Chapitre 10 : La Question

Le lendemain Anja sortit comme elle en avait pris l'habitude, son dragonneau sur les épaules. Elle se rendit jusqu'à une grande pierre plate pour profiter des premiers rayons du jour.

Le soleil filtrai entre les frondaisons, faisant danser les ombres des arbres environnant dans la forêt. La lumière était magnifique entre les arbres, les enveloppant d'or.

Elle donnait de la viande à son reptile lorsqu'elle entendit un bruit de branche cassée derrière un arbre. Kulaan battit des ailes en rugissant et Anja se leva doucement, avant de se positionner devant lui.

- Qui est là ? Demanda t-elle prudemment.

Personne ne lui répondit mais elle entendit des bruits de pas derrière elle. Elle se retourna immédiatement et tomba nez-à-nez avec Tauryon qui lui fit signe de se taire. Il porta la main à son épée et s'avança vers les arbres. Un seul était suffisamment large pour dissimuler un homme. Tauryon s'y dirigea et en sortit un jeune homme en armure noire.

- Je vous reconnaît ! S'exclama la Nordique.

Il s'agissait du Bréton aux yeux verts et aux cheveux noirs que Volanaro avait épargné alors qu'il tentait de voler l'œuf contenant Kulaan.

- Vous essayer toujours de vous emparer de mon dragonneau !

Le Haut-Elfe jeta le Bréton au sol après s'être emparé de ses armes.

- Je savais qu'il était en vie ! Se réjouit-il en regardant le reptile. Il est superbe...

- Tais-toi ! Ordonna Tauryon en lui donnant un coup avec le pommeau de son épée dans les côtes.

L'homme grogna de douleur et regarda le sol. Tauryon s'adressa à Anja.

- Vas-chercher Volanaro jeune fille. Je m'occupe de ce gamin.

- J'y vais.

Elle revint avec son frère quelques minutes plus tard. Ce dernier la remercia et la congédia, mais la jeune Nordique ne l'entendait pas de cette oreille.

- Ce qu'il dira m'intéresse autant que toi ! Protesta t-elle.

- Ce n'est pas une discussion courtoise que nous allons avoir Anja. Tu dois rentrer à l'intérieur.

- Mon frère à raison. Ce n'est pas la place d'une enfant. Assure-toi que mon fils ne sorte pas non plus du repaire. Ajouta Tauryon.

Anja vit le regard sans appel de l'Altmer et capitula.

Une fois seuls, les deux frères elfes remirent sur pied le Bréton et l'emmenèrent au cœur des bois pour l'interroger. Ses hurlements retentirent à travers la forêt. Anja les entendis et son sang se glaça dans ses veines. Elle plaqua ses mains sur ses oreilles pour ne plus les entendre.

Au cœur de la forêt, Tauryon s'empara de la corde que lui tendait son cadet et entrava les mains du Bréton avec. Il le mit ensuite à genoux et s'approcha de lui, pointant son épée elfique sur sa gorge, puis lui fit relever le menton avec la pointe de celle-ci.

- Dis-nous pour qui tu travaille et quel but vous souhaitez atteindre avec ce dragonneau et je t'offrirais une mort rapide.

- Je ne vous dirais rien Thalmor !

L'Altmer le toisa, plissant les yeux. Son regard était de glace.

- Je te ferai parler sois en sûr. Et crier si nécessaire... Renchérit-il en appuyant sa lame contre la gorge du Bréton qui lui lança un regard froid.

- Plutôt crever ! Crachat le jeune homme.

- La dernière fois, tu implorais ma pitié. Observa Volanaro en se plaçant aux côtés de son frère. Tu t'es endurci depuis semble t-il...

- Mon patron m'a fait montre de sa cruauté car je l'ai déçu. Rétorqua le jeune homme.

Il leva ses mains liés devant lui et les deux frères purent constater qu'il lui manquait la première phalange à son auriculaire gauche.

Tauryon siffla d'admiration.

- Un travail net et propre, je suis forcer de le reconnaître. Ses traits se durcirent. Si tu tiens un minimum à celles qui te restent, je te suggère de me répondre.

- Non.

- Non ?

- Voilà qui est fâcheux... Volanaro aurais-tu une dague ?

Son cadet soupira et lui tendit une dague d'acier à double tranchant qu'il gardait cachée dans sa botte droite.

- Merci.

Il prit la dague et s'approcha de l'humain avec un sourire cruel.

- Peux-tu le tenir pendant que je lui coupe une autre phalange ?

- Quoi ?! NON ! Paniqua le Bréton.

Volanaro lui tint fermement les épaules pendant que son frère se mettait au travail. Le jeune homme cria quand Tauryon lui sectionna la seconde phalange de son auriculaire déjà mutilé. Il regarda l'humain droit dans les yeux en l'empoignant par les cheveux.

- Veux-tu que je continue ? Il t'en reste encore vingt-six... De quoi passer le temps...

- Je... ne vous... dirais... rien... Haleta le prisonnier.

- J'en ai fait parler des plus têtus que toi. J'ai tout mon temps...

- Dans ce cas si tu t'obstines... Déboite-lui l'épaule je te prie... S'adressa Tauryon à son frère.

Volanaro désapprouvait la méthode, mais s'exécuta néanmoins, faisant hurler leur prisonnier.

- Bien. Reprenons depuis le début. Annonça Tauryon en se redressant. Comment s'appelle ton organisation ?

Le garçon lui jeta un regard empli de mépris.

- Ma patience à des limites merdeux...

- Tu fais la forte tête ?

Tauryon fit un pas en avant, pris la main droite du Bréton et lui brisa les doigts d'un seul coup, en les plaquant, dans un horrible craquement, vers l'arrière. Son prisonnier poussa un long et perçant hurlement, qui retentit dans toute la forêt, faisant s'envoler une nuée d'oiseaux effrayés.

- Alors ? Repris son tortionnaire.

Le jeune homme avait du mal à respirer. Il tremblait de tout son être. Face à son silence, son bourreau lui empoigna la gorge pour l'obliger à le regarder. Les narines de Tauryon frémirent de colère face à l'obstination du garçon.

- Parle !

Le jeune homme avait les yeux d'un cheval affolé. Sa respiration était sifflante.

- Tu en redemandes merdeux ?!

Tauryon serra plus fort la trachée de l'humain en face de lui. Il approcha la dague de son œil gauche et sa bouche se tordit dans un rictus.

- J'ai constaté que plus je multipliais la mutilation sur différentes zones du corps, plus les langues de mes victimes se déliaient rapidement. Et je ne manque pas d'imagination. Aussi sûrement que le feu détache la chair de l'os. Faut-il que je te crèves un œil ? Ou peut-être devrais-je t'arracher les ongles un par un ?

- NON ! Laissez-moi... juste... reprendre... mon souffle... je vous dirais tout ce que vous voudrez...

L'Altmer le lâcha et se releva un sourire sadique sur le visage.

- Je préfère ça... Je t'écoutes. Quel est le nom de ton groupe ?

- La « Neige pourpre »...

- Eh bien voilà ! Tu vois quand tu y mets du tien... Combien êtes vous ?

- Je ne sais pas exactement... Non pitié ! Gémit-il en voyant son bourreau faire un pas vers lui. Une trentaine en Bordeciel !

- Où se trouve votre quartier général ?

- Dans la forêt de la Brèche, au nord de Faillaise...

- C'est un peu vague...

- Il s'agit du fort que l'on appelle « Dent de Faldar ». Il surplombe le lac Honrich par le nord.

- Pourquoi vouloir s'emparer du dragonneau ?

- N'est ce pas évident ?! Répondit le jeune homme avec insolence.

Volanaro lui donna une claque à l'arrière du crâne.

- Réponds petit impertinent. Le somma t-il.

- Pour ses écailles bien sûr ! Elles ont la propriété de...

- On le sait oui. L'interrompit Tauryon. Et donc que voulez-vous faire de quelques malheureuses écailles ?

- Des armures à vendre aux plus offrants.

- DES armures ? Répéta le Justiciar. Il y a à peine de quoi faire un plastron avec ce lézard. Se moqua t-il.

- Nous n'avons pas besoin de plus d'un dragonneau pour cela.

Tauryon reprit immédiatement son sérieux.

- Que veux-tu dire par là ? L'interrogea le Thalmor.

Le jeune homme baissa les yeux.

- Peu importe.

- Tu en as déjà trop dit pour te taire. Continue ! Le pressa Volanaro en le secouant, ce qui le fit grincer des dents.

- Très bien, très bien ! Obtempéra t-il. C'est notre maître-alchimiste. C'est aussi un puissant sorcier Dunmer de la maison Telvanni : Raynil. Il a trouver un moyen de multiplier les écailles de cette bestiole.

- Tu te fiches de nous ?! S'exclama Tauryon en regardant son frère choqué.

- Non ! Je vous jures que non ! Je ne sais pas comment il s'y prends, mais il peut dédoubler les ingrédients alchimiques, à l'infini ou presque !

- Si tu profère un mensonge de plus, je t'arrache la langue et je te l'enfonce dans le gosier, petit merdeux ! S'énerva Tauryon.

- C'est la vérité ! Insista le Bréton. Vous me torturez depuis toute à l'heure ! Pourquoi vous mentirais-je ?!

- Parce qu'un homme peut dire n'importe quoi sous la torture... Intervint Volanaro, lançant un regard entendu à son frère qui ne releva pas.

- Qui est ton chef ? Reprit le Thalmor.

- Il répond au nom de Thorek Tueur-de-Mer.

Volanaro blêmit en entendant ce nom.

- Ce chien est toujours en vie ?! S'exclama t-il.

- Tu le connais ? Demanda son frère en arquant un sourcil.

Volanaro emmena son frère à l'écart.

- C'était un redoutable combattant Nordique pendant la Grande Guerre. Lui révéla t-il à voix basse. Il fauchait des Mers comme on fauche le blé. Des dizaines de soldats Altmeri ont trouvé la mort sous sa hache à double tranchant. Une hache qu'on appelle la « hache du chagrin » et qui sape les forces de ceux qu'elle touche. On dit qu'il n'a jamais été blessé au combat. C'est un adversaire terrifiant. Je l'ai vu à l'œuvre. Et c'est aussi un loup-garou. C'est lui qui m'a mordu... Tu n'aimerais pas te retrouver seul face à lui, crois-moi sur parole.

- Qui te dis que je serais seul petit frère ? Répondit le Haut-Elfe amusé.

Son frère écarquilla les yeux.

- Tu n'y penses pas ?! C'est de la folie !

- Ne t'ai-je pas dit que j'obtiendrais des réponses et qu'ensemble nous détruirions cette organisation ?

- Certes. Mais nous n'allons tout de même pas attaquer un fort entier à nous deux ?! Ce serait du suicide !

- Tss... Volanaro... Tu es pourtant loin d'être stupide... Tu as des gens qui pourraient t'aider. Deux anciens assassins, ce qui vaut la peine d'être souligné, un bandit et un vampire, sans oublier ta capacité bestiale...

- Je ne suis pas certain de la contrôler Tauryon. Qui te dit que je ne vais pas massacrer tout ceux qui se trouveront autour de moi, ennemis comme alliés ?!

- Une chose toute simple : Anja est toujours en vie. La première fois que nous nous sommes vu en Bordeciel, je me suis éclipsé juste avant ta transformation. Et ta protégée a survécu non ?

- C'est elle qui m'a calmé. J'ignore ce qu'il se passera la prochaine fois que je me transformerais en... monstre... Surtout qu'elle restera au repère. Je refuse de mettre sa vie en danger...

- Cela va de soit mon frère. Elle restera avec ton neveu, l'Orsimer et l'albinos.

- Urog et Ren, rectifia le Haut-Elfe.

- C'est cela.

- Il nous faut d'autres informations à propos du fort de la Dent de Faldar.

- Oh je vais faire crier ce petit cochon ne t'en fait pas...

- Quand tu en auras finis avec lui, tues-le rapidement d'accord ? Il a déjà suffisamment souffert...

- D'accord, d'accord. Je commençais à peine à m'amuser... Dit-il en levant les mains en signe de reddition.

Son petit frère le regarda avec sévérité.

- Très amusant...

Tauryon sourit de plus belle.

- Ne m'as-tu pas dit de me dérider un peu ?

- Si en effet...

- Retournes au repère prévenir les autres. Je ne serais pas long... Annonça Tauryon en posant la main sur l'épaule de son cadet.

Volanaro hocha la tête et obéit.

Tauryon s'approcha tout sourire de son prisonnier qui s'était fait dessus, au vu de la flaque sous lui. L'Altmer ricana en se frottant les mains.

- À nous petit cochon...

- Je vous en supplie laissez-moi partir... Je vous ais tout dit...

- Pour que tu cours prévenir ta bande ? Tu me prends pour un idiot ?

Le Bréton commença à sangloter, ce qui n'ému pas une seconde son tortionnaire.

- Que voulez-vous de plus... ? Geignit-il.

Le Haut-Elfe fit claquer sa langue en signe d'avertissement.

- C'est moi qui pose les questions, pisseux. Je veux savoir comment sont organisées vos rondes. Combien d'hommes se trouvent sur les remparts du fort et à l'intérieur, comment s'y introduire discrètement, s'il y a des pièges à l'intérieur... Je veux tout savoir.

Cessant de se lamenter, le jeune homme le regarda soudain avec un air de défi.

- Vous n'arriverez jamais vivants jusqu'à Thorek, et Raynil vous tuera bien avant que mon chef ne vous coupe en deux...

Tauryon perdit son sang-froid et frappa son prisonnier d'un revers de main, les trois pointes de son gant griffant méchamment l'humain devant lui et laissant trois sillons sanglants sur sa joue droite.

- La ferme goret ! Dis-moi plutôt ce que je veux savoir ! Vociféra l'Altmer.

Le Bréton lui lança un regard noir et crachat par terre.

- Je vous dirais rien de plus, espèce de bâtard aux oreilles pointus ! Allez pourrir en Oblivion ! Les Hommes vous exterminerons jusqu'au dernier, quelque soit l'issue de cette guerre civile et nous on s'en mettra plein les poches !

L'Altmer eût un sourire carnassier.

- C'est amusant que tu évoques Oblivion...

Le jeune homme le regarda sans comprendre. Le sourire de Tauryon s'élargit tandis qu'il invoquait un drémora. Le daedra qui sortit d'un vortex violet, était un humanoïde ressemblant beaucoup à un Dunmer, à l'exception de ses yeux aussi noirs que le plan d'où il venait et des cornes sur son crâne. Il était au moins aussi grand que celui qui l'avait invoqué et arborait une armure et un espadon daedrique.

Cette vision cauchemardesque épouvanta l'humain qui se liquéfia de terreur.

- Par tout les dieux !

- Terrifiant n'est-ce pas ? Vas-tu répondre à mes questions maintenant, ou dois-je lui demander de t'emmener en Oblivion avec lui ?

Le drémora se tourna vers le garçon apeuré en souriant de manière cruelle.

- Il souffrira mille morts avant de rendre l'âme. Et davantage quand celle-ci appartiendra au seigneur de la Domination. Annonça le daedra, d'une voix gutturale.

- QUOI ?! NON S'IL VOUS PLAÎT !

- Parles-vite chien, menaça Tauryon, et peut-être t'éviterais-je ce sort peu enviable...

- D'accord ! En général il y a cinq gardes sur les remparts et cinq autres dans la cour ! Deux cages contenant des loups sont disposés l'une en face de l'autre devant l'entrée du fort.

- Combien de loups ?

- Un seul par cage, sinon ils s'entretueraient.

- Continue... L'encouragea le Haut-Elfe en plaçant ses mains dans le dos.

- Il y a une porte à l'ouest du fort. Seuls le chef et le maître-alchimiste en possèdent la clef. Il faudra la crocheter...

- Épargne-moi tes commentaires inutiles mon garçon.

- Une fois dans la tour, vous devrez passer une alarme en bas d'une première volée de marches : un piège à os, qui teintera si vous le frôler et un loup en cage. Il y a aussi un piège à lances qui se déclenchera grâce à une plaque à pression.

Dans la première salle, de l'huile est répandue sur le sol et une jarre enflammée est suspendu au plafond. Elle est reliée à un fil tendu au ras du sol. Quatre autres cages contenant des loups se trouvent de part et d'autre de la pièce. Une porte à piques vous attend au fond de la salle. Elle s'actionne à l'aide du levier qui soulève aussi une grille.

Plus loin vous trouverez la fosse. Les membres de l'organisation font des paris sur les combats de loups. Elle n'est jamais vide, même la nuit.

Ensuite vous devrez traverser la salle inondée qui est bloquée par une herse dont le levier est au sud de la pièce.

Puis vous atteindrez les cuisines et la salle de repos. Vous devrez vous y frayer un chemin en faisant couler le sang.

Après, traversez le couloir qui ne comporte qu'un unique piège : une dalle piégée juste avant la sortie du corridor qui fera sortir du mur des fléchettes empoisonnées.

Pour finir, il y a une autre salle en partie inondée avant d'arriver à la forge puis au laboratoire de l'alchimiste. Dès l'entrée de la pièce, il y a un fil tendu sous l'eau qui déclenchera un bélier. Il y a aussi une multitude de pièges à ours dissimulés sous l'eau.

Si vous survivez à tout ceci, la chambre du chef jouxte le laboratoire d'alchimie. Mais Thorek et Raynil sont de redoutables combattants. Thorek est cruel en plus d'être un véritable monstre au combat. Je l'ai déjà vu étouffer l'un de mes frères d'armes parce qu'il ronflait dans la salle de repos. Tout le monde le craint. Et Raynil n'est pas mieux. Il pratique des expériences sur des loups ou des gens vivants. Ce type me fait froid dans le dos.

- De charmants personnages...

- Par Stendarr ne me laissez pas entre les griffes de ce démon. Je vous en prie... Implora le garçon en jetant un coup d'œil terrifié au drémora qui souriait de toutes ses dents.

Tauryon l'ignora.

- J'ose espérer que tu n'as rien omis, goret. Ne m'as-tu pas dit que vous étiez une trentaine d'hommes ? Où sont répartis les vingt autres si les dix premiers sont dehors ?

- À l'intérieur de la forteresse. Mais je ne saurais vous dire où précisément. Ils ne restent pas immobiles.

- Donc vous vous êtes donné tout ce mal pour de l'or ? Purement et simplement ? Et peut importe qui vous paiera...

- Nous ne sommes à la botte de personne.

- Bien sûr. Autre chose ?

- Pour sortir rapidement du fort, tirez sur la chaîne dissimulée derrière le loup empaillé.

- Que voilà de précieux renseignements. Nous en avons terminer alors...

- Maître, puis-je emmener le mortel en Havreglace ? Intervint le daedra. Mon seigneur sera ravi d'avoir une nouvelle âme à tourmenter dans son royaume.

- NON ! Vous aviez-dit...

- J'ai dit peut-être... Tauryon se tourna vers le drémora. Tu ne l'emmènera pas.

Le Bréton souffla de soulagement.

- En revanche, son âme tu peux la prendre. Reprit l'elfe. En retour, j'attends de toi que tu nous vienne en aide à mes compagnons et moi lorsque nous attaquerons la forteresse.

- Vous pouvez compter sur moi Maître. Sourit le daedra. Appelez-moi et mon espadon sera vôtre.

- QUOI ?! Mais j'ai répondu à toutes vos questions ! Vous ne pouvez pas me faire ça ! S'écria le jeune homme.

- Moi ? Je ne vais rien te faire... Dit le Haut-Elfe en se tournant soudain vers le drémora. Par contre daedra, tues-le rapidement. Je ne voudrais pas manquer à ma parole...

Un sourire carnassier apparut sur le visage du drémora. Il sortit une gemme spirituelle noire du néant et s'avança vers le garçon qui hurla de terreur. Le daedra utilisa sur sa victime un sort de capture d'âme, l'entourant d'une aura violette, puis plongea son gantelet griffu dans la cage thoracique du jeune homme pour en extraire son cœur battant.

Une fois sa tâche accomplie, il s'inclina brièvement devant Tauryon, tenant l'organe sanguinolent dans une main et la gemme spirituelle remplit dans l'autre, puis franchi le vortex qui le ramènerait au royaume de Molag Bal.

Le Bréton s'écroula sur le côté dans un bruit sourd, tandis que du sang se répandait autour de lui, jaillissant à gros bouillons du trou béant dans sa poitrine.

Tauryon préféra réduire son corps en cendres et les laisser être dispersées par le vent, pour ne laisser aucune trace de son interrogatoire et du sort terrible de sa victime. Il alla ensuite retrouver son frère dans le repaire.