Bonjour à toutes,
Voici la suite de RM, je vous avouerai que j'ai bien du mal et de doute avec cette fic. J'essayais de m'en tenir à mon plan mais ça ne va pas comme je veux. J'ai hésité à l'arrêter mais ce n'est pas dans mon tempérament d'abandonner mais surtout pour toutes celles qui m'encouragent, je vais redoubler d'effort pour vous.
Merci à toutes celles qui me suivent depuis si longtemps et me soutiennent.
Merci à 35Nanou pour sa correction.
Bonne lecture
Manoon : Merci je sais qu'elle peut être très agaçante cette Jessica, mais nous avons tous une Jessica qui nous pourrit un peu la vie.
Aussidagility : c'est tellement vrai : stupide Stanley ! Merci
Ocania : merci tout plein
Chapitre 10
30 juin 2014
Deuxième fuite pour notre chère comtesse !
Si nous ne pouvions pas lui reprocher directement son abandon de l'île à son enfance, il semblerait que notre dirigeante cautionne complètement ce type de pratique, la fuite plutôt qu'affronter et assumer ses actes.
Nous n'avons aucune indication sur le lieu où elle s'est rendue et la durée de son absence, nous savons juste qu'elle a tout laissé derrière elle.
Par Jessica Stanley
Je me réveillais tout doucement avec l'étrange sensation de vide.
J'ouvris doucement les yeux et c'est avec un pincement au cœur que je vis mon reflet dans le miroir au-dessus de notre lit.
C'est bizarre comme un simple miroir peut être une merveilleuse façon de découvrir l'autre de manière plus intime ou alors être juste le reflet de la réalité. Mon cœur, mon lit est vide sans ma belle auprès de moi.
Je passais ma main devant mes yeux, nous avions passé une bonne partie de la nuit à nous aimer mais ça n'avait pas suffi, elle était partie ce matin comme elle l'avait prévu.
J'avais secrètement espéré qu'elle renonce à son projet où alors qu'elle m'y inclut.
J'avais compris sa demande, même si c'était dur.
-x-x-x-x-x-x-
C'est fatiguée mais d'une très bonne fatigue que je montais dans le jet. J'espérais pouvoir prendre du recul par rapport au royaume. J'avais besoin de comprendre, mettre un sens à tout ceci, me retrouver moi.
Le trajet se fit assez rapidement et je fus soulagée à mon arrivée en Suède qu'il n'y ait pas un comité d'accueil de dignitaires.
Victoria m'accueillit à bras ouvert et c'est avec un naturel rarement rencontré que nous commençâmes à discuter comme des pies dans la voiture.
Elle me demanda assez franco si mon voyage avait un rapport avec les gros titres de la presse locale des derniers jours.
Je grimaçais alors qu'elle me serrait contre elle d'un geste apaisant.
Elle ne revint pas là-dessus et m'interrogea sans plus attendre sur l'île.
Une fois arrivée à son palais, elle me dirigea via les cuisines dans sa chambre et me souffla qu'elle voulait que nous profitions d'enfin se voir avant de faire les présentations avec le reste de sa famille.
Une fois installée sur son lit, les discussions sérieuses commencèrent.
Elle m'expliqua son enfance, le poids d'être héritière qui avait été dur pour elle, elle aurait aimé que ça soit son frère qui en ait la charge. Elle était tombée dans l'anorexie puis la boulimie et son combat avait été long avant de s'en sortir.
Je comprenais en écoutant alors son histoire à quel point mon père m'avait protégé plus que je ne l'avais encore jamais imaginé.
Vivre loin de l'île m'avait permis de vivre avec une certaine insouciance, chose dont elle avait toujours été privée.
Nous parlâmes enfin de nos amours.
Je lui racontais comment Edward m'avait été promis, nos débuts difficiles et enfin sa patience une fois mariée.
Elle me sourit.
-Et toi ? L'interrogeais-je à mon tour.
-Si les choses ne s'annonçaient pas plus glorieuses que toi au début, j'ai eu le choix.
-Raconte, dis-je telle une enfant en attente d'une histoire.
-Et bien, j'ai assisté moi aussi à un bal de débutantes. Je devais trouver mon fiancé. Ma gouvernante m'avait dressé la liste des 20 meilleurs partis potentiels. Nous avons épluché chaque candidature, (elle dit ça en grimaçant) et j'en ai retenu 6 avec qui j'avais projeté d'avoir une danse le soir du bal.
Elle fit une pause comme se remémorant un souvenir très désagréable.
-Oui donc j'ai dû danser avec tous ces guignols sans trouver la moindre étincelle. Et tu sais quoi c'est toujours quand tu t'y attends le moins que tu la trouves (son ton était maintenant plus réjoui) et ce dans la personne de mon entraîneur personnel. Une certaine d'alchimie s'est tout de suite opérée quand il m'aidait à faire certains mouvements (ses joues prirent une teinte alors très rouge et je ne pus m'empêcher de sourire) et j'ai su.
Je lui souris grandement impatiente qu'elle me raconte la suite. Elle comprit à mon air quand elle reprit une grande inspiration.
-Ça n'a pas été facile au début, nous nous cachions, notre relation a été très décriée et petit à petit la population s'est faite à l'idée, ma mère étant elle-même une roturière mes parents ne pouvaient décemment pas aller contre mon choix.
Je lui souris en prenant sa main.
-Je suis contente pour toi, Daniel était fait pour toi.
-Tout comme je suis convaincue qu'Edward est fait pour toi me sourit-elle.
Je répondis par un sourire.
Nous discutâmes toute la journée comme des collégiennes se faisant apporter notre déjeuner directement dans la chambre.
Le soir venu, un bal était organisé, je devais y assister de façon officielle et faire la connaissance de sa famille.
Je fus soulagée de voir que Victoria était aussi étrangère à la mode que moi.
Nous rîmes beaucoup en cherchant ce qu'elle porterait, j'avais demandé de l'aide à Rosalie pour faire ma valise donc j'avais une très jolie robe qui était selon elle, digne de mon rang.
J'étais un peu intimidée car je n'avais fait la connaissance d'aucun membre de sa famille avant le bal. Si j'avais été ravie de passer tout ce temps avec elle en toute simplicité, je grimaçais à l'idée que les choses se corsaient.
Elle m'accompagna jusqu'à ma chambre pour que je me prépare, avant de partir elle m'apprit :
-Mon frère sera ton cavalier ce soir, il viendra te chercher.
J'ouvris des yeux ronds.
-Quoi ?
Elle sourit en retour.
-C'est la coutume seule les femmes en recherche de mari se présentent seules à un bal, m'informa-t-elle.
-Mais commençais-je à protester.
-Relax, tu n'as pas de souci à te faire avec Carl.
Je secouais la tête.
-Je ne te suis plus.
-Il est gay.
-Comment ?
-Ouais enfin c'est les rumeurs qui courent, en fait je n'en suis pas sûre.
J'étais abasourdie.
-Mais c'est ton frère, tu ne peux pas lui demander ?
Elle rit.
-A chaque fois que je lui pose la question, il s'en offusque en me reprochant de ne pas le connaître. Au final, je n'ai jamais eu ma réponse. Enfin, il est visiblement plus intéressé par passer son temps avec ses potes à faire différents sports que de mener une vraie relation amoureuse alors…
Elle fit un signe désolée.
Je lui fis un sourire contrit.
-Bref, il viendra te chercher et te conduira au bal, t'inquiètes pas il prendra soin de toi. Pour ma part, j'ai pas mal de choses à gérer avant ce soir, donc je te dis à dans une petite heure.
Je hochais de la tête avant qu'elle parte.
Je me retournais dans la chambre et l'envie d'avoir Edward près de moi se fit plus présente. Je n'avais toujours pas de téléphone cellulaire ne comprenant pas l'intérêt sur l'île sauf qu'à cet instant, j'aurais beaucoup aimé entendre sa voix.
Je soufflais résignée et me préparais.
Le temps passa relativement vite, je pris une longue douche.
A 19 heures, j'entendis un coup retentir à la porte de ma chambre, j'étais prête, j'ouvris la porte et découvrais un magnifique jeune homme aux yeux sombres et mystérieux, une allure royale et digne.
Je me figeais ne sachant pas quelle attitude adopter, je me trouvais complètement idiote.
Il tendit sa main :
-Bonjour Comtesse de Syllavie, je suis Carl Philip de Suède, c'est un honneur de vous accueillir sur nos terres.
Je souris bêtement les joues rouges.
-Merci.
Après avoir baisé ma main, il ne s'était pas départi de son sourire :
-Etes-vous prête ?
-Euh oui, bien sûr.
Je me saisis de mon châle au cas où et je m'accrochais à son bras qu'il me proposait en le remerciant.
Nous marchâmes dans les longs couloirs du palais.
J'essayais de respirer lentement, je n'étais pas vraiment préparée à ce genre de choses et encore moins à l'extérieur, depuis ma régence. L'île occupait tout mon temps et je laissais à Edward le côté diplomatique, je me doutais que très bientôt nous serions amenés à faire des visites officielles mais c'était vraiment un aspect qui ne m'enchantait pas.
Je fus tiré de mes pensées.
-Avez-vous passé une belle journée. Ma sœur ne vous a pas trop monopolisé, beaucoup espéraient vous voir avant le bal.
Je rougis et répondit malgré tout.
-Je ne sais pas qui d'elle ou de moi à monopolisé l'autre, je crois que nous devons toutes deux plaider coupable.
Il me sourit grandement.
-J'espère pouvoir profiter de vous ce soir.
Je le regardais éberluée, que voulait-il dire ?
Une panique m'envahit, aussi loin que je m'en souvienne je n'avais jamais été draguée.
Jacob était mon meilleur ami et c'est de cette façon que nous étions devenus proche, jamais il n'avait pas essayé de paraître à son meilleur pour m'impressionner, il avait toujours été lui.
Il y avait peut-être James qui avant l'officialisation de nos fiançailles avec Edward avait montré de l'affliction mais il était tellement malsain dans ses gestes que je n'avais éprouvé que de la crainte à son approche.
Alec avait été aussi rapidement que son père aurait voulu nous voir uni dans la catégorie d'ami.
Si Quil était aujourd'hui à classer dans la case des amoureux transis, il n'a jamais laissé paraître quoique ce soit.
Puis, il y avait eu Riley qui avait montré une attention mais Edward avait bien marqué son territoire refroidissant le jeune homme à tout jamais.
Enfin, il y avait Edward. Lui qui m'a toujours considéré en quelque sorte comme acquise. S'il a tenté de me séduire c'était une fois nos fiançailles prononcées donc l'enjeu était différent.
C'est nostalgique que je me rendis compte que personne ne m'avait jamais réellement fait la cours. Ça semblait vieux jeu dit comme ça ou alors monstrueusement égocentrique mais personne n'avait réellement fait des efforts pour me séduire moi.
Jamais personne.
Une boule s'était forgée au fonds de ma gorge, je me trouvais pathétique pour le coup.
Nous arrivâmes dans la salle de bal où beaucoup d'invités étaient présents. Je serrais beaucoup de main souriant à tous, remerciant, félicitant sur les beautés de ce pays, sur des promesses politiques et j'en passe.
Carl fut un parfait gentleman, m'indiquant à l'oreille avant chaque personne rencontrée leur nom, statut et quelques fois également quelques petites anecdotes.
-Et là un peu plus loin, c'est ma vieille tante elle est sourde du côté gauche donc pour s'en débarrasser il suffit de se placer de ce côté et elle s'agace très vite toute seule, c'est très pratique quand elle commence à parler de son temps quand les enfants étaient bien élevés.
Je lui jetais un regard amusé et il se stoppa.
-Ok, je parle trop là ?
Je ris.
-Non, non c'est parfait.
Il me sourit et continua à me guider au fil des invités.
Après quelques hors d'œuvres, les danses débutèrent.
Je commençais à gigoter sur ma chaise, cherchant une échappatoire ou un bon vieux politicien qui m'expliquerait le temps de la guerre et comment régner, je serais au moins plus en sécurité que sur la piste de danse.
Mais ses vaines considérations et espoirs furent anéantis par Carl-Philip qui me demanda une danse.
-Vous êtes sûr ? Questionnais-je hésitante.
Il me sourit bienveillant, attrapant ma main et me tirant à lui.
Il me guida sur la piste de danse et me conduisait parfaitement allant à un rythme assez lent.
Des images de la première valse que j'avais partagée avec Edward revinrent à mon esprit, comme les choses étaient différentes à cette époque. Il n'était pas le même qu'il est aujourd'hui. Même si j'avais ressenti dans ses bras ce soir-là beaucoup de choses, je compris que je lui en voulais encore. Je lui en voulais de m'avoir considéré comme acquise, de ne pas en avoir fait plus pour moi.
Je lui en voulais de ce démarrage chaotique que nous avions eu.
Je lui en voulais car jamais je pourrais raconter à mes enfants comment leur père m'a séduite en un regard en une danse comme essayait de le faire Carl.
Je lui en voulais de m'avoir privé de cette phase de séduction propre et merveilleuse de chaque couple.
Je lui en voulais de ne pas avoir rompu le pacte des parents pour que ce choix vienne de nous.
Je lui en voulais encore pour tout ça, bien que je l'aime.
Alors que j'étais dans les bras d'un autre homme, j'eu ma révélation.
Je comprenais maintenant pourquoi j'étais réticente à faire un enfant.
Oui il y avait mon âge, je me trouvais trop jeune pour enfanter.
Mais 21 ans était tout aussi jeune pour régner et je régnais.
Mon problème c'est que même si j'étais une comtesse et mon titre à l'heure actuelle dans les sociétés modernes s'apparentait plus à un statut de reine, il en était pas moins que je n'avais jamais eu mon conte de princesse.
Et le propre de ces contes est justement : ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants.
Mon mariage avec Edward, l'officiel, était un mensonge, même si le renouvellement de nos vœux était dans mon cœur bien plus élogieux que le reste. Je n'avais rien du conte traditionnel alors à quoi pourrait ressembler les enfants dans un tel tableau ?
Tout était trop confus.
Je continuais à danser mécaniquement, mon esprit bien loin, il était déjà de retour à Syllavie. J'avais une décision à prendre.
Après quelques danses, je prétextais un peu de fatigue et l'envie de m'entretenir avec Victoria.
Mon cavalier fut tout aussi servant en m'accompagnant jusqu'à sa sœur.
Nous parlâmes un petit moment, nous nous étions réfugiées sur un balcon.
-Je suppose que tu repars dès demain, finit-elle.
Je souris.
-Je ne peux rien te cacher.
-Promets-moi de revenir.
-Que si tu viens me voir également.
-Marché conclu.
Je dormis mal cette nuit-là, j'aurais bien fait apprêter le jet sur l'heure mais je ne voulais pas tomber dans les caprices de stars. J'attendis donc une heure raisonnable le lendemain c'est-à dire 7 heures pour partir.
J'arrivais en fin de matinée sur l'île, je me fis discrète pour rentrer au palais.
J'allais directement au bureau d'Edward.
J'ouvris doucement la porte, il était là, la tête entre ses mains. Le journal devant lui.
Je maudis cette peste de Jessica Stanley quel torchon avait-elle bien pu écrire encore.
Je secouais la tête, ce n'était pas important pour l'instant, j'avais autre chose en tête.
Prendre conscience de toutes ses choses m'avait permise de définitivement pardonner à Edward notre passé.
Je n'avais pas le pouvoir de le changer et il est et restera le seul homme de ma vie. Je devais composer avec ça et l'accepter. C'est seulement en faisant cela que je pourrais avancer dans ma vie, de femme, de comtesse et de future mère.
Je m'approchais doucement de lui, il ne m'entendit pas quand je passai mes mains sur ses épaules.
Il sursauta s'éloignant de moi instinctivement.
Quand il me vit, il écarquilla les yeux.
-Bella c'est bien toi ? Mais…
Je souris et l'attirais à moi pour l'embrasser.
Il répondit distraitement à mon baiser.
-Mais que fais-tu ici ? Tu es déjà de retour comment…
-Chut, le stoppais-je en le ré-embrassant, tout en m'installant à califourchon sur lui.
-J'ai compris quelques choses là-bas mais nous en parlerons plus tard, pour l'instant, la seule chose que je veux c'est que tu me fasses un enfant.
