Bonjour à tous. Voilà l'avant dernier chapitre de la fiction. Bonne lecture et un grand merci à Filoudor pour sa correction.
« Bon, laisse-moi mettre tout ça dans l'ordre. » dit Ron, regardant ses mains, qui étaient croisées devant lui. « Tu es en train de me dire que, la dernière nuit de notre dernière année, toi et Harry vous êtes embrassés dans la Salle sur Demande, puis que vous avez commencé une espèce 'd'amitié améliorée' et que ça a duré tout au long de ces trois dernières années ? »
Je déglutis difficilement. « Oui. »
« Et la nuit dernière, toi et Harry avez couché ensemble dans une chambre d'hôtel à Bath ? »
Craintive, j'acquiesçai de la tête.
Nous étions dans le salon au Terrier, et le reste de sa famille était sorti – comment avais-je réussi à avoir autant de chance ? – Luna était dans la cuisine, en train de préparer le dîner, car aucun de nous n'avait encore mangé. J'avais seulement avalé la moitié de ma salade de mon rendez-vous avec Patrick avant de m'échapper dans les toilettes, et ensuite… enfin…
« Ce n'est pas le pire tu sais. » marmottai-je.
Il laissa échapper un rire bref, mais dénué d'humour. « Il y a plus ? »
« Il y a deux jours » commençai-je, n'osant pas le regarder, « j'ai rencontré un gars au boulot. Il était venu avec sa fille qui avait quelques méchantes brûlures faites par du pus de Bulbobub. Instantanément, j'ai été comme attirée par lui, mais je me suis dit qu'il était probablement marié, ou tout du moins, qu'il ne voudrait pas compliquer les choses avec sa fille. Puis, ce matin, il s'est pointé à mon appartement, pour m'inviter à dîner. J'ai accepté, et à ce dîner, Jack a reparu d'on ne sait où. »
« Il a quoi ? »
Je pris les devants. « Il a… entendu une dispute que j'ai eue avec Harry… durant laquelle il… enfin, il m'a dit qu'il m'aimait. » Les yeux de Ron étaient à la limite de lui sortir du crâne. « Nous nous sommes engueulés la nuit dernière, à propos de ce que ça signifiait, et j'ai fini par le foutre dehors. Ensuite, au dîner, Jack a débarqué et a balancé un enregistrement de notre altercation. »
Il soupira, dégageant ses cheveux de son visage tout en reprenant place sur son siège. « Bon sang » marmonna-t-il. « Un seul petit secret, et tout le monde perd la boule. »
« Tu crois que je ne le sais pas ? »
« Pourquoi ne pas nous l'avoir dit à Luna et moi en tout premier lieu ? » demanda-t-il.
Je mordis ma lèvre. « Je ne sais pas. Ça me semblait être quelque chose qu'il était préférable de garder entre lui et moi. »
Il acquiesça. « Je suppose que je peux comprendre ça. Mais… pensais-tu vraiment que tu pourrais continuer longtemps comme ça, et te contenter de tout emballer dans un coin à jamais ? »
« Je n'aurais jamais pu me douter que ça irait si loin. » admis-je. « Je supposais que, d'ici là, l'un de nous, voire nous deux, aurions trouvé quelqu'un avec qui nous aurions voulu nous marier, que nous serions redevenus amis, et que ça en serait resté là. »
« Il ne t'est jamais passé par la tête que peut-être, juste peut-être, tu aurais pu être avec lui ? »
Je frissonnai. « Non, bien-sûr que non. »
« Vraiment ? Parce que ça a traversé l'esprit de pas mal d'autres gens. »
« Je te demande pardon ? »
Ron rit doucement. « Certains d'entre nous se sont fait une jolie cagnotte il y a quelque temps, en faisant des paris sur le moment où vous deux finiriez par enfin… euh… vous mettre ensemble. » Ses joues prirent des couleurs, et je le regardai tout en assimilant ce qu'il était en train de me dire. Il s'éclaircit la gorge. « Et puis ce mec, Jack, et la majorité des copines qu'il a eu ces trois dernières… »
« Minute, minute, » le coupai-je. « Il n'y avait que Diane. »
Il secoua la tête. « En fait, la seule qui n'a pas soupçonné qu'il y avait quelque chose entre vous deux c'était… oh, c'était quoi son nom… cette fille qu'il a rencontrée à la formation des Aurors… »
« Sheila » le renseignai-je.
« C'est ça ! » sourit-il en claquant des doigts avant de les pointer vers moi. « Sheila ! Ouais, Sheila a rompu avec lui à cause d'un truc concernant la religion. »
« Elle voulait devenir nonne. »
« Ouais, » grimaça-t-il. « Sans déconner, tu parles d'une façon de se faire jeter. Je me suis senti si mal pour lui quand il m'a annoncé ça. Je lui ai dit, 'Ben, regarde les choses en face, ça ne peut pas être pire que…' »
« RON ! »
« Bon sang ! »
« Reste avec moi veux-tu ! » Je pris une profonde inspiration avant de poursuivre. « Donc, si toutes ses copines exceptée Sheila l'ont accusé de me voir en parallèle, pourquoi ne me l'a-t-il pas dit ? »
Ron soupira, secouant à nouveau la tête. « Hermione, tu ne vois donc pas ? Le pauvre type est complètement fou de toi ! Et il flippait tellement de ruiner votre amitié, qu'il a fait tout ce qu'il a pu pour te préserver. En outre, presque à chaque fois qu'il a arrêté de fréquenter une fille, tu étais avec un autre mec. Il ne voulait pas être celui qui essaie de voler la copine d'un autre. »
Je regardai le sol, tremblante, à peine capable de respirer alors que j'encaissai. Il était vraiment amoureux de moi. Tout ce temps, et je n'avais jamais su. Comment avais-je pu être aussi stupide ?
« Hermione ? Ça va ? »
« Je n'en suis pas sûre » murmurai-je.
« Je peux faire quelque chose ? »
Je secouai la tête. « Non, je te remercie. J'ai simplement… je dois arranger ça. »
« D'accord, » dit-il dubitatif. « Comment comptes-tu t'y prendre ? »
Ma première pensée fut que je n'en avais aucune idée. Mais alors que j'étais assise là, ruminant tout ça dans ma tête, je réalisai une chose. Ça me percuta comme si je m'étais précipitée droit contre un mur de briques. Chaque contact, chaque baiser, chaque moment précieux avec Harry, avait toujours été mieux qu'aucun de ceux que j'avais eus avec un autre. J'avais toujours été plus détendue avec lui, davantage qu'avec Ron même, et en y ajoutant l'aspect physique de notre relation… nous semblions nous accorder ensemble, sans même essayer. Et quand Jack m'avait posé son petit ultimatum, lui ou Harry, il n'y avait même pas eu l'ombre d'un doute dans mon esprit sur qui mon choix allait se porter. C'était Harry.
C'était toujours Harry.
Brusquement, je me levai de mon siège, faisant légèrement sursauter Ron. « Dis à Luna que je suis désolée, mais je vais aller prendre l'air plutôt que de dîner. Il y a quelque chose que je dois faire maintenant. »
« Mais, qu'est… attends ! Où vas-tu ? Hermione ! »
Les lumières étaient éteintes au Square Grimmaurd, mais je n'étais pas totalement convaincue que Harry n'était pas là. Il était trop tôt pour qu'il dorme, mais il aimait parfois rester assis dans l'obscurité et réfléchir. Je ne pris pas la peine de frapper, je me contentai de transplaner devant la porte d'entrée. Si le craquement de la porte n'avait pas annoncé ma présence, les cris incessants de Madame Black s'en chargèrent ; ils n'avaient jamais songé à se débarrasser de ce portrait.
« Harry ! » criai-je. « Harry Potter, où diable te caches-tu ? »
Pas de réponse. Mais je n'allais pas m'arrêter là. Je retournai l'intégralité de la maison, jetant quelques sorts à Madame Black - « SALE SANG-DE-BOURBE ! ME MANQUER DE RESPECT DANS MA PROPRE MAISON ! » - et vérifiant chaque pièce deux fois. Quand je fus finalement certaine que Harry n'était pas là, j'allai vers le prochain endroit qui me vint à l'esprit : Godric's Hollow.
Je marchai d'un pas décidé le long de la rue principale, qui était déserte, à l'exception d'un coureur, d'une vieille femme… et d'un homme avec des cheveux noirs, en bataille. J'accélérai le pas jusqu'à pratiquement courir, sans le quitter des yeux. Il se dirigea vers le cimetière, et je piquai un sprint pour le rattraper. Enfin, je le rejoignis, près de la tombe de ses parents.
« Mon Dieu, tu es un homme difficile à trouver ! »
Il sursauta, et se retourna pour me faire face. Son visage se durcit lorsqu'il me vit. « Bien, tu m'as trouvé, n'est-ce pas ? » cracha-t-il. « Alors qu'est-ce que tu veux ? »
Je me laissai me détendre, croisant son regard. « Je veux m'excuser. »
« D'accord » dit-il détaché.
« Tu avais raison » continuai-je. « La nuit dernière a signifié quelque chose. Les trois dernières années ont signifié quelque chose. Je n'avais simplement pas réalisé combien elles avaient signifié pour moi, jusqu'à il y a une heure environ. »
« Sûr » répondit-il impassible, montrant clairement qu'il ne me croyait pas.
« Harry… Jack nous a surpris en train de nous disputer dans mon appartement. »
Ses yeux étincelèrent. « Et que diable faisait Jack dans ton appartement ? »
« Il était venu me rendre quelques affaires que j'avais laissées chez lui, mais là n'est pas la question. Le fait est, qu'il nous a entendus, et qu'il a eu le culot de… nous enregistrer. »
« Oh » son visage pâlit.
Je déglutis : « Et il a fait tourner cet enregistrement devant Patrick. »
« Oh.»
« Ouais. »
Harry grogna : « Putain quel fils de pute*… Je suis désolé Hermione. »
Je haussai une épaule : « C'est comme ça. J'étais en train d'essayer de m'échapper de ce rencard de toute façon. »
Il arqua un sourcil : « Prince Charmant pas si charmant ? »
Malgré l'évidente insulte envers Patrick, je souris. « C'est un garçon plutôt gentil, et il fera un bon mari un jour… pour quelqu'un d'autre. » Je haussai à nouveau l'épaule. « Mais lui et moi… disons que ça n'aurait pas marché. » Je pensai voir l'esquisse d'un sourire dénotant le soulagement de Harry. J'inspirai, me préparant pour ce que j'allai devoir dire ensuite. « En outre, ça n'aurait pas été loyal de flirter avec lui… alors que je suis amoureuse de quelqu'un d'autre. »
Les yeux de Harry s'agrandirent, et rencontrèrent les miens. « Tu… tu aimes… »
« Je t'aime, Harry, » dis-je à voix haute pour la première fois. Sa bouche en tomba ouverte, et il me fixa plusieurs secondes sans pouvoir dire un mot. Je me sentis frissonner. « Euh… tu m'as entendue Harry ? Je viens de dire que je t'aime. Veux-tu que je le répète une nouvelle fois ? Tu sembles avoir du mal à saisir le conce…Hmm !
Il m'embrassa à mi-mot, coupant net mon discours. Ses bras se verrouillèrent autour de ma taille, me serrant plus fort, comme s'il craignait que je puisse changer d'avis et tenter de rompre le contact. Je souris, et répondis en passant une main sur son visage tout en lui rendant son baiser. Il me hissa, et mes jambes trouvèrent leur place autour de sa taille, mes mains se murent dans ses cheveux. Bien que mes yeux restassent fermés, le souffle d'air soudain autour de moi m'indiqua qu'il était en train de tournoyer. Quel cliché. Mais je m'en fichai.
Quand nous nous séparâmes, il garda son front appuyé contre le mien, souriant plus largement qu'il ne m'avait jamais été donné de voir. « Si tu savais depuis combien de temps je voulais que tu dises ça. » dit-il, la voix rauque et passionnée.
Je lui souris en retour. « Je t'aime, » répétai-je pour la troisième fois. « Il va falloir t'y habituer. »
« Je ne pense pas que j'en serai capable. »
« Bien, je suppose que ça me va » je me penchai plus près, « parce que moi non plus. »
« Tu t'en plains ? »
Je l'embrassai gentiment. « Pas le moins du monde. »
Laissez-moi juste conclure en disant que je ne suis pas une trainée. Je suis simplement une fille qui a fait quelques mauvais choix, qui, avec le recul, m'ont conduite au meilleur choix de ma vie : Harry. Et honnêtement, si ces mauvais choix et ces sentiments douloureux étaient vraiment nécessaires pour m'amener jusqu'ici, je ne voudrais pas d'un autre chemin.
*Note de la traductrice : Là encore je n'ai fait que transposer le « Damn that son of a bitch… » bien que je trouve cette insulte complètement ridicule. Franchement, en quoi une mère peut être comparée à une prostituée si son fils se comporte mal ? Enfin…
