« Rencontre Facebook » PARTIE 10
Bonjour ! Vous allez bien ? Perso je suis bien malade comme il faut, donc c'est pas le top, mais le mieux quand est malade et dans son lit… Bah c'est d'écrire ! Quelques réponses à certaines questions que vous vous posiez mais dans l'ensemble, c'est un chapitre calme. Mais tous mes chapitres apportent quelque chose et celui-ci n'échappe pas à la règle ! :)
Réponse aux reviews :
Firana : Merci beaucoup ! Et non aha, l'auteur et le livre n'existent pas. C'est moi qui écris les passages extraits du ''livre''.
Ciel Saynen : Merci ! Ah tu as carrément sauté dans tous les sens ? J'espère que tu n'as rien cassé. x) Et peut-être que l'éditeur reviendra à un moment ou un autre, qui sait…
Serpent d'argent : Merci à toi. :)
Sazawen : Merciii. Et je sais aha, c'était fait exprès et je suis contente que ça ait marché que l'on croit qu'ils allaient se rencontrer. Et non, son sourire était pas effrayant, gaffe pas mon fantasme ew ! :(
Kuroko-SenPaille : Ah, peut-être que tu la verras… ;)
nekoko50 : Merci. ''Mon inconnu'', la réplique qu'on attend tous de sa part aha. :p Et tu auras peut-être la réponse à ta question !
Chizumi-san : Wow… Ta review m'a fait extrêmement plaisir. Tu as illuminé ma journée quand je l'ai lue ! Ça m'a vraiment donné le sourire aux lèvres. Alors la prochaine fois que je verrais ton pseudo, c'est qu'un chapitre t'aura beaucoup plu, donc j'ai hâte ! :D Je suis heureuse que ça te plaise autant. Et l'écrivain s'appelle Aiko Katsuko, je l'ai dit en début de fiction et dans le chapitre neuf mais ça t'a sûrement échappé. Pour ce qui est de Kuroko et de l'auteur… Le futur te le dira !:)
Ritsaya : Mon Dieu, ta review est juste trop mignonne, merci beaucoup ! J'espère que tu seras heureuse en recevant l'alerte dans tes mails pour ce chapitre, alors.
Lixial : Merci ! Et je suis contente que l'auteur ne soit pas comme tu te l'étais imaginé, c'était totalement mon but. :) Et la réponse à tes questions sera peut-être dans ce chapitre…
MARGUERITE . ROXTON – JONES : Merci, et voici la suite !
Ydelarine : Tes reviews me donnent une bonne humeur immense. Tous tes compliments me rendent vraiment heureuse et j'ai limite du mal à croire qu'ils sont pour moi aha. Alors juste : merci beaucoup. Tu ne peux pas me faire de plus beau cadeau que de me dire que mes écrits te font pleurer. Je trouve ça… Magique. Non, il n'y a même pas de mots. Je te souhaite bonne chance pour tes études et d'avoir ton code. Je compatis, je suis plus que nulle en maths et ne plus en avoir maintenant me soulage vraiment. Merci infiniment, encore une fois !
Bonne lecture.
- AKASHICCHI !
Le capitaine de la génération miracle venait à peine de passer le portail d'entrée du collège Teiko qu'une tornade blonde, poussant sauvagement tout ce qui se trouvait sur son passage, l'engloutit totalement sous son assaut.
- Alors, comment c'était ?!
- Ryota, calme-toi. Et recoiffe-toi.
Le garçon rougit quelque peu au dernier ordre mais reprit bien vite contenance en suivant le rouge qui venait de lui emboîter le pas. D'ailleurs, il sentait déjà un mal de tête pointer le bout de son nez. Si son samedi avait été un jour absolument hors du commun au cours de son existence, cela avait été tout autre chose en ce qui concernait le dimanche. Il avait pourtant tout planifié dans sa tête pour celle-ci. Dans l'après-midi, il aurait envoyé un message à Kuroko et ils auraient commencé à parler de banalités, se demandant comment ils se portaient et ce qu'ils comptaient faire de leur journée. Puis il aurait directement enchaîné avec la rencontre de l'auteur et ils auraient parlé de ça presque toute la journée, puis tout ça aurait été clôturé par le bleuté qui lui aurait sorti une analyse capable de le captiver totalement, comme à chaque fois.
Et même s'il ne faisait que de se le répéter encore et encore, il n'arrivait pas à s'y faire… Ce garçon était d'une imprévisibilité perturbante.
- Akashicchi, tu m'écoutes ?
Il soupira et coula son regard vers le copieur, alors qu'ils venaient d'entrer dans un des premiers bâtiments de leur collège.
- Qu'est-ce qu'il t'arrive ? Tu m'as l'air bien excité pour un lundi matin.
- Et bien j'avais hâte de savoir comment s'était passé ta rencontre avec l'auteur, c'est tout !
Kise commença à emprunter les escaliers menant au second étage et le rouge se stoppa dans sa marche, fronçant des sourcils.
- Qu'est-ce que tu fais ?
- On va rejoindre les autres à la bibliothèque, notre professeur de japonais n'est pas là aujourd'hui.
- Ryota, tu me mens ?
- Midorimacchi y est aussi.
- Très bien.
Il entreprit donc de gravir les marches aux côtés de l'autre adolescent, qui d'ailleurs avait fait une moue boudeuse face au manque de confiance de son capitaine. Ce n'était pas qu'il n'avait pas confiance en lui, loin de là. Il savait qu'il était très sérieux et de toute manière, il avait une confiance bien propre envers chacun de ses joueurs. Seulement, il connaissait son amour invétéré pour les cours et… Le voir sécher n'était pas une surprise. Après tout, lui et Aomine étaient tous les deux de grands adeptes de cet art et ils leurs arrivaient d'y participer tous les deux. Pour lui, autant le dire, c'était un véritable affront. Déjà qu'il ne les autorisait pas à louper les entraînements de basket, ce n'était pas pour gâcher leur scolarité à côté. Dresser ces deux animaux sauvages n'était pas une chose facile tous les jours pour lui. Comme quoi, il n'était pas leur capitaine qu'au basket.
Une véritable mère poule. Cette pensée le faisait frémit d'horreur.
Akashi poussa doucement l'une des portes à battant de la grande bibliothèque que leur établissement avait l'honneur de posséder en leur sein et il se dépêcha d'inscrire son nom et celui du blond sur le registre, la surveillance étant très strict dans leur collège. Kise le dépassa directement et sautilla -après s'être pris une réprimande de la part du rouge- en silence. Cependant pressé de rejoindre ses amis, l'autre adolescent se mit à marcher beaucoup plus vite et donc, à le distancer. Mais Akashi n'avait pas besoin de l'avoir dans son viseur pour savoir où est-ce qu'il se dirigeait. Dès qu'ils commençaient plus tard le matin pour n'importe quelle raison, ils venaient ici. Le but principal de ça était de réviser, bien entendu, mais cela relevait vite de l'impossible puisqu'ils ne faisaient, au final, que de parler. Et il savait bien qu'aujourd'hui ne serait pas une exception à la règle.
Arrivé au fond de la pièce, il rejoignit directement en slalomant entre les autres tables une qui était rectangulaire et qui se trouvait cachée de toutes les autres par deux grandes et imposantes rangées de livres. Et dès l'instant où il fut dans le champ de vision de ses camarades, une petite vague de salutation perça le silence. Il se contenta de hocher la tête pour leur répondre et posa son sac de cours au sol, s'asseyant en bout de table, contrairement aux quatre autres.
- Akashi.
- Shintaro.
- Ouais bah c'est bon, on connaît vos noms encore.
Le rouge se contenta de lever les yeux au ciel, déjà agacé. Il se demandait avec quelle force surhumaine il pouvait réussir à le rendre de mauvaise humeur à seulement huit heures trente du matin.
- Bonjour à toi aussi, Daiki.
- Hm…
- Akashicchi, s'il te plaît !
Il appuya un peu plus son dos contre le dossier de la chaise. Il sentait que ce début de matinée allait être long, très long… Les questions des autres n'allaient pas l'épargner. L'avantage était peut-être que selon lui, cela serait suffisant à pouvoir le réveiller correctement. Cette nuit avait été compliqué pour lui et il faisait parti de ceux qui même dans leurs rêves, réussissaient à ruminer ce qui les tracassait tant dans leur vie.
- Oh, c'est vrai, Aka-chin a rencontré son ami ce week-end.
- Ce n'est pas mon ami, Atsushi.
Un très léger sourire se glissa sur ses lèvres et il lança un regard légèrement amusé au géant violet. Heureusement que sa bêtise était là pour l'apaiser quelque peu…
- En même temps, le pauvre type serait un peu fou de vouloir être son pote…
Enfin, il y en avait un qui ne possédait pas vraiment une bêtise qu'il qualifierait d'apaisante. Un sentiment d'irritation le titilla doucement et il lança un regard froid au basané.
- Essaie un peu de le redire pour voir, Daiki.
- Allons allons, oublie Aominecchi, ce n'est pas le plus important aujourd'hui !
Le rouge le vit grommeler en croisant ses bras contre la table pour y reposer sa tête et s'y coucher, visiblement vexé. Il sentit cependant un regard assez persistant sur lui et dirigea le sien vers cette personne qui semblait avoir des questions lui brûlant la langue.
- Une question, Shintaro ?
- Je pense que c'est la même que tout le monde. Comment c'était ?
Akashi soupira et se mit à fixer un point invisible devant lui. Il n'avait pas vraiment besoin de les regarder pour savoir qu'ils le dévoraient du regard, comme des touristes le feraient face à une peinture pittoresque dans un musée.
- C'était… Intéressant.
- C'est tout ?
- Qu'est-ce que tu veux que je dise de plus, Ryota ?
Il lui jeta un regard désespéré par son attitude surexcité. C'était à croire qu'il s'attendait à la nouvelle du siècle. Akashi devrait peut-être songer à leur trouver un autre lieu pour discuter quand ils n'avaient pas cours, ils avaient vraiment l'air de vieilles commères ou ''meilleure amies'' pour la vie à parler de choses telles quelles autour de cette table.
- Aka-chin, j'ai une question.
- Je t'en prie.
- Il aime aussi ses livres, non ?
- Qui ?
- Kuroko.
- Oh, bien joué Murasakibaracchi, je l'avais oublié !
Et il aurait aimé qu'il continue de l'oublier… Il ne savait pas vraiment s'il avait parfaitement comprit ce que lui avait dit Aiko Katsuko. Et il ne savait même pas si il devait garder ça secret, toujours étant que quand il avait raconté sa journée au bleuté, il n'avait pas tout dit. Bien sûr, il l'avait informé des questions qu'il lui avait posé et de ses réponses plus ou moins étonnantes, mais rien sur cette soi-disant personne qui était sensée donner un sens à sa vie. Sans comprendre pourquoi, il n'avait pas réussi à lui dire.
- Bon Akashi, balance.
- Je ne pensais pas que cela t'intéressait autant, Daiki.
- À force de foutre du suspens aussi…
Il soupira et se redressa sur sa chaise, parfaitement droit et les regardant tous, tel un roi en bout de table.
- Il a laissé un milkshake à mon chauffeur.
Il s'était attendu à une réaction totalement habituelle. C'est-à-dire, pour être plus précis, une gigantesque vague de questions. Ils faisaient toujours ça et ça pouvait l'amener à un stade de colère assez élevé. Surtout qu'ils étaient dans une bibliothèque et que malheureusement, ce genre de situations leur arrivaient à chaque fois dans des lieux où il vaudrait mieux se faire éviter. Et là, ils était tout simplement muets. Tellement muet qu'Akashi les regardait tour à tour, presque inquiet pour eux. Ils ne se taisaient jamais quand il leur demandait, mais ils le faisaient quand il avait au moins un peu envie qu'ils donnent leurs avis. Peut-être qu'ils en faisaient exprès et qu'ils avaient tout planifié jusqu'à ce jour pour pouvoir le rendre soucieux ?
- Akashi, je ne comprends pas. Comment est-ce qu'il a su que…
- Ah, vous étiez là les garçons ! Bonjour !
Un sac rose vola jusqu'aux pieds d'Aomine et avant que l'information ne monte au cerveau de ce dernier, un poids se fit sentir sur ses genoux, l'obligeant à grogner.
- Tu pèses ton poids, Satsu…
- Dai-chan, je ne te permets pas !
Le capitaine se renfrogna doucement face au comportement de leur mangeuse qui était, comme toujours, bien propre à lui-même.
- Momoi.
- Akashi-kun ! Alors, comment c'était ?
Il soupira et regarda les autres, comme s'il cherchait une certaine source de réconfort. Qu'il ne trouva bien sûr pas puisque regarder quelqu'un en étant désespéré alors que cette personne elle-même vous désespère, ce n'était pas très réconfortant…
- Ça s'est très bien passé. Cet homme est très intéressant.
- Comment c'était avec Tetsu-kun ?
- Je ne l'ai pas vu.
- Ah bon ?! Moi qui voulais savoir comment il était en vrai…
Elle fit une petit moue et se dandina légèrement, faisant grommeler le bronzé sous elle.
- Je pensais qu'il viendrait te voir pourtant !
- Il n'avait aucune raison de le faire.
- C'est dommage quand même, vous avez l'air d'être de si bons amis… Il est quand même gentil d'avoir pris de son temps sur son rendez-vous pour t'acheter un milkshake.
Akashi redirigea toute son attention sur la rose à qui il ne prêtait que vaguement oreille à ce qu'elle disait, jaugeant que ce n'était pas très intéressant. Mais c'était avant qu'elle ne dise ce qu'elle venait de dire. Il fronça des sourcils et vit bien vite qu'il n'était pas le seul à le faire.
- Comment sais-tu ça ?
- Ah, euh…
Akashi la vit se tourner vers l'as de leur équipe de basket qui lui, avec son esprit coopératif et solidaire, haussa des épaules.
- Tu te mets dans la merde, tu t'en sors toute seule.
- Je m'en souviendrai, Dai-chan…
Soupirante, elle se tourna à nouveau vers le rouge.
- Il est venu me demander deux trois informations sur facebook.
- Comme quoi ?
- Comment reconnaître ta voiture, ce genre de choses…
- Et donc ?
- Je lui ai dit que tu avais un chauffeur personnel qui conduisait une grosse voiture noire et que ce serait un bon moyen pour qu'il se repère…
Akashi se détendit soudainement, s'affaissant quelque peu dans son siège. Il vit du coin de l'œil Midorima arrêter de froncer des sourcils.
- C'est plus clair maintenant…
- Nous avions donc pensé la même chose, Shintaro.
Ça l'avait travaillé tout le week-end, il n'avait pas su mettre le doigt dessus. C'était donc ça. Il s'était vraiment demandé comment le bleuté avait pu savoir que cette voiture lui appartenait et que c'était son chauffeur qui l'attendait devant. Après tout, il ne lui avait jamais dit qu'il était riche alors il n'avait vraiment eu aucun moyen de le deviner. Akashi n'avait jamais donné la moindre information sur sa condition sociale. Il savait que le joueur fantôme était intelligent et perspicace, mais il y avait des limites à tout. Deviner ce genre de choses était tout bonnement impossible et il s'était longuement questionné là-dessus.
Alors qu'il s'apprêtait à changer de sujet pour passer à des banalités, comme demander aux autres en excluant Shintaro s'ils avaient bien fait leurs devoirs, Kise se leva d'un bond sous les regards impassibles des autres. Pourquoi être étonné ? C'était une habitude, après tout…
- Momoicchi, tu parles encore à Kuroko ?!
Et alors que la rose virait au rouge et que le basané s'esclaffait, Akashi sentit le début de migraine de tout à l'heure prendre pleinement possession de son crâne. Il se releva de sa place et jeta un regard plus que noir à la seule jeune fille de présente, Aomine se raidissant sous elle devant la force de ce regard noir.
- Momoi, tu échanges encore avec Tetsuya ?
- Mais c'est que, Akashi-kun…
- Je ne voulais plus que tu lui parles.
Et contre toute attente, telle une fan déchaînée voulant défendre son idole, elle se leva d'un bond de sa chaise et commença à crier tout en battant des bras dans l'air.
- Mais je l'aime, tu ne te rends pas compte, il est trop mignon Akashi-kun ! Et en plus il joue au basket, il est fait pour moi !
Un gros claquement se fit entendre, brisant la tirade de l'adolescente qui venait seulement de commencer et qui sans cette interruption n'aurait pas été prête de s'achever, attirant six paires d'yeux vers cette source de bruit violente.
Les pupilles hétérochromes d'Akashi tombèrent nez à nez avec la bibliothécaire qui venait de vraisemblablement claquer avec force un livre de sciences humaines sur leur table, le regard sévère.
Il n'avait rien dit, finalement cette matinée était comme les autres. Il fallait toujours qu'ils se fassent remarquer quand il ne le fallait pas, rien n'avait changé.
Le grincement de la chaise sous son poids qui venait de l'accueillir sembla résonner dans toute la chambre, revenant désagréablement aux oreilles d'Akashi. Il souffla longuement mais tout de même doucement quand ses muscles endolories se détendirent. Ces derniers, ils redoublaient d'efforts à l'entraînement et cela se faisait bien ressortir dans son corps. Car oui, contre toute attente, il restait humain et même s'il n'en montrait rien aux autres ou encore dans les vestiaires ou sous la douche, il était tout à fait apte à être courbaturé. Surtout au niveau de ses jambes. Il n'était pas quelqu'un d'extrêmement grand, bien qu'il savait parfaitement que cela ne voulait rien dire sur sa qualité à jouer au basket, le fait de se surpasser et de toujours sauter aussi haut se faisait bien ressentir au niveau de ses mollets. Ils étaient gracieusement musclés par tous ses sauts et ses jeux de jambes mais ils étaient également très sensibles et se faisaient remarqués quand ils avaient atteints leur limite. Aujourd'hui, cela n'avait pas été loin.
Son ordinateur allumé et paré à rester allumé encore quelques temps, il se dirigea comme d'habitude sur le plus grand réseau social du monde et y entra ses identifiants qu'il connaissait maintenant par cœur et qu'il savait taper à la vitesse de l'éclair. Après un petit coup d'œil, il remarqua que son seul ami facebook était connecté et il ouvrit directement la petite fenêtre qui apparut en bas à droite de son écran, lui remontrant ses tout derniers messages échangés avec le bleuté.
Comme toujours, de ses doigts habiles, il entra son premier message pour engager une vraie conversation de la soirée. Il avait déjà attendu toute la semaine et il n'avait pas envie d'attendre samedi, alors il supposait donc que vendredi était lui aussi tout à fait propice pour entretenir une discussion avec lui.
« Akashi Seijuro
Bonjour, Tetsuya. Comment vas-tu ?»
Il se massa le cou de sa main droite et regarda, ce qu'il faisait maintenant depuis une semaine, le coin gauche de son bureau. Il tendit le bras et attrapa entre ses mains le grand livre aux multiples pages remplient de mots valant de l'or à ses yeux. Il regarda la couverture dont il connaissait maintenant chaque recoins et s'en délecta encore un peu plus. La couverture était de couleur simple mais tout de même originale pour un livre. Noir. Aussi noir que ce qu'il se trouvait à l'intérieur. Akashi aurait aimé lui demander pourquoi l'esthétique de ce livre était faites ainsi mais il n'en avait malheureusement pas eu le temps et quand il l'avait eu, il avait dirigé ses questions sur tout autre chose que son livre préféré. Toujours étant qu'il aimait beaucoup comment il était fait, même si cela l'énervait d'avoir autant de questions juste pour une couverture de livre. Il y avait également juste au dessus du titre de l'œuvre une colombe, dont les ailes étaient totalement déployées et qui semblait prendre son envol vers un des coins du livre, comme si elle voulait s'en échapper. Comme si ce volatile symbole de la liberté voulait fuir cet ouvrage bien trop sombre et tristement réaliste pour lui. Et plus il pensait à ça, plus il voulait retourner en arrière et s'asseoir à côté de lui avec un thé, tranquillement, et lui poser une par une pourquoi tel élément était présent. Pourquoi, pourquoi, pourquoi… Ce mot interrogatif était toujours présent quand il se posait des questions en rapport avec ce que faisait cet auteur. S'il ne l'aimait pas autant, son agacement aurait pu s'apparenter à celui qu'il ressentait pour ses amis quand ils ne faisaient que faire de sa vie un véritable terrain de jeu pour eux.
Le petit bruit dont il reconnaîtrait la sonorité entre mille brisa sa profonde réflexion et ses pupilles s'orientèrent vers la seule source de lumière qui régnait dans sa chambre.
« Kuroko Tetsuya
Bonjour Akashi-kun. Je vais très bien, et toi ?»
« Akashi Seijuro
Je me porte bien également.»
« Kuroko Tetsuya
Tu étais pressé de me parler ?»
« Akashi Seijuro
Pas du tout, je trouvais simplement que le vendredi soir était un jour propice pour bavarder.»
« Kuroko Tetsuya
Tu viens seulement de t'en rendre compte ?»
« Akashi Seijuro
Non. Je l'ai toujours su. »
« Kuroko Tetsuya
Alors si tu l'as toujours su, pourquoi venir seulement me parler ce vendredi soir là ? »
Akashi soupira tout en passant une main dans ses magnifiques cheveux rouge, les mettant dans un fouillis absolument irrésistible.
« Akashi Seijuro
Tu aimes beaucoup trop me contredire, Tetsuya.»
« Kuroko Tetsuya
J'aime te contredire car tu ne lâches jamais rien.»
« Akashi Seijuro
C'est une qualité.»
« Kuroko Tetsuya
Bien sûr.»
« Akashi Seijuro
Nous sommes pareils sur ce point.»
« Kuroko Tetsuya
Est-ce que c'est un compliment ?»
« Akashi Seijuro
Est-ce que j'ai une tête à faire des compliments, Tetsuya ?»
« Kuroko Tetsuya
Je ne sais pas, tu pourrais m'envoyer une photo de toi pour que je te le dise.»
Un petit sourire en coin apparut aux bords de ses lèvres alors qu'il jouait distraitement avec un de ses doigts à faire bouger sa souris d'ordinateur. Son inconnu n'abandonnait donc décidément jamais. C'était vraiment les mêmes sur ce point-là, c'était indéniable. Quand ils voulaient quelque chose, ils continuaient de faire en sorte de l'avoir jusqu'au bout, même si cela pouvait bien durer des années. Mais le rouge n'était pas décidé à lui faire découvrir son physique. Pas qu'il en ait honte, loin de là. Il savait très bien qu'il était l'un des garçons les plus populaires auprès des filles dans son collège et que son physique était loin d'être repoussant, mais ce n'était tout simplement pas le bon moment. Sans savoir pourquoi, Akashi savait que le jour où ils se verraient serait un tournant important au cours de sa vie. Quelque chose de plus ou moins décisif. Alors il devait juste attendre ce jour qui arriverait peut-être bientôt, ou peut-être plus tard.
Akashi fronça des sourcils quand un visage familier s'immisça dans son esprit et qui serait éventuellement capable de contrecarrer ses plans et cet avenir. Il répondit donc au joueur fantôme, mais en abordant un tout autre sujet.
« Akashi Seijuro
Tetsuya, de quoi parles-tu avec Satsuki ?»
Il se mit à fixer son écran et la petite fenêtre de discussion, attendant sagement une réponse. Il voulait savoir. Il ne savait pas pourquoi et pour dire vrai, il s'en fichait pas mal. Il avait juste un besoin incommensurable de savoir de quoi ils pouvaient bien parler. Est-ce que c'était seulement la rose qui faisait la conversation ? Est-ce qu'ils parlaient de sujets parfaitement banals et sans intérêts ? Ou pire encore… Est-ce que Kuroko se dévoilait à elle sur des choses qu'il ne lui avait jamais dites ? Est-ce qu'ensemble, ils partageaient des secrets ?
« Kuroko Tetsuya
Je ne vois pas pourquoi tu me demandes ça, Akashi-kun.»
« Akashi Seijuro
Ne fais pas l'innocent. Je sais très bien que c'est à elle que tu as demandé des informations à mon sujet.»
« Kuroko Tetsuya
Des informations ?»
« Akashi Seijuro
Oui. Pour pouvoir reconnaître la voiture de mon chauffeur.»
« Kuroko Tetsuya
Je lui ai seulement posé une question, Akashi-kun.»
« Akashi Seijuro
Et bien c'était celle de trop.»
« Kuroko Tetsuya
Akashi-kun ? »
« Akashi Seijuro
Oui ?»
« Kuroko Tetsuya
Est-ce que tu serais jaloux ? »
Akashi fronça des sourcils alors que la température ambiante semblait se réchauffer. Il posa une main à plat contre son cœur et dévisagea d'un drôle d'air son ordinateur en constatant que les battements de son organe vital dans sa poitrine s'étaient accélérés des suites de la question posée. Il souffla et ferma ses yeux, massant ses tempes de ses deux mains pour essayer de se calmer et d'éviter à tout prix qu'un mal de tête de la même trempe que celui qu'il avait subi lundi en plein matinée ne fasse son apparition.
Le mot jaloux, que signifiait-il vraiment ? Selon le capitaine de la génération des miracles, beaucoup de choses mais à la fois très peu. Un petit mot sans aucune importance mais qui une fois qu'il sortait de la bouche de quelqu'un d'important, gagnait en intensité. Un mot qu'on ne voulait pas entendre mais que l'on avait du mal à remettre en question. Être jaloux. Kuroko comptait beaucoup pour lui et cela serait mentir que de dire qu'il n'avait jamais pensé cela. Il ne faisait que de se le rappeler et que de se torturer avec cette pensée. Ça tournait dans sa tête, encore et encore, inlassablement. Il était son inconnu et il avait prit une place qu'il n'aurait jamais pensé que quelqu'un puisse prendre un jour. En quelque sorte, une place dans son cœur. Mais est-ce que cela pouvait le rendre jaloux ? Est-ce que le fait de dire que c'était son inconnu était une marque d'appartenance ? Il ne savait pas vraiment. Et il ne savait pas comment pouvoir le savoir. Il ne réfléchissait pas à ses mots et ses actes et se contentait de laisser passer car selon lui, tout ce qu'il faisait était juste et approprié. Mais est-ce que justement ne pas penser qu'il était jaloux voudrait dire qu'en vérité, il l'était ? C'était compliqué. Bien trop compliqué. Pourtant, cela l'énervait. Il était énervé parce qu'au fond de lui-même, une image lui donnait la réponse. Il avait dans sa tête la vision d'un Kuroko tenant la main de quelqu'un dont il ne connaissait que trop bien le visage, ses cheveux et grands yeux roses embellissant son visage. Il les voyait, dans un ascenseur et regardait impuissant les portes se fermer devant lui, la dernière chose qu'il quitta des yeux étant de magnifiques perles azurs. Mais il n'était pas impuissant. Ce n'était pas lui. Alors…
« Akashi Seijuro
Oui, je suis jaloux.»
Alors il l'était. C'était tout simplement ça. C'était assez dur de se l'avouer et Akashi n'appréciait pas particulièrement ce sentiment de nudité que cela causait en lui. Il avait l'impression de beaucoup trop s'exposer. Il avait le sentiment d'être une goutte d'eau rouge sang aspirée par un nuage bleu ciel et qui serait relâchée de ce dernier complètement nue et vide de ressentis, complètement transparente. Est-ce que c'était normal de ressentir cela lorsque l'on se confiait ? Ce n'était peut-être pas le plus important de se focaliser là-dessus mais ça l'inquiétait tout de même. Ou alors c'était peut-être bête que de se poser des questions sur tout ça encore et encore car lorsqu'il s'agissait du bleuté, il se posait toujours un tas de questions très souvent inutiles car il en connaissait la réponse. Même si une seule demeurait toujours sans aucune réponse, ne trouvant aucun indice pour pouvoir y répondre…
« Kuroko Tetsuya
'' J'ai essayé de me mettre dans la peau d'un animal abandonné. D'être à la place d'un être qui serait aimé puis rejeté de tous. De celui qui serait adopté par amour pour finir par être abandonné par dégoût et haine. Un chaton, un chiot, tout ce que vous voulez… Peu importe la race ou l'origine, ça reste la même chose. Un jour, on est heureux d'être aimé mais le lendemain, on peut pleurer d'être abandonné. Animaux et hommes. Hommes et animaux. Nous sommes les mêmes, qui que nous soyons. Au cours de nos vies, nous finissons toujours par être délaissé d'un être aimé. Alors ce chien que j'ai vu mouillé de tout son corps sous un abri de bus, pourquoi je ne l'ai pas pris avec moi ? Et l'homme s'abritant sous un vieux carton trempé par l'eau, pourquoi est-ce que je ne l'ai pas aidé ? Parce que je suis humain. Mais est-ce que c'est vraiment ça, être humain ? J'attends un monde meilleur. Désespérément.''
J'ai aimé ce texte car je l'ai trouvé cruellement vrai. Je sais déjà ce genre de choses et je peux affirmer que la totalité des adolescents et adultes le savent. Beaucoup de d'animaux ou de gens souffrent autour de nous. On le sait, on le voit, mais nous n'agissons pas. Nous ne faisons rien. Nous nous contentons de baisser les yeux et tracer notre route. Alors oui, une personne qui ignore mais à qui cela serre le cœur et un homme qui n'a même pas osé poser ses yeux sur ce spectacle ne sont pas humains. Ce n'est pas ça, l'humanité. Mais même si on le sait, même si on le dit, on ne pourra jamais être totalement humain. Parce que nous ne pouvons pas recueillir toute la misère des autres dans notre cœur. J'ai déjà recueilli celle d'un chiot, un jour. Je l'avais trouvé seul, le soir, dans un carton au fond d'une ruelle sombre. Il était seul, complètement abandonné à lui-même. Et j'ai décidé de le guérir. J'ai décidé de soigner sa blessure qu'il avait au cœur et même si dans tout le monde entier, il n'y a qu'à lui que j'ai offert un pansement, j'ai réussi à me mettre à sa place et offrir une part d'humanité.»
Il ne savait pas ce qui l'énervait le plus entre les extraits de texte de l'auteur et les avis de Kuroko dessus. Mais ça devait être les deux car ils avaient tous les deux la même capacité. Celle de faire réfléchir. Et s'ils le pouvaient, c'est parce qu'ils faisaient une chose bien difficile à des personnes; ils disaient la vérité sur ce monde. Tout simplement.
« Akashi Seijuro
J'espère qu'il te reste quelques pansements, Tetsuya.»
« Kuroko Tetsuya
Je n'en ai plus qu'un et pour toujours, je le garderai pour toi, Akashi-kun.»
Un petit sourire aillant la capacité de faire plisser ses yeux apparut sur son visage et la douleur de ses courbatures disparurent simultanément. Il n'y avait pas de doute possible et il n'y en aurait jamais… Kuroko Tetsuya était un pansement à lui tout seul. Son pansement.
Deux coups tapèrent contre la porte de la chambre d'adolescent qui n'en ressemblait pas vraiment à une, sortant Akashi de ses pensées et le ramenant durement à la réalité.
- Entrez.
Il n'eut pas besoin de se retourner pour savoir qui venait de frapper à sa porte et ne dit donc rien en l'entendant se refermer doucement.
- Akashi-sama.
- Tsunaki.
Le jeune héritier sentit le regard marron de son majordome lui brûler le dos et il haussa un sourcil sous son insistance.
- Un problème ?
- Je voulais seulement vous prévenir de quelque chose.
- Quoi donc ?
- Vous êtes beaucoup occupé ces derniers temps, Akashi-sama, alors je voulais vous avertir de réserver votre prochain samedi.
Et alors que le cœur d'Akashi semblait se refroidir dangereusement dans sa poitrine, la couleur de ses yeux se fit aussi vive qu'elle le pouvait. Dangereusement.
- C'est…
- Oui… La date de décès de votre mère. Le jour de son anniversaire.
Voilà, le dixième chapitre est posté. Ça me fait tout drôle de me dire que c'est le numéro dix, j'ai l'impression de passer un cap aha. Même si c'est vrai que techniquement, même pour l'histoire de ma fanfiction, j'en passe un. ^^ J'espère qu'il vous aura plu et qu'il vous servira à répondre à quelques questions ! Et ne soyez pas déçu de ne pas voir la rencontre de Kuroko avec l'auteur, j'ai une petite idée derrière la tête, donc je me tais…
Je sais que je suis toujours cruelle avec mes fins de chapitre mais avec celle-ci franchement je suis gentille, j'aurais pu finir en faisant dire à Akashi ''Ce jour-là… C'est…''. Mais je l'ai pas fait parce que je trouve ça beaucoup mieux de vous laisser en plan avec ça plutôt qu'avec un suspens insoutenable. De toute façon, pas de panique, les fins de chapitre seront toujours horribles et croyez-moi, certaines dans le futur seront vraiment détestables aha. x)
Donnez-moi vos avis, j'adore les découvrir ! Et WOW. Je réalise vraiment pas. Merci de votre soutient, ça me motive énormément !
La suite dans le chapitre onze…
