Salut,
Et voilà l'avant-dernier chapitre...Ca fait bizarre de se dire qu'on arrive déjà à la fin de cette histoire !! Je suis heureuse en tout cas qu'elle vous ai plu, en espérant que ce chapitre et le prochain ne vous déçoive pas...
Pour ceux qui ont été déçus du manque de "sentiments" dans le chapitre précédent, j'espère que celui-ci les contentera déjà beaucoup plus... En attendant, bonne lecture !!
Il ne cessait de faire les cent pas dans son apprtement depuis qu'il était rentré de sa journée de travail. Il était totalement incapable de rester immobile, son corps se calquant sur son esprit, ce dernier surchauffant à force de réfléchir. Stupide, il avait été stupide. Plus il y pensait, et plus il ne cessait de se fustiger mentalement. Pourquoi lui avoir dit qu'il voyait quelqu'un alors qu'il passait toutes ses soirées à se morfondre ? Pourquoi lui avoir fait croire qu'il était totalement sorti de sa vie, s'il était incapable de penser à une autre personne ? Parce qu'il fallait bien qu'il se l'avoue : il n'était absolument pas prêt à tirer un trait définitif sur son patron. Surtout lorsque celui-ci lui faisait expressément comprendre qu'il souhaitait le voir revenir dans sa vie. Mais son fichu orgueil meurtri avait pris le dessus et il n'avait pu s'empêcher de vouloir le faire souffrir. Lire dans son regard le mal qu'il lui faisait, le voir jaloux… Voir l'attachement qu'il lui portait et qu'il n'avait pas voulu voir avant. Il le savait maintenant. Il aurait du lui laisser plus de temps, lui parler aussi, essayer de lui faire comprendre…Ce qu'il voulait, ce qu'il souhaitait pour eux deux. Il connaissait le passé de Gibbs, du moins en partie. Comment avait-il pu ignorer les cicatrices qu'il portait depuis tant d'années ? Perdre son amour et son enfant, il ne pouvait que l'imaginer, et cela lui paraissait déjà abominable. Gibbs, lui, l'avait vécu. Sur une impulsion,et malgré l'heure avancée dans la soirée, il se saisit de sa veste et de ses clés, se chaussa et sortit précipitamment de son appartement. Il devait le voir, lui parler. Qu'importe ce qui se passerait ensuite, dû t-il se faire rejeter et quitter le NCIS.
Lorsqu'il se présenta en haut des marches de l'escalier menant à la cave, il vit l'ancien marine affairé sur son bateau, une bouteille de bourbon vide sur l'établi et une seconde déjà bien entamée.
- Fout le camp, l'entendit-il dire lorsqu'il fit connaître sa présence.
- Jethro, je...
- T'as pas entendu ce que je viens de dire ? Lui répliqua Gibbs, le regard hargneux.
Les yeux voilés par des larmes menaçant de s'échapper à tout instant, Tim fit demi-tour et sortit rapidement de la maison, se maudissant d'être venu. Il allait atteindre son véhicule lorsqu'une voix l'arrêta.
- Qu'est-ce que tu veux ? Entendit-il. Une voix sèche et triste qui lui était si familière. Il se retourna et fit face à Jethro qui le fixait, accoté à l'un des piliers de bois soutenant le porche, en haut des escaliers du perron. Sa gorge s'assêcha et il dû lutter contre l'agacement qui l'envahit soudainement. C'est pourquoi, il préféra ne rien répondre, tant il craignait que sa voix ne le trahisse.
- Je crois que j'ai un peu trop bu ce soir... Je n'aurai pas du te parler ainsi, dit-il finalement plus doucement. Alors, dis-moi : qu'est-ce que tu es venu faire ici ?
- …
- …
- Avant que tu me dises de dégager ? Répondit-il, visiblement en colère, les yeux toujours embués. Rien d'important... Conclue t-il en se tournant de nouveau et en s'éloignant.
Aussi brusquement qu'il s'était remis en marche en direction de sa voiture, il s'arrêta, farfouilla rageusement de ses doigts dans ses cheveux, et finalement lui fit face de nouveau.
- Vraiment...Rien d'important...Juste te dire que je t'ai menti... Je ne vois personne actuellement... Il n'y a eu personne depuis toi...Et au train où vont les choses, il n'y aura probablement plus personne... Il n'y a que toi qui compte, lui cracha t-il au visage.
Il n'eut pas le temps de faire demi-tour et de comprendre ce qu'il lui arrivait qu'il se retrouva emprisonné dans les bras de son ancien amant. Gibbs le serrait à lui en couper le souffle.
- Je suis vraiment désolé pour ce que je t'ai dit tout à l'heure, murmura Jethro. J'ai vraiment trop bu...Et je crois aussi que j'étais...J'étais jaloux, déclara t-il en s'écartant à peine de lui afin de pouvoir plonger son regard dans le sien.
- J'en ai assez qu'on se fasse du mal, comme ça...En permanence.
- Je sais, Tim...Je sais.
Ils restèrent un moment ainsi, dans les bras l'un de l'autre. Il sembla à Tim avoir entendu une ou deux personnes passer dans la rue, des habitants du quartier promenant leur chien avant d'aller se coucher probablement, mais Jethro ne fit aucun geste pouvant trahir une quelconque gêne.
Gibbs, de son côté, avait effectivement aperçu ses voisins du coin de l'oeil, mais n'avait pas jugé bon émettre la moindre remarque. Pas avec la proposition qu'il s'apprêtait à faire à son agent. Son amant. A l'homme qu'il aimait.
- Viens vivre avec moi, affirma t-il en regardant de nouveau le jeune homme. Je ne me sens pas prêt à quitter cette maison, je ne le serai probablement jamais. Comme tu me l'as si bien fait remarquer, j'ai beaucoup de souvenirs liés à cet endroit. C'est le seul lien qu'il me reste avec elles...
- Je comprends Jethro...
- Je ne pense pas, non, déclara t-il en voyant le regard de Tim se perdre sur la maison, un regard douloureux et empreint d'inquiétude.
- Pourtant, je t'assure que je comprends Jethro. Ses doigts se perdirent derrière la nuque de son supérieur, jouant avec les petits cheveux grissonnants dans un mouvement qui se voulait rassurant. Je ne voulais pas y réfléchir avant...A tout ce que tu as vécu avant...A ta femme et ta fille...Je sais que je me suis emporté, je ne t'ai pas laissé assez de temps...Je voulais tout, tout de suite...Sans compromis...Parce que j'ai toujours eu peur de perdre ce que l'on vivait ensemble...C'est juste que...Ces sentiments que j'ai pour toi...Ils ne sont pas nouveaux...Et j'ai eu peur...
- Tu sais, ces quelques jours m'ont fait prendre conscience d'une chose... Contrairement à ce que je me forçais à croire, je n'ai pas envie de rester seul... J'étais bien avec toi...Mais je ne m'en suis rendu compte que trop tard.
- …
- Je t'ai fait de la place dans ma vie et dans ma maison – notre maison si tu le veux... J'ai changé le canapé au sous-sol, j'ai vidé la chambre d'amis pour que tu puisses avoir un bureau, une bibliothèque,...Où ce que tu veux d'autre... On peux changer les meubles, repeindre les pièces... Tout ce que tu veux pourvu que tu te sentes chez toi... Il n'y a qu'une pièce qui restera telle quel...
- La chambre de ta fille, murmura Tim, comprenant soudainement ce que dissimulait la porte close.
- Oui...
- …
- Au fait, je ne pense pas que tu sois au courant, mais toute l'équipe sait pour nous deux...Ou du moins, qu'il y a eu un « nous deux ».
- Je sens que je vais morfler avec Dinozzo...
- Et Abby va être folle de joie... Déclara Jethro après quelques secondes de silence, en esquissant un sourire.
- Pourquoi ? Demanda Tim, ne comprenant pas trop où son patron voulait en venir, ni ce que leur amie venait faire dans cette discussion. Jethro lui sourit franchement cette fois
- Parce que je t'aime...Et parce que je suis désormais capable de te le dire sans me sentir coupable...
Et sans laisser le temps au jeune homme de répondre, il s'empara de ses lèvres et l'embrassa. Chastement... Puis beaucoup moins, lorsque Tim y répondit ardemment... Il n'avait pas besoin de l'entendre dire que lui aussi l'aimait...Il le savait... Et ils auraient tout le temps de se le dire...
- Viens, déclara Jethro en l'attirant vers l'intérieur.
- Et où va t-on? Demanda Tim surpris.
- A ton avis ? … Il y a un nouveau canapé au sous-sol qui n'attend qu'une seule chose …
