Disclaimer: Les personnages de cette fiction ne m'appartiennent pas, ils sont à Rob Thomas & Co. Je ne retire aucun bénéfice matériel de cette histoire.

Note de l'auteure : Bien le bonjour chères lectrices!Un nouveau chapitre pour vous, un peu en retard je le sais et je m'en excuse. N'hésitez pas à me donner vos impressions, si vous êtes encore là, et merci beaucoup pour toutes vos reviews! Au prochain épisode, une discussion entre Dick et Mac, un petit séjour en prisons pour certains de nos amis que je ne nommerais pas, une apparition dans l'histoire de quelques personnages qui auraient préféré passer leur tour, et bien d'autres surprises ... Read & Review, et à très bientôt! Merci encore!

410-Anthropomorhic

... : Je peux vous aider?

Veronica sursauta et se retourna avec précipitation. Et merde. Prise au dépourvu, -on ne la remarquait pas, d'habitude-, elle bafouilla lamentablement :

Veronica : Oui, je ... Enfin non, c'est ... Bref, je..

L'homme leva un sourcil châtain.

... : Vous ... ?

Veronica ne dit rien -autant ne pas empirer la situation-. Elle adressa un sourire colgate au jeune homme, mais à son grand dam il n'eut pas l'air sensible à ses charmes de petite blonde piquante (auxquels bien d'autres succombaient, il faut le préciser) et croisa ses bras sur sa poitrine en prenant une expression sévère .

... : Ceci est une scène de crime, mademoiselle.

Veronica promena son regard autour d'elle, faussement étonnée, et posa ses mains sur ses hanches étroites avant de s'exclamer, ironique :

Veronica : Je me disais bien que ça ne ressemblait pas à un terrain de golf!

L'homme soupira et le sourire de Veronica s'étira jusqu'à relever ses adorables fossettes.

-

Vinnie Van Lowe avait beau être un shérif pitoyable, il n'en détestait pas moins se faire rouler. Spécialement par Veronica Mars. Veronica Mars lui sortait par les yeux. Autant dire que découvrir que cette petite intrigante avait détruit la preuve qui accusait Dick Casablancas -un autre gamin, qui, entre parenthèses, était presque aussi insupportable qu'elle- n'était pas vraiment une bonne surprise. Voire une très mauvaise. Alors, voilà ce que Vinnie allait faire aujourd'hui : il allait retrouver cette vidéo, jeter Veronica Mars en prison, aller cueillir le rejeton Casablancas devant toute sa bande -un peu d'humiliation publique ne lui ferait pas de mal-, lui passer les menottes, le caler dans une jolie cellule où l'attendrait une petite blonde enragée et s'offrir une virée à Tijuana pour clôturer le tout. Perfecto. Vinnie se remit à lire son Paris Match en sifflotant en chanson paillarde.

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Logan Echolls marchait dans les rues de Neptune. Jusque là, rien que du très normal. Ce qui, pour le coup, était moins normal, était l'endroit vers lequel il se dirigeait. Cela n'était pas prévu. Pas prévu, dans le genre, pas du tout prévu. Logan était Logan, on était bien d'accord, se mettre dans des situations impossibles était sa marque de fabrique, mais il avait un peu espéré redevenir normal après toutes ces histoires avec Veronica. Veronica ... OK, stop, on rembobine. Ne pas penser à Veronica. Mauvaise idée. Non, parce que, la connaissant, elle était capable de se pointer, sourire aux lèvres, et de lui demander de se tuer pour elle avant de mettre son coeur en pièces à coup de "Sors de ma vie" et autres gentillesses. C'était tout à fait son genre. Nous disions donc ... Logan Echolls se dirigeait vers une destination pour le moins inhabituelle.

Il bifurqua dans une rue en se demandant pourquoi il n'avait pas pris son SUV. Quelle idée, franchement, ses mocassins allaient être foutus ... Mais il avait le sourire aux lèvres quand il s'arrêta devant l'hôtel. Il n'y avait vraiment pas de quoi sourire, pourtant. On était loin du Neptune Grand. La pancarte défraîchie affichait en grosses lettres noires les mots "Neptune Bedroom". Les volets avaient l'air de dater de l'an moins 700, les fenêtres n'avaient probablement jamais été lavées, et on était dans l'un des quartiers les plus mal famés de Neptune, à mille lieues des habitudes de nouveau riche de Logan. Quand la concierge lui fit un petit geste, alors qu'il montait l'escalier quatre à quatre, il se promit que c'était la dernière fois qu'il venait. Mais lui-même n'y croyait pas.

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Il n'en pouvait plus. Il n'en pouvait plus de cette immobilité, de ce vide constant, de cette culpabilité harassante. Il en avait par-dessus la tête. Ce qui avait été tristesse se transformait en rage, en colère bouillonnante et en désir de revanche. Il ne laisserait pas une erreur le séparer de sa meilleure amie. Non. Pas question. Il se leva précipitamment, mais dut se rassoir dans la seconde. Il était resté assis trop longtemps, et ses genoux lui faisaient mal. Alors il réfléchit. A quoi bon se lever s'il ne savait pas où aller? Où serait Mac? Chez ses parents, peut-être. Chez Veronica. Quelque part sur la plage. Quelque part. Mais il fouillerait partout. Oui, il ferait ce qu'il faudrait pour la retrouver. Personne ne le séparerait de sa meilleure amie. Ce fut rasséréné par cette résolution qu'il descendit les marches en courant presque, grimaçant sous la douleur câline. Il prit son manteau sur le portemanteau et lança à sa mère :

Wallace : Je sors!

Alicia eut un sourire léger et secoua la tête avant de répondre :

Alicia : Sois rentré avant six heures!

Il ne répondit pas, mais elle savait qu'il serait rentré à six heures moins dix.

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Ils se promenaient près du terrain de foot. Il faisait plutôt froid mais il lui avait prêté son gilet et il flottait autour d'elle. Cela faisait bizarre de la voir enfouie dans un blouson de cuir, les cheveux dans tous les sens, qui cherchaient à s'échapper de son chignon trop serré. Et, comble de l'horreur, ils étudiaient les figures de style. Non, mais, franchement. Pourquoi pas la proposition infintive?

Adriana : Donc, la synecdoque c'est le contenu pour le contenant, et la métonymie c'est le contraire, le contenant pour le contenu. Tu comprends?

Il ne comprenait pas un traître mot de ce qu'elle baragouinait.

Weevil : Nan.

Mais ça ne la faisait pas rire. Elle avait beau être un peu moins insupportable qu'avant, elle n'en restait pas moins un garce finie.

Adriana : Ça fait trois heures que je t'explique!

Weevil haussa les épaules.

Weevil : Et alors? Je ne comprends pas, je n'y peux rien!

Adriana croisa ses mains, ferma les yeux et inspira profondément, se murmura "Zen" à voix basse avant de continuer.

Adriana : Je t'explique une dernière fois, et si tu ne comprends pas, je me casse.

Weevil en répondit rien. Il adorait la voir s'énerver. Ses oreilles devenaient rouges, elles frétillaient presque. Mais il n'était pas assez suicidaire pour le lui faire remarquer.

Adriana : Par exemple, dans la synecdoque, si tu veux désigner les bateaux, tu peux dire "les voiles" ou "les mâts", tu vois?

Weevil hocha la tête.

Adriana : C'est mon oncle Cliff qui m'a fait comprendre ça ... Avant , j'étais comme toi, une foutue tête à claques...

Weevil émit une petite exclamation outragée et frappa doucement Adriana dans l'épaule. Leurs relations s'étaient beaucoup améliorées depuis le deal. Bien sûr, il y avait quelques petites choses qu'ils ne supportaient pas l'un à propos de l'autre -OK, beaucoup de choses-, et ils ne manquaient pas de se le faire remarquer, mais le travail avançait plutôt vite et Weevil était un bon élève.

Weevil : Attends, Cliff?

Adriana le regarda bizarrement, ce qui était plutôt normal vu qu'il s'était arrêté au milieu de la route, l'air transpercé par une fulgurance de compréhension.

Adriana : Quoi?

Weevil se remit à marcher.

Weevil : Tu veux dire, Cliff MacCormac?

Adriana acquiesça.

Adriana : Pourquoi?

Weevil eut un sourire en coin, à la fois nostalgique et gentiment canaille.

Weevil : Oh, rien, une vieille connaissance ...

-

Qu'allait-elle faire? Avait-elle vraiment besoin de nouveaux fantômes, alors que les ombres des anciens n'avaient même pas encore complètement disparu, avalés par les ombres immenses des vagues écrasantes? Avait-elle besoin de gestes qui tournaient encore et encore autour de sa tête, silencieux ectoplasmes emportés dans leur danse macabre? Avait-elle besoin de ce carrousel de questions obsédantes et sans cesse renouvelées? Non. Non, elle avait besoin d'un peu de sommeil, et de simplicité. Une vie simple d'amitié et de soleil, une vie californienne par excellence, baignée de sel et de destins tranquilles. Elle ouvrit les yeux et resta quelques minutes dans la pénombre, le dos confortablement coincé dans les reins du canapé, les yeux fixés au plafond tâché de lumière blafarde. Puis, quand elle sentit qu'une autre seconde d'immobilité et de silence ne l'amènerait qu'à l'abîme, elle se leva, lentement, avec difficulté, tira sur ses seins adolescents le T-shirt vert clair que lui avait prêté Veronica, et se dirigea vers la salle de bains. Elle mit ses mains en coupe pour y recueillir un peu d'eau, en baigna son visage hagard, et resta quelques moments devant le miroir, à détailler impitoyablement les moindres détails de son faciès indifférent sur lequel les gouttes d'eau dévalaient avec constance. Puis, lassée de sa masochiste contemplation, elle roula ses mains sur son ventre pour essayer d'en chasser la douleur diffuse, en vain, et prit le chemin de la kitchenette. Elle y alluma une petite lumière jaune qui n'éclaira qu'un morceau de la table de sa lueur maladive, ouvrit le frigo qui l'éblouit avec cruauté, en sortit une bouteille de lait et la posa sur le plan de travail. Prit sa tête entre ses mains. Tout était si flou, ces quelques gestes déjà l'avaient épuisée, elle en sentait plus ses jambes ni le fardeau de son poids. Mais elle se força à sortir un bol et le paquet de Corn Flakes, et, enfin, épuisée par cette suite monotone et létale d'actions sans signification, elle s'assit et prépara son bol.

Les Corn Flakes qui flottaient sur le lait froid ressemblaient à des cadavres.

-

Wallace avait fait tous les endroits où elle pouvait être. Tous, de sa cave au jardin de sa grand-mère, il avait téléphoné à l'université, à ses oncles et tantes, il avait passé plusieurs heures sur la plage en espérant bêtement qu'elle se cachait derrière un rocher. Il ne restait qu'un endroit où elle pouvait être, mais Wallace ne voulait pas y aller. En fait, il ne voulait même pas y penser. Et pourtant, ses pas le menaient tout droit là-bas. C'était une erreur. Il le savait. Il ne voulait pas la voir, même si c'était pour retrouver Mac. Même pour retrouver Mac? Il ne savait pas. Il ne voulait pas avoir à faire un choix. Et surtout pas celui-là. C'était trop dur, c'était trop d'acide versé sur sa plaie refermée de travers. Pourquoi tout devait-il toujours être si dur? Il n'eut pas le temps de finir sa réflexion qu'il y était déjà. Il regarda avec terreur le perron qui à priori n'avait rien de terrifiant, si ce n'est peut-être une des voisines qui le regardait avec suspicion et dont la perruque rousse penchait sur le côté gauche. S'avança sur le pas de la porte. Il allait le faire. Elle ouvrirait, le verrait, pâlirait, soupirerait peut-être, il se dépêcherait de lui demander où était Mac, elle lui répondrait en le couvant d'un regard en biais, comme elle faisait toujours quand elle n'était pas sûre. Il la remercierait avec cette même voix un peu blanche, suante de peur et d'appréhension, d'affection et de regret. Il n'aurait plus qu'à partir, jusqu'à la prochaine fois où il serait obligé de revenir, la prochaine fois où il s'agiterait sur son perron en se dandinant d'un pied sur l'autre en guettant de l'oreille le moindre bruit qui pourrait indiquer qu'elle l'avait repéré et qu'il ne pouvait plus faire demi-tour, la prochaine fois où il la croiserait dans les rayons de Wallmart et ferait semblant de ne pas l'avoir vue. Il y aurait toujours une prochaine fois, elle ne serait jamais vraiment perdue, au fond. C'était à la fois rassurant de le savoir et horrible de se dire qu'il faudrait s'en aller définitivement pour pouvoir l'oublier. Il cogna son poing faible contre la porte et carra les épaules, mais personne ne répondit. Pourtant il y avait quelqu'un. Il le savait, il avait vu un rideau s'écarter tout à l'heure. Le fait qu'elle aussi ait du mal à l'affronter le galvanisa. Il s'éclaircit la voix rendue rauque par plusieurs jours de méditation et de douleur prostré dans l'écrin fumant de ses draps.

Wallace : Veronica!

Elle ne répondit pas, de nouveau.

Wallace : Veronica!

Il entendit indistinctement un bruit de pas. Traînants, lourds, des pas fatigués. Il se prit à s'inquiter pour son ancienne amie, mais se força à réfréner sa préoccupation. La porte s'entrouvrit, et un visage familier s'encadra entre le chambranle et la poignée. Wallace déglutit.

-

... : Désirez-vous quelque chose en particulier, mademoiselle Mars?

Veronica essaya de ne pas se laisser déstabiliser par le fait que le mignon officier de quelque chose -elle ne lui voyait pas de badge, et il n'avait pas l'air très enclin à lui débiner son curriculum vitae- connaisse son nom et répondit avec son mordant habituel, en appuyant ses deux mains contre son cœur comme une fillette exaltée :

Veronica : Oui! Un poney!

Elle faillit ajouter "Cent balles et un Mars!" mais ... est-il utile de préciser que la plaisanterie ne fut pas à son goût? Il gronda :

... : Mademoiselle Mars, je vous prie de répondre à ma question, où je me verrais obligé d'en reporter au shérif Van Lowe!

Veronica imita une mimique apeurée.

Veronica : Non!

Le jeune homme poussa un soupir et Veronica en profita pour jeter un coup d'œil vers le corps, sourire toujours aux lèvres.

-

Wallace : Mac ...

Mac le toisa d'un regard mi-triste, mi-furieux. Elle n'avait pas bonne mine, et Wallace se dit qu'ils devaient avoir l'air bien désemparés, deux gamins dans le doute avec des valises sous les yeux et les cheveux en pétard. Mac tirait nerveusement sur son T-shirt, et Wallace remarqua qu'elle portait l'un de ceux de Veronica, le vert clair avec des manches courtes. Elle ne dit rien, et elle n'avait d'avoir l'intention de dire quelque chose.

Wallace : Mac, je ...

Est-ce-qu'il était vraiment désolé? Voilà qu'il se prenait à se le demander. Il resta là, la bouche ouverte dans son bafouillement avorté, et elle l'informa en une œillade que les quelques minutes d'attention qu'elle avait bien voulu lui accorder se terminaient maintenant. Elle referma la porte en faisant attention de ne pas faire de bruit, toujours sans lâcher ses pupilles, en y plongeant un magma d'iris et de cils trop noirs, pleins de ressentiment et de chagrin. Quand il ne resta devant lui que le visage de bois impassible, les larmes lui montèrent aux yeux, et bientôt il en eut plein les paupières, qui attendaient patiemment d'être versées. Il fut sorti de sa peine grandissante par l'apparition d'un petit bout de papier qui sortit par le dessous de la porte. Il le prit fébrilement, le cœur empli d'une violente espérance, mais la seule chose qu'il trouva fut une phrase, écrite en lettres capitales au marqueur noir, sans brutalité mais sans tendresse :

Ne reviens pas.

Les larmes débordèrent et inondèrent ses joues. Il les essuya rageusement avant de courir à moitié vers ... vers quoi? Vers rien. Il voulait juste sortir. Sortir de cette cour, de cette maison, de cette atmosphère si typique de la petite blonde dans laquelle Mac avait été emprisonnée. Quand il se retrouva au-dehors de la propriété, il se laissa glisser contre un mur et entoura ses genoux de ses bras, le corps secoué de violents soubresauts.

Personne ne le séparerait de sa meilleure amie. Sauf peut-être elle.

-

On pouvait, sans mentir, dire que Richard Casablancas Jr se remettait plutôt bien de la mort de sa petite-amie officielle, survenue rappelons-le deux petites semaines plus tôt. Malgré le fait que son meilleur ami était encore parti dans un trip d'attachement obsessionnel à il-ne-savait-quoi, même si la petite-amie en question avait non seulement été tuée mais assassinée et reposait sur la table d'autopsie du commissariat de Neptune, même si le meurtrier n'avait toujours pas été attrapé, même si il faisait copain-copain avec la pire des garces de Neptune, il se portait assez bien. Son style de vie habituel n'avait pas été perturbé par ces terribles événements -mis à part peut-être quelques visites impromptues de Miss Mars au Neptune Grand, un vide intersidéral dans la chambre de Logan et quelques parties de baise en moins avec la Bimbo-en-chef-, et le régime bières-filles marchait comme au bon vieux temps, c'est à dire à plein pot. Mais aujourd'hui, au volant du SUV jaune de Logan -quel idiot celui-là, se balader à pieds dans les rues de Neptune, en mocassins Gucci, non mais je vous jure, ces fils de riches-, un sourire à 34 dents plaqué au centre de son visage d'imbécile heureux, il se dirigeait, non pas vers la plage, mais vers la toute nouvelle destination touristique à la mode, celle que tous les emmerdeurs recommandaient, j'ai nommé la maison des Mars. Veronica était partie en coup de vent hier soir, après le visionnage de la vidéo, et Dick n'avait pas eu le temps de lui demander si elle voulait la détruire ou pas. Et qu'est-ce que c'était que cette silhouette dans le miroir, si il avait bien vu... Ce n'était pas que ça le dérange tant que ça qu'on le regarde en pleine performance -l'admiration envers le Dick était tout ce qu'il y a de plus normal-, mais le fait qu'il y ait un témoin à leur drug party lui plaisait nettement moins. Il le savait pourtant qu'il n'aurait pas du accepter, il le savait ... Tout avait l'air louche dès le début, tout ressemblait à une minutieuse machination ... et s'était transformé en piège à rebours. Dick avait beau être idiot, il savait bien que les sombres secrets reviennent toujours à la surface, et pas de doute que celui-ci n'échapperait à la règle. Alors il allait voir Veronica. Le sourire aux lèvres. Il l'aimait bien, tout compte fait, la petite fouineuse.

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L'officier lui fit face avec, apparemment, la ferme intention de l'emmener chez l'ami Van Lowe, quand Veronica l'apostropha calmement :

Veronica : Eh, pas besoin de s'énerver!

Si il avait eu quelque chose avec lequel s'étouffer, il l'aurait fait.

Veronica : Eh bien, je passais dans le coin, et j'ai eu envie de voir Mme Sinclair.

Elle croisa ses bras sur sa poitrine en secouant la tête avec conviction.

Veronica : On est très amies, vous savez?

L'officier posa son index et son pouce sur l'arrête de son nez, et inspira profondément, avant d'adresser à la jeune fille son sourire le plus faux.

... : Je n'en doute pas.

L'air de prendre ne petite revanche, il informa l'adolescente :

... : Je me vois dans l'obligation de vous fouiller, Mademoiselle Mars. Nous sommes sur une scène de crime, et tous les indices sont cruciaux.

Veronica lui adressa une oeillade pleine de sous-entendus.

-

Quand Dick arriva devant l'appartement des Mars, il fut étonné de ne pas y trouver la LeBaron de Veronica. Elle ne dormait jamais, ou quoi? Il fut encore plus étonné quand une tornade noire le bouscula. Qu'est-ce que Wallace faisait ici? Est-ce que les deux inséparables n'étaient pas censés s'en vouloir à mort? Il ne comprenait plus rien. Bon, en usant un esprit de déduction logique, si Wallace partait en courant, dévasté ... Veronica devait être là. Il toqua donc, à la manière du Dick, fort et sans aucune délicatesse. Un son de sanglots à l'intérieur -il aurait du s'en douter, Mars ne pleurait presque jamais, sauf quand elle apprenait que Logan l'avait trompée, que son père n'était pas son père (remplacé par Jake Kane, ça fait mal), ou que son petit-ami avec qui elle avait eu sa première expérience sexuelle était en fait son frère. Ce qui était compréhensible, en faisant effort. - s'arrêta, aussitôt remplacé par un bruit sonore de reniflements. Des pas lourds s'avancèrent vers la porte, qui s'ouvrit violemment.

Ce n'était pas vrai. Pourquoi le monde chez Mars était-t-il toujours si compliqué?

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Les mains du jeune homme sur sa taille rappelèrent à Veronica que cela faisait vraiment longtemps qu'elle n'avait pas eu de petit-ami. Il allait falloir que ça change ... Elle ne pensa pas une seconde à sa besace posée à son côté, que l'officier gardait pour plus tard, et à la vidéo qu'il allait sûrement être ravi de retrouver.

Bien sûr qu'elle n'y pensa pas. Elle aurait mieux fait, pourtant.

-

Dick salua Mac timidement, d'un petit geste de main hésitant. Mieux valait être prudent, elle avait vraiment une sale tête comme ça, des coulées de mascara noires le long des joues et les yeux rouges comme si elle venait de se faire larguer ou de sniffer dix rails de coke. Et puis, ce n'était pas comme si leur dernière rencontre avait été très amicale...

Dick : Veronica est là?

Mac essuya son nez sur le sweat gris sur lequel le mot HEARST figurait en grandes lettres bleues, et qu'elle avait apparemment enfilé à la va-vite. Une manche qui tombait sur son épaule laissait voir un morceau de chair très blanche, presque translucide. Dick se fit distraitement la remarque qu'il n'avait jamais vu les épaules de Mac. Elle s'habillait toujours si mal, comme si elle cherchait à repousser le monde ... Mais ce n'était pas le moment des analyses psychologiques. Mac lui répondit d'une voix rauque, encore tâchée de pleurs :

Mac : Non.

Dick ne lui demanda pas où il pouvait la trouver. Il ferait ça plus tard, tant pis. Il bafouilla -bizarrement, Mac l'avait toujours impressionné- :

Dick : Bon, ben, je ... je reviendrais plus tard, alors ...

Mac releva vers lui son regard qu'elle avait entre temps baissé vers des profondeurs insondables, et, le sweat toujours serré contre elle comme un trésor, elle lui répondit doucement :

Mac : Tu peux rester ici jusqu'à ce qu'elle revienne, si tu veux ...

Dick acquiesça silencieusement et ils rentrèrent tous les deux dans l'appartement, mal à l'aise. Dick se morigénera intérieurement.

"Un esprit de déduction logique" ... Il aurait dû s'en douter que ce n'était pas une bonne idée ...

-

Veronica croisa ses bras et laissa échapper un soupir bruyant. L'officier lui lança un regard agacé et elle lui sourit fièrement. Il saisit son sac et commença à le fouiller. Il fronça les sourcils en voyant le teaser, eut un petit sourire en voyant l'ordinateur, et resta hébété quand le disque lui arriva entre les mains. Veronica pâlit. Il le leva devant elle et lui annonça d'une voix blanche :

... : Mademoiselle Mars, je crois que vous allez devoir me suivre au poste.

Veronica se mordit les lèvres.

Dans le faible soleil du début d'après-midi, un D. noir luisait de rayons sur la pochette de plastique du disque.