~A propos de l'histoire~
Disclaimer : Non, je ne possède pas Harry Potter, son univers et ses personnages, je ne suis ni une femme, ni anglais, ni même J.K. Rowling, je ne touche pas le moindre argent, quel qu'il soit, en écrivant cette histoire.
Seuls les personnages rajoutés à l'univers sont de moi, vous les reconnaîtrez de toute façon facilement.
Canon : Tous les livres, du Tome 1 au Tome 7 et normalement toutes les informations données par JK au cours de ses interviews, ou via Pottermore (du moins, jusqu'à là date de parution du premier chapitre, le 31 août 2013)
Résumé : Septembre 2017. Dix-neuf ans après la chute de Voldemort, James , fils aîné du Survivant, entre pour sa deuxième année d'étude à Poudlard, l'école de sorcellerie. Il fait partie de la génération qui n'a jamais connu que la paix, et aspire à mener une vie tranquille, aux côtés de ses amis. C'est également le souhait de Gabriel Madder, le meilleur ami de James. Insouciants et ignorants des réalités du monde, les deux garçons et leurs amis coulent une scolarité paisible, malgré l'orgueil écrasant de James et le manque de confiance en lui de Gabriel.
Pourtant, leur vie bascule du tout au tout lorsque tous deux se retrouvent impliqués dans un grave incident, celui du réveil des défenses de Poudlard. Incapables de se souvenir de ce qui s'est passé pendant cet événement, révoltés par l'injustice qui s'est abattue sur eux, les deux garçons et leurs amis décident alors de partir à la recherche de la vérité et du véritable coupable.
Ils n'imaginaient alors pas que tout ceci n'était que le premier acte d'une nouvelle crise, bien plus sombre et importante encore.
Époque : Nouvelle génération, 19 ans plus tard
Rating du chapitre : K+
~Aide et correction~
Pour cette histoire, je dispose des avis complets de Ryu et Grenat sur mes chapitres, qui sont des aides précieuses afin de réaliser des chapitres de qualité optimale avec leurs visions différentes mais complémentaires. La correction en revanche est assurée par Grenat seule. Merci à elles pour leur aide et pour le travail effectué.
~Note~
On m'a fait la remarque, tout à fait légitime, qu'il était parfois compliqué de se souvenir qui était qui, du fait du nombre assez important de personnages que j'ai introduis et vais continuer à introduire dans la Fic. Je n'estime pas ce dernier nécessaire, mais autant demander votre avis : souhaiteriez-vous qu'avant chaque chapitre, je vous fournisse un petit résumé de tous les personnages qui y apparaitront ? ^^
À vous de voir.
Chapitre 10 : L'héritage
« Je vais prendre l'air. »
Sur ces mots, James s'excusa auprès de ses cousins et des quelques autres adolescents d'à peu près son âge, pour se faufiler entre les sorciers. Il s'excusa un peu, força parfois le passage entre une ou l'autre de ces mégères qui pensaient être le centre du monde, pour finalement parvenir jusqu'à son objectif : le balcon. James ne s'était jamais vraiment senti à l'aise dans la foule, et encore moins dans des réceptions officielles telles que celle-ci. Évidemment, il avait su qu'il n'y couperait pas lorsque son oncle avait été élu Ministre de la Magie. Après tout, son père était le directeur du bureau des Aurors, en plus d'être le beau-frère de Percy. Organiser une réception pour remercier tous les partisans importants du parti Progressiste paraissait également évident. Mais James ne s'y sentait pas à sa place, parmi cette élite sociale du monde de la sorcellerie.
L'arrivée au balcon constitua donc pour lui un bon gros bol d'air frais, plutôt bienvenu. Au sens propre comme au figuré d'ailleurs, car ce fut une douce brise fraîche d'été qui vint l'accueillir. Elle fut cependant accompagnée de la cacophonie des klaxons et des moteurs venant d'en bas, dans la rue, rappelant au garçon qu'il se trouvait dans le Londres moldu. Son oncle vivait dans cet appartement luxueux du centre de Londres. Il n'avait bien évidemment pas pu s'installer dans une habitation sorcière, car Audrey, sa femme, était une moldue. Puis, surtout, l'appartement se trouvait non-loin du Ministère de la Magie, ce qui était un avantage appréciable.
James huma l'air, un peu pollué certes, avec une certaine délectation, heureux d'enfin échapper à cette foule étouffante. Il aurait tout donné pour pouvoir s'envoler sur son balai, et partir loin d'ici, retrouver ses amis et quitter ce monde qui ne lui allait pas, tout comme cette robe formelle, semblable aux costards moldus, qui lui donnait chaud et lui serrait le cou. Mais il y avait des choses dans la vie dont on ne pouvait couper, et cette obligation familiale en était une.
« Il y a des jours où j'aimerais ne pas être un Potter », soupira le garçon.
Aussitôt après avoir dit cette phrase, il se mit à pouffer de rire. Lui, qui plus jeune s'était tant enorgueilli d'être un Potter regrettait maintenant son nom. La vie était une garce ironique quand même ! En trois ans, il avait changé, plus qu'il n'aurait voulu se l'avouer.
« James, te voilà ! fit la voix d'Albus, provenant de derrière lui. Oh… Bonjour Arya. »
Arya ? James sursauta en remarquant juste à ce moment-là la présence de la Serpentard un peu plus loin sur le balcon. Elle le fixait intensément, un petit sourire ironique vissé sur ses lèvres. James n'avait pas fait attention à elle jusque ici. Pourtant il ne faisait aucun doute qu'elle se trouvait là depuis un moment. Arya Nott, habillée de façon formelle et élégante comme les deux Potter, s'approcha d'eux, avec un sourire pour Albus.
« Parler tout seul est le premier signe de la folie Potter, dit-elle avec moquerie à James. Fais attention ou les gens vont vraiment te prendre pour un fou. Enfin… je vais vous laisser entre frères. Prend soin de lui Bubus. »
Très Serpentard tiens comme façon d'agir, songea James qui ne pouvait s'empêcher de se sentir vexé et agacé par la remarque piquante de la jeune fille. Elle tourna les talons, les laissant seulement la vision de sa chevelure brune et légèrement ondulée disparaître avec elle dans la foule. Albus fixa l'endroit par où elle était partie de façon perplexe. Puis, l'aîné vit son cadet tourner le regard vers lui, avant de s'approcher, et s'accouder à son tour au balcon.
« Qu'est ce qu'elle entendait par là ? l'interrogea son petit frère.
— Rien, rien… Disons que je n'avais pas fait attention à elle. Comment ça se fait d'ailleurs qu'elle soit là ?
— Son père a financé une partie de la campagne de Percy.
— Alors qu'il est un fils de Mangemort ? s'étonna James. Le monde a vraiment changé tiens…
— C'est ce que je me tues à te dire depuis ma première année à Poudlard, s'amusa le cadet. Il t'aura fallu des mois pour accepter Scorpius comme étant mon ami et, surtout, comme un Gryffondor à part entière je te rappelle.
— Ne remets pas ma période de petit con sur la table s'il te plait. »
James se sentait toujours gêné en y repensant, ou juste quand quelqu'un y faisait référence. Albus lui était ouvertement moqueur. Il l'avait mérité, il fallait cependant l'avouer. Il resta silencieux quelques instants, un silence que son frère respecta, puis brisa d'un profond soupir.
« Toi aussi tu ne te sens pas à ta place ici ? demanda alors Albus.
— Sur ça on est bien frères, confirma l'aîné, son regard dirigé vers le ciel. Et comme papa. Mais lui, vu qu'il est vraiment obligé d'être au centre de tout ça, il fait avec.
— C'est donc sûrement un trait de caractère familial… Quoi que Lily n'a pas l'air trop mécontente d'être là. Maman non plus d'ailleurs.
— Lily, c'est une Serpentard, ça ne compte pas, railla James. Les Serpentard sont toujours à l'aise dans les soirées mondaines. Pour maman… eh bien, je crois qu'on peut désormais assumer qu'elle aussi a du Serpentard en elle. »
À côté de lui, Albus se mit doucement à rire. James haussa les sourcils, ne sachant pas si son frère se moquait de lui, ou s'il riait à propos autre chose. Remarquant le trouble de son grand frère, Albus tourna alors son regard vers lui, souriant de toute ses dents. Ses yeux verts, les mêmes que ceux de leur père, pétillaient d'amusement.
« Qu'est ce qu'il y a de drôle ?
— C'est juste… commença le plus jeune des deux frères. C'est juste que papa m'avait avoué le jour de mon entrée à Poudlard que lui aussi avait failli aller à Serpentard.
— Je suis à peine surpris, commenta sarcastiquement le plus grand. À croire que je suis le seul Gryffondor pur-sang dans cette famille !
— Oh, non ! Je suis certain que tu as du Serpentard en toi.
— Oh ! Surveille un peu tes paroles toi ! »
Cette menace était totalement factice, et il avait même eu du mal à cacher son hilarité latente. Ça n'avait pas échappé à son frère, qui éclata ouvertement de rire. James le rejoignit, sentant tout le malaise qu'il avait en lui à cause de la réception s'évaporer. Malgré tout ce qui s'était passé, il avait retrouvé avec son frère cette complicité qu'ils avaient eu enfant. James aimait ce lien. Sa famille était importante.
Les deux frères se calmèrent après quelques instants. Albus se redressa, toujours son sourire calme aux lèvres.
« Quand on y pense, on a eu un Potter dans chaque maison.
— Qu'est ce que tu veux dire ? demanda James en fronçant les sourcils. On n'est que trois je te rappelle, et même papa ou maman ne sont pas allés à Poufsouffle.
— Je sais, je sais, tempéra Al'. En revanche, Teddy lui est allé à Poufsouffle. Et toi comme moi le considérons tous les deux comme une sorte de frère.
— Maintenant que tu le dis… Ouais. C'est bizarre quand même. À croire que le destin voulait que tout cela arrive.
— Tu crois au destin toi ? se moqua le plus jeune.
— Depuis que papa m'a raconté son histoire de voyage temporel quand il avait treize ans, totalement ! répondit le plus âgé sur un ton de défi.
— Le temps et le destin sont deux choses très différentes, tu sais James ?
— Par pitié, ne m'embarque pas dans des explications tout juste bonnes à plaire aux Serdaigle ! »
Albus avait le don de le perdre dans des conversations inutilement compliquées quand il se laissait emporter. Comme chaque Serdaigle, il était passionné, James l'avait remarqué. Aussi préférait-il le stopper dès qu'il commençait à partir trop loin, afin d'éviter de se perdre dans des sujets trop théoriques, qui l'effrayaient un peu. Sa vision du monde, à lui, était bien plus simple que celle de son frère. Il y avait le bien d'un côté, le mal de l'autre, cela lui suffisait. Albus disait souvent que son monde était étriqué et trop simple, manquant de nuances. James lui répondait que le sien brassait du vent, et ressemblait plus à de la masturbation intellectuelle qu'à la réalité. Albus finissait toujours par soupirer de dépit.
En cette soirée, pourtant, son frère ne répondit rien, mais ne perdit pas son sourire, si doux, qui était presque une part de lui-même. C'était selon James le mot qui définissait le mieux Al' : douceur. C'était pour cela qu'il ne l'avait jamais vraiment vu le rejoindre à Gryffondor. Albus était trop doux pour ça, plus du genre réfléchi et sage.
« Bon, je crois qu'on ferrait bien de retourner dans le grand bain des mondanités, sinon on va commencer à croire qu'on s'est envolé par la fenêtre, dit finalement Albus.
— Comment t'as deviné que j'avais ce projet pour ce soir ? s'étonna faussement James.
— Car c'est précisément ce qu'on aimerait aussi faire votre père et moi ! »
Les deux frères se retournèrent, pour découvrir derrière eux, dans l'encadrement de la porte reliant le balcon au salon, leur oncle Ron, un sourire aux lèvres et un verre à la main. À côté de lui se trouvait bien évidemment leur père, qui leur adressait un regard… attendri. En tout cas, c'était selon James la meilleur façon de décrire ce regard. Malgré tout l'amour qu'il avait pour lui, le garçon ne pouvait s'empêcher de trouver l'expression qu'arborait leur père à ce moment-là ridicule à souhait, voire même gênant. Surtout quand il était, comme ici, l'objet de cet attendrissement. Harry et Ron vinrent à leurs côtés, pour porter eux aussi un coup d'œil sur la rue pendant un instant. Puis Ron tourna la tête vers eux.
« J'avais bien prévenu Percy que ces réceptions ennuyaient tous les gamins, dit Ron.
— En plus de nous ennuyer nous, confirma Harry. Désolé pour tout ça, ajouta-t-il en direction de ses fils. Je sais bien que vous auriez préféré être quelque part dehors, avec vos amis.
— Ça va, on comprend, répondit Al'. Mais quand même, je ne pensais pas que vous pourriez échapper aux discussions vous deux.
— C'est vrai que la dernière fois que je vous ai vu, vous étiez entourés par des gens qui vous posaient des questions sur la continuité, ou non d'ailleurs, de la politique actuelle du bureau des Aurors. »
Soit la chose la moins réjouissante du monde à propos de ce métier, qu'il voulait faire plus tard, dans l'esprit de James. C'était aussi pour ça que d'une certaine manière, il restait impressionné par son père. Avec son poste de chef, il devait faire face à toute la paperasse administrative, et avait à répondre au nom de tout son corps, ce qui était tout de même assez intimidant quand on y pensait. Du moins, c'était la vision qu'en avait James.
Il put voir Harry et Ron échanger un regard complice, presque moqueur, le genre de regard que lui-même pouvait avoir avec Gabriel. Dans une discussion sans mots, les deux adultes avaient déterminé la réponse à donner.
« On a réussi à obtenir du répit avant le grand discours de Mr le Ministre, ricana Ron. Ça, par contre, on ne pourra pas y échapper.
— Et j'espère que cette fois tu ne t'endormiras pas avant la fin, tu es une plaie à réveiller.
— Hey, ça fait des années que je suis capable d'écouter des discours sans m'ennuyer ! Vivre avec Hermione m'a au moins appris ça. »
Petit rire des trois Potter, qui compatirent avec le rouquin. Il était vrai qu'être le mari d'Hermione, au-delà de leurs disputes, ne devait pas être toujours des plus aisé. Entre son combat pour les Elfes de Maison, celui pour réformer la Justice Magique, ou encore sa participation au parti Réformiste, Ron avait sûrement dû entendre un nombre incalculable de discours préparés par sa femme. Il avait également sûrement dû à chaque fois donner son avis dessus. C'était d'ailleurs quelque chose que James avait toujours trouvé remarquable dans le couple que formait son parrain et sa marraine. Hermione était portée sur la vie politique, et les combats parlementaires, là où Ron était un homme d'action, qui œuvrait pour changer le monde des sorciers par ses interventions d'Auror. Il savait par exemple que le rouquin avait refusé le poste d'adjoint de son père quand ce dernier le lui avait proposé. Cela lui ressemblait bien. S'il y avait bien une qualité que Ron Weasley possédait, c'était bien d'être humble. Mais à chaque fois que la remarque venait sur le tapis, son père répondait en riant. Cela n'avait apparemment pas toujours été le cas, et les anecdotes sur la scolarité de leur parents semblaient valider cette hypothèse.
« Comment ça se passe avec tante Hermione d'ailleurs ? demanda James, trouvant enfin une occasion d'aborder le sujet. Lorsque Rose est venue à la maison il y a une semaine et demie, ça ne semblait pas aller fort.
— C'est un peu compliqué ces derniers temps, je dois l'admettre, répondit Ron, en perdant un peu de son sourire. Il y a des moments où l'on a du mal à s'entendre, et d'autres où elle est la femme la plus adorable qui existe. Cela va un peu mieux depuis quelques jours cependant.
— Depuis que les élections sont passées j'imagine ? »
James put voir le regard de son père se faire noir envers Albus. Le garçon comprit aussitôt qu'il n'avait toujours pas révélé à son meilleur ami et beau-frère le rôle qu'il avait donné à Hermione. Albus fit cependant comme si de rien était, observant de ses yeux vert, perçants, le visage constellé de tâches de rousseurs de son oncle, attendant la réponse à sa question. Ron était un peu pensif, se grattant le menton ou apparaissait un début de barbe.
« C'est vrai que ces fichues élections l'ont pas mal stressée. J'ai toujours d'ailleurs eu un peu de mal à comprendre pourquoi elle avait préféré le parti Réformiste au parti Progressiste, et pourtant elle m'a donné une liste de raisons longue comme mon bras.
— Mais vous ne comptez donc pas vous séparer ? demanda-James, sans réussir à s'empêcher de poser la question.
— Nan ! répondit aussitôt Ron, avec un sourire. Ce n'est pas la première ni la dernière fois qu'on se dispute, Hermione et moi.
— C'est de l'amour vache entre vous deux en même temps, plaisanta Harry.
— Tu n'es pas forcément beaucoup mieux avec ma sœur ! »
James et Albus éclatèrent de rire. À côté d'eux, leur père haussa les épaules.
« Enfin bref, vous pourrez rassurer Rose et Hugo, leur mère et moi ne comptons pas nous séparer pour si peu. Mais ce n'était pas ce dont je voulais vous parler !
— Ah, parce que tu avais une idée derrière la tête en cherchant de l'air ? ricana Harry.
— Mais regardez-moi cette langue de vipère ! s'exclama Ron, faussement outré. Vous êtes témoins les gamins, votre père est un Serpentard refoulé ! Pas étonnant que le Choixpeau t'aie proposé le vert tiens !
— Je savais que je n'aurais jamais dû t'en parler de ça, c'est devenu ton excuse favorite maintenant.
— Que veux-tu ? Moi et les Serpentard, ça n'a jamais été le grand amour, tu le sais. Mais oui, pour te répondre, j'avais en effet une idée derrière la tête. Vois-tu, je m'inquiète pour le bien-être de mon filleul…
— Et ce filleul t'en est reconnaissant, sourit James.
— Je sais, je sais, je suis le meilleur parrain du monde, répondit Ron avec humour. Bref, je me disais donc que James avait prouvé qu'il avait bien grandi depuis quelques temps, en plus du fait que Lily et Albus sont maintenant également à Poudlard. Ne pense-tu pas que ce serait le moment de lui transmettre… ce-que-tu-sais ? »
L'attention des deux garçons s'était fait plus vif à la mention de la dernière partie de phrase. Leur oncle entretenait le mystère, mystère qui cependant était parfaitement compris par leur père, qui avait vu ses yeux s'illuminer. James devait avouer être assez avide de savoir de quoi il en retournait, surtout que c'était lui qui allait hériter de cet objet mystère. Avec frustration, cependant, il pouvait voir que ni son père, ni son oncle n'avaient l'intention d'en dire plus sur la nature même de ce qu'ils parlaient.
« Figure-toi Ron que j'y avais pensé, dit Harry.
— Les grands esprits se rencontrent.
— J'ai toujours été convaincu que nous étions des génies qui s'ignorent pour être honnête. Sinon comment Hermione nous aurait pris comme amis, et même toi comme mari ?
— Mais vous allez nous dire c'est quoi au juste ce ce-que-vous-savez ? intervint alors Albus. Je suis certain que vous avez fait exprès d'en parler devant nous juste pour nous faire mourir d'envie, avant que James ne le reçoive.
— Tchh… T'es trop perspicace pour ton propre bien Al', soupira faussement Ron. Allons, que serait la vie sans un peu de mystère ?
— Un long fleuve bien trop tranquille, sûrement, dut avouer James. Vous nous donnerez au moins bientôt la réponse ?
— Je pense le faire avant la fin de la semaine, répondit leur père, devenant plus sérieux. Mais je dois vous avouer que je commence à me dire que le temps file bien vite… »
Un brin de mélancolie passa dans son regard, avant qu'il ne réajuste ses lunettes. Ron se redressa lui-même, ordonnant un peu sa robe, prenant à son tour un air plus sérieux. James et Albus n'eurent pas vraiment besoin de plus pour comprendre qu'il était désormais temps de retourner à l'intérieur. Les deux garçons suivirent leur père jusqu'à la petite estrade installée dans un coin de ce qui était le salon de leur oncle Percy. Ce dernier se trouvait déjà dessus, derrière un pupitre, observant un peu ses notes, tandis que sa femme, Audrey, proposait des petits-fours à l'assemblée.
Autour de Percy, nombreuses étaient les personnes qui s'affairaient. James put observer par exemple Lee Jordan ajuster le micro magique qu'il utiliserait pour enregistrer le discours de Percy pour la RITM. De même, des sorciers du ministère s'affairaient à établir les sortilèges pour la diffusion via Vision Nuage, ce qui demandait une certaine préparation. Le garçon ne comprenait pas vraiment comment ça marchait et détourna donc son regard d'eux.
James et Albus partirent retrouver Rose, qui discutait avec Hugo, son petit frère, et Lily. En les voyant revenir, tout trois leur adressèrent un sourire, avant qu'ils ne se tournent vers leur oncle, qui venait de se racler la gorge. Le silence prit place parmi les sorciers adultes, et tous les regards se tournèrent vers le nouveau Ministre de la Magie. Hugo montra à sa sœur et ses cousins les orbes flottants de la Vision Nuage se mettre en route, de même que Lee se retira de l'estrade. Après quelques secondes passées à inspirer et expirer, Percy entama son discours, d'une voix claire et maîtrisée.
« Messieurs, mesdames, ce qui s'est accompli dimanche passé est un moment qui dépasse tout ce que l'histoire, notre histoire, a fait de mieux dans le cadre politique. Cela faisait plus de vingt ans déjà que la société sorcière n'avait plus connu pareil changement, ayant confié son destin, heureux, dans les mains d'un homme, homme que je respecte sincèrement. Cet homme est Kingsley Shacklebot, mon prédécesseur, présent à mes côtés en cette soirée. »
Kinglsey monta alors sur l'estrade pour saluer l'assemblée. Quelques applaudissements polis se firent entendre, en plus de murmures. Les flashes des appareils retentirent, alors que les plumes des journalistes griffonnaient sur leurs calepins, afin d'alimenter les différents journaux du lendemain.
« Je possède un très grand respect en cet homme, qui fut l'un de mes mentors en politique, reprit Percy. Son bilan politique est par ailleurs des plus impressionnants. N'a-t-on pas surnommé cette période les « vingt glorieuses » ? Si notre monde a connu un tel essor, nul doute que nous le devons en partie à Shacklebot.
Aujourd'hui, pourtant, c'est l'heure pour lui de se retirer. Vous m'avez choisi pour prendre sa place, choisi le parti Progressiste pour faire suite à ce grand homme. C'est votre confiance que vous m'avez accordée, en cette soirée historique du seize août, et pour cela, je tiens à vous remercier, tous autant que vous êtes, que vous ayez voté pour moi, ou ayez préféré l'un de mes opposants politiques, que je respecte tout autant que je respecte notre ancien ministre. »
Nouveaux applaudissements dans l'assemblée, pendant que Jason Crow et Simon Harper, eux aussi invités, se faisaient photographier. James trouvait ça plutôt humiliant pour eux de se trouver ici à la fête de victoire de leur opposant, mais il était apparemment coutume dans leur monde de faire cela. La politique était décidément un monde étrange.
« Mais la victoire est une chose, réaliser ce qui a été promis en est une autre, déclara le nouveau Ministre avec emphase. Et je vais vous dire toute ma pensée. La conviction qui m'anime ici, c'est que les progrès réalisés ces dernières années sont une chose formidable, aux fondements bien plus profonds que ce que l'on pourrait imaginer, une évolution sans précédent de notre monde que nous avons offert à nos enfants. Ma conviction, c'est que nous ne devons pas nous arrêter en si bon chemin, à l'heure où, sur le continent, les peuples se relèvent tout juste de la guerre. De la manière dont seront continuées ces évolutions, des transformations continueront de s'opérer et la prospérité de notre pays pourra continuer, comme elle a pu se conduire durant les années de gouvernement de notre précédent Ministre. La question est de savoir si tout ceux qui ont un intérêt pour le bien de notre société – et je n'en exclue bien évidemment personne – sauront se réunir sous une seule bannière et se comprendre, non pas dans une unanimité infructueuse, mais bien pour diriger ensemble l'évolution de notre pays, pour qu'elle corresponde aux sorciers qui composent notre communauté.
On a pu me reprocher de l'ambition, et à ces personnes je ne dirais pas qu'elles ont eu tort. Seulement mon ambition n'est pas personnelle, mon ambition est tournée, pleine et entière, envers la grandeur de notre nation sorcière, glorieuse par son histoire, et glorieuse par ses idées ! »
James avait du mal à comprendre ce que Percy pouvait bien chercher à dire par tout ça, et fut donc un peu pris au dépourvu par les applaudissements et les quelques acclamations qui prirent place autour de lui à ce moment. Albus à côté applaudissait aussi, quoi que de façon plus faible que les adultes. Il secoua par ailleurs la tête à la question muette de James, lui indiquant qu'il n'avait pas non plus tout saisi. James reporta son attention sur son oncle, avec à nouveau l'habituelle impression, troublante malgré tout, de ne pas être à sa place.
« Aujourd'hui, notre communauté sorcière n'a jamais été aussi prospère, aussi éclatante. Le plein emploi, la sécurité, les progrès techniques, la santé économique, c'est ce que nous avons réussi à réaliser depuis la chute des mages noirs et du fanatisme. Nous n'avons pas perdu notre identité de sorciers en nous ouvrant à ce monde parallèle au notre, celui des personnes dépourvues de pouvoirs magiques. Nous ne les avons pas copiés, nous les avons prit en inspiration, pour nous moderniser à notre manière, et en ressortir plus brillants encore. Mais tous reste encore à bâtir ! Les efforts ne doivent pas s'arrêter.
Pourtant, je suis au courant, messieurs, mesdames, qu'il y a deux courants politiques. Il y en a toujours eu deux dans notre Histoire, et il y en aura toujours deux, car ce sont ici les inclinaisons naturelles de l'esprit humain. Il y a ceux qui sont pour la marche en avant, une inclinaison à l'innovation toujours plus audacieuse tendant à la réforme et il y a les autres qui sont dans la retenue, qui au contraire sont pour l'étude minutieuse des faits avant de formuler un avis. Je respecte ces deux aspects de la politique, soyez-en assurés.
C'est peut-être caricaturer que dire cela. Et pourtant, en se plaçant de ce point de vue, je cherche à me rendre compte des divergences d'idées qui sont inhérentes à notre monde. Et je pousse l'idée plus loin encore, si vous me le permettez, car je suis convaincu qu'une politique d'entraide conciliant ces deux visions est possible ! »
Il se tut, observant la foule qui procéda à des applaudissements. Au fond de lui, James se sentait convaincu par son oncle, sans savoir vraiment pourquoi. Tout ce qu'il savait, c'était qu'il semblait faire forte impression.
« Tout à l'heure, Mr Richmond m'interpellait sur mon silence concernant ma politique de coopération internationale. Ma politique étrangère, c'est ma politique intérieure, c'est un tout. La coopération est mon mot d'ordre, afin que nous gardions ce qui fait de notre société ce qu'elle est, sans tomber dans la caricature, ni rester dans une immobilité synonyme d'enfermement. Je fais toujours confiance dans le progrès. »
Ainsi s'acheva la communication de Percy. L'assemblée éclata en applaudissements, tantôt polis, tantôt excités. Leur oncle salua l'assemblée, avant de descendre de l'estrade. Les discussions reprirent alors dans la salle.
« Tu as compris ce qu'il racontait ? demanda James à Albus.
— Pas tout, mais dans l'ensemble je pense avoir une bonne idée quand même, répondit son petit frère. De ce que j'ai compris, il a explicité qu'il allait suivre la voie de Shacklebot, et répondu à quelques critiques.
— En tout cas, comparé à d'habitude où il est surtout pompeux, là il était assez captivant, sourit Rose.
— On peut arrêter de parler de ça, vous voulez ? »
Hugo affichait un air ennuyé derrière ses mèches de cheveux châtains. Le fait étonnant chez lui, pour un Weasley, était qu'il n'était pas roux. Hugo avait surtout pris de sa mère, ça James le savait depuis qu'il était tout petit. Il était d'ailleurs lui aussi à Serdaigle, à suivre les traces d'Albus.
« Pourtant ça devrait être ton truc, toi qui es si intelligent, ricana Lily.
— J'aime pas la politique, rétorqua le petit frère de Rose. C'est pas intéressant, les adultes ne font que se disputer pour des broutilles.
— Eliot serait totalement d'accord avec toi, sourit James.
— Le goût de la politique vient avec l'âge, vous savez ? »
James et Albus se retournèrent, suivant le regard de Rose, Hugo et Lily, pour voir, debout derrière eux, la mère de leurs cousins. Hermione Weasley, un verre à la main et habillée de sa plus belle robe de soirée leur adressait un sourire bienveillant.
« Quand j'avais votre âge, je commençais tout juste à m'intéresser à tout cet univers, déclara la femme de Ron. Mais j'ai toujours été précoce pour mon âge.
— C'était aussi une période tout à fait différente, fit remarquer James. C'était le début de la Guerre des Ténèbres, et papa était la cible du ministère.
— Tu n'es pas trop déçue que Percy ait gagné Hermione ? l'interrogea Albus. Vu que tu fais partie du parti Progressiste.
— Un peu, mais au fond, je ne suis pas surprise. Crow n'est pas assez charismatique, nous devons l'avouer. Après, c'est plus complexe que ça, mais ce serait trop compliqué pour vous, et je sais bien que mes longs discours vous ennuient facilement.
— Maman ! s'exclama Rose.
— Quoi, ce n'est que la vérité ! rit Hermione devant les joues rouges de sa fille. Tu n'as pas à te sentir coupable ma puce, je suis consciente que mes explications sont souvent assez ennuyeuses pour les autres. Surtout à votre âge. »
Elle vida son verre, l'air radieux. En la voyant ainsi, joyeuse, voire épanouie, James avait du mal à croire que son couple puisse aller mal. Son parrain n'avait jamais été très bon pour dissimuler ses ressentis, c'était vrai, il était facile de voir qu'il y avait quelques chose qui allait de travers rien qu'en le regardant. Mais sa marraine…
Le garçon se sentit un peu mal à l'aise. Pourtant, il ne pouvait quand même pas aborder le sujet de son couple comme ça, sans casser l'ambiance. James marmonna qu'il devait aller aux toilettes, et s'éloigna, pour dissimuler son trouble au regard des autres. Un peu lentement, James se faufila entre les invités, évitant de les bousculer. Il grogna un peu en voyant que la porte qui menait au toilette était totalement obstruée par un groupe d'hommes qui discutaient, un peu à l'écart de la foule. Le garçon se planta devant eux, leur demandant de le laisser passer, ce qui ne se fit pas sans des regards durs braqués sur sa nuque, alors qu'il entrait aux toilettes. Ces politiques des fois, aucun respect. En refermant la porte, il put les voir s'éloigner, préférant éviter d'être à nouveau dérangés.
Il resta quelques minutes assis, sans rien faire, juste penser. Sa tante était quand même étrange. Il comprenait mieux maintenant ce qu'entendait Rose quand elle disait qu'elle était un peu bizarre. Quoi que… Peut-être ce soir avait-elle bu un peu trop d'alcool ? Où bien affichait-elle en façade cette joie de vivre pour que personne ne se doute de rien ? James savait qu'Hermione était douée pour dissimuler les choses aux yeux des autres quand elle le voulait, au fond non, ce n'était pas si étrange. Il assumait que c'était étrange, car lui, James, aurait été incapable de dissimuler son trouble. Sa marraine elle le pouvait. Sûrement se montait-il la tête trop vite. Se rassurant lui-même, les paroles de son parrain aidant, James tira la chasse d'eau, avant de s'essuyer les mains. Puis, il quitta la pièce, en espérant que cette soirée se termine rapidement.
oooOOOooo
« J'en ai même fait mes devoirs.
— Attend, tu déconnes ? fit la voix de Gabriel. Tu ne peux pas t'ennuyer à ce point quand même !
— J'y peux rien si vous êtes tous occupés de votre côté, et que je dois attendre Poudlard comme une larve dans ma chambre…
— Et c'était quoi ce truc que devaient te donner ton père et ton parrain ?
— Je ne sais pas, papa ne m'a rien dit pour le moment. »
Il put lire dans le regard de Gabriel un pointe de déception. James le comprenait, puisque lui-même sentait la frustration lui serrer doucement le cœur. Son père n'avait pas tenu sa promesse, puisque la fin de la semaine était déjà passée depuis quelques jours, sans qu'il ne lui aie rien donné. James soupira, tout en se tournant sur son lit, pour poser le miroir sur le matelas, se plaçant face à lui. Gabriel était pour sa part, il le voyait, assis dans son salon, chez lui. Après tout, il pouvait entendre le son de la tév… télivé… télévision en fond. Ce soir, ses parents recevaient encore du monde, et s'il avait eu le droit de se reposer un peu, il avait été appelé à participer aux tâches ménagères, empêchant James d'aller lui rendre visite. Frustrant. Ils s'étaient donc rabattus sur leurs miroirs communicants, qu'ils s'étaient achetés deux ans plus tôt.
« Ça ne devrait pas tarder j'imagine. On rentre à Poudlard Lundi prochain, c'est à peine dans cinq jours ! dit Gabriel. Ton père est peut-être juste trop occupé.
— Ce serait étonnant, les choses sont bien plus calmes maintenant que les élections sont passées, répondit le jeune Potter.
— Dans ce cas, ton père s'amuse sûrement à te faire t'impatienter. Il est plus taquin que ce qu'on peut imaginer.
— T'as remarqué ça ? s'amusa-t-il. Ouais, c'est sûrement le coup. Il y a des chances qu'il me le donne ce soir maintenant que j'y pense, il nous a dit hier qu'il rentrerait plus tôt du travail. Dans pas longtemps d'ailleurs, ajouta le garçon en jetant un coup d'œil à son réveil.
— Faudra vraiment que tu nous montre ce que c'est. Oh, j'entends la vitre de la baie derrière s'ouvrir, je crois que je vais encore être appelé. Je te laisse James.
— Bon courage.
— C'est ça, ricane tiens ! sourit Gabriel. On se rappelle demain ! »
James fit un petit signe de la main, avant de voir le visage de son meilleur ami disparaître de la surface du miroir. De façon un peu négligée, il déposa l'objet sur sa table de chevet, le cœur un peu plus léger. Pouvoir parler à Gabriel lui avait permis d'oublier quelques instants son ennui, ce qui était toujours ça de pris. James se retourna sur le dos, observant le plafond de sa chambre, sans trop savoir malgré tout ce qu'il allait pouvoir faire à présent. Lily s'était enfermée dans sa chambre pour finaliser ses devoirs, tandis qu'Albus était absent de la maison. À contrario de ses propres amis, Scorpius était disponible, et son frère était donc très logiquement allé passer la journée chez les Malefoy. James pouffa un peu du nez à cette idée. Décidément, les temps avaient bien changés.
Il sursauta en sentant quelque chose d'humide et râpeux lui effleurer la joue. Avec des gestes précipités, James se redressa sur son lit, cherchant des yeux l'origine de cette étrange sensation. Il ne chercha pas bien loin. Une boule de poils à majorité blanche l'observait de ses grands yeux ambres, assise sur son lit.
« Qu'est ce que tu fiches encore ici toi ? dit le garçon à l'adresse du chaton. Je t'ai déjà dit que tu n'avais rien à faire ici. »
Le chat, qui n'avait toujours pas de nom, lui répondit par un miaulement tranquille, continuant de le fixer calmement. James se tordit la bouche, dubitatif. Ce chat était définitivement bizarre. Il l'avait déjà surpris à se balader un peu partout dans la maison, de façon solitaire, pas le moins du monde effrayé par les va-et-vient de toute la famille Potter. Mieux encore, le félin semblait même prendre un malin plaisir à faire tourner en bourrique Lily, qui avait passé ces derniers jours à lui courir après. Pour peu, James aurait pu dire que le chat n'aimait pas sa sœur, mais il l'avait déjà vu dans les bras de Lily, confortablement installé et ronronnant pendant qu'elle le caressait.
En cela, ce chat était incompréhensible pour James, car capricieux. Mais peut-être était-ce parce qu'il n'était pas habitué aux animaux ceci dit, ajouta-t-il mentalement. Ce qu'il avait remarqué en revanche, c'est qu'il semblait particulièrement aimer sa chambre, car ce n'était pas la première fois qu'il le surprenait dans la pièce, et ce bougre d'animal l'avait même déjà réveillé une fois en sursaut, deux jours auparavant.
« Pshht ! Retourne embêter Lily ! » siffla James.
Il ne broncha pas le moins du monde, bien au contraire. Ignorant les menaces de James, le félin vint s'allonger sur ses genoux avec une flemmardise qui était à même de rendre jaloux James. S'avouant vaincu, le garçon lui grattouilla la tête, provoquant le ronronnement de l'animal. Au moins, son pelage était doux.
« Tu sais ce que tu veux toi, hein ? »
Et aussitôt James secoua la tête, un petit rire sortant de sa bouche.
« Oh, mais pourquoi je te parle enfin ? C'est pas comme si tu allais me répondre. »
James releva la tête en entendant des bruits de pas provenant de l'escalier. Quelques secondes après, la chevelure auburn de Lily apparut dans l'embrasure de la porte. Son regard s'illumina quand elle aperçut le chat allongé sur les genoux de son frère. Sautillant un peu, elle entra dans la chambre, allant vers James, et vers son chat.
« Te voilà enfin toi ! s'exclama-t-elle en s'affalant sur le lit à côté de James. Je cherche ce filou depuis dix minutes.
— Tu sais pourtant qu'il considère ma chambre comme sa planque.
— Je crois qu'il t'aime bien. Tu devrais peut-être le prendre avec toi, tu sais ?
— Ah non, répondit aussitôt l'aîné, en arrêtant de caresser le félin. N'essaye-donc pas de me refiler la responsabilité de ton monstre, c'est à toi de t'en occuper, litière comprise !
— Roh, tout de suite ! En plus, ce n'était même pas à cause de la litière. Il est très propre.
— J'y connais rien en animaux. D'ailleurs, tu ne lui as toujours pas trouvé de nom ? »
Lily poussa un soupir, tout en secouant la tête.
« Je lui en ai bien proposé, mais il n'y en a aucun qui lui plait.
— Parce que tu sais si un nom lui plait ou non ? s'étonna James.
— Suffit de voir s'il y réagit ou non, dit-elle sur un ton d'évidence. Mais rien de ce que j'ai essayé ne lui a plu. J'ai même été chercher des noms dans le bouquin d'Histoire de la Magie, pour te dire un peu le truc ! Moi, ouvrir le livre d'Histoire de la Magie en plein été ! »
Dans un air théâtral, elle leva les mains en l'air, son visage faisant une mimique désespérée. Puis, son sourire malin reprit place, et son regard croisa celui de son frère. Lily avait toujours été pleine de vie comme ça, et c'était ce que James aimait chez sa sœur. Il lui tendit son chat avec un sourire doux, et ce malgré la volonté du chat à ne pas vouloir bouger de ses jambes. Sa sœur s'en saisit, et le posa sur ses propres jambes, en tailleur, pour à son tour lui grattouiller la tête.
« Tu as vraiment tout essayé ? reprit James. On peut toujours voir avec des noms moldus.
— J'ai commencé à lui en proposer sur ça avec l'aide de Maman, confirma Lily. Déjà, je peux dire qu'il n'aime pas les noms des chevaliers de la table ronde. C'est bête, je trouvais que le nom Gauvain lui allait comme un gant.
— Alors autant essayer des noms originaux en ce cas ! Allez, trouvons lui une fois pour toute ce nom, qu'on arrête de l'appeler « Le chat » ! Je vais t'aider, ce sera toujours plus drôle à deux, tu ne crois pas ?
— Merci frérot ! Des fois, t'es vraiment le meilleur ! »
James répondit par un sourire à sa sœur, avant de poser son regard vers ce chat. Malgré toute l'attention que lui portait Lily, ce dernier continuait de le fixer intensément. Au fond, peut-être que Lily avait raison, et que ce chat l'aimait bien… Il releva la tête vers sa sœur, et ouvrit la bouche pour commencer à proposer les premiers noms qui lui venaient à l'esprit.
À l'heure où Albus rentra de chez Scorpius, le chat avait enfin trouvé un nom. L'aide que James avait apporté à Lily semblait avoir été favorable, puisque c'était un nom qu'il avait proposé qui semblait avoir retenu son attention. Mais ce nom était venu après plein d'autres, des plus sérieux aux plus loufoques. James et Lily avaient souvent ri à quelques propositions, renchérissant toujours sur quelque chose d'encore plus absurde. Au fond, le chat, en venant briser ses pensées, avait également brisé son ennui, en amenant sa sœur à passer du temps en sa compagnie.
« Vous semblez de bonne humeur tous les deux, fit remarquer Albus, en les retrouvant dans le salon.
— Dis bonjour à Zion ! s'exclama Lily en présentant le chaton à son frère.
— Zion ? Oh, vous lui avez enfin trouvé un nom ?
— Ce petit diable est capricieux, soupira James, non sans se dépareiller de son sourire. Tu n'imagine pas le nombre de noms qu'on a proposé avant que ça lui plaise.
— En même temps, il a du sang de fléreur en lui, c'est normal qu'il sache ce qu'il veut.
— Du sang de quoi ? »
James avait été pris de vitesse par sa sœur à poser cette question, mais n'en pensait pas moins. Il put voir le sourire malin d'Albus s'agrandir, comme toujours quand il pouvait leur expliquer quelque chose que lui connaissait, et pas eux. C'était autre chose que son frère aimait, partager ses connaissances. Le petit frère de James s'assit dans le fauteuil le plus proche, pour être plus à l'aise.
« De fléreur, dit Albus. Ce sont des créatures qui ressemblent à des chats, mais qui sont bien plus intelligentes que ces derniers. On dit qu'ils sont capable de détecter les personnes louches d'un seul coup d'œil.
— Donc c'est un fléreur ? s'étonna James en fixant Zion.
— Mais non James, il a dit qu'il a « du sang de fléreur », pas que c'en est un !
— Et c'est quoi la différence au juste ?
— Eh bien, cela veut dire qu'il y a eu des chats croisés avec un fléreur. Teddy l'a dit à la soirée, si vous ne vous souvenez pas. Et puis, c'est avantageux parce qu'on a pas besoin de permis pour avoir des chats croisés fléreurs, contrairement à des fléreurs purs.
— Tchh… Je me demanderais toujours d'où tu sais tout ça Al', soupira Lily, envieuse.
— En plus, il n'a même pas pris Soins aux créatures magiques ! »
Albus répondit par un simple rire, joyeux. Dans le même temps, ils purent voir le feu de la cheminé devenir vert émeraude, illuminant la pièce de sa lueur un peu surnaturelle. Les trois Potter tournèrent la tête vers ce dernier. Quelques secondes plus tard, leur père apparut, vêtu de sa robe d'Auror, l'air joyeux. Il s'épousseta, s'avançant vers eux, leur adressant un bonjour auquel ils répondirent tous les trois.
« Eh bien, c'est rare de vous voir tous les trois ensemble, commenta leur père. Il y a quelque chose de spécial ?
— Le chat a reçu son nom ! s'exclama Lily, en secouant à nouveau le félin qui semblait de moins en moins apprécier cela. Il s'appelle Zion !
— Et Albus nous expliquait ce qu'était un fléreur, ajouta James.
— Il faut bien que quelqu'un éclaire leurs lanternes, ironisa le plus jeune des deux frères Potter.
— Et tu le fais très bien Al', sourit Harry. Votre mère est occupée à préparer à manger j'imagine ?
— Le repas est même prêt, et n'attend plus que vous en ayez fini avec vos affaires », lança la voix de Ginny depuis l'entrée du salon.
Souriante, leur mère s'avança à son tour dans le salon, pour aller embrasser son mari. Les trois enfants ricanèrent doucement dans leur barbe, comme à leur habitude, dans une complicité somme-toute naturelle. Leurs parents tournèrent un regard ironique vers eux, habitués eux aussi à ce manège.
« Je me suis souvenue que c'était aujourd'hui que tu comptais le faire, dit alors Ginny.
— Il fallait bien que je le fasse un jour, confirma Harry.
— Le temps passe vite quand même…
— Et on peut savoir de quoi vous parlez ? intervint Al'.
— De ce-que-vous-ne-savez-pas, répondit leur père avec un sourire moqueur. J'ai été un peu plus long que prévu, mais je tiens ma promesse, ne vous inquiétez pas. Attendez quelques instants, je reviens. »
Les trois enfants Potter suivirent leur père du regard avec un certaine avidité. Puis, ce dernier ayant quitté la pièce, ils lancèrent des regards interrogateurs à leur mère, qui ne leur renvoya qu'un sourire énigmatique.
« Allons, vous saurez ce que c'est dans quelques minutes, dit-elle. Vous pouvez bien attendre jusque-là.
— Vous êtes pas drôles à ne pas nous donner d'indice, grogna James. Il n'y a rien de plus frustrant que ça !
— Ah ? Donc même perdre au Quidditch contre moi n'est pas plus frustrant ? glissa sournoisement son petit frère.
— Ah non ! Ça, c'est hors de l'échelle de frustration ! Et de toute façon, jamais Serdaigle ne rebattra Gryffondor, l'année dernière vous n'avez eu qu'un coup de chance !
— Clamez ce que vous voulez, ce sera Serpentard qui remportera la coupe l'année prochaine, railla Lily. Je compte bien prendre le poste de gardienne, et crois-moi James que tu ne marqueras plus aucun but ! »
Avec toute la maturité qu'il possédait, James lui tira élégamment la langue, tout en ne pouvant retenir son sourire. Le Quidditch dans leur famille, c'était une affaire de plus haute importance, et la rivalité qui s'était installée entre eux était une compétition qui leur était chère, bien qu'aucun des trois ne l'avouerait. Lily n'était pas encore entrée dans l'équipe de Serpentard, encore trop jeune pour ça l'année dernière, mais ni James ni Albus ne doutaient de son succès à cette opération, surtout que l'ancien gardien des Serpentard avait fini ses études l'année dernière. Albus pour sa part avait préféré la voie de l'attrapeur, et était bon dans cet exercice. Mais la compétition restait rude, et les Potter n'avaient pas le monopole du talent pour le Quidditch. Les Gryffondor aussi bien que les Serdaigle s'étaient déjà fait battre par les autres équipes, qui possédaient tous leurs joueurs d'exception.
Ginny Potter restait attendrie devant ce spectacle.
« Avec mes frères au moins, on jouait dans la même équipe à Poudlard, dit-elle.
— Ça ne devait pas être drôle ! décréta aussitôt Lily.
— Quel est le plaisir à ne pas pouvoir écraser lamentablement sa famille ? ajouta James.
— Et se moquer de l'air de frustration de son frère ou sa sœur ? termina Al'.
— Votre concept de l'amusement me surprendra toujours, rit leur mère. Enfin, tant que vous ne vous blessez pas en jouant, libre à vous de faire ce que vous voulez.
— Et c'est toi qui dit ça ? lança Harry depuis l'entrée de la pièce. Dois-je te rappeler le nombre d'os cassés et de muscles déchirés que tu as collectionné dans ta carrière professionnelle ?
— Tu peux parler, monsieur Harry « danger-public-sur-un-balai » Potter ! »
La réponse de leur père fut un simple sourire ironique. Mais l'attention de James, Albus et Lily n'était plus focalisée sur la conversation. Sitôt que leur père était entré, ils avaient fixé le paquet qu'il avait dans les bras, et qui contenait, sûrement, l'objet de leur secret. D'ailleurs, James devait avouer être déçu par l'apparence du paquet, assez plat. De l'extérieur, cela n'avait pas du tout l'air impressionnant. Mais peut-être allait-il être surpris. Il l'espérait.
« Bon… Il va être enfin temps de lever le voile sur ce petit secret, déclara Harry en s'asseyant dans le fauteuil en face de ses enfants, le paquet sur ses genoux. Je savais qu'un jour je devrais vous le transmettre, mais j'ai presque eu l'impression que tout ce temps était passé trop vite.
— Et qu'est-ce que c'est donc ? s'impatienta Lily.
— Écoute plutôt ton père ma puce, ça arrive.
— Donc, reprit le patriarche, il est venu pour moi le temps de vous transmettre quelque chose que mon père m'a lui-même transmit, par le biais du professeur Dumbledore. J'aurais aimé pouvoir vous transmettre cet héritage à chacun de vous, séparément, mais ce n'est qu'un seul objet.
— Si je comprends bien, tu voudrais qu'on se le prête papa ? l'interrogea James.
— Vous ne pourrez pas faire autrement, en effet. Je vais principalement te confier la garde de cet objet à toi James, puisque tu es l'aîné. Mais j'espère bien que tu ne la gardera pas pour toit tout seul.
— On se chargera de lui rappeler, dit Albus en posant la main sur l'épaule de James. Enfin, si ça vaut le coup.
— Croyez-moi, ça vaut le coup, commenta Ginny. C'est le trésor de la famille Potter, et quelque chose qui a beaucoup servi à votre père.
— Vous avez évidemment le droit d'en parler à vos amis, après tout ils en profiteront sûrement eux aussi, mais évitez évidemment que le secret de son existence ne s'ébruite.
— Bon, et c'est quoi au final ? » s'impatienta une dernière fois Lily.
L'exaspération des trois enfants devait singulièrement amuser Harry et Ginny. Leurs sourires allaient d'une oreille à l'autre, avec ce caractère énigmatique qui agaçait d'autant plus James. Mais Harry posa le paquet sur la table, en invitant James à s'avancer. Le garçon, sentant l'excitation prendre le pas sur la déception première de la vision du paquet, se leva donc du canapé, pour se pencher sur la table, et défaire le paquet. Pas trop vite, car il savait que ça ne plairait pas à son père, mais pas trop lentement non plus, pour satisfaire sa curiosité. Il sentit, des deux côtés, Albus et Lily l'entourer, eux aussi avide de découvrir ce que leur père désignait comme étant le « trésor de la famille Potter ». Quand enfin le paquet fut défait, James sentit poindre en lui une profonde vague de déception.
« Une cape ? dit Albus de façon dubitative, matérialisant les pensées de son frère et sa sœur par la même occasion.
— Pas n'importe quelle cape ! répondit aussitôt Harry d'un ton presque blessé. Allons, James, enfile-là pour voir. »
L'aîné fixa son père de façon dubitative pendant quelques secondes, avant de prendre la cape grise argentée entre ses mains. La première surprise fut la matière dont était faite la cape, singulièrement étrange au toucher. James aurait décrit ça comme… de l'eau faite étoffe, douce et glissante à la fois. Passé cette légère surprise, le garçon s'écarta de son frère et de sa sœur avant de s'en recouvrir les épaules. Il entendit aussitôt l'exclamation de surprise de Lily, et put voir les yeux d'Albus s'agrandir de surprise. Fronçant les sourcils, James baissa les yeux, et eu aussitôt le souffle coupé.
« Une cape d'invisibilité ! s'exclama-t-il aussitôt.
— Et vous pensiez que ce n'était pas quelque chose d'impressionnant tiens ! ironisa Harry.
— On n'en avait jamais vu avant, se justifia aussitôt Lily, les joues un peu rouges.
— Vous savez pourtant qu'en magie, l'apparence est souvent trompeuse, dit Ginny. On est souvent déçu si on ne se fie qu'à ce que l'on voit.
— Mais… Pourquoi nous la donner ? » demanda alors Albus.
James et Lily tournèrent leur regard vers lui, d'abord surpris par la question. Puis, James prit quelques instants pour y réfléchir, et constata qu'en effet, c'était assez surprenant. Une cape d'invisibilité était un objet rare et précieux, et il était évident que cela constituait une aide importante pour un Auror tel que leur père. De plus, aucun d'eux trois, lui-même, Lily et Albus, n'étaient pour ainsi dire des élèves modèles concernant le respect du couvre-feu à Poudlard, entre autre-choses. Leur donner un tel objet revenait presque à les encourager dans cette voie, et ils savaient très bien que ce n'était pas du tout la volonté de leur mère.
« Parce que c'est ce qui doit être fait, répondit Harry. C'est un héritage qui se confie de père en fils dans la famille depuis des générations. Vous êtes assez grands maintenant pour en faire usage, j'en ai assez profité.
— On sait très bien à quoi elle vous servira, ajouta Ginny d'un air entendu Mais nous savons très bien que cape ou non, nous ne pourrons pas vous en empêcher. Vous êtes jeunes, et nous l'avons fait avant vous.
— C'est… Waouh… marmonna James, n'y croyant toujours pas.
— N'oublie pas qu'on peut aussi la prendre James, indiqua Lily. Je sais bien que tu es l'aîné, et que papa a dit que c'est toi qui en avait la garde, mais nous aussi on veut l'utiliser !
— James n'est pas du genre à ne pas partager, sourit Albus pour rassurer sa sœur. S'il y a bien une qualité qu'il a, c'est qu'il est généreux.
— F-ferme-la ! »
Les joues rouges, James se sentit gêné. Cela ne fut qu'accentué par les rires de sa famille, un rire affectueux et tendre. Pour cacher son trouble, le garçon rabattit la cape par-dessus sa tête, disparaissant du regard des autres, entrant dans un monde de nouvelles possibilités. Le garçon sentit un sentiment d'aventure naître en lui, en les imaginant. Poudlard allait pouvoir leur révéler tous ses secrets, et personne n'en saurait jamais rien.
Le garçon accepta de se dévêtir de la cape, pour laisser la joie à Albus et Lily de l'essayer à leur tour. Il purent même constater qu'à trois, il tenaient en dessous sans le moindre problème, ce qui rendait leur excitation encore plus grande, à l'idée de pouvoir se déplacer invisible à Poudlard avec leurs amis. Le regard de leurs parents était affectueux à la vision de leur expérimentation des possibilité de la cape. Harry, assit à côté de sa femme, l'entourait de ses bras, fixant ses fils et sa fille avec ce que James qualifiait de fierté et de bienveillance.
Ce moment heureux fut interrompu par le crépitement de la cheminé, dont le feu devint vert pour la seconde fois de la soirée. Harry fit aussitôt signe à Lily, qui s'amusait avec la cape à ce moment-là, de la cacher. La fillette la tint derrière son dos en même temps que la tête de Richard Hayter apparaissait dans les flammes. Son air était sérieux. James fronça les sourcils, en même temps que son père se levait, fixant le visage de son adjoint avec interrogation et inquiétude.
« Je suis désolé de te déranger Harry, déclara Hayter sans préambule. Mais c'est une urgence de type quatre.
— Type quatre ? répéta leur père, ses joues devenant blanches. Ce n'est pas possible…
— On doit aller sur place en urgence ! J'ai demandé à Robins de prévenir tout le monde.
— J'arrive tout de suite Richard ! »
L'homme hocha la tête. Il adressa un regard désolé au reste de la famille, puis disparu de l'âtre. James fixa la cheminée et son feu ronflant encore quelques secondes, sans réagir. Puis, il tourna la tête vers son père, qui embrassait sa femme sur le font. Il adressa ensuite un regard à ses enfants, désolé.
« Ne m'attendez pas pour manger, déclara-t-il. Cela risque de prendre du temps.
— À quoi ça correspond ? » s'inquiéta James.
Pas de réponse. Harry les regarda quelques instants, puis se dirigea vers la cheminée. Il jeta de la poudre dans l'âtre, laissant les flammes devenir vertes, puis annonça sa destination. Dans un tourbillon d'émeraude, il disparut, laissant ses enfants et sa femme dans une inquiétude inhabituelle.
James savait bien que le métier d'Auror menait parfois à des situations comme celle-ci, où on laissait sa famille s'inquiéter de ne pas savoir de quoi il en retournait, tout en ayant compris que la situation était grave. Mais ils avaient été chanceux, et n'avaient que rarement vu leur père dans cet état, et toujours était-il revenu sain et sauf. Le repas fut maussade, sans que personne ne soit d'humeur à lancer une discussion qui les aurait distrait quelques minutes, à défaut de leur faire oublier ce qui se passait. James pouvait voir sa mère jeter régulièrement des coups d'œil vers le salon, dans l'espoir d'entendre le feu devenir plus puissant, et que son mari soit de retour. Lily avait fini son assiette, et caressait Zion, le regard dans le vide. Albus enfin observait lui aussi ses comparses, et croisa son regard avec celui de James. L'échange muet leur indiqua qu'ils étaient dans le même état d'inquiétude, s'il y avait besoin de ça pour le comprendre. James baissa la tête, observant son assiette à moitié vide.
Le repas fut fini, et tous se retrouvèrent dans le salon, à observer le feu comme s'il pouvait laisser sortir leur père à tout instant. Ginny avait allumée la RITM, dans l'espoir d'en apprendre plus. Mais les Aurors devaient sûrement tâcher de garder le secret pour le moment, car rien ne filtrait sur les ondes, sinon la bonne humeur de Lee Jordan. Celle qui avait pris place dans le Septième Ciel lorsque Harry avait transmis la cape à ses enfants était retombée.
Enfin, après trois longues heures depuis son départ, Harry arriva dans le salon du Septième Ciel, l'air encore plus dévasté que lorsqu'il était parti. Il n'avait aucune blessure physique, ce qui déjà rassura James. Mais son regard était éteint, sans la flamme pétillante et chaleureuse qui l'habitait habituellement.
« Qu'est-ce que c'était ? » osa finalement demander James, brisant le silence.
oooOOOooo
Assis sur son lit, Gabriel était plongé dans la lecture de son Mensuel des Duels qui était arrivé la veille. Pourtant, il n'avait pas vraiment eu le temps de le lire, puisque sa mère lui avait demandé de participer au nettoyage de la maison, afin de faire bonne impression aux autres maîtres des potions que son père allait recevoir. Ou plutôt, était déjà en train de recevoir, en bas. Gabriel avait obtenu le droit de s'éclipser, peu passionné par les sujets abordés, au contraire par exemple de son grand frère. Il en avait été assez soulagé, et s'était donc retiré dans sa chambre, pour vaquer à ses occupations, et pouvoir enfin commencer la lecture de son magasine préféré.
Ce qui retenait présentement son attention était la liste des inscrits pour le tournoi de Brocéliande qui aurait lieu le mois prochain. Pour le coup, le garçon avait été agréablement surpris de découvrir parmi les noms celui d'Athéna. La jeune fille ne lui en avait rien dit la dernière fois qu'ils s'étaient croisés, au chemin de Traverse, sûrement pour lui en laisser la surprise. Ça lui ressemblait bien en tout cas.
« Le parrain de cette édition sera donc Lionel Valente, marmonna le garçon. Rien de bien étonnant… »
Un très bon duelliste Lionel Valente. Il avait gagné le tournoi il y avait de cela quelques années, cinq ou six si Gabriel s'en souvenait bien. Il était également professeur de Duel à l'académie de magie de Beauxbâtons, et avait pris part aux conflits qui avaient eu lieu sur le continent pendant la dernière décennie. Valente comptait pour sûr parmi les meilleurs duellistes du monde actuellement. Il était expérimenté, après tout il devait avoir un peu plus de cinquante ans, et il avait vu passer parmi ses élèves un bon nombres de grands sorciers. Qu'on lui rende hommage en le nommant parrain du prochain tournoi de Brocéliande n'était qu'un juste retour envers le Français.
Gabriel tourna la page, quand il entendit des voix au ton assez fort s'élever, provenant d'en bas, dans le salon. Fronçant les sourcils, Gabriel posa son magasine sur le lit, et se dirigea vers la porte, pour l'ouvrir. Il put voir, dans la couloir, la tête de sa sœur dépasser aussi de sa chambre, et également entendre plus distinctement les voix. Aussitôt, Gabriel se précipita dans le couloir, ayant reconnu une voix qu'il ne pensait pas entendre en cette soirée. Tandis qu'il arrivait en haut des escalier, il découvrit en bas de ces derniers James, accompagné de sa mère. Le garçon le fixait, haletant un peu. Gabriel se tendit, comprenant par ce simple regard que quelque chose de mauvais se tramait.
« James ? Qu'est-ce qui se passe ? demanda Gabriel, inquiet. Je t'avais pourtant prévenu de ne pas venir ce soir.
— Je sais, je sais, le repas de ton père, fit James comme si cela n'était pas important. Désolé d'ailleurs Mr Madder. »
Gabriel descendit vers James, remarquant, dans le salon, le regard courroucé de son père, celui exaspéré de son frère, et l'air indigné des autres maîtres des potions. Gabriel eu un sourire gêné vers son père, ne sachant trop comment réagir. Puis, il tourna son regard vers James, remarquant cette fois-ci le teint pâle qu'il arborait. Le garçon semblait même sur le bord des larmes, ce qui restait tout de même assez rare. De plus en plus inquiet, Gabriel ne savait pas comment s'y prendre pour essayer de calmer James, et lui permettre de dire ce dont il voulait visiblement l'informer.
« James, il est tard tu sais, Gabriel pourra aller chez toi demain, commença la mère de Gabriel.
— Ce n'est pas ça ! s'énerva le garçon, la voix tremblante. Gabriel, il s'est passé un truc… C'est pas possible… Je n'arrive pas à y croire…
— Qu'est ce qu'il y a ? s'inquiéta à nouveau Gabriel. Explique-moi. »
James resta quelques instants à chercher ses mots, balbutiant un peu. Puis, il serra les poings, les dents, et lâcha d'une voix brisée :
« Viridian… Liam est mort. Lui et sa famille ont été assassinés. »
~Fin du chapitre~
Y'aurait pas eu Rusard dès le second chapitre, j'aurais bien crié "First Blood". Même en mourant faut que ce grincheux de concierge vienne tout gâcher, c'est pas croyable, et alors même que je ne suis qu'un simple moldu ! Blague à part, voici donc un nouvel élément à ajouter à l'histoire. Vous en saurez évidemment plus dès le prochain chapitre, je ne vais pas vous faire languir sur ce sujet. Ce chapitre a clôturé de façon partielle le sujet politique, et en tout cas a bien achevé la partie élections. Percy est installé en tant que ministres, et vous savez un peu ce qu'il en est donc de sa politique.
Le prochain chapitre d'ailleurs verra enfin le retour de nos adolescents à Poudlard. je ne le cacherais donc pas, vous aurez droit à un nouveau voyage dans le Poudlard Express, le second de la fiction. Eh oui, je m'excuse de la répétition, mais j'y étais un peu obligé. Le chapitre se nommera donc "Conseil sur les Rails", et aura le point de vue de Gabriel.
Bien, la suite viendra dans 3/4 semaines, quand j'aurais enfin terminé mes examens. Donc rythme habituel à nouveau. J'ai repris par ailleurs un poil d'avance dans mes chapitres, on peut espérer que cela continue. ^^
Je vais commencer à arrêter de bassiner en fin de chapitres sur les commentaires. Donc je vais seulement vous remercier, et vous renvois aux chapitres précédent concernant tout le blabla chiant et barbant. Merci encore pour la lecture, et merci à ceux qui laisseront un retour !
Niv'
