Désolée pour ces quelques jours de battement... Je ne pense pas réussir à maintenir le rythme d'un chapitre par jour ou presque sur toute la longueur de la fic. Bravo à OldGirl et Hela McCoy pour la référence Kaamelott ("Il faut que vous arrêtiez de dire des trucs" - une de mes répliques préférées). Pas de citation ici.
J'ai un peu peur de "trop" prendre mon temps pour cette histoire, mais je n'arrive pas à faire court, vraiment, même en essayant très fort. La première partie, relativement légère, arrive à son terme, et à partir du prochain chapitre, j'aborde des choses un peu plus angst (pour moi, ce n'est pas vraiment angst, mais j'ai eu des remarques dans ce sens pour "Comptez sur un Vulcain", donc je préfère prévenir, ça sera à peu près du même niveau que les chapitres les moins funs sur Altamid) : souvenirs plus ou moins traumatiques, questionnements psychologiques divers, inquiétudes médicales légitimes, et, évidemment, ça ne va pas aller en s'arrangeant (physiquement et émotionnellement) pour Spock.
Excusez les notes abondantes en fin de chapitre, j'ai... un peu déliré sur certaines extrapolations pour vous expliquer quel est le canon que j'utilise ici.
Chapitre 8 bis – Chantage émotionnel
McCoy ne pouvait s'empêcher de penser que si Spock avait ne serait-ce que pensé à ne pas aller travailler, alors il était temps de s'alarmer. L'ironie dont il faisait preuve envers le Vulcain ne servait qu'à instaurer entre eux une sorte de normalité. S'il avait eu affaire à un patient ordinaire, il aurait essayé de se montrer plus gentil et compréhensif, mais avec Spock, ce genre d'effusion sentimentale non seulement était inutile et dépensée en pure perte, mais de plus avait pour conséquence de le faire se replier sur lui-même (encore plus que d'habitude, ce qui n'était pas peu dire).En tant que médecin, il éprouvait parfois des remords professionnels et se disait qu'il devrait traiter Spock avec davantage d'empathie – mais, en même temps, il savait parfaitement que cela ne servirait à rien et risquerait d'avoir l'effet inverse.
Tandis qu'il se faisait ces réflexions (et ce n'était pas la première fois), il mit en marche le moniteur au-dessus du lit, et oublia tout le reste dès qu'apparurent les constantes de son patient.
- Merde, Spock, qu'est-ce-que… ? Vous… Vous êtes vraiment allé sur la passerelle ce matin ? Vous y étiez depuis 8h ?
Il obligea le Vulcain à s'allonger, fixant l'écran comme s'il avait le pouvoir d'hypnotiser la machine et de la forcer à modifier les chiffres inquiétants qui s'y affichaient.
- Comment avez-vous fait pour tenir si longtemps sans que personne ne s'aperçoive de rien ? Et surtout, surtout, pourquoi n'êtes-vous pas venu me voir plus tôt ? Vous êtes complètement cinglé !
La température, qui frôlait les 37°C*, était déjà en elle-même préoccupante, même pour le corps résistant de Spock le rythme effréné du cœur, la respiration bien trop rapide et l'épuisement général du premier officier ne faisaient que rajouter à l'inquiétude du médecin.
- Mon état physique et émotionnel ne regarde que moi, répondit Spock, ce qui signifiait plus ou moins « allez vous faire voir », en langage vulcain policé.
Oui, la journée allait être très longue. McCoy connaissait par cœur la vieille chanson vulcaine, et il en avait déjà ras le bol. Spock rendait toujours son travail plus difficile (comme s'il avait besoin de ça, vraiment !) et le médecin en chef devait toujours déployer des trésors de ruse et de patience pour pouvoir arriver à ses fins lorsqu'il avait besoin de ses soins.
- C'est complètement illogique et vous le savez très bien, dit-il sèchement. Dissimuler l'évidence vous amènera seulement à vous rétamer en beauté plus tard. Combien de fois vous êtes-vous éclipsé ce matin pour aller méditer ou faire je ne sais quoi pour apparaître plus ou moins en forme aux yeux des autres ? Si vous me dites que vous avez fait votre travail habituel durant huit heures non-stop avec ce qui serait une fièvre de 41°C pour un humain, je ne vous croirai pas.
- Je me suis « éclipsé », comme vous le dites, à deux reprises. (McCoy vit que cet aveu en coûtait au premier officier.) Pour cette raison, je n'ai pas entendu votre rapport sur l'état de santé de l'équipe scientifique du laboratoire 10. Pourriez-vous m'en faire un compte-rendu ?
Il plaisantait, là ?
- Bien tenté, le coupa Bones, mais non. Le sujet du jour, que vous le vouliez ou non, c'est votre santé, pas celle des autres. Vous êtes bien naïf si vous imaginez pouvoir échapper à un examen complet.
Le Vulcain voulut protester, mais un éternuement inattendu l'en empêcha.
- Je suis tout à fait d'accord avec vous, ironisa McCoy, tandis que Spock se couvrait en hâte le visage d'une main avec un reniflement totalement non-vulcain mais, selon toute apparence, nécessaire.
- Je vous prie de m'excuser.
Leonard fronça les sourcils. Il avait dû, en presque deux ans, entendre Spock s'excuser au grand maximum deux fois (apparemment, c'était une action illogique pour un Vulcain). La chose était donc suffisamment rare pour être notée.
- Vous excuser pour quoi ? Au cas où ça vous aurait échappé depuis tout ce temps, je suis médecin. Quand les gens viennent me voir, généralement, c'est parce qu'ils sont malades.
Deux nouveaux éternuements interrompirent le discours du praticien, et Spock lui tourna pratiquement le dos pour se moucher, avant de murmurer :
- Je suis désolé.
- Pourquoi êtes-vous désolé au juste ? demanda Bones, incapable de discerner une quelconque logique dans son comportement (ce qui était presque plus inquiétant que tout le reste). Pour quelque chose que vous ne contrôlez absolument pas ? Vous pourriez vous excuser parce que vous avez fait n'importe quoi ce matin et que vous êtes en train de vous bousiller la santé, ça, oui, ça serait intelligent, mais parce que vous êtes malade ? Sérieusement ?
Spock ne répondit rien. Il regardait toujours le mur, de l'autre côté de la pièce, le dos et les épaules tendus, dans une attitude tellement peu spockienne que McCoy en fut presque alarmé. Il ne comprenait pas ce qui était en train de se passer. Il était habitué aux dénégations du Vulcain (l'impayable Je suis parfaitement fonctionnel, qu'il lui servait régulièrement, même lorsqu'il pissait le sang, était presque devenu un rituel) et à son refus de montrer tout signe de sa soi-disant faiblesse, mais c'était différent. Comme s'il avait honte, comme s'il ne voulait pas le répugner – ce qui était complètement ridicule et…
Oh.
- Spock, vous avez éternué, ou toussé, devant le capitaine, n'est-ce-pas ?
Les épaules du premier officier se contractèrent encore un peu plus, mais il ne répondit pas.
Il ne nia pas non plus.
McCoy se passa la main dans les cheveux avec un nouveau soupir.
La journée allait être très, très, très longue, incroyablement longue.
Et, phobie ou non, il allait tuer Jim.
Bones posa la main sur l'épaule du premier officier, évitant soigneusement la peau de son cou. S'il y avait bien une chose dont ils n'avaient absolument pas besoin, là, maintenant, c'était un contact télépathique involontaire. Mais le médecin en chef avait la très nette impression que ce contact était nécessaire, pour prouver à Spock qu'il n'était pas le moins du monde dégoûté.
- Spock, regardez-moi, dit-il doucement.
Le Vulcain tourna lentement la tête vers lui, mais continua à éviter son regard.
- Vous devez savoir que le capitaine… est mal à l'aise avec la maladie en général. Mais ça n'a rien à voir avec vous, ou avec votre nature extra-terrestre, croyez-moi.
- Je ne crois pas l'avoir jamais sous-entendu.
McCoy hocha la tête.
- Non, bien sûr, mais je vous connais, et je le connais aussi. Qu'est-ce qu'il vous a dit ?
- Le capitaine ne m'a rien dit.
La réponse, suivie d'un reniflement, était trop rapide et trop brusque pour être parfaitement sincère.
- Mais il vous a regardé de son air de merlan frit qui aurait avalé une soucoupe, et vous en avez déduit qu'en tant que Vulcain, vous étiez un malade particulièrement peu présentable. Ne me regardez pas comme ça, Spock, je vous l'ai dit, je le connais, je vous connais, c'est comme ça que ça s'est passé, non ?
Le Vulcain resta silencieux et jeta vers la porte de sa chambre, restée entrouverte, un coup d'œil furtif, comme s'il cherchait à évaluer ses chances de fuite, puis, estimant raisonnablement que la partie était perdue (il savait bien que McCoy ne le laisserait jamais partir avant d'avoir fini de l'examiner, et qu'il le poursuivrait dans les couloirs du vaisseau et même jusque dans ses quartiers si nécessaire), pencha la tête dans un mouvement peu compromettant, qui, avec un peu d'imagination, pouvait vaguement passer pour un acquiescement.
- Ne faites pas attention à ce que pense Jim, continua Bones en pressant légèrement l'épaule du premier officier avant d'ôter sa main (Spock était toujours mal à l'aise avec le contact physique). Ce n'est vraiment pas sa faute, il ne peut pas s'en empêcher. Mais ce n'est pas dirigé contre vous. Quand on était à l'Académie ensemble, j'ai été malade une ou deux fois, et le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il ne s'est pas spécialement montré sympathique ou compatissant.
Bones grimaça au souvenir de la fois où Jim était carrément allé dormir ailleurs pour ne pas avoir à lui parler alors qu'il avait la grippe, après deux ou trois tentatives pour le faire taire (il lui avait même demandé, plutôt sèchement d'« arrêter de tousser »… comme si Leonard en était capable à ce moment). Il n'était pas étonnant qu'il fasse la même chose avec Spock.
- Ce que le capitaine pense de moi dans ce domaine n'est pas pertinent, docteur, et je ne prends pas en compte son appréciation de mes symptômes.
Le praticien ouvrit la bouche pour lui dire ce qu'il pensait de la façon dont Spock ne prenait pas en compte les remarques du capitaine, mais il finit par hausser les épaules et soupirer lorsqu'il remarqua à quel point le Vulcain semblait tendu. Essayer de susciter une réaction émotionnelle de la part d'un demi-Vulcain en pleine santé était une chose (et un défi remarquable), mais profiter de la fièvre et de la maladie de Spock pour l'amener à avouer des sentiments était non seulement totalement non professionnel, mais également indigne de leur amitié (ou quelque nom que l'on puisse donner à leur étrange relation).
Mettant de côté son tricordeur qui venait de le renseigner sur certains détails pas franchement réjouissants, Leonard alla se laver soigneusement les mains et revint vers le lit, ignorant délibérément le sourcil levé de Spock.
- Des fois, les machines ne suffisent pas, expliqua-t-il. Je sais que vous n'aimez pas être touché, je vais donc faire de mon mieux pour ne pas y passer trop de temps. Fermez vos canaux télépathiques si vous le pouvez, vous savez que l'intérieur très humain de ma tête n'est pas un spectacle réjouissant pour les Vulcains impressionnables.
- Vous savez parfaitement que…
Bones posa délicatement ses doigts sur le cou de Spock et ce dernier se tendit immédiatement, réduit au silence par ce simple contact. Les nœuds lymphatiques étaient très enflés – rien d'inattendu pour un humain dans ce genre de circonstances, mais cela allait à l'encontre de tout ce que le médecin avait lu sur la physiologie vulcaine (pour la bonne et simple raison que les Vulcains n'avaient pas de lymphe, leur système immunitaire était entièrement concentré dans certaines cellules spécifiques de leur sang).
- Ouvrez la bouche et tirez la langue.
Leonard laissa sa main gauche sur le cou de Spock et prit une petite lampe pour jeter un coup d'œil à sa gorge. Bien sûr, elle était irritée et verte – pas rouge, mais d'un vert enflammé peu engageant. La respiration du Vulcain était encombrée, et si la toux était encore sèche, il avait pu le constater quelques minutes auparavant, il était certain que des mucosités étaient en train de s'accumuler dans les bronches. Il secoua la tête avec agacement. Il n'existait pas de remède pour les Vulcains contre la congestion – puisqu'ils n'en avaient normalement pas besoin.
- Bon, écoutez-moi attentivement. Hier, vous avez refusé tout médicament, en me disant que la méditation vous aiderait à alléger vos symptômes, mais il me semble que ça ne marche pas comme prévu. Je vais donc vous donner quelque chose pour soulager votre mal de tête, un antipyrétique léger et du Tri-ox**, sans certitude que ça va fonctionner puisque vous n'êtes qu'à demi-humain. Vous avez mangé ce matin ?
- Je crois que j'ai… oublié, répondit Spock lentement, comme s'il avait lui-même peine à croire à ce qu'il disait.
- Et bu ?
Le premier officier détourna le regard.
Sainte Patience, aidez-moi, pensa McCoy.
- Je ne vais pas vous dire de manger si ça ne passe vraiment pas, mais vous devez au minimum boire beaucoup d'eau pour éliminer cette saloperie. Votre fièvre est vraiment très élevée et vous êtes épuisé. Je vais vous faire une prise de sang et examiner tout ça ce soir, et demain matin je vous veux à l'infirmerie avant le début de votre service. Je vous dirai alors si vous pouvez aller travailler ou non. Pour cet après-midi et cette nuit, c'est repos absolu, d'accord ?
Le premier officier hocha la tête en signe de compréhension, mais les mots qu'il prononça alors faillirent déclencher une crise cardiaque chez le médecin.
- Je dois absolument travailler pendant au moins deux heures sur le pont numéro 9 en fin d'après-midi.
Bones hésita un instant entre lui hurler dessus et le frapper.
C'est ton patient. Souviens-toi que tu as prêté serment. « Primum non nocere… »***
- Auriez-vous l'amabilité de m'expliquer pour quelle raison vous voulez aller travailler avec une fièvre qui aurait depuis longtemps envoyé au tapis un être humain normalement constitué et qui empêche votre cerveau de fonctionner efficacement ?
Leonard (qui avait miraculeusement réussi à s'abstenir de crier pendant son petit laïus) commençait à se demander si le premier officier ne cherchait pas, tout simplement, à achever le travail du virus en travaillant jusqu'à épuisement total.
- Spock, enchaîna-t-il sans lui laisser le temps de répondre, si vous avez autant de fièvre, c'est qu'il y a une raison. Ça signifie que votre corps lutte contre la maladie. C'est un signe que vous devez vous calmer un peu.
- Les Vulcains ne…
- Oui, oui, je sais, les Vulcains sont parfaits, ils ne sont jamais malades, ils n'ont pas de fièvre, ils n'éternuent pas et ils contrôlent tout. En parlant de caractéristiques vulcaines bizarres, vous saviez que ceux de votre espèce ont dans les voies nasales une protection qui, comme votre troisième paupière, se referme seule lorsqu'un corps étranger pathogène cherche à s'introduire dans votre corps ?
- Oui, je le savais. Mais il est évident que ce filtre ne fonctionne plus chez moi.
Spock semblait vraiment embêté par ce fait – ce que McCoy pouvait parfaitement comprendre. S'il avait passé trente ans entièrement protégé de toutes les maladies possibles, et qu'il perdait subitement cette protection, lui aussi serait moins que ravi. Cela ne changeait rien au fait que ce soudain dysfonctionnement était étrange.
- Je me demande bien pourquoi, marmonna le médecin. Pour en revenir au sujet qui vous intéresse, qu'est-ce que vous pouvez bien avoir d'urgent à faire sur le pont 9 ce soir ?
- Le lieutenant Uhura va se téléporter sur Friban très tôt demain matin. Je lui ai promis de l'aider à préparer les fournitures nécessaires pour l'équipe au sol et de tout vérifier avec elle. Je pense que vous comprendrez que je ne souhaite confier cette tâche à personne d'autre.
McCoy ouvrit la bouche… et ne trouva rien d'intelligent à répondre. Franchement, il ne s'était pas attendu à ce coup-là. Le Vulcain leva un sourcil, mais si Bones le connaissait bien (et oui, il le connaissait mieux que bien), sa moitié humaine était particulièrement fière d'elle.
- Je n'aurais pas imaginé un seul instant que vous étiez capable de me manipuler avec des raisons personnelles et émotionnelles ! C'est tellement… humain ! s'écria-t-il, faute de trouver un meilleur adjectif.
- Docteur, je ne comprends pas votre besoin de m'insulter ainsi.
Le médecin en chef se mit à rire, rassuré de voir Spock redevenu plus ou moins lui-même.
- Bon, je passe pour cette fois. Je vais vous donner des antipyrétiques plus lourds, ça devrait réduire considérablement la fièvre pendant plusieurs heures. Mais vous savez que ça risque de vous rendre nauséeux. Le Tri-ox aussi d'ailleurs, ajouta-t-il après un instant de réflexion.
Bones avait réussi à contourner ce problème (un des nombreux problèmes dus à la condition d'hybride de Spock) en concoctant des médicaments adaptés à sa physiologie particulière, mais dans la mesure où le premier officier était censé ne jamais tomber malade, le médecin n'avait pas jugé bon de s'atteler aux traitements dont il n'aurait selon toute probabilité jamais besoin.
C'était une erreur.
- Oui, je sais. Je peux le supporter.
- Comme c'est romantique, ironisa McCoy en allant chercher les seringues nécessaires. Mais je vous préviens, si vous lui vomissez dessus, je ne veux pas être tenu pour responsable. Ça devrait faire effet d'ici une demi-heure. Je termine votre examen et je vous libère.
Tous deux restèrent silencieux pendant quelques instants, tandis que Bones prélevait un peu de sang au creux du coude du premier officier et prenait des notes sur son PADD.
- Dès que vous avez terminé de travailler avec Uhura, vous allez manger, d'accord ? Puis vous retournez immédiatement dans vos quartiers et vous dormez jusqu'à demain matin 7h30. Pas de méditation, entendu ?
Spock acquiesça en silence, mais la seconde d'après, il se redressa brusquement sur le lit et jeta à travers la pièce un regard circulaire alarmé. Le praticien, fort de ses longues années d'expérience en la matière, en comprit immédiatement le sens et attrapa en hâte la corbeille enveloppée d'un sac plastique placée dans un coin de la pièce. Il la tendit au Vulcain juste à temps et se félicita pour ses prompts réflexes.
Lorsque Spock, haletant et frissonnant, reposa la corbeille à terre, McCoy put constater qu'en effet, il n'avait pas mangé beaucoup ces derniers temps.
- On dirait que les médicaments vous rendent un peu plus que nauséeux, non ? demanda-t-il, interrompant le commandant avant qu'il ait eu le temps de s'excuser. Je croyais pourtant avoir lu quelque chose sur l'absence de réflexe vomitif chez les membres de votre espèce… Quel dommage que vous ne soyez pas entièrement Vulcain, n'est-ce-pas ?
Les lèvres du premier officier s'incurvèrent légèrement malgré les frissons qui parcouraient son corps.
- En admettant que cette espèce de grimace soit un sourire, pourquoi souriez-vous ? demanda Bones.
La réponse fut, encore une fois, inattendue.
- Ça va peut-être vous étonner, docteur, mais je préfère vos sarcasmes d'aujourd'hui à votre silence d'hier.
Leonard ne put s'empêcher de sourire à son tour, ravi de constater qu'il avait vu juste et que Spock était plus à l'aise avec son ironie, même mordante, qu'avec son inquiétude – inquiétude qui ne l'avait cependant pas quitté un seul instant durant cet examen médical.
Quelque chose n'allait pas, au-delà des symptômes physiques les plus évidents, mais il était incapable de mettre le doigt dessus.
* Je ne l'ai pas dit avant, ni, je crois, dans aucune de mes fics, mais il y a un débat parmi les fans de Star Trek pour savoir quelle est la température normale pour un Vulcain. Logiquement, on pourrait penser qu'ils ont le sang plus chaud que les humains, mais en fait, ça n'a pas l'air d'être le cas. En effet, dans "The naked time", Spock passe un examen médical et McCoy plaisante sur ses caractéristiques aberrantes (240 battements de cœur minute, pression sanguine presque inexistante) et en regardant le moniteur, on voit à ce moment que la température indiquée est vraiment très basse (aux alentours de 33°C), mais comme Spock n'a à ce moment aucun problème de santé, on peut en déduire logiquement que c'est sa température "normale". En revanche, dans "Operation : annihilate", il est à 37°C mais, euh, il n'est franchement pas en super forme à ce moment. D'où l'idée que la température des Vulcains se situe autour de 32,8°C (je l'ai lu, je n'invente pas) et que 37°C est une fièvre plutôt forte pour un Vulcain mais pas problématique (puisque McCoy ne réagit pas). Bon, en fait, je pense que le réalisateur n'a absolument pas cherché à établir une cohérence dans les relevés des moniteurs, mais il y a des tarés sur Internet qui y ont pensé, et comme je fais partie de ces tarés, je vous fais part de mes conclusions.
** Tri-ox : c'est un médicament qui permet de ré-oxygéner rapidement le sang (McCoy s'en sert dans "Amok Time", quand Kirk doit se battre contre Spock sur Vulcain, donc l'atmosphère est pauvre en oxygène) et de booster les fonctions cardio-vasculaires et respiratoires. C'est parfaitement canon, ainsi que la réaction de Spock aux hyposprays de McCoy, qui le rendent nauséeux (c'est dit à plusieurs reprises dans la série originale, notamment au début de "The apple", je crois). Ce qui n'est absolument pas canon, c'est l'idée que les cellules immunitaires vulcaines soient situées uniquement dans leur sang (mais, comme vous allez le comprendre par la suite, c'est assez important dans mon histoire).
*** Primum non nocere : le fameux "do no harm" du serment d'Hippocrate. C'est une phrase signifiant "Tout d'abord, ne pas faire de mal", comme étant la première règle des médecins, et la plus importante. Elle ne fait pas partie du serment à proprement parler mais a été extrapolée au XVIIème siècle à partir d'une phrase d'Hippocrate, et devenue le symbole du serment.
