Je ne pensais pas que je détesterais le rallongement de la disponibilité des fichiers sur ce site. Autant, 90 jours c'est peu mais un an c'est troooop.

Mais bon, le sujet n'est pas là. Merci à Mundanchee et Mudomo pour ses review et à Nianafleur & La nuit s'est eteinte pour leur lecture régulière.


La couronne de houx


Il régnait à l'intérieur du bâtiment du New Scotland Yard une agitation certaine. Il était presque dix heures et toutes les petites fourmis le composant s'agitait d'une façon, en somme, inhabituelle. La raison n'était pas compliquée à trouver : un certain inspecteur de Scotland Yard et un certain médecin ami dudit inspecteur avaient disparus dans la nuit.

Watson était exceptionnellement retourné à son appartement pour récupérer quelques affaires pour sa fille. Quand cette dernière ne l'avait pas vu revenir après trois heures d'absence elle avait alerté son autre papa – mais pas tant que ça non plus – pour qu'il cherche pourquoi son papa ne rentrait pas. Sherlock n'avait pas mis longtemps à comprendre la raison et était tout de suite parti en direction de l'appartement de l'inspecteur. Il le savait chez lui à cette heure. Quand il y était arrivé, Rosie dans les bras, il avait trouvé une porte d'entrée entrouverte et pas âme qui vive.

Autant il n'avait pas sur réagis. Autant la disparition de ces deux personnes l'embêtait plus qu'autre chose. Il avait tourné en rond dans le salon du policier avant de décider d'appeler son frère. Si un inspecteur du Yard avait disparu – si cet inspecteur avait disparu – son frère était le plus à même de le retrouver (et donc par extension son colocataire). Il avait décroché son téléphone, fait rare selon Rosie, et avait appelé quelqu'un. Elle n'en était pas revenue.

« Papa, tu es sûre que ça va ?

- Oui Rosie.

- Alors pourquoi tu appelles quelqu'un ? Tu n'utilises jamais ton téléphone. Et il est où papa ?

- C'est ce que je suis en train de voir. »

Elle hocha la tête. Il allait retrouver son papa. Il était censé lui rapporter des affaires en plus. Mycroft arriva au domicile de l'agent de police une vingtaine de minutes plus tard.

« Oncle Myc' ! »

Il la laissa venir vers lui et lui caressa les cheveux. Il était concentré sur Sherlock et semblait tendue. Ce n'était pas normal.

« Qu'est-ce qu'il y a ?

- L'amoureux de Mycroft a été enlevé.

- Tonton Greg ?

- Sherlock. Nous ne sommes pas ensemble.

- Toujours pas ?! »

Les deux plus vieux se tournèrent vers la petite fille – l'un des regards était désapprobateur – qui sourit, comme prise la main dans le sac.

« Qu'est-ce qu'on fait ?

- Mycroft, tu t'en charges ?

- Oui.

- Je peux venir ?! »

La petite Rosamund avait l'air plus qu'enchantée à l'idée de traquer un méchant comme ses parents.

« Et tu n'as pas école, toi ?

- Non.

- Elle est très convaincante. »

La petite boule humaine n'eut pas le temps de dire quoi que ce soit que Sherlock l'avait déjà réquisitionnée pour la ramener chez eux. Elle souffla théâtralement – aussi bien que quand Sherlock boudait. Mycroft s'occupa alors de chercher, traquer et retrouver les kidnappeurs du docteur et du policier.


A l'autre bout de Londres, dans un appartement complètement vide John et Gregory se faisaient face, silencieux. Le premier s'était réveillé récemment alors que de son côté, le DI s'était réveillé rapidement, son instinct de flic reprenant le contrôle sur son corps et son inconscient.

« Comment ça va, John ?

- Mal à la tête mais sinon ça va.

- Bien. »

La porte à la droite du médecin s'ouvrit à la volée et un homme et une femme pénétrèrent dans la pièce.

« Vous ?! »

La jeune femme eut un sourire en coin et s'approcha des deux hommes.

« Eh bien les garçons. Surpris de me voir ?

- Vous êtes morte !

- Non, pas moi. Ma sœur par contre …

- Vous l'avez … tuée !

- Non. Elle est malencontreusement tombée du toit de son immeuble, je n'y suis pour rien. »

C'était donc ça que Mycroft leur avait caché. C'était ça l'affaire top secrète. Elle devait faire partit du MI6. Ou en était un ancien membre.

« Vous comprenez vite, inspecteur. J'en dois une à votre petit-ami.

- Nous ne sommes pas ensemble. »

La teinte carmin qu'avait pris son visage, même dans le noir, n'était pas passée inaperçue aux yeux de la femme. Elle souffla.

« Ca me dégoûte. »

Elle se releva et lui darda un regard plus que colérique. Il ne comprenait pas et n'était pas sûr de le vouloir. Les deux malfrats sortirent sans rien faire d'autres.

« Dépêche-toi, Mycroft… »

Les mains étaient froides et son corps tremblant. Ils étaient là depuis déjà longtemps.


Bien que le Gouvernement ait pris ses précautions, le Yard avait réussis à être mis au courant et cela avait le don d'agacer Mycroft. Et ce qui agaçait l'aîné des Holmes ne durait jamais très longtemps. Il était rapidement allé sur place pour calmer l'agitation, d'un coup de parapluie et d'un haussement de voix. Il avait eu tous ses poissons rouges à ses pieds et avait pu mettre en œuvre un plan d'action, tout cela semblait s'arranger.

Le politicien savait très bien qui était derrière tout cela. Ce qu'il ne savait pas, c'était le pourquoi. Pas qu'il en ait un réel intérêt mais cela lui trottait dans la tête. Elle avait assassinée sa sœur pour de la liberté, pour que tout le monde la crois morte et voilà qu'elle se mettait à commettre sa première erreur. Sachant cela, il n'eut pas de mal à trouver l'endroit où était retenu les deux hommes. Cependant tout le bâtiment était entouré d'homme plus qu'armés. Ça n'allait pas être simple. Il décida d'envoyer l'une de ses meilleures équipes, de toute façon, on ne pouvait pas dire qu'ils bougeaient beaucoup ces temps-ci.

Ils étaient arrivé sur les lieux une dizaine de minutes après l'appel. Les premiers étages n'avait pas été compliqué mais le dernier, contenant les deux bosses de fin, n'allait pas être de tout repos. Un combat s'était engagé entre le leader et la femme, l'homme n'ayant pas fait long feu.

« Incapable. »

Elle avait quelque chose avec le policier. Quelque chose de malsain. Elle avait été coriace. Quand ils avaient entamés le combat, elle avait eu l'avantage. Elle connaissait le terrain ce qui lui conférer une liberté de mouvements magistral mais malheureusement, elle ne supportait pas les coups physiques. Elle fut rapidement mise hors d'état de nuire, le visage plaqué au sol, des menottes entourant ses mains.

« Tu l'as cherché, Gabrielle.

- Va te faire foutre, Mycroft !

- Tant de hargne et de violence.

- Comment est-ce que … – comment ont-ils pu accepter de mettre un pédé à la tête du MI6, non, du gouvernement !

- Ca, ma chère, ça ne vous regarde pas. »

Elle ne l'avait jamais vu aussi froid. On aurait dit qu'il allait la tuer. Il l'aurait sûrement fait s'il n'y avait pas eu ces hommes tout autour. Il était là, à la scruter de haut de ses yeux perçants. C'était terrifiant.


Les deux hommes étaient passés par la case hôpital et étaient rentré chez eux. Watson avait retrouvé sa petite Rosie le soir même à qui il avait beaucoup manqué. Lestrade, de son côté, s'attendait à retrouver son appartement, toujours aussi froid qu'à l'accoutumée mais ce ne fut pas le cas. Tout l'intérieur était décoré et on pouvait voir Anthéa et Mycroft débattre sur la position d'une couronne de houx sur la porte.

« Les gamins vont la voler.

- Alors on la met dedans.

- Elle est censé être dehors.

- On s'en fiche patron, l'important c'est sa signification.

- Sa signification ?

- Elle symbolise l'éternité, le sacrifice, l'amour, le bonheur et la chance selon les cultures.

- Tant que ça ?

- Oui. Je suis sûre qu'il y a un message derrière tout ça. Bon, je vais vous laisser tous les deux. »

Elle ne laissa pas le temps aux fonctionnaires de répondre et repartit dans le couloir menant à l'extérieur de l'immeuble de Lestrade.

« Je voulais qu'on décore ensemble mais vu votre ... – ton état, j'ai préféré le faire et attendre pour la couronne de houx.

- Merci Mycroft. »

L'inspecteur passa à côté de l'homme et lui embrasse doucement la joue. De toute façon, il n'avait rien à perdre.

« Tu prendras du thé ?

- Volontiers. »

Et il entra dans l'appartement, la couronne en main et la sensation d'un baiser sur la joue.