeraudes sur Shizuru.
« Natsuki ! »
Le cri de Shizuru serra le cœur de la Détective d'une douleur différente. Les muscles de son corps protestèrent au mouvement quand elle se mit sur ses genoux, la pièce tourbillonnant. Mais elle ne pouvait pas perdre conscience. Elle devait sauver Shizuru. Si elle mourrait ou tomber inconsciente, Tomoe pourra finir ce qu'elle a commencé. Natsuki avait déjà perdu quelqu'un…
Elle ne voulait pas en perdre une autre.
La pièce tourbillonnait encore, l'obscurité la suppliait d'entrer dans son abysse accueillante. La libérant de la douleur. Elle devait penser. Jouer ça intelligemment. Trouver un moyen de gagner contre cette psychopathe. Elle appela le nom de Shizuru dans un grognement, puis tomba en avant sur ses mains et inclina la tête, inspirant pour dissiper l'étourdissement.
Pensant qu'elle avait gagné, Tomoe se tourna vers Shizuru. Elle hurla quand ses mains la tripotèrent, et une ligne argentée scintilla dans l'obscurité. Une aiguille, le Rohypnol.
La rage releva sa poitrine, dépassant la peine. Natsuki s'élança en avant et courut vers la femme. Au même moment, Shizuru relava ses pieds et frappa Tomoe dans la poitrine, la rejetant en arrière. Natsuki la tira loin de Shizuru et la jeta au sol, la frappant au visage et à l'abdomen. Tomoe se défendit, et les deux chutèrent et roulèrent. Un coup de poing rapide dans l'estomac blessé de Natsuki lui arracha un cri de douleur, autorisant Tomoe à rejeter la blunette de sa position dominante. Natsuki tomba et grogna, sa tête tourbillonnait plus fortement maintenant.
« Natsuki ! Attention ! »
Tomoe attrapa son revolver et se leva pendant qu'elle essayait le sang de son nez, se tournant pour faire face à la Détective. Elle s'avança et la frappa dans les côtes jusqu'à qu'elle tombe à plat ventre.
« T'es vraiment stupide, salope. C'est ce que tu récoltes pour m'avoir interrompue. »
Les côtes de Natsuki lui faisaient mal quand elle resta immobile. Tomoe se tourna pour faire face à Shizuru avec un sourire arrogant aux lèvres. Elle revînt vers elle et se pencha pour placer un baiser sur les lèvres de la brunette. Elle grimaça sous le contact de Tomoe qui pressait ses lèvres avec force contre les siennes.
Natsuki grogna à la vue. Elle rampa hâtivement vers son arme, referma ses doigts dessus, puis se releva rapidement et frappa la tête de Tomoe avec. La femme grogna, elle lutta pour se relever, puis retomba, sa tête frappant le coin métallique du lit. Natsuki la frappa à nouveau, enfonçant le canon de son arme dans sa gorge.
« Natsuki, s'il te plaît arrête. » Chuchota Shizuru. « S'il te plaît ne la tue pas. »
Quelque part dans un coin obscur de son esprit, les mots de Shizuru s'enregistrèrent, la douleur et la peur paralysant sa conscience. Si elle tuait Tomoe, elle ne pourra pas l'envoyer en prison. La mort était trop facile et rapide pour un sicko sadique. Serrant les dents contre la douleur, elle vérifia son pouls. Tomoe était en vie.
« Natsuki… s'il te plaît… »
Elle s'éloigna tant bien que mal, la pièce tanguant quand elle rampa vers Shizuru. Elle détacha ses mains et ses pieds à l'aveuglette et elle s'étala à moitié sur le lit comme support, parcourant de ses mains le visage de la brunette.
« Shizuru, Dieu, ça va ? »
« Je vais bien maintenant. » Murmura-t-elle, caressant le visage de la détective. « Mais tu as été frappée. »
« Je… » Natsuki respira profondément et trébucha pour éviter que ses genoux ne lâchent, ses yeux lourds. « Je… Je t'aim- »
Ce n'était pas suffisant. Elle ne pouvait plus tenir, et la noirceur l'encercla quand elle tomba dans les bras de Shizuru.
« Natsuki ! » Cria Shizuru. Elle essaya de la relever mais le sang s'étalait sur le matelas et elle tomba inconsciente. Elle devait aller chercher de l'aide.
Soudain, les sons de pas tonnèrent et la Détective Yuuki accourut. « Aidez-moi ! » Cria Shizuru. « Natsuki a pris une balle. »
Nao alla voir de plus près Tomoe sur le sol, puis Natsuki et se précipita vers Tomoe et la menotta tandis qu'elle appelait une ambulance.
Les larmes ruisselant sur son visage, et la peur pour Natsuki l'engloutissait. Natsuki avait essayé de chuchoter qu'elle l'aimait avant de tomber inconsciente, mais elle n'avait rien dit en retour. Elle l'aimait, mais c'était de sa faute si la blunette avait pris une balle. C'était sa faute si toutes ces femmes étaient mortes. Sa faute…
Nao se précipita vers elle, tourna Natsuki sur le dos et vit le sang. Rapidement, elle prit une tait d'oreiller délavée et la pressa sur la blessure de Natsuki. Dehors une sirène perçait l'air, stridente et proche.
« Es-tu blessée ? » Demanda Nao.
« Non. » Elle frotta ses poignets mis à vif un peu sanglant, mais n'y pensa plus quand elle posa la tête de Natsuki sur ses genoux. Elle était si pâle, et il y avait tellement de sang. Elle l'aimait tellement…
Elle ne pouvait pas la perdre. Pas maintenant.
-xox-
Les heures qui suivirent furent les plus longues de la vie de Shizuru. Elle monta dans l'ambulance avec Natsuki, serrant sa main alors qu'ils la transportaient à l'hôpital. Aussitôt qu'ils arrivèrent, l'équipe rapatria la blunette en chirurgie puis traitèrent les abrasions sur les poignets et les chevilles de Shizuru. Nao et Midori l'approchèrent pendant qu'elle était assise dans la salle d'attente blottie dans une couverture. Nao lui tendit une tasse de café qu'elle berçait dans ses mains, avalant doucement et souhaitant que ce soit du thé.
« Ara, avez-vous déjà entendu ? » Demanda-t-elle.
Nao secoua la tête. « Elle va s'en sortir, Viola-sensei. Kruger est l'une dans plus résistantes filles que je connaisse. »
Shizuru acquiesça, priant pour qu'elle ait raison. Midori s'assit à côté d'elle, l'expression grave du Capitaine. « Nous avons tous ce que nous avons besoin pour mettre au clou Tomoe pour un long moment. Le sang sur le sol dans la maison de Hatsumomo était celui de Yuri Saato, et les empreintes de Tomoe étaient dans toute la maison. Un éclat sous son doigt l'a reliée à la peinture que Shiho utilisait. Et les enregistrements des crimes la montrent à l'acte. Nous avons aussi des enregistrements des filles dans leurs maisons, et la planque de sous-vêtements qu'elle utilisait ceux qu'elle utilisait sur les victimes avec les trophées qu'elle prenait. »
Shizuru haleta, puis rencontra son regard et vit la vérité dans ses yeux. « Vous avez trouvé des caméras cachées dans ma maison ? »
Elle hocha la tête. « Je suis désolée, mais il paraitrait que Tomoe était la demi-sœur de Shiho Munakata. Shiho la laissait venir durant le jour pour l'aider avec la peinture. Cela lui donnait l'accès à ta maison. »
« Shiho travaillait pour les autres filles ? »
A nouveau, elle hocha de la tête. « Il y a plus. Je ne sais pas si Natsuki a eu la chance de te le dire mais nous avons ton frère en détention. »
« Quoi ? » Son cœur sombra, l'inquiétude empiétant sur la culpabilité et la peur à l'égard de Natsuki.
La Capitaine lui expliqua que Reito avait rendu visite à sa mère et avait attrapé le Docteur Ishigami à l'acte en train d'essayer de la droguer et qu'il avait sorti un couteau. « Nous avons arrêté Ishigami. Il a admis qu'il est entré par effraction chez toi et a essayé de t'étrangler parce qu'il avait peur que tu ne découvres ce qu'il avait fait à ta mère et que tu ne le dénonces. »
Shizuru avait retenu son souffle. « Est-ce que ma mère va bien ? »
« Elle va bien. Reito l'a sauvée. »
« Y a-t-il des charges contre Reito ? »
Midori joignit ses mains. « Non, mais Reito est très triste. »
« Il a besoin d'une cure de désintoxication. » Accorda Shizuru. « Et des consultations. Je suis sûre que vous pourrez le lui en donner. »
Oui, elle ferait tout ce qu'elle pourrait pour son frère et sa mère, mais les prochains mois n'allaient pas être faciles.
Le chirurgien apparut devant la porte. « Nous avons fini avec la Détective Natsuki Kruger. Elle récupère maintenant. »
« Comment va-t-elle ? » Demanda Midori.
« Elle va être endolorie et avoir besoin de se reposer, mais elle va plutôt bien. »
Shizuru relâcha finalement la respiration qu'elle retenait. « Ara, puis-je la voir ? »
« Juste pour un moment. »
Elle lança un regard à Nao et au Capitaine, mais elles lui mentionnèrent d'entrer. Son ventre voltigea quand elle entra dans la zone de repos, les larmes menaçant à la vue du bandage sur l'abdomen de Natsuki et la pâleur maladive de son teint. Ses paupières papillonnaient, et Natsuki essayait de bouger sa main comme si elle la cherchait. Elle alla à elle, et la saisit entre les siennes et les larmes coulèrent.
« Je suis si désolée, Natsuki, j'étais si inquiète pour toi. » S'écria-t-elle. « Tout est de ma faute, Tomoe a tué ces femmes à cause de moi. Et elle t'a presque tuée, aussi. »
Natsuki serra sa main et secoua légèrement sa tête. « Non, Shizuru. Ce n'est pas de ta faute. »
Mais c'était sa faute, pensa-t-elle silencieusement. Natsuki avait blâmé l'autre docteur pour la mort de sa mère, et maintenant elle avait presque perdu la vie à cause d'elle. Parce que le travail qu'elle faisait était son moyen d'aider les gens. Mais elle avait aidé personne, seulement apporté la douleur et la mort dans sa vie autant que dans celle des quatre filles innocentes. Elle ne savait pas comment elle pourrait même se pardonner elle-même.
-xox-
La nuit était tombée quand Natsuki se réveilla enfin, et elle se demanda quelle heure il était. Combien de temps avait-elle passé ici ? Des heures ? Des jours ? Elle regarda sa montre et réalisa que ça faisait deux jours. Deux jours depuis que Shizuru avait été à ses côtés. C'était comme une éternité. Elle se rappela lui avoir pris la main dans la salle de repos, l'agonie et la culpabilité dans sa voix. Maintenant elle devait savoir qu'elle avait arrêté Reito et Jiro Ishigami et elle voulait lui expliquer. Elle devait la voir. Lui dire la vérité. Assurer à la brunette qu'elle l'aimait et la convaincre que rien de cela n'était sa faute. Shizuru avait l'âme la plus douce du monde, et elle avait besoin d'elle.
Natsuki rejeta la couverture, grimaçant à la douleur de son abdomen, puis enleva les transfusions de son bras. Soudain, la porte s'ouvrit, et Reito Viola entra, ses mains enfonçaient dans les poches de son baggy délavé.
« Qu'est-ce que tu fais ici, Reito ? »
« Je suis venu m'excuser et parler. » Dit-il dans une voix basse.
Natsuki se reposa contre les oreillers. « Je croyais que tu étais encore énervé. »
« Je l'étais. » Admit-il. « Mais j'ai eu le temps de me calmer en cellule. »
« C'était le but. » Dit-elle. « Je ne te blâme pas pour avoir attaqué ce docteur. Il le méritait. »
Le regard de Reito rencontra le sien.
« Je ne ferme pas les yeux sur ton comportement, gamin. Je pense que tu as eu beaucoup de problèmes et que tu as besoin d'aide. »
L'expression de Reito devient penaude. « C'est pourquoi je suis venu. J'ai vu Shizuru et je lui ai dit que j'allais faire une cure de désintoxication. Je vais essayer le mieux possible de réparer mes actes et faire quelque chose de moi. Quelqu'un dont elle pourrait être fière. »
« C'est bien, » Dit Natsuki. « Tu peux être tout ce que tu veux, tu dois juste travailler dessus. »
Reito ne semblait pas convaincu, mais au moins il était dans le bon chemin. « J'ai entendu dire que tu avais sauvé la vie de ma sœur. »
Natsuki haussa des épaules. « Je faisais mon travail. »
Reito arqua un sourcil. Le gamin s'était coupé les cheveux et douché, il était devenu bien plus présentable.
« C'est plus que ça. » Commença Reito. « Il y a quelque chose entre vous deux, n'est-ce pas ? »
Elle refusait de mentir. « J'aime ta sœur, Reito. Je ne sais pas pour elle, mais je veux continuer à la voir. »
« L'as-tu dis à Shizuru ? »
Elle secoua la tête. « Non elle n'est pas revenue. » Elle balança ses jambes de l'autre côté du lit. « J'ai besoin de la voir pourtant, ce soir. »
Reito sourit. « Tu as besoin d'un chauffeur ? »
Natsuki acquiesça. « Laisse-moi juste trouver des vêtements. »
Ses points tirèrent quand elle enleva la robe d'hôpital et qu'elle mit son T-shirt. Natsuki batailla avec son jean mais arriva à le mettre, sifflant à la faible douleur que lui causaient ses mouvements. Oubliant les chaussettes, elle passa ses pieds dans ses chaussures et marcha jusqu'à la porte. Elle marchait doucement, et Reito l'aida à passer discrètement l'équipe médicale, le hall, l'ascenseur et à monter dans sa voiture. Le trajet cahoteux agita encore plus la douleur de son ventre, et elle le serra, espérant qu'elle n'allait pas rouvrir ses points. Elle ne voulait pas se montrer sanguinolente à la porte de Shizuru.
Quelques minutes après, Reito la poussa devant la maison de Shizuru. La nuit tombait, et les lumières brillaient dans la maison. Midori avait rendu visite à Natsuki à l'hôpital et lui avait dit qu'elle avait informé Shizuru des caméras. Toutes les fois qu'elle pensait à cette femme la violant, elle souhaita avoir tué Tomoe et l'avoir laissée dans une mare de son propre sang crasseux.
« Et bien, je vais y aller. » Dit Reito. « Je reviendrais vérifier dans la soirée. »
« Bonne chance alors. » Natsuki tendit sa main et le frère de Shizuru la serra. « Si je peux t'aider d'une quelque façon, quelle qu'elle soit, appelle. »
L'émotion assombrirent les yeux du jeune homme, et il l'a remercia, puis partit. Portant sa main à son bandage, Natsuki se força à avancer jusqu'au porche. Espérant que Shizuru ne la rejetterait pas, elle sonna.
Une sonnerie. Deux. Trois. Finalement elle entendit des sons de pas. Elle la vit vérifier par le judas, et nota le signe d'un système d'alarme sur la porte. Dieu merci. Elle aurait dû avoir insisté pour en installer un dès le début. Putain, elle aurait dû l'avoir fait pour elle. La porte grinça quand elle s'ouvrit et elle prit une grande respiration.
« Natsuki… ? » Sa voix était un murmure dans l'air embaumé. « C'est vraiment toi ? »
« Oui c'est moi. »
Les larmes coulèrent, et elle mordit sa lèvre inférieure. « Qu'est-ce que tu fais hors de l'hôpital ? Tu ne devrais pas être au lit ? »
« Je devais te voir. » Dit Natsuki d'un ton bourru alors que tout ce qu'elle voulait était de la prendre dans ses bras. « Je peux entrer ? »
L'incertitude et la peine se lisaient sur son joli visage, mais elle fit signe à la détective d'entrer. Natsuki la suivit dans le salon et Shizuru lui ordonna de s'assoir.
« Ara, je peux pas croire que tu sois venue, après tout ce dans quoi je t'ai poussée. » Dit-elle dans un chuchotement torturé.
« Shizuru, arrête. » Elle prit ses mains dans les siennes. « Quand tu n'es pas revenu, j'ai pensé que tu étais contrariée par moi. Que tu ne voulais plus me voir. »
« Je ne pouvais pas te faire face. » Ses yeux vermeils montraient la douleur dans son cœur. « Tu avais raison à propos de moi, de mon travail. Ces femmes sont mortes à cause de moi. »
« Non. » dit Natsuki avec énergie. « Elles sont mortes à cause d'une femme folle, Shizuru. »
« Celle que j'étais supposée aider. »
« Tu as essayé, mais une lady très intelligente m'a dit une fois que nous en sauvions certains mais que nous ne pouvions pas tous les sauver. Nous sommes tous humain, alors arrête. »
Le corps de Shizuru trembla quand son regard rencontra le sien.
« Je voulais t'expliquer à propos de Reito. La raison pour laquelle je l'ai enfermé cette nuit. »
« Tu pensais qu'il était l'Etrangleur ? »
Elle secoua la tête. « Non… et bien, nous avions trouvé les liens des comptes MySpace qui reliaient les autres victimes. Nous avons pensé que Reito avait un compte, puisque c'était relié à ton ordinateur. Maintenant nous savons que Tomoe a ouvert un compte quand elle a gagné l'accès à ta maison par ta sœur. »
Les joues de Shizuru se colorèrent avec amertume. « Quand elle installait des caméras dans ma maison pour me voir. »
Natsuki ravala son propre mélange de colère et de dégout. « Oui. »
Elle acquiesça, puis inclina sa tête avec un frisson. « Combien de personne ont vu ces enregistrements, Natsuki ? »
« Personne. » Dit-elle rapidement. « J'ai donné des ordres stricts à l'équipe technique quand je les ai découvert, disant que j'étais la seule autorisée à les voir. »
Shizuru relava la tête, un mélange d'émotions dans ses yeux. « Je ne veux pas qu'ils soient montrés. »
« Je te promets qu'ils ne le seront pas. Nous n'avons pas à les montrer pour condamner Tomoe. Je les détruirai moi-même. »
Son menton frémissait. « Ookini, Natsuki. »
Elle commença à se relever comme si elle allait congédier la blunette. La renvoyer. Elle ne pouvait pas autoriser cela. « Ne me remercie pas. » Dit-elle d'une voix bourrue. « Je ne veux pas que quelqu'un d'autre que moi voit ma Shizuru nue. »
Ses yeux vermeils papillonnèrent de surprise. « Q-quoi ? »
« Je t'aime, Shizuru. » La voix de la blunette se brisa quand elle tira Shizuru à côté d'elle. « As-tu idée d'à quel point j'étais terrifiée quand tu as disparue ? Je pensais que j'allais mourir de peur. Ne cessant d'imaginer ce qu'elle pouvait te faire, et je voulais écraser sa gorge de mes mains nues. » Son cœur battait la chamaille. « Je ne pouvais te perdre. » Elle leva les mains du docteur et les embrassa. « Je ne peux pas. J'ai besoin de toi. »
« Mais il s'est passé tellement de choses. Le désordre complet règne en moi, Natsuki. Et dans ma famille. » Elle fit un geste englobant la maison comme si elle essayait de prouver ses dires. « Je ne suis même pas sûre de vouloir rester ici. J'étais si excitée à l'idée de rénover cet endroit, mais en sachant que la fille qui la réparait était la sœur de l'Etrangleur, sachant qu'elle m'observait… Je ne suis pas sûre que je me sentirais encore comme chez moi. »
« Nous ferons ce que tu veux pour la maison. Vivre ici, en acheter une autre ça m'importe peu où nous sommes, tant que nous sommes ensemble. »
« Natsuki… »
« Je n'essaye pas de te presser. Prends tout le temps qu'il te faut, Shizuru. Nous pouvons envisager les choses ensemble. » Sa voix se replissait d'émotions. « Laisse-moi juste être avec toi. Ne me quitte pas. » Elle releva le menton de Shizuru avec son pouce. « Je veux être dans ta vie. Pour l'éternité. »
La faible lueur d'un sourire vacilla dans ses yeux rouges. « Je ne sais pas ce que je vais faire pour mon travail, non plus. » Dit doucement Shizuru.
La mâchoire de la détective tomba. Elle devra supporter toutes les décisions qu'elle fera si elle sera avec elle. Mais, Dieu, la pensée d'un autre sicko se fascinant pour Shizuru la terrifia.
« Je ne pense pas que je puisse continuer de faire ce que je fais. » Admit Shizuru avec un soupir.
Natsuki prit son visage dans ses mains. « Ne quittes pas ton travail parce que tu penses que tu as laissé tomber Tomoe, que tu as échoué. Tu es une merveilleuse psychologue et tu aides beaucoup de personnes. »
Elle hocha lentement de la tête. « Peut-être, mais je veux prendre du temps pour ma mère et mon frère, et moi. Et je pense que quand je serais de retour, je devrais essayer de travailler avec de jeunes personnes. Peut-être que je peux les aider avant que les choses empirent. » Hésita-t-elle, puis elle se racla la gorge, la détermination de nouveau dans sa voix quand elle parla. « Je ne veux pas vivre le reste de ma vie avec ma famille en danger à cause de mes patients. »
Natsuki retenait son souffle. Elle espérait que 'famille' l'incluait. « Je ne peux pas dire que je ne suis pas soulagée. Je pensais que je devrais rendre mon badge et devenir ton garde du corps permanent. Te protégeant 24/7. »
Une lueur étincela dans les yeux de Shizuru. « Ara, Natsuki voudrais me protéger 24/7 ? »
Elle sourit et se pencha vers elle, berçant son visage dans ses mains. « Ça devrait inclure un paiement, aussi. »
« Ikezu, Natsuki. Tu sais que tu recevras plus qu'assez pour tes services. » Elle déposa un baiser sur ses lèvres, le plus doux moment qu'elle n'est jamais connu. Elle se retira et plongea son regard dans son homologue émeraude, les larmes scintillantes sur ses cils. « Je t'aime. »
Le cœur de Natsuki éclata de bonheur et d'un amour profond pour cette femme. Elle haussa un sourcil, subjectif, prit ses mains dans les siennes et sourit largement.
« Peut-être devrais-je recevoir ma paie maintenant. Après tout, je vous ai sauvée Viola-sensei. » Taquina Natsuki.
Shizuru ria, un son clair qui était si beau qu'il sonnait comme des carillons. « Ara, mais tu es blessée, Natsuki. »
« Exacte. Raison de plus pour que vous vérifiez mes blessures, Docteur. » Elle mit Shizuru sur pied et la guida vers les escaliers. « Tu devras être gentille avec moi ce soir, pas animal comme tu es habituellement. » Natsuki sourit avec arrogance.
Shizuru ria à nouveau, et la détective su que tout irait bien, qu'elle avait trouvé son âme sœur et l'amour de sa vie.
« Une dernière chose, Shizuru. » Natsuki s'arrêta et se tourna pour lui faire face, plaçant un chaste baiser sur les lèvres de la brunette. « Je t'aime, aussi. »
~End~
J'espère que ça vous a plus autant qu'à moi, à bientôt pour l'épilogue ! :3
