Yoplaboom à tous !
Désolé pour l'attente, je sais que certains d'entres vous veulent vite savoir la suite et qu'ils ont déjà sortis leur machette, hachoirs, couteaux, petites cuillères, décapsuleurs, dès que je suis rentré. Mais vite vite ! Rangez ça ! Un nouveau chapitre est là !
AVERTISSEMENT : Chapitre présentant une grande violence et des scènes de tortures.
Chapitre 10 : Partager une douleur, ce n'est pas partager une amitié.
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Noir.
Tout était noir autour de lui. C'était peut-être à cause du sac qu'il avait sur la tête. Il ne savait pas comment ces Mangemorts en étaient venus à l'attaquer lui, il ne faisait que picoler dans un bar en essayant vainement de se rappeler qui il était, son amnésie partielle ne voulant pas l'aider... Mais toujours est-il qu'il avait combattu. Et férocement. Mais quand un Mangemort, Rodolphus Lestrange si sa mémoire était bonne, lui avait lancé un Doloris dans le dos pendant qu'il était occupé avec un autre, il s'était déconcentré, et les autres Mangemorts l'avait eu tous en même temps.
Et maintenant, il en était arrivé là, les pieds trainants sur le sol, le visage ensanglanté, un sac sur la tête, et trainé par Crabbe et Goyle Sénior qui tenaient chacun un bras... Tiens, apparemment on était arrivé, les deux idiots s'étaient arrêtés.
Le bruit d'une porte qui grince. Une main qui lui retire le sac. Et la paire de crétin qui le lance violemment sur le sol. Heureusement qu'il a réussi à mettre ses mains en avant, sinon son nez aurait été dans un bel état... Des rires gras s'élevèrent dans son dos.
- Tu verras... Je suis sûr que tu apprécieras la suite... Lorsque notre maître te posera des questions, tu lui répondras, on ne peut pas lui résister. Et puis tu crieras aussi... dit une voix très sadique dans son dos.
- Au moins, je suis sûr que je ne crierais pas comme une petite pucelle comme toi... Hein Rabastan ? ne put-il s'empêcher de répondre.
Il sut qu'il n'aurait pas dû lorsqu'il se prit un poing dans la figure et que sa tête alla rencontrer le sol avec une vitesse assez élevée, mais que voulez-vous... Même si il ignorait pourquoi, il détestait les Mangemorts et leur Maître.
- Aurais-je touché un point sensible Raby ? ironisa-t-il en crachant du sang par terre à quatre pattes.
- Va te faire foutre !
- Mais oui... Retourne voir ton frère... Celui qui réussi toujours tout mieux que toi... D'ailleurs me semble que c'est lui qui a dû t'aider alors que j'te mettais une branlée, nan ?
Le mangemort sortit rapidement sa baguette, mais alors qu'il allait la pointer sur lui, il se prit le bras gauche en étouffant un gémissement.
- Écartes-toi... Rabassstan... siffla une voix derrière le Mangemort.
Immédiatement, celui-ci se mit à sa gauche, un genou sur le sol, devant celui qu'il appelait "son Maitre". Difficilement, le prisonnier réussit à ce remettre sur ses deux pieds, en s'agrippant au mur avec la main droite. Lentement, il essuya le sang qui lui restait autour de la bouche, et eut un petit sourire en fixant de ses yeux mauves les prunelles rouges de Voldemort :
- Tiens... Voila l'autre gros con...
Un craquement retentit dans la forêt avoisinante du petit village. Une ombre en sortit calmement, une cape légère sur les épaules, recouverte par une chevelure lisse et grise. Cependant contrairement à ce que l'on pouvait croire, la personne n'était pas vieille, pas vieille du tout même, la trentaine grand maximum. La femme s'avançant à travers la rue principale du petit village ne regardait pas autour d'elle, ne cherchait pas d'indication quelconque, elle savait pertinemment où elle voulait aller.
Pour les deux tiers de la Grande-Bretagne, le village de Godric's Hollow n'existait tout simplement pas. Ce n'était qu'une grande forêt sur une carte... Mais pour le tiers restant, le village avait été un véritable lieu de pèlerinage pendant plus de seize années. Et plus particulièrement les ruines de la maison de James et Lily Potter, lieu où Harry Potter défit le Mage Noir le plus craint du pays. Mais depuis maintenant cinq ans, personne ne venait à Godric's Hollow en pèlerinage, plus maintenant que le monde sorcier savait que Harry Potter n'était autre que le bras droit de Voldemort et qu'il était mort après une traque du Ministère.
"Connerie !" pensa la femme.
C'est ce que le monde entier avait toujours cru... Un tas de mensonges ! Rien que le fait que Harry soit mort suite à une traque du Ministère, c'était surtout pour ne pas dire qu'il avait réussi à désarmer deux Aurors confirmés à mains nues ! Même sa trahison était un mensonge, mais ça... ils n'étaient que deux à le savoir, elle et son meilleur ami.
Lentement, elle s'arrêta devant le petit cimetière du village. Respirant un bon coup, elle entra dans ce lieu empreint de douleur et de tristesse. Elle ne regarda même pas les autres tombes, elle les connaissait déjà à force de venir, elle préféra s'arrêter directement vers la tombe qui l'intéressait. Une grande stèle de marbre sur laquelle était représentée un couple et dont l'épitaphe était :
"Ci-git James Henry Potter et Lily Jen Evans/Potter
Puissent-ils à jamais vivre heureux la vie dont ils ont trop vite étés privé sur ce monde."
La pierre ne semblait pas usée par l'âge ou par les dégradations... Tout les sorciers de passage avaient tenus à ce que la stèle des Potter soit toujours bien visible, c'étaient des héros ! Lentement, elle sortit sa baguette et la fit passer lentement devant la stèle du couple. Les feuilles, la terre et les branches se déplacèrent alors comme s'ils étaient poussés par le vent et laissèrent au grand jour une autre plaque mortuaire, plus petite, plus sobre, posée à même le sol...
"Joyeux Anniversaire Harry..." murmura Tonks.
Comme à chaque fois qu'elle voyait l'état de la stèle de Harry, elle ne put s'empêcher de penser à sa place ici. Oh bien sûr, celle-ci ne surplombait pas le corps du Survivant, il ne restait tout simplement plus rien à enterrer dignement, le Ministère avait plus vite fait de mettre les restes qu'il avait trouvé dans une fosse commune, aucun cercueil, aucune cérémonie, Harry avait était enseveli sous la chaux vive, sans aucun honneur. Cependant, elle et Remus avait bataillés pour obtenir une plaque commémorative pour leur ami. Ils s'étaient adressés d'abord bien évidement aux pompes funèbres sorcières, mais aucunes d'entre elles n'avaient voulues fournir de plaque commémorative pour le (soi-disant) bras droit de Voldemort. Alors ils avaient dû s'adresser aux pompes funèbres Moldus, là où Harry n'était pas connu.
Certes, il n'avait pas eu d'enterrement en grandes pompes, mais Remus et elle avaient tenus à ce qu'il soit enterré avec ses parents... Ils avaient longuement réfléchis et finalement avaient décidés de faire marquer :
A Harry Potter, injustement condamné, ami toujours fidèle.
Puisses-tu pouvoir enfin goûter toi aussi au bonheur que tu as si longuement défendu.
C'était là le seul endroit de toute l'Angleterre magique où l'on pouvait lire que certaines personnes pensaient Harry innocent. Bien sûr, ils savaient que les personnes qui iraient sur la tombe du couple Potter et verraient la stèle de Harry tenteraient quelque chose contre. Mais Remus n'avait pas été Professeur de DCFM ainsi que Maraudeur et elle-même n'était pas Auror pour rien. Cette stèle avait reçue toutes les protections possibles pour éviter les dégradations, et pour ne pas que l'on puisse la retirer.
Elle resta ainsi silencieusement, à se recueillir et à se rappeler des anecdotes et des souvenirs concernant l'homme qu'elle avait aimé. Tonks revint cependant dans le monde présent lorsque son pendentif vibra légèrement. Soupirant, elle le prit dans ses mains et prononça le mot de passe pour ouvrir la communication :
- Oui Albus ?
- Il y a une réunion de l'Ordre dans une heure, pourriez-vous être présente ?
- Je serai là, répondit-elle simplement avant de fermer la communication.
Dumbledore avait certainement quelque chose à lui demander... Depuis la fuite de Harry, elle n'était plus très active au sein de l'Ordre, et le directeur le savait très bien. Elle n'arrivait pas à soutenir un mouvement qui avait poussé un homme innocent à la mort. Sa vie avait bien changée depuis la mort du jeune Potter...
Mais elle ne devait pas penser à cela maintenant. La métamorphomage resserra son manteau et sa cape autour d'elle, changea de nouveau la couleur de ses cheveux, et ensuite elle s'éloigna, sachant qu'elle reviendrait certainement l'année prochaine. Tonks transplana directement après être entrée dans la forêt.
Le nouveau quartier général de l'Ordre du Phénix se trouvait désormais dans un conteneur sur l'un des docklands de Londres. Le local avait été bardé de sortilèges de protection en tout genre, Fidélitas comprit, et également agrandi et aménagé magiquement. Maintenant, au lieu d'un conteneur sur le port, il y avait un emplacement vide et à l'intérieur du conteneur, il y avait une dizaine de chambres, une salle de réunion, et un petit salon accompagné d'une cuisine.
Lorsque l'Auror pénétra dans la salle de réunion, elle sut qu'une mission allait lui être confiée. C'était toujours le même rituel, seuls les piliers de l'Ordre, Dumbledore, Maugrey, Kingsley et Rogue étaient présents.
- Ah Nymphadora ! Enfin vous voila ! s'exclama joyeusement Albus.
- Que dois-je faire ? attaqua-t-elle directement. Elle n'était pas d'humeur à jouer au bonimenteur.
- Surveiller et Filer Yaxley, voila ce que tu dois faire, la bleu, grogna Maugrey (elle avait débutée sous sa tutelle, et il l'appelait toujours ainsi).
- Bien. Qu'est-ce que je dois regarder ?
- Toutes les personnes à qui il parle, les endroits où il va, ce qu'il fait, n'hésites pas à prendre trop de détail Tonks, lui dit Kingsley.
- Entendu, où puis-je le trouver ?
- Il sera au pub "Le Pur" dans l'Allée des Embrumes, dans trois heures. Faites-moi votre rapport tout les jours à midi Nymphadora.
- Compris.
Voyant qu'on n'avait plus rien à lui dire, elle quitta la pièce. Trois heures... ça lui laissait juste le temps d'inventer une excuse bidon à balancer à son chef pour justifier cette filature. Elle comprenait pourquoi on lui avait confié cette mission, elle était une Auror expérimentée et une métamorphomage, ce qui n'était pas inutile pour suivre quelqu'un sans qu'il ne s'en rende compte. En revanche, elle ne comprenait pas pourquoi elle devait absolument suivre Yaxley. Rogue avait certainement eu des infos sur lui qui prouverait que Yaxley aura un rôle important dans les prochains jours.
Enfin bref... elle n'avait qu'à expliquer à son chef qu'elle allait suivre une personne en rapport avec son enquête actuelle, ce n'était pas la première fois qu'elle le faisait... Le détour par le Ministère ne lui prit qu'une heure, plus une autre à être chez elle et à se préparer (il fallait qu'elle prenne des vêtements amples et faciles à métamorphoser sans s'épuiser), et finalement Tonks se trouvait devant le pub, cachée dans une ombre, une heure en avance. Elle put donc voir Yaxley qui entrait dans le pub. Maintenant commençait le boulot le plus ennuyant : l'attente...
Une heure... Deux heures... La métamorphomage avait une méthode simple, elle déambulait, marchait, s'arrêtait, et lorsqu'elle pouvait, elle s'arrêtait hors de tous les regards pour changer régulièrement d'apparence physique et métamorphoser ses vêtements pour éviter tout soupçon. Tonks venait de revenir devant le pub et regardait un rat courir après quelque chose lorsque sa cible ressorti du pub. Tonks profita de l'ombre dans laquelle elle était pour effectuer une nouvelle métamorphose (on était jamais trop prudent). Yaxley était sur ces gardes, il vérifiait constamment si il n'était pas suivi, sauf qu'il ne s'attendait pas à être suivi par des centaines de personnes différentes... Elle nota toutes les personnes à qui il parlait, les endroits dans lesquels il allait, etc etc...
Le mangemort s'était arrêté dans une maison de passe de l'allée des Embrumes, Tonks ne préféra pas rentrer, ce n'était pas le genre d'endroit où une femme pouvait aller sans danger... Elle essayait de ne pas imaginer ce que Yaxley pouvait être en train de faire, les mangemorts n'étaient pas réputées pour être très romantique, après tout vu les carnages qu'ils...
Un éclair rouge illumina la rue et le noir s'abattit sur elle en même temps que le sortilège de stupéfaction qu'elle prit dans le dos. La seule chose qu'elle vit était un éclat argenté avec une baguette...
"Aie... Ma tête..."
- MON SEIGNEUR ! REGARDEZ MON SEIGNEUR !
"Oh non, ma tête... Boucle-là toi..."
- Ne crie pas comme ça Queudver, endoloris.
Un pur cri de douleur retentit dans toute la pièce, se répercutant contre les murs, s'amplifiant au fil des secondes.
"J'ai mal à la tête... LA FERME BORDEL ! Wow ! Attend deux secondes ! "endoloris" ? "
Tout en ouvrant les yeux, les souvenirs de Tonks lui revinrent
"Oh... Merde..."
- Tiens tiens tiens... On dirait que ton invité se réveille Queudver... fit une voix sifflante.
- O-Oui mon seigneur...
- Tes amis ne t'ont jamais appris la politesse Queudver ? Présentes-nous donc !
- Je ne sais pas son nom mais elle suivait Yaxley mon seigneur...
- QUOI ? Queudver ! Va me trouver cet imbécile et ramène-le moi immédiatement ! Je veux savoir comment cet incapable n'a pas pu s'en rendre compte !
Une porte qui claque. Tonks essaya de se relever, mais ses mains étaient attachés dans son dos, et elle ne put que se mettre à genou, et c'est ainsi qu'elle le vit enfin pour la première fois. Il était là devant elle, son teint blafard, ses yeux rouges comme l'enfer.
- Bien... Maintenant j'aimerai savoir... Qui es-tu ?
Malgré la terreur qu'elle ressentait face à ce monstre, Tonks garda résolument la bouche fermée. L'un des principes des Aurors était simple : Ne jamais parler à l'ennemi. Le Lord devant elle sembla s'impatienter, et brusquement il marcha vers elle et attrapa son menton dans sa main, la forçant à lui faire face, il sembla humer l'air tout autour de son visage. La métamorphomage retint un haut le coeur de sentir la peau de cet "homme" sur la sienne, le Lord n'apprécierait peut-être pas de se faire vomir sur le visage, bien que cela montrerai son avis sur la personne...
-Hmmm... Une métamorphomage... Tu dois certainement être la fille de Andromeda Black...
- C'est Andromeda TONKS !
- Ah oui... Une Sang-Mêlé... Tu pourrais me rejoindre tu sais... La métamorphomagie est un don exceptionnel... Et Lord Voldemort sait les reconnaître ! Tu as peut-être du sang Moldu dans tes veines, mais rien qui ne puisse être compensé par la longue et noble généalogie du sang Black !
- Plutôt mourir que de vous rejoindre ! cracha Tonks.
- Te tuer ? Non, cela m'est inutile... Pour l'instant. finit-il en la relachant.
- Je ne vous dirai rien ! cria-t-elle dans le dos du Mage Noir alors qu'il regagnait son trône.
Jedusor fit un mouvement de baguette vers la porte et reprit :
- Oh je ne m'en fais pas, je saurais te convaincre... Endoloris !
Nymphadora cria comme elle n'avait jamais criée, l'effet du doloris sembla si... amplifié... qu'elle ne voulut plus qu'une chose : mourir. Il lui sembla que cela faisait plusieurs heures lorsque le sort se leva, la laissant haletante, groggy, et avec la certitude qu'elle ne pourrait plus jamais bouger de sa vie. Avec difficulté, elle écouta le Lord lui parler :
- Je vais te laisser un petit peu de temps pour réfléchir à notre discussion, nous en reparlerons plus tard... Mais en attendant, je vais te confier aux bons soins de ta tante. Bellatrix !
- Oui, Maître, j'ai reçu votre appel.
- Emmène donc ta tendre nièce dans une de nos chambres libre...
La jeune femme se sentit brutalement tirée en arrière. Elle eut du mal à suivre la cadence de sa folle de tante après le doloris, et elle fut à moitié trainée jusqu'à sa cellule. Lorsque Bellatrix s'arrêta et ouvrit une porte en fer rouillé, elle aurait été incapable de réciter le chemin entre la cellule et la salle du trône.
- Alors ? Comment va ta mère ? demanda Bellatrix.
- Comme si t'en avais quelque chose à foutre...
- Tu es bien mal éduquée... Certainement l'influence de ton Moldu de père...
- Hey... tatie... Je tiens à dire quelque chose...
- Ah oui ? Et qu'est-ce que c'est ?
- Transmet le... à ton maître... haleta-t-elle
- Evidement...
- Je préfère être mal... éduquée par un moldu, Que... que totalement stupide au point de pas pouvoir faire un pas sans qu'un serpent visqueux me dise comment faire...
Bellatrix qui avait souri au début de la phrase, avait maintenant le visage transformé par la rage :
- Comment oses-tu ! Sale Sang-de-Bourbe !
Elle projeta si violemment Tonks dans la cellule que la tête de sa nièce vint percuter le mur et que celle-ci s'effondra sur le sol.
- J'espère pour toi que tu vas apprécier ton voyage ici ! hurla la Mangemort.
Mais Nymphadora ne pouvait plus l'entendre, elle avait déjà sombrée dans les bras bienvenus de l'inconscience...
Elle ne sut dire combien de temps avait passé depuis qu'elle avait été jetée dans cette cellule, mais toujours est-il que lorsqu'elle ouvrit les yeux, les souvenirs de son voyage devant le plus grand Mage Noir d'Angleterre n'avait pas quittés son esprit, cela n'aurait pas pu être possible, Voldemort était le genre de personne qui marquait votre esprit au fer rouge. Le seul problème était que maintenant, elle risquait bien pire qu'un fer rouge ! A tout les coups, elle risquait déjà les doloris, des sorts de magie noire avec probablement des sorts de brûlure et de lacération, si sa tante s'en chargeait, elle aurait sûrement le droit à n'importe quel moyen Moldu, elle était connue pour son attrait pour eux dans ces cas là... L'Ordre enverrait une mission de sauvetage si elle ne faisait pas de rapport, mais pas tout de suite, le seul problème c'est qu'elle n'était pas une membre importante de l'Ordre, ce qui voulait dire que Voldemort ne la garderait pas en vie très longtemps... Alors ça y était, c'est comme cela qu'elle allait mourir, dans les cachots de Voldemort, torturée à mort avec le pire des psychopathes existant...
STOP !
Elle ne devait pas paniquer ! Si elle paniquait, c'était la mort assurée, et une mort longue et douloureuse. Il fallait qu'elle se calme, qu'elle inspire et expire, encore, une nouvelle fois. Bien, maintenant réfléchir à un plan de sortie. Une évasion avait peu de chance de réussir vu l'endroit... Elle était tout de même dans un lieu regorgeant de très bons sorciers intoxiqués à la Magie Noire et sans états d'âmes, et c'était sans parler du chef... Son regard s'attarda sur un morceau de tasse en fer par terre...
Voyez-vous, monsieur Dumbledore, lorsque la magie ne marche pas, il suffit de penser en Moldu !
Le souvenir d'Harry au moment où il avait fait flamber le tableau de la mère de Sirius lui revint brusquement en mémoire.
- Harry... Même mort depuis cinq ans, tu continues à m'emmener à l'école... rigola doucement Tonks.
Bien que cela lui prit du temps avec ses muscles endoloris, elle se déplaça jusqu'au morceau de métal. Il était à peine plus grand que son index et complétement rouillé... elle allait devoir faire attention à ne pas le casser ou encore à éviter de se couper, bien qu'une infection serait le cadet de ses soucis dans cet endroit.
La sorcière savait bien qu'elle allait devoir la jouer fine. Si l'un de ses gardiens voyait son nouvel ami l'outil, aucun doute qu'il allait lui enlever... Ce qui voulait dire qu'elle allait devoir trouver un endroit où le cacher et qu'elle ne devait pas s'en servir comme arme, sauf en cas d'extrême urgence. La métamorphomage examina la chaîne qui reliait sa cheville au centre de la pièce, il lui serait impossible de briser un maillon de la chaîne avec son morceau de tasse... En revanche le verrou de sa cheville, le crocheter pouvait être jouable... Son regard glissa jusqu'à la porte, impossible de pouvoir la crocheter avec ce qu'elle avait...
Avec une nouvelle détermination dans le regard, la sorcière alla s'asseoir contre un mur dans un coin sombre de la pièce, et elle commença à gratter un bout de son outil sur la pierre du sol. Son plan était simple, elle comptait tailler suffisamment le morceau de fer pour réussir à crocheter la menotte de sa cheville, une fois cela fait elle attendrait qu'un mangemort rentre dans la pièce et s'approche suffisamment d'elle pour, un : lui planter la ferraille dans la carotide ; deux : récupérer sa baguette et trouver la sortie en se servant du corps du garde comme bouclier en cas d'attaque. L'avantage du coin sombre dans lequel elle était lui permettrait de camoufler rapidement et efficacement l'outil.
"Finalement on dirait que la nature Serpentarde de maman détint sur moi..." pensa Tonks.
Elle avait à peine commencée à tailler le morceau de tasse que des bruits de pas retentirent dans le couloir, ne voulant prendre aucun risque, elle se dépêcha de cacher le bout de métal dans un coin sombre et de l'enfouir sous un tas de saleté. Sa prudence fut utile car c'était devant sa porte que les pas s'arrêtèrent...
Nymphadora déglutit, la panique revenant à vive allure. Appréhender la torture était presque pire que la torture elle-même. La porte s'ouvrit brusquement révélant deux armoires à glace ricanantes.
"Crabbe et Goyle sûrement."
Ils lui retirèrent ses entraves puis la levèrent, facilement et sans ménagement, du sol pour la trainer à moitié jusqu'à la salle du Trône. Maintenant qu'elle avait l'esprit un peu plus clair, elle essaya de mémoriser chaque tournant qu'ils prenaient, cela pourrait lui être utile...
Bien trop vite à son goût elle fut conduite et violemment jetée au pied du Lord.
- Alors ma chère... Comment trouves-tu tes nouveaux appartements ?
- C'est d'un exquis... murmura-t-elle.
Voldemort ricana sombrement et repris :
- Et as-tu réfléchi à ma proposition ? Veux-tu me rejoindre ?
- Le seul endroit où je veux bien vous rejoindre c'est dans un voyage pour l'au-delà, cracha Tonks avec toute la hargne dont elle était capable.
Cette remarque lui valu un violent coup de la part de Goyle.
- Et quand est-il de mon autre proposition ? Veux-tu me dire tout ce que tu sais pour que je puisse apaiser tes souffrances ?
- Jamais !
- Tu as tort tu sais... Le problème avec vous autres les métamorphomages, c'est que votre Magie est bien trop instable, ce qui vous donne une aptitude naturelle à l'Occlumencie... Oh bien sûr je pourrai très bien la forcer, mais... j'en serai affaibli et tu n'en vaut pas la peine. Aussi...
Le Lord claqua des doigts, et Crabbe et Goyle la portèrent jusqu'à une chaise en fer et à l'aspect menaçante posée au centre de la pièce. Elle fut forcée de s'asseoir dedans et on lui attacha les mains et les pieds sur celle-ci.
- Je suis sûr que nos amis ici présents vont t'aider à me parler... Rodolphus ! Rabastan ! Brisez vos protections !
L'air dans la pièce se fit plus froid encore, et ses pensées plus noires, comme-ci... Non pas comme-ci... C'était réel... Ils étaient une dizaine et ils approchaient lentement...
- Détraqueurs ! Brisez-là, mais ne la tuez pas ! Je veux qu'elle puisse me parler. Oh et un dernier détail... Faîtes ça très lentement...
Combien de temps cela faisait ? Dix minutes ? Dix heures ? Dix ans ? Elle ne savait pas... Elle ne savait plus... La seule chose dont elle se rendait compte c'était que les deux armoires (quels étaient leurs noms déjà ? ) la trainait sur le sol pour la ramener chez elle... Avant c'était chez elle si elle en croyait l'homme... Elle ne savait même plus qui elle était, ce qu'elle était même... Elle ne... Elle ne...
L'inconscience l'emporta au moment même où Crabbe et Goyle la jetèrent violemment sur le sol de sa cellule.
Lorsqu'elle se réveilla, au moment même où deux rires gras passèrent la porte et déposèrent une miche de pain à l'allure douteuse et un peu d'eau croupie, elle avait la nausée, elle avait mal à la tête, et surtout, elle avait peur... Elle ne put empêcher les souvenirs de refaire surface...
Elle revoyait l'un de ces moments qu'elle aurait préférée oublier, sa mère gisait sur le sol, baignant dans son propre sang et avec une énorme lacération sur l'abdomen, son père n'était pas rentré et elle était cachée dans le placard... Bellatrix venait de rendre visite à sa mère après qu'elle ait appris leur adresse.
- Alors Meda ? Tu vois ce sang qui coule de tes veines ? Sache que désormais ceci est la dernière preuve que tu fais partie de la famille Black ! J'ai mis du temps à te trouver, mais je l'ai fait...
- Pourquoi... Bella... ? demanda difficilement Andromeda.
- Tu oses me demander POURQUOI ? Tu t'es acoquinée avec un sale Moldu ! Pire même tu as jetée la honte sur la famille pour avoir osée engendrer un enfant avec ce Moldu ! Mais ne t'inquiète pas... Je vais me charger de faire disparaître tout ça... Ton mari est en retard je crois, je ne pense pas qu'il rentrera de sitôt ! rigola la Mangemort. Et je vais chercher ta famille pour la tuer également ! Comme cela il n'y aura plus aucune preuve de ce que tu as fait à ma famille...
Le souvenir disparut lentement avant sa fin dans son esprit alors qu'elle s'entendait crier à travers la salle. Les détraqueurs tournait rapidement autour d'elle, aspirant chacun un peu de son bonheur, cependant il venait de s'écarter légèrement et elle put entendre la voix du Mage Noir hurlant pour passer par dessus ses cris :
- DIS MOI QUI T'A ENVOYEE ! STOPPE CETTE SOUFFRANCE ET DIS LE MOI !
- JAMAIS !
- DETRAQUEURS ! ENCORE !
Cela avait été comme ça tout du long... Elle se rendit compte, alors qu'elle s'extirpait difficilement de ses souvenirs sur le sol de sa cellule, que ses poignets et ses chevilles lui faisait mal. Pas étonnant, elle n'avait pas arrêtée de se débattre contre ses liens sur le siège. Chassant les souvenirs de sa rencontre avec les créatures, et les mauvais souvenirs que cela avait engendrés, elle rampa jusqu'à son maigre repas et fut satisfaite de pouvoir l'avaler, bien qu'elle ne mangea pas tout, les Mangemorts ne lui donnerait sûrement pas à manger tout les jours...
Bien ! Maintenant elle devait continuer sa tâche ! Pas le temps de se reposer, plus vite elle aurait terminée, plus vite elle pourrait s'échapper ! Elle rampa jusqu'au coin sombre de sa cellule et s'assit le dos contre le mur. Son outil était toujours là, bonne nouvelle ! Tonks s'en empara et le gratta de nouveau contre la pierre. Cependant elle avait surestimée beaucoup trop ses forces, et elle retomba rapidement dans l'inconscience.
- AAAAAARRRGGGHHHH !
Ce fut ce cri masculin qui l'arracha de nouveau de son sommeil. Quelqu'un, un homme, était en train de se faire torturer, mais pas dans la salle du trône, non... C'était plus proche... Là, à l'étage des cellules... Elle n'avait pas l'impression que le maître des lieux était présent, certainement des Mangemorts qui faisaient du zèle.
Se reprenant, Tonks récupéra son morceau de métal et vérifia si elle pouvait crocheter sa menotte... Toujours Pas ! Le problème était de réussir à tailler le morceau selon la bonne forme pour crocheter la serrure.
- AARRRRGGHHHHH !
Elle ne devait pas écouter ses sons ! Non surtout pas ! C'était un truc à devenir fou. Hystérique, elle continua de limer son bout de tasse, il fallait qu'elle parte de là au plus vite ! Elle n'en pouvait plus, c'était trop !
- Rabastan ! Arrête ! Le Maître veut que tu lui apporte l'autre, dépêche-toi, il est énervé !
Tonks pressentit que "l'autre" en question n'était qu'elle et rangea à nouveau son outil. Elle ne fut pas déçue lorsque la porte de sa cellule s'ouvrit et que le sorcier devant elle lui administra un maléfice cuisant le temps de lui retirer sa chaîne.
- Aller ma jolie ! Debout ! Le Maître veut te voir !
Difficilement la métamorphomage parvint à se mettre debout. Elle trébucha, plusieurs fois, mais elle se relevait toujours à chaque fois, elle ne voulait pas ramper devant cet imbécile ! Imbécile qui lui fit très peur avant de rentrer dans la salle du trône :
- Un conseil... Il faut que tu tiennes encore un peu... lui murmura-t-il quasiment inquiet.
Toute trace de folie avait disparut de ses yeux, et il paraissait réellement inquiet pour elle...
Jusqu'à ce que l'éclair de folie et un sourire sadique apparut sur ses lèvres.
- Le Maître m'a dit que si tu ne lui répondais pas encore, je pourrai m'occuper de toi... ça doit faire longtemps que tu n'as pas eu la compagnie d'un homme non ?
Le Mangemort la poussa sans ménagement dans la salle en rigolant.
- Silence Rabastan ! Bien... Alors est-ce que le repos dont tu as bénéficié t'as convaincue de me parler ?
- Vous savez...
- Oui ?
- Ma réponse à changée...
Tonks ne savait pas ce qui lui prenait... Elle avait juste envie de le dire...
- Et quelle est-elle ?
Les Détraqueurs devaient lui avoir fait perdre la tête...
- Ce n'est plus non... C'est VA TE FAIRE METTRE ! cria-t-elle furieuse.
- Endoloris !
Le doloris fut éprouvant mais court.
- Insolente ! Je ne vais pas m'abaisser à te torturer avec mes propres forces... Crabbe ! Goyle !
Elle sentit qu'on lui bloqua les deux bras dans son dos, et la silhouette massive de Goyle se dessina devant elle...
Tonks déglutit lentement, se préparant à ce qu'elle allait subir. Cependant, elle avait beau ce préparer, lorsque le poing de Goyle rentra en contact avec force avec sa mâchoire, elle eut bien l'impression que le plafond allait lui tomber sur la tête et que sa tête allait se détacher du reste de son corps... Elle cracha du sang par terre, et se rendit compte que le Mage Noir n'avait même pas encore posé de question, en fait il se contenta de dire une chose :
- Rabastan, appelle Rogue. Je crois que l'on va avoir besoin des ses potions de soins... Mais prend ton temps, on ne devrait pas avoir fini avant un long... Très long moment...
C'est fou comme le temps peut être une chose à la fois immuable et extrêmement malléable... Le temps était immuable, on ne pouvait l'arrêter, même avec un sort, c'était contre toute le lois de la nature. En revanche, Nymphadora se disait qu'il était bien malléable lorsqu'elle eut l'impression que des heures entières avaient passées avant que Voldemort ne dise enfin les mots qu'elle souhaitait :
- Sa suffit Crabbe ! Elle ne dira rien de plus...
Oui, ils avaient réussi à savoir qu'elle était de l'Ordre malheureusement, et son tortionnaire n'était plus le même. Les deux débiles s'amusaient à échanger leur place quand ils en avaient marre. Rogue était passé aussi pour lui administrer des potions pour réparer légèrement les membres endommagés, et il fallait que leur efficacité soit rapide pour Voldemort. Or qui dit efficacité plus que rapide dit grande douleur... Elle s'était attendu à ce que Rogue fasse quelque chose pour elle, mais il n'avait rien fait, il avait joué son rôle d'espion à fond. Évidemment Voldemort s'était amusé de la voir souffrir à cause d'un autre membre de l'Ordre.
- Puis-je m'occuper d'elle Maître ? demanda avidement Rabastan Lestrange.
- Non ! Si tu l'as touche sans que je ne t'en donne l'ordre, tu auras à faire à moi.
- Mais Maître, vous...
- ENDOLORIS ! DEPUIS QUAND CONTESTES-TU MES ORDRES LESTRANGE !
- Pardonnez-moi Maître... s'excusa pitoyablement le Mangemort en reprenant son souffle.
- Bellatrix ! Raccompagne-la ! Mais ne la met pas dans sa cellule habituelle, met-la avec l'autre, nous manquons de place !
- A vos ordres Maître.
Elle fut violemment tirée en arrière et emmenée dans le dédale de couloir alors que ses muscles criaient de protestation, mais elle n'en avait cure et pour cause ! Elle allait être changée de cellule, elle n'aurait plus son morceau de tasse, tout était perdu...
Bellatrix ouvrit la porte devant elle et la balança dans la cellule en criant :
- Réveilles-toi l'abruti ! T'as une nouvelle colloc' !
Et la seule chose que Tonks fut capable de distinguer avant de repartir dans l'inconscience fut deux billes mauves se poser sur elle alors que la porte de la cellule se refermait.
Lorsqu'elle se réveilla, c'était de nouveau en cellule... Mais ce n'était pas sa cellule, se rappela-t-elle. Ses plans d'évasions tombaient à l'eau maintenant, et au vu de la réaction de Rogue, l'Ordre n'avait pas l'air pressé de lancer une mission pour la libérer. C'était fini, elle allait mourir ici, elle le savait...
"Ne paniques pas ! Réfléchis bon sang !" se sermonna-t-elle.
Bien. Ce n'était pas sa cellule, d'accord. Elle n'avait plus son morceau de tasse, d'accord. Elle n'était plus enchaînée, d'accord. WOW ! Elle n'était plus quoi ? Mais c'était parfait ça ! Elle n'avait plus besoin de son outil, elle pourrait très bien neutraliser le garde avec une pierre !
Un reniflement retentit dans l'obscurité.
Ah oui ! Elle avait maintenant un compagnon d'infortune. Elle pourrait peut-être le convaincre de l'aider... Mais bon, d'abord elle devait savoir qui il était, on ne savait jamais...
- Est-ce que vous allez bien ? lui demanda-t-elle.
Pas de réponse, elle était pourtant sûre qu'il (car oui c'était un homme) l'avait entendu.
- Vous ne pouvez pas parler ?
Toujours rien... Mais c'était normal, quelqu'un ayant passé plus de temps qu'elle ici aurait certainement perdu la voix à force de crier.
- Vous savez, si vous ne pouvez pas parler, vous pouvez toujours hocher la...
- Est-ce que je vous ai donné l'impression de vouloir tailler le bout d'gras ? la coupa une voix grave, sèche et rauque.
"Bon ok, pas avenant le mec..."
- J'aurai pensé que pouvoir parler à quelqu'un d'autres que cette bande d'abrutis vous aurez fait du bien...
- Vous avez mal pensé. Partager une douleur, ce n'est pas partager une amitié, fermez-là maintenant.
" C'est pas qu'il est pas avenant, c'est juste un connard."
- T'aurais pas une leçon pour moi Harry ?... murmura-t-elle dans le vide.
Elle sut cependant que son agréable voisin l'avait entendue au moment même où un éclair de colère passa à travers ses yeux mauves ("tiens drôle de couleur").
- Ecoutez, bouclez-là une bonne fois pour toute ! Et je sais pas ce qui vous fait croire ça, mais je ne m'appelle pas Harry.
- Ce n'était pas à vous que je parlais ! s'exclama Tonks.
- Ah oui ? Alors à qui d'autre ? Non parce que je ne vois personne d'autre dans cette putain de cellule !
- Je pensais à un ami !
Elle ne voulait plus parler à cet homme odieux mais la couleur des yeux de cet homme l'intriguait... Elle essaya de le détailler plus minutieusement mais sa vue était obscurcie par du sang, par son sang... Apparemment sa tante l'avait poussée un peu trop violemment dans cette cellule et lui avait ouvert le cuir chevelu.
- Eh bien votre ami il est pas là, alors silence !
- Je parlerai si je veux ! Et je vous emmerde !
- C'est ça... Alors continuez donc à parler à votre ami, le lapin imaginaire Harry !
- Ce n'est pas un lapin imaginaire, s'offusqua Tonks. Il s'appelait Harry Potter !
- Aaahh ! Je comprend, vous avez dû abuser du Doloris a vieille ! Faut vous mettre à la page ! Il est mort et enterré depuis cinq piges ce connard !
- Ce n'était pas un connard ! cria-t-elle.
- Bien sûr que si ! Croyez-moi ! Je me rappelle l'avoir vu juste avant sa mort ! Et il pétait de trouille !
La sorcière se calma instantanément. Ce gars avait vu Harry juste avant sa mort. Il était le dernier à l'avoir vu ! Mais... ce n'était pas possible, Harry était mort, tué par des loups-garoux... A moins que ce gars... Oui, c'était sûrement cela, ce mec était l'un des loups-garoux qui avait attaqué Harry ! Super ! Elle était enfermé dans une cellule avec un loup-garou ! Bon, ne pas paniquer...
- Et donc... dit-elle lentement en essayant de décoller les mèches de cheveux ensanglantés de ses yeux... Vous connaissiez Harry Potter ?
L'homme soupira, montrant clairement qu'elle l'agaçait au plus haut point, mais cependant il répondit de sa voix grave :
- J'étais là lorsqu'il est mort. J'étais là lorsque sa volonté a failli. C'était un lâche et un inconscient.
- Vous êtes vraiment une sale ordure... répondit-elle les dents serrés.
- Eh bien comme ça on pense la même chose l'un de l'autre.
La porte s'ouvrit soudainement sur eux.
- Alors on s'amuse bien là-dedans ? demanda une gamine.
- Va faire une bise aux Détraqueurs de ma part Bella... grogna son collocataire.
- Oh non mon cher Abel, j'ai bien mieux à faire !
D'un coup de baguette, le dit Abel se retrouva pendu par les mains devant Tonks, ses pieds touchaient à peine le sol. Celle-ci put observer à souhait le visage encadré de longs cheveux noirs poisseux de l'homme. Il devait certainement avoir le visage fin et séduisant dans d'autres circonstances... là il était pâle et visiblement amaigri, avec de grandes cernes sous les yeux. Son corps était rachitique et bourré de trace de coups, de coupures, de brûlures et d'autres encore. Il ne portait en tout et pour tout qu'un morceau de jean déchiré au niveau de la mi-cuisse couvrant sa pudeur.
Alors que Tonks se demanda ce qu'il allait faire d'elle, elle senti un Mangemort derrière elle lui bloquant les bras dans le dos et la forçant à regarder Abel. Il y eut un claquement dans l'air et Bellatrix eut l'air ravie.
- Le sort de fouet Bella ? ricana Abel. Merde je t'ai connu plus originale ! Tu te ramollit avec l'âge !
Furieuse, elle abaissa sa baguette sur le dos du jeune homme. Le claquement retentit à nouveau, et Abel contracta visiblement sa mâchoire. La mangemort rigola devant cette réaction :
- Tu fais le fier devant une demoiselle Abel ? Pourtant il y a peu tu nous faisait gouter au doux son de ta voix.
- Va te faire voir chez les Epouvantars... grogna la victime.
Deux nouveaux coups retentirent, Abel grogna légèrement et Tonks détourna la tête. Tout du moins elle essaya, son tortionnaire l'obligea à regarder de nouveau Abel. Elle avait l'impression de souffrir avec lui, l'homme derrière elle se pencha vers son oreille et lui murmura :
- Il ne tiens qu'à toi de stopper ses souffrances, dis nous ce que tu sais ou tu subiras le même sort...
Elle accrocha le regard du jeune homme et, pour la première fois, n'aperçut pas de colère dans celui-ci. Il se contentait de la fixer avec détermination comme pour lui faire passer un message. Tonks essaya de lui montrer de la même façon son regret pour ce qu'elle allait faire et murmura :
- Ja-Jamais...
Son geôlier se redressa et elle le sentit hocher la tête vers Lestrange, celle-ci rigola et arma à nouveau sa baguette. Les coups plurent à nouveaux. Et s'en fut trop pour Abel...
- AARGGHH ! ARRGGGHH ! AAAAAARGGGHH !
Cette fois s'en fut trop pour Tonks qui ferma ses yeux, mais qui malheureusement, ne put fermer ses oreilles...
Cela faisait maintenant une heure que leur bourreaux étaient partis. Abel était allongé sur le ventre, respirant difficilement et Tonks avait eu un haut le coeur dans le coin de la cellule. Elle était chanceuse, ils s'étaient plus acharnés sur lui que sur elle... En rampant, elle se rapprocha du jeune homme et essaya d'essuyer son dos avec un peu de leur eau.
- Qu-Qu'est-ce que vous faîtes ?
- J'essaye de vos aider...
- Ne gaspillez pas notre eau.
- Il ne faut pas que ça s'infecte.
- Ils ne me tueront pas, je ne leur ai pas tout dit...
Abel se releva en sifflant et rampa pour être prêt du mur.
- Je... Je suis désolé pour ce qui vous est arrivé, c'est de ma faute, dit Tonks.
- Petite idiote... Vous avez suivi votre instinct de survie, vous auriez parlé, ils vous auraient tué. Maintenant, silence.
S'énervant, Tonks reprit en élevant la voix :
- Comment êtes-vous venu ici ? Qui êtes-vous ? D'où venez-vous ? Répondez BON SANG !
Face au mutisme de son voisin, elle reprit :
- Vous êtes peut-être un asocial ou un parfait connard mais moi j'ai besoin de par...
BOOM.
C'était une explosion et ça venait du couloir.
BOOM. BOOM. Hurlements.
Tonks se redressa et fit face à la porte. Brusquement celle-ci sortit de ses gonds pour atterir sur le sol. Un homme drapé dans une cape, ("non, un manteau" se corrigea-t-elle) rouge sang les regardait. Alors que la métamorphomage allait lui poser la question, elle fut devancée par Abel :
- Qu-Qui êtes-vous ?
L'homme eut un sourire :
- Oula... J'y suis peut-être allé un peu fort sur cette potion...
En un clin d'oeil, il fu face à Abel, de sa main droite il le força à ouvrir la bouche en appuyant sur sa mâchoire, alors que de la gauche il lui enfournait le contenu d'une éprouvette dans la gorge. Une fois la décoction avalée, les yeux d'Abel se firent vitreux, comme si il regardait au loin quelque chose. Une voix grave retentit dans le couloir :
- Alors ?
- Encore trente secondes ! lui répondit manteau-rouge.
Et en effet au bout de trente secondes, les yeux d'Abel redevinrent normaux alors qu'il posait son regard sur son opposant :
- Putain Damon ! C'est fini ? Vous êtes là ?
- A toi de me dire si c'est fini !
- Ouais, j'ai les infos, c'est bon !
- Encore heureux, t'as pas fait un voyage de trois mois ici pour rien ! Aller on se casse !
Damon ressortit deux autres fioles qu'il passa à Abel, celui-ci les bu sans hésiter.
- Bon ça devrait te faire tenir le temps qu'on arrive... En route !
- Attends !
- Quoi ?
- Elle? fit-il en la désignant. On l'emmène avec nous.
- Putain, on va pas libérer tout le monde non plus !
- Tu la boucle et on l'embarque, Damon !
L'homme au manteau rouge soupira et lui indiqua de passer devant lui. Abel s'arrêta devant elle et la regarda :
- Si tu veux vivre et éviter les tortures, suis-moi.
Puis il continua son chemin. Tonks n'hésita qu'un centième de seconde avant de lui emboiter le pas, Damon derrière elle. Lorsqu'ils sortirent du couloir des cachots, elle put voir à qui appartenait l'autre voix. C'était un homme d'une cinquantaine d'années, si elle en jugeait par les cheveux poivre et sel et la légère barbe de la même couleur, et qui avait une sorte d'allure aristocratique.
- Ah... Ravi de te revoir mon cher. Mais qui est donc cette jeune femme derrière-toi ?
- Moi aussi. Et laisse, c'est une longue histoire... On l'emmène.
Les eux hommes semblèrent se parler silencieusement puis le plus âgé acquiesça.
- Bien. Alors sortons.
- Et c'est par où ? interrogea Damon.
- Par ici, lui répondit l'âgé en abaissant sa main contre un mur.
Aussitôt celui-ci explosa projetant des débris partout autour d'eux. Le souffle de l'explosion faillit vers tomber la sorcière, les trois autres étant imperturbables. Apparemment l'une de potions qu'avait bu Abel était soit un anti-douleur puissant, soit une potion de force. On n'avait pas l'impression qu'il c'était fait torturé pendant trois mois, et elle se demanda bien si Damon n'en avait pas une ou deux en rab...
- On s'bouge ! L'autre gros con a arriver. dit rapidement Abel en serrant les dents.
- Toujours en train de l'appeler comme ça hein... soupira Damon.
- Ouais, même devant sa tronche, ricana-t-il.
- En avant ! Moi le premier, puis-toi, ensuite vous madame, et enfin Damon. On a cinquante mètres avant de quitter les protections.
- Mangemorts en avant ! s'exclama une voix étouffée à travers la porte.
Ce fut leur signal de départ et les quatre fugitifs coururent à toute allure pour avaler rapidement la distance qui les séparait de la sortie.
Sauf que Tonks c'était faite torturée, et qu'elle n'avait pas eu de potions pour ce doper, même si elle arrivait à courir grâce à l'adrénaline et la volonté de sortir. Et alors qu'elle allait atteindre le dernier mètre, elle sentit plus qu'elle ne vit un sort l'atteindre dans le dos...
- Comment va-t-elle aujourd'hui ?
- Comme hier... Ce sortilège était une belle saloperie... Et je ne parle pas de son séjour chez Tom.
- Au fait ? Il est déjà reparti ?
- Oui... Je suis persuadé qu'Il n'a même pas été a voir...
- Détrompes-toi, Il a passé deux nuits à son chevet.
- Tu crois que c'est la femme dont Il nous a parlé ?
- J'en suis sûre, ça ne fait aucun doute... Damon, elle s'est réveillée j'ai l'impression.
Elle sentit quelque chose contre son front. Une main peut-être ?
- Dormez très chère, vous avez besoin de repos.
Etrangement Tonks faisait confiance à cette voix, aussi elle décida de l'écouter et se rendormit aussitôt.
Un chant.
C'était un chant d'oiseau.
Voila ce qui la réveilla à nouveau mais cette fois pour de bon, elle le sentait. Le soleil devait être levé, elle le sentait chauffer contre son visage. Inspirant un bon coup et puisant dans tout son courage pour cette action difficile, elle entrouvrit un oeil, qu'elle referma immédiatement.
"Putain de lumière à la con !"
Décidément si son réveil ne se faisait pas calmement et avec sérénité, elle était de mauvais poil. Décidant d'en finir, la métamorphomage ouvrit les deux yeux... et grimaça, la lumière était vraiment trop forte...
Une seconde là ! Ce n'était pas chez elle ! Mais alors qu'est-ce que...
Torture. Voldemort. Abel. Evasion. Noir. Torture.
Minutieusement elle ré-examina la pièce dans laquelle elle était. Un lit simple et confortable dans lequel elle était toujours assise. Une coiffeuse à sa gauche, une chaise avec des vêtements à sa droite, une porte face à elle. Simple et minimaliste, mais la pièce ne donnait pas l'impression d'une cellule. Elle se rappelait aussi avoir entendu Damon et le plus vieux de ses sauveurs parler, apparemment quelqu'un était resté à son chevet. Peut-être Abel, même si ça serait étonnant d'un goujat pareil, il lui faisait penser à Rogue.
Tonks se leva, sortit du lit, et serait tombée si elle ne c'était pas rattrapée de justesse à celui-ci.
"Nom de Merlin, ça c'est de la courbature !"
Elle marcha difficilement jusqu'à la coiffeuse et regarda son reflet... Son visage était le moins touché, juste une coupure sur la lèvre certainement dû à sa lèvre fendue, une ecchymose sur la joue gauche, deux pansements sur son front et une écorchure sur le menton. Le reste de son corps, c'était autre chose... Et Tonks pleura, elle pleura devant ce que ces monstres lui avaient fait, elle pleura face à ses souvenirs les plus sombres, elle pleura quand elle vit son corps recouvert de bleus et de coupures, elle pleura aussi quand elle vit les longues coupures rectilignes et boursouflées qui barraient maintenant son dos, infligées quand Bellatrix en avait eu fini avec Abel. Elle se rappelait avoir essayé avec succès de ne pas y penser sur le départ, puis tout c'était enchaîné, et elle n'y avait plus pensé, grisée par l'adrénaline, mais maintenant qu'elles étaient face à elle, elle ne pouvait plus les oublier... Elle pleura encore longtemps de la douleur qu'elle ressentait toujours et de ses souvenirs, puis elle essuya ses larmes rageusement, elle n'allait pas se laisser abattre ! Et personne ne verrait ses marques !
Nymphadora se dirigea vers la chaise qui soutenait les vêtements... corrections ses vêtements (elle n'avait pas la moindre idée de comment ses hommes avaient pu se les procurer, étant donné que cette panoplie était censée être chez elle...). Une fois son ensemble de combat violet enfilé, et ses marques (la plupart en tout cas) hors de vue, la métamorphomage respira un bon coup et tourna la poignée de la porte. Bonne nouvelle, elle était ouverte ! Donc la sorcière n'était pas prisonnière...
Sur ses gardes (on sait jamais), elle parcouru le couloir en essayant d'ouvrir les autres portes, sans succès. Il ne restait plus que l'escalier et elle soupira quand elle entendit des voix en provenance de l'étage inférieur. Non pas qu'elle ne voulait pas remercier ceux qui l'avaient sauvée, mais elle n'avait pas envie de croiser l'autre abruti d'Abel. Prenant sur elle, elle descendit rapidement l'escalier pour entrer rapidement dans un salon où elle vit Damon et l'homme âgé assis dans des fauteuils. L'homme âgé se leva lorsqu'il la vit :
- Ah ma chère ! Ravi de vous revoir dans de meilleures circonstances ! J'espère que vous allez mieux ! Vous nous avez fait une belle peur à rester dans le coma ainsi pendant deux semaines...
- Deux semaines ? Wow... Enfin moi aussi je suis heureuse d'en être sortie, sourit-elle, monsieur... ?
- Oh ! Pardonnez-moi ! Je manque à tout mes devoirs ! Voici Damon Dante, l'un de mes compagnons, et je suis Robert MacDougal, mais appelez-moi Mac.
- Heureuse de vous rencontrer, je suis Nymphadora Tonks, mais appelez-moi Tonks. Je tenais à vous remercier de m'avoir sauvé de... de là-bas...
- Oh mais ce n'est rien voyons. Nous n'aurions pas pu laisser une aussi belle jeune femme dans cette endroit. lui répondit Mac avec un sourire charmeur.
Damon leva es yeux au ciel en souriant et Tonks rougit... un peu... elle toussa pour ce redonner constance et reprit :
- Abel n'est pas là ?
Les yeux de Mac semblèrent exprimer l'interrogation et la résignation avant qu'il ne réponde :
- Non, désolé, il est sorti.
Tonks ne put cacher un soupir de soulagement que les deux hommes virent si on en croyait leur sourire.
- Dois-je comprendre de votre réaction, reprit Mac, que vous ne l'aimez pas beaucoup ?
- Il a été odieux avec moi quand on été... enfin vous voyez...
Ses hôtes perdirent immédiatement leur sourire et Mac reprit gravement :
- Je suis sûr que dès qu'ils en aura l'occasion, il s'excusera pour son comportement. Je sais que c'est dur à croire mais il a agi dans votre intérêt.
- Comment ça ?
Ce fut Damon qui continua, tout aussi gravement, alors que l'autre semblait hésiter :
- Voldemort connait ses classiques. C'est l'une des techniques les plus efficaces de la coercition. Mettre deux personnes blessées et affaiblies mentalement ans la même cellule pour les forcer à développer des liens amicaux. Ensuite il suffit de les faire souffrir l'un devant l'autre pour obtenir des informations.
- Vous voulez dire que...
- Oui, reprit Mac, Abel a été odieux avec vous pour ne pas que vous vous attachiez à lui et vous empêcher de livrer vos informations à l'ennemi...
- J'aurai préféré mourir que parler ! s'exclama Tonks indignée.
Mais bizarrement elle ne fut pas trop sûre d'elle, et Damon le lui confirma doucement :
- Malheureusement ce ne sont que de bonnes paroles de bouquins. Absolument tout le monde possède un point de rupture, même les plus aguerris. Voila pourquoi j'avais fait boire une potion pour permettre à Abel d'occulter de nombreux souvenirs capitaux.
- Pourtant il avait l'air de connaître Harry ! Et c'est le genre de souvenir capital chez les Mangemorts !
- Harry ?
- Harry Potter. Il paraissait en colère quand j'ai parlé de lui, c'était un ami à moi. Il croyait que je ne savais pas qu'il était mort.
- Mort ? demanda Mac les yeux exorbités.
- Eh bine oui ! C'était il ya cinq ans maintenant ! s'exclama en colère Tonks.
Damon et Mac échangèrent un regard étrange, ils semblaient mal à l'aise de l'entendre dire ça.
- Quoi ?
- J'ai bien peur que vous ne fassiez erreur ma chère...
Tonks écarquilla les yeux.
- Harry Potter se tenait exactement à votre place il y a de cela une semaine...
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Alors ? Y a-t-il des satisfaits ? Des suppositions ? Des plaintes peut-être ? (a)
J'espère que cela vous a plu, à la prochaine pour Alliance.
- Dois-je comprendre que vous nous proposez une alliance ?
- Non, on ne vous propose rien. On vous demande juste de nous fournir vos infos et de ne pas essayer de nous mettre de bâtons dans les roues.
- Pourquoi est-ce que nous devrions obéir ?
- Parce que dans tous les cas, on va faire ce travail. Avec vos infos, on gagnera un peu de temps. Mais ça sera fait même si on ne les avait pas.
- Et qu'est-ce qui vous fait dire ça ?
- Rah ! J'en ai marre expliques-lui toi ! s'exclama-t-il en se retournant vers son compagnon.
- Parce que si vous ne le faites pas, je connais une personne autre que Voldemort et ses Mangemorts qui serait ravie de vous tuer, Dumbledore...
