Je suis désolée pour le temps que j'ai mis à écrire cette suite. En espèrant que celle - ci corresponde à vos espèrances :D, bonne lecture.


Mon esprit dormait.

Je t'ai rencontré.

Je ne savais pas qu'on pouvait se réveiller aussi vite.


Hermione poussa violement Harry loin d'elle au moment ou son regard et celui de Drago se croisèrent.

La douleur, l'amour. Totalement opposés et tellement proches, tellement toi et moi. J'ai envie d'être avec toi. Avec toi.

La bouche entrouverte, Harry heurta le mur d'en face avec un bruit mat et se laissa doucement tomber en bas de celui - ci, l'air complètement hébété.

Hermione se tourna lentement pour se retrouver face à Drago. Elle le regarda dans les yeux avec une certaine difficulté, détournant vivement son regard au départ, rougissante, des larmes rageuses, honteuses et silencieuses coulant sur ses joues rosées. Lui, impassible, méprisant, hargneux, campé sur ses deux jambes dans la clarté hivernale qui le rendait encore plus blafard que d'ordinaire, la regardait, cet air narquois si habituel planté sur son visage angélique.

Non pas son visage angélique, son visage idyllique. Elle eu mal dans tout son corps rien qu'à le regarder quelques secondes. Hermione sentait ses lèvres trembler tant elle avait envie de sa bouche. Elle aimait le voir. Même imparfait, il lui plaisait. Même si son absence était insupportable. Chaque mouvement qu'il faisait lui donnait mal au ventre, lui broyait les entrailles à la manière d'une scie à métaux mal réglée.

L'amour fait mal. Il me méprise.

Cette pensée lui brusqua l'esprit et lui donna envie de rire frénétiquement. Elle voulait disparaître tant sa vie lui semblait effaçable par son simple mépris. Pourtant, elle resta immobile, debout devant lui, les yeux plantés dans les siens avec cette imperceptible lueur d'espoir qu'ils reflétaient. Elle sentait des vertiges lui traverser le corps à la manière des décharges électriques. Et puis, doucement, au fur - et - à mesure que ses larmes chaudes commençaient à lui brouiller la vue, elle se mit à penser différemment. Elle ne savait pas ce que Drago pouvait penser. Elle ne savait pas que cette lueur bizarre dans ses yeux était le fruit d'un étonnement passif, d'une impression d'inconnu. Elle ne savait pas que les plaques rouges sur ses joues n'étaient pas dues à un mépris grandissant mais à cette envie dévorante qu'il avait de vouloir sécher ses joues.

Après tout, on n'a rien à perdre. Je n'ai rien à perdre. J'ai si peu de temps à vivre aujourd'hui comme demain.

Elle se sentait tellement étrange, molle, autre qu'elle même en cet instant qu'il lui semblait que si elle mourrait, elle aurait regretté plein de choses. Elle aurait peut - être tout regretté. Elle n'en était pas sûre. Elle n'était plus sûre de rien. Les sentiment inavoués de Harry pour Ginny y était sûrement pour quelque chose.

Je n'ai plus de temps à perdre.

Hermione cessa alors de pleurer. Et comme si elle venait de prendre une décision irrévocable, elle sécha ses larmes avec le revers de sa main d'un geste rageur. A cet instant, Drago, étonné par la violence du geste qu'elle venait de faire, pu voir dans ses yeux de la colère, de la détermination, de la volonté. Hermione semblait ne plus vouloir douter de rien. Elle s'approcha de lui sans détacher son regard du sien. Lorsqu'elle se trouva devant lui, elle sourit étrangement et glissa sa main dans ses cheveux.

Drago eu l'impression qu'elle venait de le frapper. Il voulut reculer de toutes ses forces, la pousser contre le mur pour qu'elle perdre connaissance. Pourtant, il ne bougea pas, presque inconscient. Il ne comprenait pas vraiment ce qui se passait. Pourquoi il ne réagissait pas alors qu'il en avait tellement envie.

« Tu es une pute, une simple fille qui tente d'avoir l'affection de n'importe quel homme par le biais de n'importe quel acte. Tu salis ton corps déjà putride à la base, parce que ton sang est impur, et tu oses de frotter à moi. »

Ces paroles étaient sorties de sa bouche sans qu'il ne sache pourquoi il les avait prononcées. Elles étaient venues de manière neutre, comme si c'était logique, imparable, certain, comme une constation simple et directe venue se ficher dans ses pensées. Il savait simplement que la raison pour laquelle il avait prononcé ces quelques mots avec un rapport avec la colère qui brûlait en lui. Les mains d'Hermione caressait sa main, ses doigts, son cou, et chaque parcelle de sa peau qu'elle touchait lui faisait mal à en crever. Il avait envie de frapper Harry pour l'affront qu'il lui avait fait en ayant posé ses lèvres sur celle d'Hermione. Quelques fois, il avait un éclair de lucidité et il savait qu'il devait lui faire mal, la posséder pour le compte de son maître. L'ennui - et ça l'aurait presque fait rire tant ça lui paraissait ridicule - c'est qu'en cet instant précis, son maître se trouvait contre lui, la tête relevée dans sa direction, ses mains effleurant sa joue, un air de détermination planté sur le visage. Il la trouva tout simplement belle, douce, courageuse, digne.

Elle ne mérite pas ce que je viens de lui dire.

Une telle douceur dans ses propres pensées lui fit mal à la tête, comme si elle allait se fendre en deux sous l'effet de ses sensations. Malgré le fait qu'il ai envie de lui faire mal, de la blesser, il n'avait pas envie que ce soit par les mots. Il voulait que ce soit par son comportement, par ses gestes. Mais il ne voulait pas non plus lui faire mal par la douleur physique. Il voulait que la douleur soit morale mais qu'elle ne se dise pas.

« J'ai envie de te faire mal, de te faire souffrir le plus que je le peux. »

Drago avait eu envie de lui dire, à cette fille qui osait poser ses mains sur lui sans qu'il sache la repousser, la mépriser totalement. En quelques secondes, il vit alors beaucoup de choses se produire. Il vit les yeux d'Hermione regarder quelque chose sur sa droite et sentit une vive douleur sur sa tempe puis irradier dans son corps. L'instant d'après, il était couché par terre tandis que la terre tanguait dangereusement autour de lui. Il leva les yeux, hébété, et vit Harry flanqué devant lui, son poing tendu dans sa direction. La haine fit bouillir son sang et remonter quelques vieux sentiments destructeurs.

« Ne touche pas à la fille que j'aime, ou je te tue. » Lança Harry d'une voix complètement neutre à Drago. Hermione était debout juste derrière lui, l'air affolé.

Il est encore sous le coup du sortilège de confusion. Qu'Est-ce que j'ai failli faire? J'ai failli lui céder. J'ai failli lui montrer.

« C'est comme ça qu'on est avec elle. »

Par merlin, mais qu'est-ce qui m'a pris?

Alors ainsi, elle lui appartient. Elle voulait juste me blesser. Je veux la faire souffrir mais c'est elle qui le fait. Je suis pitoyable.

« C'est comme ça qu'on aime, sale con. »

Et alors qu' Hermione n'avait pas fini de penser, alors qu'elle avait ses mains plaquées sur sa bouche avec effarement, Harry glissa sa main dans son dos, dégagea son visage et posa à nouveau ses lèvres sur les siennes.

A ce contact indescriptible, Hermione se mit à avoir mal au ventre, à avoir envie de vomir. Elle se débattit furieusement et poussa Harry pour la seconde fois de la journée, s'essuyant vivement les lèvres.

Elle eu le temps de se retourner à temps pour voir Drago au fond du couloir. Il était en train de saisir la poignée de la porte. Hermione ne réfléchit plus et se mit alors à courir vers lui. Elle arriva à sa hauteur alors qu'il entrouvrait la porte et elle attrapa vivement son bras pour le forcer à se retourner.