Et voilà le dernier chapitre ! je suis triste que ce soit déjà fini... Merci encore à tous ceux qui m'ont suivie depuis le tout premier chapitre, pour vos reviews, vos messages ou tout simplement merci d'avoir lu cette histoire, ça m'a donné envie d'en écrire d'autres, donc si ce que j'écris vous intéresse, ouvrez l'œil ;)
J'espère que ce chapitre va vous plaire, et que la fic vous a plu !
Un énooooorme bisou à vous tous ! À bientôt !
Un silence assourdissant pesait sur la pièce. Les deux hommes se regardaient sans rien dire, essayant d'enregistrer les paroles de l'autre.
« Je t'ai embrassé. »
« Je sais. »
Mathieu avait répondu sans trop réfléchir, préférant être honnête, avant de se rendre compte que quelque chose clochait. Merde.
Antoine, quand à lui, était sous le choc. La fierté qu'il avait eue de réussir à avouer cela à son ami s'était évaporée aussi vite qu'elle était apparue. Il savait ? What the fuck ?
Même le chaton était étrangement calme alors qu'il passait habituellement son temps à miauler et courir partout. Le brun finit par ouvrir la bouche et tenta de comprendre la situation.
- Co...comment ça, tu sais ?
Mathieu ne répondit rien. Il avait fait une boulette mais ce n'est pas ce qui l'intriguait le plus. Antoine s'en souvenait ? Mais...quoi ?
- Et toi, comment ça se fait que tu t'en souviennes ? T'étais pas censé avoir un « trou noir » ?
- Même question pour toi !
- Réponds.
- Toi d'abord.
- Non.
- T'es con.
- Toi aussi.
Le châtain ne comprenait plus rien. Antoine s'était souvenu d'un coup ? Peut-être lorsqu'il l'avait invité chez lui, l'autre fois ? Il semblait impossible que...une minute. « Je suis désolé de t'avoir menti » ? Comment ça, menti ? Cette histoire n'avait pas de sens. Son cerveau tournait à mille à l'heure sans parvenir à mettre en place tous les éléments pour éclaircir cette histoire. Putain, quel bordel. Faut que j'arrête la rhubarbe
De son coté, Antoine n'en menait pas large. Il s'attendait à ce que Mathieu soit choqué, furieux, qu'il prenne ça pour une blague ou quelque chose...mais « Je sais » ? Oh wait...
- Tu m'as menti, dit le plus grand en fronçant les sourcils.
Il croisa les (magnifiques) yeux bleus du présentateur de Salut les Geeks et cessa de respirer. Le regard de l'aîné valait tous les aveux du monde.
- Je suis vraiment désolé...répondit Mathieu.
- Tu t'en souvenais depuis le début.
- Oui.
Antoine essayait tant bien que mal de se remettre les idées en ordre. Ils avaient donc tous les deux fait semblant de tout oublier en pensant chacun que l'autre ne se souvenait plus et qu'ils devaient faire semblant de eux aussi ne pas se souvenir, en espérant secrètement que l'autre ne se souvienne jamais d'une chose qu'ils avaient faite et dont ils se remémoraient en réalité tous les deux absolument chaque détail.
Wow.
- Toi aussi, tu t'en souvenais, murmura Mathieu.
- Oui.
- Depuis le début.
- Oui. Désolé de t'avoir menti.
- Désolé aussi.
Le plus petit avait du mal à situer ce qu'il ressentait. Un grand choc, ça c'est sur. Ensuite...de la peur ? Antoine allait sûrement lui en vouloir, lorsqu'il aura retrouvé son état normal. Mais Mathieu avait également des raisons d'en vouloir au plus grand. Les mêmes, en fait. Mon Dieu, quel bordel.Il se surprit à sourire, il avait étrangement envie de rire. On aurait dit une pièce de théâtre comique, lorsque le voile tombe et que tout est révélé. Antoine savait, putain. Qu'est ce qu'ils étaient cons...
- C'est drôle, non ? sourit le châtain.
- Tu trouves ? répondit Antoine d'un ton gêné.
- Ben ouais. On est cons.
- Ouais.
Silence.
- Donc tu trouves ça drôle de m'avoir embrassé, reprit le plus grand d'un ton neutre.
Le sourire de Mathieu s'effaça. Évidemment, ils étaient obligés d'avoir cette conversation...mais merde, il ne savait pas du tout quoi dire. Nan mais en fait j'étais amoureux de toi sans le savoir et du coup j'assumais pas trop, tu vois le truc ? Mais maintenant je m'en suis rendu compte donc tout va bien !
- ...c'est pas vraiment le mot que j'aurai employé.
Non, drôle n'était pas tellement le mot le mieux adapté. Génial ? Magique ? Badass ? Terriblement excitant ? OK OK, du calme crétin, tu vas encore dire une connerie !
- Mathieu ? demanda le touffu d'une voix gênée.
Il avait l'air presque...timide. Antoine Daniel avait l'air timide. Ouais, on parle du même type qui traite ses abonnés de tacos au sperme ou d'autres petits noms charmants du même genre. C'est fini, plus rien n'a de sens, le monde est fou.
Ou peut-être que c'est juste nous qui sommes fous.
- Oui ?
- Pourquoi tu me l'as pas dit ? Que tu t'en souvenais ?
Oh shit. Il n'avait pas du tout envie de répondre à cette question mais en même temps, il avait la même à lui poser, et la curiosité le rongeait. Il voulait savoir pourquoi Antoine n'avait pas voulu lui dire qu'ils s'étaient embrassés.
- Je te le dis si tu réponds à la même question.
- C'est du chantage, ça, ptit con.
- Ouais, répondit le nain avec un grand sourire.
- Ok, admit le brun, mais toi d'abord.
- Mauviette.
- Ta gueule.
Mathieu respira profondément, en léger état de panique. Il ne se voyait pas vraiment lui avouer son amour en se mettant à genoux devant lui, une rose dans la bouche. Beurk. Il se creusa la cervelle en quête d'une réponse acceptable, et finit par avouer quelque chose de vrai sans pour autant être une déclaration pleine de guimauve.
- Bah en fait...je savais pas trop comment tu l'aurais pris donc j'osais pas te le dire, j'ai préféré essayer d'oublier... j'avais peur que tu m'en veuille à mort, avec ton caractère de merde, conclut Mathieu avec un clin d'œil.
Voilà. Une bonne réponse honnête, bien qu'incomplète.Son ami le fixa quelques instants sans rien dire, puis hocha la tête en souriant.
- D'accord, je te fais peur, j'ai compris.
- C'est tes cheveux qui me font peur.
- J'ai une autre question, commença Antoine.
- Ah non, on a dit chacun son tour ! protesta l'aîné.
- Rien à foutre, sourit le yéti voyant son ami grimacer.
- Sérieusement...
- Est-ce que t'as aimé ? coupa Antoine.
Mathieu resta planté devant lui, la bouche ouverte, sans rien dire. QUOI ? Comment allait-il répondre à ça ?
- Aimé quoi ? balbutia t-il
- Te brosser les dents, répondit Antoine d'un ton pleinement ironique en levant les yeux au ciel. À ton avis ?
Le plus petit commença sérieusement à paniquer. Gagner du temps, dévier la conversation, dire n'importe quoi, vite...Non ! J'ai mieux. Beaucoup plus intéressant.
- Et pourquoi tu me demandes ça ? dit-il en se forçant à adopter un ton calme, un sourcil interrogateur levé.
Antoine hésita un instant. Mathieu avait eut l'air très gêné et avait répondu à sa question de façon honnête, il devait en faire de même...mais l'entière vérité était un peu dure à avouer. Surtout qu'il risquerait de perdre Mathieu pour de bon si jamais son ami le prenait mal...Roh, et puis merde. Au pire, il s'excuserait, dirait qu'il essayerait d'oublier tout ça et mettrait son amour pour lui au placard. Enfin, s'il y arrivait. Mais il était hors de question qu'il perde Mathieu. En plus, il n'avait pas eut les couilles d'assumer le fait de l'avoir embrassé alors c'était le moment d'en avoir, des couilles. Et s'il ne lui avouait pas tout maintenant, Nyo allait à nouveau l'engueuler comme une merde et passerait sûrement à la torture. C'est fou ce que ce garçon pouvait être amical.
Antoine leva les yeux vers Mathieu et lui adressa un sourire en coin.
- Parce que j'ai adoré ça.
Le plus petit ouvrit grand les yeux en lâchant un « Quoi ?.. » étouffé. Son expression effarée et son visage complètement égaré étaient adorables, pensa Antoine. Putain, il avait tellement envie de l'embrasser.
Retient-toi, abruti. Tu vas de nouveaux tout faire foirer. L'image d'un Nyo exaspéré s'imposa dans son esprit et sa voix résonna dans ses oreilles. « Va lui dire ! » « T'assumes pas. » « Est-ce que tu l'aimes ? ».
Il était temps d'avoir des couilles.
- Mathieu...murmura t-il d'un ton un peu triste.
Il se força à ne pas baisser les yeux devant le regard ahuri de son ami.
- ...je crois que je t'aime.
Il se passa quelques secondes de vide, puis Mathieu ressentit quelque choses d'étrange. Comme si un feu d'artifice avait explosé dans sa tête, que quelqu'un avait déconnecté tous ses neurones entre eux et qu'une immense vague de chaleur le submergeait, tout ça à la fois. Avait-il bien entendu ?
Antoine l'aimait.
Il ne savait pas par quel miracle c'était possible, mais il l'aimait. Ils s'aimaient. Et maintenant qu'il le savait, le jeune homme aux yeux bleus avait presque envie de lui dire qu'il l'aimait aussi et de se blottir dans ses bras avant de l'embrasser. Mais ce n'étais pas son genre, loin de là, ou du moins pas pour le moment. Il avait une autre idée en tête.
Un sourire en coin étira son visage et une flamme s'alluma soudain dans ses yeux. Il voulait jouer.
Antoine attendait sa réaction en silence, complètement mort de trouille. Mathieu avait tout d'abord eut l'air complètement choqué, ce qui était normal. Première étape, les yeux qui s'agrandissent de stupéfaction, la bouche qui s'ouvre sans qu'un mot ne sorte et un blocage qui l'empêchait de dire quoi que ce soit. Deuxième étape...quoi ? Un sourire ? Comment ça ? Le plus petit s'approcha lentement de son ami, un léger sourire carnassier flottant sur ses lèvres. Putain ,on aurait presque dit le Patron. Instinctivement, Antoine recula. Il ne savait pas du tout à quoi pensait Mathieu et son expression lui faisait presque peur. Peut-être qu'il allait le frapper puis le virer de chez lui ?
Le châtain s'avançait toujours encore lentement vers lui, d'une démarche presque féline, et Antoine eut la respiration coupée lorsque son dos se cogna au mur, à force de reculer. Mathieu s'approcha encore de lui, jusqu'à ce que leurs visages ne soient qu'à quelques centimètres l'un de l'autre.
- Tu crois ? Murmura t-il dans un souffle.
Ses lèvres étaient trop proches, beaucoup trop proches. Antoine se força à faire fonctionner son cerveau, mais l'attitude de Mathieu le déstabilisait complètement.
- Euh...tu...le prends pas mal ? balbutia t-il, étourdi par l'intensité du regard bleu de son collègue.
Le sourire de Mathieu s'élargit. Il adorait voir Antoine complètement déboussolé, c'était un fait assez rare chez lui. Il était d'ailleurs tellement pétrifié et terrifié que leur différence de taille ne comptait plus du tout. Mathieu savait que le brun se sentait tout petit. Ignorant sa question, il se rapprocha encore de lui, sans pourtant le toucher, leurs corps n'étaient qu'à quelques millimètres l'un de l'autre.
- Tu crois ? répéta t-il. T'en es pas sûr ?
Antoine commença à rougir. Il ne comprenait plus rien à ce qui se passait, et la proximité de son visage brouillait toute pensée un tant sois peu constructive. Mais qu'est ce qu'il fout, bordel de...s'il lui en avait réellement voulu, il se serait fâché et l'aurait engueulé. Mais il n'arrivait pas à lire ce que pensait Mathieu, juste à discerner un éclat particulier dans ses yeux. Antoine était complètement paumé.
- Si..Non...Je sais pas...
L'aîné fut secoué d'un petit rire. C'était tellement grisant de faire tourner Antoine en bourrique, aussi sadique que cela puisse paraître. Le pauvre, il avait l'air totalement perdu. Mais il fallait avouer qu'il aurait du mal à se retenir plus longtemps...
- Et euh...fit Antoine, ça ne t'embête pas que...
Mathieu ne lui laissa pas le temps de finir sa phrase. Il prit le plus grand par la nuque et s'empara de ses lèvres avec avidité. Putain, que ça faisait longtemps qu'il rêvait de faire ça. Il se colla totalement contre l'autre, le plaquant au mur, dévorant ses lèvres avec une passion qu'il ne se soupçonnait pas d'avoir, pendant que son autre main s'emmêlait dans la touffe de cheveux de son ami. Après quelques secondes de choc, Antoine passa à l'action et lui rendit son baiser avec autant de fougue que possible. S'en suivit un combat buccal furieux, mais Mathieu avait clairement le dessus. Antoine passa ses mains dans don dos et le serra contre lui, toute peur l'ayant définitivement quitté. La bouche chaude et douce de Mathieu était tout ce qui comptait pour le moment. Il étouffa un gémissement lorsque la langue se son ami caressa sensuellement la sienne et approfondit encore le baiser. Le plus petit posa une main sur sa joue, puis il soupira et s'écarta de quelques millimètres de l'autre. Leurs yeux se croisèrent. Le regard d'Antoine était étincelant, celui de Mathieu était brûlant.
Antoine laissa courir ses lèvres sur le cou du plus petit en essayant de réaliser ce qui se passait. Putain, qu'est ce qu'il aimait ce mec.
- Tu me donnes envie de te faire des choses pas très catholiques...murmura t-il dans son oreille.
- Tu peux y aller, je suis sataniste, souffla l'autre en le dévorant du regard.
Antoine sourit et Mathieu lui agrippa le t-shirt, l'entraînant dans sa chambre sans que le plus grand ne pose aucune résistance.
Mathieu et Antoine étaient affalés sur le canapé devant un épisode de Game of Thrones. Le plus grand des deux caressait distraitement les cheveux de son amant, qui était à moitié couché sur lui, regardant la série les yeux dans le vague, son chaton roulé en boule sur son épaule, ronronnant tranquillement. L'atmosphère de la pièce était calme et apaisante, les deux hommes ayant encore du mal à réaliser ce qui se passait et ce qu'ils ressentaient. Du bonheur pur, tout simplement.
Antoine fut tout à coup secoué d'un petit rire, un grand sourire barrant son visage. Mathieu releva la tête et sourit.
- Qu'est ce qu'il y a ?
- On est cons.
- Ouais, de vrais imbéciles, répliqua Mathieu. C'est de ta faute.
- La tienne aussi, mollusque.
- Je t'aime, connard.
Antoine le regarda avec des yeux remplis de tendresse et d'amour.
- Ouais, j'ai cru comprendre ça...répondit-il avec un clin d'œil aguicheur.
Ils reportèrent à nouveau leur attention sur l'écran, quand Mathieu poussa soudain un gémissement plaintif.
- Il y a un problème ? s'étonna Antoine.
- Les fangirls. Elles ne vont pas nous lâcher avec ça.
- Ah...tu veux l'annoncer publiquement ? On n'est pas obligés.
- Je sais pas trop. C'est notre vie privée, après tout.
- Ouais c'est vrai...même si la nouvelle en ravirait plus d'une.
- Alors on fait quoi ? demanda Mathieu en tournant la tête vers lui.
Antoine sourit et se pencha vers son amant.
- On fait comme d'habitude, répondit-il en déposant un léger baiser sur les lèvres du jeune homme. On laisse planer le doute...
Fin !
