LA DECLARATION DE GUERRE
Avertissement : J.K. Rowling est une déesse et tous les personnages lui appartiennent. L'auteur de cette fanfiction est Jeconais, que nous remercions de nous avoir accordé les droits de publication en français.
Equipe de traduction : Alana Chantelune, Alixe, Ann de Montréal, Beru ou Bloub, Eva, Fenice, Fidjii, Gabrielle-trompe-la-mort, m4r13, Popoyo2706, Steamboat Willie, Ttazz, Vert.
NOTE IMPORTANTE :Pour des raisons de temps, nous ne sommes plus en mesure de poster les chapitres toutes les semaines comme auparavant. Les mises en forme interviendront désormais tous les 15 jours
Merci de votre compréhension.
Chapitre 7 - Le brave Abe (Partie 1/2)
De : Fred & George
A : L'Impuissant
Cc : Tous les autres
Objet : Qu'est ce que c'est que cette histoire ?
Percy, espèce de crétin ! À quoi tu joues ?
Nous pensions avoir été très clairs. NOUS APPRÉCIONS HARRY ! NOUS AIMONS AUSSI NOTRE SŒUR ! EN FAIT, ON ADORE L'IDÉE QU'ILS SOIENT ENSEMBLE !
Si Harry ne nous avait pas renvoyés chez nous juste après que vous ayez conclu votre accord, on t'aurait désavoué publiquement.
Fred et George
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VRAIMENT TRES IRRITES
De : De retour au campement des dragons
A : Ceux qui sont de retour chez eux
Objet : Re: Qu'est ce que c'est que cette histoire ?
Fred, George, calmez-vous. Ca ne sert à rien de s'énerver.
Moi aussi, je veux une explication, mais ça va devoir attendre, Tonks vient d'arriver… J'aime ce que je lis dans ses yeux. J'aime quand elle me regarde avec ses yeux là.
De : Bill
A : Tous
Objet : Vite fait…
Les gars,
D'accord avec C.
Fleur est là et elle a les menottes…
Ginny poussa Harry vers l'un des très confortables sièges de la salle commune des Gryffondors et s'assit sans façon sur ses genoux. Depuis que ses frères étaient partis, juste après qu'ils eurent relevé le défi, elle avait attendu le moment où elle l'aurait enfin pour elle toute seule. Après leur départ, Harry et Ginny avaient renvoyé tout le monde dans leurs quartiers et rendu à la Grande Salle son aspect habituel, avant de se retirer à leur tour dans leur salle commune.
- Comment peux-tu engager ainsi notre futur ? demanda Ginny – n'appréciant vraiment pas qu'il ait pu proposer sans la consulter un pari qui les concernait tout les deux.
- Qu'est-ce qui te fait croire que je l'ai engagé ? demanda Harry avec un regard amusé.
- Tu leur as dit que nous arrêterions de sortir ensemble s'ils gagnaient. J'appelle ça un pari.
Harry rit sous cape.
- Nous n'allons pas perdre. Je sais qui je veux dans notre équipe.
- Mais comment peux-tu être aussi sûr de toi ? Mes frères sont tous très bons au Quidditch. Ron est le meilleur gardien depuis Olivier Dubois, Charlie est probablement aussi bon que toi, et Fred et George sont des batteurs de légende, dit-elle vraiment inquiète maintenant.
- Je suis sûr que nous allons gagner, dit doucement Harry, en lui repoussant une mèche de cheveux derrière l'oreille. De toute façon, le résultat n'a aucune importance.
- C'est comme ça que tu vois les choses ?"
La jeune fille était horrifiée, se sentit trahie par ces paroles. Harry se mit debout et se pencha pour embrasser ses cheveux.
- Je leur ai dit que j'arrêterai de sortir avec toi. Si malheureusement nous perdons, je te demanderai en mariage plus tôt que prévu. Nous ne sortirons alors plus ensemble, nous serons fiancés. Je vais me coucher, la journée a été longue. Je t'aime.
Il embrassa une dernière fois la jeune fille pétrifiée et monta se coucher, dissimulant un petit sourire satisfait. Incrédule, Ginny le regarda s'en aller, tâchant d'assimiler ce qu'il venait de dire. Elle sourit doucement, avant de se mettre à rire.
Harry Potter allait l'épouser un jour !
Elle se releva et dansa sur place, les bras tendus, riant de bonheur. Tout d'abord la blague, puis la promesse de mariage. Rien n'aurait pu la rendre plus heureuse.
Elle ignora les regards étonnés des autres élèves et prit une décision. Il n'était pas question que Harry s'en sorte comme ça. Elle monta quatre à quatre les escaliers menant au dortoir du jeune homme et s'y engouffra.
Neville, le pantalon sur les chevilles, releva la tête, interloqué. Il rougit furieusement.
- Ginny, croassa-t-il. Tu n'as pas le droit de venir ici !
- Oh, ça va ! dit Ginny en faisant un geste d'indifférence de la main avant de plonger à travers les rideaux qui entouraient le lit de Harry.
- Ginny ? fit Harry.
Il s'était déjà dévêtu et s'était allongé dans son lit. Il ne portait qu'un boxer en satin blanc, un cadeau de Sirius.
- Est-ce que tu pensais vraiment ce que tu viens de me dire ? demanda-t-elle, en rampant vers lui.
- Oui.
- Est-ce que tu réalises que tu ne peux pas dire à une fille que tu vas l'épouser, puis t'en aller comme ça ?
- Maintenant que tu me le dis !
Ginny passa une jambe par-dessus lui et s'assit à califourchon sur son estomac, totalement habillée. Elle humecta ses lèvres lentement en détaillant son torse qu'elle n'avait, jusque-là, seulement pu sentir qu'à travers ses vêtements.
- Le Quidditch te fait vraiment du bien, murmura-t-elle, en passant timidement ses mains sur lui.
Harry grogna doucement, faisant alors bouger ses muscles sous les doigts de fée de la rouquine. Ginny se secoua.
- Potter, quand tu dis quelque chose comme ça à une fille, tu dois au moins lui laisser une chance de répondre. Tu ne peux pas partir en la laissant en transe.
- Désolé, dit Harry avec, à l'évidence, un air de fausse contrition. Quelle est la réponse appropriée de la jeune fille ?
- Elle doit l'embrasser à lui en couper le souffle, sourit Ginny, en se penchant pour appliquer ses dires.
Un long moment plus tard, une jeune fille décoiffée sortit du lit de Harry, toujours entièrement vêtue, et repartit doucement vers son dortoir.
Harry sourit joyeusement et bailla. Il espérait que la prochaine fois, les rôles seraient inversés, car il était très, très séduit par l'idée de pouvoir contempler Ginny torse nu. Il l'observa alors qu'elle sortait à contrecœur de son lit et qu'elle se dirigeait vers son dortoir.
Il ne put s'empêcher de se demander de quelle façon elle le remercierait quand il lui demanderait réellement de l'épouser. En se souvenant à quel point le jean qu'elle portait la moulait, une idée lui vint. Il se pencha hors de son lit en ouvrant les rideaux.
- Neville. Arrête de mater les fesses de ma copine !
-Mais elle m'a vu me déshabiller, protesta Neville
Harry le dévisagea sans montrer le moindre humour.
- J'en ai strictement rien à foutre.
Neville déglutit et referma vivement ses rideaux de lit, murmurant entre ses dents qu'il avait bien mérité le droit de regarder.
De : Bill
A : Mes géniaux petits frères
Objet : Harry
Les gars,
Est ce que je vous ai dit à quel point j'aimais Harry ? C'est le mec parfait pour notre Ginny, et ce serait une bonne pièce rapportée pour notre famille. Je pense que nous devrions en parler avec notre soeur pour être sûrs qu'elle ne le quitte pas.
Je pense aussi que la nuit dernière était vraiment la plus belle nuit de ma vie.
Est-ce que vous pensez que Harry me dira où il a trouvé les menottes ?
Bill
De : Fatigué mais jubilant
A : Frères mâles
Objet : Re: Harry
Je ne pourrais pas être plus d'accord. Un homme qui nous a donné un cadeau comme la nuit dernière ne peut être qu'admiré et accepté.
Tonks n'a même pas voulu que j'enlève mon casque…
Est-ce que vous pensez que nous devrions demander à nos chères et tendres de conseiller des trucs à Ginny par Mmail pour qu'elle le garde ?
C.
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Draconis dominium
De : Percy
A : Le Quintet
Objet : Re: Re: Harry
Eh bien, je suis sûrement redevenu un crétin. Je me demande si Maman ne m'a pas laissé tomber sur la tête quand j'étais bébé, puisqu'il me semble avoir un sens de l'à-propos qui me fait dire la mauvaise chose au mauvais moment.
J'ai peur d'avoir été tellement embarrassé par la blague d'hier soir que j'en ai oublié que plus personne ne voulait continuer cette joute stupide.
Et après une convaincante explication de Pénélope sur les avantages de travailler avec Harry et non contre lui, il m'est apparu que j'avais mal interprété la situation. Il est maintenant évident que Harry est plus que capable de s'occuper de notre sœur. En plus, il ferait une bonne recrue pour notre famille.
Pénélope a mentionné que Ginny est déterminée à ce qu'Harry devienne Ministre de la Magie après avoir vaincu Vold… C'est vraiment très difficile d'écrire son nom, mais je pense avoir eu peur depuis trop longtemps.
Voldemort.
Avoir un ministre dans la famille pourrait avoir ses avantages. Sans vouloir me vanter, je ferais un excellent directeur de campagne et secrétaire. Je pense avoir le talent politique qu'il faut pour ce genre de fonction.
Même si je suis mal à l'aise à l'idée que Ginny n'est plus un bébé, je pense que nous devrions l'encourager à poursuivre cette relation.
Perce
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Toutes les informations contenues dans ce Mmail sont confidentielles et ne peuvent être légalement utilisées. Elles sont adressées uniquement à leur destinataire. Aucune autre personne n'est pas autorisée à en prendre connaissance. Si vous n'en êtes pas le destinataire, toute révélation, copie, distribution ou actes similaires par action ou par omission sont interdits et peuvent être contraires à la loi.
De : Le jeunot
A : Les vieux
Objet : Re: Re: Re: Harry
Je crois qu'il va falloir que j'aille voir Mme Pomfresh, parce que seule une opération chirurgicale pourrait me débarrasser de mon sourire.
Je vais aller m'excuser aujourd'hui et leur dire que nous approuvons leur relation.
Pétard, qu'est-ce que c'est bien d'être moi ...
Ron.
De : Pourquoi sommes-nous les plus raisonnables ?
A : Hypocrites obsédés par le sexe
Objet : Re: Re: Re: Re: Harry
Comme c'est mignon de voir autant de loyauté dans cette famille. Harry nous a permis de nous envoyer en l'air et subitement vous l'acceptez ? Et vous allez même jusqu'à vouloir donner des conseils du même genre à Ginny !
Où est passée l'idée de trouver une licorne ? De protéger sa vertu à tout prix ? Vous avez de la chance que nous soyons d'accord avec le résultat, même si la méthode nous laisse sceptiques, sinon nous aurions relancé la Guerre des Blagues comme lorsque nous avions dix ans.
Maintenant que vous avez tous accepté le fait que Harry et Ginny sortent ensemble (voire plus, d'après le ton de certains de vos Mmails) que décidons-nous pour ce match de Quidditch ?
Forge & Gred
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Farces pour Sorciers Facétieux – Ouverture prochaine sur le Chemin de Traverse
De : Souriant comme une momie
A : Les autres joyeux drilles
Objet : Quidditch
Les gars,
Fred et George ont soulevé un point important. Qu'allons-nous faire à propos de ce match de Quidditch ? La dernière chose que nous voulons c'est qu'ils se séparent - Gin ne nous le pardonnerait jamais.
Bill
De : Souriant comme un dragon
A : Mes très chers frères
Objet : Re: Quidditch
Vous savez, j'ai entendu dire que Harry est le meilleur attrapeur depuis… moi. Bien sûr, nous avons fait de bonnes parties chez Papa et Maman, mais ça va être encore mieux. Je veux me confronter à Harry.
Allez les gars, allons-y à fond, prouvons que nous sommes les meilleurs et ayons la victoire magnanime : laissons-les sortir ensemble.
Comme ça, nous aurons prouvé que nous sommes les plus forts, tout en rendant notre soeur heureuse.
Charlie
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Draconis dominium
De : Souriant comme un fond de chaudron
A : Le membre apolitique de la Fondation Weasley
Objet : Re: Re: Quidditch
Alors comme ça, Charlie, tu as utilisé un mot de quatre syllabes. C'est un plaisir immense pour moi de voir l'un de mes frères glorifier ainsi la liberté d'expression que la langue anglaise nous procure.
Pour le match, je suis d'accord. Même si mon niveau n'est pas au mieux de sa forme, je pense que nous devons pouvoir nous en sortir.
Qui allons-nous prendre comme septième ? C'est dommage que Gin joue de l'autre côté, j'ai entendu dire grand bien de ses capacités de poursuiveuse.
Percy
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Toutes les informations contenues dans ce Mmail sont confidentielles et ne peuvent être légalement utilisées. Elles sont adressées uniquement à leur destinataire. Aucune autre personne n'est pas autorisée à en prendre connaissance. Si vous n'en êtes pas le destinataire, toute révélation, copie, distribution ou actes similaires par action ou par omission sont interdits et peuvent être contraires à la loi.
De : Souriant comme une pièce de jeux d'échec
A : J'aime l'idée de la Fondation Weasley
Objet : Re3: Quidditch
Ouaip, Gin est une Poursuiveuse de premier ordre. Et c'est aussi une très bonne Attrapeuse, elle remplace très bien Harry dans l'équipe.
Pour faire le sixième, je pense que les filles ne voudront pas - elles ont clairement affiché leur opinion. La presque-totalité de l'école est pour Harry, du coup, aucun de mes amis ne voudra faire le septième. Papa non plus - je ne l'ai jamais autant vu rire qu'hier soir. Pourquoi pas Lee Jordan ?
Ron
De : Fred
A : George
Objet : Famille
Est-ce que tu penses que nous pourrions gentiment demander à entrer dans la famille de Harry et Ginny ? Je suis sûr qu'ils s'amusent plus et qu'ils ont moins de problèmes de testostérone que nous. Ces crétins ne semblent pas s'en apercevoir !
soupir
F.
De : Homme de main
A : Homme de pied
Objet : Re: Famille
Je ne suis pas sûr de leur pardonner de nous avoir faits passer pour les seuls membres doués de raison de cette fratrie.
Voilà ce que je te propose : nous jouons avec eux et, en parallèle, envoyons un Mmail à Harry et Ginny pour les inviter à dîner. Nous nous excuserons platement et nous expliquerons ce qu'il se passe. On verra comment Harry réagira.
G.
De : Les deux qui ont une vie
A : Ceux qui ont besoin d'en avoir une... Souriant comme un… hein !
Objet : Re: Re3: Quidditch
Pas question ! Lee s'y prend comme un manche avec un balai. On va supplier Alicia, elle nous doit un service, ça devrait marcher.
F&G
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Farces pour Sorciers Facétieux – Ouverture prochaine sur le Chemin de Traverse
De : Fred et George
A : Notre investisseur
Cc: Notre tendre soeur
Objet : Ce soir
Harry,
Est-ce que vous pourriez nous rejoindre ce soir aux Trois Balais pour dîner ? Nous supposons que vous pouvez facilement faire le mur (sinon, dites-le-nous et nous ferons le nécessaire), nous avons vraiment besoin de vous parler à tous les deux.
George et Fred
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Farces pour Sorciers Facétieux – Ouverture prochaine sur le Chemin de Traverse
De : Harry Potter
A : Membre de l'A.D.
Objet : Réunion
Les gars,
Je vous confirme qu'il y a bien une réunion supplémentaire de l'A.D. aujourd'hui 14 heures dans la Salle sur Demande. Nous travaillerons sur le nouveau bouclier qu'Hermione a trouvé.
Prévenez-moi si vous ne pouvez pas venir.
Comme d'habitude, si vous voulez amener quelqu'un, vous pouvez, du moment que vous me prévenez avant.
Harry
De : Harry
A : Les filles aux doigts de fées
Objet : Costumes
Lav, Parv,
Est-ce que vous pouvez venir plus tôt pour l'A.D., une heure avant environ ? J'ai besoin de vous parler à toutes les deux.
Merci,
Harry
De : Gin
A : Espionne en chef
Objet : Harry
Hermi,
Est ce que tu peux surveiller Orla aujourd'hui ? Si tu pouvais lui suggérer de demander un poste de professeur assistant comme récompense pour Harry, je t'en serais reconnaissante.
Je pense que ça fera bien quand il se présentera pour être Ministre et, en plus, cela lui permettra d'avoir une chambre particulière...
Ginny, plus serpentarde que jamais
De : La Sombre Reine des Serpentards
A : Marietta Marionnette
Objet : Cho
Je veux que tu persuades Cho que Harry est encore amoureux d'elle et qu'il ne ressent rien pour Ginny. Débrouille-toi pour que Cho embrasse Harry devant Weasley, pour que leur relation prenne fin.
Si tu fais cela, je considérerai que ta dette est entièrement payée.
Pansy
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La Pureté est la vérité
Ron s'assit en face de Harry et de Ginny.
- Tu as besoin de quelque chose ? demanda froidement Ginny.
Ron prit une grande inspiration :
- Écoute, je voulais te dire que je suis désolé d'avoir été un crétin aussi buté, dit-il brusquement. Harry, tu es mon meilleur ami et j'aurais vraiment dû te faire confiance. Ginny, tu es ma seule soeur et tu nous as bien prouvé, l'année dernière au Ministère, que tu n'avais pas besoin de nous pour décider de ta vie.
- Pourquoi as-tu fait ça, alors ? demanda Ginny.
- Parce que c'était un réflexe et que, même si je suis honteux de l'admettre, c'était très amusant. Nous essayions aussi de te protéger parce que nous sommes bien placés pour savoir avec quoi pensent les garçons.
Harry remarqua que les yeux de Ron étaient fixés par-dessus son épaule et il se retourna un peu pour voir ce qu'il en était. Comme il s'y attendait, Hermione était là, pour prodiguer à Ron les encouragements dont il avait besoin.
- Alors, tu as accepté notre relation ? Pourquoi maintenant ?
Ginny semblait suspicieuse. Harry, quant à lui, les regardait tranquillement, la laissant gérer la situation.
- La nuit dernière m'a permis de voir les choses de manière plus objective. Et ces dernières semaines, avec tout ce que vous avez fait, vous m'avez donné l'impression que je passais à côté de quelque chose d'important. Une sorte d'introspection forcée. Je ne suis pas du genre à réfléchir : j'ai tendance à laisser Hermione s'occuper de ça pour moi. Mais, sans elle, j'ai dû le faire tout seul. Et pour être honnête, ça me manque de ne pas faire partie de ce qui se passe dans l'école. Ces dernières semaines, j'ai été comme tous les autres, vous observant tous les trois changer l'école de fond en comble et je n'ai pas aimé ça. Ginny, je suis désolé d'avoir essayé d'interférer dans ta relation avec Harry. Je ne m'excuserai pas pour Dean par contre, il n'était pas assez bien pour toi. J'aurais dû réaliser depuis le départ que Harry l'était, lui.
Harry posa ses yeux sur sa petite amie. Le manque de confiance que Ron lui avait témoigné lui avait fait plus de mal qu'il ne voulait l'admettre. Et ce n'était pas la première fois.
Ginny se leva et embrassa son frère.
- Ne le refais plus jamais, Ron, lui murmura-t-elle à l'oreille. Je ne pense pas que Harry te le pardonnera, la prochaine fois.
Ron acquiesça doucement :
- Je sais, Gin.
Harry se leva et, de sa manière si typique, il dévisagea Ron pendant une seconde. Ron eut l'air quelque peu nerveux, alors que se concentrait sur lui toute l'attention du regard de Harry. Finalement, Harry lui tendit la main. Ron la regarda, l'attrapa et la serra, avant d'attirer Harry dans une brève mais sincère étreinte.
- Tu voulais nous voir ? demanda Lavande, en entrant dans la Salle sur Demande avec son amie.
Harry, assis derrière un grand bureau, travaillait sur des papiers. Ces derniers temps, les deux jeunes filles avaient souvent pensé qu'il ressemblait à un professeur.
- Je vous en prie, asseyez-vous, dit-il nonchalamment, en créant deux sièges en quelques mouvements de baguette.
Elles s'assirent, avec l'impression croissante d'avoir affaire à un enseignant. Elles admirent toutes deux intérieurement que ça lui allait très bien. Ses yeux verts intelligents semblaient briller quand il leur sourit.
- Parlez-moi de ce que vous voulez faire une fois vos études terminées, dit finalement Harry.
Lavande et Parvati échangèrent un regard avant de se tourner vers Harry :
- Il nous semble que Madame Guipure est un peu passée de mode, dit Parvati. Les robes classiques pour sorciers n'ont pas changé depuis cinquante ans. Il n'y a pas eu d'innovation depuis tout ce temps. Est-ce que tu t'es déjà demandé pourquoi les nouveaux sorts de réchauffement ne sont pas intégrés dans les capes?
- C'est la même chose pour la mode féminine, continua Lavande, poursuivant le raisonnement de son amie et compagne de chambre. Certaines robes sont tout simplement moches, et pourtant on doit les porter, faute de mieux. Nous pensons qu'il y a une opportunité sur le marché, maintenant, pour une nouvelle gamme de robes améliorées et plus modernes.
- Comment allez-vous faire ça ? D'un point de vue financier je veux dire, demanda Harry, le visage impénétrable.
- Nous ne savons pas trop, reconnut Lavande d'une voix calme. Aucune de nous deux n'est riche, alors nous espérons trouver de bons boulots pour commencer et mettre de l'argent de côté pour ouvrir un magasin. Nous dessinerons et ferons de la couture pendant notre temps libre.
- Ce n'est pas une solution idéale, n'est-ce pas ? fit remarquer Harry.
- Non, admit Parvati, mais nous ne voyons pas comment nous pourrions faire autrement.
- J'ai une proposition à vous faire, dit Harry, en s'appuyant contre son dossier.
Les deux jeunes filles se regardèrent nerveusement puis se penchèrent en avant, le visage attentif.
- Je vais vous donner mille gallions pour lancer le magasin et, en échange, il y aura dix pour cent de l'affaire à moi. Vous gérerez le magasin à votre manière, sans aucune interférence de ma part. Je serai juste un associé.
Lavande dévisagea Harry pendant une seconde avant de se retourner et de pincer Parvati.
- Aïe, fit Parvati, en lançant à son amie un regard irrité en se frottant le bras. Nous ne rêvons pas, statua-t-elle, ses yeux s'agrandissant doucement.
- Alors, Harry vient vraiment de nous offrir notre rêve sur un plateau ? demanda Lavande, toujours sous le coup de l'émotion.
- Oui, répondit Parvati, qui ne valait pas mieux.
Elle se tourna pour faire face à Harry, réalisant qu'elles l'ignoraient superbement depuis un moment.
- Pourquoi ? Comment ? bégaya-t-elle, incertaine de ce qu'elle demandait.
Harry rit dans sa barbe et se renversa dans sa chaise, croisant paresseusement ses jambes devant lui.
- J'ai reçu mille gallions du Ministère pour la capture de ce rat de Pettigrow. Je n'ai vraiment pas besoin de cet argent, confia-t-il, et ce n'est pas la première fois que je me retrouve dans cette situation. La dernière fois, j'ai donné l'argent à des étudiants pour qu'ils réalisent leur rêve et ça leur a superbement réussi.
- Fred et George ! s'écria Lavande. Nous avions entendu dire qu'ils avaient perdu tout leur argent en pariant pendant la Coupe du Monde de Quidditch. Tu leur as donné ton prix du Tournoi des Trois Sorciers, c'est ça ?
Harry hocha la tête silencieusement. Le souvenir de ces évènements lui donnait encore des cauchemars et Cédric occuperait toujours une partie de ses pensées. Mais désormais, il ne laisserait plus ce souvenir l'abattre.
- Merci, merci, merci, dit Parvati, sautillant sur sa chaise. Merci.
Harry leur sourit en se penchant pour attraper quelque chose à côté de sa chaise. Il leur tendit une assez grosse bourse d'or. Les yeux des deux filles s'agrandirent : elles n'avaient jamais vu autant d'argent en une seule fois.
- Si vous voulez, on pourra aller vous ouvrir un compte professionnel chez Gringotts, suggéra Harry après un moment, alors que les filles l'observaient, assommées par un mélange de stupéfaction, de joie et d'incrédulité.
Ce sac d'or représentait tous leurs rêves.
- Ça devrait pouvoir payer les fournitures et un peu de stock pour démarrer.
- Comment pourrons-nous aller à Gringotts avant Noël ? demanda Lavande, qui avait partiellement retrouvé sa capacité de raisonnement.
Harry sourit avec espièglerie.
- Vous avez une heure d'étude demain après-midi, non ?
Elles opinèrent du chef.
- Nous nous y rendrons à ce moment, alors. Ne vous inquiétez pas. Je vais m'arranger avec le Professeur Dumbledore.
Elles hochèrent à nouveau la tête à l'unisson, leur effarement toujours visible sur leurs visages.
- Pourquoi ne vous rendriez-vous pas dans vos dortoirs ? Je vous ferai rattraper la leçon de l'A.D. quand vous serez un peu plus concentrées.
Elles sortirent silencieusement, l'argent serré fermement contre elles. Ce n'est que beaucoup plus tard qu'elles réalisèrent qu'elles n'avaient même pas remercié le garçon grâce auquel leur rêve avait une chance de devenir réalité.
Harry sourit à lui-même, alors qu'il retournait à ses papiers sur son bureau. Depuis quelque temps, il donnait des devoirs à ses élèves de l'A.D. pour vérifier que les principes étaient bien acquis. Il trouvait que c'était un moyen pratique pour évaluer le niveau de chaque élève et être sûr que personne ne restait à la traîne et, pour ceux qui l'étaient, de prendre des mesures pour qu'ils puissent se remettre à niveau.
Il sourit quand il sentit quelqu'un s'approcher.
- Bonjour mon coeur, dit-il tranquillement.
Ginny fit le tour du bureau, repoussa sa chaise et s'assit sur ses genoux, ses jambes pendant de chaque côté des siennes.
- Harry Potter, c'était probablement la chose la plus gentille que j'ai vu faire.
Il rougit un peu sous le compliment.
- Je n'ai pas besoin de cet argent, Gin, et elles ont fait un boulot génial avec les costumes de tes frères. Leurs idées sur les vêtements enchantés sont bonnes. Ça montre aussi qu'elles ont vraiment bien réfléchi à leur projet. Sachant tout cela, je suis plus que volontaire pour les aider un peu.
- Pourquoi tu ne leur as pas donné tout simplement l'argent ? Pourquoi cet désir soudain de participer à leur affaire ?
Harry eut l'air pensif.
- Je crois que je veux gagner ma place dans le monde. Je ne veux pas passer ma vie à vivre sur l'argent de mes parents. Quand j'ai donné cet argent à Fred et George, je voulais juste m'en débarrasser. Je savais qu'ils en avaient besoin et en plus, ils font partie de ma famille, alors je les ai forcés à le prendre. Je pensais qu'on aurait besoin de rire pendant la guerre, et qu'ils étaient les meilleurs pour ça. Ce n'est que plus tard que j'ai su qu'ils avaient fait de moi leur associé. Quand j'ai envisagé de faire don de cette prime, j'ai réalisé que je pouvais la donner à Lavande et Parvati en monnayant des intérêts et que, comme ça, j'aurais un revenu sûr. Même si je les aime beaucoup, elles ne font pas partie de ma famille.
Ginny secoua la tête doucement.
- Tu es extraordinaire, dit-elle en se penchant et en effleurant ses lèvres, vraiment extraordinaire.
Tous deux ne bougèrent pas pendant plusieurs minutes, savourant de pouvoir s'embrasser sans être interrompus.
Finalement, ils se séparèrent, se souriant amoureusement l'un à l'autre.
- Alors quel est le programme pour aujourd'hui, Professeur ?
Harry donna une tape sur le bras de Ginny.
- Arrête avec le "professeur" s'il te plaît. On va s'initier au bouclier qu'Hermione a trouvé. Je veux que tu travailles avec Luna. Je crois qu'elle n'a pas compris le principe de la leçon de la semaine dernière. Essaye de voir si tu peux la remettre à niveau et aide-la pour la leçon d'aujourd'hui. Je vais mettre Hermione avec une partie des troisièmes années et Blaise avec les cinquièmes années de Poufsouffle. Je prendrai tous les autres. Je ferai une démonstration pour commencer, puis je passerai parmi eux pour les aider et vérifier que tout le monde réussit.
Ginny acquiesça doucement, une lueur malicieuse dans le regard.
Severus Rogue se jeta un sort d'invisibilité. C'était toujours étrange de se voir disparaître.
- Comment je suis ?
- Invisible, commenta succinctement Minerva McGonagall avec un petit sourire.
- Effectivement, renchérit Filius Flitwick, très bon travail Severus.
- Êtes-vous sûr que c'est absolument nécessaire, demanda Albus Dumbledore. Je suis certain que Harry vous accueillerait au sein de l'A.D., sans ce subterfuge.
- Il ne s'agit pas de ça, Albus, dit Rogue, sa voix résonnant bizarrement. Nous voulons savoir comment il se débrouille en temps normal, pas quand il est inspecté. Et comme je suis la seule personne à avoir de l'expérience dans l'espionnage, c'est à moi de le faire.
- Comme vous voudrez, dit doucement Albus, ses yeux étincelant d'un amusement mal dissimulé.
A la grande surprise de Harry, Lavande et Parvati vinrent au cours, un peu en retard, et elles se dirigèrent directement vers le groupe dont s'occupait Ginny.
- Ginny, chuchota Lavande, tout en suivant l'exemple de Luna qui essayait de produire le bouclier, Qu'est-ce que Harry préfère chez une femme ? Jambes ou poitrine ?
- Pardon ? demanda Ginny d'une voie étranglée, devenant soudainement rouge Weasley.
- Tu sais ce que Harry a fait pour nous, tout à l'heure ?
Ginny fit signe que oui.
- Et bien, nous allons te faire ta robe pour le bal. Alors on veut connaître ses goûts.
- J'en sais trop rien, répondit Ginny, s'étouffant presque.
- Il ne s'intéresse pas plus à une partie qu'à une autre, quand vous vous embrassez ? » demanda Parvati, d'un ton surpris.
Ginny rougit de plus belle et coassa :
- Et bien, pas vraiment, Il est plutôt du style opportuniste. Et on n'est pas allés aussi loin de toute façon.
- On a besoin de le savoir en vitesse, Ginny. On ne peut avantager que l'une des deux pour ta robe. Si on fait les deux, tu auras l'air d'une grue.
- On va le savoir pour toi, annonça Luna d'un air rêveur, en se dirigeant vers Harry.
En marchant elle défit quatre boutons de son chemisier et en écarta les pans d'un air absent. Elle tapa sur l'épaule de Harry.
Harry se tourna et la regarda,
- Luna ?
- Est-ce que je t'ai parlé de mon voyage avec mon père, cet été ? lui demanda la blonde en lui souriant rêveusement et en rejetant ses épaules en arrière
Le mouvement attira l'attention de Harry un peu plus bas. Il cligna des yeux totalement incrédule et devint doucement rouge écrevisse.
- Hem, non, grinça-t-il, remontant son regard au niveau de son visage, aussi vite qu'il était physiquement possible de le faire. Est-ce que tu sais que ton chemisier est ouvert ?
Luna baissa le regard et sourit, complètement indifférente.
- Je voulais te parler de ce sort : je n'arrive pas à le faire.
Blaise se dirigea vers Ginny et demanda :
- Est ce que je peux savoir pourquoi Luna a sa chemise ouverte ?
- Tu crois que je dois intervenir ?
Blaise regarda de nouveau en direction du jeune homme et sourit.
- Harry a l'air de s'en sortir. Du moins, mieux que Neville.
Ginny suivit le regard de Blaise et observa Neville, qui avait l'air pétrifié, sans qu'un sort en soit la cause.
- Pourquoi fait-elle ça ?
- Lavande et Parvati veulent connaître les préférences de Harry : jambes ou poitrine. Alors Luna a décidé de leur donner un coup de main.
Blaise rit sous cape.
- Tu connais le sort "Accio" ?
- Bien sûr, dit Ginny.
- Tu ne peux pas lui faire prendre une décision basée sur la moitié des faits ?
Ginny eut l'air perplexe une seconde, avant qu'un sourire machiavélique n'apparaisse sur son visage.
- Ça serait intéressant de voir comment Harry va se dépatouiller.
- Tu es une vraie Serpentarde, Gin, félicita Blaise avec un sourire.
- Merci beaucoup.
Blaise se dirigea vers Harry, qui tentait vaillamment d'aider Luna sans regarder vers sa poitrine sans soutien-gorge. Ginny sortit sa baguette et attendit, avant de murmurer :
- Accio jupe de Blaise.
Harry aidait Luna à réaliser le sort, et seule une rigoureuse volonté, du genre de celle dans laquelle il puisait lors de ses confrontations avec Voldemort, arrivait à lui faire oublier le fait que Luna saisissait toutes les opportunités pour lui montrer sa poitrine.
- Hey, Harry, appela Blaise, attirant son attention.
Il se tourna vers elle, au moment où un sort perdu sembla la frapper, faisant tomber sa jupe. C'est à ce moment qu'il se rendit compte qu'on le faisait marcher.
C'était vaguement possible de la part de Luna de faire quelque chose d'aussi bizarre, mais ce n'était pas possible que le hasard fasse qu'un sort touche Blaise au même moment. Et il connaissait assez bien le sort d'attraction pour en reconnaître un ici - après tout, il lui avait sauvé la vie, une fois.
Harry ignora les jambes qui venaient de se révéler et grogna, "Accio Ginny !" Il l'entendit couiner, quand elle n'atterrit dans ses bras. Il la posa délicatement sur le sol.
- Reste là, grogna-t-il à son intention. Sa baguette à la main, il reboutonna magiquement la chemise de Luna, ignorant les protestations de certains garçons qui avaient maintenant un point de vue totalement différent sur l'étrange Serdaigle. Puis il conjura une nouvelle jupe pour Blaise, en prenant note d'essayer de trouver les mêmes sous-vêtements pour Ginny.
- Explications !
Ginny se renfrogna joliment.
- Pas la peine de me faire cette tête-là, jeune demoiselle. Quelles sont vos intentions ? Harry tenta d'avoir l'air le plus sévère possible et de ne pas laisser son coeur fondre alors elle lui lançait son meilleur regard de chien battu.
- Rien, murmura Ginny, se penchant légèrement et posant sa tête sur son torse. Est-ce que tu penses que Blaise a de jolies jambes ?
- Je pense que tu as de jolies jambes, dit Harry, déterminé à ne pas se laisser entraîner dans une situation dangereuse, indépendamment de ce qu'il ressentait.
Ginny eut un sourire radieux.
- C'est tout ce que je voulais savoir, dit-elle avant de retourner aider Luna avec son bouclier.
- Je suppose que tu ne vas pas t'expliquer ? demanda Harry à Blaise, après l'avoir rejointe.
- Non, lui sourit-elle. Il y a des choses dans la vie que tu ne dois pas comprendre, Harry. Et ça, c'est l'une d'entre elles."
Harry haussa les épaules et regarda sa montre. Il se dirigea vers l'estrade de la grande pièce. L'A.D. s'était étendue et la pièce avait suivi quand de plus en plus d'élèves étaient venus les rejoindre.
- Bien, tout le monde, dit Harry, sans prendre la peine d'élever la voix, car dès qu'il parlait les étudiants s'interrompaient et se tournaient vers lui. Vous avez bien travaillé aujourd'hui. J'ai vu de gros progrès pour tout le monde. Lisa, Colin, Kevin, Graham, pourriez-vous venir s'il vous plaît ?
Avec excitation, les quatre étudiants désignés rejoignirent Harry sur la petite estrade.
- Je vais vous lancer quelques sorts et je veux que vous combiniez vos forces pour les intercepter.
Ils firent signe qu'ils avaient compris avec une expression déterminée. Harry se dirigea vers l'autre extrémité de l'estrade, sans se presser, pour leur donner le temps de délibérer à voix basse.
Il sortit sa baguette et se tourna vers eux :
- Prêts ?
À leur signal, il lança quelques sorts de base, faciles à repousser. Ils s'en tirèrent avec aisance, et Harry laissa transparaître sa fierté. Petit à petit, il augmenta la complexité des sorts qu'il leur jetait, les regardant prendre peu à peu confiance en eux et combiner de mieux en mieux leur magie.
- Doloris, siffla soudainement Harry, se concentrant intensément sur la haine qu'il ressentait pour Voldemort.
Le sort sortit de sa baguette et frappa le bouclier avant que qui que ce soit ne puisse réagir face à l'Impardonnable. Un silence de mort s'abattit sur la pièce, tout le monde dévisageant Harry avec stupeur. Ce dernier leur fit tranquillement face.
- Ce que vous venez de voir était juste une démonstration de ce que des étudiants venant des quatre maisons peuvent réaliser en travaillant de concert. A eux tous, ils ont créé le bouclier le plus puissant du monde magique. Ils ont réussi à bloquer un Doloris ! C'est pour parvenir à ce résultat que nous nous sommes entraînés, c'est pour ça que nous avons travaillé jour après jour. Colin, Lisa, Kevin et Graham ont prouvé ce que je vous répète depuis le début. Si on se soutient les uns les autres, on ne peut pas être battu et l'Impuissant des Ténèbres n'a aucun pouvoir sur nous. On va se battre contre lui et on va le vaincre. Ensemble, nous rendons Poudlard invincible !
Tout le monde resta pétrifié quelques instants, leur esprit n'arrivant pas à appréhender l'importance de ce qui avait été dit. Il fallut un moment avant que les paroles d'Harry ne parviennent jusqu'à leur conscience.
Ginny se reprit la première et se mit à rayonner de fierté. Elle applaudit, immédiatement imitée par Hermione et Blaise. En quelques secondes, toute la salle fut noyée sous le bruit des exclamations de révolte envers Voldemort. Les élèves acclamèrent le groupe qui avait bloqué un Impardonnable, faisant renaître l'espoir en eux.
Harry les observa silencieusement, un léger sourire sur les lèvres. Il leva les bras, les calmant instantanément.
- Je veux que chacun m'écrive trente centimètres de parchemin à propos de ce bouclier pour mercredi, les informa-t-il. Vous pouvez y aller. Vous avez très bien travaillé, ajouta-t-il en se tournant vers les quatre étudiants qui étaient à ses côtés. Vous n'avez pas besoin de faire le devoir.
Ils rougirent tous les quatre, presque à l'unisson. Les félicitations de Harry étaient la meilleure des récompenses - plus que les points accordés aux maisons.
- Ouahh Harry, c'était génial, le félicita Ron avec excitation, avant de se frotter les côtes, là où Hermione l'avait frappé.
- Tu as pris un risque énorme, dit doucement Hermione, alors que la pièce se vidait.
- Je le devais, répondit Harry, murmurant presque.
Il éleva sa main, pour montrer à quel point il tremblait. Maintenant qu'ils étaient entre eux, il pouvait se permettre de montrer la peur et la nervosité qu'il avait ressenties.
- J'ai envie vomir, confessa-t-il doucement.
Son visage virait au vert, maintenant qu'il réalisait ce qu'il venait de faire.
Après son essai raté au Ministère quelques mois auparavant, il avait passé du temps à faire des recherches sur le Doloris et il avait découvert qu'il n'avait pas suffisamment haï Bellatrix pour réussir le sort. La haine étant la clé, il a réalisé que la seule personne envers laquelle il éprouvait assez de haine était Voldemort.
Il ne voulait pas se laisser entraîner par les aspects les plus sombres de sa personnalité, mais d'un autre côté, il savait qu'il était la seule personne susceptible de lancer ce sort :
- J'aurais voulu ne pas avoir à le faire, mais je ne vois pas comment faire autrement. Les Mangemorts ne vont pas arrêter de nous lancer des Impardonnables sous prétexte que nous ne sommes que des enfants ou que c'est illégal. Quoiqu'il arrive, nos camarades doivent être capables de se débrouiller tous seuls. Je me dois de faire des trucs moches, pour que, si ça leur arrive réellement un jour, ils aient une chance de s'en sortir, d'y réchapper, de se battre…
Il semblait se justifier pour lui même plus que pour les autres. Ginny vint à lui et l'assit sur le rebord de l'estrade, pour s'installer sur ses genoux, posant la tête du jeune homme contre son épaule.
- Je t'aime, lui murmura-t-elle à l'oreille. Tu ne seras jamais comme eux ! Tu t'en fais trop.
Elle le connaissait suffisamment bien maintenant pour savoir ce qu'il pensait. Hermione attrapa la main de Ron et le tira dehors, pour les laisser ensemble.
Harry dégagea sa tête de l'épaule de Ginny :
- Avez-vous vu ce que vous vouliez voir, Professeur ?
Severus avait observé le cours du fond de la pièce, dissimulé et à l'écart pour ne pas être atteint par un sort perdu ou découvert par un étudiant. D'après ce qu'il avait pu voir, les amis les plus proches de Harry agissaient comme des assistants, aidant ce dernier à gérer le grand nombre d'étudiants. Il n'avait pas encore réalisé à quel point l'A.D. attirait du monde.
Il prit vite conscience de la popularité de Harry. Quand il se dirigeait vers un groupe, les élèves se redressaient et essayaient tous de prouver leur capacité à lancer les sorts.
Inlassablement, Harry leur offrait des mots d'encouragement, une blague pour alléger la tension, ou tout ce que pouvait exiger la situation. Quand il changeait de groupe pour aller aider le suivant, les étudiants qu'il quittait le regardaient un bref moment, comme pour lui faire une silencieuse promesse, avant de se remettre au travail.
Plusieurs minutes de réflexion lui avaient été nécessaires pour comprendre ce qui était à l'œuvre dans la pièce, pourquoi tout lui semblait différent.
C'était l'espoir. Dans cette pièce, on pouvait sentir l'espoir et la conviction que Voldemort 'pouvait' être vaincu et qu'ils étaient du côté des gagnants.
Il sourit en entendant la conversation sur les préférences de Harry et fut amusé par l'intervention de l'étrange Lovegood, puis ensuite par la réponse-extrêmement-judicieuse-pour-son-âge de Harry à la question de Ginny.
Il observa Harry appeler les étudiants sur l'estrade, notant qu'ils étaient tous de maisons et d'années différentes. Rogue fut aussi impressionné par la diversité des sorts que Harry lançait aux étudiants. Il arrivait à maintenir un rythme régulier, alors que les sorts envoyés étaient de plus en plus puissants, montrant une maîtrise de la magie que le Professeur lui-même aurait eu du mal à égaler. Il eut soudain le sombre pressentiment de ce que le garçon allait faire.
Il débattit intérieurement pour décider s'il devait ou non intervenir et finalement choisit de faire confiance à Harry, estimant que ce dernier savait ce qu'il faisait. Il reprit sa respiration qu'il avait inconsciemment suspendue, quand les étudiants arrivèrent à neutraliser le sort.
Il combattit ensuite l'envie de s'écrier avec les étudiants en réaction aux paroles de Harry. Il avait passé tellement de temps avec l'Impuissant des Ténèbres - comme il avait pris l'habitude de l'appeler, non parce qu'il avait peur de son nom, mais parce qu'il trouvait que le surnom lui allait bien - qu'il avait oublié ce que pouvait être le pouvoir charismatique et encourageant d'un chef. Un pouvoir basé sur le respect et la confiance, plutôt que sur la peur.
Il fut rassuré de voir combien jeter un tel sort avait coûté à Harry. Ce dernier avait le potentiel pour faire passer Voldemort pour un débutant s'il décidait de suivre le même chemin. Il y avait peu de chance pour que cela arrive, admit-il en son for intérieur, tant que Harry aurait à ses côtés ses amis et sa petite amie.
Il eut la nette impression qu'il était parfaitement ridicule de comparer Harry et Ginny à James et Lily. Pendant leur sixième année, James avait été un arrogant crétin et Lily un silencieux rat de bibliothèque. Les seuls moments où James avait témoigné de ses capacités de commandement étaient lorsqu'il faisait des blagues, et il n'avait jamais montré aucun désir d'aider les autres - pas même Pettigrow, qui avait été son ami.
Lily n'aurait jamais eu le cran de taquiner James comme Ginny le faisait avec Harry. Le plus surprenant était que leurs marques d'affection inconscientes ne lui donnaient pas envie de vomir, à l'inverse de ce qu'il avait ressenti en voyant James et Lily ensemble.
Tout ça pour dire qu'il n'avait pas été surpris quand Harry avait regardé dans sa direction pour lui demander s'il avait vu ce qu'il voulait. Le jeune homme mûrissait et ressemblait davantage au directeur, jour après jour, alors que la pression sur ses épaules devenait de plus en plus lourde et qu'il apprenait à la gérer au mieux.
Rogue fit un mouvement de baguette, annulant le sort d'invisibilité. Il ignora la question et parla plutôt du Doloris.
- Je suis tout à fait d'accord avec ce que vous avez dit, dit-il tranquillement. Vous faites ce qu'il faut. C'est le fardeau du commandement, Harry, d'avoir à faire des choses qu'on préférerait éviter, mais qui doivent être faites. Pour le meilleur comme pour le pire, ils vous font confiance, en tant que professeur et protecteur.
- Ce n'est pas pour ça que je dois aimer le faire.
- Effectivement, admit Rogue. Suivez-moi, continua-t-il abruptement, tournant sur les talons alors qu'une idée lui venait à l'esprit.
Il glissa hors de la Salle sur Demande, sa cape tournoyant derrière lui. Harry et Ginny le suivirent en direction du bureau du directeur.
- Alors, Severus ? demanda Albus, alors que son maître des potions s'installait à la table, rejoignant les trois autres Directeurs de Maisons. Harry et Ginny s'assirent à leurs places habituelles, les observant avec curiosité.
- Je pense que vous devez donner à Harry le rôle de professeur assistant, dit Rogue sans ambages. Il sait mieux gérer une grande classe que la plupart des professeurs, et ses méthodes, quoique particulières, sont très efficaces. Il a appris aux étudiants à travailler de concert. Et aujourd'hui, il a montré à quatre d'entre eux comment combiner leur magie pour créer un bouclier capable de bloquer un Doloris.
- Qui l'a lancé ? demanda McGonagall, indignée. Personne ne devrait pouvoir en lancer un, ici.
- Grandis un peu, Minnie ! rétorqua Rogue, irrité, oubliant la présence de Harry et Ginny. Il y a une guerre en cours et je les ai trop vu utiliser ce satané sort pour me faire des illusions sur leurs scrupules à l'utiliser. Harry savait exactement ce qu'il faisait et il en a payé le prix, davantage que tu ne peux l'imaginer. Ce n'est certainement pas très "Gryffondor" comme manière de faire, continua-t-il d'une voix coupante. Cela ressemblait davantage un acte "Serpentard", exécuté avec le courage d'un Gryffondor, l'intelligence et l'habileté d'un Serdaigle et la loyauté d'un Poufsouffle. Harry ne peut se payer le luxe de gérer les choses en pur Gryffondor. Il doit s'assurer que ces gamins vont survivre et il a prouvé qu'il était prêt à faire tout ce qui est nécessaire pour y arriver. Alors, s'il te plaît, arrête avec tes airs de sainte nitouche !
Au bout de la table, Harry rougissait furieusement sous l'éloge et Ginny, stupéfaite, observait le professeur le plus détestable comprendre remarquablement la personnalité de Harry et ses motivations.
- Merci Severus, dit Dumbledore intervenant tranquillement dans la conversation. Quel sort leur as-tu enseigné pour bloquer le sortilège, Harry ?
- Ce n'était pas vraiment un sortilège en soi, Professeur. C'était plutôt un sort de magie combinée, lié avec le sortilège d'Egregius Protego. Si suffisamment de personnes travaillent ensemble, elles peuvent bloquer pratiquement n'importe quoi.
Le directeur acquiesça doucement, de la fierté se reflétant sur son visage.
- Hermione a trouvé l'idée la semaine dernière, continua Harry. J'ai juste un peu aidé en montrant comment cela fonctionnait.
- Pourquoi leur avez-vous donné des devoirs ? demanda Rogue, en se souvenant subitement que Harry leur avait assigné trente centimètres de parchemin.
- J'ai trouvé que c'était un bon moyen pour évaluer s'ils ont bien compris. Cela me permet de mettre ceux qui sont plus expérimentés avec ceux qui ont des difficultés pendant les cours. Ginny a fait des miracles avec Luna aujourd'hui.
À ses côtés, Ginny rougit sous la louange.
- Et bien, Harry, dit le directeur, félicitations pour ton nouveau statut de professeur assistant. Tu as le pouvoir de donner et de retirer des points, ainsi que d'autres responsabilités et privilèges dont nous discuterons plus tard. Je sais que tu n'en abuseras pas.
Harry le regarda étonné, puis secoua la tête.
- Bien sûr que non, Monsieur.
- Vas-y Harry, je crois que tu as rendez-vous pour dîner.
Harry le remercia silencieusement et disparut avec sa petite amie.
- Quand même, il pourrait faire au moins l'effort de ne pas nous faire passer pour des incapables, fit Rogue sèchement. Il pourrait avoir la décence de se lever avant de transplaner, comme tout un chacun.
- Severus, interrompit McGonagall, ses yeux brillant de colère. Je n'apprécie pas que l'on me traite de la sorte devant des étudiants.
Rogue respira un grand coup - un mois plus tôt sa réponse aurait été un reniflement.
- Je suis désolé Min. À vrai dire, j'avais oublié qu'ils étaient là. Tu n'as pas vu l'effet que jeter ce sort a eu sur Harry, ni les excellentes raisons qu'il a eues de le lancer. Ce garçon est terrifié à l'idée de faire une erreur et de perdre quelqu'un. Il n'a pas oublié la solitude ressentie à la mort de Black et c'est l'une des choses qui le pousse à continuer. Est-ce que l'un d'entre vous connaît les effectifs de l'A.D. actuellement ?
Minerva, Filius et Pomona secouèrent la tête à l'unisson, en signe de négation.
- D'après ce que j'ai vu, il y a plus de la moitié de l'école, indiqua Severus à ses congénères. Il y a des représentants de toutes les années et de toutes les maisons. Et ils sont tous suspendus à ses lèvres. Il leur apprend à survivre. Ce n'est pas toujours joli-joli, mais c'est diablement efficace.
Après la fin de la réunion, McGonagall s'attarda pour avoir une conversation avec le directeur.
- Qu'est-il arrivé à Severus ? demanda-t-elle. Je ne l'ai jamais vu aussi passionné, et encore moins quand il s'agit d'un étudiant.
- Je pense, dit doucement le Directeur, que Severus fait enfin l'expérience de ce que nous avons connu ces dernières années. L'espoir. Il s'était résigné à mourir jeune à l'époque où il a décidé d'espionner pour moi et, pour la première fois, il peut espérer avoir un futur, une vie. Il apprécie l'idée d'être libre un jour et il a enfin compris que cela dépendait de Harry.
Merci d'avoir lu. On se retrouve dans 2 semaines.
